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 Compter sur ses doigts.

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Eric Aubert
MessageSujet: Compter sur ses doigts.   Mer 14 Aoû 2013 - 16:01


Boulogne-Billancourt, Pont de Saint Cloud - début de matinée.

Le son du moteur du camion qui m’a droppé sur le boulevard périphérique a disparu depuis quelques minutes. Sur la route dévastée, les carcasses rouillées et le vent sont pour l’instant ma seule compagnie.

Je traverse la Seine par le pont de Saint Cloud, qui tient encore raccroché aux berges par des restes de treillis soudés presque arrachés. Le béton est fissuré, craquelé, les piliers affaissés, dans les gouffres qui se sont formés je peux voir l’eau verte et vaseuse de la Seine. Pas question de boire cette eau-là, ou même de la toucher. J’ai cru voir des formes bouger dans la vase. Je ne veux pas savoir ce que c’est. Arrivé de l’autre côté je suis soulagé.

Toujours personne en vue. J’ai l’impression de fouler un sanctuaire tant le silence est oppressant. Je m’approche d’une bouche de métro, je regarde la carte. Boulogne – Pont de Saint Cloud. Le Parc des princes est à deux kilomètres à l’Est, tout droit à travers la route de la Reine.

En avant.


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Eric Aubert
MessageSujet: Re: Compter sur ses doigts.   Mer 14 Aoû 2013 - 18:54


Boulogne-Billancourt, Route de la Reine - début de matinée.

J’ai marché environ un kilomètre en ligne droite dans la Route de la Reine sans rencontrer âme qui vive. Est-ce que ce chien qui me barre la route a une âme ? La bête grogne et montre les dents, c’est mauvais signe. Je commence à le contourner, lui et la charogne qui lui sert de repas. Difficile de marcher entre les ornières sans regarder où je mets les pieds, mais je ne peux pas me permettre de quitter cette sale bestiole des yeux. C’est vraiment une créature immonde, avec sa peau déchirée purulente et des morceaux de squelette apparents.

Je me suis retrouvé par terre sans pouvoir me rattraper, mon lacet s’est pris dans une ferraille tordue. Quand je me suis relevé, le chien était toujours campé sur ses positions, gardant farouchement son cadavre de… de je ne sais quoi. Mon cœur bat plus vite et je transpire. Je dois bien être à cents mètres et la bestiole disparaît derrière les carcasses de voitures qui jonchent la chaussée. Je me retourne, j’avance prudemment. Derrière moi, pas un bruit, le chien ne m’a pas suivi.

Allez, plus qu’un kilomètre et je trouverai des hommes. Enfin j’espère.


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Eric Aubert
MessageSujet: Re: Compter sur ses doigts.   Jeu 15 Aoû 2013 - 22:36


Boulogne-Billancourt, devant le parc des princes - milieu de matinée.

Je viens de croiser un caravanier, nous nous sommes salués d’un signe de tête. Et deux types en guenilles un peu plus loin. L’un d’entre eux avait l’air déprimé et l’autre survolté. D’après ce que j’ai entendu, l’un a gagné son pari, et l’autre a tout perdu. Je remarque vite que les gens m’ignorent, c’est plutôt agréable, en uniforme on nous traite comme des envahisseurs. En sommes-nous réellement ?

Les rencontres se sont faites plus fréquentes sur les deux-cents derniers mètres. Des hommes pour l’essentiel, peut-être vingt pour cent de femmes. Pas étonnant, dans un lieu porté sur la violence comme celui-ci. Je m’attends au pire en entrant dans le gros pâté de baraques qui entourent l’entrée principale.

En fait c’est presque désert. Un ivrogne affaissé contre un mur de taule qui sanglote, quelques types plus ou moins frais qui divaguent sur la place… L’essentiel des parieurs doivent être rentrés chez eux ou dorment encore, pour sûr. Je vais me trouver un coin à l’ombre pour passer le plus chaud de la journée et attendre l’heure d’affluence. Le bar me semble être l’endroit le plus judicieux.

Je pousse la porte, et j’entre dans la baraque. « Le bar de Pari »… Ils ont de l’humour. Je souris en pensant au jeu de mot. Une petite plaisanterie ne peut faire que du bien.


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Isabelle Jager
MessageSujet: Re: Compter sur ses doigts.   Ven 16 Aoû 2013 - 8:30

Je regarde mon corbeau grignoter le morceau de pain que je lui ai laissé, rien qu'à voir ses yeux rouges je sens qu'il a envie d'un morceau de viande. Ca tombe bien, le type que je dois rencontrer s'assoit à ma table, un jeune dans la vingtaine qui a pas l'air de savoir ce qui lui attend. Il me sourit et commande une bière, moi je termine ma vodka.

-Irène Lesproux, ce nom te dit quelque chose?
-C'est une parieuse non?

Bien joué, même moi j'y aurais pas songé. Elle vient régulièrement ici, évidemment qu'elle paris! Je ne sais pas combien de temps je vais pouvoir me retenir de lui faire manger le plancher à se rat.

-Evidemment que c'est une parieuse, comme tout ceux qui sont ici. La question est : elle est devenue quoi?
-Je sais pas, je suis un juste un bookmaker moi.

Je lui écrase un pied sous ma semelle en prenant tout mon temps avant de poser une autre question : il faut savourer l'instant présent. Je le vois se cramponner à la table pour ne pas crier, s'il crie il sait que je lui trancherais les doigts avant de lui faire cracher le morceau. Pour moi comme pour lui il vaut mieux qu'il n'appelle pas à l'aide.

-Tu sens la douleur? Ou. Est. Elle? Je sais que tu prenais ses paris. Je lui demande du ton le plus serein possible alors que j'ai qu'une envie : le faire voler.
-Des mecs, des mercenaires. Ils la cherchaient, une histoire de dette avec un type louche.
-Ils sont partis où?
-Je sais pas. Y sont passés y a trois jours pour embarquer la fille ici. Je leur ai dit où elle était. Ils payaient bien.

Il a vendu ma soeur pour une poignée d'anneaux? Je soupire un bon coup sinon je risque d'exploser de rage, je sors mon couteau et commence à jouer avec. Sans doutes qu'il comprend qu'il a fait une énorme bêtise. Je relâche son pied avant de le casser, il se détend un peu mais je le vois suer à grosse goûte, il a bien raison : il a vendu Irène à des mercenaires juste pour ce faire du fric. Je le tuerais bien, mais je risquerais plus d'attirer l'attention que de me calmer les nerfs. J'ai mieux à lui faire subir. Je me lève et me pince l'arrête du nez en sortant :

-DONC SI J'AI PIGE T'AS VENDU UNE DE TES PARIEUSES QUI EST AUSSI MA SOEUR POUR UNE POIGNEE D'ANNEAUX A DES NEGRIERS. C'EST QUI ENSUITE? LES CLIENTS DU BAR? LE ROBOT?
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Eric Aubert
MessageSujet: Re: Compter sur ses doigts.   Ven 16 Aoû 2013 - 9:08

Trololo:
 

Boulogne-Billancourt, Village d'Auteuil, Parc des Princes -fin de matinée.

Je me retourne. Tout le monde se retourne. J’imagine que je suis un client du bar après tout. Le robot serveur qui allait s’occuper de moi s’est figé à l’éclat de voix. Est-ce que je dois me sentir concerné par cette femme et le type sur qui elle gueule ? Je ne pense pas. C’est pas mes affaires, si cette femme cherche à mobiliser les clients contre ce type, ce sera sans moi.

Le robot revient vers moi, en gardant un œil sur la fille. « Bonjour », je lui dis. « Qu’est-ce que vous servez à boire ? ». La carlingue reste muette.

« - Il parle pas, chef. Il a pas de langue ah ah ! » Me dit le client accoudé au bar à côté de moi. Un vieux type édenté et un peu ivre. En effet, le robot n’a pas de bouche.

« - Comment je fais pour commander du coup ?

-Il a pas de langue, mais il a des oreilles chef, ahah. Suffit de lui dire c’que tu veux picoler !

- Et bien… ce sera… Une bière. »

En réalité je déteste la bière. Mais ça m’a l’air d’être le choix le plus prudent et normal. Je ne veux pas me faire remarquer. Alors je vais jouer le type normal, pas question de demander un chocolat chaud ou un verre d’eau.
Le robot se met en branle et me tend une main métallique, de l’autre main il lève un doigt. Ça doit vouloir dire un anneau. J’en sors un, le pose dans sa main, et il l’encaisse. Ma bière arrive peu après. Elle est fraiche, directement sortie du freezer.

- « Tu viens parier chef ? » Me dit le vieux à côté de moi.

Je tente un peu d’humour. « - Ouais… je sais pas encore sur qui par contre. Cette fille qui gueule sur l’autre type derrière a l’air balèze, combien tu parie qu’elle le met KO ? » Si je dois poireauter dans ce bar jusqu’à ce soir, autant me faire un ami.

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Isabelle Jager
MessageSujet: Re: Compter sur ses doigts.   Ven 16 Aoû 2013 - 20:27

Explication:
 


Tous les regards sont sur nous, ma petite fausse crise de nerfs a fait effet. Je vois l'autre con qui se lève et se jette sur moi alors que je regarde les autres. Cet enfoiré essaie de m'étrangler, au lieu de résister je lui envoie un coup de genou dans les valseuses. Je profite du coup pour le repousser sur le côté et me relever, lui aussi se remet en position. Il a plus d'endurance que je le pensais, mais il est dos au mur contrairement à moi. Comme d'habitude j'attaque directement d'un coup crochet du droit, l'idiot qui me sert d'adversaire encaisse et recule contre le mur. J'en profite et le frappe aux oreilles alors qu'il se remet dans la mandale précédente. L'effet attendu est bien présent : il se tient les oreilles avec un rictus de douleur pendant que je sors ma matraque télescopique. Alors que je m'apprête à la terminer je sens quelque chose me saisir par la ceinture, je me retourne et vois le tas de ferraille. La boîte de conserve sur roulettes saisit aussi le bookmaker véreux et nous jette dehors sans ménagement. Pour qui il se prend le robot miteux? Je me lève et retourne dans le bar en époussetant ma veste alors que ma victime préfère ne pas rentrer. Bon choix. Je me réinstalle à mon ancienne place.

-J'avais pas terminé de boire, le robot.

J'ai oublié comment s'appelle la conserve sur roulettes et à vrai dire je m'en fous, j'ai juste envie de boire en essayant de faire le tri dans mon esprit. Il n'y a pas beaucoup de gens qui sont prêts à prêter de l'argent à une parfaite inconnue, quoique. Certains types sont plutôt louches et sont du genre à prêter le fric et à mettre à sac l'appart de la pauvre hère qui a eu l'idée de leur demander du pognon en refourguant aux négriers leur victime.

-Un verre vodka.

Je glisse la somme qu'il faut dans la paluche robotique du serveur du bar. Je commence à me demander si l'autre victime ne m'a pas dit n'importe quoi, quand je l'ai revu a l'arc Irène m'avait dit qu'elle était dans la réparation d'agri-bot pourquoi aurait-elle besoin d'argent. Tant pis, il faut que je la retrouve coûte que coûte, je sors sa photo de ma poche et regarde de quoi elle a l'air. Je l'ai vu que cinq minutes et c'était il y a trois mois, mieux vaut graver sa tête dans mon esprit. Qu'au moins je ne me goure pas de personne, que je ne refasse pas erreur sur l'identité comme je l'ai faite il y a un an pendant une traque musclée. Je plein mon pauvre collègue qui s'est prit un coup de tazer ce jour. Je reçois mon verre et commence à la siroter tranquillement, je recherche quelqu'un dans la salle qui pourrait l'avoir vu. Que des poivrots où des parieurs, c'est pas comme ça que je vais avancer, je continue à inspecter les gens du regard et je tombe sur ce type. Un voyageur je dirais, peut-être un marchand. Quoi qu'il en soit il a l'air d'avoir vu du monde dans sa vie, sa pince bionique en témoigne. L'autre indice qui me met la puce à l'oreille est son arme, original, j'ai rarement vu une arme avec un chargeur camembert. Je me lève et me dirige vers lui et lui demande poliment :

-Excusez-moi, vous auriez vu cette fille? Je suis à sa recherche, elle a un don pour s'attirer des ennuis et c'est son frère qui m'envoie la chercher avant qu'elle fasse une bourde.


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Eric Aubert
MessageSujet: Re: Compter sur ses doigts.   Sam 17 Aoû 2013 - 9:27


Boulogne-Billancourt, Village d'Auteuil, Parc des Princes - autour de midi.

Je souris à la fille et je regarde la photo qu’elle me tend. Le visage ne me rappelle rien, naturellement. « Non, ça me dit rien. Je viens d’arriver en ville. Pourquoi son frère n’irait pas la chercher lui-même ? »

Je n’aime pas trop les embrouilles de famille et je ne veux pas me mêler à ça, pourtant ça m’intrigue. Le type doit être éclopé ou occupé pour envoyer une femme s’occuper de ses affaires à sa place. Je me moque bien du sort de cette fille d’ailleurs, même si je n’en laisse rien paraître. Et rien ne me dit que c’est vraiment sa sœur et qu’elle lui veut réellement du bien. Même s’il y a clairement un air de famille sur la photo.

Mon nouvel ami s’est penché sur le comptoir pour regarder la photo lui aussi.
« Elle est plutôt jolie, héhé… T’es sur que c’est son frère qui t’envoie ? ». Au-delà de sa voix éméchée par l’alcool et de son regard lubrique de vieil obsédé, je pense pareil que lui.

Alors pour me donner une contenance, je bois une autre gorgée de bière. Elle est amère, rance, mal vieillie. La prochaine fois je commanderai un verre d’eau.


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Isabelle Jager
MessageSujet: Re: Compter sur ses doigts.   Sam 17 Aoû 2013 - 12:28

-Non, ça me dit rien. Je viens d’arriver en ville. Pourquoi son frère n’irait pas la chercher lui-même ?

La question a laquelle je devais m'attendre, pourquoi? Il y a un paquet de raison : c'est un peintre un peu naïf, qu'il sait pas se battre, qu'il pense qu'il vaut mieux envoyer sa demi-soeur négrière? Il a plein de raison de ne pas y aller lui-même.

-Elle est plutôt jolie, héhé… T’es sûr que c’est son frère qui t’envoie ?

Pervers, vicieux, stupide et éméché, voilà comment je déteste les hommes. Je soupire et le foudroie du regard en espérant que ça le dissuade de continuer ses réflexions.

-Oui, j'en suis sûr : c'est ma demi-soeur et je suis encore capable reconnaître son frère...

Je me retourne vers le type et lui dit :

-Mon demi-frère est peut-être un lâche? Enfin, c'est un peintre plutôt, il doit sans doutes penser que c'est mieux d'envoyer sa demi-soeur mercenaire. C'est sûr que vivre à Lutèce n'aide pas a survivre dans les terres désolées.

Je m'allume une cigarette et regarde autour de moi, il n'y a personne qui a l'air de pouvoir me renseigner. Je regarde où est mon piaf, sur la table entrain d'écouler ma vodka sans se soucier du reste du monde, j'en connais qui va finir bourré a la fin de ma conversation. Mon interlocuteur boit une gorgée de sa bière, par expérience je sais qu'elle est infecte ici. Peut-être qu'ils ont fait des efforts sur le goût depuis la dernière fois où je suis passée.

-Vous dites que vous êtes nouveau ici, vous allez où?

Que dire de plus? Que je suis une charmante négrière qui a pour loisir de se bourrer la gueule et de vendre de façon occasionnelle de la came quand le tordu ne m'envoie pas à l'autre bout de Paris. De toute façon révéler mon identité ne m'apportera rien de bon, j'ai déjà capturé des gens au parc des princes et je préfère faire profil bas. Aucune envie de me retrouver avec une foule de parieur enragés sur le dos, je porte les mains à ma ceinture, mon flingue est toujours là. J'entend un croassement flegmatique, j'ai maintenant un piaf qui cuve ma vodka sur une table de ce bar. Comme si j'avais besoin de ça.
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Eric Aubert
MessageSujet: Re: Compter sur ses doigts.   Sam 17 Aoû 2013 - 13:17

Boulogne-Billancourt, Village d'Auteuil, Parc des Princes - autour de midi.

Le piaf –son piaf visiblement- boit de la vodka. Je réalise ça et ça me fait un choc. Quel genre de bestiole ferait ça ? Surement une saloperie mutante. Je me regarde à nouveau mon interlocutrice, délaissant mon ami l’ivrogne, qui finit par se lever du comptoir, surement vexé que je n’aie pas pris part à sa petite plaisanterie.

« Je viens de l’Ouest, j’ai fait de la récupération dans une ville fantôme sur la côte atlantique, et je me suis trouvé une caravane pour venir à Paris. » Mon mensonge paraît plausible comme ça. Je prévois sa question suivante, on va dire que la ville dans laquelle j’étais c’est Saint Nazaire. Personne ne connait Saint Nazaire.

« Je me suis dit que ce serait sympa de venir voir le stade... Bon, moi je commence à avoir un peu faim, je vais casser la croute. J’imagine que ce robot n’a rien contre le fait que son bar soit une salle hors sac. » et j’ajoute l’acte à la parole en sortant un steak de viande de brahmine séchée. La carlingue ne bronche pas. Pas de programme contre les types qui amènent leur bouffe dans le bar, tant mieux.


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Isabelle Jager
MessageSujet: Re: Compter sur ses doigts.   Sam 17 Aoû 2013 - 15:57

-Je viens de l’Ouest, j’ai fait de la récupération dans une ville fantôme sur la côte atlantique, et je me suis trouvé une caravane pour venir à Paris. Je me suis dit que ce serait sympa de venir voir le stade... Bon, moi je commence à avoir un peu faim, je vais casser la croute. J’imagine que ce robot n’a rien contre le fait que son bar soit une salle hors sac.

Sur ces mots ils commencent à sortir un morceau de viande, moi je m'allume une clope. J'en ai foutrement besoin, chaque bouffée me calme un peux plus jusqu'à ce que j'entame la moitié en une minute. Je fume aussi vite que ça maintenant? Bref, pas le temps de m'interroger là-dessus, j'ai d'autres chats à fouetter que de savoir à quelle vitesse je me tape mes clopes.

-Vous venez de quelle ville?
-Saint Nazaire.
-Connais pas.

Je crache ma fumée à la figure de la conserve sur roulettes qui reste stoïque, tant mieux, j'avais pas envie d'avoir en face de moi un robot non fumeur. Un autre croassement plus bestial vient me violer les tympans, sans doutes que l'autre plumé veut le morceau de viande que le récupérateur mange. Le corbeau se pose sur le comptoir et fixe le steak de ses yeux gorgés de sang, je le force à s'asseoir ou ce qui s'en rapproche le plus pour un volatile comme lui, il abandonne l'idée de se taper le repas de mon voisin. Quant à moi je m'adosse contre le meuble et commande à boire.
J'écrase ma cigarette sur ce qui ressemble vaguement à un cendrier et regarde les bouteilles d'alcool. Que pourrais-je me prendre? Bah, vodka, on ne change pas une recette qui gagne.

-Une vodka, le robot.

Je regarde mon verre situé sur la table, vu que j'arrive même pas à sourire après deux verres autant amener la bouteille.

-En fait amène une bouteille ça t'évitera d'autres aller-retour.

Le tas de ferraille qui se propulse sur roues m'amène une bouteille bien pleine. Je commence à me servir un verre et demande à l'homme :

-Vous savez où dormir? Le parc des princes est pas l'endroit idéal pour passer la nuit.

Puis je me souviens de l'autre pervers lubrique.

-C'est sans arrière-pensée, au cas où.
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Eric Aubert
MessageSujet: Re: Compter sur ses doigts.   Lun 19 Aoû 2013 - 10:07

Boulogne-Billancourt, Village d'Auteuil, Parc des Princes - autour de midi.

« Je n’avais pas l’intention de vraiment dormir en fait. Je vais surement parier sur des combats ce soir, passer toute la nuit dans les gradins, et je dormirai un peu pendant les entractes. Si tu veux… »
Elle me vouvoie, je ne sais pas pourquoi, elle doit aimer garder ses distances ou alors je lui impose le respect. Ou mon arme et ma pince lui imposent le respect ? En tout cas moi je ne vouvoie que les gens au pluriel et mes supérieurs hiérarchiques.

«… t’as qu’à venir avec moi. Je fais gaffe à tes affaires pendant que tu pionces pendant les matches, et tu fais gaffe aux miennes pendant les pauses. Et puis cette arène a l’air super cool, qu’on se le dise. La dernière fois que j’ai parié c’était dans une fosse de combats de chiens sur la côte Atlantique, mais là c’est autre chose. Un stade entier plein de tarés prêts à tout pour choper le ballon… C’est dingue. »

Au milieu de tous mes mensonges, il y a cette vérité : cet endroit me fascine. J’ai hâte d’être dans les gradins sans compter que je dois compter les types qui fréquentent ce stade.
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Isabelle Jager
MessageSujet: Re: Compter sur ses doigts.   Lun 19 Aoû 2013 - 11:21

-Je n’avais pas l’intention de vraiment dormir en fait. Je vais surement parier sur des combats ce soir, passer toute la nuit dans les gradins, et je dormirai un peu pendant les entractes. Si tu veux t’as qu’à venir avec moi. Je fais gaffe à tes affaires pendant que tu pionces pendant les matches, et tu fais gaffe aux miennes pendant les pauses. Et puis cette arène a l’air super cool, qu’on se le dise. La dernière fois que j’ai parié c’était dans une fosse de combats de chiens sur la côte Atlantique, mais là c’est autre chose. Un stade entier plein de tarés prêts à tout pour choper le ballon… C’est dingue.

Il me tutoie alors, comme il veut, mais moi je garde mes distances avec ce type. Il m'inspire pas confiance, trop relax.

-Pourquoi pas, mais honnêtement je suis pas une fan du trash-ball, je préfère le combat à mains nues. C'est plus, naturelle.

Je me sers un verre et l'avale d'une traite, troisième verre et toujours pas foutu de sourire. Bordel! La seule fois où j'ai vraiment besoin de me torcher a l'alcool, j'arrive pas à être bourré! Je regarde le fond de mon verre et m'en ressert un autre. Il faut que je réfléchisse, ils sont passés il y a trois jours les mercenaires, peut-être qu'il y en a un qui est ici, faut que je retrouve l'autre avorton.

-Au fait, si vous voyez un mercenaire, dites-le-moi, j'ai des choses à régler avec eux.

Je m'allume une clope et vois mon voisin de comptoir, je sors le paquet et le lui tend.

-Cigarette?

Autant faire connaissance, peut-être qu'il me servira pour ce qui est de retrouver Irène.
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Eric Aubert
MessageSujet: Re: Compter sur ses doigts.   Lun 19 Aoû 2013 - 12:10

Boulogne-Billancourt, Village d'Auteuil, Parc des Princes - autour de midi.

Si je vois un mercenaire ? Elle en a de bonnes celle-là. Des mercenaires il y en a partout. Avec ma dégaine je pourrais moi-même être un mercenaire…

« Quel genre de mercenaire ? J’ai vu plus précis comme description. C’est pour ta sœur ? Et non merci pour la clope, je supporte pas ça. »

J’espère qu’elle va comprendre que je ne supporte pas qu’on fume à côté de moi. Je toussote, parce que ça me pique les yeux et la gorge cette saloperie, je voudrais bien qu’elle arrête de me souffler dessus en me parlant aussi.

J’ai fini mon steak et j’ai toujours faim. Je demande un verre d’eau au robot qui me le file en échange d’une pièce, puis je sors une poignée de poudre lyophilisée que je verse sommairement dans mon verre. La pâte marron clair qui ressort du mélange a un goût légèrement salé, comme dans mes souvenirs. Ça se laisse manger sans être réellement goûteux.

La fille continue d’enchainer les verres de vodka, décidément, entre la clope et la gnaule, elle a des goûts de merde.
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Isabelle Jager
MessageSujet: Re: Compter sur ses doigts.   Lun 19 Aoû 2013 - 13:34

-Quel genre de mercenaire ? J’ai vu plus précis comme description. C’est pour ta sœur ? Et non merci pour la clope, je supporte pas ça.

Oh, il supporte pas la clope, je suppose que je peux faire un effort de civisme pour une fois, j'écrase ma cigarette sur un cendrier. Je me prends mon cinquième verre, ou alors c'est mon sixième, j'ai perdu le compte mais la bouteille est vide. Je donne les dernières gouttes de mon verre au piaf, au moins lui ne parle pas et se contente de ce que je lui donne comparer à d'autres. Comme le tordu par exemple, qui s'amuse à me faire courir dans tout Paris.

-Du genre cagoulé, en armure et armés jusqu'aux dents, ils ont kidnappé Irène et c'est le dernier endroit où on l'a aperçu pour la dernière fois. L'autre avorton que j'ai cogné, il l'a vendue à des mercenaires qui travaillent pour je ne sais qui. Alors je reste pour la journée en espérant en chopper un, vu que l'avorton m'a sorti qu'il y en avait un des trois types qui aimait le trash-ball.

J'ai vraiment sorti ça? Je crois que la gnaule commence à faire effet, enfin. Je commençais à me demander si elle agirait un jour cette picole. Et une clope, mon dieu j'ai envie d'une clope! Evidemment l'autre va refuser que je fume à coté de lui, reste plus qu'à aller dehors pour pouvoir m'en faire une petite.

-Je vais fumer.

Je balance ça sur un ton indifférent au possible même si j'ai besoin d'une cigarette pour me calmer, rester à attendre pour peut-être rien, ça m'exaspère mais j'ai pas le choix si je veux pouvoir avoir un semblant de piste. Si ça se trouve Irène est a l'autre bout de Paris, enfin sortit. Je m'allume une clope en espérant me calmer, juste cinq seconde ne pas avoir l'esprit occupé par ça, le vide et rien d'autre dans ma tête, c'est trop demander? Je balance un coup de pied dans le mur du bar. Puis je fais les cent pas.
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Eric Aubert
MessageSujet: Re: Compter sur ses doigts.   Jeu 22 Aoû 2013 - 17:27

Boulogne-Billancourt, Village d'Auteuil, Parc des Princes - autour de midi.

L'autre est partie fumer dehors. Tant qu'elle s'écartait ça m'allait, mais cet endroit n'est pas très bien ventilé alors c'est pas plus mal. Je ne comprend pas pourquoi des gens s'obstinent à fumer cette affreuse plante irradiée.

Je sens que l'après midi va être long. J'avise un fauteuil cuir dans un coin du bar, vers le fond, et je me pose dedans. La mousse est encore moelleuse après toutes ces années. De là, j'ai une vision panoramique sur toute la salle. Je sens mes paupières qui se ferment, la musique du jukebox me berce, quand la fille revient, je suis déjà endormi, mon sac bien caché entre et le fauteuil et la bandoulière de mon fusil autour de mon torse.

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Isabelle Jager
MessageSujet: Re: Compter sur ses doigts.   Jeu 22 Aoû 2013 - 21:15

Voilà que quand je reviens mon ami le type de tout à l'heure roupille comme un rad-cochon après un bon repas. J'en reviens pas, si je la seule personne au monde qui ne ressent le besoin de dormir que la nuit? Je décide de jouer avec mon couteau en attendant que je trouve une bonne chose à faire : tuer l'avorton après lui avoir faits cracher le morceau semble une bonne idée, un peu brouillon mais une bonne idée. Je quitte ma chaise et sors rôder dans le stade à la recherche de la larve anémique qui sert de bookmaker.

-On reparle un peux de ma soeur?
-Oui, oui, oui. Je sens son ton hésitant.
-D'accord, on va jouer à un jeu : plus tu me diras d'info moins tu perdras de sang.

Un coup de matraque dans la mâchoire pour se mettre dans l'ambiance.

-Je sais pas qui a enlevé ta soeur je le jure. Mais je connais quelqu'un qui te permettra de remonter jusqu'à ce type. Y s'appelle Jérémie, c'est un des mercenaires qui ont pris ta soeur, il paris souvent, y doit venir aujourd'hui. Je dis la vérité, je te jure. C'est un grand blond aux yeux bleus qui portent un pare balle en permanence, il a un n99 à la ceinture.

-J'espère que t'as oublié aucun détail. Sinon je te jure que la prochaine fois ce sera la dernière fois qu'on se verra.

L'avorton gémit un truc, je le laisse se tirer. Ca ne m'apporterait que des ennuis de le tuer, je le vendrais à l'arc une prochaine fois. Il ne me reste plus qu'une chose à faire : attendre dans les gradins que le match commence.
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Eric Aubert
MessageSujet: Re: Compter sur ses doigts.   Jeu 22 Aoû 2013 - 21:42

Boulogne-Billancourt, Village d'Auteuil, Parc des Princes – fin d’après midi.

Je me réveille au son des verres qui s’entrechoquent, du brouhaha naissant dans le bar, des chaises qui raclent le sol, des rires tonitruants des supporteurs. Evidemment la fille est partie. Je peux faire une croix sur le gardiennage mutuel de nos affaires pour le match de cette nuit. Je quitte mon fauteuil, les gens regardent mon flingue, impressionnés. A part les gardes qui se tiennent aux portes du village, l’essentiel des types est ici pour rire, boire, et se mettre joyeusement sur la gueule après le match. Les flingues c’est pas leur truc.

La rue est bondée, les dormeurs se sont réveillés, et le soleil est assez bas et l’ombre des immenses parois du stade plonge Auteuil dans le crépuscule. Il y a 3 fois plus de gardes que tout à l’heure également. Je me fais bousculer à plusieurs reprises, j’ai peur pour mes affaires, les pickpockets doivent être légion ici.

Je me hâte vers la tribune, je finis par trouver un guichet. Ce soir, c’est un match amical entre deux équipes dont les noms m’échappent, je me fous pas mal de tout ça. Je demande à la préposée combien je dois parier au minimum, et qui risque plus de gagner. Elle me répond évasivement. Connasse. Je décide que dix anneaux feront l’affaire. La place coute 3 anneaux. 13 anneaux. Je double ma mise si mon équipe gagne. Les bleus donc. Banco.

Je passe le tourniquet, on m’arrête.

- Votre arme monsieur.

Ce gorille ne me laissera pas passer. Il me dit d’aller au vestiaire, poser mon fusil dans un casier, prendre une clé et qu’après je pourrai passer. Soit. Ça ne me plait pas, mais… je n’ai pas le choix. Et mon casier est le numéro 13. Signe du destin ? Je passe le tourniquet et je me retrouve dans le stade.

C’est grand.

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Isabelle Jager
MessageSujet: Re: Compter sur ses doigts.   Ven 23 Aoû 2013 - 8:43

Ou est-il? Ce type doit venir aujourd'hui pour assister au match alors ou est-il ce mercenaire de malheur. Soit l'avorton lui a dit que je le recherchais soit il a eu un empêchement et dans ce cas je devrais le chercher partout dans Paris. Le pire que je me sens nue sans mon flingue! Juste ma matraque télescopique qui a réussi à passer entre les mailles du filet. J'espère sincèrement que je vais le chopper aujourd'hui, sinon j'aurais perdu du fric et du temps pour rien. Et le pire est que je sais juste qu'ils ont pris ma soeur pour une histoire de dette, si je tombe bredouille par ici je file à Lutèce. Vivement que le match commence, je commence à m'ennuyer et je n'ai pas envie de prendre racine ici même.
Je m'installe sur un siège ou ce qui en reste et soupire, j'ai mon corbeau à coté de moi, il va faire quoi encore? Allez manger les autres spectateurs? Ce serait bien possible vu son appétit carnassier. Je regarde autour de moi en quête d'un visage connu ou amical, puis je vois le type de tout à l'heure : celui qui voulait voir un match. Je siffle pour attirer son attention et lui fait un signe de main. J'espère qu'il va venir. Un croassement éloquent me fais comprendre que mon corbeau a envie de se dégourdir les ailes. Je le regarde s'envoler et faire des cercles autour de l'arène, où du terrain je ne sais pas vraiment comment qualifier ça.
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Eric Aubert
MessageSujet: Re: Compter sur ses doigts.   Ven 23 Aoû 2013 - 16:48

Boulogne-Billancourt, gradins du Parc des Princes – début de soirée.

L’autre énergumène de tout à l’heure est là aussi. C’est bien, enfin je pense que c’est bien, j’espère qu’elle ne va pas chercher les emmerdes pendant que je ne fais pas attention. Je viens de réaliser que j’ai oublié son nom, à cette fille. Tout compte fait c’est pas sûr qu’elle me l’ait dit. Je gravis les gradins vides pour aller à sa rencontre, une vingtaine de rangées au-dessus de moi. En prenant de la hauteur je vois mieux le terrain. Je sens une certaine tension monter en moi à l’idée d’assister au match, c’est réputé être très violent.

Le stade est silencieux, une petite brise fait voler ses cheveux rouges, un ciel de braise au-dessus de nous. Les gradins sont encore chauds après cette journée caniculaire. Je ferme les yeux un instant, et je savoure l’instant. Je suis bien.

« Salut… content de te revoir. Moi c’est Eric. »


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Isabelle Jager
MessageSujet: Re: Compter sur ses doigts.   Sam 24 Aoû 2013 - 8:04

Le type escalade les gradins dans un silence religieux, il s'assoit à côté de moi. Il se pose confortablement, il a l'air de savourer l'instant. Il y a une petite brise, c'est plutôt agréable quand on connaît le temps qu'il fait dans les terres dévastées. Puis il me sort :

-Salut… content de te revoir. Moi c’est Eric.

Il se présente alors, pas de raison de ne pas faire de même : j'ai rien à cacher.

-Isabelle Jager.

Je prends mes jumelles et sondent la foule en face de moi, pas de Jérémie. Je regarde autour de nous pour vérifier qu'il est n'est pas là sous mon nez. Toujours rien.

-Tu veux les jumelles pour voir le match plus en détail. Je lui demande en les lui tendants.

Au moins j'aurais essayé d'être sympa. Je regarde où mon corbeau, toujours entrain de faire des cercles, je regarde la photo d'Irène que j'ai, a chaque fois j'ai l'impression de regarder mon incompétence dans les yeux. Je range le bout de papier dans ma poche en regardant le ciel, je commence à me dire que je devrais filer à l'arc pour voir si elle n'est pas là-bas.

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Eric Aubert
MessageSujet: Re: Compter sur ses doigts.   Sam 24 Aoû 2013 - 14:00

Boulogne-Billancourt, gradins du Parc des Princes – début de soirée.

De toute façon j’allais les lui demander, ses jumelles. Je les prends avec un sourire et je colle mes yeux dans les œilletons. Le grossissement n’est pas mauvais, je vois distinctement les visages des types d’en face. Il est environ 18h30, et il doit y avoir une centaine de supporters dans les gradins à tout casser pour l’instant. Sur la terre battue, quelques employés s’activent pour remettre des barrières en place, et une vingtaine de gardes armés patrouillent un peu partout, fusil en main.

J’ai pas demandé à la caisse, mais à mon avis il y en a bien pour deux heures avant que le match ne commence. Je me demande combien de personnes il y aura au total. C’est incroyablement vide. J’essaye de m’imaginer les tribunes intégralement remplies de types d’avant-guerre, mais c’est pas facile à visualiser. Tiens je vais lui demander ce qu’elle en pense.

- J’ai entendu parler du sport d’avant-guerre qu’ils jouaient dans cette arène. Du foutebaule, je crois. Je crois qu’il y avait un ballon aussi, mais beaucoup plus de règles, et de l’herbe sur tout le terrain. Au fait tu sais à quelle heure commence le match ?

Je la regarde. Pour la première fois depuis le début, je la regarde vraiment. Il se dégage un paquet d’énergie négative de son visage. Quelque chose me séduit en elle, malgré son côté brute de décoffrage.


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Isabelle Jager
MessageSujet: Re: Compter sur ses doigts.   Sam 24 Aoû 2013 - 17:13

-J’ai entendu parler du sport d’avant-guerre qu’ils jouaient dans cette arène. Du foutebaule, je crois. Je crois qu’il y avait un ballon aussi, mais beaucoup plus de règles, et de l’herbe sur tout le terrain. Au fait tu sais à quelle heure commence le match?

Foutebaule hein? Je n'ose pas lui dire mais je me fous totalement de ce genre de sport, même si je sais que le sport a été conçu pour "décharger" la haine des joueurs. Je pense que je devrais m'inscrire si c'est vraiment le cas, je ferais une excellente joueuse. Ensuite à quelle heure est le match hein, attend que je calcule : donc il fera nuit dans trois, quatre heures je dirais et le match dure pas mal de temps quand même donc, trente minutes je dirais.

-Une demi-heure, le temps que tout soit en place et que la dope fasse effet et que les joueurs puissent rentrer chez eux avant la nuit.

Je m'en suis pas rendu compte tout de suite mais il m'a regardé d'une façon différente de tout à l'heure dans le bar. Il a capté que j'étais négrière ou quelque chose du genre ou alors il s'aperçoit juste que je suis une personne tout à fait anormal comme les trois quarts des gens de la ville? Je sais pas comment c'était à Saint-Nazare mais ça devrait être calme pour que ce type me regarde comme ça.

-L'accord que tu m'avais proposé tout à l'heure pour nos affaires tient toujours?

Autant lui faire remettre les pieds sur terre s'il s'imagine un truc, et puis je serais rassurer de savoir que mes affaires seront sous la surveillance de quelqu'un. Je prend une gorgée d'eau de ma gourde en continuant de balayer du regard la foule. Toujours personne en vue.
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Eric Aubert
MessageSujet: Re: Compter sur ses doigts.   Dim 25 Aoû 2013 - 11:50

Boulogne-Billancourt, gradins du Parc des Princes – début de soirée.

- Ouais, bien sûr que ça tient toujours, si tu veux pioncer je veille sur tes trucs. - Et sur toi, vais-je rajouter, mais elle pourrait mal l'interpréter. - Moi j’ai passé l’après-midi à dormir au bar, je me sens d’attaque pour la nuit.

Pas la peine d’énerver cette femme, je ne vais pas lui dire qu’elle se met le doigt dans l’œil pour l’heure du début du match, elle va bien s’en rendre compte toute seule. De ce que j’en ai entendu dans les rapports des éclaireurs civils, un match de trashball dure tant que les joueurs sont capables de tenir debout. Parfois jusqu’à l’aube. Et les énormes projecteurs ne sont pas là pour rien. Cet endroit vit la nuit. Le match ne commencera pas avant le coucher du soleil, dans la pénombre. De plus les quelques types éparpillés sur les gradins ne sont rien comparés à ceux que j’attends. Evidemment je suis là pour compter, je ne peux pas vraiment savoir combien de types seront là ce soir, mais ça ne sera pas un petit comité j’en suis certain, il suffit de voir la foule dans Auteuil. Payer tout ce personnel, ça demande pas mal de recettes, et donc pas mal de supporters.

Je colle mes yeux dans les jumelles à nouveau. Tout à droite du stade, dans la tribune d’honneur, je vois des gens différents du reste de la plèbe qui commence à grouiller en contrebas dans les gradins. Il y a des gardes, mais aussi des gens rutilants, ça doit être la caste dirigeante du coin. Faudrait que je me rapproche d’eux pour mieux voir, les jumelles zooment bien mais pas assez pour distinguer les visages. Je regarde ma nouvelle amie et je tend un doigt vers la droite.

- On bouge vers là-bas ? On aura une meilleure vue sur le but de l’équipe rouge.
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Isabelle Jager
MessageSujet: Re: Compter sur ses doigts.   Mar 27 Aoû 2013 - 8:22

-Ouais, bien sûr que ça tient toujours, si tu veux pioncer je veille sur tes trucs. Moi j’ai passé l’après-midi à dormir au bar, je me sens d’attaque pour la nuit.

Je lui souris, c'était une bonne idée de lui causer, mais gardons nos distances tant que je le connais pas encore assez. Y a pas beaucoup de types dans le stade, peut-être que je me suis trompée et que le match aura lieu plus tard. Espérons qu'on n'ait pas à poireauter trois heures pour avoir le droit au match, je me demande si on aura le droit a un joueur qui se fera descendre par les arbitres. Mon voisin fait usage intensif de mes jumelles, je crois que si je dois lui offrir un cadeau serait une longue vue, des jumelles, un télémètre ou une connerie de ce genre.

-On bouge vers là-bas ? On aura une meilleure vue sur le but de l’équipe rouge.
-D'accord.

Je ne laisse filtrer aucune émotion, j'ai autre chose à foutre que de jouer les curieuses en lui demandant pourquoi il veut se déplacer. Si ça se trouve il aime le rouge et veut juste voir sa couleur préférée gagner ou une bêtise de ce type. On se déplace, j'ai même pas besoin de regarder une fois qu'on s'est installé a nos nouvelles places que je suis quasi sûr qu'il va déjà utiliser mes jumelles.

-Je t'en offre une paire pour ton anniversaire si tu veux.

Un peux trop sec à mon goût mais au moins j'ai réussi à sortir ça sur le ton de la plaisanterie ce qui est déjà un progrès.

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Eric Aubert
MessageSujet: Re: Compter sur ses doigts.   Mar 27 Aoû 2013 - 11:34

Boulogne-Billancourt, gradins du Parc des Princes – soirée.

- Pas de chance, c’était le mois dernier.

Ça me fait plaisir qu’elle se déride un peu, je me sens plus à l’aise comme ça. Je zieute la tribune présidentielle, qui est presque vide. Un garde avec un fusil à lunette surveille le stade, pour l’instant il ne regarde pas dans ma direction, un autre avec un pompe est posté à côté de ce qui semble être un trône. Ou un gros fauteuil, surement celui de la très célèbre reine. Je suis excité à l’idée de la voir mais la lunette du sniper tangue dangereusement vers les gradins où nous sommes installés, et je quitte mon poste de voyeur pour redevenir un simple spectateur.

- Merci, c’est vraiment des super jumelles que t’as là.

Je lui rends son appareil. Les supporters commencent à affluer. Toujours trop mobiles pour être comptés malheureusement, et la pénombre s'installe de plus en plus. Des braseros sont allumés dans les tribunes, les lueurs des briquets scintillent un peu partout dans le stade. Une demi-heure passe, le silence s’installe entre nous. Ça m’embête, pas que je veuille la séduire, mais je me sens mal à l’aise dans cette situation. Visiblement elle ne va pas briser ce foutu silence, alors je prends l’initiative.

- Aucun signe de tes mercenaires ? Il commence à faire noir, ça va pas être facile d'y voir quelque chose.

Au moment où je finis ma phrase, les immenses projecteurs du toit s'allument et irradient le stade de lumière au tungstène. C'est impressionnant.


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