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 Juge, juré et bourreau

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Volodia Helsen
MessageSujet: Juge, juré et bourreau   Mer 20 Fév 2013 - 18:56

-> http://www.fallout-requiem.com/t429-juge-jure-et-bourreau



Loin du Paradis



« Une chute sans fin dans une nuit sans fond, Voilà l'enfer. »
La Vision de Dante


Si le coup de couteau n'avait pas tué Danis, ça chute l'avait achevé pour de bon, pantin désarticulé jeté par un marionnettiste sadique... La gardienne essayais de tenir la tête d'Andrew hors de l'eau, tenant la lourde carcasse du bonhomme par le buste. Ernest se débattait seul contre lui même pour éviter la noyade quant Volodia réussit à tirer Danis hors de l'eau. Elle s'écorcha les coudes et les genoux sur le bitume... les deux goules qui se trouvaient là regardaient la scène sans piper mot et sans prêter assistance. La gardienne s’apprêta à faire demi tour chercher Ernest que celui ci se hissait déjà dans la cellule, trempé et tremblant.
- Danis ! DANIS !!
Accroupie à coté de lui, en sanglots, la gardienne resta longtemps tétanisée en tenant la main du Gardien Andrew Danilov, une petite flaque de sang s'était formée - la grande partie s'était perdu dans l'eau croupie de la Fosse pendant qu'elle essayait de le sortir de là - , les deux goules, elles, restaient dans un coin, toujours sans un mot pour les nouveaux arrivants.
Les cries d'excitations bestiaux des autres prisonniers résonnaient dans la Fosse, elle n'y prêtait pas attention contrairement au jeune Initié, recroquevillé sur lui même, dos au mur.

Gelée dans ses vêtements trempe, une main puissante vint la prendre par l'épaule.
- Suivez moi tout les deux, z'allez pas rester ici alors qu'on prépare la fête de bienvenue hein ?
Elle se leva difficilement. Trois types se trouvaient là, des carrures de brutes, l'un deux força l'Initié à se mettre debout et le poussa devant lui.
- Aller, on monte.
La Fosse correspondait exactement aux descriptions de Cléangle, un lieux froid et humide et des prisonniers comme des bêtes qui vous fixaient de chaque cellule. L'endroit était plus peuplé depuis quelques mois, pas moins d'une trentaine de nouveau détenu avaient été balancé ici...
On les amena tout en haut, au sixième et dernier étage, dans une grande salle composé de quatre cellule dont on avait briser les trois murs les séparant. Une vingtaine de personne devait se trouver ici, en arc de cercle et le Lynx au milieu, pardons, Roger Ufgal, mais quoi qu'on lui donne comme nom une merde reste une merde.
- Et bien, trois d'un coup ! Oh, je devrais dire plutôt deux... Bienvenu à vous dans la Fosse. Je suis Lynx, le maitre du lieu, par ce que je suis le plus fort !
Une voix puissante mais des mots mâchés, inutile de bien savoir parler pour un type qui s'exprime à coup de poing.
- Qu'est ce que vous avez fait à la FNF pour qu'elle taillade votre ami avant de l'envoyer dans notre petit paradis ? Hein ? Et qui êtes vous ?
Volodia, la gorge serrée :
- Alessandra, Alessandra Alcyone.
Lynx fixa ensuite Ernest qui ne réussit qu'à bégailler pathétiquement.
- Tu te fous de qui là ? De moi ? Tu te fous de moi ?
En deux pas il était sur lui, en un seul coup l'Initié fut plié en deux et finit par cracher son vrai nom.
- Er-Ern-Ernest, Engué... Enguérrand, Ernest Engué...
Les muscles tendus, Volodia avait faillit partir mettre un coup au Lynx. Ça aurait été une énorme erreur.
- Tu vois ici on a une tradition, on veut que tout les nouveaux nous donnent un p'tit spectacle, mais vu que t'as pas l'air d'etre un comique ni de savoir jongler... il te reste que t'es toujours plus mignonne que ta copine Alessandra.
Il claqua le dos à un gringalet à coté de lui. De taille moyenne mais avec une bonne musculature, le regard du type était des plus malsain. Il s’avança vers Ernest avec un sourire pervers. L'initié évita difficilement la première étreinte de son agresseur et para un coup, puis deux... reculant vers la foule. Un des spectateur lui faucha le genoux d'un coup de pied, forçant Ernest à se mettre à terre alors que son agresseur lui donnait un coup en plein sternum et le tira au jusqu'au milieu de la pièce. "N-n-nnnon, je v-v-vous en p-p-pris" cracha-t-il en un souffle difficile. Son agresseur jubilait alors qu'il baissa d'un coup sec le pantalon d'Ernest.
Et merde...
Volodia s’avança jusqu'à lui, sur le coté, l'interpellant d'un simple "Hé !" pour que le bonhomme lui fasse face. "Quoi, t'en veux aussi ?" Il tenta de frapper une fois, puis deux, elle para les coups jusqu'au cinquième qu'elle se prit dans l'épaule.

Spoiler:
 

Un coup de genoux dans le ventre aurait mis à terre ce type si elle ne le retenait pas par le poignée, qu'elle serra, serra... jusqu'à ce qu'il ouvre les doigts, la gardienne lui brisa les quatre en un geste, écrasant le pouce pour finir avec la vielle chaussure qu'on lui avait donné en échange de ses effets. Le type hurla et plus elle appuya sur la main. Lâchant prise qu'une fois qu'elle repéra deux autres types qui s’approchaient. La gardienne rejoignit l'Initié qui peinant à se remettre debout... " garde pieds et bras tendus " et elle le poussa dans le vide, mais n'avait pas encore l’intention de battre en retraite.
Lynx applaudit.
- C'est la première fois et la dernière fois que tu tabasses un des mes gars.
Elle se jeta sans précipitation à la suite d'Ernest.


En bas ils prirent placent tout les deux dans une cellule où s'entassait déjà cinq prisonniers, ils avaient froid, faim, n'avaient aucune trace de Charles Ingres et le cadavre de Danis avait disparu.


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Volodia Helsen
MessageSujet: Re: Juge, juré et bourreau   Sam 23 Fév 2013 - 18:07



Barbarie



« Où finit la loi, commence la tyrannie. »
William Pitt.



La première nuit avait été une véritable torture, le froid, la faim, les coups reçu - pour le cas d'Ernest - , le bruit ( à toute heure on entendait au moins une personne gueuler dans ce Trou ), des types qui tombaient dans l'eau parfois, bref impossible de dormir même s'ils l'auraient voulu.
Un habitant de la surface ne pouvait imaginer ce que c'était la vie dans cette prison, tout simplement indescriptible. Le seul fait d’être resté éveillés toute la nuit sans rien avoir à faire, personne à qui parler ça mettait à vif votre résistante psychologique. Alors, pour essayer de garder la tête froide, la gardienne regardait les cinq autres détenus qui se trouvaient dans cette cellule. Exclusivement des hommes, tous avec une gueule cassée : nez de travers, cicatrices, plaies encore ouvertes et d'autres blessures gonflée, suppurantes... Recroquevillés et, comme eux, bien éveillés. En bas les victimes, en haut les tyrans, Cléangle avait très bien décrie la situation.
Plouf. Encore un qui vient de tomber après une bagarre au troisième niveau. C'était animé de ce coté là semblait il. Impossible de ce concentrer là dessus que son esprit revenait sans cesse sur Danis. Mis hors jeux dès le début de la partie et son cadavre disparu. Volodia se doutait qu'après avoir été détroussé de ses maigres affaires son cadavre à dus être balancer dans la flotte...


Ce devait être le matin car il y avait plus d'activités dans les cellules - plus de bagarres en fait - . Si la nuit fut longue, la journée semblait ne jamais finir. Le seul fait notable fut l'heure du ravitaillement, des monceaux d'immondices étaient balancées à la flotte, teintant l'eau de rouge, et les prisonniers se retrouvaient presque tous à l'eau, se poussant les uns les autres pour récupérer de quoi survivre. Les plus fort restaient sur le coté, attendant patiemment le retours de leur "coursier" où juste d'autres prisonniers plus faible à tabasser et détrousser. Quatre des détenus de leur cellules se jetèrent dans la cohue, vers la fin. La gardienne les observa se battre contre d'autres types de leur gabarie, aussi amoché, bref des prisonniers des cellules inférieurs. Tout ça pour ramener quelques morceaux de tripes et fruits pourris... les fruits pourris était les derniers trucs qui était balancé, pas grand monde s'y intéressait... sauf les Gardiens.
- Je... Je n'ai rien vu !
- Pas de ravitaillement pour aujourd'hui on dirait.
Ils étaient tout deux restés sur le coté à attendre le sac de toiles contenant leur ravitaillement, ils savaient que cela allait arriver aléatoirement mais néanmoins leur déception fut plus douloureuse que la faim... momentanément. Ernest émit l’hypothèse de tabasser un des gars de leur cellules...
- Et pour quoi ? Ronger un os ? Bon il va falloir nous organiser. Demain je plonge pour trouver de quoi manger et toi tu guetteras notre ravitaillement : récupères le à tout prix. Pour aujourd'hui... je ne peux pas me résoudre à frapper un de ses pauvres types pour si peu.
- Pauvres types ? Si ces gars là sont ici c'est qu'il y a une raison, ils ne valent rien...
- Et nous, qu'est ce qu'on est ? Tu t'imagines que tous ceux qui sont ici sont coupables ? Et combien sont de simple prisonniers politique ? Combien de déserteurs de la FNF, de pauvres bougres qui n'avait rien à bouffer et qui on essayés de passer les barrières de Lutèce ?
Merde ! Putain de merde ! Elle essaya de se calmer, ils ne pouvaient se permettre de ne rien avaler en plus d'avoir était privé de sommeil.
Ernest interpella la gardienne et lui montra le cinquième détenus de leur cellule, le même type qui n'était pas allé "à la pêche" comme tout ses camarades, il monta à la cellule supérieur pour se dégotter à bouffer. La plupart utilisaient la violence mais d'autres...
- Oh non putain, me dis pas que...
D'autres payaient en nature.
- Merde, mais qu'il ferme sa gueule au moins !
L’initié était à cran à chaque cris que poussait le détenus au dessus d'eux en se faisant baiser tour à tour par les prisonniers. Et ça dura longtemps, longtemps...
Il redescendit les mains vides mais le froc relevé sous les regards allant du dégouts à la pitié... et passant à l'envie quant un des maniaques du dessus descendit lui fournir la bouffe. Des morceaux de viandes rouges crues et deux vielles pommes granates. Volodia se leva en un bond et tendit la main vers une des pomme, le gars n'hésita pas une seconde et essaya de lui mordre la main, la gardienne n'eut qu'à le pousser.
- Je te promet que demain je te donnerais le double de ce que je t'ai pris.
Ça lui faisait mal de devoir le dépouiller après ce que ce gars avait fait pour avoir ces quelques miettes, contrairement à Ernest qui avala sa portion sans un regard pour lui.
La suite de la journée consista, et comme toute les journées qui allaient suivre, à un entrainement physique. Vers la fin de journée les deux gardiens s’entrainèrent au combat ensemble puis à la plongée et à la nage, puis encore au combat.
Vannés et les muscles endoloris, ils réussirent à se reposer quelques heures.




Le lendemain.

Combien étaient ils ? Soixante, quatre-vingt ? Tout les prisonniers barbotaient dans cette soupe humaine immonde pour récupérer ce qu'ils pouvaient. Volodia ne prit pas part à la fête et monta jusqu'à la cellule au dessus de la leur, la grille était à moitié ouverte et un détenus était dedans, attendant patiemment le retour de ses deux potes.
- Hé, s'tu veux de quoi bouffer ma mignonne, reviens dans quelques temps, mes potes sont encore...
Gringalet tatoué autant qu'il était possible, le bonhomme ne semblait pas être finalement un adversaire bien féroce, elle entra dans la cellule et le type brandit ses poings, dévoilant un coup de poing américain avec des piques, rouillé et cabossé mais toujours dangereux.
- Tu veux jouer connasse ?
Une esquive et un crochet du gauche ; le type s'écrasa contre le mur de sa cellule. Un uppercut ; il se retrouvait écroulé par terre, sonné. Si c'était aussi facile à chaque fois. Elle fouilla rapidement l'endroit, un semblant de réchaud électrique, les restes d'un lit ( il n'y avait plus que l'armature métallique ) et une petite pile de vêtements. Son inspection prie fin quant un détenu rentra dans la cellule. Le gars se hissa avec une main et jeta à terre avec l'autre un gros morceau de viande, il eut à peine le temps de voir son pote affalé par terre que la gardienne le tira violemment dans la pièce, le rouant ensuite de coups de pieds. Le troisième type ne tarda guère à se montrer... mais se défendit mieux que ses deux potes. Elle s'en sortit avec un coup dans le ventre et sur la cuisse mais le type battit en retraite en se jetant à la flotte rapidement suivit par les deux autres qu'elle balança à sa suite.
Elle ne jeta un regard en bas que pour trouver Ernest et lui faire signe de monter, se permettant un sourire en voyant le sac qu'il avait en bandoulière.

- Personne n'a fait attention à moi je crois.
- Très bien, voyons ce qu'on a là.
Le sac était petit, en toile solide, ils trouvèrent à l'intérieur un paquet de ration ( contenant des fruits des terres désolés séchés, des aliments lyophilisés d'avant guerre, de la viande salé et une bouteille d'eau pure ), leur deux manicles - Force d'Ernest et Foudre de Volodia - , ainsi que le premier élément d'un Sicard : une bouteille d'O2.
Les deux gardiens finirent rapidement la ration alimentaire.
- Le réchaud là, il n'est pas HS, la micro-cellule est morte mais tu pourrais utiliser ta manicle je pense.
Effectivement après intervention de la manicle, le petit réchaud semblait fonctionner.
- Avec un truc aussi ridicule on arrivera à peine à roussir la viande en une heure !
La viande crépita doucement sur le petit plateau métallique. Il y avait un gros morceau de viande de brahmine et quelques fruits "mutants".
- Hé, tu vas où ? Lança Ernest, mais sans réponse de la Gardienne.
Volodia c'était levée et commençait à descendre. Une fois dans la cellule du "premier niveau" elle fit signe au détenu.
- Je t'avais dit que je te donnerais le double de ce que je t'avais pris.
Le type mit du temps avant de suivre et de prendre la main tendu de Volodia pour l'aider à se hisser dans la cellule. Elle montra la pièce de viande et les "fruits" et fit signe de prendre place.
Ils mangèrent en silence, la viande de brahmine était dure et filandreuse, l'eau croupie dans laquelle elle était tombée lui conféré un gout atroce mais le simple de fait de chauffer la viande la rendait plus appétissante.
- Ça fait combien de temps que tu es ici ?
Lui, entre deux bouchés difficile :
- Quatre, cinq mois je crois.
- Est-ce que tu as vu qui avait dépouillé le cadavre de notre ami ?
- Je... Et bien les deux goules avec lesquels vous l'avez laissé certainement.
- Bordel de putain d'enfoirés, ces types n'ont aucun honneur, prendre quelques guenilles leur apporte quoi ? Et puis balancer le cadavre à la flotte ensuite, merde quoi, je veux dire...
- Rejeter le cadavre dans l'eau ?! Ah ça certainement pas. Vous avez vu à quoi on est réduit à bouffer ?
"et à quoi on en est réduit pour bouffer" siffla entre ses dents l'Initié, mais le type fit comme s'il n'avait rien entendu et poursuivit :
- Non, non. De la viande fraiche ça ne se perd pas ici.
Le morceau de fruits lui en tomba des mains :
- Quoi, comment ça ? Ils... vous voulez dire qu'ils...
- Ils l'ont mangé ouais. Enfin pas en totalité, pas encore, parait qu'avec un type on a de quoi manger pendant une semaine.
- Vous voulez dire que ces saloperies de goules sont en train de grignoter le cadavre de Danis ?!
- Non, pas les goules. Il y a un groupe de types qui n'hésite pas à bouffer un cadavre quant il y en a. Ils sont installés plus haut, au quatrième niveau. Ils payent bien les personnes qui viennent leur amener un macchabée là haut parait il.
La mâchoire de l'Initié resta ballante... Ils sont en train de manger Danis. Andrew Danilov, un grand Gardien et un bon ami, finir comme ça. Ils sont en train de le bouffer merde ! Des humains qui en mange un autre mais c'est, c'est... C'était la Fosse.

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Volodia Helsen
MessageSujet: Re: Juge, juré et bourreau   Dim 24 Fév 2013 - 16:23



Clans



« Qui domine les autres est fort. Qui se domine est puissant. »
Lao-Tseu




Une semaine entière s'écoula, puis deux. Les anciens occupants de la cellule essayèrent de reprendre leur "territoires" mais furent vite expédiés à l'eau, d'autres types tentèrent leur chances, des prisonniers du premier niveau et d'autres du troisièmes eux même délogés par d'autres détenus... il en allait ainsi dans cette prison, une lutte constante, pour la nourriture, pour des vêtements, pour une place ou juste pour passer le temps.
En deux semaines les gardiens purent concevoir enfin le premier Sicard, caché au fond d'un des sacs en jute. Ernest et Volodia échangeaient tout les deux jours leur rôles : l'un descend prendre la nourriture et l'autre guette le ravitaillement. L'initié avait écopé en fin de la deuxième semaine un œil au beurre noir, de quoi empirer son état en plus de son mal au ventre qui le torturait depuis quelques jours. La gardienne veillait sur la santé du gamin, remplissant parfois les deux rôles, laissant ainsi Ernest se "reposer" dans la cellule.
La disparition du cycle jour/nuit ( le seul point de repaire ici étant le moment où est bazardée à la flotte toute la bouffe ) et surtout l'isolement met à mal l'endurance psychique, une vraie souffrance. La Gardienne Brunet glissait des messages dans les sacs de ravitaillement, pour rendre compte de la situation là haut... de quoi tenir une heure de lecture parfois ! Volodia se rappelée avoir dit à la gardienne chargée de faire passer le ravitaillement qu'elle pouvait radoter autant qu'elle voulait dans ses messages - Brunet était un vrai moulin à parole au Temple - , effectivement cela faisait presque du "bien" de lire, de s'imaginer la surface... Deux semaine à peine que l'on est ici et pourtant...
La situation en haut semblait bonne, ils n'avaient eu aucun soucis mis à par la fois où les Gardiens Boucher et Brunet ont été invités par leur patron ( les deux gardiens travaillaient sous une fausse identité dans une des cultures à l'extérieur de Lutéce fournissant surtout des légumes et des céréales... et jetant la production pourrie à la Fosse ) à diner, de quoi mettre à l'épreuve leur histoire.

Le reste du temps était dédié à la recherche de Charles Ingres, Volodia avait tissé un minuscule réseau en donnant de la nourriture à d'autres prisonniers des niveaux inférieurs. Les informations étaient plutôt mince alors elle tenta les cellules du second niveau, en espionnant des conversations, troquant de la bouffe et le plus souvent par la force.







* * *

Puis encore une autre semaine... Entrainement physique, bagarre pour la bouffe, bagarre pour une cellule, troc de nourriture contre des informations, bagarre, observation, entrainement physique, bagarre, entrainement, quelques heures de sommeils, réveil et entrainement physique, plonger pour récupérer le sac de ravitaillement, bagarre, tabasser des prisonniers pour piquer leur nourriture, constitution du Sicard avec la nouvelle pièce, lecture du mot de Brunet, entrainement physique...
Des mots seul ne peuvent décrire ce qu'était la vie dans cette prison.

Au moins trois fois par semaine était organisés des combats au troisième niveau où l'on avait constitué une "grande salle" en brisant les deux cloisons pour regrouper trois cellules en une seule ( les barreaux eux étaient encore en place ), les combattants se présentaient par eux même, parfois il y avait un "prix" à décrocher ( vêtements, bouffe ). La gardienne n'en avait pas souvent entendu, les premier et second niveau de la Fosse étant une zone presque "oubliée", méprisé de tout les prisonniers des niveau supérieurs qui n'entraient quasiment jamais en contact avec les "inférieurs" sauf lors de la jetée de nourriture où ils les tabassent.
- Hé toi, tu compte pas rentrer ici comme ça ? Faut payer...
Se battre ou se prostituer ? La question ne se posait même pas.
- D'accord sac à merde on fait un marché, si je te bat tu me laisse entrer, si tu me bat...
- Je te baise.
Fit-il en souriant de toutes ses dents... il en perdit une rapidement et préféra se jeter à l'eau plutôt que d'en voir tomber une deuxième. Volodia avait écopée d'une sale morsure sur ses jointures de la main gauche mais ça en valait la peine.

Depuis ce jour la gardien ne rata pas un combat. Cinq à quinze personne se trouvait dans la salle et toujours deux combattants au milieu... étrange spectacle car les personnes présentent semblait tantôt faire cela pour passer le temps et tantôt pour s'entrainer. Isidore, un beau blond bien bâtis se posait en "chef", reprenant les combattants sur leur posture, leurs attaques. Ces combat "d'entrainement" ne se faisait qu'au matin et il y avait toujours les mêmes têtes...
Dont un petit bonhomme à la calvitie précoce et aux tatouages faussement intimidant : Charles Ingres.
La gardienne ne ratait jamais un combat d'entrainement bien qu'elle n'y participait que rarement contrairement aux autres bagarres où il y avait un prix à gagner.
- Tu te bats bien, dis moi, où a tu appris tout ça ?
Charles parlait sur un ton faussement désintéressé.
- Cela n'a pas d'importance et tu le sais, la question est à quoi peuvent servir ici des personnes qui savent se battre ?
Il n'avait pas fallu longtemps pour qu'elle découvre à quel jeux jouaient les détenus dans cette salle.
- Ne trouves tu pas qu'il est stupide de se foutre sur la gueule pour de la bouffe, chaque jours, alors que si l'on était tous unis on pourrait rendre la vie dans ce putain de trou bien moins pénible ?
- Et pourtant le chaos est bien là.
- Mais ce n'est pas ce que veulent les prisonniers...
- Mais alors, à qui profiterais cette anarchie ?
Il était tellement facile de parler avec un homme qui se croit plus intelligent que tout le monde.
- Une lutte constante pour aveugler la masse. T'es tu jamais posée la question : mais où est passé le matériel des cellules ? La chose qui est le plus grand luxe ici serait d'avoir un putain de matelas, bordel seulement ça ! Mais où ils sont tous passé ? Tu le sais très bien, et on sait tout deux que Lynx et ses hommes n'ont pas besoin d'autant de matériel.
Ces types à la solde d'Isidore ne voulait qu'une chose : renverser le pouvoir de Lynx et son clan. Charles n'avait pas les moyens de s'imposer par la force aussi avait-il tout fait pour se mettre dans les petits papiers d'Isidore, cherchant des gros bras à enrôler pour servir leur cause.






















* * *

Deux mois et une semaine s'étaient écoulés, de quoi fabriquer trois Sicard... et pourtant ils n'en avaient que deux. L'une des mirco-cellule à fusion fut utilisée pour la manicle de Volodia et une bombonne ainsi qu'une cartouche de chaux furent troqué contre des médicaments, un Radaway, pour soigner Ernest. Un de sacs de ravitaillement fut perdu dans les profondeurs de la Fosse aussi. Les rapports de Brunet commençaient à être inquiétant, la couverture des gardiens en surface risquait fort d’être percée à jour, mais elle s'acharnait à solutionner les problèmes...
Une éternité semblait s’être écoulée, la gardienne commençait presque à prendre gout à cette violence influent son comportement, Ernest lui semblait plus dépité que jamais, seul l'espoir de sortir un jour d'ici le maintenait jour après jour.

Et une guerre de clan se préparait.

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Volodia Helsen
MessageSujet: Re: Juge, juré et bourreau   Mar 26 Fév 2013 - 17:52



Sans issue



« La mort n'est-elle pas la plus parfaite des évasions ? »




Deux mois, trois semaines et deux jours dans cette prison et ils voyaient enfin la lumière au bout de ce long tunnel. Mais ils n'auront pas droit à l'erreur... les gardiens avaient enfin constitué trois Sicard nécessaire à les faire sortir de ce trou avec Charles Ingres - pas moyen d'obtenir les informations qu'ils étaient venu chercher par la force ou une quelconque forme d’extorsion semblait-il, Volodia ne voulait pas courir le risque, préférant le faire sortir de là avec eux et gagner sa confiance - .
Ce jour là ils reçurent enfin leur ravitaillement contenant la dernière pièce permettant l'élaboration du troisième matériel de plonger.
Ernest, entrain d'assembler le dernier élément, sur un ton moitié excité, moitié inquiet :
- On va enfin sortir de cette saloperie d'enfer, crois moi, je... j'aurais bien crut à certains moments qu'on s'en sortirait pas.
Après la santé physique, c'était la santé mental de l'Initié qui commençait à inquiéter la gardienne, le pauvre était vraiment à cran et se torturait pour ne pas que cela se voit.
Mais bientôt tout ça sera derrière eux ; la gardienne fit la lecture de la lettre de Brunet, comme toujours, le papier avait prit l'humidité mais l'écriture hystérique et raturée restait lisible :


Je ferais court cette fois. Ouais pourquoi s’emmerder à écrire alors que s'il faut vous êtes tous déjà sortis ou bien... morts ? Non, non j’espère, je sais que vous êtes encore là pas comme ces têtes vides de Berger ! Ouais j'imagine qu'Ernest doit être choqué de voir ça mais j'en ait plus rien à foutre, Danis n'aura qu'à balancer une de ses blague pour détendre l’atmosphère hein ? Vous saviez qu'après trois mois, si vous étiez pas revenus on devait préparer une nouvelle équipe ? Boucher et moi même on a était appelés exceptionnellement au Temple, - entre nous ça a été une vraie galère de trouver une bonne raison à ca sans compromettre notre couverture ! - , on est restés plusieurs heures dans la salle de conf' [...] et merde et là Ibrahim qui refuse tout net de risquer la mort inutile d'autres gardiens... Il n'y aura aucune autre équipe qui sera envoyer dans la Fosse ! [...] Les Bergers on statués et veulent même arrêter tout net le ravitaillement... et Boucher, se pauvre con, les a approuvé !!! Je ferais tout pour garder l'approvisionnement le plus longtemps possible mais ce serait désobéir à l'Ordre... Mais si vous étiez encore là dessous ? Hein ? S'il vous manque juste que quelques trucs en plus pour pouvoir sortir ? Bordel de merde... Faites au moins en sorte qu'un seul d'entre vous sorte, même sans les info qu'on était venu chercher histoire de rendre compte de la situation, dire que vous êtes encore en vie nom de dieu on peu pas se permettre de vous perde même ce déconneur de Danis me manque, L'Initié aussi bien que je le connaisse pas vraiment et puis Volodia, bordel je suis responsable de vous ! Revenez au plus vite, annulez la mission mais revenez, en vie.


- Quoi ils veulent tout arrêter ?
- Calmes toi, on est prêt à partir de toute façon.
Malgré tout le fait que les Bergers gardaient peu espoir quant à leur chances de réussite l'affectait. Ce n'est pas important, allons chercher cette raclure de Charles et sortons de ce trou !
Le plan allait enfin être mis à exécution, plus rapidement que prévu mais ça semblait bien partis. Volodia réussit à "inviter" Charles dans leur cellule, histoire de " savoir comment réussir à vaincre Lynx " , le petit homme vouait une vraie haine envers le roi de la Fosse, et ce depuis le premier jour, depuis sa "fête" de bienvenue plutôt... dégradante.
- Ah fermes là deux secondes tu veux ?
Il restât interloqué.
- On nous a payé, Ernest, moi et notre défunt camarade pour te sortir de là.
Il tiqua, hésitant entre rire ou la croire. L'Initié sortit de la cache les trois Sicard.
- T'as bien vu qu'on était pas des détenus lambda, hein ? Des putains de mercenaires payé par le Trident, qu'est ce que je dis, c'est le Baron lui même qui nous a choisi, apparemment tu aurais dégotter un holodisque appartenant à une escouade de la FNF hein ? Ca lui a plus, mais ça j'en ait rien à foutre, notre boulot avec Ernest c'est de te faire sortir de là, à nous aussi elle commence à nous les briser cette prison.
A son expression ils virent que Charles mordait à l'hameçon, avalait toute la ligne carrément tant l'espoir de sortir de la Fosse devait être son rêve le plus chers.
- M-m-mais c'est heu, merci je veux... je veux dire mais, mais c-c-comment vous... comment on vas faire pour...
- Tu vois ça ? C'est du matériel de plonger. On part aujourd'hui. Tu n'auras qu'à nous suivre, Ernest t'aidera, moi j'ouvrirais le passage. Garde juste en tête qu'il faut économiser au maximum l’oxygène, donc ne t'affoles pas trop, prend de grande inspiration et donne des expiration encore plus longue.
- Je t'aide à mettre le Sicard et te montres le fonctionnement du machin et après on y va, j'ai assez attendu !





Une fois chacun équipés, ils sautèrent du second niveau et plongèrent directement dans l’immense réservoir. Enfin ! Une joie immense et fébrile l'envahit mais tout n'était pas encore terminé. Volodia alluma la lampe frontale alimentée par la micro-cellule à fusion... mais l'eau restait un mur de fumée opaque, boueuse, parfois verte puis carrément noir une fois au fond. Ils arrivèrent rapidement au tuyaux de sortis... la gardienne fut surprise par le courant d'aspiration, beaucoup plus fort qu'elle ne se l'était imaginée ; se retourna, tout était ok pour Ernest et Charles, elle continua et arriva déjà face au deux pales... Un vieux système datant de plus d'un siècle, construit pour duré par l'armée Chinoise et... à l’arrêt. Les deux pales, rouillés, étaient figée et pourtant le courant les attirait plus en avant. Elle fit quelques mètre et découvrit la raison de tant de mystère : une nouvelle hélice avait était installée, huit pales acérées tournant rapidement... trop rapidement. Le système semblait dès plus solide et ils n'avaient aucune chance de passer au travers...
















* * *















- Non, NON, NON !!!

Ils n'avaient pu passer, la Fosse semblait sans issue...
A leur retours Ernest avait craqué, se brisant le poing contre le mur de la cellule à force de frapper. Ensuite il hurla puis finit par brailler puis s'enfuir on ne savait où.
- Il... il n'y a aucun moyen de passer alors ? Vous pourriez pas... je sais pas : faire sauter l'hélice, la bloquer ?
Trop solide. Comment était il possible que l'Ordre n'eut pas sut cela ? Foutu, on est foutu, on va pourrir ici.
Elle resta là pendant des heures, Charles repartit auprès de son clan et... Une personne fit son entré, puis une deuxième et encore un autre. Des baraques à la tête creuse : des hommes de Lynx.
- Alors on a essayer de s'faire la malle ? Quoi, on est pas bien ici ? T'as essayer de baiser le chef, et ça le chef il aime pas.
Il frappa. Plusieurs fois. Impossible de riposter.
- T'aurais du faire comme ton p'tit pote, Lynx il est bon, il est comme qui dirait miséricorde. T’aurais du faire comme lui et demander son pardon.
Ils la laissèrent couverte de bleus, emportant tout le matériel.

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Volodia Helsen
MessageSujet: Re: Juge, juré et bourreau   Mer 27 Fév 2013 - 14:20


Rendez vous à la sortie




« L'espoir réside dans la faculté de se tromper. »
Lewis Thomas


Le soir même le cadavre d'Ernest se retrouva au fond de la Fosse, flottant au milieu de cette eau viciée. Condamné à finir sa vie dans cette prison il avait préféré essayer d'entrer dans les petits papiers de Lynx, histoire d'avoir quelques privilèges. Espoir stupide se soldant par un coup de couteau dans le dos et une chute du sixième niveau... tout comme Danis.
Le lendemain matin, Charles revint dans la cellule de Volodia, espérant encore pouvoir sortir d'ici...
- Ils vous on pas raté, ça non... enfin je veux dire...
- Tu viens encore me demander s'il est possible de s'échapper ? La réponse est non. On est foutu, fini, condamné à pourrir ici, ces trois mois étaient une putain d'éternité pour moi. Alors qu'est ce que ce sera avec le reste de ma vie ?
Charles ne la laissa pas désespérer.
- J'ai eu une idée : si on arrivait à contacter Prosper Méderic, hein ? Il nous viendrait en aide ?
- Comment ça contacter ?
- Ben... le Baron a un terminal connecté au réseau de Lutèce, alors si l'on arrivait à le contacter...
- Et comment tu veux faire ce miracle, on est coupé du monde !
Elle lui gueula les derniers mots mais le petit mafieux ne s'en démonta pas... trop.
- Et ben... et b-b-ben en fait il... il parait que, q-q-que Lynx a un terminal en haut, q-q-qui est relié au réseau interne de L-l-lutèce.
Elle bondit presque :
- Quoi ?!
- Ou-ou-ouais, enf-f-fin il y a tout un tas d'histoire mais y parait qu'il en a un. Qu'il se l'est fait lui même certain disent, mais je crois plutôt qu'il a piquer à un autre détenus qui avait mis des années à construire ce terminal en prenant les quelques pièces électroniques qu'y sont balancés dans la Fosse parfois. D'autres y disent que c'est carrément la FNF qu'il lui a passé, histoire qu'ils gardent un "agent" à l'intérieur, quoi.
La gardienne faisait les cents pas dans la cellule.
- Nom de dieu. Putain de merde. Si c'est vrais... on a notre chance.
Le visage de Charles se fit radieux.
- Espérons que ce soit vrais... On va tenter le coup. T'es partant ?
- Et comment !
C'était une question rhétorique pauvre con.
- Il va nous falloir éloigner Lynx et ses hommes du sixième niveau. Je ne vois qu'une seule façon : Isidore doit lancer son insurrection, le combat devra être mener dans les niveaux inférieurs et j'en profiterais pour monter, joindre mon contact à la surface et redescendre le matériel.
- Wow, wow, wow. Holà comment être sur que tu vas pas te tirer sans moi ?!
Elle l'examina de haut en bas cherchant une réponse convaincante.
- Si je sors d'ici sans toi le Baron me fera la peau.
- Bon, bon ok, très bien. Super. Je... enfin Isidore avait prévu une arrivée en masse dans les niveaux supérieurs de ses hommes dans pas longtemps mais je pourrais le convaincre de mener plutôt le combat en bas.
- Tu vas le convaincre. Dis lui qu'il y a une taupe chez vous et qu'il a balancé tout, Isidore n'aura aucune chance car Lynx va les attendre et n'aura qu'à pousser ceux qui se présenterons. De mon coté je vais voir Lynx, le faisant croire que je vais faire comme Ernest : essayer d'entrer dans ses bonnes faveurs, en lui disant qu'une "rébellion" se prépare... ce tas de merde va préférer aller au combat plutôt que de rester là haut. Il aime ça, se battre c'est tout ce qu'il sait faire. J'y arriverais. J'irais le voir ce soir, aujourd'hui tu vas t'occuper de convaincre Isidore. Ok ?









* * *







Convaincre Lynx ne fut pas un problème, la seule difficulté fut d'atteindre le sixième niveau. Charles Ingres n'avait pas rencontré trop de problème de son coté non plus, les deux camps ne voulaient qu'une chose : en découdre. Le camp d'Isidore était donné perdant mais cela importait peu désormais.
Ce fut lors de la nuit que les combats éclatèrent. Bagarre à tout les étages, Lynx était descendu lui même. Cela donna un boucan terrible, deux ou trois coups de feu se firent entendre et une dizaine de prisonniers s'étaient retrouvés au milieu de la flotte, en bas, d'autres les rejoignaient petit à petit, tombant du deuxième au quatrième niveau.
La montée ne présenta une difficulté qu'au cinquième où quelqu'un essaya de l’agripper à travers les barreaux... elle brisa la main avec sa botte. Puis... enfin le sixième !
Le fameux dernier étage. Elle était au niveau de la "cours" ici même où se tenait la réception pour tout les nouveaux. Personne ici. Il restait quatre cellule à explorer dont deux n'en formant qu'une seule ( le mur les séparant ayant été démonté ). Justement ce fut dans cette "grande" salle qu'elle entra en premier. Et il y avait du monde ici : le bordel de Lynx et ses hommes. On se demandait souvent où partait la plupart des prisonnières... Elles étaient trois ici dont une brandissait un couteau. Par réflexe ou peut être pour quelque chose qui était devenu plus sombre, Volodia se jeta sur la détenue et lui arracha son couteau avant de la pousser à l'extérieur pour une chute de près de vingt mètres. Elle fit rapidement un tour de la salle, des lits et un semblant d'étagère. Rien d'intéressant. Espérons que Charles ne s'est pas trompé !
Elle passa à l'avant dernière cellule : la chambre de Lynx. Quatre matelas crasseux, des meubles en bois pourrie, une vielle table, une lampe de chevet et... le Terminal.
La gardienne se jeta dessus, plantant le couteau dans le bois et tirant le siège de sous le "bureau". Les écritures vertes sur fond noir apparurent. Bon dieu il avait raison !
Quelle chance que Brunet avait ouvert une ligne pour son terminal à Lutèce ! Volodia n'eut qu'à chercher le nom de son amie dans la banque d'adresses et choisir l'option texte/vocal ( le terminal de Lynx n'avait pas le luxe d'avoir un combiné aussi se contentera la gardienne d'écrire alors que Brunet pouvait parler ).
" A-Allo ? "
Dieu merci !
Elle écrivit :
" Éloïse on a besoin de "
" Oh nom de... vous êtes encore là bas ? En vie, vous allez bien ? Comment "
A son tour de la couper :
" Il y a eu des morts Brunet, il... "
" Non ! Est ce que Danis va bien... et Volodia, dites moi qu'elle va bien ! "
" Je suis Volodia, arrêtes de me couper Éloïse, je t'en pris. Danis et Ernest sont mort, il ne reste que moi mais on peu encore s'en tirer avec Charles, oui j'ai décider de le faire sortir de là lui aussi. Lis moi bien : la FNF a posé une nouvelle hélice dans le tunnel d'évacuation, ON NE PEUT PAS PASSER. Il faut que tu fasses quelque chose de ton coté et vite ! "
" Ok, ok... je, je peux peut être... attends. Oui, je pourrais m'organiser pour... "
" Non ! Il faut que tu fasse ça MAINTENANT, on a pas de seconde chance de notre coté. En combien de temps tu peux bloquer l'hélice ? "
Elle se retourna brusquement : une main venait de s'agripper au barreau.
" Pour six heure, six heure du matin... donc dans cinq heure et quelques, j'imagine que ce sera assez facile car "
" Dois déco', compte sur toi !!! "
Le type ouvrit en grand la grille de la cellule. Homme de Lynx ou d'Isidore ? Aucune importance : il se prit le terminal en pleine face. Geste fou ? Volodia devait de toute façon effacer toute trace de cette conversation. La gardienne partit à la rechercher des Sicards et descendit jusqu'au second niveau où l'attendait Charles Ingres.





* * *



Les trois bombonnes d'O2 ballotaient dans son dos, la descente fut difficile mais elle finit par rejoindre Charles.
- Alors c'est bon ? On va enfin sortir ? Ah bon sang j'aurais...
- Fermes là et enfile ça, tu sais comment ça marche. Mais fait gaffe, on a déjà tiré sur ces bouteilles, on aura 1/3 de temps d'oxygène en moins. On descends à six heure mais je préfère que l'on soit prêt.
Partout ailleurs : des combats. Encore un coup de feu et encore des types qui tombaient à l'eau. D'ailleur plusieurs d'entre eux, pour remonter, passèrent par leur cellule. Un seul leur prêta attention un peu trop longtemps... la gardienne le renvoya d'où il était venu d'un coup avec la troisième bouteille d'O2. Au bout d'une heure la situation se calma. Mais il fallut attendre encore longtemps que tout le monde se soit calmé. Sept corps flottaient dans l'eau à la fin de "l'insurrection".
- Là, il est six heure non ?
Attendons encore un peu, pour être sur. On a qu'une seule chance.
La voix puissante de Lynx retentit après un hurlement :
- Aaarh ! Je retrouverais tout ceux qui ont combattu aux cotés de cette serpillière à foutre !
Un cadavre chuta dans l'eau sombre : Isidore.
- Je vous retrouverais, tous ! Et je vous tuerez. JE suis le CHEF ici par ce que JE SUIS le plus FORT !
Un silence glacial tomba.
- Bon, allons y.

Ils sautèrent dans l'eau noir, prenant une dernière inspiration avant d'enfiler le masque et de plonger. Le froid mordait la chairs comme des millions d'aiguilles, chaque mouvement était une épreuve... Ils arrivèrent vite au tunnel de sortie avec déjà la moitié d'oxygène consommée. Ils passèrent les vielles pales et arrivèrent à l'hélice.
Hélice à l’arrêt. La gardienne se faufila la première entre les lames tranchante puis aida Charles à passer. On y est, on est passé ! Venait ensuite le système de dé-grillage moitié émergé. L'air était pestilentiel mais ils ne tardèrent pas ; Volodia avait prévu d'utiliser la troisième bombonne pour faire sauter le système de dé-grillage mais lui aussi était à l’arrêt. Excellent.
- Attends, attends !
Elle se retourna vers le petit bonhomme qui pointait fébrilement la jauge de son système de plonger. L'aiguille était déjà dans le rouge.
- Bordel ! Essaye de respirer plus calmement. Bon tu vas prendre celle ci, je vais prendre la tienne et la finir puis échanger avec la mienne.
La peur l'envahit. On aura pas assez d'oxygène.
- Allons-y.
Ce long tunnel immergé faisait partis du réseau de tout à l'égout de la ville. L'eau y était totalement opaque et la gardienne commença à paniquer. Dans cette merde Volodia préféra échanger la bonbonne plutôt que le respirateur... perdant encore plus de temps. Le travail finit elle s’aperçut qu'elle était totalement désorientée.
Ils nagèrent le plus rapidement possible, une main collé contre la parois. De qu'elle vit une ouverture la gardienne n'hésita pas et s'engouffra dedans en amenant Charles par le poignée.
- Hhhh. Ah putain !
Le "mafieux" reprenait difficilement sa respiration.
L'odeur était plus qu'ignoble. Un voile de fumée verdâtre empêchait de voir à plus de deux mètres tout en vous brulant les yeux. Ils coururent plus profondément dans l’immense tunnel. Butant sur des objets métalliques, des cartons pourris d'humidités, des sacs plastiques jaunes par dizaine.
- Les déchets des laboratoires de la FNF.
- Je vais pas tenir longtemps.
Ils trouvèrent une lourde portes en ferraille, du même style que celles des sous-marins. Ils durent s'y mettre à deux pour tourner la manivelle et décoincer la porte de ses gonds.
- Ah c'est mieux !
La salle donna sur un autre tunnel, qui donna sur une autre salle.
- Secteur 29. Aide moi à ouvrir ce truc.
A quoi pouvaient bien servir tout ça ? De plus Volodia constata qu'il y avait du courant en appuyant sur un interrupteur.
- C'est une caméra ça ?!
- Bha elle doit plus marcher.
Cette porte leur donna plus de mal que l'autre, le métal crissa quant elle s'ouvrit un un flot entra :

Spoiler:
 

- Chié ! Bon ça me va tant que ça monte pas plus haut. Ah !
Ils passèrent un long tunnel où l'eau montait à mi-cuisse, puis prirent une échelle et se retrouvèrent dans un tunnel sombre.
- Plus sombre que le trou du cul d'un taureau lors d'une nuit sans lune. Oui-da !
La gardienne alluma sa lampe.

Spoiler:
 

L'air était moins lourd. Bon signe.
- Ah ! Une histoire à raconter à nos p'tits enfants hein ? F'in j'ai pas de gosse mais bon, m'fin c'est juste histoire de dire.
Sur le coté : une ouverture ! Elle souleva la lourde plaque qu'elle laissa choir à coté d'elle en raisonnant. La gardienne fit signe à Charles de passer en premier.


Spoiler:
 

- Oh bon sang ! Cette, cette puanteur : c'est Paris, putain on y est !
Elle resta derrière lui tendit qu'il boitait jusqu'à la sortie.
- Oh merde, je sais pas quoi dire là, j'ai jamais trop comment su remercier, m'voyez, m'enfin j'veux dire...
Elle l'attrapa par derrière et l'immobilisa au sol.
- Q-q-qu'est c-c-ce que, q-q-quoi, p-p-p...
- Ce n'est pas Prosper qui m'a envoyer. Écoutes moi bien maintenant : je ne veux pas te tuer mais si tu m'y oblige je n'hésiterais pas. Je ne demande qu'une réponse : Où est ce que tu as caché l'holodisque ?
- Q-q-quoi ?
C'est une réponse ça Quoi ? Elle serra la prise.
- Ch-ch-chez m-m-moi. L'étagère, d-d-dans la chambre, dessous, sous l'étagère, il y a un f-f-faux plancher ! Dans la boite en fer... Aie ! Vous m'faite mal !
Elle le laissa partir. Charles se leva, tituba quelques mètres, regarda en arrière et essaya de courir. Il ne m'attends même pas. Cela semblait véridique mais mieux ne valait pas prendre de risque.

Spoiler:
 

Il ouvrit la grille qui le séparait de la liberté et tomba par terre... où quelqu'un lui braqua une arme sur le crane. Merde ! Mais elle reconnu la voix.
- Bouges pas ! Où est
- Ici.
Éloïse se rapprocha de la gardienne et la serra dans ses bras en... pleurant. Ça devrait pas être l'inverse ?
- Gardes le en joue. Il va falloir le surveiller le temps que l'on vérifie ses infos.
- Merde putain c'est quoi c't'histoire ?
Brunet le força à se mettre debout, gardant son HG dans le dos de Charles.
- Mais comment tu as su qu'on allait
- Sortir par ici ? Il y a un système de contrôle du réseau de tout à l'égout. Ils sont deux à gérer ca par ordinateur mais il y a aussi des équipes qui peuvent être envoyer sur le terrain. Bref, aujourd'hui il n'y en avait qu'un au poste, je me suis occupé de lui et j'ai désactivé l'hélice et le dé-grilleur. Tu sais pour ne pas avoir à aller tout le temps jeter un œil au réseau la FNF a installé des caméras partout, comme à son habitude... Je vous ais suivit un moment, regardé les plans et je suis partie. Et toi de ton coté... pour Danis et Ernest ?
Repenser à ça... maintenant.
- Une sale histoire. J’espère vraiment que cet Holodisque en valait la peine.
Il en valait la peine.
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Juge, juré et bourreau

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