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 Fais-le.

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Saint Vincent de Räzell
MessageSujet: Fais-le.   Mar 4 Fév 2014 - 22:56





FAIS LE




Le Saint avait répondu à Axel que passer par Métrop' était un plan difficilement envisageable. Disons-le plus simplement, le "on verra" qu'il avait prononcé sonnait comme un "va te faire foutre et suis".
Ils étaient sortis tous les deux du Bar des Immondices pour se rendre au point de rendez-vous. Le Saint n'était jamais à l'heure à ses rendez-vous, et le petit devait déjà l'attendre depuis un moment. C'était un jeune dont le visage ovale était un peu mangé par l'acné, et dont le nez tordu semblait déjà avoir été cassé une ou deux fois. Dans son regard se lisait une certaine impatience, probablement irrité d'avoir eut à attendre à côté de sa bicyclette dans ce coin un peu craignos bondé de goules, où ceux qui étaient vu comme des étrangers et pointés du doigt comme des bêtes de foires étaient les peaux-lisses. Surement que ce jeune coq n'aimait pas être là.
Mais de son attitude, de son physique très commun, émanait pourtant quelques chose de sombre. Un aura démoniaque l'entourait. Ce garçon, et cela se sentait par instinct, était de ceux qui ne font pas la différence entre le bien et le mal. A moins qu'il ne sache, mais ne choisisse délibérément de ne faire que le mal. Malgré son jeune âge, son regard était froid et dur. Désabusé aussi. Le Saint esquissa un sourire en le voyant. Il était exactement l'homme de main qu'il lui fallait.

« Putain, ça fait deux heures que j'attends, se plaignit-il avec nonchalance.
- Doucement. Si ça fait deux heures, c'est que t'étais en avance.
- C'est qui, lui ? demanda t-il en désignant Axel d'un mouvement de tête.
- Un ami, il va s'promener avec nous.
- Je croyais qu't'allais m'entrainer pour t'aider.
- T'entrainer ? Attends, j'suis pas entraineur, moi. Tu m'accompagnes, c'est tout. Tu seras un peu comme mon disciple.
- Je sens que ça va être lourd, ton truc, mec.
- Eyh, si t'es pas content, tu dégages.
- Ça va, ça va. J'en suis. Bon, on décolle ?
- Ouais, on y va.
- C'est comment déjà son nom ?
- Axel.
- Super. Moi c'est Ed', mais tout le monde m'appelle Koke. »

Il tendit une main amicale pour serrer celle d'Axel dans une poignée moite. Le gamin puait la crasse et les excréments. Ses doigts étaient affreusement sales, et sous ses ongles trop longs s'accumulait de la saleté qu'il récurait avec ses dents. Un vrai produit pur souche des terres désolées. Sans famille, sans éducation, sans beauté, sans but dans la vie et sans pitié. Il ne possédait que la férocité des survivants. Il était peu loquace mais d'une intelligence instinctive, rusée, et il ne s’embarrassait jamais de tournures de phrases inutiles. Le Saint l'aimait déjà, ce Coq insolent.


* * *


Koke avançait en pédalant mollement sur sa bicyclette, obligé d'attendre les deux marcheurs qui l'accompagnaient.

« Quoi d'plus agréable que de se promener dans les rues de cette pute de ville ? On peut dire ce qu'on veut, c'est ici not' chez nous, pas vrai, Axel ? »

Le Saint semblait vraiment penser ce qu'il disait, mais peut-être était-il juste bon acteur. Il y avait de fortes bourrasques d'un vent glacial, et les nuages gris obscurcissaient le ciel et la terre. Les bâtiments étaient des ruines où poussaient quelques rares plantes vivaces malgré l'hiver rigoureux. Dans des carcasses de voitures près d'une station essence, des squelettes semblaient attendre qu'on leur fasse le plein pour décoller pour l'autoroute de l'enfer. Sinistre quotidien.


« On va où, déjà ?
- Rendre visite à un pote en manque. A l'heure qu'il est, il doit être au bord de la tentative de suicide.
- Pourquoi il en a pas acheter s'il en a pu ?
- Huum ... Tu verras ... Faut le voir pour comprendre. »

Ils ne rajoutèrent rien. De toute façon, le Saint ne voulait rien rajouter de plus, et il aurait été vain d'insister.
Alors que le capital-patience de Koke, après un kilomètre de plus sans avancer sur sa bicyclette, commençait à s’émousser pour de bon et qu'il allait râler, le Saint annonça enfin la bonne nouvelle.

« C'est là qu'il vit. »

C'était une ancienne boutique de superficie ridicule, coincée entre deux immeubles en ruines. Les étages au-dessus de la boutique n'avaient pas tenus non plus, et tout s'était effondré dans la cour intérieure et sur les bâtiments à côté. Les vitres de la petite boutique avaient toutes étaient condamnés à grands renforts de planches. Le lieu semblait abandonné, et condamné, en plus d'être minuscule. Il n'y avait même pas de fumée sortant de l'endroit. Par le froid qu'il faisait, c'était complètement invraisemblable. S'il y avait eu quelqu'un dans cette bicoque ridicule, sa première tâche aurait forcément du être de faire un feu.

Le Saint poussa la porte. A l'intérieur, un homme visiblement en manque, roulé en boule sur son matelas, et les yeux écarquillés, se balançait d'avant en arrière comme en pleine crise catatonique.

« Après vous, jeunes gens.
- Qui êtes vous ?! Qu'est-ce que vous m'voulez ?! »
s'exclama l'homme en réalisant enfin l'intrusion, après trente secondes. Il sauta sur un couteau et empoigna la lame à pleine main, menaçant les deux jeunes arrivants du manche de l'arme. Il était complètement fondu. Koke resta silencieux et regardait cette merde humaine avec tout le mépris qu'il méritait.

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Axel Courtain
MessageSujet: Re: Fais-le.   Ven 14 Fév 2014 - 11:03

Plus tard après s'être séparé d'Arnold...

Axel avait décidé de suivre Vincent. Ils avaient alors tous les deux quittés le bar des Immondices - Et Arnold par la même occasion - pour se rendre à "l'endroit" dont Vincent avait parlé quelques minutes plus tôt dans le bar. Axel ignorait toujours d'ailleurs qu'elle était la destination des deux hommes, qui finalement devinrent rapidement trois. Un autre gars s'était greffé au duo. Un gamin banal. Rien à ajouter.
D'après ses dires, plus ceux de Vincent quand ils étaient au bar, se serait un genre de "disciple" enfin quelqu'un qui serait formé par Vincent. Axel n'en avait que faire de toutes manières, ça lui était bien égal de savoir ce que faisait Vincent et à quoi allait il allait servir, alors Axel n'écouta quasiment pas les deux hommes, mais il retînt son nom enfin son surnom : Koke

Quelques instants plus tard...

Le Trio continua d'avancer durant plusieurs minutes. Axel ne connaissait toujours pas la destination choisie par Vincent mais se contenta de suivre. Ils étaient loin de Nécrotopia maintenant, et le paysage était redevenu celui des terres désolées : bâtiments éventrés, carcasse de voiture, débris. De plus le temps avait commençait à virer au gris, commençant à plonger les alentours dans un halo sombre.
Finalement grâce à Koke, Vincent venait d'indiquer la destination de cette petite virée à travers les terres désolées de la Capitale : Le trio devait se rendre chez une connaissance de Vincent pour une raison inconnu que le principal concerné n'a pas voulut évoquer; mais d'après ses dires, l'énergumène serait en manque, de psycho sans doute. Tous ça aurait été trop facile sinon.

Une fois arrivé...

« C'est là qu'il vit. »

L'endroit semblait abandonné. En tous cas à première vu on ne pouvait pas affirmer que quelqu'un vivait ici. Mais si Vincent disait que c'était ici alors ça l'était, ce qui restait tout de même difficilement concevable. Enfin si c'était un drogué qui y vivait, ce genre de détails ne devait certainement pas être un si gros problème pour le propriétaire. Il laissa passer Koke et Axel en premier. L'intérieur était complètement vidé à part quelques babioles et plusieurs seringues qui jonchaient le sol. Une fois que l'homme remarqua le trio, il leva d'un bon armé d'un couteau. Axel recula d'un pas avant de mettre en joue l'homme avec son arme, ami ou pas de Vincent; il pointait tout de même une arme sur eux. Un mouvement, il se prenait une rafale en pleine tête :

- Vincent, c'est pas le moment de dire un truc ?
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Saint Vincent de Räzell
MessageSujet: Re: Fais-le.   Mer 12 Mar 2014 - 19:23

Axel semblait un petit peu sous pression, sous la menace du couteau du clochard. A l'instar du jeune apôtre du Saint. Le Saint désamorça la situation en une phrase, en ouvrant doucement ses bras, comme un gentil bienfaiteur venu sauver le pauvre bougre.

« Et bha alors, mon vieux Quouaille-Gond ? On reconnait plus son vieil ami ? C'est moi. Le Saint. Allons, Jean, je suis sur que tu attendais ma venue avec impatience. »

Le vieil homme observa le Saint un moment, qui affichait son sourire doux et bienfaisant, et ses yeux s'écarquillèrent finalement, comme s'il comprenait enfin. Ou peut-être son cerveau liquéfié par les drogues retrouvait-il simplement l'information dans sa mémoire défaillante. En lâchant son couteau, il se lamenta, et se tordit sur le sol, comme un ver.

« Hoooo ! Si ! Si ! Je te reconnais ! C'est toi qui vend ma dope ! C'est toi ! Hooo, s'il te plait, dis mo que tu en as pour moi, par pitié, dis moi que tu en as ! »

Ses geignements misérables inspirait en effet la pitié, mais une pitié emprunte de dégout, pour le Saint, qui ne quitta pourtant pas son sourire miséricordieux.

« Allons, allons. Bien sur que j'en ai. J'en ai toujours. Mais la dernière fois, je t'ai fait crédit, tu te souviens ?

- Ho par pitié, je suis désolé ! Je suis affreusement désolé ! Je ferais ce que vous voudrez ! "

Il commençait à pleurer pour de bon.

« Tu as de quoi payer cette fois ?
- Non ... Noooon ... Mais je peux faire n'importe quoi en échange !
- Très bien. Tranche toi la main, et je te donnerai cette dose, lui répondit le Saint en sortant une seringue de Psycho.
- Je suis capable de tout pour ça ! »

Koke commençait à voir où il voulait en venir. Le Saint s'amusait à montrer la puissance que pouvait avoir un dealer sur ses clients, quand ceux-ci, seuls dans leur vie misérable, rendus accrocs et pauvres par la drogue, étaient prêts à tout pour une seule dose après une longue période de manque. Une parfaite armée de fanatiques dévoués.
Mais tout ça pouvait dégénérer d'un instant à l'autre. C'était dans ce genre de situation désespérée que les toxicomanes attaquaient leurs dealers pour les délester de leur drogue, quitte à les abattre de sang-froid. Mais en venant avec deux complices armés, et méfiants, le Saint avait mis les atouts dans sa poche.

Le toxicomane, larmoyant, serrant les dents, reniflant et expirant longuement, comme pour réunir son courage, avait repris son couteau, et le tenait au dessus de son autre main.

« Je vais le faire ... Je vais le faire ...
- Fais-le. »

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Axel Courtain
MessageSujet: Re: Fais-le.   Dim 6 Avr 2014 - 12:20

***

Quoi ? Il était vraiment sérieux ? Il allait laisser ce mec ce couper une main juste pour une seule dose de dope ? Vraiment ? Qu'est-ce que Vincent essayait de prouver ? Qu'il pouvait contrôler ces camés par la seule volonté du manque ? Bien-sûr c'est tout de même astucieux faut bien l'avouer, mais tout de même ...

- " Vincent tu es sérieux ? Tu vas laisser ce mec ce couper une main ? " 

Le Saint ne broncha pas et ne releva même pas la phrase du récupérateur. Bien sûr qu'il allait le faire.
Le camé était plus que prêt.
Il récupéra son vieux couteau complètement émoussé, qu'est ce qu'il espérait couper avec ça ? Axel devait t-il laisser faire ? 
Cette histoire n'était en aucun cas la sienne ? Valait-il mieux laisser faire Vincent ou intervenir ? Qui sait ? 

Voix de la raison.:
 

Il venait de se souvenir de la discussion avec Arnold. Mais oui, il avaient raison, ils avaient raison. Axel avait tord, il venait de comprendre. C'était clair, totalement. Il ne voyait pas les choses comme il le fallait, il ne les voyait pas sous le bonne angle, le bonne angle, il était dans l'erreur la plus totale. Mais maintenant il savait, ça venait de tilter dans sa tête, une étincelle qui aura mit longtemps à apparaître. Il venait de comprendre pourquoi il était dans l'erreur, pourquoi son comportement n'était pas le bon, il venait de comprendre pourquoi Vincent avait raison, il venait de comprendre que contrairement à Vincent il avait tout faux, parce que si Axel ne changeait pas vite, il n'y survivra pas. 
- " Mais oui, c'est clair ... "
Le récupérateur ne pût s'empêcher de sourire après son moment de réflexion.
" Fais-le "


***

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Saint Vincent de Räzell
MessageSujet: Re: Fais-le.   Jeu 24 Avr 2014 - 19:53

Le Saint ne connaissait Courtain que depuis une heure, peut-être deux. Il n'aurait su dire, il n'avait pas la chance d'avoir une montre gousset fonctionnel ni quoi que ce soit pouvant avoir une fonction identique, de près ou de loin. Aussi ne fut-il pas tellement surpris de la prise de position de Courtain, qui, si elle trahissait pour quiconque le connaissait suffisamment bien et longtemps un formidable revirement de personnalité, n'était en soi pas si choquante.

Le Saint adressa un sourire complice au récupérateur. Dans les Terres Désolées, pour survivre, la plupart des gens avaient déjà du côtoyer la mort de très près, et pour ceux qui ne l'avaient pas dispensés eux-mêmes, ils en avaient déjà été complice au moins une fois.

Pour le Saint, qui avait des principes moraux, en dépit des apparences, la plupart des crimes qu'il avait commis - des crimes de sang, bien entendu, car la vie du Saint était pavée de crimes divers depuis le tout début ou presque - avaient été perpétrés sous l'empire des drogues. Mais jamais, et il en était fier, il n'avait fait de mal à des enfants. Il n'avait jamais su se l'expliquer. Mais même les plus pourris, les plus corrompus des hommes, mêmes les mafieux les plus intraitables, les plus violents, ont un code. Pas le genre de chose qu'on clame dans les rues. Mais néanmoins, chacun vit avec soit-même. Et, fort de bientôt trente ans d'existence, Vincent avait su trouver un semblant de conscience morale, qui lui dictait ce qui était acceptable, et ce qui ne l'était pas.

« Je vais le faire ! » gémit l'homme. Sa barbe de clochard ruisselait de bave et de larmes, et son visage était défait par la douleur psychologique du dilemme de la mutilation physique ou de l'acceptation d'un manque. Il posa le couteau sur sa main, secoué par les pleurs. Il devait vraiment se sentir misérable. Saint-Vincent se dit pour lui même que c'était sans aucun doute le spectacle le plus triste qu'il ait jamais vu.

Ho, bien sur, il avait vu des horreurs dans sa courte vie. Des viols collectifs. Des meurtres. De la torture même. Il l'avait même pratiqué, et il avait été soulagé à l'époque, que la personne ait parlé rapidement, épargnant au Saint d'endosser trop longtemps son costume de bourreau. Et puis il avait vécu le summum, à la fête de Louis-Marie.

Mais ça n'était pas la même ambiance. Il y avait quelque chose de solennel dans ce qui se passait dans ce taudis. Trois hommes se tenaient en face d'un quatrième, et le poussait à se mutiler en échange d'une simple dose. Contre de la drogue. Les camés, à chaque nouvelle injection, accentuaient davantage leur descente aux enfers. Ils courraient à en perdre haleine vers une tombe misérable. Les drogués étaient pour la plupart des personnes sensibles, sujets à la dépression, ou la destruction systématique du système, et de la vie, même. Sans leur fix, ils n'étaient rien. Le Saint le savait. Il le savait trop bien, même. Il était un drogué après tout. Il se reconnaissait dans ce misérable clochard. Ou du moins, il pouvait faire une analogie avec lui. Et il comprenait la détresse de celui qu'il torturait. Il éprouvait de l'empathie.

« Je vais le faire ... »


Il fallait comprendre que c'était une façon de faire passer un message à ses deux acolytes. Tout le monde dans les Terres Désolées avait une philosophie qui lui appartenait, qui lui permettait de tenir, et de réussir. Certains soutenaient qu'on pouvait tout acheter avec de l'argent. D'autres que le plus important, c'était les relations, les connaissances. Certains citaient des dictons qui leur correspondaient en les érigeant au rang de commandement divin, au rang de superstitions. "La Fortune sourit aux audacieux". Et autres fables. Mais le Saint avait sa propre idée de ce qui permettait à un homme de tenir et de réussir.

La puissance absolue de la drogue.

La puissance absolue de la dépendance.

La puissance absolue des visions et des intuitions.

La puissance absolue de la part obscure qui est en chacun.

Et c'est alors qu'il eut à faire face à la part obscure du clochard. Celui-ci bondit comme un diable, et parcourut les deux mètres qui le séparait de Koke d'un seul mouvement. Le long couteau s'enfonça dans le ventre du jeune gamin. Le Saint écarquilla les yeux et cria un avertissement, mais tout s'était passé trop vite. Koke tomba à terre, en serrant instinctivement les mains sur son ventre, comme pour empêcher les entrailles de tomber, ou comme si la douleur pouvait être atténuée par ce geste. Son visage était celui du gamin qui comprend qu'il a fait une grosse connerie en venant ici sans l'autorisation de sa mère. Une expression de panique mêlée de douleur et de résignation, tout en essayant de rester le plus digne possible, à grande peine. Il lâcha un juron qui traduisait exactement ce qu'il pensait.

« Ho merde ! »


Le camé tourna sa détresse et son désespoir vers Axel Courtain en même temps que son couteau. Il avait l'air déterminé. C'était le tout pour le tout. Sa vie en jeu dans la balance. Pour une simple dose. Le chaos, la violence absolue. Pour une simple dose.

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Axel Courtain
MessageSujet: Re: Fais-le.   Ven 25 Avr 2014 - 18:52

***

Ce qui devait arriver, arriva. C'était quasiment sur que cette situation se transformerait en bordel intégral. C'est mathématique, MATHEMATIQUE ! Camé en manque + un couteau + trois connards armés dont un avec de la dope est égal à une grosse merde en prévision. Et forcément, ça a pas loupé, le rapport de force s'était alors inversé en une fraction de seconde. Comment ils avaient pu en arriver là, pour se faire baiser, c'était se faire baiser en beauté.
Le gamin là, Koke, n'eus même pas le temps de bouger, il avait pris cher. La lame s'enfonça avec tellement de facilité, comme dans du beurre. Axel n'eus le temps de ne jeter qu'un léger coup d'œil avant que le camé ne le prenne comme future cible.
L'homme se tenait en face, couteau en main dégoulinant du sang de Koke. Il hésita un millième de seconde avant de se jeter sur Axel. Axel lui asséna un coup de crosse en plein visage, le nez du camé ne résista pas au coup et "explosa" sous la puissance du coup et tomba en arrière. Axel s'approcha de lui pour espérer en finir, mais le camé en décida autrement et asséna un coup de pied dans la rotule du récupérateur qui tomba à genou en lâchant un juron.
Il se releva tant bien que mal et écrasa de toutes ses forces les phalanges de ce connard qui avait osé lever la main sur lui, les phalanges du camé transpercèrent alors ses doigts et il se retrouvait la main complétement déchiquetée.
C'est fini, enfin ... presque
La lame découpa un bon morceau de la cuisse du récupérateur -c'était pas sa journée on dirait bien, merci Vincent- . Il recula de quelques pas, et glissa dans la marre de sang encore chaude sur le sol. Le camé en profita pour tenter le tout pour le tout et tenta un dernier coup de couteau. Alors qu'Axel était sur le point de prendre le coup de plein fouet, le seul reflexe qu'il eu et de placer son bras en opposition, la lame malgré un niveau d'usure assez élevé, transperçant assez facilement les vêtements et le bras du récupérateur. Celui-ci sous l'effet du couteau lâcha un hurlement à réveiller les morts. C'était mal parti pour le "vieux Axel" mais le seul point positif, c'est que ce sale connard ne pouvait plus se servir de son couteau.
 - " Je vais te buter connard "
Le visage du camé passa de la colère à une grimace entre la peur et une expression désolée. Il tenta de s'enfuir mais Koke et Vincent était devant la seule sortie possible. Il se mit à gémir comme un gamin et là seule chose qu'il trouva à faire c'est d'aller ramper jusqu'à ce qu'il lui servait de lit et s'enroula dans une vieille couverture complétement crade.
- " Sors de là ! "
Que pensait-il de cette putain de couverture ? Que celle-ci allait le protéger de quoi que se soit ?
Axel se traîna jusqu'à Quouaille-Gond, il se plaça au-dessus de lui et il s'assit sur son dos, cherchant à faire sortir sa tête de dessous le morceaux de tissu.
Le camé se débattait autant qu'il le voulait sans succés. Le récupérateur attrapa la vieille tignasse que portait son homologue.

- " Je vais te dire, un seul truc. Au moment où tu l'as fais " Axel lui fît tourner la tête vers Koke  et Vincent. " A ce moment là déjà, dés le début tu étais baisé. Et tu sais pourquoi ? Hein ? Parce que tu t'en es pris aux mauvaises personnes connard " Axel récupéra le couteau et trancha la gorge du type.

- " Vincent, reg-garde da-dans mon saccc . Je do...is avoir des Stim.... "
Le récupérateur tomba alors au sol, inerte.
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Saint Vincent de Räzell
MessageSujet: Re: Fais-le.   Sam 10 Mai 2014 - 15:30

Le Saint en avait chier plus que sa part pour soigner Axel Courtain et Koke, qui était tout deux blessés gravement et inconscients. Son premier réflexe de survie avait été de s'enfiler une plaquette de cachetons qui lui donnèrent un coup de fouet. Sursaut d'adrénaline. Le monde lui semblait ralentir et son cerveau lui semblait fonctionner au delà de ses capacités normales.

Il fallait d'abord empêcher les hémorragies de laisser plus longtemps s'écouler le fluide de vie de ses deux compagnons d'infortune.
Il pansa les plaies comme il le pouvait, serrant suffisamment fort pour que l'écoulement de sang s'arrête. Puis, il fouilla dans le sac d'Axel Courtain et y trouva les Stimpacks dont il avait parlé avant de sombrer dans l'inconscience.

Le Saint n'en avait, aussi surprenant que ça puisse paraître, jamais vu. Ses blessures, il les avait toujours guéries de façon plus conventionnelle, voir archaïques. De simples bâtons avec des pans de vêtements serrés faisaient d'excellentes attelles. une ceinture pouvait faire un garrot. Une hachette faisait office de scie à os. Bref, le Saint avait pris l'habitude de composer avec les moyens du bord, même si - heureusement ! - son expérience dans le domaine restait périodique.

Il découvrit donc le produit avec beaucoup de curiosité. Il lu d'abord ce qui était inscrit dessus. Il voulait savoir comment l'utiliser au mieux pour que ce soit efficace. Il fallait injecter le plus près de la blessure, directement dans une veine. Pour ça, il n'y avait aucun problème. Le Saint était une sorte d'expert médical pour faire des piqûres. Il avait eu de bons professeurs. Il plaqua la seringue bien contre la peau, et l'enfonça, puis il poussa le bouton poussoir, et le liquide entra dans l'organisme d'Axel.

D'après la notice, le produit agissait comme un super-coagulant, capable de résorber les plaies les plus profondes. Et d'autres termes que le Saint ne comprenait pas mais que son associé, le Chimiste, aurait aimé étudier, probablement.

Le Saint fit de même avec Koke, lui injectant le produit directement dans le cœur, comme le shoot d'adrénaline qu'on envoyait aux toxs en train de caner d'overdose - d'après-lui, c'était l'endroit le plus proche de sa blessure au ventre pour envoyer le produit - et il laissa le Stimpack agir après avoir étendu les deux jeunes hommes inconscients sur les couchettes de paillasse de cet appartement miteux et puant la mort.

Il traîna le corps dehors, pestant et maudissant comme un Malebranche.

« Puisses-tu crever en Enfer, dévoré vivant par des Anges de Feu pendant des milliers d'années. Allez, comme si tu pouvais pas juste te trancher la main. Naaan. NAAAN. Il fallait que monsieur connard joue au héros. Mais monsieur connard sait pas que chacun doit rester à sa place, ha ? Même mort, tu me fais toujours chier ! Comment un squelette comme toi peut-être aussi lourd à crever, ha ?
- Parce que t'es aussi un squelette. »

Le Saint se figea. Il n'y avait pas de doute, c'était la voix de cette merde humaine de clochard crevé. Il regarda le visage du cadavre qu'il traînait, et ses yeux étaient grands ouverts. Un sourire macabre s'agitait dans un rictus moqueur.
« Naaan. T'es mort. C'est la dope qui me fait halluciner. »

Il se remit à tirer comme si de rien n'était, mais le cadavre ne voulait pas arrêter de sourire, et reprit.
« Tu es le cadavre que tu traînes. Tu finiras comme moi. Crois moi. Le crime ne paie pas.
- Ferme ta gueule, pauvre merde ! »

Le Saint s'empara d'un caillou et l'écrasa dans le crâne du cadavre à plusieurs reprises, avec une fureur obsessionnelle. Il frappa, frappa, et frappa encore, jusqu'à ce qu'il ne reste du visage qu'une peinture abstraite de sang, d'os, et de bouillie organique. Les yeux avaient été expulsés des orbites oculaires, et la mâchoire avait été brisée, mais malgré cela, elle semblait encore figée dans un sourire éternel, et les billes rondes semblaient toujours fixées sur lui.

Avec tout ce qu'il restait de sa force, le Saint tira le cadavre moqueur dans la rue, souleva une plaque d’égout, et l'y jeta sans ménagement.

« Le petit Peuple s'occupera de toi, pourriture, déclara le Saint en se frottant les mains après ce travail rondement mené, en jetant un dernier regard au fond de ce puits sombre. Ciao. »

Il referma la bouche d'égout, et retourna dans l'appartement.

Axel émergeait déjà. Le Saint lui demanda s'il pouvait parler, mais lui ordonna de ne pas bouger encore. Dans un bol sale, il écrasa quelques cachetons - les mêmes qu'il avait pris plus tôt pour l'adrénaline - et y mélangea de la kétamine. Il fit revenir tout ça à feu doux, jusqu'à ce que la solution de poudre devienne liquide. il jeta un bout de coton dedans et avec sa seringue, aspira le produit dans le coton qui filtrait les impuretés. Il vérifia qu'il n'y avait pas d'air dans sa seringue, et injecta la solution à Axel Courtain. Cela devait supprimer sa douleur, et lui redonner un coup de fouet. Quant aux effets secondaires, ce pauvre bougre y ferait face bien assez tôt.

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Axel Courtain
MessageSujet: Re: Fais-le.   Lun 19 Mai 2014 - 15:50

Axel était revenu à lui dans la plus grande des douleurs. En ouvrant il n'avait que la vue du plafond, il lança un regard fuyant de droite à gauche pour essayer de se souvenir. Son moment de réflexion ne dura qu'un instant, une voix - celle de Vincent - venait de l'interpellait. De toutes manières, même si il avait voulu, il n'aurait pu guère bouger mais il était vivant et après tout Vincent n'était pas médecin.
Un frisson s'empara du corps d'Axel quand "Le Saint" lui enfonça l'aiguille. Une fois ceci fait et après quelques secondes, le récupérateur commença à sentir une sensation de chaleur le dévorant de plus en plus. Le Saint lui ordonna de se reposer, le temps que l'état de Koke s'améliore aussi, puisque dans l'état il n'était pas déplaçable alors il fallait juste ... attendre.
Attendre... Attendre... Attendre...

Axel s'était exécuté, fermant les yeux - la meilleure chose à faire pour l'instant - pour tenter de rejoindre les bras de Morphée, tantôt dérangé par une vilaine migraine ou soit par une des ses blessures qui malgré les "médicaments" du Doc' Räzell le lançaient de temps en temps. Au final la dope prit le dessus, Axel n'était guère habitué. 
Il ouvrit d'un seul coup, réfrénant une envie de vomir, il ne savait pas combien de temps il avait dormi, beaucoup trop d'après lui. Il devait maintenant trouver Vincent pour pouvoir rentrer à Nécrotopia pour recevoir de meilleurs soins.
- " Vincent ? " 
Rien ...

Doux repos.:
 

- " Vincent ? "
La voix du Saint se fît alors entendre dans la pièce, il venait de répondre à l'interrogation du récupérateur par un léger mais audible " Quoi ? "
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