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 La guerre, toujours la guerre...

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LouetRinkin
MessageSujet: La guerre, toujours la guerre...   Mer 18 Fév 2015 - 18:53

HRP

Je vous invite tous à participer à ce dernier RP du forum avant sa fermeture. N'importe qui peut y participer.
L'idée de cette dernière aventure est de raconter le destin de votre (de vos) personnage jusqu'à sa mort, le tout résumé dans un seul et unique poste, vous permettant ainsi de clôturer l'histoire que vous avez commencé et de ne pas laisser tout cela inachevé.
Attention : il ne s'agit pas d'une blague ou d'un RP troll, mais d'un vrai RP soumis aux règles établis sur la forum, alors ne commencez pas à raconter n'importe quoi et à partir dans des délires d'hippies défoncés à la meth.
Il n'y a pas de limite de ligne, vous pouvez faire 50 pages comme 3 lignes. Vous pouvez aussi faire ce que vous voulez avec votre personnage, la seule limite c'est la cohérence avec ce qui a été écrit avant (exemple : Vous ne pouvez pas dire que vous tuez tel type à un moment si dans le post d'avant il est bien vivant à tel moment, enfin bref vous m'avez comprit, sauf si vous êtes bête ou que vous êtes Axel Courtain).
Amusez vous bien pour cette dernière aventure !


La guerre, toujours la guerre... mais cette fois ci la guerre semble bien dernière nous.
Nous sommes en 2278 et ces 100 dernières années auront vu des conflits incessants jusqu'à ce jour.
La paix semble à présent régner sur les Terres Désolées, et ce nom pour désigner la région parisienne sera bientôt désuet sous l'action de la République. Les ruines, les cendres, la destruction, laissent peu à peu place aux immeubles rénovés et aux étendues herbeuses. Aux radiations et à l'insalubrité supplantent l'eau courante, le tout à l'égout et l'électricité. Les dernières bandes de psychotiques sont repoussées aux frontières de l'ancienne capitale et ne concernent plus que quelques centaines d'individus.
L'humanité semble s'être enfin relevée, la civilisation revenue. Mais la route a été longue avant d'en arriver à cette infime espoir que les habitants de Paris descellent enfin à l'horizon...

-2178- La Révolution de Lutèce.

Depuis l'attentat des Illuminés, Métropolitopia était envahie par un gaz toxique transformant en goule tout humain y pénétrant sans protection.
L'entière population du métro, représentant plus de 10 000 habitants, fit bagage pour fuir la ville.
La majorité d'entre eux se dirigèrent vers Lutèce, seule cité à pouvoir les accueillir.
Mais, la FNF ne pouvant faire face à la surpopulation, décida de fermer les portes de la ville en attendant de régler la situation.
Les réfugiés du métro n'eurent d'autre choix que de former un gigantesque bidonville devant les portes de Lutèce. Le chaos était totale devant les murailles de la ville, le bidonville laissé à lui même, la violence et la saleté y règnaient. De plus, à l'intérieur des murs, Lutèce était bloquée, comme assiégée par les réfugiés il était devenu bien difficile de sortir dans les Terres Désolées.
Pour finir, la tension était palpable. Depuis que certains aidaient des réfugiés à entrer clandestinement, la FNF redoublait les rondes dans la ville, arrêtant tout intrus et tous collaborateurs.

La situation n'avait jamais été aussi grave pour la FNF et sa ville.
La contestation populaire montait de partout, à la fois chez les réfugiés du métro et chez les habitants de Lutèce mécontents de la politique menée par la FNF.  L’État Major et la Présidence sentaient monter la crise mais aucune solution ne semblaient idéale dans l'immédiat.

La Dissidence de la FNF, infiltrée dans les rangs de l'armée, profitèrent de la situation. Pendant plusieurs semaines, par diverses actions, ils poussèrent la population à l'intérieur de la ville à se révolter.
Ce qui mit le feu aux poudres fut un événement presque anodin : un enfant voulu donner une pomme à un esclave enfermé dans une cage. La garçon fut repoussé violemment par un soldat qui surveillait les prisonniers. Des passants virent la scène et s’interposèrent. La situation s'envenimèrent rapidement, les badauds s'opposèrent aux quelques soldats et voulurent ouvrir la cage. Les premiers tirs d'une longue série à venir éclatèrent et dans la nuit qui vint la ville s'embrassa.
Les dissidents, qui préparaient leur opération depuis longtemps, tirèrent les ficelles de la révolte dans l'ombre. Au petit matin, les portes de la ville étaient ouvertes, la population du bidonville était entrée et la FNF repliée dans leur base en attendant les renforts.
Toutes les troupes à l'extérieur de la cité furent rappelées et des unités présentent sur l'Île Présidentielle furent déployées.
Un long siège commença pour la reprise de la ville.

Mais une trahison dans les rangs de la FNF fit perdre pied aux troupes de la dictature. Alors qu'un plan pour attaquer la ville et massacrer une bonne partie des citoyens était prévu, le Colonel Jacques Chan, n’acceptant pas cela, se retourna contre son État Major et passa dans le camp de l'ennemi.
Grâce à lui, les troupes des dissidents (qui avaient prit le pouvoir sur la révolution), entrèrent dans la base de la FNF et après de violents combats mirent la main sur le Général Gabriel Hénin.
Peu de temps après, les troupes menant le siège de Lutèce rendirent les armes.

Quelques jours plus tard, le Président Jean-Eude Hénin vinrent à Paris pour négocier la paix et la libération de son fils. Il put constater que toute la ville et la FNF étaient aux mains de Richard Renan, chef des dissidents et héros de la révolution. Les mains liées, le Président ne put que proclamer sa reddition.
Dans le mois qui suivi, la Dissidence mit pied sur l'Île Présidentielle, le Conseil Républicain fut dissous et le Président déposé officiellement, Richard Renan devenant en tant que Général en chef de la FNF le dirigeant du gouvernement. Toutes les dernières ressources de l'Île furent rapatriées à Lutèce, ne devenant plus qu'une sorte de prison pour les anciens fidèles de l'Île.

-2179- La naissance de la Commune.

Un an après la Révolution, le peuple commençait à déchanter, l'euphorie de la victoire fit place à la triste réalité : la dissidence avait prit le pouvoir, après quelques mois de gouvernement provisoire et quelques belles promesses misent à exécution comme l'abolition de l'esclavage, il devenait évident que Richard Renan n'avait pas l'intention d'organiser d'élections libres.
Au bout du compte, la FNF n'avait pas beaucoup changé, les dissidents se montrant même encore plus intransigeants sur certains sujets que ne l'était l'ancien gouvernement. Les persécution des non-humains (mutants et goules) devenaient monnaie courante à Lutèce et la liberté était de plus en plus restreinte. L'esclavage était abolie, mais l'exploitation des ouvriers étaient perçu comme de la servitude.

En milieu d'année, face à la déception des citoyens, tous les chefs de factions des Terres Désolées se réunirent pour discuter. Ainsi se retrouvèrent autour d'une table la Reine Shoshanna de Ménilmutant, Henri de Montenbourg de Nécrotopia, Abomination, chef des Chasseurs de Primes, l'Homme Macabre chef des Négriers, la Grosse Rosa maquerelle du Moulin Rouge, la Reine Victoire du Parc des Princes, Prospère Médéric du Trident et plusieurs marchands du Marché de la Gare et d'autres représentant de diverses factions.
L'idée de départ était de former un groupe de pression sur le gouvernement de Richard Renan, mais rapidement s'imposa le besoin d'une faction militaire pouvant faire enfin face à la FNF.

Quelques mois plus tard, Nécrotopia, Ménilmutant, le Moulin Rouge, le Marché de la Gare, le Parc des Princes et l'Arc de Triomphe déclarèrent en même temps leur indépendance de Lutèce.
La FNF envoya des troupes pour réprimer les séparatistes, mais les rebelles étaient prêt à les accueillir.
Le gros des troupes de la FNF furent dépêchées sur Nécrotopia. La ville des goules avait très bien préparée sa défense et se fut une lourde défaite pour Lutèce.
La FNF dût se replier.
Plus tard après cette éclatante victoire, les rebelles se regroupèrent à nouveau pour s'organiser plus officiellement. Ils fondèrent la Commune.
Carte en 2179:
 

-2180/2189- La guerre, toujours la guerre...

La bataille de Nécrotopia ne fut que le début d'un important conflit qui opposa la Commune à la FNF sur presque 10 ans.
Les premiers mois de la guerre furent à l'avantage de la Commune, ses dirigeants crurent même pouvoir prendre Lutèce. Mais c'était sans compter sur la puissance de feu de la FNF.
Des soldats en armures assistées furent déployés sur les champs de bataille et retournèrent à eux seuls la guerre. Rapidement, la FNF reprirent l'Arc de Triomphe et libéra tous les esclaves, privant la Commune d'une importante manne financière. La perte de l'Arc déstabilisa la faction populaire, les négriers devant trouver un nouveau fief pour refonder leur commerce.
Dans les mois qui suivirent, le Parc des Princes et le Moulin Rouge tombèrent aux mains de Lutèce eux aussi.
La FNF s'attaqua ensuite une nouvelle fois à Nécrotopia, avec plus de moyen que la première tentative. Mais le courage des goules eux raisons de la puissance de feu de l'armée et aux armures assistées s'opposèrent les puissants Supers Mutants. Encore une fois la cité résista à l'envahisseur et repoussa la FNF, laissant un moment de répit à la Commune.

Les deux factions restèrent sur leurs positions un moment, la guerre se réduisant à quelques échauffourées dans les rues en ruines de Paris.

L’hétérogénéité du peuple qui la composé eux finalement raison de la Commune.
Mécontent, c'est d'abord la Reine Shoshanna qui quitta l'organisation, emportant avec elle ses mutants si précieux dans les batailles. Puis plusieurs dissidences apparurent dans les rangs des marchands. La Commune était divisée et la FNF en profita.
A nouveau Nécrotopia se retrouva en centre de la guerre, mais cette fois, sans les mutants, la ville fut prise par Lutèce et une grande partie de ses habitants massacrés ou déportés vers la capitale.

En 2188, la guerre était perdu pour la Commune, ce n'était qu'une question de temps avant que les troupes de la FNF ne viennent s'emparer des dernières places fortes de la communauté.
Carte en 2188:
 

La Commune dût alors se résoudre à une chose qu'elle avait toujours refusé : s'allier aux autres ennemis de la FNF, les psychotiques.
Au prix d'importantes concessions, les quatre principaux gangs de psychotiques de la ville acceptèrent de combattre la FNF aux côté des habitants de Paris.

La FNF, surprise, fut attaquée sur plusieurs fronts au même moment. Très vite, ses troupes à l'extérieur de Lutèce furent encerclées et massacrées. Les pertes humaines et matérielles furent énormes pour la FNF. Le vent avait tournée et à présent c'étaient les troupes de la Commune qui s'apprêtaient à marcher sur Lutèce.

A la fin de l'été, commença le siège de Lutèce qui durera plus d'un an.
Richard Renan refusait catégoriquement de se rendre et d'ouvrir les portes de sa ville, même si ses citoyens commençaient à mourir de faim. C'est finalement la maladie qui eu raison de lui, lors d'une grande épidémie qui toucha la ville.
Richard Renan mort, son successeur ouvrit les portes de Lutèce et rendit les armes.
La Commune accepta la reddition, mais les psychotiques n'en avaient rien à faire. Ils entrèrent dans la ville et commencèrent pillages, violes et massacres, mettant la cité à feu et à sang.
Incontrôlables, la Commune elle même prit les armes contre ses alliés pour arrêter cette folie.
D'importants combats eurent lieu mais il était trop tard, Lutèce était saccagée et sa population mortifiée.
La ville tomba finalement dans entre les mains des psychotiques qui obligèrent la Commune à rebrousser chemin. Gueule d'Acier, chef des Wendigos et premier sur les lieux, élut domicile dans l'ancienne base de la FNF. Avec la prise de la ville, les psychotiques avaient accès à tout un tas de ressources qui allaient leur permettre de mettre les Terres Désolées à genoux.
La Commune avait payé cher sa victoire sur la FNF, en s'alliant avec les psychotiques elle avait créé un ennemi encore plus puissant.

-2190- L'Empereur Psychotique.

Avec sa puissance de feu, Gueule d'Acier imposa sa loi et obligea la population emprisonnée à Lutèce à un tribu mensuel de chair fraîche. Il s'autoproclama Empereur Psychotique et décida qu'il régnait à présent sur toutes les Terres Désolées.
Il commença sa marche sur les restes de la Commune, accumulant aux fils des pillages, richesses, matérielles et troupes supplémentaires.
Devant son pouvoir, d'autres gangs psychotiques lui jurèrent fidélité et à la fin de l'année, l'Empereur régnait sur un important territoire et des dizaines de tribus hétéroclites.
Lorsque Shoshanna la Reine des mutants s'allia à lui, la chute de la Commune ne tarda pas, la prise du Marché de la Gare marqua la fin de l'alliance populaire.
A présent toutes les Terres Désolées étaient sous le joug de l'opportunisme de l'Empereur Pyschotique.
Il divisa Paris entre les divers gangs psychotiques, les Hurleurs reçurent Montparnasse et le Sud, le trident tout le commerce du Marché de la Gare et l'Est, les Amazones eurent Nécrotopia et le centre, les Malbranches le Moulin Rouge et le Nord de la ville.
La cité des lumières entra dans une période bien sombre où beaucoup d'habitant regrettaient déjà la FNF. Les Psychotiques imposaient leurs lois partout au grand dam de la population.
Carte en 2190:
 

12 ans après la prise de Lutèce par Gueule d'Acier, ce dernier décéda d'une intoxication alimentaire.
Sa mort embrasa l'empire dans d'importants conflits de succession, tous les chefs psychotiques réclamant évidemment le titre d'Empereur.
Ces conflits entre psychotiques permirent à la population de sortir la tête de l'eau. De premières révoltes, réprimées dans le sang, apparurent et bientôt plusieurs groupes de résistance s'affirmèrent.

En 2204, le seconde Révolution de Lutèce.
La population opprimée prirent les armes face aux psychotiques. Submergés, ils furent massacrés et repoussés aux portes de la ville.

-2205- La fondation de la République.

Après la reprise de Lutèce et alors que la tête du jeune fils de Gueule d'Acier (censé être son successeur légitime) était plantée sur une pique, les révolutionnaires fondèrent la République.
Après tout ce qu'ils avaient traversés, la République naissait avec des objectifs sincères, celui de rendre la liberté au peuple et d'aider le monde à se relevé de l'Apocalypse.
Ses débuts furent difficiles, avec la guerre face aux derniers gangs psychotiques qui résistaient partout hors de Lutèce et la corruption qui gangrenait l'administration naissante.
Mais grâce à la volonté de fer de ses dirigeants, la République s'imposa (parfois dans la sang), repoussa les psychotiques et mit violemment fin à la corruption, la guillotine fonctionnant chaque jour sur la place de Lutèce.
Forte d'une armée construite sur le modèle et les dernières ressources de la FNF, la République imposa son autorité puis organisa de premières élections une fois la paix revenue et le régime stabilisé.

-2278- La fin... ou le début ?

201 ans après la chute des bombes, la République offrait enfin un peu d'espoir aux habitants de Paris.
Mais le régime n'était encore qu'à ses balbutiements et les épreuves qu'il allait devoir affronter étaient encore nombreux, car la guerre, la guerre ne change jamais...


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Thomas Dole
MessageSujet: Re: La guerre, toujours la guerre...   Jeu 19 Fév 2015 - 2:11

- On a toujours des hommes là-bas...
- Vous êtes dans la merde jusqu'au cou, Dole !
- Je préfère savoir que des soldats de la République ont un chef comme vous aux commandes...
- Tu es libre de toute contrainte... Il n'y a que toi et tes émotions... Laisses-les te submerger...
- Ils comprendront pas pourquoi on se bat. Que c'est à propos du mec qui se tient à côté de toi. Et c'est tout.
- A COUVERT ! A COUVERT !
- C'est assez rocambolesque, à cette ligne on peut lire que tu vas te faire des ennemies dangereux et un peu plus loin, on apprend que des alliés inattendus vont changer la donne.
- MMMGH !


Dole se réveilla en hurlant. Il les revoyait, tous. TOUS. Il revoyait le couteau qu'il enfonçait dans la gorge de Pestagaupe. Il revoyait le chef psychotique qu'il était en train d'anéantir à main nues. Il revoyait les soldats de la ferme qui étaient pulvérisés. Il revoyait Maverick fauché net. Il revoyait le sergent Pignon. Il revoyait des militaires, des civils qui courraient, des psychotiques qui étaient brûlés au laser... Tous, toutes les personnes qu'il avait fait souffrir, toutes les souffrances qu'il avait provoqué...
Et il revoyait Akhaten. Il la revoyait souriante, encastrée dans un halo de flammes, ce foutu sourire diabolique en coin...
Il se tourna et vit sa bouteille de vodka renversée sur la table de nuit. Il était encore en uniforme, dans son appartement délabré du centre de Lutèce. Il se leva, lentement, la main sur le front, une violente migraine le prenant. Il passait devant sa salle à manger/cuisine pourrie, éclairée uniquement par une ampoule pendant au plafond par un fil très visible, avant de continuer jusqu'à sa salle de bain. Il ne prenait plus de douches depuis longtemps : L'eau froide il n'aimait pas trop. Il préférait se foutre de l'eau de Cologne pour cacher ses flux d'alcool. Dole posa ses mains sur le lavabo. Il observa son regard dans le miroir fissuré. Il regarda ses cheveux gras, ses cicatrices et sa barbe de trois jours. Il se regardait, les paupières lourdes, les yeux marqués de cernes... Un autre jour à bosser. Un autre jour immonde.

Il repassa dans sa salle à manger. Il commença à s'habiller. Il remit son uniforme, sa veste, son revolver à la ceinture, son écusson sur l'épaule, son grade bien en évidence. Lorsqu'il ferma sa commode, il aperçut quelque chose d'accroché au mur : Des photos. Une de lui avec Madof. Une avec sa promotion de l'armée. Un petit cadre avec l'image de l'une de ses petites sœurs et David, son frère aîné. Des vieilles photos d'une vieille époque. Est-ce que le monde était mieux avant, vraiment ? Et avant quoi ? Avant la drogue ? Avant la guerre ? Avant que la FNF ne retourne sur Paris ?
Avant même que les bombes ne tombent ?
Peut-être qu'il y avait des gens dans Paris qui ne savaient même pas que les bombes nucléaires étaient tombées sur un pays appelé « France ». Dole avait vécu toute son enfance la tête plongée dans les histoires des héros de ce pays. Charlemagne, Clovis, Henri IV, Charles de Gaulle... Napoléon. Mais qu'est-ce que ça voulait dire pour eux ?
La France était morte. La FNF n'était qu'une pâle armée d'une pâle copie d'un gouvernement qui n'existe plus. Il n'y avait plus de raisons d'espérer. Il se traînait presque pour aller au boulot, ces derniers temps.

Le commandant Thomas Dole n'était plus qu'un officier de la section Humanitaire. Sa « prouesse » dans le Bidonville, qui avait conduit à la mort de plus d'une cinquantaine de civils dans le Bidonville, n'avait fait qu'empirer gravement les choses. 3 soldats de la FNF avaient été également capturés... Mais, étrangement, rapidement libérés par la dissidence. C'était à se demander si la dissidence n'avait pas fait un deal avec la FNF.

L'année était 2178. La FNF était comme ce que Sun Tsu appellerait un serpent coincé contre un mur. Bien qu'ils étaient la faction la plus puissante de Paris, ils étaient acculés chez eux. Avant, Métropolitopia permettait le status quo, et on avait de grands avant-postes un peu partout. Maintenant... Lutèce était seule.

En fin de matinée, Dole s'approchait, en brillant uniforme, dans le quartier marchand de Lutèce, accompagné de très près par son aide de camp, Gaye Maverick le borgne. Dole aperçut un grand officier qui tenait une sorte de manifeste qu'il remplissait au crayon. Le commandant s'approcha de lui, claqua ses bottes et le salua.

- Commandant Thomas Dole, monsieur.

Il se retourna lentement. C'était un grand officier, très pâle, à l'allure racée.

- C'est vous le mec de l'humanitaire ?
- Affirmatif.
- Venez avec moi.


Les deux hommes marchaient côte à côte, le long de la rue piétonne bondée de magasins en tout genre.

- Ça fait combien de temps que l'humanitaire a pas bougé ?
- Depuis l'attentat de Métrop. On a des piles de médicaments et de nourriture, mais personne à qui les filer.
- Bien. Ce sont des stocks je suppose. Il va me falloir un petit convoi pour partir soutenir l'Arc. Vous savez, ils sont pas trop au point ces derniers temps...
- Et à la place ils nous filent des esclaves ?
- Il faut bien construire les routes.


L'officier eut un haussement d'épaules. Ils s'approchaient du lieu où justement des esclaves venaient d'être reçus. Là se produisait l'exemple même de l'hypocrisie de la FNF : Des hommes, des femmes, de jeunes pré-adolescents étaient répartis dans de grandes cages rouillées. Ils avaient des fers aux poignets et aux chevilles, liés par une épaisse chaîne. Ils n'étaient vêtus que de haillons et semblaient pour certains malnutris ou maltraités. On les laissait dans la cage, éblouis par le soleil matinal. On ouvrait les cages, un soldat lourdement armé, tout vêtu de noir, entrait, attrapait l'une des chaînes, la retirait du cadenas et faisait ainsi sortir l'un des esclaves. On l'amenait devant deux médecins et un bureaucrate. On le déshabillait. On le pesait. On le mesurait. On lui tatouait un numéro attribué. On lui faisait un relevé de sang. S'il paraissait avoir des symptômes de merdes bizarres, on l'envoyait en quarantaine. S'il paraissait bon, on l'envoyait dans une grande salle louée par l'armée, où on pourrait l'affecter à un travail. Généralement, un travail ingrat et difficile. Casser des pierres, préparer des routes, mettre du fil barbelé... Parfois, ils étaient achetés par des entreprises, qui alors pouvaient leur demander de faire des munitions, ou travailler à la chaîne, pour un quelconque job. Les femmes les plus jolies étaient achetées par des gens qui voulaient des « couturières ». L'esclavage sexuel était interdit et puni par la FNF, mais enfin, personne n'était dupe... C'était peut-être ce genre de choses qui dégoûtait Thomas de la République. Mais au final, il en était devenu presque habitué.

Thomas était entré dans le bâtiment, et alla rejoindre un petit groupe de négriers et de mecs de l'administration de Lutèce. Ils discutaient payement : l'Arc augmentait les frais, la FNF proposait des caravanes de l'humanitaire en plus. Les négriers étaient des marchands, et l'Homme Macabre comptait se faire autant de pognon que possible sur le dos de la République. Néanmoins, il en faisait de moins en moins, ce qui l'ennuyait fortement... Thomas serrait leurs mains, parlaient avec eux sur un ton plutôt courtois, ils prirent un peu de café, puis quand c'était bon, le commandant les salua et partit avec l'officier de tout à l'heure. Mais il y avait beaucoup plus de gens devant les cages... Une grande foule de curieux, qui faisaient bloc autour des soldats de la FNF. L'un d'eux jeta une bouteille qui éclata aux pieds de Dole. Un sergent sans casque accouru vers eux.

- Monsieur !
- Il se passe quoi, ici ?
- Je pige pas trop, monsieur ! Je crois qu'ils veulent libérer les esclaves !
- Faites bloc !


Le sergent fit un mouvement de tête avant de retirer une longue matraque télescopique qu'il déploya. Il tourna les talons et s'approcha de la foule. Une femme, ostensiblement enceinte s'était approchée en hurlant, sommant les militaires de libérer les esclaves apeurés. Le sergent poussa violemment la femme d'un coup de main, avant de la menacer en levant la matraque. Dole aurait dû partir. Partir aurait été logique, il n'avait rien à faire là. Il pourrait retourner à la base. Ou même à son appartement, prendre sa journée. Cela aurait été la chose logique à faire, oui.
Mais il était resté là, impassible.

Il avait regardé les lutéciens hurler. Il avait regardé les esclaves être violemment sortis de leurs cages, étranglés par les négriers pour être traînés dans le bâtiment. Il avait vu les soldats de la section de patrouille, armés de grosses matraques, pousser la foule qui s'agrandissait, et qui scandait des slogans. Il avait vu les militaires reculer. Il avait reculé avec eux, choqué, restant scotché au trottoir. Il les avait regardés, sans rien faire, sans rien dire. Il avait entendu les bruits de bottes durs d'une escouade qui s'approchait, avec de grands boucliers anti-émeutes. Il avait vu cette bagarre qui tournait en rixe. Il avait vu ce qu'on jetait sur les fenêtres. Il avait entendu les hurlements, les cris... Il avait vu un cocktail molotov être jeté sur un mur. Il avait vu les soldats de la section de patrouille plier sous eux.
Et il avait vu, au bout de la rue, des soldats accroupis, portant des fusils à balles flambants neufs de la manufacture d'armes de Lutèce.
Il avait vu quelques balles fuser, et il avait vu 3 personnes tomber, alors que les autres courraient dans le sens inverse en hurlant.

Ce n'était pas ça qui avait complètement changé Dole. Ce n'était pas voir son armée, l'armée dans laquelle il avait toujours vécu, massacrer des lutéciens parce qu'ils voulaient sauver des hommes innocents réduits en esclavage qui venait de le retourner... Il avait déjà vu des tas de crimes commis par la FNF. Participé à quelques-uns. Il n'était pas un saint, ô non.
Mais, bizarrement, alors qu'il avait la bouche ouverte et les yeux rivés sur les cadavres encore frais, alors qu'il était escorté par d'autres militaires dans la sûreté de la base, alors que, partout dans la ville, on jetait des cocktails molotovs et qu'on s'attaquait à des bâtiments, une idée avait germé dans l'esprit de Thomas Dole.
Une idée paradoxale, oui. Une idée qui n'avait pas choisi le meilleur moment pour venir. Une idée selon laquelle, peut-être, il pouvait... Agir. Agir, oui. Agir contre la FNF. Contre les psychotiques. Contre les négriers. Contre tous les massacres qu'il avait vu. Et peut-être, un jour, on sait jamais... Devenir l'un de ces héros de l'Histoire maintenant oubliée.

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- L'opération « Lazarus » sera ainsi forte, efficace, et nous permettra de regagner la ville de Lutèce ! Lazarus sera enclenchée lorsque le code sera donné par radio. Commencez l'assaut lorsque vous entendrez le code « Davout ». « Davout », retenez bien ça.
Mettons-nous au travail, messieurs.


Dole était assis sur son siège, les yeux grands ouverts, ébahi devant la présentation longue de 25 minutes qu'il venait de voir. Le général Gabriel Hénin se retirait de son pupitre tandis que le reste de la petite assemblée se levait silencieusement. Pas Thomas. Il restait assis, abasourdi. Le plan Lazarus était-il sérieux ?
Pour faire simple, le but de ce plan était de purger le Bidonville et briser le siège. C'était une idée du lieutenant-colonel Pascal Fauchard, le même taré qui avait eu l'idée de faire une charge à Nanterre. Le plan était d'une simplicité et d'une brutalité extrême : Dès que le code « Davout » résonnerait à travers les radios, un escadron de vertipères se déploierait dans le ciel de Lutèce. Ils feraient un passage éclair au-dessus du Bidonville, et utiliseraient leurs munitions contre le Bidonville. Le Charles de Gaulle serait ensuite envoyé avec une compagnie en EADS pour dégager les barricades, en utilisant de toute la violence nécessaire. Pendant ce temps, les forces à l'extérieur de la cité bloqueraient tous les accès de la rive et neutraliseraient les voies de communications des lutéciens. Alors commencerait une purge pure et simple : Quiconque serait trouvé les armes à la main serait aligné contre un mur, et tué à bout portant, sans procès. À ce prix, et à ce prix seul, la FNF pourrait survivre.

Mais c'était un prix que nombreux ne voulaient pas payer.

L'aspirant Jean-Nicholas de Barras était le seul officier goule a avoir entendu le plan Lazarus. Dès que Dole fut sorti, la goule l'interpella. Ils partirent discuter dans un endroit privé, et se mirent d'accord sur la folie du plan. Ils allèrent rencontrer le lieutenant-colonel François Losse. Puis, ils passaient directement au bureau de Jacques Chan...

Ils discutaient de tout. Du plan. Des alternatives. De comment on pouvait empêcher le plus de morts. Ils avaient débattu, longuement. Dole proposait de négocier. Chan lui avait très clairement fait comprendre qu'ils n'étaient pas en mesure de négocier. Finalement, ils parvinrent à un plan, eux et quelques conspirateurs...

Un soir de pleine lune, Thomas Dole et François Losse s'arrangèrent pour faire passer un camion dans l'enceinte très gardée de la base. À l'intérieur, officiellement, des rations très précieuses pour les soldats assiégés. En réalité, un commando de dissidents dirigés par le commandant Philippe Noircet. Thomas alla se cacher dans son bureau, derrière une table, en sachant pertinemment ce qui allait se passer.

Philippe Noircet était habillé en uniforme d'officier. Il venait officiellement récupérer des ordres pour l'opération Lazarus auprès de Gabriel Hénin. Ils traversèrent sans problème les checkpoints de sécurité, montèrent dans un ascenseur, et descendaient jusqu'à la grande salle de commandement. Et après... Ce fut le massacre. Ils attaquèrent les gardes, ils coupèrent l'accès des ordinateurs, et attrapaient l'état-major tout entier. Alors que les soldats de la FNF allaient réagir, Chan parla à travers les hauts-parleurs de la base. Un discours chaleureux, étranglé, dans lequel le colonel rappelait à ses hommes tous les sacrifices qu'ils avaient commis ensemble, tout le chemin qu'ils avaient parcouru, tout ce qui avait été fait depuis que la FNF était revenu de Paris... Il parlait de Madof, de Mervault, des grandes opérations de la République. De l'échec du nettoyage du métro, des avants-postes perdus, de l'esclavage... Et de tout ce pour quoi la FNF devait maintenant arrêter de se battre inutilement.

Tout le monde était électrisé. Même Dole, réfugié derrière une porte fermée. Les hommes de la base acceptèrent de déposer les armes. Le lieutenant-colonel Pascal Fauchard, apeuré, se tira une balle dans la tête. Pas qu'il avait peur d'être lynché. Mais peut-être qu'il avait peur de découvrir cette nouvelle République dans laquelle il ne pourrait jamais vraiment faire partie...

Dole fit partie de la gigantesque file indienne qui défila dans Lutèce. Il fut emprisonné une semaine, avant d'être libéré et réintégré dans la FNF, dans la section d'infanterie. Sa FNF était en train de changer, oui. Et il allait vite participer activement aux challenges qui l'attendait...


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- Vous ne pouvez pas me faire ça !
- Je suis désolé.
- Mais pourquoi ?! C'est parce que je suis une goule ?! Dites-le !
- Cela n'a rien à voir. Vous avez passé l'âge de combattre. Nous vous proposons une retraite bien méritée...
- Je ne veux pas de votre retraite de merde, putain !
- Soyez raisonnable...
- J'ai fait bien plus pour cette armée que vous ne ferez jamais ! Je me battais contre les psychotiques alors que vous chiez encore dans vos couches !


Jean-Nicholas de Barras était le meilleur soldat que la FNF avait jamais connu. Il avait connu le monde avant les bombes. Il l'avait connu après. Il avait perdu sa famille. Deux fois. Il avait perdu des amis. Des collègues. Des gens qu'il avait aimé ou apprécié. Et plus que tout : Il avait tué, en masse. Il avait été maintes fois décoré, ce qui le faisait oublier son propre passé de psychotique, celui secret dont il ne parlait jamais...
Mais Barras ne convenait pas à cette République, même lorsqu'il y était loyal jusqu'au bout. Les yeux injectés de larmes, des larmes de rages, il se tourna vers le commandant Thomas Dole, qui était venu au conseil de la cour martiale pour le défendre.

- Thomas ! Putain... Dis-leur ! Ils ne peuvent pas me faire ça !

Dole détourna les yeux de son subordonné. Plus ami que subordonné, d'ailleurs... Il avait le cœur serré. Il avait la gorge sèche. Que pouvait-il faire ?

- Je suis désolé, Barras...

La goule avait l'air perdue un moment. Il tremblotait, désespéré. Il avait accepté son destin. Mais il n'était pas résigné.
Il lança un dernier coup d’œil, plein de hargne et de fierté aux officiers de la cour martiale. Il posa sa main sur son écusson, et l'arracha d'un coup. Il retira ses médailles, et les jeta au sol. Il pivota la tête. Il mit les épaules en arrière et bomba le torse. Il salua le drapeau tricolore installé dans la pièce.

- Puisque l'on refuse mon service, je me servirai moi-même dorénavant.
Vous pouvez garder votre putain de pension. Je n'accepte rien de la République qui m'a renié.  


Il tourna des talons et quitta le bâtiment, sans aucun cri, sans aucun soupir des autres militaires présents.

La nouvelle FNF avait fait son choix. Dole également.

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On voyait plusieurs hommes portant des armes le long de la place de la Concorde. Ils semblaient être des goules, pour la plupart. Dole les observait à l'aide de jumelles, depuis le toit du palais Bourbon. Gaye Maverick, près de lui, l'imitait.

- Aah ! Un autre champ de bataille ! Une autre victoire pour notre glorieuse armée !

Dole retira les jumelles de ses yeux, et regarda son subordonné avec dédain.

- Je ne vois pas de victoire ici. Je ne vois qu'une seule chose ici, et cette chose est la guerre. Cette ville n'intéresserait même pas la FNF si ce n'était pas pour un prix...
- Ouiii... Le palais du Louvre, ou Nécrotopia... Henri de Montenbourg était soumis à la FNF à une époque, non ?
- Il nous a facilement trahi. J'ai déjà combattu sur Nécrotopia. Je connais son architecture et le moindre de ses recoins...
La ville de Nécrotopia est fortement renforcée et défendue par les troupes séparatistes de cette coalition. Et l'état-major de la FNF fait confiance à notre unité pour la reprendre... Pour sécuriser une victoire, il nous faut sécuriser l'accès au quartier bourgeois, vers le nord.
Mais, une chose à la fois. Il nous faut d'abord traverser le pont et sécuriser la place de la Concorde si nous comptons espérer repousser les forces goules fermement retranchées dans le palais.
Maverick, faites passer le mot aux hommes : Dites-leur que nous gagnons cette bataille, ou que nous mourrons en essayant ! Il n'y aura pas de retraite !


Maverick le salua et parti s'exécuter auprès de la troupe. Un détachement de la FNF s'était déployé dans le prestigieux hôtel des Invalides. 300 soldats, donc 10 en armures EADS, quelques camions, et 2 mortiers pour un support d'artillerie. Ils étaient là depuis maintenant 3 jours, sous le commandement du lieutenant-colonel François Losse, avec comme objectif de sécuriser la ville-goule de Nécrotopia. Un travail très risqué : Les goules occupaient chaque centimètre du terrain, et avaient distribué une arme à chaque habitant. Ils pouvaient également compter sur la puissante guilde des chasseurs de prime, dont tous les hommes avaient été appelés pour défendre la cité : On leur promettait un bonus sur chaque soldat de la FNF tué.

Le plan de Losse était celui auquel la FNF était habitué : Le choc pur. Un commando de la Reconnaissance, constitué de quelques-uns des meilleurs soldats de la section (Les rumeurs parlaient du sergent Versailles ou du capitaine Rinaldo. Mais ce n'était que des rumeurs...) devait être infiltré dans les jardins des Tuileries et devait attaquer les nids de mitrailleuse et les positions fortes.

L'insertion s'était déroulée de nuit. Ils étaient partis du quai Anatole France, sur de petites péniches, dont on disait achetées à la tribu des Séquanes. Ils franchirent la Seine, silencieusement. 3 escouades de 6 hommes. Ils arrivaient à aller sur le quai des Tuileries, sans briser leur couverture. Ils se déployèrent dans la Cité. Ils commencèrent à planter des explosifs, à poser des balises pour les mortiers, et à attaquer des patrouilles.
Mais très vite, quelques sentinelles découvrirent les barques amarrées et sonnèrent l'alarme. Il y eut des cris. Les explosifs furent déclenchés. Il y eut des flammes et des morts. Finalement, seul une fraction du commando réussi à plonger dans la Seine, traversant l'eau bourrée de radiations et de bêtes sauvages. Seule une poignée de chanceux avaient survécu.

À 3 heures 30 du matin, Thomas Dole était accroupi au 33 quai d'Orsay. Il sortit un petit stylo de psycho, et se l'enfonça dans le bras. Dans le ciel, on vit un petit faisceau voler au-dessus des flammes. Puis, il explosa, déclenchant une énorme explosion qui illumina tout le champ de bataille, révélant la position de goules sur la place en face, qui furent soudain fusillés nets par les snipers du Palais Bourbon. Rempli de hargne, de rage, et de drogue, le commandant se souleva, et fit un signe avec une épée de l'armée chinoise d'avant-guerre. Elle brillait avec la lumière du soleil artificiel fabriqué par la fusée éclairante. Il commença à approcher du pont de la Concorde en hurlant.

- POUR LA REPUBLIQUE ! CHAAAAAARGEZ !

Il y eut un hurlement reprit en cœur. Des murets du pont, des soldats en armures noires fonçaient à l'assaut du foutu pont. Ils commençaient les premiers mètres, la peur au ventre, avec uniquement le bruit de leur barda qui s'entrechoquait et leurs bottes qui frappaient le sol. Ils fonçaient, en hurlant, en criant, Dole mêlé à la foule. Le nid de mitrailleuse du musée de l'Orangerie avait été pulvérisé. Ils étaient saufs. Leur courte fut arrêtée au milieu, et des ingénieurs de combat fonçaient vers les fils barbelés avec des pinces pour les anéantir. Des chiens de combats de la FNF passaient dessous ou sautaient sur les voitures, ils piquaient un sprint vers un sac de sable. Il y eut quelques tirs, mais les toutous sautèrent sur eux et commencèrent à les bouffer.

- DEPLOIEMENT ! ALLEZ ! DEPECHEZ-VOUS ! ESCOUADE TITAN, FEU DE COUVERTURE !

Les snipers du palais Bourbon se coordonnaient pour continuer de tuer sur les goules de la Concorde. On entendait dans les radios grésiller des ordres, des cris, des soldats qui s'organisaient. Certains se levaient pour couvrir un camarade qui fonçait, avant d'alterner. Autour d'une fontaine, de foutues goules formaient un cercle. Ils avaient été sonnés, mais maintenant, ils tiraient sans hésiter. Les balles fusaient de partout, et la FNF répondait avec des rafales lasers de FLAMAS. Le fil barbelé fut anéanti, et finalement, avec des pertes minimes, les forces de Dole fondaient sur la place sous un tir qui devenait de plus en plus nourri. Chaque muret, chaque carcasse de voiture, chaque morceau de béton devenait une couverture derrière laquelle les militaires se planquaient avant de riposter.

Dole fonça derrière l'obélisque de la Concorde, vite rejoint par un coordinateur d'artillerie. Dole lui tapota le dos.

- Faites un tir d'interdiction sur le jardin !
- Oui monsieur !


Le coordinateur d'artillerie attrapa ses jumelles et commença à se coordonner avec les mortiers placés sur le quai Anatole France.

- Granit ! Ici Fer de Lance ! Recevons tir nourri ! Demandons tir d'interdiction sur la position nord, ouest, 17-16 !
- Bien reçu Fer de Lance ! Nous ouvrons le feu !


Les soldats placèrent l'obus dans le mortier, qui exécuta un tir d'artillerie très léger sur les positions goules du jardin. La plupart manquaient. Seul un obus fit un tir direct et terriblement meurtrier. Dole utilisa son BEC-3000 pour parler avec le reste des forces de Losse.

- Commandement ? Ici Fer de Lance ! Nous sommes sur la place de la Concorde ! Les goules sont sérieusement bien retranchées ! Vous êtes où ?
- Fer de Lance, ici Losse. On vous envoie de quoi les déloger, restez à terre !
- Bien reçu !


Pendant 10 minutes, les hommes de Dole restèrent couchés, coincés dans un échange de tir meurtrier. Plusieurs soldats de la FNF furent tués. Beaucoup de blessés. Finalement, deux camions arrivèrent des Champs-Élysées. Les assaillants en face se replièrent. Les camions se postèrent, et plusieurs soldats, dont certains en armures EADS, étaient maintenant déployés. Les blessés graves étaient évacués, et on pouvait maintenant marcher à travers les jardins des Tuileries, à massacrer ceux qui n'étaient pas encore partis.

Ils remontaient l'allée centrale, les balles et les lasers taillant les haies. Ils fonçaient ainsi, remontant laborieusement. Les chasseurs de prime avaient déposé des mines, des pièges à loup pour blesser et ralentir. Les goules s'organisaient bien : Ils tenaient une position, échangeaient des tirs, puis dès que les mortiers allaient faire feu, ils se repliaient en bon ordre. On aurait dit qu'ils étaient des soldats entraînés, pas une vulgaire milice armée...

La FNF était fatiguée, et remontait, encore, toujours, lentement, jusqu'à finalement, aux environs de 5 heures du matin, atteindre la pyramide du Louvre. Une armure EADS était été anéantie, 20 soldats tués, plus de 40 blessés... Et ils arrivaient juste devant le cœur de Nécrotopia. Les troupes de la Reco avaient beau avoir fait leur boulot, les goules avaient eu le temps de se reconstruire et de recevoir du renfort.

Pendant 3 heures de plus, les troupes de la FNF tenteront d'entrer dans le Carrousel du Louvre. Alors qu'un gigantesque incendie ruinait le quartier bourgeois, les hommes de la République étaient tout de suite massacrés dès qu'ils tentaient de faire des manœuvres. Le choc n'avait pas suffi. La commune venait de vaincre la FNF.

À 8 heures 15 du matin, des mutants ainsi que des véhicules de récupération venaient d'arriver pour aider la Commune. La FNF était à court de munitions et d'obus. Ils se replièrent, eux-aussi, reprenant leurs cadavres et leurs blessés avant de retraverser le pont de la Concorde... Et de le faire sauter pour empêcher la Commune de les poursuivre.

Dole était blessé à la tête. Il était avachi à l'arrière d'un camion alors qu'il observait, au loin, très loin, les flammes de la ville goule s'éteindre alors que le soleil commençait juste à se lever. La FNF, l'invincible FNF, celle qui n'avait jamais perdu une bataille depuis sa création, venait de subir la plus grande humiliation de son histoire. Une ère s'achevait. Madof était définitivement enterré. Dole fermait les yeux. Il repensait à toute sa vie dans Paris. À tout son passé. À quel point tout cela n'avait mené à rien...

La FNF avait été tuée à Nécrotopia. Le lendemain de la bataille, François Losse s'exprima publiquement pour présenter sa démission de la Force de la Nouvelle France. Il se retira à Nanterre et devint un propriétaire terrien. Après une vie de barouds d'honneurs, après avoir tué la reine Antiope, après avoir tant sacrifié pour la République, il mourut à l'âge de 61 ans d'un bête cancer. Ce n'était pas une mort digne d'un homme comme lui. Enfin, s'il y avait une mort « digne ».

Peut-être que Thomas aurait dû trouver la mort avant tout ça, sur un champ de bataille, plutôt que de devoir vivre cette défaite.

Ou alors, peut-être, que c'était le moment de regagner son honneur...

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La guerre, la guerre ne change jamais, on le sait. Et pour beaucoup, la guerre est synonyme de haine, de massacres, de souffrances, de choses atroces qu'on essaye de ne pas répéter. La guerre c'est ça, la destruction, la fin de toute vie, la négation de l'Humanité.

Pour Thomas Dole, la guerre fut une révélation. Après une vie militaire remplie de débauche inutile, après avoir passé des soirées aux putes, à la drogue, après avoir tant fait souffert des gens, il ne voyait sa vie que dans une mort atroce et douloureuse, sans but ni dessein.
La guerre lui avait donné quelque chose qui lui manquait tant : Une utilité.

Dole était devenu un patriote. Un patriote foutrement efficace. Un chef hors-pair, un meneur d'homme, un tacticien et un stratège révélé. Il fut médaillé plusieurs fois. Il avait eu sa tronche dans l'Oppidium Gaulois.

Mais, mieux que tout : Il avait enfin vaincu ses addictions de merde. Akhaten avait disparu de ses rêves. Il avait brisé son influence. IL avait gagné.

Le psycho, l'alcool et les prostituées n'étaient plus sa came. Sa came, c'était l'esprit de corps, les gardes, les manœuvres... Et Dieu qu'il adorait.

Il avait dirigé l'opération extrêmement simple de la reprise de l'Arc de Triomphe, et s'était fait photographier devant ce maudit Arc, avec ses hommes, avant de prononcer un discours qu'il voulait mémorable :

- Soldats de la FNF ! Derrière vous se tient un vestige de passé ! Une relique de l'Histoire ! Un temple à la gloire de nos ancêtres ! L'Arc de Triomphe était censé commémorer une image de fierté, une image de force et de valeur censée inspirer chacun d'entre vous.
Mais la guerre nous pervertit tous. Et alors que le feu apocalyptique a ruiné toutes les traces de nos pères, des monstres de hargne et d'intérêt ont anéanti ce temple en le transformant en symbole d'oppression, de haine, d'esclavagisme, d'intérêt général.
Ce que nous avons fait aujourd'hui est un acte de libération ! Nous venons d'anéantir les forces de la Commune de Paris, celles-là même qui voudraient voir la totalité de la Ville-lumière soumise à leur oligarchie.
Paris sera reconstruit. L'Arc de Triomphe sera orné de nouvelles batailles, et vous, soldats, ouvrirez la voie à une nouvelle ère. Une ère de paix, de prospérité, et de valeur. FNF. Force de la Nouvelle France. Ce ne sont pas des mots vains, chers soldats. Nous incarnons cette Nouvelle France, nous la formons sur ces ruines encore fumantes, et de vos sacrifices nous pourrons bâtir quelque chose.
Sachez que du haut de cet Arc, 20 siècles vous contemplent !


Il fut promu au grade de lieutenant-colonel. Il commanda la 2e bataille de Nécrotopia, qui se termina également sur une victoire de la Commune. Une sacrée humiliation pour Thomas Dole...

Mais il ne replongea pas.

Gaye Maverick, son ancien aide de camp, était maintenant devenu un lieutenant de la section d'infanterie. En 2188, Thomas Dole se préparait à la 3e bataille de Nécrotopia. Mais cette fois-ci, il comptait bien la gagner et faire oublier toutes les défaites précédentes.

Avec l'Arc de Triomphe et tout le nord de la Seine, Dole pouvait maintenant déployer beaucoup plus d'hommes, alors que la Commune, beaucoup moins. Ce serait une véritable bataille rangée que Dole prépara, l'une digne de figurer dans les nouveaux livres d'Histoire de France.

Il y eut le Charles de Gaulle, le Francouville, des hommes en EADS, des bombardements de Vertipères, des frappes d'artillerie... Maverick fut tué au combat, comme énormément d'autres soldats de la FNF d'ailleurs. Mais au soir d'une chaude nuit d'août, la République contrôlait maintenant le Louvre. Acculés, repoussés, la Commune était comme brisée, courant au loin, bien après Notre-Dame.

Devant les survivants, debout sur la tourelle du Charles de Gaulle, Thomas Dole avait à nouveau parlé à ses hommes :

- Alors que la grande ville de Lutèce s'étend sur sa rive, à des kilomètres d'ici, la main de la République est sur votre épaule aujourd'hui ! Vous avez combattu, et montré bravoure et loyauté bien au-delà de votre devoir en tant qu'engagés de la République ! Vous avez dû faire face à la force toute entière de la Commune dissidente et esclavagiste de Paris, y compris leurs mercenaires les plus tenaces et les plus roublards que sont les Chasseurs de Primes ! Et pour cela, je suis honoré, de vous avoir dirigé.
Notre travail n'est pas terminé, néanmoins. Il y a toujours énormément à faire : Nécrotopia est à nous, mais le vieux Palais a énormément souffert.
Les restes de la Commune sont en fuite devant votre puissance, mais il faudra encore redoubler d'effort pour les achever ! Vous serez tous médaillés et félicités pour ce que vous avez fait aujourd'hui ! Et nos morts seront honorés pour les générations à venir !
Maintenant, préparez-vous. Nous avons une guerre à terminer !


Dole fut promu au grade de colonel juste après cette bataille. Mais le pire allait arriver...

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Le problème de la guerre, c'est qu'elle n'est jamais gagné d'avance.

Alors que Dole s'attendait à voir la Commune se rendre deux semaines plus tard, elle décida de s'allier aux forces psychotiques du jour au lendemain. Quand bien même Dole pensait être un grand stratège, il ne pouvait rien faire avec ses forces déjà bien affaiblies face à des monstres assoiffés de sangs, plus nombreux, plus expérimentés, et plus tarés que ses propres forces.

Un exode gigantesque se produit. La FNF était anéantie de partout, par tout ce qui était envisageable. Mais pourtant, Dole n'arriva même pas à revenir jusqu'à Lutèce. Il n'eut pas cette chance.

En Hiver 2189, le petit convoi qu'il dirigeait, affaibli, anéanti, fut perdu près du palais Chaillot. La Commune assiégeait Lutèce, et le colonel Thomas Dole refusa de s'y rendre, sachant qu'il n'avait aucun moyen d'y rentrer.
Il conquit le Palais Chaillot, qui était entièrement vide. Finalement, après plus d'un an, la FNF avait entièrement disparu. Les « forces » de Dole se séparaient et s'évanouissaient dans les Terres Désolées, où chacun d'entre eux vit sa propre vit, pleine de hauts, mais surtout de bas sous la domination des psychotiques...

Dole, lui, avait retrouvé un vieil ami : Barras.

Thomas n'était pas une goule. Il devenait vieux. Il avait maintenant les cheveux blancs et du mal à marcher. Barras avait formé un petit groupe, fait de plusieurs anciens militaires, ou mercenaires qui cherchaient à résister tant bien que mal aux psychotiques. Thomas s'imposa un peu comme une sorte de chef militaire, bien loin de pouvoir rivaliser avec quelconque gang. Il n'acquit quasiment aucune réputation.

Jusqu'au jour où Dole décida de se joindre à la seconde révolution de Lutèce... Ses hommes arrivèrent aussi vite qu'ils apprirent le début de l'attaque. Ils arrivèrent vêtus d'armures et d'équipements ayant appartenu à la vieille FNF, celle qui n'était plus qu'un vieux souvenir dans les Terres Désolées. Avec à sa tête une armée de vétérans cherchant à prendre une ultime revanche, et à anéantir une bonne fois pour toutes les pourritures de psychotiques, Dole, à 61 ans, fut l'un de ces milliers de Parisiens à prendre en main son destin.

Pour cela, Dole fut l'un des chefs de l'émeute. Il agit à l'extérieur de Lutèce, placé au commandement de ses forces, bien sûr, mais également de plusieurs groupes de citoyens plus ou moins entraînés. Son but était d'empêcher les renforts psychotiques d'entrer dans la ville, alors que les Lutéciens se battaient encore à l'intérieur.
Il réussit. Au prix de nombreuses vies. Y compris celle de Barras.

Après la bataille, Thomas se tenait sur les ruines de Neuilly-sur-Seine, là où avait été le vieux Bidonville, quand il fut rejoint par un chef d'une milice révolutionnaire, un collègue... Enfin, un supérieur de Dole lors de la grande révolution. Il était un peu suspect, et arrivait avec un ton inquisiteur.

- Les civils armés qui étaient placés sous votre commandement viennent juste d'arriver avec quelques renforts. Si j'étais un homme suspicieux, j'appellerais leur timing un peu trop bon...
- Je leur ai dit de rester en arrière le temps que nous brisions les psychotiques. Il n'y avait pas de raison d'envoyer plus d'hommes dans une boucherie alors que Lutèce n'était pas encore à nous...


Le chef milicien leva les yeux au ciel.

- Assurément. C'est un jour dont nous devons être fiers ! Vos hommes ont combattu beaucoup plus vaillamment que n'importe quelle autre milice que j'ai rencontré !
- Merci. Mais notre travail n'est pas encore terminé. Il y a encore de nombreuses poches de résistance psychotique dans Paris... Et nous devons préparer un régime, pour que nous n'ayons pas à nouveau une guerre...
- Certes ! Mais bon. Malgré tout. C'était un... Hmm... Honneur, de combattre à vos côtés. A l'exception de mes propres soldats... Je ne pouvais pas demander mieux.


Dole venait peut-être de faire la toute dernière bataille de la FNF, même si ce n'était pas une « vraie » FNF. Derrière lui, ses vieux vétérans se mirent au garde-à-vous devant le chef de milice.

- A chacun d'entre nous incombe une tâche. Et tout ce que la FNF nous ait jamais demandé, c'est que nous tenions la ligne, et que nous mourrions en combattant. C'est ce que nous faisons de mieux : Nous mourrons debout.

Madof était mort debout. Maverick était mort debout. Barras était mort debout. Finalement, tous les militaires que Dole avait commandé, tous les soldats qui avaient souffert, tous, avaient eu un but, aussi minime soit-il.

Avec sa renommée, Dole fut l'un des principaux acteurs de la nouvelle République. Dans le domaine militaire, surtout, où il participa à la reconstruction d'une armée professionnelle. Nommé général puis chef d'état-major, il dirigea, depuis le confort de son bureau, la campagne finale qui s'abattit contre les malebranches et les amazones dans le centre de Paris. L'instabilité politique et des problèmes de santé virent compliquer sa carrière, et en 2210, à l'âge de 67 ans, il démissionna complètement de ses fonctions. Les stratégies militaires de Thomas Dole, basées sur l'exploitation de la vitesse et de l’adaptation constante donna lieu à une pensée militaire « Dolienne », qui reste encore enseignée dans l'Ecole Militaire aujourd'hui, pour les officiers de demain.

Thomas rendit son dernier souffle à l'âge de 71 ans. Des funérailles nationales lui furent organisées, comme pour Hector Madof avant lui. L'histoire aurait pu s'arrêter là.

Mais avant sa mort, Dole avait fait une interview finale, extrêmement longue, répartie sur plusieurs mois, avec un journaliste. Il avait raconté, avec toutes ses forces restantes, le récit de sa vie. Y compris les choses les moins reluisantes... Comme le meurtre de Pestagaupe, le jeune lieutenant, fils d'une membre du CR.

Aujourd'hui encore, pas mal de gens se battent sur leur opinion du général Thomas Dole. Mais, il n'est devenu rien de plus qu'une figure d'un passé lointain, comme bien d'autres avant lui.

Devant la République, bien d'autres personnes allaient grandir ou tomber, et apposer leur marque indélébile sur l'Histoire de France.

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L'Homme d'Acier
MessageSujet: Re: La guerre, toujours la guerre...   Lun 23 Fév 2015 - 21:54

Durant une année, U-1917 , sa fidèle acolyte Louise , et ses quelques dizaines de camarades Communistes , étaient en galère dans les Terres Désoles. Malgré  les pronostics de l'Homme d'Acier , le Marxisme Léninisme ne prenait pas dans les Terres Désoles. Tantôt certains préféraient le féodalisme protecteurs de la FNF , d'autres préféraient l'abrutissement avec des stupéfiants , tandis que d'autre étaient intellectuellement trop bête pour comprendre la porté de l'idéologie porté par l'Homme d'Acier.

Après une confrontation avec des Cannibales , le Robot Communiste d'un autre age , comprit que rien n'était possible par la négociation. Il commença la lutte armée contre les Esclavagistes. Grossière erreur. Malgré quelques esclavagistes tué , et une vingtaines d'esclaves libéré , ces premiers demandèrent l'aide de la FNF. U-1917 organisa ses forces. Sa dizaine de militants n'avait jamais connus l’expérience du combat. Les esclaves libéré ne voulaient pas combattre , soit trop lâche , soit faible , où préféraient simplement leurs status d'objet sexuel à l’édification d'un monde meilleur.

La FNF intervint dans la planque des Communistes dans le Bidonville. Peut être voulaient t'ils faire un exemple , ou peut être avaient t'ils sur estimé la porté des forces de l'homme d'Acier. Ils déployèrent 50 soldats. Le massacre dura une heure. Ils militants furent exécuter sans somation. Une balle dans la tete pour les plus chanceux. Une baïonnette dans le ventre pour les autres. Les femmes , dont Louise , furent violé durant des heures par tout les hommes du bataillon.

U-1917 déclencha alors son mode d'autodestruction en lançant :

- " La Force immense des machines , sonnera le glas des Versaillais".

Son explosion tua 3 soldat de la FNF.

Finalement les restes du Robots furent transporter et étudier par les Soldats de la FNF. Après examen par le service technique , ils furent entreposer dans les archives de Lutèce.

La petite Louise finalement relâcher par la bonté ( où la cruauté de ses geôlier ) , finit prostitué dans les bas fonds des bidonvilles , gagnant sa vie avec les quelques passe que les plus démunis et désespéré pouvaient se payer.

"Ce monde n'était pas digne du Marxisme Léninisme et le L'homme d'Acier..." pensa telle en allant faire une nouvelle fellation a un officier de la FNF âgé de 68 ans.
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Marshawn
MessageSujet: Re: La guerre, toujours la guerre...   Mer 25 Fév 2015 - 2:11


(Pas de dates précises à donner.)

-  Au milieux de tous ces grands héros et incommensurables connards qui auront parcourus les Terres Dévastées de la capitale, leurs noms n'évoqueront certainement rien pour vous. Car même si certains, restent gravés dans le marbre, de par leurs actes, et surtout de par leurs rangs, il ne faut jamais oublier que les grands de ce monde n'ont jamais rien accomplis seuls.

C'est l'histoire de ces hommes et femmes, tapis dans l'ombre, confiné à la simple place de pions pour des enjeux qui les dépassent, qui va ici vous être contée. Certains se battent pour l'argent, d'autre pour des valeurs plus ou moins utopiste. Certains ne rêvent que du chaos, s'enlisent dans la décadence, tandis que d'autres aspirent à la gloire.

Chaque homme, chaque femme se bat pour quelque chose de fort et chacun mérite la lumière des projecteurs.

Ce soir les enfants, c’est la vie d’un homme que j’apprécie tout particulièrement que je vais vous conter. C'est l'histoire d'un pauvre gosse du temps où tout ce qui  nous entourait n'était que chaos et désordre. Famine, et massacre. Une ère sombre pendant laquelle la FNF luttait pour s'en sortir, au milieu des psychotiques, rebelles et autres créatures mutantes.
"

Le vieil homme, continua son histoire, racontant l'enfance défavorisée de celui qu'il appelait Maël. Ses débauches, ses amours, ses amis. Cette partie de l'histoire était sa préférée, car pour lui, c'était les prémices d'une grande aventure, et que cela renforçait encore plus l'image bienfaitrice qu'il gardait de cet homme qui s'était engagé dans la FNF et avait risqué sa vie pour sa femme et sa fille, avant de se battre pour ce qui était cher à ses yeux.

Un jeune homme à la peau noire, adossé à un mur près de moi m'adresse alors la parole :

- Je sais ce que vous pensez, c'est kitsch oui, mais certaines personnes ne s’empêchent pas d'agir par simple peur d'être étiqueté d'idiot à la poursuite d'un rêve impossible à vivre. Ce rêve fou, c'était celui de mettre à l'abri sa famille dans les murs de Lutèce.

- Je ne juge personne, n'ayez crainte.

- Bref. Cette histoire je l'ai déjà entendue une cinquantaine de fois ... Je peux vous faire la version courte si vous voulez, c'est gratuit, je suis de bonne humeur aujourd'hui.

- Faites, je suis curieuse d'entendre ça.

- C'est pour ça que je vais vous raconter la partie réellement intéressant de cette histoire. Celle qui suit cette opération de la FNF qui a mal tournée dans le Bidonville. Maël y avait perdu toute son escouade, et y fît la connaissance d'une fille. Ismaïla. Ismaïla El-Haraoui. Ma grand-mère défunte, oui. Laissez-moi vous expliquer.

Complètement désorienté, attristé par la perte de ses amis, Maël n'avait plus aucuns repères. Sa fille malade, et sans nouvelle de sa femme. Il n'arrivait plus vraiment à joindre les deux bouts. Alors forcément ... Quand une belle femme comme ma grand-mère en son temps vous allume un peu ... Bref, Maël n'aura pas tenu longtemps sa fidélité envers Maria, celle qui l'attendait, de l'autre côté des murs de Lutèce. Tout alla très vite. A force de se fréquenter, Ismaïla pût exercer une sorte d'emprise sur Maël. Sans repère, il ne se rendait plus vraiment compte de ce qu'il faisait, et elle le guida du mieux qu'elle le pût.

Tout d'abord, elle lui avoua son ressenti peu favorable vis-à-vis de la FNF, vision partagée par Maël qui ne les considérait comme rien de plus que des gros bras armés. La FNF était très hétéroclite à l'époque, une belle bande d'enfoiré pour la plupart. Les deux avaient une folle envie de déserter, mais manquait d'une raison précise pour le faire. Après tout, déserter oui, mais à l'extérieur, c'était le chaos.

Cette raison, Maël la trouva pendant une autre intervention à l'encontre du Trident dans le Bidonville. Pendant que des accrochages musclés opposaient la FNF aux sbires de Médéric Prosper. Maël tomba nez à nez face à Sandro, son meilleur ami d'enfance. A ceci près que ce Sandro-ci était bien différent du Sandro agonisant, aux rotules brisées qu'il avait laissé derrière lui en se faisant balancer dans la Seine. Son pote avait été dopé à un niveau encore jamais vu. Ses jambes avaient été remplacées, et une sorte d'exosquelette était fourré le long de son épine dorsale. Peine perdu, que d'essayer de le résonner, puisque ce dernier éclata la tronche de Maël qui termina l'opération sur un brancard.

Lorsqu'il en fît part à Ismaïla, cette dernière lui avoua faire en réalité partie de la Dissidence, et qu'il serait certainement possible de le retrouver, car elle le savait, c'était ce que Maël voulait. Les deux désertèrent, en quête de réponse que seule la Dissidence et ses contacts au sein du Bidonville pourraient leur apporter. Néanmoins, toute cette histoire n'avait pas échappé à un homme que l'avarice, et la jalousie rongeait. Anselme Magnart, ex-Capitaine de la FNF, ne supportait plus cette relation entre Ismaïla qu'il convoitait, et Maël, un "bouseux de seconde zone" comme il aimait l'appeler. Pire encore, il les haïssait pour la simple et bonne raison qu'ils étaient responsable de sa radiation de la FNF. Pour la petite histoire, Magnart fût dénoncé par ses hommes pour ses pillages répétés sur les cadavres, ainsi que pour la corruption régulière qu'il exerçait sur eux. Il mena donc sa propre enquête, lorsque cette histoire parvint à ses oreilles, décidé à mettre fin à cette mascarade lui-même. Il n'aimait pas que l'on marche sur ses plates-bandes, et tenait en horreur les traîtres, les langues de putes, mais surtout les dégénérés du Bidonville.

Au début, le couple ne se douta de rien. Magnart avait été tireur d'élite, il savait mieux que quiconque comment observer sans être vu. Cet homme désirait une chose, avant de tuer les deux tourtereaux, c'était de détruire tout ce qu'il leur était cher avant de les abattre, tout comme eux avait détruit sa vie.

Maël repensait souvent à Maria, et il se disait que le minimum serait de lui annoncer que son frère était bel et bien vivant. Mais il ne savait pas comment gérer sa relation avec Ismaïla, et celle qu'il avait avec Maria. Il prétexta une sortie pour aller rendre visite à Maria.

Il n'y trouva qu'un appartement ravagé, et le corps de la femme qu'il avait le plus chérie durant toute sa vie, n'ayant jamais connu sa mère. Il pleura un long moment, son monde semblait s'écrouler. Il chercha désespérément sa fille, introuvable dans l'appartement sans dessus-dessous.
Maël était également surpris de ne pas y trouver son père, car après tout, c'était son appartement, il avait hébergé Maria et sa fille. L'histoire dit que Magnart prit contact avec Maël via un appareil de communication qu'il laissa sur place, et que, sans décliner son identité, lui avoua qu'il avait tué sa femme, vendu sa fille aux esclavagistes et balancé son père à la FNF pour ses relations avec la Dissidence. Qu’il sera le prochain sur la liste.

Maël dû alors confronter son passé et son présent en avouant tout à Ismaïla. D’abord surprise, elle ne pût finalement que faire preuve d’empathie vis-à-vis de l’homme qu’elle aimait. Elle était prête à lui pardonner cet écart. L’important, c’était le présent, tels étaient ses mots.
Elle lui avoua également qu’elle connaissait l’identité du tueur, qu’elle avait déjà eu une entrevue avec lui. En effet, après la découverte macabre, Magnart se débrouilla pour retrouver la trace de la jeune femme. C’est alors qu’en aparté, il lui annonça son plan. Il lui dit qu’elle souffrirait, tout comme Maël allait souffrir, avant de la gifler puis de s’en aller.

Hors de lui, Maël jura que Magnart paierait un jour ou l’autre. Désormais, il lui fallait retrouver son père, et le faire libérer. Peine perdu, puisque celui-ci fût passé en peloton d’exécution, en public et pour l’exemple, sous ses yeux quelques jours plus tard sans que l’ancien militaire ne pût faire quoi que ce soit. C’est Ismaïla qui le retint de s’interposer, jugeant préférable de s’en aller. En effet, se faire capturer ne sauverai ni son père, ni sa fille, ni même Sandro. Des concessions étaient nécessaires, et c’est à contre cœur, effondré, que Maël croisa le regard de son père avant qu’il ne soit abattu. Il lui sembla qu’Eric hocha lentement la tête, comme s’il lui intimait également de s’en aller sauver ce qui pouvait encore être sauvés.

Il est difficile de garder la tête froide, et de réunir toutes les pièces du puzzle lorsque votre monde s’écroule. Ismaïla encaissa beaucoup pour préserver Maël, afin de l’aider du mieux qu’elle le pouvait à tenir le coup.

Maël songea à plusieurs reprises au suicide, notamment lorsqu’il apprit que la caravane esclavagiste qui avait emporté sa fille avait été attaquée et massacrée, sans qu’il ne soit possible de savoir qui avaient étés les auteurs de ce carnage.

Il ne restait désormais plus que Sandro. Les semaines passèrent, de longues journées passées à entretenir et tisser des relations au sein de la Dissidence, qui parvint à les mettre en contact avec le Trident. Encore plus de temps fût nécessaires pour qu’enfin le nom de son vieil ami ne soit évoqué.
Néanmoins, les hommes du Trident étaient catégoriques : Sandro n’était devenu qu’une bête de foire droguée, et manipulée, dont le seul but était de massacrer. Une coquille vide, en quelque sorte. Il était impossible pour lui de le voir.

Maël devait se faire une raison. Les jours passèrent encore et c’est alors que Magnart refît surface. Ses talents d’enfoirés finis avaient permis de mettre la tête du jeune couple à prix, les incriminant d’avoir attaqués des petits business du Trident. Bonne ou mauvaise nouvelle, c’est Sandro et quelques sbires de Médéric qui furent envoyés chez le couple. L’ex ripoux de la FNF s’installa confortablement pour assister à la mort imminente du couple, l’œil plongé dans la lunette de son fusil de précision, le doigt sur la détente, au cas où les incapables du Trident seraient incapables de faire le boulot.

Le couple se débarrassa rapidement des hommes de mains de Médéric, le véritable problème fût Sandro. La drogue semblait le rendre insensible à la douleur, et après avoir balayé Ismaïla, il n’espérait plus que briser Maël en deux.

Alors que Maël n’était plus en état de combattre, massacré par Sandro. Une lueur d’humanité se dessina sur le visage de ce dernier. Comme s’il semblait enfin se rendre compte de ce qu’il faisait réellement. Peut-être la drogue ne faisait-elle plus effet ? Que c’était le moment de lui administrer sa dose ?
Toujours est-il que lorsqu’Ismaïla se leva, pour vouloir abattre la bête de somme, c’est Magnart qui s’occupa de son cas après prié pour qu’elle ne bouge plus. L’ancien sniper abattu la jeune femme qui s’écroula inerte sous les yeux horrifiés d’un Maël a moitié mort.

A ce moment-là, Sandro prononça le nom de son ami. C’était inespéré. Mais les réjouissances furent courtes, car une seconde balle explosa le crâne de l’hispanique.
Magnart ne laisserait personne d’autre tuer Maël, il s’en chargerait personnellement, ignorant que Sandro n’était plus totalement sous les effets de la dope.
Hurlant de toutes ses forces, agonisant, Maël plongea son regard dans celui d’Ismaïla qui se vidait de son sang un peu plus loin.
C’est alors que l’ancien Capitaine de la FNF fît son entrée triomphale. Rongé par la jalousie, et l'envie. Il tabassa l’enfant du Bidonville jusqu’à la mort sous les yeux impuissants de sa compagne qui tendait les doigts en direction d’un pistolet non loin. C’est lorsqu’Anselme cracha sur la dépouille d’Aupra qu’Ismaïla lui régla son compte à coup de 9 mm.

C’était terminé. Tout était fini.

La suite de l’histoire, personne ne la connaît vraiment. Ma grand-mère elle-même n’en parlait jamais. Certains disent qu’elle s’en est sortie à force de ramper, d’autres que des gens bienveillants sont tombés sur elle et s’en sont occupés. A vrai dire, tout le monde s’accorde pour dire qu’elle était enceinte de quelques semaines à cette époque.


- Et la gamine ? Demandais-je.

- La gamine ?  répéta t-il, légèrement décontenancé.

- La petite fille de Maël. Personne n'a jamais retrouvé sa trace ?

- Si vous voulez mon avis, elle est morte dans le pillage de la caravane esclavagiste. Expliqua t-il alors, presque honteux de ne pas connaître ce pan de l'histoire.

- Si je vous disais que cette caravane avait été pillée par les Amazones, et que, y trouvant une petite fille, l'une des pilleuses décida de l'emmener à la tribu pour l'y élever ?

- Chacun pense ce qu'il veut. Mais qu'est ce qui vous fait dire ça ? S'interrogea t-il.

Je me contenta alors d'un clin, d’œil, avant de lui lancer une petite bourse.

- Celui qui doit vivre survit même si tu l'écrases dans un mortier. Lançai-je avant de m'en aller.


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Saint Vincent de Räzell
MessageSujet: Re: La guerre, toujours la guerre...   Jeu 26 Fév 2015 - 20:42

Saint-Vincent n'avait jamais eu tellement de chance dans la vie, finalement. La seule qu'il eut jamais fut de survivre aux overdoses, aux chiens errants, et à ses clients cinglés des terres désolées. Une vie relativement longue, en vu du contexte bien particulier de Paris à cette époque.
Mais malgré tout, ça n'avait été qu'une vie de malchance. Le Saint était toujours tombé de Charybde en Scylla. Mais ses mésaventures dépendaient autant de ses choix que de sa chance, même s'il était plus facile de blâmer la chance, d'un éclat brillant par son absence.

D'abord, lorsqu'il décida de trahir le Trident pour s'associer à une misérable goule puante dans l'entreprise la plus foireuse et irresponsable qu'il fut. Était-il sous l'effet de drogues lorsque l'idée lui était venue de se lancer dans le trafique de drogue indépendant ? Sans aucun doute. A cette époque, il était drogué chaque jour et chaque nuit, et ne devait pas dormir plus de dix-huit heures par semaine ...
Au final, tout avait capoté assez vite. Ils avaient été prudents. Un temps. Jusqu'à ce que la confiance prise, et l'appât du gain donnent envie aux deux associés de se montrer plus agressifs. Plus téméraires. Plus irresponsables. Ils avaient déployé des trésors d'intelligence et de ruse pour foutre le bordel le plus monstrueux possible chez les Trident, aidé par la providence (c'est-à-dire les Illuminés, qui à l'époque avait répandu le Chaos le plus total dans le métro).
Et ça avait plutôt bien marché. Mais ça avait soit trop bien fonctionné, soit pas assez. En tout cas, ils s'étaient posés sur le trône comme des Baronnes fières et faraudes, sans tellement trop se rendre compte que le trône était une putain de fourmilière remplies de fourmis rouges et en colère. Quand ils s'en étaient finalement rendus compte, ils en avaient jusqu'au fond du gros colon. C'est une image, bien sur, mais assez représentative de la situation de l'époque.

La fuite repris. Fuir le Trident. Oublier les alliés morts. Pas de sépultures ni de prières pour les cinglés ambitieux qui avaient été des leurs. Pas le temps. Pas la foi non plus.

Les attentats dans le métro avaient provoqué une vaste exode, et les réfugiés entraient en masse dans Lutèce. Saint-Vincent avait décidé de changer de nom, et était redevenu un parfait anonyme, intégrant la ville comme tant d'autres, porté par les flots constants de miséreux qui intégraient illégalement la Cité. En ville, il aurait pu aller chez un vétérinaire-chirurgien alcoolique pour se refaire faire le visage, et véritablement changer de vie en même temps que de physionomie. Pas de bol. Le véto en question, c'est lui-même qui l'avait noyé dans une cuvette de chiottes. La vie est une chienne avec un sens de l'humour de très mauvais goût.

Il y avait bien le secours d'Athalia, la gentille petite citadine agoraphobe et solitaire avec qui il se sentait si bien. Il pouvait trouver asile dans sa demeure, peut-être. Il l'avait sauvé une fois. Peut-être plus, le souvenir devenait vague. Elle lui aurait rendu l'appareil, l'aurait caché des milices armées qui patrouillaient jour et nuit et avaient instauré un couvre-feu dans la ville. Mais il joua de malchance de nouveau, et fut arrêté par une patrouille qui le jeta dans une geôle humide, noire et puante, dès l'instant où ils le démasquèrent comme étant un réfugié illégal. En y revenant, le Saint devait relativiser : ils auraient pu l'abattre sur le champs. Il aurait pu choper la mort dans cette tôle, et crever la gueule ouverte, sans plus jamais revoir le jour. Mais sa libération finit par venir.
La révolution éclata. Seulement deux mois après son arrestation.

Deux mois sans drogues. Pas le moindre fixe. Même pas une goutte d'alcool. Pas une seule cigarette. Deux mois, à hurler, transpirer, racler les murs de ses ongles éclatés et ensanglantés. Il s'était éclaté le visage dans sa folie le long des murs, et s'était entaillé le corps de cicatrices qu'il creusait dans sa chaire avec l'ongle tranchant de son pouce, qu'il laissait pousser. Il buvait son propre sang dans les plaies qu'il se faisait, grattait ses croûtes, menaçait les gardiens, implorait et suppliait. En vain. L'eau irradié et le pain maigre et vert de moisissure qu'on lui donnait quotidiennement ne passaient pas les premiers jours. Il le jeta, l'écrasa sur le sol avec fureur. Un peu plus tard, rendu fou par la faim, il mangea le pain écrasé par ses semelles plus avant sur le sol boueux. Puis il le vomit. Le manque le rendait nauséeux, et aucune nourriture ne pouvait tenir longtemps dans son estomac malade.

Mais il avait fini par se sevrer de force. Et la révolution le libéra. Une nouvelle vie. Une nouvelle chance. Une nouvelle foi.

Reconnaissant à l'Armée Dissidente, le Saint refit sa vie dans la FNF, où il devint un simple soldat d'infanterie. Chaire à canon. Mais le plaisir de la liberté. Rapidement, les sous-officiers et officiers encadrant le Soldat Saint se rendirent compte de ses nombreux vices. Le Saint n'était pas sorti depuis deux semaines de prison qu'il était redevenu addict de plus belle, consumant la mèche encore plus rapidement. Le Psycho en faisait un soldat d'infanterie sans peur et brutal au combat, mais aussi totalement imprévisible, désordonné, indiscipliné, et ingérable. De missions en missions, il changeait de commandant comme de chemises sur les cinq premiers mois, aucun supérieur ne pouvant le supporter. Il finit dans l'unité la plus merdique et indiscipliné de la FNF : les Têtes-Dures. Des durs à cuire, des sadiques, des anarchistes, des psychopathes, et des toxs. La branche malade de l'armée. Mais chaque armée à besoin de sa branche malade, de ses marginaux indisciplinés. Pour la ligne de front. Pour les missions-suicides.

Pas de bol. Encore ? Ou était-ce à nouveau un choix inconscient ? Pourquoi avoir replongé dans la dope sinon ?
Le Saint livra son dernier raid à Necrotopia. Une défaite sévère. Les Têtes-Dures, lancées dans la ville pour une opération de sabotage, se dispersèrent, et firent sauter un maximum de galeries dans le Louvre, pour gêner les renforts et la communication. Le Saint se rappelait encore de ce cinglé. L'artifice-Sieur, que tout le monde l'appelait. Un pyromane en puissance, avec permis de tuer et carte blanche sur le terrain, armé par le contribuable. Le Saint l'avait jamais vu tant épanoui que cette nuit là. Mais l'opération Sabotage avait été un échec. Trop de Têtes-Dures isolées avaient cédé face à l'endoctrinement mental et dépecé toutes les Goules qu'ils croisaient au lieu d'atteindre leurs objectifs. Qu'importe. Le duo Saint-Artifice-Sieur s'en était tiré. Mais vu la déculotté prise par la FNF aux portes de Necrotopia, et le peu d'objectifs atteint par l'unité, il avait semblé plus sage aux deux joyeux lurons de ne pas rentrer à la base. Le vent tourne, la chemise aussi.

Déserteur. Le Saint survivait jour après jour sans vraiment savoir comment, soutenu par l'Artifice-Sieur, et inversement. L'Artifice-Sieur ne pouvait pas s'en empêcher : il faisait péter des trucs et concevait des bombes. Le Saint pouvait pas s'en empêcher, il assassinait des gens faibles et volaient leur argent pour se droguer. Deux ordures dans la nature. Une course de fond, avec en arrière-plan les combats permanent entre la Commune et la FNF. Pas de bol. Le Saint vendait des esclaves à l'Arc quand celui-ci fut attaqué par la FNF. Quatre mignonnes petites gamines de douze à seize ans, destinées aux lupanars. Les deux plus âgées avaient été héroïques pour protéger leurs sœurs, au moment de la capture. Bec et ongle. Mais elles étaient trop âgées pour être vierges, et même si elles l'avaient été, ils en avaient deux plus jeunes, de toute façon.
Le Saint était devenu un monstre sans l'ombre d'un cœur-noir au fur et à mesure des ans écoulés avec l'Artifice-Sieur. Pendant l'attaque, le pyromane était mort dans une explosion. Une belle mort, pour ce genre d'homme. Sans doute la plus belle possible. Tout l'arsenal qu'il portait dans ses poches et la doublure de son blouson explosa avec lui, dans une belle déflagration. Le Saint, lui, avait déjà deux cent mètres d'avance dans sa fuite.

Les lâches vivent vieux. A Necrotopia, le Saint mendia à la Commune. Nouvelle vie. Des petits boulots dégradants, de la mendicité, et divers trafiques et larcins lui permettaient de succéder. Toujours pas de chance. Au bout d'un temps, les Mutants quittèrent la ville. La FNF allait fondre sur la Commune comme un aigle sur une musaraigne, sans la ligne de défense des Peaux-Vertes. Le Saint sentit le vent tourner et quitta de nouveau la ville, pour essayer de vendre de la drogue, comme avant. Mauvaise idée. Il n'avait plus de fournisseurs. Il devait voler ce qu'il vendait à des Tridents. A nouveau, il se remit le Gang à dos. Sa marge nette fut dans le négatif. Il avait perdu trois doigts, et consommé plus qu'il n'avait vendu. Mais à nouveau, il s'en sortait vivant, sans qu'on sache comment.

Les pourritures mettent du temps à se décomposer.

Nécrotopia était tombée. Puis Lutèce tomba aux mains de la Commune. Ou plus exactement d'un Wendigo enragé. Cannibale. Cette sinistre période laissa tant et moins d'espace pour le Saint de survivre. Son visage rassemblait à la mort. Il n'inspirait pas confiance. Ni l'amitié. Il était recherché par le Trident. Et par d'autres aussi. Plus d'amis, les anciens compagnons disparus ou morts - qui le savait ? -, plus d'influence, plus d'argent, plus de drogue.

Le Saint quitta Paris, dirigée par les psychotiques, qui s'ils l'avaient accueilli à une époque, n'étaient les amis de personne - à moins qu'on puisse être ami avec des vipères -, et s'exila en périphéries, dans une ferme, où il travailla la terre avec humilité et décrocha de la drogue une bonne fois pour toute. Une vie simple et pratiquement sans ennui.
Pas de bol. Elle ne dura que deux ans.

Au crépuscule de sa vie, fatigué et usé par une vie devenue trop longue, le Saint avait l'impression de ne plus se souvenir de rien, si ce n'est d'une course effrénée et sans fin. Il lui semblait, allongé sur la paillasse qui lui servait de mouroir, qu'il se reposait enfin pour la première fois. Il se sentait étrangement apaisé, malgré sa vie amorale, malgré tout les morts qu'il avait semé dans son sillage maudit, malgré les anciens compagnons tombés dans la poussière qui revenaient parfois hantés ses rêves psychédéliques.

Mais cette fois, il ne pensait à rien. Et il ne ressentait rien. Ni les remords, ni les regrets, ni la peur, ni le soulagement. Il s'éteignait simplement.

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