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 Rentrée des militaires

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Maître du Destin
MessageSujet: Rentrée des militaires   Mar 12 Aoû 2014 - 12:35

Le soleil commençait a doucement grimper dans le ciel, chauffant un peu l'atmosphère jusque là assez fraîche.

La base de Lutèce était protégée par une énorme enceinte découpée elle-même entre plusieurs barrières. Il était 10 heures du matin, et quelques soldats sortaient des galeries du sous-sol pour prendre un peu l'air, avant de redescendre, plus tard, dans le lieux froid et bruyant...

L'extérieur de Lutèce, c'était vraiment le pied. Il y avait des hangars, des parcours d'obstacle, des tables, et surtout les bureaux et baraquements de quelques privilégiés, l'essentiel des militaires devant vivre comme des taupes, ne sortant que quelques heures par jour pour prendre l'air.

Près d'un mur se trouvaient en rang quelques soldats en tenue de patrouilleur. 18 militaires, paquetage aux pieds, répartis sur 3 rangs de 6. Ils étaient les nouveaux venus dans la section de patrouille.

Bien que ''nouveau venu'' n'était pas vraiment le terme approprié... La FNF n'était pas une armée très ordinaire, conforme et établie... Les soldats devaient changer de section, dans lequel ils y passaient un temps plus ou moins long. Certains restaient dans une section toutes leurs vies, d'autres en changeaient tout les 3 mois.

Parmi ces 18 hommes, il y avait donc tout les profils. Certains étaient de vieux vétérans expérimentés. D'autres étaient de nouvelles recrues. Il y en avait quelques qui n'avaient pas passé une seule seconde dans la section de Patrouille et quelques personnes qui y venaient pour une troisième fois... Qu'importe. On leur avait tous donné 2 semaines d'entraînement pour s'adapter aux spécificités de la Patrouille. C'est à dire, comment fouiller un homme, comment contrôler quelqu'un d'agressif, comment interpeller quelqu'un, comment marcher dans un endroit bondé de civils...

Les 18 hommes devaient attendre depuis un bon moment, en équipement militaire complet. Il n'y avait que les munitions qui manquaient, même si ils devaient porter leurs fusils sur le torse, retenu par une bandoulière. Quelques uns, les bleus des bleus, ceux qui venaient juste de s'engager, ne savaient pas ce qui était en train de se passer.

Ils venaient de passer 12 semaines a faire de l'entraînement non-stop, au point que certains étaient explosés. Une semaine de repos plus tard, on leur bouge de dortoir, on leur fout un uniforme de la section de Patrouille, et on passe 2 semaines a encore les exploser d'entraînement physique. L'un de ces hommes était le soldat 2e classe Maël Aupra. Pour l'instant, il n'était qu'une bleusaille parmi tant d'autres. Il n'avait aucun rang, aucun prestige... Il gagnait 900 francs par mois, après quoi il fallait ajouter le fait qu'il était nourri, blanchi et logé gratuitement. Les soldats de la FNF étaient payés pendant leurs classes, une bien maigre compensation quand on savait les endroits où on allait les envoyer...

Maël était dans le deuxième rang, avant dernier en partant de la gauche (Sa gauche...). Juste a côté de lui (Toujours a sa gauche), il y avait un bleu comme lui. Un petit mec d'un mètre soixante-quatorze, très blanc, yeux verts, le corps tout fin, les cheveux noirs très courts. Il regardait toujours tout autour de lui, un peu inquiet... C'est cette expression qui primait toujours. Il était inquiet. A chaque seconde il était inquiet... Et d'un coup, cet abruti, sûrement par stress, décida de briser le silence pesant parmi les rangs. Il donna un coup dans l'épaule d'Aubra, avant de parler avec une voix stressée et aiguë.

''Hey ! Ils sont longs, hein !? Ils doivent prendre un café, ah ah ! T'en dis quoi ?''

Immédiatement après, l'homme se tenant devant Maël se retourna violemment. C'était un géant d'un mètre quatre-vingt-onze, un œil en moins, marqué par une cicatrice, blondinet, avec d'énormes jambes et une voix grave.

''Fout lui la paix ! Ferme ta gueule et reste tranquille !''

Le géant se remit a sa position d'origine, regardant droit devant lui, tandis que le soldat a gauche de Maël ferma immédiatement son clapet. A peine quelques secondes plus tard, un militaire s'approcha du groupe. Il portait un treillis bleuâtre sans manches, des bottes remplies de boues et une casquette militaire. Il s'approcha a cadence de défilé, élançant les jambes et les bras, avant de mettre ses mains dans le dos devant les 18 hommes silencieux.

''Mesdames et messieurs, bienvenue ou re-bienvenue dans la section de Patrouille... Je suppose que vous avez déjà commencé a prendre vos marques.''

Il parlait avec une voix anormalement apathique, neutre... Comme s'il s'en carrait des soldats devant lui.

''Écoutez, on a assez perdu de temps pour la journée... Vous savez, l'administration c'est la merde, alors pour ce matin, on va faire un petit parcours de santé.''

Derrière lui, plusieurs obstacles sur un terrain trempé.

''Il y a eu une grosse averse hier, alors c'est tout boueux. Mais qu'importe, ce sera un entraînement de plus...
Vous allez vous mettre avec vos camarades de dortoir. Vous allez d'abord courir 15 minutes sans vous arrêter autours de l'enceinte de cette section de la base. Ensuite, vous revenez devant le parcours d'obstacle. Sans vous arrêter, et en restant toujours en groupe, vous allez ramper sous le fil barbelé, dans la boue. Normalement, vous devriez pas mettre plus de 2 minutes a faire ça. Ensuite, vous allez passer sur les poutres, en équilibre, en fil indienne. Si vous tombez, tout le groupe recommence. Après, vous devez courir accroupi dans un large tunnel, en moins de 20 secondes. Après, vous avez quelques murs a passer, vous devez sprinter entre quelques poteaux, et, en dernier lieu, vous devez passer le grand mur en bois là-bas. Pour cela, vous utilisez vos camarades.
Bon. Une formalité, hein. C'est ce que vous avez tous fait lors de votre entraînement de base. Allez, je vous observerais avec mon café...
Par contre, ouais, avant que je parte... Vous faites tous ce parcours avec votre paquetage sur le dos. Sinon c'est trop simple. Aucun de vous n'a intérêt a craquer.''


Il quitta immédiatement, ses jambes droites et hautes. Les BEC de tous les soldats émirent alors une voix féminine et robotique.

''Bonjour. Je suis l'INtelligence Directrice Artificielle. Veuillez vous diriger vers le début du parcours que j'ai indiqué sur vos BEC.''

Les soldats se séparèrent alors en groupe de 3 ou 4, selon avec qui ils dormaient. Aupra se retrouvait donc avec 3 autres personnes.
L'un d'entre eux était le mec toujours inquiet. Soldat 2e classe Thierry Prost. C'était presque une lavette... Il avait rejoins la FNF un peu par dépit. Il était chômeur et avait besoin de casser sa croûte. Il était désespéré de penser qu'il était ami avec Aupra, parce qu'il lui fallait bien quelqu'un pour le défendre.
Le deuxième était le géant, qui détestait Prost, et qui lui avait fait fermer son clapet plus tôt. Le Caporal-Chef Henri du Marrât n'arrêtait pas de dire que c'était un grand vétéran de Nanterre, même s'il n'avait servi que dans les forces de réserve... Malgré tout, c'était un bon gars, brave et fort, même si c'était un gros connard de merde.
Enfin, le troisième, enfin... LA troisième. Une sous-officière. Le sergent Sophie Pignon. Bien qu'elle n'était pas trop fan de ça, c'était techniquement la chef de ce petit groupe temporaire de 4 personnes, le temps d'un entraînement. Une blondasse avec une voix douce et aiguë... Mais aussi une face de bulldog. Elle ne portait pas le moindre milligramme de maquillage, portait toujours des vêtements amples, comme si elle cherchait a supprimer la moindre trace de féminité en elle. D'ailleurs, alors que les 4 hommes marchaient, barda sur le dos, devant le terrain dont ils allaient faire le tour, elle décida de donner quelques directives.

''Bon... On reste silencieux, on trottine ensemble. Pas de vagues, hein.
-Putain, on est avec la bleusaille...
-Ne faites plus aucun commentaire de ce genre.''

Le géant donna une tape dans le dos d'Aupra.

''Tu parles pas beaucoup, hein. J'aime ça !''

La voix de Linda se fit retentir.

''L'entraînement commencera dans 30 secondes.''
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Marshawn
MessageSujet: Re: Rentrée des militaires   Mar 12 Aoû 2014 - 16:25

Comment vont-ils ? Pourquoi je ne reçois rien ?

Cela faisait désormais une semaine que Maël n'avait pas reçu de courrier. Ni de Maria, ni de son père. Il se torturait l'esprit avec ça depuis qu'on leur avait donné l'ordre de se ranger en rangs d'oignons. De toute manière, penser fort, c'était la seule façon d'oublier le froid, l'épaule ankylosée par l'arme portée en bandoulière, les ampoules dans les bottes, les cervicales courbaturées et les crampes aux cuisses.

Il peut pas leur être arrivé quelque chose, je deviens parano' putain.

Forcément que 12 semaines d'entraînements intensifs ça pesait sur le mental. Ceux qui en ressortaient indemnes étaient des machines de guerre sans émotions et lui n'en faisait pas partie.
Après tout, ce n'était pas la première fois que sa famille ne donnait pas de nouvelle pendant plus d'une semaine. Eric était occupé à faire la classe à tout un tas de gamins dans le bidonville, et Maria était sans doutes débordée par l'entretien de ce qui leur fait office de maison, en plus de celui de leur fille.
Malheureusement, ces vagues de doutes faisaient naître en lui un besoin intense de fix, car oui, ce genre de pensées réveillaient en lui des addictions qu'il avait jusqu'à présent réussi à mettre de côté. Un coup dans l'épaule le tira hors de ses songes, Maël était à cran et aurait volontiers collé son poing dans la tronche du type qui avait fait ça.

'' - Hey ! Ils sont longs, hein !? Ils doivent prendre un café, ah ah ! T'en dis quoi ?''

Maël dévisagea le gringalet à sa gauche, il le reluqua de bas en haut, c'était le blaireau qui squattait la couche du haut du lit superposé. Ce connard n'avait pas arrêté de bouger toute la nuit, secouant toute la structure, Maël n'avait pas fermé l’œil de la nuit à cause de ce type. On l'appelait "la lavette", et il n'avait pas cherché à connaître son vrai nom, il n'avait même pas essayé de lui paraître agréable. Malgré tout, le gamin était constamment collé à lui, Aupra eût vite fait de vivre avec, tant qu'il ne l'ouvrait pas trop.


'' - Fout lui la paix ! Ferme ta gueule et reste tranquille !''
Vociféra un géant qui se trouvait devant les deux hommes, sa voix rustre, sa cicatrice à l’œil et sa carrure de mastodonte lui donnait l'air féroce. Malgré la petite frayeur dûe à l'intervention inopportune de ce géant, Maël lui en était reconnaissant. Il avait cloué le bec à l'autre mioche qui n'avait pas eu besoin de ça pour se faire dans le froc. L'ogre, dont il ne se souvenait plus le nom, était un autre de ses compagnons de chambrée, le genre de mec avec qui Maël préférait éviter de jouer les durs. Pourtant c'était typiquement le genre de mec que détestait Aupra, toujours en train de se vanter de trucs de nazes. Le type se dit vétéran de la bataille de Nanterre alors qu'il était dans la réserve. Mais il ne fallait pas faire de vague. Pas d'embrouilles, il fallait juste se tenir à carreaux et ramener cette foutue solde à Maria. Rien de compliqué sur le papier.

A peine quelques secondes plus tard, un militaire s'approcha du groupe. Il portait un treillis bleuâtre sans manches, des bottes remplies de boues et une casquette militaire. Il s'approcha a cadence de défilé, élançant les jambes et les bras, un vrai clown, avant de mettre ses mains dans le dos devant les 18 hommes et femmes silencieux. Il ne pris pas la peine de se présenter, s'excusa pour le retard, puis trancha immédiatement dans le vif :

" - Il y a eu une grosse averse hier, alors c'est tout boueux. Mais qu'importe, ce sera un entraînement de plus...
Vous allez vous mettre avec vos camarades de dortoir. Vous allez d'abord courir 15 minutes sans vous arrêter autours de l'enceinte de cette section de la base. Ensuite, vous revenez devant le parcours d'obstacle. Sans vous arrêter, et en restant toujours en groupe, vous allez ramper sous le fil barbelé, dans la boue. Normalement, vous devriez pas mettre plus de 2 minutes a faire ça. Ensuite, vous allez passer sur les poutres, en équilibre, en fil indienne. Si vous tombez, tout le groupe recommence. Après, vous devez courir accroupi dans un large tunnel, en moins de 20 secondes. Après, vous avez quelques murs a passer, vous devez sprinter entre quelques poteaux, et, en dernier lieu, vous devez passer le grand mur en bois là-bas. Pour cela, vous utilisez vos camarades.
Bon. Une formalité, hein. C'est ce que vous avez tous fait lors de votre entraînement de base. Allez, je vous observerais avec mon café...
Par contre, ouais, avant que je parte... Vous faites tous ce parcours avec votre paquetage sur le dos. Sinon c'est trop simple. Aucun de vous n'a intérêt a craquer.''


Le militaire s'en alla aussitôt, et tous les BEC s'emballèrent en chœur.

'' - Bonjour. Je suis l'INtelligence Directrice Artificielle. Veuillez vous diriger vers le début du parcours que j'ai indiqué sur vos BEC. ''

Ça c'était la classe. Une intelligence artificielle connectée à chacun des soldats de la FNF. Aussi loin que remontent ses souvenirs, Maël n'en a jamais rencontré une. Envahi par une fabuleuse dose d'adrénaline, il chercha ses équipiers. Il repéra le mastodonte dans la foule et se dirigea instinctivement vers lui. Il était accompagné du sergent. Sophie Pignon, ça il l'avait retenu, mais c'est bien la seule chose qu'il préférait retenir d'elle. Pas particulièrement attirante, toujours vêtue d'un uniforme trop grand, seule sa voix dénotait du reste. Aucun charisme à première vue.

Étant la plus haut gradée, il semblait logique qu'elle donne certaines directives au groupe qui se dirigeait vers le terrain dont ils allaient faire le tour :

'' - Bon... On reste silencieux, on trottine ensemble. Pas de vagues, hein. "

" - Putain, on est avec la bleusaille... "
" - Ne faites plus aucun commentaire de ce genre. ''

Ok, en fait elle en imposait vachement de par son sang-froid et son ton sec. Elle semblait avoir de la poigne. Sceptique, Maël retint un sifflement impressionné lorsqu'une autre tape lui déglingua le dos. Ça, c'était pas la lavette il misait sa paye dessus. Si seulement ... C'était effectivement le mastodonte qui venait de lui asséner une tape surpuissante, sûrement une pichenette pour lui. D'ailleurs, il se rappelait son nom désormais, de son prénom du moins, Henri du machin, quelque chose dans le genre. Aupra n'était pas friand des noms français à l'allure bourgeoise. Henri donc, lui fît son sourire le plus ravageur, aussi inquiétant que sincère. Maël se sentait tout nu et c'était carrément flippant.

'' - Tu parles pas beaucoup, hein. J'aime ça !''

L'espace d'une seconde, le cerveau de Maël avait donné l'alerte. Un véritable soulagement. La voix de LINDA eût tôt fait d'effacer cette petite entrevue de sa mémoire.

'' - L'entraînement commencera dans 30 secondes.''


Épuisé, lessivé, fatigué, aucun adjectif n'était assez fort pour décrire son état actuel. Ses jambes étaient lourdes, son épaule lui faisait un mal de chien et à chaque pas il sentait ses cervicales se tasser un peu plus. Subitement, il se remit à penser à sa famille, très fort, il voyait Maria et leur fille, son père en fond, les tenant dans ses bras, une image réconfortante. Tellement réconfortante que lorsque LINDA sonna le début de l'entraînement, il partit tout seul, comme un grand dirait-on, avant que le sergent ne lui mette le grappin dessus, le faisant passer pour la risée de la section.

" - Aupra ! Dans le rang ! Immédiatement ! "
" - Merde, elle se prend pour qui putain ?! " Chuchota t-il en ralentissant.
" - Pardon ? "
" - J'étais ailleurs, madame. "
" - Bien, tout le monde est là ? Attendez ! Prost ! Magnez-vous ! Vous foutez pas de moi ! "

C'est une ouf cette meuf ! Songea Maël, l'air ahuri, concentré sur sa respiration, comme on le lui avait enseigné. Inspirer par le nez, expirer par la bouche. Inspirer, expirer. Henri ne pouvait s’empêcher de ricaner en voyant la lavette trimer quelques mètre derrière. Ces quinze minutes de courses furent bien inégales, à tel point que Maël avait chopé un terrible point de côté tant les allures variaient d'une minute à l'autre. Quand ce n'était pas Prost qui était à la ramasse, Henri ou lui prenait trop de train et étaient contraints de ralentir, si ce n'était pas les deux à la fois. Le tout, ponctué par les vociférations de Sophie qui semblait en avoir plein le cul de les rappeler à l'ordre.

Les quinze minutes écoulées, ils enchaînèrent immédiatement avec le franchissement de fil barbelé. Thierry semblait apeuré. Maël n'aimait pas trop cet exercice là, il se souvient s'être entaillé quelques fois durant sa formation initiale.

" - On va se marrer. "
" - Madame, je vais pas bien là. "
" - On avance ! Personne ne s'arrête ! "
" - Bien, madame ! " S'écrièrent Henri et Aupra.
" - Je me sens vraiment pas bien, Sergent ... "
" - Bouclez-là ou je m'arrange pour que vous vous tapiez toutes les corvées jusqu'à la fin de votre affectation ! "
" - A vos ordres ... "

Le géant se jeta le premier dans le bourbier, insensible aux barbelés qui s'accrochaient à sa combinaison et son paquetage. En fait, c'était limite s'il n'arrachait pas les fils au passage. Maël écarquilla les yeux, impressionné, avant d'être plongé tête la première dans la gadoue par le Sergent.

" - Allez, pleurs pas, ça se verra pas ! " Ricana Prost de façon nerveuse.
" - Me chauffes pas. "
" - C'est bon je déconnais mec. " Riposta t-il inquiet.
" - M'appelle pas comme ça ! " Râla Aupra en rampant dans la boue.
" - Comment ? "
" - Mais putain boucle là ! C'est pas possible ça, t'es un vrai moulin à parole ! "

A force de discuter, Thierry se coinça dans un fil barbelé. Pris de panique, il essaya de se débattre et s'entailla le bras droit. Il hurla comme une fillette avant d'appeler à l'aide tandis que Maël l'aidait à s'extirper de ce bourbier. La totalité de la section était effondrée de rire, il jeta un coup d’œil à Sophie, consternée. Henri, qui se tenait à ses côté arborait un sourire carnassier.

La journée s'annonce difficile ...
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Maître du Destin
MessageSujet: Re: Rentrée des militaires   Mar 12 Aoû 2014 - 21:04

Le lieutenant était retourné près de son bureau, qui avait le luxe incroyable d'être en surface. Il avait vite signé les papelards que lui avait tendus sa secrétaire, avant d'aller tranquillement derrière une barrière en bois, un verre d'une substance noirâtre dans la main. Pas du café, l'apocalypse nucléaire avait rendu sa collecte compliquée... Mais une sorte de chicorée mélangée a du vin chaud. Une mélasse dégueulasse, mais qui requinquait le matin. Bref, le lieutenant regardait défiler ses petites recrues, avec un regard détaché et ennuyé.

Il faut dire que le lieutenant ne se voyait pas ici quand il était jeune.

Le lieutenant Franck Vauvilette avait 42 ans. Un âge très avancé pour un lieutenant. La raison était très simple : Il faisait partie de cet ensemble de militaires qui ne partaient pas au front. Une troupe de plus de 1200 grattes papiers, cuisiniers, ingénieurs, officiers, techniciens, géographes... Tout ces gens qui restaient dans la base de Lutèce a travailler la journée, profitant d'une ou deux petites heures dans la base, avant de rentrer chez eux le soir. La plupart des gens étaient satisfaits de ce travail, simple, bien rémunéré et utile.

Pas le lieutenant.

Quand il avait rejoins la FNF, il avait des rêves, des ambitions. Il se voyait déjà avec un sabre, a charger sur un pont avec une compagnie derrière...

Six opérations. Six blessures.

A chaque fois que le lieutenant mettait le pied hors de Lutèce, il se faisait tirer dessus, il chutait, il se poignardait, il avait des angiomes ou des infections... Au final, c'était deux fractures qui avaient eu raison de sa carrière. Une provoquée par une explosion, qui lui avait demandé des mois de ré-éducations... Et tout de suite après, une chute d'escalier.

Une putain de chute d'escalier l'avait contraint de faire la tâche ingrate d'être instructeur militaire. Qu'importe. Au moins, il aiderait des hommes a vivre SON rêve...

C'est alors que le commandant aperçu une merde près du barbelé. Des cris aigus de petite filles. Le BEC du lieutenant s'alluma, et une petite voix en sortir.

''Soldat blessé sur le camp d'entraînement.''

Des rires. Le lieutenant entendait des rires...

Il posa sa tasse avant de foncer vers la zone, où restaient 4 soldats, dont un qui était a terre. Son camarade était en train de le sortir de cette boue où il s'était empêtré.

''QU'EST-CE QUI SE PASSE ICI ?!''

Le commandant était dans une rage insupportable, son visage devenant rouge de hargne. Il s'accroupit devant le soldat, avant de regarder la blessure. Il sorti un stimpak qu'il injecta rapidement dans le bras du soldat a terre, avant de se lever.

''Blessure superficielle ! Pourquoi vous criez comme ça ?!''

Il regarda autour de lui, les soldats pliés de rire se calmant un peu.

''ET VOUS, LA, VOUS TOUS, VOUS FOUTEZ QUOI ?!''

Le calme régna pendant quelques instants.

''VOUS AVEZ UN CAMARADE A TERRE, ET VOUS RIEZ ?! VOUS VOUS PRENEZ POUR QUI ?!''

Il fit quelques pas, le doigt pointé vers la lavette blessée.

''LES PSYCHOTIQUES ONT EU VOTRE POSITION ! LE MEC A TERRE EST MORT ! SON CAMARADE QUI L'A AIDE EST MORT ! VOUS ÊTES TOUS MORTS ?! VOUS PENSEZ QUE L’ARMÉE EST UNE PUTAIN DE BLAGUE ?!''

Il se rapprocha du blessé, avant de le soulever, par la seule force de sa main. Il passa son poignet sur son sac, et le fit léviter quelques secondes au dessus du sol, avant de le remettre sur ses jambes.

''BANDES D'INCAPABLES ! PUISQUE C'EST CA, VOUS ALLEZ TOUS RECOMMENCER L’ENTRAÎNEMENT DU DÉBUT ! AU PAS DE COURSE !''

Il commença a partir immédiatement, énervé.

''Je vais vous éduquer, mes louloutes ! J'arrive pas a y croire, putain ! Vous êtes des soldats, maintenant ! Agissez comme tel !
Si il y a UN SEUL incident de ce genre encore une fois, ce sera corvée pour vous tous !''


Mais soudain, il s'arrêta. Il tourna les talons vers Aupra, qui venait juste de se relever.

''Vous 4, en revanche, vous continuez et terminez l'exercice ! Et vous avez pas intérêt a vous faire rattraper par ceux qui recommencent, sinon, ça va être pompes et course !''

C'était le point final pour le lieutenant. Il laissa s'échapper un autre juron, avant de faire virevolter ses bras au-dessus de sa tête. Il partait vers sa place d'origine, tandis que LINDA redonna les objectifs a tout le monde. Pour Aupra et ses 3 collègues, il fallait continuer fissa. En revanche, pour toutes les personnes qui avaient osé rire... Il allait falloir tout se retaper. D'un coup, c'était tout le monde qui éprouvait une haine impitoyable envers Prost...
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Marshawn
MessageSujet: Re: Rentrée des militaires   Mar 12 Aoû 2014 - 23:18

" - Allez, bouge-toi putain ! " s'agaça Maël en s'accroupissant près de lui pour décrocher les lames de rasoir. Une fausse manipulation fît que Thierry se coupa une seconde fois avec les fils. Il hurla de plus belle, tandis que l'hilarité générale se faisait encore plus bruyante. Même sa fille ne faisait pas autant de boucan.
" - Allez, relève-toi ! "
" - Mais arrête, je vais encore me couper, t'es un malade ! "
" - Fallait que ça tombe sur moi. Fallait que ça tombe sur moi ... " Se lamenta Sophie, l'air livide, dégoûtée et honteuse.

Prost se débattait comme un petit chien, Maël serra les dents, émettant un imperceptible grognement lorsqu'il se coupa l'avant bras par la faute de l'autre débile.

'' - QU'EST-CE QUI SE PASSE ICI ?! ''

Maël était pétrifié. L'espace d'un instant, avec un incroyable scepticisme et une bonne dose d'imagination, il crût que l'officier allait les buter la lavette et lui. Aurait-ce été une bonne chose ? Ouais. Ça aurait créer moins de problèmes, sa chienne de vie aurait pris fin dans un camp d'entraînement. Mais le Lieutenant n'en fît rien, il dégaina un stimpack et en injecta son contenu dans le bras du blessé.

'' - Blessure superficielle ! Pourquoi vous criez comme ça ?! ''

Parce que c'est une salope. Songea Maël avec un sourire suffisant sur le coin des lèvres. C'est vrai quoi, c'était encore qu'un gamin ce Prost, et il venait pas du Bidonville, ni de Metro' d'ailleurs. Encore un fils à papa, ou un de ses gosses de riches qui a grandi à Lutèce. Il avait la tronche de l'emploi, comme la moitié de cette maudite section d'ailleurs. Ici, Maël était loin de se sentir chez lui. Tous ses gens autours de lui, tout les séparaient de lui, c'était flagrant. Ils ont pas connus la misère ceux-là. De toute manière, il ne voulait même pas savoir d'où ces types débarquaient. Il n'était pas là pour se faire des amis, juste pour la paye. Rien de plus.

Les rires semblaient s'estomper face à la mine furieuse de l'officier. Le type était rouge comme une putain de tomate et semblait à deux doigts de la syncope. Maël réprima un rire nerveux. Où est-ce qu'il avait atterri ? Il se le demandait encore.
Une belle bande d'abrutis, voilà ce qu'était cette section, et si elle représentait la FNF, la France était dans un beau merdier. Maël comprenait désormais un peu mieux pourquoi ils n'arrivaient pas à coller une branlée une bonne fois pour toutes aux gangs et autres psychotiques dont l'on raconte tant d'horreurs. Des rumeurs circulent sur ces bandes qui se sont formés dans les Terres désolées, et parfois, Maël se demandait s'il ne s'était pas planté de camp. Si ces "psychotiques" comme ils les appellent, n'allaient pas un jour raser Lutèce et sa banlieue.

'' ET VOUS, LA, VOUS TOUS, VOUS FOUTEZ QUOI ?! ''

Retour à la réalité, le Lieut' était super vener' et tout le monde la boucla. C'était limite si on entendait pas chacun de ces hommes déglutir avant de se prendre la branlée de leur vie.

'' - VOUS AVEZ UN CAMARADE A TERRE, ET VOUS RIEZ ?! VOUS VOUS PRENEZ POUR QUI ?! '' Hurla le Lieutenant en faisant quelques pas, le doigt pointé sur la lavette, en position fœtale.

Le savon ne sera pas pour lui. Y'a quand même une putain de justice. Pensa t-il.

'' - LES PSYCHOTIQUES ONT EU VOTRE POSITION ! LE MEC A TERRE EST MORT ! SON CAMARADE QUI L'A AIDE EST MORT ! VOUS ÊTES TOUS MORTS ?! VOUS PENSEZ QUE L’ARMÉE EST UNE PUTAIN DE BLAGUE ?! ''


Un point pour le Lieut' qui se rapprocha du blessé. Encore une fois, l'on pût croire qu'il allait le broyer, mais il se contenta de le choper par le barda afin de le relever. D'un geste, avec une seule main. Prost était tellement mince et sec qu'il aurait pût le lancer dans les airs, on ne l'aurait pas revu.

" - BANDES D'INCAPABLES ! PUISQUE C'EST CA, VOUS ALLEZ TOUS RECOMMENCER L’ENTRAÎNEMENT DU DÉBUT ! AU PAS DE COURSE ! ''
Vociféra t-il en s'en allant.

La déception fût générale et le terrain d'entraînement se transforma en mur des lamentations. Un flot de soupirs et de jurons se déversa à l'attention de Thierry, qui se sentait largement coupable.

" - T'es content enfoiré ? "
" - C'est pas sa faute ! "
" - Je préférais quand tu parlais pas, toi ! "
" - Répète ? " Rétorqua Maël qui se sentait pousser des ailes.
" - Tu joues aux durs ? Tu veux que je t'arrange le portrait 'négro' ? "
" - Raaah, la ferme ! Bouclez-là ! " S'agaça le Sergent, dépité.

Soudain, le Lieutenant s'arrêta, et se retourna vers le groupe de Pignon, Maël terminait tout juste de se relever.

'' - Vous 4, en revanche, vous continuez et terminez l'exercice ! Et vous avez pas intérêt a vous faire rattraper par ceux qui recommencent, sinon, ça va être pompes et course ! ''


Le groupe en resta bouche bée. Ils pouvaient continuer ? A la seule condition que personne ne les rattrapaient. Instinctivement, trois paires de yeux menaçants se tournèrent vers Prost, épuisé et terrorisé.

" - Si Henri doit te porter pour nous éviter le Jackpot, crois-moi mon gars, c'est ce qui va se passer. "
" - Hors de question ! Je porte pas la lavette sur mes épaules ! C'est clair ? "
" - Je pourrais aussi lui botter le cul ? "
Renchérit Aupra, déterminé.
" - On verra ça sur le tas, les autres sont déjà partis ! On se magne, allez ! "

Une bande de boyscouts en armure, une PUTAIN de bande de boyscouts en armure. Se lamenta l'ancien dealeur tandis qu'il s'élançait à la suite du Sergent, plus hargneuse que jamais.

Prochaine étape, les poutres. Disposées juste au dessus du sol, impossible de se casser la gueule, même en regardant en bas. Jamais il n'aurait dû penser cela. Une fois dessus, c'est comme si son paquetage pesait 150 kilos, il manquait de crouler sous le poids. A sa grande surprise, c'est Sophie qui se rétama la première. Incroyable. La fatigue et les crampes avaient eût raisons d'elle.

" Allez, vous refaites tous un tour ! Au pas de course ! " S'exclama le Lieutenant via le BEC-3000 du Sergent.

Deuxième tour, sans embûches. Même la lavette tint le coup. Aussi rapide qu'un unijambiste, mais il le termina. Un franc sourire illumina les visages de Sophie et Maël qui lui administrèrent une claque amicale dans le dos, achevant Prost qui s'écroula. Henri éclata de rire.

Le groupe se dirigea ensuite du tunnel. Ils devaient le parcourir en vingt secondes chrono, position accroupi. Pas le droit à l'erreur. Le mastodonte s'élança le premier. De par sa taille, il peina un peu, mais parvint tout de même à arriver à temps. Seize secondes. Sophie tenta sa chance, rapide et agile, elle n'eût aucuns soucis durant la traversée. Treize secondes. La lavette s'engouffra immédiatement après, le paquetage le ralentissait énormément, sa fatigue était telle que Maël craignait qu'il ne finisse sur un brancard avant la fin de l'entraînement.

Son tour vint finalement, et cette fois-ci, Maël était confronté à l'un de ses pires cauchemars. La claustrophobie.

Putain de merde, Maël, t'es pas une lavette, vas-y mon gars. Il prit une profonde inspiration, hésita longuement, et tomba finalement à genoux. C'est pas possible ...

" - Mais qu'est ce que vous branlez Aupra ! Nom de Dieu ! On se fait rattraper ! "
" - Magne-toi 'negro' ! Je rigole plus maintenant ! Je vais venir te botter ton petit cul de noir ! "

Ah la vache, ils rigolent pas...

Maël pris une autre inspiration tandis qu'un autre type s'engouffrait dans le tunnel à sa place. Douze secondes. Un autre s'apprêtait à prendre sa place, mais Maël le plaqua contre le mur.

" - Tu fais quoi, là ? Tu vois pas que je suis devant, blaireau ?

" - Hé, du calme, tu faisais dans ton froc mon pote. On est pas tous des danseuses. " Rétorqua l'autre avec un air dédaigneux, il termina par lui tapoter la joue comme on le ferait à un petit chien. Ce connard avait une bonne tête de fils à papa. La petite claque, exactement ce que faisaient les aînés dans le ghetto. L'ultime humiliation. Celle qui ne propose que deux perspectives. Fermer sa gueule et passer pour une putain de victime, ou s'imposer. S'imposer. Le respect, ça se gagne. Mais ce n'était pas le moment. Il ne fallait pas faire de vagues. Maria avait besoin de lui. Pour rien au monde ils ne les perdraient, elle et sa fille.

" - Aupra, bordel de merde, bougez-vous ! "

" - On réglera ça plus tard. "

Maël s'élança dans le conduit. Dix-huit secondes.
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MessageSujet: Re: Rentrée des militaires   Mer 13 Aoû 2014 - 10:44

Le lieutenant avait observé la scène avec un sourire paternel et satisfait. Malgré le manque de respect inhérent du soldat, Aupra s'était calmé et avait traversé sans trop d'encombres le tunnel. Pourtant, il ne laisserait pas passer ça auprès du soldat. S'il y avait quelque chose qu'il détestait, c'était l'ego.

Il s'approcha lentement du terrain. De toute façon, il commençait a s'emmerder. Alors que le reste des soldats continuaient leur entraînement, il donna de la voix envers les deux querelleurs.

''SOLDATS ! REPOS !''

Il désigna de la main Aupra qui avait juste franchi le tunnel, et celui qui s'apprêtait a rentrer dedans. Il foutu ses mains sur les hanches et grinça des dents alors qu'il observait les deux militaires devant lui.

''J'vois que c'est cool les gamins ! Vous êtes a cran ? Qu'est-ce qui se passe, vous avez pas assez vidé vos bourses ? On va se calmer deux minutes les cocottes. J'aime pas trop ce comportement d'ado pré-pubère.''

Il cracha un mollard a terre avant de recommencer a piailler.

''Écoutez, je sais que vous êtes tout les deux de la bleusaille. Mais il va falloir se calmer. Vous savez, une chose que j'adore avec la FNF, c'est la putain de mixité sociale. Et ouais... J'ai vu des goulophobes foncer sous des balles pour aller sauver des zombies. J'ai vu un mutant porter des soldats blessés sur son dos. J'ai vu des viocs de 40 balais donner un chargeur a des gamins d'ouvriers de 18 piges.
Votre ego est mal-placé. A vous deux. Il va falloir que vous compreniez que dans l'armée, le respect ne s'obtient pas en étant condescendant ou en utilisant les poings.
Alors non, soldat 2e classe Aupra, vous ne réglerez pas ça plus tard ! Vous ne réglerez jamais cela ! Vous êtes des soldats, maintenant. Votre entraînement est terminé. Je sais que vous êtes tous les deux crevés, j'ai lu vos dossiers. Aupra, vous avez une femme et un gosse, et le 2e classe Neuchâtel a sa sœur qui est malade.''


D'un coup, l'expression paternelle du lieutenant fut changée en un sourire carnassier.

''A partir de maintenant, vous êtes des frères d'armes. Si vous êtes dans la merde, vous pourrez rarement compter sur autre chose que vous autres, ensemble.
Et comme j'aime élever mes gosses à la dure, voilà ce que vous allez faire !
Vous deux, vous plongez votre tête par terre, dans la boue. Vous m'entendez bien. Pas de maque balistique. Vous allez tous les deux vous coucher, et foutre toute votre face dans la terre pendant 10 secondes.
Après, vous retournez à l'entraînement, ET VOUS ME LE TERMINEZ AU PAS DE COURSE !
ALLEZ, EXÉCUTION !''
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MessageSujet: Re: Rentrée des militaires   Mer 13 Aoû 2014 - 23:36

'' - SOLDATS ! REPOS !'' Hurla le Lieutenant en désignant Maël et l'autre soldat de la main.

Hé merde ... Cette fois-ci, c'était pour sa tronche. Son altercation avec l'autre connard n'était visiblement pas passée inaperçue. La faute à cette saleté de vidéo-surveillance. Au fond de lui, il se demandait même si cette foutue IA n'y était pas également pour quelque chose. Il avait déjà oublié son nom, ainsi que sa dénomination, c'était carrément trop compliqué à retenir, et en fin de compte, il en avait rien à foutre. Et puis de toute manière, il n'était pas super doué pour retenir les noms.

''J'vois que c'est cool les gamins ! Vous êtes a cran ? Qu'est-ce qui se passe, vous avez pas assez vidé vos bourses ? On va se calmer deux minutes les cocottes. J'aime pas trop ce comportement d'ado pré-pubère.''

Aupra baissait les yeux et faisait la moue tandis que l'autre se faisait sûrement dans le caleçon, comme le blanc-bec qu'il était. Un mollard arriva à ses pieds, signé votre adorable officier de la putain de FNF. Je vais m'éclater avec ces types.
Maël commençait à en avoir plein le cul de cette hiérarchie vicelarde et des abrutis condescendants qui constituaient l'armée.

'' - Écoutez, je sais que vous êtes tout les deux de la bleusaille. Mais il va falloir se calmer. Vous savez, une chose que j'adore avec la FNF, c'est la putain de mixité sociale. Et ouais... J'ai vu des goulophobes foncer sous des balles pour aller sauver des zombies. J'ai vu un mutant porter des soldats blessés sur son dos. J'ai vu des viocs de 40 balais donner un chargeur a des gamins d'ouvriers de 18 piges. "
.

Bah voyons. Songea Maël en soufflant discrètement du nez, agacé par la leçon de morale, il n'écoutait plus qu'à moitié. Comment en était-il arrivé ici ? L'espace d'un instant il songea à se barrer. Tout cet entraînement, pour faire quoi ? Sortir et se prendre une balle ? Rentrer à la maison dans un cercueil ? Si ça arrivait, il n'aurait même pas eu un sous à envoyer à sa famille, tout ça n'aura été qu'un putain de gâchis sans nom. Relativiser. Le mot favori de son père. Il fallait relativiser. Il le sait mieux que personne, y'a des types qui meurent de la faim, ou de la maladie à l'extérieur tandis que lui est nourri, logé et blanchi par l'armée. Une situation confortable. Il ne devait pas l'oublier.

" - Votre ego est mal-placé. A vous deux. Il va falloir que vous compreniez que dans l'armée, le respect ne s'obtient pas en étant condescendant ou en utilisant les poings.
Alors non, soldat 2e classe Aupra, vous ne réglerez pas ça plus tard ! Vous ne réglerez jamais cela ! "


C'était insupportable de se faire humilier et de ne pas pouvoir riposter, parce que de votre sort ne dépend pas que vous, mais d'autres personnes. Une femme et un enfant. Le contrôle de soi, ça aussi c'était compliqué pour lui. Mais il devait agir en adulte, et arrêter de n'en faire qu'à sa tête. Il avait beau se le répéter tous les jours, parfois il craquait et ce type là, il était passé à deux doigts de rentrer chez lui en brancard.

" - Vous êtes des soldats, maintenant. Votre entraînement est terminé. Je sais que vous êtes tous les deux crevés, j'ai lu vos dossiers. Aupra, vous avez une femme et un gosse, et le 2e classe Neuchâtel a sa sœur qui est malade. ''

Maël releva les yeux, les porta successivement sur son Officier, puis sur Neuchâmachin. Sa soeur est malade. Putain, mais qu'est ce que j'ai faillit faire moi... Si ça se trouve, ce type était ici pour les même raisons que lui. Mais alors pourquoi avoir joué aux cons bordel ! Puis il se retourna la question à lui même. Pourquoi je l'ai plaqué au mur, je suis con aussi ... Pourquoi je l'ai pas laissé passer alors que vingt minutes plus tôt je me promettais de pas créer d'embrouilles. T'es trop con Maël, t'es beaucoup trop con.

Soudain, le visage du Lieutenant, qui arborait un regard bienveillant, se changea en un horrible rictus aussi carnassier qu'inquiétant.

" - A partir de maintenant, vous êtes des frères d'armes. Si vous êtes dans la merde, vous pourrez rarement compter sur autre chose que vous autres, ensemble. "

Des frères d'armes, une notion qu'il va falloir très vite intégrer si Maël voulait continuer dans cette voie.

" - Et comme j'aime élever mes gosses à la dure, voilà ce que vous allez faire ! "

Pompes ? Abdominaux ? Tours de terrain ? Recommencer l'entraînement depuis le début ? Corvées ? Maël était prêt à accepter sa sentence, avec dignité.

" - Vous deux, vous plongez votre tête par terre, dans la boue. Vous m'entendez bien. Pas de maque balistique. Vous allez tous les deux vous coucher, et foutre toute votre face dans la terre pendant 10 secondes.
Après, vous retournez à l'entraînement, ET VOUS ME LE TERMINEZ AU PAS DE COURSE !
ALLEZ, EXÉCUTION !''

" - Que ... Quoi ? C'est une blague ? "
" - Regardez-moi bien Aupra, j'ai l'air de plaisanter ? "
" - S'il vous plaît Lieutenant ? "
" - La ferme, Neuchâtel. Exécution. "

Tout sauf ça, il allait encore une fois s'humilier devant la section. Enfoiré ... Les deux soldats s'échangèrent un regard peu assuré. Neumâchin retira son masque le premier. Maël soupira en retirant également le sien. Il se mît ensuite à genoux, imité par l'autre soldat.

" - Dix secondes. Partez ! "

Après tout, comme disait la lavette. Ça se verra pas. Maël ricana avant de plonger sa tête dans la boue. Enfoiré de lavette. Au signal du Lieutenant, les deux hommes se relevèrent, essuyant leur visage avec leurs manches. L'Officier avait été clair, il fallait reprendre l'entraînement, et au pas de course. Maël enfonça son visage dans son masque, puis chercha son groupe du regard. encore une fois, le mastodonte l'aida à les repérer. Tout le monde était silencieux.

Le reste de l'entraînement se passa sans encombres. Maël était épuisé, mais son esprit était ailleurs, concentré à décortiquer chaque mots qu'avait prononcer le Lieutenant, afin de mieux s'en imprégner. Outre le caractère rabaissant de son discours, il y avait du vrai, et Maël devait composer avec s'il voulait grandir. Il fallait oublier son égo, mais c'est le genre de chose plus facile à dire qu'à faire, surtout face à une tête de con.

Ils étaient maintenant arrivés au mur. Infranchissable seul. Tous l'avaient déjà rencontré lors de la formation initiale. Il fallait que le premier soit propulsé à l'aide d'une courte échelle. Une fois au sommet, il tendait la main pour les autres, et tout le monde passait. Henri passa en premier, lancé par Sophie et Maël. Si la lavette avait voulu s'y essayer, il y aurait laissé un bras. D'ailleurs, à cause de cela, il passait en deuxième. Un peu maladroit, il parvint quand même à s'élancer, attrapé par le mastodonte qui le hissa sans difficulté. La lavette redescendit immédiatement de l'autre côté, comme le gros lâche qu'il était.

" - L'enfoiré il s'est barré ! Revient ici blaireau ! La lavette ! Tu vas tâter de mon 47 ! "

Maël fît la courte échelle à Sophie. une fois hissée, ce fût son tour. Sans porteur, il s'élança de quelques mètres, pris appui sur le mur, puis attrapa le bras d'Henri qui le souleva sans peine.
L'entraînement était terminé, tout le monde était lessivé. Maël se laissa tomber à genoux. Il retira son masque balistique et le laissa tomber par terre. Le soleil avait laissé place à des nuages noirs. Encore une fois, il pria pour que sa famille se porte bien. Une main se posa dans on épaule, c'était Neuchâtel. Il se souvenait de son nom.

" - Désolé pour tout à l'heure, mec. J'aurais pas dû te prendre de haut comme ça. "
" - C'est moi qui m'excuses, j'ai agis comme un con. Comme à l'habitude. C'était que des mots après tout. "
" - C'était que des mots ouais. "  Renchérit Neuchâtel en lui tendant la main. " Sans rancunes ? "
" - Sans rancunes, mec. " Répéta Maël avec un brin de sourire, sur le coin des lèvres. Il empoigna la main de son équipier qui l'aida à se relever. " Au fait, elle a quoi ta sœur ? "

Le sourire de Neuchâtel s'effaça immédiatement. Un air grave se dessina sur son visage, on pouvait y lire la dévastation.

" - Une pneumonie. " Répondît-il, sèchement.
" - Désolé ... Et les frais médicaux, tu t'en sors ? "
" - Tout juste avec la solde. Mais je crains des complications. "

Lui aussi était là pour quelqu'un d'autre. Maël était un peu bouleversé et ne pouvait s’empêcher de penser à ses Maria.

L'attention de Maël se reporta sur le coursier qui venait d'arriver, Neuchâtel fît de même, lui aussi avait l'air d'attendre du courrier. Les deux hommes se précipitèrent dessus.

" - Vous avez une lettre pour moi ? "
" - Vous êtes pas tout seul, patientez comme tout le monde. "
" - Arrête tes conneries c'est bon, faut bien commencer par quelqu'un ! "
" - Tu me prends la tête, gamin. Bouge ! "
" - Aupra, mon nom c'est Aupra. "
" - Hé bien, Aupra. Vous attendrez ! Comme tout le monde, et je le répéterais pas ! "
" - Putain, fais chier ! "

Le coursier distribua une dizaine de lettres avant d'arriver à Maël. Il s'empressa d'arracher l'enveloppe. Il parcourut rapidement son contenu, avant que ses sourcils ne se froncent. Il fît un blocage complet sur la lettre, la relut de haut en large. Une pneumonie. La gamine avait chopé une putain de pneumonie. Maël s'effondra. La lavette s'approcha lentement.

" - Ça va pas ? "
" - Lâche-moi. " Siffla Maël, sur les rotules, la mine sombre, l'air renfrogné.

Thierry lui arracha la lettre des mains. Contrôle de soi. Contrôle de soi. Ne pas craquer. Maël inspira un grand coup. Les visages des filles l'envahirent. Il essayait de se rassurer. Lui aussi avait attrapé la même chose à son âge. Son père saura quoi faire, il lui fait confiance. Tout va bien se passer. Mais il ne pouvait pas s’empêcher de repenser aux paroles de Neuchâtel. Toute sa paye partait dans les frais médicaux, ils ne pourraient pas vivre et soigner la gamine en même temps. Ils vont crever de faim, de soif ! Et quand bien même, encore faudrait-il trouver une clinique ? Une putain de clinique là-dedans ?! Dans ce Bidonville ?!

" - Putain de merde ! Fais chier ! " Hurla Maël avant d'écraser son poing dans la boue, sous les regards effarés des membres de son groupe. Neuchâtel s'empara de la lettre, et la parcourut rapidement avant de détourner son regard vers Maël, à genoux, face contre terre.[/color]
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