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 La guerre est une chose trop sérieuse pour être confiée a des militaires

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Wilkus Van de Merwe
MessageSujet: La guerre est une chose trop sérieuse pour être confiée a des militaires   Ven 12 Sep 2014 - 23:17




Enfoncé dans son fauteuil, Noircet observait silencieusement les ruines du dantesque quartier de Montparnasse, les jambes croisées, le corps allongé, un verre de Brandy a la main, un sourire en coin, un pistolet laser accroché au holster.

La vie était bien belle depuis que la dissidence avait trouvé une base... Et avait une population qui leur était redevable. Les beaux quartiers étaient a eux. Et Noircet, qui devait satisfaire ses besoins de vastes locaux s'était aménagé un très beau bureau. La baie vitrée avait une vue imprenable sur les ruines de Paris qui s'étendaient a perte de vue, et surtout sur la tour s'élevant dans le ciel, la structure étant relativement en bon état.

Noircet leva son verre, ses lèvres en touchant bientôt le bout, avant de lentement le lever pour absorber l'agréable liquide qui s'enfonçait alors a travers son œsophage. Deux, trois gorgées chaudes qui le requinquaient rapidement.

L'ex-commandant jeta un coup d’œil a sa droite. Sur son porte-manteau était accroché son vieux costume de cérémonie, sans aucun pli. Au mur étaient accrochés des photos, des certificats, des coupures de journaux... Sur Nanterre, sur l'assassinat de la Reine Amazone, sur les actions de la section humanitaire... 30 années de campagne de la République s'étalaient sur ce mince morceau de plâtre.

On toqua à la porte. Noircet termina son Brandy. On re-toqua à la porte. Le commandant tiqua, avant d'élever sa voix, froide et rauque.

''Entrez !''

La porte s'ouvrit, brutalement, et on entendit trois pas bruyants de bottes, puis un gros claquement de talons sur le sol.

''Commandant !''

Noircet leva son bras gauche, un doigt s'élevant.

''On ne claque pas les bottes sur le parquet, soldat ! C'est en bois de chêne !''

Les yeux du dissident s'écarquillèrent. Il restait là, fixe, un bras dans le dos et l'autre tenant un casque.

''Je... Désolé, mon commandant...
-Ne vous excusez surtout pas. Simplement, je ne veux plus jamais entendre vos bottes claquer sur le parquet. Compris ?
-Oui mon commandant.''

Noircet se tourna sur sa chaise pivotante, et posa son verre sur le bureau.

''Bien. C'est pour quoi ?
-Mon commandant, Salomon vous demande. Il aimerait vous parler.''

Noircet fronça ses sourcils, avant de lever son regard vers les yeux du soldat.

''Pourquoi est-ce qu'il ne viens pas ici me parler directement ? Est-ce que sa Majesté est trop occupée ? Bon sang, pourquoi est-ce qu'il ne m'envoie pas Eric pour me prévenir ?!
-Mon commandant, le capitaine Serin est actuellement trop occupé.
-Trop occupé ? A faire quoi ?
-Il est en train d'entraîner quelques jeunes volontaires.
-La dissidence n'est pas censée entraîner. Nous ne sommes pas des miliciens ! Encore une sale idée de Salomon... Enfin ! Qu'importe ! Partez, je vous prie. J'irais voir Salomon moi-même, puisqu'il ne daigne pas venir !''

Le soldat leva ses talons, quand le commandant serra sa main en un poing. Il n'eut pas besoin de plus de dissuasion. Le soldat parti prudemment, a pas de loups, et ferma lentement la porte derrière lui.

''Bon sang.''

Il s'enfonça dans son fauteuil, tout en prenant la bouteille de Brandy, ouverte sur son bureau. Il la fit pencher et versa du liquide dans son verre. Il se retourna, et recommença a boire tout en observant la vue dehors.

Il jeta un coup d’œil a une photo en particulier.

Un cliché de lui, et d'autres soldats de la FNF, deux mois avant Nanterre. Il trônait a coté de Madof, avec Losse a sa droite, Serin accroupi, Salomon dans un coin, et Renaud... Le pauvre Renaud, qui était fier et grand.

Mourir brûlé vif, tué par un salopard de sniper...

Il les ferait payer. Peu importe la doctrine adoptée par la FNF. Peu importe leurs idées comme quoi il faut ignorer la République...

Et pour ça, il avait un plan, ce cher Noircet.

**************


Noircet traversa le long hall, avant de finalement arriver devant les portes de la salle de réunion. Deux militaires étaient postés a l'entrée, et se mirent instinctivement au garde a vous, leurs fusils bien en l'air, sans aucune réaction apparente de la part de leur supérieur.

Noircet poussa la double-porte, se tenant maintenant en plein dans l'entrée, en face d'un luxueux bureau ovale, autour duquel étaient assis plusieurs personnes, la plupart avec les cheveux blancs. Et, trônant au bout, le chef de facto de cette grande dissidence : Salomon.

Description de Salomon:
 

''Ah ! Philippe ! Content de te voir !''

Salomon se leva de son fauteuil, avant de diriger sa main vers un siège qui était devant le bureau. Noircet sourit un peu, avant d'aller s'installer vers le siège, et de s'asseoir martialement.

Les deux hommes se détestaient autant qu'ils se respectaient. Leur alliance était fragile, souvent leurs arguments se terminaient en disputes mémorables...

Mais même Noircet devait admettre que Salomon était un grand homme, et Salomon savait pertinemment que Noircet était un agent sans nul autre pareil dans son organisation.

''Tu veux un café ?
-Non merci, il faudrait que j'arrête un peu.''

Des échanges de politesse banals. Des idioties dites avec un ton de persiflage et des regards en croix.

''Alors, Adam, pourquoi t'as voulu que je vienne ici ?
-Oh, tu sais, Philippe... Tu sais que nous vivons des temps durs.''

Il prit un journal et le lança vers Noircet. L'Oppidium Gaulois, daté d'hier. Noircet plaça une jambe au dessus de l'autre, et lit tranquillement la page de couverture du torchon.

''Ah, l'opération au Bidonville ! C'était il y a une semaine déjà.
-Une vingtaine de soldats de la FNF qui ne combattrons plus. Devant, certains clament que près de 200 civils sont morts.
-Et 3 hommes disparus. Je sais. Tout le monde le sait. Les primes sont hautes pour leur libération, n'est-ce pas ?
-Lis en page trois.''

Noircet tourna les pages du journal, jusqu'à arriver à la belle page 3.

''La FNF a déclaré avoir trouvé une importante cargaison d'armes dans une ruine près du Champ de Mars... Nos prisonniers ?
-Un de nos hommes est détenu par la BRS.
-Je sais. Pauvre Damien... Il va en baver.''

Les dissidents restèrent silencieux.

Damien. Damien Robert. C'était le dissident chargé des opérations très lointaines, et notamment des relations avec les groupes extérieurs. Notamment, il s'occupait de bosser avec le Trident et les résistants anti-FNF et anti-esclavage. Il a été capturé lors de l'opération militaire de la FNF.

''Bref. Je suppose que Damien va parler... Pire : Il s'est déjà sans doute mis a table.
-Damien sait tout sur chacun d'entre-nous. Il sait également tout sur chacune de nos cargaisons, tout nos convois, toutes nos cachettes, tout nos alliés... On lui avait pourtant appris a ne pas se faire capturer ! Comment est-ce qu'il a fait ? Ce n'est pas un débutant, pourtant ! On parle de Robert, bon sang ! En 2173, Damien a déjà échappé a des psychotiques en sautant dans la Seine.
-D'après mes quelques bruits de fond, il y avait un traître parmi le Trident.
-BRS, foutue BRS...
-Adam, on grandit dans le dos de la FNF comme un cancer. Qu'attendais-tu, sérieusement ? Le chien mort en retour. Qu'importe. On doit le frapper pour le calmer.''

Salomon leva sa lèvre supérieure.

''Je ne suis pas sûr que tu comprenne pourquoi je t'ai amené ici... Nous avons déjà perdu beaucoup d'hommes face à la FNF. Robert n'est pas le premier. Louis, Émile, Darquier... Renaud...
-Ne me parle pas de Renaud ! Je te l'interdis...
-Excuse-moi, Philippe... Mais tu dois admettre que nous ne pouvons pas nous opposer à la FNF. Nous avons des objectifs plus importants.''

Noircet fit mine de ne pas l'entendre. A la place, il continua de lire le journal.

''Dole... Dole, Dole, Dole... Pourquoi est-ce que ce foutu nom m'est familier...''

Noircet leva son regard, et chercha un autre dissident. Un qui était couvert de bandages, assis a la droite de Salomon. L'ex-commandant leva son doigt et le pointa vers lui.

''Dole. C'est le taré de la FNF qui t'as torturé !
-Oui mon commandant.
-Incroyable. Vraiment incroyable. Le pire, c'est qu'il a réussi a faire mettre la mort du petit fils de la salope du Conseil Républicain sur MA tête ! Oh, oh ! Je pense qu'il va falloir faire une petite visite de courtoisie a ce cher Dole...''

Salomon toqua sur la table.

''Philippe, tu ne sembles pas comprendre. C'est fini. On ne s'oppose plus à la FNF. Cela n'a jamais été notre objectif et ne le sera jamais.''

Noircet resta silencieux, toujours minant d'ignorer les paroles de son supérieur. Il lit silencieusement, avant de finalement replier le journal, et de le jeter au loin sur la table.

''Damien Robert va donner à la FNF énormément de renseignement sur des cellules que nous avons mis en place. Des investissements qui nous ont coûté et que nous allons perdre inutilement. Comme je te l'ai dis, nous devons les calmer.
-Hors de question.
-J'ai perdu 7 mois de ma vie a faire un putain de système pour avoir des résistants à la FNF. Est-ce que tu sais comment ça a été dur, après l'arrestation de Stanislas le Révolté ?
-Je ne t'ai jamais donné l'autorisation pour faire une telle chose. C'est fini Philippe.''

Noircet se leva de son siège, et posa ses deux poings sur la table, le buste voûté, les yeux levés vers le juif aux cheveux gris.

''Salomon... Qu'est-ce que tu essaye de faire ?
-J'essaye de t'empêcher de sacrifier nos ressources durement acquises pour rien.
-La FNF viens de nous frapper fort. On a perdu 4500 anneaux et l'un de nos hommes. Et ce n'est que le début...
-Je sais. C'est pour ça qu'on arrête.
-Et qu'est-ce qu'on fera, alors ?! On construira notre petit royaume au sud de Paris ? On veux pas créer une foutue faction, Salomon ! On doit prendre le contrôle de la FNF et l'utiliser ! C'est ça que Madof avait de prévu !
-Madof n'aurait pas accepté que nous perdions notre temps a financer des communistes qui tuent des soldats de la République !
-Madof a failli atomiser des milliers de citoyens républicains. Comment ose-tu dire qu'une trentaine de chiens soumis au Conseil sont un tribut trop lourd ?!''

C'était reparti pour l'engueulade. La plupart des dissidents autour de la table en avaient l'habitude a présent.

''Quel est ton plan, alors, Philippe ? Partir au Bidonville ? Tuer quelques Vautours ?! Attaquer un avant-poste ? Arrête l'hypocrisie ! Tout ce que tu veux, c'est venger Renaud. Tu en a rien a faire de notre combat.
-Notre combat ? QUEL COMBAT ?! Aider quelques sales prolos incapables de se diriger eux-même ?! Non ! Notre putain de combat est celui que nous avions quand nous sommes arrivés à Paris ! Refonder la putain de République ! Est-ce que tu sais a quel point ça a été dur pour nous de fonder Lutèce ? Nous sommes soumis a des goules, des mutants, des anarchistes, des psychotiques, des bêtes sauvages... Et des zélotes. Des ploutocrates séniles et affaiblis. Madof a peut-être failli a sa tâche, mais son combat reste le même : Nous devons prendre la FNF, la couper de l'influence du Conseil, et l'utiliser pour fonder la VRAIE République. Une République débarrassée de l'esclavage et du cancer psychotique.
-Et tu compte faire ça comment, au juste ?''

Noircet eut un sourire carnassier. Il leva ses épaules, les enfonçant en arrière, les mains dans le dos.

''La perte de Robert n'est pas une fatalité. Mais nous devons avoir quelque chose de notre côté. L'intervention de la FNF dans le Bidonville divise Lutèce : Les nationalistes l'adoreront, le reste la détestera. Nous allons agir dans les deux camps.
Il nous faut récupérer les 3 soldats disparus dans le Bidonville, et les utiliser comme un outil de façon a faire pression sur le gouvernement. Nous pourrions demander une rançon, ou bien même la libération de certains prisonniers. Damien Robert, certes, mais également... Stanislas le Révolté. N'aurions nous pas besoin d'un fédérateur, pour pouvoir organiser ces pouilleux dans le Bidonville ?

-La FNF n'acceptera jamais de libérer Stanislas.
-Bien sûr que non. Mais nous pourrions alors ou bien éventrer les soldats, ou bien les convertir a notre cause. Dans les deux cas, cela nous servira. Nous donnerions un exemple ou nous mettrons la terreur dans les rangs de la population.
-Tu es fou si tu pense qu'exécuter publiquement des soldats de la FNF servira a quelque chose. Nous ne ferions que donner des arguments contre nous !
-Depuis quand nous occupons-nous de l'opinion publique, Salomon ?!
-Depuis que tes actions ont causé la mort de nos hommes !
-Ce sont des martyrs.
-Des martyrs pour tes projets déviants.
-Dixit l'homme qui se prend déjà pour le Monarque de Montparnasse !
-Nous devons ramener la civilisation sur Paris.
-Avec la FNF ! Tu crois vraiment que Lutèce se séparera du Conseil naturellement ? Pourquoi est-ce que Madof voulait atomiser l'île, alors ? Tu es aveugle si tu pense avoir raison, Salomon.''

Noircet dirigea sa main vers les dissidents autour de lui.

''Et vous autres. Pourquoi êtes-vous là ? Pourquoi êtes-vous a nos côtés ? Je sais ce dont la dissidence a besoin. Je vous donnerai la justice... Je vais corrompre la FNF de l'intérieur, en prendre le contrôle, purger ses tâches noires... Et je vais m'assurer que nous en prenions le contrôle, avant de la jeter, telle une vague déferlante sur toutes les ruines de Paris. Et alors... Alors nous pourrons finalement écrire l'Histoire.''


Noircet commença a partir, quand Salomon se leva en hurlant.

''Je t'interdis de faire quoi que ce soit sans mon aval !''

Noircet jubilait. Tout en souriant, il se retourna lentement vers le vieil homme.

''Tu n'es pas Madof, Adam. Aussi fort que tu le désire... Mais ne t'inquiète pas. Je ne suis pas comme toi.
Je vais aller libérer les soldats de la FNF. Et je les ramènerais ici. Nous déciderons de leur sort. Nous serons vu par Lutèce comme des héros ou comme des monstres. Dans les deux cas, nous sommes gagnants.

-Je t'interdis d'utiliser des ressources de la Dissidence...
-Je prends ma part dans la collecte de ces 4 derniers mois.
-Après l'argent qu'on a perdu ?! Par ta faute ?!
-Je te rembourserai, avec des intérêts, si tu le désire. Dis-toi que c'est juste une avance... Si mon plan fonctionne, on pourra tirer une grosse rançon qui couvrira amplement les frais.
-La FNF ne payera pas un centime.
-Alors la FNF aura le mauvais rôle ! Encore une fois, je me répète : Nous sommes gagnant dans tout les cas.''

Il cligna, avant de sortir de la salle. Salomon s'écrasa dans son siège.

Noircet attendis devant la porte, tandis que les autres dissidents sortirent. Mais l'ex-commandant posa sa main froide sur l'épaule du militaire rempli de bandages.

''Va voir Fabien, et demande lui des informations sur un commandant Dole... Ensuite, va voir celui-ci... Dis lui que la dissidence est fier de lui...
-Vous avez des plans pour lui ?
-Nous manquons d'agents dans la FNF. Cela te prendra deux, trois jours maximum et nous garanti d'avoir un esclave dans la République. Toujours bon a prendre, n'est-ce pas ?''

Noircet lui donna une tape dans la joue et parti en trottinant. Sans aucun homme de la Dissidence avec lui, il allait avoir besoin d'un peu d'aide pour mettre a exécution son plan. Et il savait où chercher...
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