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 Les petites bêtes ne mangent pas les grosses.

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Lazare
MessageSujet: Les petites bêtes ne mangent pas les grosses.    Sam 8 Fév 2014 - 1:02

Il existait deux choses qui avaient de l'intérêt, dans la vie de Lazare. La première, et ce n'était un secret pour personne, c'était manger. Après tout, c'était peut-être le seul plaisir simple avec le sommeil qui subsistait dans toute cette histoire. La seconde chose, plus matérielle, c'était les chaussures. Pourquoi ? Difficile à dire. Peut-être des souvenirs enfantin qui consistait à avoir la plus grosse marque possible, peut-être était-ce simplement une chose qui le rattachait à la civilisation. Peut-être avait t-il tout simplement été podologue ou gérant en marketing de baskets dans une vie antérieure... Quoiqu'il en soit, c'était là un motif suffisant pour forcer Lazare à se déplacer.
En réalité, il souffrait également, ou plutôt profitait, d'une étrange mutation qui l'avait quelque peu allongé. De taille relativement humaine autrefois, Lazare avait presque été étiré et il avait gagné deux dizaines de centimètres en quelques nuits. Ainsi, le Mutant remplissait désormais pleinement sa tenue citadine et elle lui allait pour ainsi dire comme un gant. En revanche, il avait sérieusement besoin de nouvelles pompes étant donnés que les précédentes lui broyaient désormais les pieds. Il s'était donc rendu aux cotés de Caron et du fraîchement trouvé Romain histoire d'aller remplir les stocks et changer quelques affaires. Si chacun avait sans doute ses propres affaires à acheter, Lazare, lui, avait filé en tête vers les stocks de fringues de la ville.

Pour le coup, il passa une bonne dizaine de minutes dans les parages. Ne faisant que peu cas des éventuels regards qu'on pouvait lui jeter. Après tout, le mutant restait armé. Il avait de quoi se défendre en cas d'un quelconque agresseur. Tirer dans les lieux publics n'était pas non plus une excellente idée car cela risquait de déclencher une panique et d'augmenter encore un peu la possibilité des taux de fusillades. Bien qu'il n'était pas non plus en sécurité parfaite, il le savait à cause des événements, Lazare prit son temps pour se décider. Après s'être délester de quatre vingt dix francs, il put enfin se permettre de toucher ce pourquoi il était venu. Soit une bonne paire de baskets souples blanches et rouges qui, si elles avaient connus de meilleurs jours, étaient encore en un état plus que satisfaisant et allait tenir encore un bon nombre de courses. Tant mieux. Et puis, elles étaient plus grandes que ses anciennes. Pour le coup, il ne ressentit plus de douleurs à se déplacer.

" Pas mal. Pas mal du tout." nota t-il pour lui même.

Lazare alla rejoindre en conséquence de quoi ses camarades, bousculant quelques passants sur son empressement, et cherchant visiblement à les trouver le plus vite possible. Il songea un instant au fait qu'il allait devoir faire un peu attention à ses dépenses à partir de maintenant. Alors oui, il lui restait toujours la possibilité de revendre ses conserves de viande. Mais Lazare devait se montrer prudent à ne pas en céder tout le temps. Les marchands allaient finir par se rendre compte que la viande contenue dans les boîtes était le fruit d'une chasse à un gibier auquel on ne pensait pas spécialement. Ce qui était idiot car il était l'un des plus communs ici. Même si il était parfois compliqué à attraper.

Enfin bon, certaines personnes étaient plus utiles en conserve plutôt que dehors.

Pas question de vendre quoique ce soit aujourd'hui. D'autant plus que les rumeurs qui grondaient rendaient tout le monde à cran. Tous préféraient finalement jouer la carte de la sécurité. En bien ou en mal. Le tout était juste d'éviter d'attiser les remarques en évitant de parler de tout ceci, bien qu'évidemment, on ne pouvait qu'y penser. Les tensions montaient. Pour un peu, Lazare aurait craint qu'un regard de travers envers l'autre revendeur de fringues aurait suffit à le faire exécuter sur place. Enfin bon... De ce qu'il en disait.

Il finit par rejoindre les deux. Il valait mieux se déplacer en groupe.

" J'ai jamais vus la ville aussi frustrée qu'en ce moment même. Mieux vaut qu'on se sépare pas. Les rues ne sont pas sures."

Son ventre gargouilla et il se demanda si il aurait le vice de s'arrêter à la cantine locale pour s'enfiler un ragout de rat... Mais il s'en dissuada rapidement en supposant que ce n'était pas le moment. Trop d'agitation, ici.

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