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 There's No Place Like Heaven

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Elise Follies
MessageSujet: There's No Place Like Heaven    Mar 12 Nov 2013 - 23:52


    Le gémissement s'élève. Putain elle avait déjà eu affaire à lui, mais elle ne se rappelait pas que c'était aussi bon. Ses mains fermement serrées sur ses hanches tandis qu'il la visite à loisir. Aucune douceur, aucune précaution, de la pure sauvagerie bestiale, comme elle l'aime. A quatre pattes, ses doigts froissant l'herbe froide de la clairière où ils se sont retrouvés, elle ne gâche pas le son de sa voix, la tête levée vers le ciel, forcée par la flexion qu'il impose à son cou en tirant ses cheveux en arrière.

    Ouverture des yeux. Un « merde » s'échappe de sa bouche lorsqu'elle se rend compte qu'il fait déjà jour. Le chien à ses pieds grogne d'ennui. Il y avait bien longtemps qu'il ne leur était pas arrivé d'aventures, et la clientèle entrait dans sa période creuse. Faut avouer que l'ouverture de nouveaux bordels faisait que les mecs du coin voulait de la nana toute neuve, et qu'elle commençait à être une vieille habituée. Enfin vieille, pas en âge, mais elle en avait vu, du paysage.

    - On va sortir se dégourdir les pattes...

    Elle soupira, et se laissa glisser de la table où elle avait passé la nuit. Nombre de matelas, quand ils n'étaient pas défoncés, étaient tous miteux, particulièrement crasseux, et elle n'avait pas envie de risquer sa santé juste pour passer une nuit confort. Saisissant avec douceur le chien par le collier, elle le retint jusqu'à ce qu'elle soit sûre que personne ne campait devant l'Atelier. Elle savait qu'Eliott n'aimait pas du tout les surprises, et que si quelqu'un bondissait devant eux, il perdrait non seulement son apparence humaine, mais aussi ses couilles, ou tout autre membres permettant de déterminer son genre d'appartenance. Enfin elle lâcha le chien. Et tout s'accélère dans son souvenir.

    Les doigts se serrent sur les épaules squelettiques, tandis qu'elle lui fait face désormais, la généreuse poitrine pressée contre ses côtes, son souffle dans son oreille tandis qu'elle s'empale sur lui, la menant au plus profond d'elle...

    Elle avait marché un peu au hasard des rues, suivant la silhouette canine qu'elle laissait errer à sa guise. La tête tantôt tournée vers le ciel, tantôt vers le sol, shootant dans les cailloux qui se présentaient sur son chemin. Les voilà qui s'approchaient d'un petit espace boisé, et le chien se retourna vers elle, comme une question silencieuse. Il voulait explorer, et un signe de tête de sa maîtresse lui signifia qu'elle lui donnait son accord. Désormais, elle était seule, et elle s'assit sur une sorte de rocher, à l'orée des bois. Là, elle se laissa aller à sa passion de toujours... La dope. Une dose légère, ce qu'il fallait pour décoller, mais pas trop lourde, pour éviter de se retrouver à la merci du premier venu. Et puis il fallait pouvoir retrouver le chemin de l'Atelier aussi, et si elle était trop perchée, elle serait obligée de se trouver un squatt d'appoint, possiblement déjà occupée, et elle avait carrément pas envie de se battre.

    Et puis elle l'avait vu arriver. Alors comme ça, il aimait les ballades lui aussi. Elle n'aurait pas cru pourtant. Un regard vers lui, et elle reconnu la frêle silhouette qu'elle avait eu peur de briser, la première fois qu'elle l'avait chevauché. Elle n'était pas bien grosse elle-même, mais par rapport à lui, ça faisait une différence.

    - Ca fait un bail, Vincent... Je peux faire... Quelque chose pour toi ?

    La suite des événement se déroulait dans une petite clairière, un peu à l'écart de la route, mais pas trop profond dans la forêt. Il ne s'agissait pas de se faire surprendre tandis qu'il glissait sa main sur sa nuque délicate, et qu'elle goûtait avec gourmandise, puis avidité au fruit défendu. Mais elle connaissait la bête, et elle s'attendait à ce que cela dérape très vite. Autant dire qu'elle n'était pas déçue, et que désormais, de nouveau soumise comme un animal, elle lui présentait toute l'étroitesse dont elle pouvait faire preuve...
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Saint Vincent de Räzell
MessageSujet: Re: There's No Place Like Heaven    Mer 13 Nov 2013 - 23:58

Malgré le soleil approchant de son zénith, le fond de l'air restait frais, sans toutefois être froid. Le Saint rentrait au bercail, apportant les recettes de la semaine au squat qu'il partageait avec Arnold H. le Chimiste.
La semaine avait été passablement mauvaise, et c'était avec une certaine morosité que le dealer traînait ses grolles usées sur le bitume craquelé, le visage renfrogné. La recette avait été maigre. Ou plutôt, elle avait été bonne, mais il en avait "égaré" une partie en jouant aux jeux dans un rade pourri à Auteuil. Le Saint n'était pas mauvais joueur, mais il détestait perdre. Alors cette histoire le rendait d'assez mauvaise humeur.

Alors qu'il n'était plus qu'à quelques rues de son chez lui, longeant la lisière du bois de Boulogne, il repéra, au loin, la petite silhouette d'une jeune femme vaporeuse. Une nymphe sur son rocher, patientant dans une pose provocante et aguichante. Le Saint plissa un oeil, ses sourcils toujours froncés, sa grimace traduisant la méfiance soudaine qu'il avait du traquenard qui se présentait. Parce que bien entendu, bordel de merde, qu'est ce que ça pouvait être d'autre qu'un traquenard ? Vous en croisez souvent des filles seules qui bombent leur poitrine vers le ciel en s'asseyant sur leurs mollets croisés près d'une forêt, vous ? Le Saint, rarement. Et quand ça lui arrivait, c'était un traquenard.

Il s'approcha néanmoins, mais en faisant très attention à son environnement immédiat, et en marchant moins rapidement et plus silencieusement. Il distingua le visage de la femme, qui fermait les yeux et qui semblait apprécier les doux effets d'une défonce en pleine ascension.

Elle lui disait quelque chose, cette nana, de loin. Alors qu'il n'était plus qu'à une dizaine de mètres, elle ouvrit les yeux, et son regard se posa sur lui. Il s'approcha encore un peu plus, en faisant bien attention à l'orée du bois, avant qu'elle ne l'apostrophe finalement.

« Ça fait un bail, Vincent... Je peux faire... Quelque chose pour toi ? »

Cette voix suave éveilla les désirs du toxico en même temps qu'elle réveilla ses souvenirs enfouis.

Elise.

C'était une femme qu'il avait fréquenté plusieurs fois, quand il bossait encore pour le Trident. Une belle femme, et qui aimait prendre la vie du bon côté. Comprenez qu'elle aimait qu'on la prenne de tout les côtés. De bons souvenirs revinrent en tête du Saint, et l'espace d'un instant, un rictus vicieux illumina son visage blême et osseux, transformant les noires frustrations d'une semaine merdique en un désir sauvage.

« C'est clair ... Ça fait un bail, Elise, répondit-il en s'approchant d'elle jusqu'à être juste face à elle, tandis qu'elle se redressait, la poitrine toujours fier, et le regard provoquant et explicite.

Qu'est-ce ' tu fous toute seule ici ? T'attends l'amour ? railla le Saint. T'aurais plus de chance à Métrop'.
- Je prenais l'air, j'avais besoin de me détendre. Maintenant, j'ai besoin d'autre chose. »

Le Saint jeta un regard aux alentours, pour vérifier ce dont il était déjà sur. Pas de pillards, ni qui que ce soit aux alentours. Ce traquenard s'annonçait plus agréable qu'il ne fut redouté. Il prit la jeune femme par le poignet, et l'entraîna derrière lui dans les bois.


* * *

Les cris s'interrompirent alors que son corps s'immobilisait, entièrement tendu, et que sa bouche ouverte lâchait un hurlement orgasmique silencieux. Saint-Vincent se retira d'elle après l'avoir si brutalement et consciencieusement remplie, et reboutonna son pantalon en se redressant. Elise était écroulée sur ses avants-bras, les fesses en l'air, n'ayant pas pu tenir plus longtemps sous les coups de butoir et ayant été abandonnée de toute force physique. Le Saint l'agrémenta d'une claque pas vraiment douloureuse sur les appétissantes fesses rebondies d'Elise.

« Allez, allez, debout, ma jolie. »

Le Saint se roula une cigarette qu'il accompagna de cannabis. Il colla les feuilles d'un revers de langue, et mis le feu à la mèche.

« Je te dois combien, dis moi ? »

Après tout, c'était une prostituée. C'était son métier, et tout travail mérite salaire, même quand on surprend visiblement la bosseuse sur son temps de pause.

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Elise Follies
MessageSujet: Re: There's No Place Like Heaven    Jeu 14 Nov 2013 - 0:25

    La main du Saint claqua bruyamment sur sa fesse, lui arrachant un frisson de plaisir. Il savait si prendre, l'enfoiré, il savait la prendre. Il se retira et se releva en se rhabillant. Elle connaissait le bougre, il n'était pas du genre à s'allonger auprès d'elle une fois vidé, et à lui conter fleurette en regardant les étoiles. Elle roula délicatement, pour s'allonger sur le dos, les cuisses serrées, et les reins cambrés, encore tendus par l'effort.

    - Je te dois combien, dis moi ?

    Elise se redressa sur ses avant-bras, et s'attela à se rhabiller. Une fois fait, elle se leva et vint se placer en face de lui. Délicatement, elle saisit ce qu'il venait de rouler, et le porta à ses lèvres pour tirer dessus. Elle ferma les yeux, en sentant la chaleur et l'amertume de la fumée envahir sa gorge, la brûlure douce dans ses poumons. Elle replace le joint entre les doigts du Saint, et rouvre les yeux lorsque le nuage grisâtre épais s'échappe de ses lèvres.

    - Rien du tout. J'suis pas en service. C'était pour le plaisir.

    Et du plaisir, elle en avait eu. Elle s'abaissa pour relacer ses bottines, et vacilla légèrement. Trop de fatigue, trop d'ennuis, trop de cavale.

    - Et toi, qu'est ce que tu faisais là ? J'imagine que t'étais pas à ma recherche. En ce moment, y'a pas grand monde qui me court après.

    Elle ponctua sa phrase d'un grand sourire, un sourire doux, et rassurant, mais à l'arrière goût vicieux. Impossible de savoir si elle n'avait pas coupé quelques jambes pour nourrir Eliott, raison pour laquelle ils ne couraient plus. Elle était comme ça Elise, moitié moitié. Noire et blanche en même temps, sans jamais être grise. Les idées clairement définies, mais jamais clairement appliquées.

    Elle regarda autour d'elle. Pour le coup, ça faisait un petit moment qu'Eliott était parti, et sans être inquiète, elle commençait à se demander ce qu'il faisait, et si il ne lui était rien arrivé. Ce putain de chien était un petit peu la seule famille qu'elle avait, et son seul confident. Enfin, elle secoua légèrement la tête pour se changer les idées.

    - Par contre, si t'as quelque chose... De fun sur toi, en dehors de ta matraque, je veux bien...
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Saint Vincent de Räzell
MessageSujet: Re: There's No Place Like Heaven    Sam 16 Nov 2013 - 2:04


Le Saint huma avec délectation la fumée au parfum si doux qui s'échappa des lèvres de la prostituée. Elle lui répondit qu'il ne lui devait rien et que la sauterie avait juste été pour le plaisir. Il esquissa un sourire. Quand le Saint souriait, cela lui donnait toujours un air inquiétant. Même quand il était parfaitement détendu et animée d'aucune espèce d'agressivité, il y avait dans son regard, et comme imprimé sur tout son être, cette noirceur dévorante et sinistre qui rendait ses sourires encore moins rassurants que l'était déjà son aspect au naturel.

Elle relaça ses bottes.

- Et toi, qu'est ce que tu faisais là ? J'imagine que t'étais pas à ma recherche. En ce moment, y'a pas grand monde qui me court après.

Le Saint faillit s'enquérir de savoir pourquoi personne ne lui courrait après, mais il se ravisa : finalement, il ne voulait pas le savoir, et surtout, il ne voulait pas qu'elle lui parle de ses soucis. Il répondit donc simplement à la question.

" Je rentrais juste chez moi ... J'ai déserté Métrop' et son ambiance qui schlingue, ajouta t-il avant qu'elle ne lui pose la question. Fini de squatter dans des wagons miteux et des cabanes en planches pourries. J'en avais marre. "

- Par contre, si t'as quelque chose... De fun sur toi, en dehors de ta matraque, je veux bien...

Elise parlait aux instincts ancrés dans son être. Il ouvrit sa besace et en sortit une trousse à pharmacie, avec une petite croix rouge cousue dessus. Il fit glisser la fermeture et ouvrit le coffre aux trésors, la boîte de Pandore. Un capharnaüm de sachets, de tubes de médicaments et de seringues s'entremêlaient dans la confusion la plus totale, dans une anarchie grossière d'opulence décadente.

" Je peux te filer un peu de ma réserve perso, ce sera comme un paiement par le troc. "

Pour dire l'absolue vérité, le Saint souhaitait - et il y tenait vraiment beaucoup, même - à payer Elise d'une manière ou d'une autre. Pas parce qu'il était profondément honnête, mais plutôt parce que, lorsqu'on commence à ne pas payer une prostituée, elle peut s'imaginer qu'une relation parfaitement différente du "je baise, je paye, tu te barres" peut s'établir. Le Saint n'avait pas vraiment envie qu'elle le harcèle et commence à lui parler de sa vie.

" J'ai des amphétamines, et de l'héroïne. De la kétamine aussi. Et ... hum ... quoi d'autre. Ce que tu veux en fait. T'as qu'à fouiller. "

Il tira trois coups rapides sur la cigarette verte.

Merde alors. L'activité physique et cet saloperie de joint lui filait soudainement la fringale. Par réflexe, il écarta de sa main le cache de sa besace et jeta un œil dedans, en poussant deux ou trois affaires pour voir jusqu'au fond. En sachant pertinemment qu'il n'y avait absolument rien à bouffer dans sa besace.

On ne peut pas dire que le Saint était vraiment le genre de personnage à transporter des rations alimentaires avec lui. Il mangeait si peu qu'il tenait parfois jusqu'à deux jours sans s'en rendre compte, en ne prenant rien d'autre que de l'eau et du vin, en plus de ses drogues. Cela jouait clairement sur son physique, et ce régime alimentaire lui donnait ce teint maladif et cette maigreur anorexique qui le caractérisait.

Mais là, bordel, il avait vraiment une vraie fringale. Comme il réfléchissait à la dernière fois qu'il avait mangé, il se rappela qu'il avait bouffer quelques biscuits moisis, moitié durs, moitié mous - on aurait pas su dire s'ils étaient l'un ou l'autre de ces adjectifs avec précision, en fait - à Auteuil, la veille, et s'était enfilé deux bières. Avec un repas comme celui-ci, il n'aurait pas du avoir faim si tôt, c'était il y a moins de quinze heure !

Il tira à nouveau sur son pétard, et la fumée épaisse s'engouffra dans son estomac. Il en sentit toutes les nuances, subitement. Il lui semblait que la fumée remplissait un gouffre vide à l'intérieur de lui-même, une abîme sans fond, un trou noir qui aspirait toute vie pour la digérer et la transformer en grand rien. Il exhala. La fumée sortit dans une vapeur légère. Il avait vraiment l'impression que son estomac s'auto-digérait, maintenant. L'image était aussi absurde qu'un homme qui avale sa propre tête, mais pourtant, c'était bien ce qu'il ressentait.

Il regarda Elise. Heureusement pour elle - oui, elle avait une sacrée chance ! -, le Saint n'était rien de plus qu'un toxico asocial et paranoïaque, et même s'il a, en l’occurrence, il était affamé, il n'était pas un Wendigo, adepte de haute-gastronomie à base de chaire humaine. Pourtant, l'idée avait effleurée l'espace d'une mili-seconde son esprit ... Mais elle avait été aussitôt chassée.

Alors, il parla.

" Elise ... J'ai faim ... "

C'était quelque peu surréaliste. Il avait tellement faim qu'il aurait dévoré une famille de raliénés embrochés et bien rôties. Et ce, malgré sa répugnance pour ces bestioles. Il était en train de s'imaginer un gros bonhomme au ventre énorme dépassant d'un marcel blanc dégueulasse tâché d'huile et de gras, faisant tourner avec un rire jovial une broche de raliénés au dessus d'un bon feu. Cette vision lui donnait l'eau à la bouche, et il commençait à déglutir sa salive, qui tombait dans le désert sans fin de son estomac vide.

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Elise Follies
MessageSujet: Re: There's No Place Like Heaven    Sam 16 Nov 2013 - 11:48

    Elise était pas vraiment du genre à s'enticher de ses clients, et Vincent n'était pas une exception. Elle glissa les doigts dans la trousse qu'avait sorti l'homme, découvrant à tâtons ce qui était pour elle la caverne d'Ali Baba. Elle en sorti un peu d'héroïne, et la montra au Saint, pour qu'il sache quand même ce qu'elle avait pris, et qu'il ne le cherche pas plus tard.

    - Honnêtement, je suis pas sure que vivre dans le coin soit mieux. Mais je comprend qu'on puisse vouloir changer d'air.

    Elle s'assit et posa les mains sur l'herbe, un peu en arrière, pour se pencher et regarder vers le ciel. Ses yeux se fermèrent légèrement profitant de la lumière qui passait au travers de la grisaille ambiante et permanente. Ca faisait longtemps qu'elle avait pas pris le temps de se poser et juste de profiter. Faut avouer que c'était pas non plus vraiment ce qui l'interessait dans la vie. Prendre le temps ne la nourrissait pas, et ne la dopait pas non plus. Donc elle faisait son métier, comme toujours.

    D'ailleurs, elle se demandait si on pouvait vraiment appeler ça un métier. Elle n'y prenait pas toujours plaisir, mais elle ne le faisait pas en rechignant non plus. Tout était une question de point de vue j'imagine. Certains pensaient qu'elle n'avait aucun scrupule à se dégrader, d'autres n'avaient que le mot « pute » à la bouche en la voyant – ce qui n'était pas faux, entendons nous bien, seulement elle imaginait qu'on puisse la voir comme une personne, avant de la voir comme un vagin ambulant -, et la dernière catégorie ne lui demandait même plus son avis avant de l'attraper. Ouaip, elle s'attendait pas à du respect, mais elle aurait aimé un bonjour de temps en temps.

    - Elise ... J'ai faim ...

    - Hein ?

    Il l'avait tirée de sa rêverie, et sa voix semblait sortir de nulle part. Et puis cette phrase... Dans ce contexte.... Non décidément elle n'arrivait pas à l'imprimer dans son cerveau. C'était presque ridicule en fait, qu'attendait-il qu'elle fasse ? Elle n'allait pas se transformer en cuisinière, là, dans la forêt, et lui concocter un bon petit repas avec des ingrédients qu'elle n'avait pas.

    - Mais comment ça, t'as faim ? 'Fin je veux dire... Tu veux manger quelque chose ?

    Oui, bravo Elise, ça c'est très perspicace.

    - Il faut récupérer Eliott. Peut-être qu'en allant le chercher, on tombera sur une ou deux bêtes à bouffer ? A moins que tu connaisse une bonne adresse où on pourrait se faire un super resto ?

    L'ironie sonnait dans sa voix et brillait dans ses yeux. Elle se releva et se pencha pour refaire le lacet de sa chaussure droite, et ramassa la churchill pour la placer dans dos, toujours de manière à la faire basculer très rapidement en cas de soucis. C'est qu'elle était efficace la petite.
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Saint Vincent de Räzell
MessageSujet: Re: There's No Place Like Heaven    Sam 16 Nov 2013 - 17:43

La première réaction d'Elise fut d'être visiblement interloquée par la déclaration, il est vrai, surprenante du Saint. C'est vrai, que pouvait-elle y faire ? Lui préparer un sandwich comme ça, pendant qu'il terminait son joint ? Assez improbable, en plein milieu de la végétation dense et luxuriante du Bois de Boulogne.

" Mais comment ça, t'as faim ? 'Fin je veux dire... Tu veux manger quelque chose ? "

Et c'était rien de le dire. Elle n'était pas à sa place, elle ne pouvait imaginer la faim qu'il ressentait, alors il ne releva pas l'évidence de la réponse à sa question.

" Ouais. Carrément. J'ai une fringale mortelle.
- Il faut récupérer Eliott. Peut-être qu'en allant le chercher, on tombera sur une ou deux bêtes à bouffer ? A moins que tu connaisse une bonne adresse où on pourrait se faire un super resto ?
- C'est qui Eliott ? " tiqua le toxicomane.

Et puis le Saint se rappela qu'Elise avait un espèce de clébard, une saloperie de molosse baveux. Le Saint avait toujours eu une sorte de mauvais feeling avec les animaux. Et en particulier avec les chiens.
Il se souvint des rad-molosses qui l'avaient mordu, lors du job qu'il avait accepté pour aider un chimiste. Il avait contracté une puissante maladie qui avait manqué de le tuer. D'un autre côté, peut-être que sans cette morsure, il ne se serait pas associé à H pour vendre de la dope indépendante.
Il se souvint aussi de Minigoule, ce petit emmerdeur, à qui il avait promis qu'il retrouverait son clébard. Ça avait été laborieux, on peut le dire ... Une véritable aventure ...

Enfin, bref. Il avait jamais été bon avec les bêtes.

" C'est bon, je remet. Ton chien, oui, okay. J'me souviens. "

Il marqua une pause en songeant à ce que lui inspirait les chiens, et en particulier ceux qui avait des crocs grands comme des doigts. Il en aurait presque oublié sa faim, mais son estomac produit une secousse sismique, lui rappelant bien vite que sa fringale dépassait tout le reste. Il se demanda si on pouvait mourir de faim quand on avait mangé la veille au soir.

" Dois bien y avoir un rade pourri ici ou là, nan ? Faut qu'on s'rende à une station de métro, y a souvent des gens qui vivent dans des baraques autour. Ou sur le quai. Y a des auberge miteuses, parfois. On est trop loin de Métropolitopia et d'Auteuil, de toute façon, et on va pas aller à Lutèce ... J'ai vraiment faim ... "

Il marqua une pause, en sentant à nouveau son estomac se rétracter sur lui-même. Il prit une nouvelle taf et tendit le joint à la prostituée, en prenant en échange sa boîte à phramacie, qu'il rangea dans sa besace.

" Bon ... Allons chercher ton chien, pour commencer ... "

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Elise Follies
MessageSujet: Re: There's No Place Like Heaven    Sam 16 Nov 2013 - 23:42

    - J'crois qu'y'a une boutique par là-bas. Une boulangerie ou un truc du genre. J'me demande bien comment il fait pour le faire son pain, il paraît qu'il est dégueu d'ailleurs, et que c'est du béton. Mais au moins ça remplit l'estomac c'te merde.

    -  Bon ... Allons chercher ton chien, pour commencer ...

    - Ouaip. Allons-y.

    Elle porta le joint à ses lèvres et en tira une longue bouffée, comme pour se donner le courage qu'elle n'avait pas de se mettre à la recherche de l'animal. Suivi de Vincent, elle s'enfonça de quelques mètres dans la forêt dense et obscure. Les bruits y étaient comme étouffés, et pas moment, la végétation était si importante qu'on pouvait croire que c'était la nuit. Un lieu propice à la méditation... Ou pas.

    Il ne leur fallu pas longtemps pour tomber sur la bête, allongé devant un buisson en train de mâchonner ce qui semblait être une patte de lapin, ou une bestiole du genre. Elise s'approcha, et le saisit par le collier, acte auquel le chien répondit d'un grognement sourd, menaçant, et qu'elle réprima d'un violent coup de botte dans les crocs. Il finit par se lever, comprenant que cette fois il ne gagnerait pas, et elle ne lâcha pas la lanière de cuir jusqu'à ce qu'il furent sortis du bois, pour éviter qu'il ne s'échappe à nouveau.

    - Alors... Je crois que c'est... Par là !

    Elle leva son bras devant elle, indiquant une direction plus ou moins aléatoire. Enfin en apparence seulement, car en réalité elle savait très bien où elle allait. Prenant la tête des opérations, elle se dirigeait d'un pas ferme vers les ruelles où se trouvait l'échoppe. Quand soudain, une idée malsaine lui traversa l'esprit.

    Hey Vincent. Tu sais ce qui serait encore plus fun que d'aller chercher du pain ? … De filer un bon coup de flippe à ces tapettes. Genre hold-up, façon psycho, tu vois le genre ?

    D'un geste machinal, presque sensuel, elle caressa le canon du Churchill qui ballottait contre sa hanche. Il leur fallait des cagoule, enfin de quoi se cacher les yeux, pour faire encore mieux.

    - Oh putain je sais !

    Se penchant subitement, elle saisit le couteau, logé dans sa bottes, et attaqua furieusement son t-shirt. Elle en découpa deux lambeaux, puis les redécoupa. Elle noua le premier lambeau autour de sa tête, et se retourna vers Vincent, un sourire au lèvre. Ainsi taillé, son bout de tissu faisait un masque, camouflant ses yeux et le haut de son nez, un loup rudimentaire, mais qui suffirait pour ce qu'ils avaient à faire. Elle lui tendit le second.

    - Allez mec, on y va !
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