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 Pars vite et reviens tard

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Andrealphus
MessageSujet: Pars vite et reviens tard   Mar 5 Nov 2013 - 20:17

En provenance de Metrop'


"Là tu vois, le gars entre mais il ne voit pas Ibrahim, par contre sur son siège y'a un gars, un genre de clochard en survêtement rose et vert fluo, du coup il commence à piquer sa crise tu vois."

"Ouai j'imagine ça arrange pas la situation. Et Bankolé il dit quoi ?"

"C'est ça le top, lui il ne l'a pas vu ! Il est complètement pris par sa lecture. Alors le gars ressort tu piges ? Il se demande s'il ne s'est pas trompé d'endroit, et puis merde, il reconnait les sièges des patrons !"

"Le pauvre ..."

"La ferme laisse moi finir. Là il retourne dans la salle et choppe le SDF par la barbe en s’apprêtant à  lui gueuler dessus genre t'es qui toi ! C'est le siège du patron et tout ça tu piges ? Bha pile quand il tire, la capuche du grand chef remonte et c'est là que le mec le reconnait."

"Noooooon !"

"Si j'te jure ! Moi je vois ça j'explose de rire intérieurement, le patron lui il l'avait mauvaise."

"Du coup il lui est arrivé quoi au gardien ?"

"Tu va pas me croire, cet enfoiré à ... Gaffe les v'la."


*****

"Je dis juste qu'en plus d'être contraire au ordres, ça met le temple entier en danger."

"C'est juste un prélèvement sanguin, c'est fermé. Je voudrais analyser ça au labo et comparer aux virus des archives par informatique, on va gagner un temps fou !"


Tiens première nouvelle, l'entrée du temple est gardée maintenant ? Et par des initiés ?

"Gardiens, nous avons reçu l'ordre de vous faire procéder à une stérilisation avant votre entrée dans le temple."

"Hey gamin, tu crois que c'est quoi sur mes cheveux ? La pluie qui filtre à travers le plafond du métro ?"


"Ce sont les ordres."

"Ordres de mon cul."


"Des Bergers."

"Finissons-en."

Pas le temps de marquer mon autorité mais elle à raison. Autant pas traîner ici. Les deux gosses nous conduisent dans un bureau de régie du métro parisien transformé en entrée au laboratoire des agents pathogènes à l'OMS. Par chance les gardiens ont la main mise sur la haute technologie, pas besoin de se regarder dans le blanc des yeux entre quatre serviettes en se faisant mousser le dos. Un bouton vert, un sifflement aiguë et tout est réglé en quelques minutes.

"Votre matériel doit être conduit au laboratoire, veuillez le déposer dans cette caisse."

Je vais devoir réviser le mécanisme de ma manicle avec tout ça plus un tir mes réglages n'auront pas tenu le coup, parait qu'un jour un gars à percé son réservoir parce qu'il ne prenait pas soin de son bijou, c'est con quand on sait à quel point la merde qu'il y foutait était corrosive. J'ai plus rien, mon imper est au feu et mon matoss en caisse scellée, il ne me reste plus que l'échantillon planqué dans la ceinture de mon costard.

"Hey gamin."


"Oui ?"

"Le gardien qui avait tiré la barbe du vieux, c'était moi j'aimerais que tu fasses gaffe en racontant tes histoires de vieux combattant aux nouveaux."


"Pardon, je ne voulais pas..."

"Ce que je veux dire c'est que quitte à t'inventer un héro, cite mon nom. Andrealphus. Et pour l'adjectif, c'est salopard, prends en note"




Salle des Bergers.

"L'arrivée des escouades de dissidents n'est pas à prendre à la légère."

"Je pense que sans eux il sera impossible de réorganiser la logistique de la ville."

"Leur apparition soudaine est toutefois à prendre en compte."

"Ils ne sont pas là par hasard."


"Et pour ce que je viens de vous dire au sujet des goules ? On oublie ?"


"Nous t'avons entendu Andrealphus. Les illuminés ne sont pas une menace, il s'agit plus un prétexte. La piste concernant le médecin interrogée reste toutefois un élément concret qui doit être pris en compte dans votre enquête."

Ouai autant dire qu'un meurtre ça leur passe par dessus la tête. J'en ai pas grand chose à foutre non plus mais j'aime bien les taquiner.

"Nous n'avons pas à nous impliquer d'avantage dans la politique de Metropolitopia."

"Votre rapport et nos conclusions vont être transmises à une autre équipe de gardiens."


"On se retire de l'affaire alors ?"

"Non, vous allez continuer à enquêter, il devient plus que probable que cette épidémie est le fruit d'une action malveillante. Volodia nous comptons sur vous pour en apprendre d'avantage sur les actions de la dissidence à Metropolitopia et sur leurs projets."

"Ça sera tout."



Temple des gardiens - Couloirs sombres propices au viol et autres activités nocturnes.

C'est maintenant que j'ai plus mon imper que je me rends compte de la température locale, ça faisait quoi trois semaines que je l'avais constamment sur moi ? Ma cravate est collé à ma chemise trempée je vais chopper un truc si ça continue ça serait la meilleure ça, salut la quarantaine. Je pourrais souffler un moment, je garde cette possibilité en tête.

"Helsen, Andrealphus."

Ha ? Et ben ils y vont pas de main morte. Adam, probablement le plus impressionnant toubib de la capitale, mon ainé de 5 ans qui m'a aidé à améliorer ma manicle de poison, son initié je me souviens jamais de son nom, un gamin survolté mais au talent indéniable. Et Alfred Rouvert. Immense et squelettique, je devine que le gardien à la manicle de feu n'est pas là pour faire joujou avec un microscope, le topo sur la présence des dissidents doit y être pour quelque chose.

"Salut les gars, rendez-vous avec les patrons ?"


"On en revient. On prends la route dans une heure, vous avez quelque chose à ajouter ?"

"Ouvrez pas trop votre gueule devant les gars armés, faites attention ou vous marchez."


Helsen va être satisfaite, j'ai plus qu'à foutre mon échantillon à la poubelle. Les pros sont dans la place.
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Volodia Helsen
MessageSujet: Re: Pars vite et reviens tard   Mer 6 Nov 2013 - 20:31

De tunnels sombre et humide, station puante et suintante de sang, passé à salles vides et mal éclairées et couloir froid et fissuré, son sentiment de malaise était bien resté. Ce chez eux était il son chez elle ? Elle n'y croyait plus.
Voilà qu'elle se mettait à philosopher comme un vieux dans son mouroir, la demi dose de psycho et les coups répétés sur le punching ball de la salle d'entrainement avait été la solution pour lui vider momentanément l'esprit et saper ses dernières réserves d’énergies, mais les images d'elle en train de porter un cadavre d'enfant jusqu'à la pile de macchabées à incinérer, asperger cette petite bouille avec de l'huile et craquer une allumette, sa peau tomber et ses yeux éclater doucement ; ouais, cette image revint, et restera.



* * *

Couloirs du Temple

Dans les vingt heure passées semblait il, en compagnie d'un des rares gardiens qu'elle n'avait pas envie de fracasser contre un mur, apparemment toute la crasse de Métrop' n'avait pas réussie à atteindre cette personne, certainement que l'épaisse couche qu'il portait, depuis longtemps déjà, était assez lourde comme ça.
"Helsen, Andrealphus."
Hum. L'analyse de l'échantillon avait du révéler un truc bien moche pour que les Bergers décident d'envoyer le haut du panier en première ligne.
"Salut les gars, rendez-vous avec les patrons ?"
"On en revient. On prends la route dans une heure, vous avez quelque chose à ajouter ?"
"Ouvrez pas trop votre gueule devant les gars armés, faites attention ou vous marchez."
- Cette milice, pire que le Trident pour cette crise vous croyez ?
- Pour le virus, certainement bien meilleur que le Trident et leur crédo : "le médecin se fait payer, qu'il ait tué la maladie ou le malade." Pour le reste...
- Les bergers vont envoyer des équipes pour faire des recherches sur ce groupe paramilitaire apparemment. On parle même d'aller voir du coté des dossiers de la FNF, enfin, si il est possible de mettre la main là dessus.
- Pour les illuminés, ils ne sont toujours pas à l'ordre du jour.
- C'est sur que si la dissidence prend le contrôle de la ville, on ne risque pas de croiser des goules.
Le silence survint, amenant cet embarrassant moment où l'on avait plus rien à se dire...
- Bon et bien...
- Allez. Pensez à laisser vos HG ici, très embêtant sous la combinaison et si ils venaient à vous voir avec...
- On fera attention.
Une tape sur l'épaule et se fut tout. Trouvez un remède, ou bien j'pense que le diable n'aura plus qu'à agrandir l'enfer.
Et il aura une place pour moi.


Direction le mess ensuite, ce qui se rapprochait le plus d'un bar par ici, la salle se vidait et André allait pas tarder à rappliquer avec une de ses bouteilles, certainement. L'alcool n'allait certainement pas calmer ses crampes à l'estomac, mais qu'importe si ça les empirent après, du moment que ça les calmes sur l'instant.
Le plafond était bas, ainsi les bruits ne raisonnaient pas, même si cela avait été fait à défaut, du au manque de place évidement, mais c'était appréciable de pouvoir discuter sans être entendu.
- Sale journée, hum. Bien contente de retourner sur le terrain d'main.
Ça vas toi ? Tu tiens bien l'coup ?
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Andrealphus
MessageSujet: Re: Pars vite et reviens tard   Jeu 7 Nov 2013 - 20:27


__________________________________ COULOIRS DU TEMPLE


Encore une journée de bouclée, encore une nuit à passer au temple. L'affaire n'en est pas résolue pour autant et ma petite visite de la version moderne de Metropolitopia me cisaille l'esprit, les jeux de pouvoirs et les responsabilités brouillent mon sens du jugement. Un seul remède, ma cuvée personnelle. Comme un con face à ma solitude je me souviens soudainement que Volodia m'a clairement annoncé qu'elle serais au mess.

Une nouvelle pensée entraine ma main entre mes jambes. Pas qu'Helsen soit du genre allumeuse mais ça fait un moment que j'ai pas décompressé. Je suis rassuré d'être un peu écarté des microscopes, je vais pouvoir satisfaire ma curiosité et utiliser mes talents d'une façon plus habituelle. Allez, debout le vieux si elle n'y est pas j'ai toujours une chance de tomber sur une initiée impressionable.

"Maya ?"


J'hallucine ? J'ai encore l'impression qu'elle est là quelque part. Je connais quelques psychologues dans le coin qui auraient leur mot à dire à ce sujet.


__________________________________ MESS


Vu la dégaine des quelques lascars qui sortent de là je peux dire au revoir à ma jeune initiée à la petite vertu, au moins j'aperçois Volodia avec la tête d'un terroriste mutant s’apprêtant à traverser le point de contrôle de Lutèce au pas de course. T'en fais pas ma grande voila le doc'. Le temps d'embarquer deux verres propres, je crois, et je lui offre ce qui se fait de mieux comme paraproblèmes en tout genre.

- Sale journée, hum. Bien contente de retourner sur le terrain d'main.
Ça vas toi ? Tu tiens bien l'coup ?


"Si tu descends quelques verres assez vite tu te retrouveras demain avant de dire"merde". C'est pas tellement le virus qui me travaille, je suis pris par les tensions et largué par la politique. J'me fais peut être vieux."


Allez deux verres. Je lui en tends un elle à pas l'air contre.

"Tu sais j'ai été sociable à une époque, je crois que le boulot en ville c'est plus trop pour moi."


Je m'écoute parler comme un ancêtre et je me dégoûté. J'ai toujours nagé dans la merde, dans les taudis surpeuplés. J'ai toujours aimé haïr ça et toujours détesté la manière dont je me complais dans la lie et l'obscurité.

"Tu veux causer de demain hein ? Tu sais que tes amis vont nous avoir à l’œil ? Ils vont questionner les autres, va falloir la jouer discret. T'as déjà un truc derrière la tête ? J'me dit qu'on devrait peut être retourner vers la première clinique maintenant qu'on à les autorisations."
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Volodia Helsen
MessageSujet: Re: Pars vite et reviens tard   Jeu 7 Nov 2013 - 21:16

Les gardiens vivaient dans une promiscuité étouffante dans le Temple, à dormir dans des placards et arpenter des couloirs où deux personnes pouvaient à peine avancer cote à cote, parqués comme des brahmines, et, pourtant, c'était à peine s'ils prenaient le temps de partager une bouteille d'alcool.
Pour cela, je te remercie camarade. Pensa-t-elle en levant légérement son verre après qu'André l'eut servit.
"Si tu descends quelques verres assez vite tu te retrouveras demain avant de dire"merde".
- Après toute la merde de ces derniers mois, je ne pouvais que : soit devenir none, soit alcoolique. Les dieux ont été juste et m'ont guidé vers la bouteille. Murmura-t-elle en agrippant la flasque d'alcool pour se resservir un verre.
Sale effet commun d’ailleurs au buffout et au psycho que de préserver plus longtemps une personne de l'ivresse.
- C'est pas tellement le virus qui me travaille, je suis pris par les tensions et largué par la politique. J'me fais peut être vieux.
- Tu as encore de beau jours devant toi.
Sa gueule de truand et ses gros bras lui assurait une reconversion facile. Volodia poussa son plateau repas et les quelques restes se trouvant dessus, sur le coté, laissant toute son attention au verre devant elle.
"Tu sais j'ai été sociable à une époque, je crois que le boulot en ville c'est plus trop pour moi."
- L'homme sociable, ne vivant que dans le paraitre, n'existe que part le regard des autres. Le solitaire vit ce qu'il est je dirais.
"Tu veux causer de demain hein ? Tu sais que tes amis vont nous avoir à l’œil ? Ils vont questionner les autres, va falloir la jouer discret. T'as déjà un truc derrière la tête ? J'me dit qu'on devrait peut être retourner vers la première clinique maintenant qu'on à les autorisations."
Enfaite non, je ne voulais surtout pas parler de ça, du virus, du métro et de l'avenir.
- La toute première ? Celle de Radolphe ? Brulée et nettoyée. Peut être même démantelée depuis notre passage. Nous verrons, je dis, nous verrons...
Après, pour les dissidents... Besoin de la jouer discret ? Bah, ils ne sont pas fou, Jared contrôle cet aspect là, il les tiens en laisse. V'ont donc pas s'aventurer dans Métrop', hein ?
Tu penses vraiment qu'il est possible pour ces gars là de prendre le contrôle de la ville ? Sérieusement ?


- C'est sur, cette situation pue.
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Andrealphus
MessageSujet: Re: Pars vite et reviens tard   Ven 8 Nov 2013 - 14:04

"Les routes se sécurisent, les nouvelles cartes se précisent, les frontières reculent et les radiations ... Les radiations sont toujours là oui. Qui aurait put prédire que les Parisiens allaient continuer à prospérer et à se développer sous la surface ?"


La bouteille était restée un bon bout de temps dans l'ombre d'une impasse, je ne sens pas le contenu de mon second verre glisser dans ma gorge jusqu'à ce qu'il alimente l'incendie dans mes tripes.

"Aucune guerre n'ai jamais gagnée, aucune terre n'est jamais conquise. Prends les gars de la FNF par exemple. Je dis pas ça pour toi hein, c'est un simple exemple. Il pourront marcher aussi loin que possible à l'est, au sud ou au nord, ils ne pourront jamais prendre pied dans le métro. Ce qui dirige la ville y est né, y a poussé et fermenté. C'est presque plus un état d'esprit qu'autre chose. Les dissidents sont comme anges explorant l'enfer, ou l'inverse si tu préfère. Pas assez lumineux pour en éclairer tout les recoins, si ils s'y attarde c'est la ville qui les dévorera, pas l'inverse."


Ma picole tardive prends tout son sens entre deux pensées philosophiques quand j'allume la dernière raddaple de mon paquet. Le goût dégueulasse de l'usine à goules est à peine perceptible, une vrai cancerette de luxe d'avant guerre.

"Tu sais de quoi je parle non ? C'est pas moi qu'on a envoyé crapahuter dans le dernier et le plus dangereux bois du coin. Tu veux un autre verre, j'ai plus de clope à te proposer. Ça te fera peut être parler sur ton traitement au Buffout, vu la tronche de tes clopes par rapport aux miennes je doute que t'ai choppé une saloperie due au tabac radioactif."
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Volodia Helsen
MessageSujet: Re: Pars vite et reviens tard   Ven 8 Nov 2013 - 17:50

[...] Ce qui dirige la ville y est né, y a poussé et fermenté. C'est presque plus un état d'esprit qu'autre chose. Les dissidents sont comme anges explorant l'enfer, ou l'inverse si tu préfère. Pas assez lumineux pour en éclairer tout les recoins, si ils s'y attarde c'est la ville qui les dévorera, pas l'inverse."
C'est presque beau dit comme cela, poétique même. Pourtant, ce qu'il y a de l'autre coté des murs du Temple est moche, alors restons pragmatique.
- Je n'penses pas. J'crois bien qu'il est possible de contrôler le métro. Que ce soit la FNF ou les dissidents, il leur faut posséder les points vitaux du métro', d'autant plus dans une situation comme celle ci... Épidémie. Là, qui va contrôler la clinique, les médecins et avoir, si un truc pareil existe, un remède, sera décisif. En plus d'une présence constante, comme le Trident, et un rôle de police, comme sait si bien le faire la FNF, et officieusement la gouvernance de Métrop' sera acquise.
Je pense. Après, dans le cas de la FNF, et en imaginant une présence bien amoindrie du Trident, je suis persuadée que c'est totalement jouable. Les habitants, au lieu de se faire racketter par des mafieux, se feront taxer par des fascistes, mais, et c'est là une grande différence, au lieu de vivre dans l'insécurité et la misère, vivront, juste, dans la misère.
Le point où sa coince, dans ce cas complétement fou où le Trident n'est plus et qu'une organisation possède ou a le contrôle de toute les "institutions" importantes de la ville,  c'est... comme tu dis, les habitants du métro eux même.
Une grande partie de la lie de Paris est tassée là dedans. Ouais.
Et a tout peuple conquis, il faut une révolte.

Parler géopolitique et autre débat dans le genre aurait été un plaisir, oui, mais là, bordel non. Juste non. Oublier tout cela, oublier les morts et de la maladie, ne pas penser à d'autres morts que causerait une guerre de faction serait préférable.
"Tu sais de quoi je parle non ? C'est pas moi qu'on a envoyé crapahuter dans le dernier et le plus dangereux bois du coin. Tu veux un autre verre, j'ai plus de clope à te proposer. Ça te fera peut être parler sur ton traitement au Buffout, vu la tronche de tes clopes par rapport aux miennes je doute que t'ai choppé une saloperie due au tabac radioactif."
Son addiction au Buffout ? Quoi répondre sinon : "Nan, je gère parfaitement les dosages, je ne risque aucune accoutumance, blablabla, ce truc ne provoque aucun comportement violent -mensonge- blablabla, peu de risque d'addiction -mensonge-, de toute façon je pourrais arrêter quant je veux -gros mensonge- mais là comme je suis en mission... Et vas-y que je me fout bien de ta gueule. Quoi répondre sinon ce petit discours déjà tout pret qu'elle réservait aux autres gardiens ?
... Mais là.
Là, à cet endroit et cet instant, elle ne voulait pas.
- Je ne pourrais pas m'en passer, et ce qui m'effraye, c'est que certainement je ne pourrais plus jamais m'en passer. J'ai passée une année... atroce. Pour être tout à fais franche... la merde de ce monde m'a marquée, et je ne m'y habituerais jamais. Jamais.
Pause.
- "Plus vous pensez à la mort... et plus vous vous en approchez" Dis t-on. Bordel, c'est que j'vais bientôt crever alors.
Elle avait dis ça d'un ton sinistre, mais, à présent, bien qu'André ne s'en apercevait pas, des frissons glacés -presque douloureux- remontèrent tout son dos meurtri, annonçant le léger tremblement convulsif de sa main droite, qu'elle cacha sous la table, son autre main, plongé dans sa chevelure crasse, et son regard, toujours sur son verre.
- La vérité ? Je suis terrifiée. Peur de la mort. Peur de mourir.
J'avais cru qu'en affrontant des situations de dangers mortels, on en ressortait grandi et plus fort. Non. Absolument pas. On constate à quel point notre vie peu s’arrêter si... facilement. Et de façons plus qu'atroce.
Et je me demande: que restera-t-il ? Qui pour me pleurer ?
Et là, après une pensée aussi égoïste et détestable, j'me sens encore plus minable...
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Andrealphus
MessageSujet: Re: Pars vite et reviens tard   Ven 8 Nov 2013 - 19:33

"Tu vas pas te mettre à chialer rassure moi."


Ma main glisse toute seule vers la bouteille comme attirée par un aimant, je me ravise. Les mess est vide et l'éclairage instable. Mes paupières ne se fermeront pas avant un bon moment, trop d'éléments à analyser, trop de merde à évacuer, dans les deux sens du terme. La collègue a pas l'air bien mais ça fait parti d'elle. Pas un mot sur le bois, pas un mot sur les autres je suppose que j'ai atteint le paroxysme de sa sociabilité, pas besoin de violer son espace personnel.

"J'vais te dire un truc. On est des fourmis. Une vie de merde mais moins merdique que d'autres. On travail sans cesse, à rassembler des ressources pour les ramener à la fourmilière. Quand c'est fini on recommence et ainsi de suite. Cherche pas un but à ta vie dans l'immédiat si tu réfléchit trop tu va te tirer d'ici comme tu t'es tirée de Lutèce. C'est pareil pour beaucoup de monde tu sais. Le truc... Ouai le truc, c'est que quand le monde sera assez merdique, quand les connards auront unifié leurs forces pour rétablir les magouilles politiques d'avant guerre. Ceux qui détiennent le savoir auront leur part de pouvoir."


Mes prévisions à long terme sont toujours aussi prophétiques et ma langue toujours aussi pessimiste, pourtant je ne pense pas être loin de la réalité, pas très loin.

"Qui sait ? D'ici là tu seras peut être passée Bergère."
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Volodia Helsen
MessageSujet: Re: Pars vite et reviens tard   Ven 8 Nov 2013 - 21:03

Le truc... Ouai le truc, c'est que quand le monde sera assez merdique, quand les connards auront unifié leurs forces pour rétablir les magouilles politiques d'avant guerre. Ceux qui détiennent le savoir auront leur part de pouvoir."
- Alors c'est ça ? Fit elle dégoutée. Ce serait ça ce que l'on cherche : le Pouvoir ? L'ordre n'est il qu'une autre faction qui lutte dans le bourbier Parisien pour asseoir sa domination ?
Elle se surpris à se servir un troisième verre. N'avait elle pas pourtant dis à celui d'avant qu'il serait le dernier à y passer ? Suffit les mensonges.
- Putain ouais. Sous couvert de bonnes intentions, hein ? Sauver l'humanité, hein, rien qu'ca ? Tu parles, si on y réfléchis bien, ici c'est la même.
Des "Bergers", le haut de la pyramide, qui commande à leur troupe, nous sorte de prolétariat, d'aller au charbon. Un stock d'arme digne de la FNF qu'on a ici, pour la sauvegarde de l'humanité disent ils ?

Elle avait relevée la tête pour le fixer droit dans les yeux.
- Je me demande de plus en plus de quel droit notre Ordre s’approprie toute cette technologie, tout ce savoir. Car nous sommes plus intelligent et clairvoyant que la plèbe. Aucun gardien ne le dit, mais tous en sont convaincue à l'intérieur. Convaincue d’être supérieur. La relation de gardien à un habitant de Paris, la relation d'humain à humain même devrait être construite sur le respect, l'écoute et l'entraide non ? J'crois bien qu'on a l'écoute du monde extérieur, mais pas les deux autres.
La gardienne laissa une pause, tournant son verre vide entre ses doigts et ses idées embrouillées dans sa tête.
- Et le code. Ah !
Le code des gardiens... Créer et imposé par les Bergers. Les règles qui engendrent les Chefs sont bien différents des Chefs qui engendrent des règles.
Qu'est ce que tu penses de ce Code, hein ? Dis moi...

- Rappelles toi maintenant le sixième point veux tu ? Puis le septième.
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Andrealphus
MessageSujet: Re: Pars vite et reviens tard   Ven 8 Nov 2013 - 21:56

"Que les choses soient claires, vas-y sers toi j'en ai d'autres c'est un pote à moi qui fait ça. Merde j'disais quoi déjà."


Un initié ? Non un gardien je l'ai déjà vu quelque part. Je crois que c'est un des types qui s'occupent du génie civil. Il me regarde, pourquoi il me regarde ?

"Je peux t'aider ?"


Il a du mal à soutenir mon regard, à cette heure et ce degrés une démence intérieur se reflète dans mes yeux mais beaucoup y sont habitués, beaucoup jugent que je n'en vaux pas la peine. Celui-là semble correspondre au profil, il quitte le mess sans demander son reste. Tant mieux pour lui tant pis pour moi.

"Ouai, je te disais ... La FNF tu vois elle tire son pouvoir d'une légitimité qu'elle s'est donné, le tout enrobé d'un style tape à l’œil. Y'a pas à chier faut leur laisser ça, ils ont soigné leur entrée. Peut être un peu trop. Les goules de Necrotopia se complaisent dans un style sociétaire d'avant guerre qui leur est propre... Je ne crache pas sur les gardiens et encore moins sur les bergers. Perds pas la main et sers moi aussi. Notre "pouvoir" est authentique, formé pas à pas par tout les initiés qui passent les tests, i lest le reflet de ce que nous sommes et les bergers font ce qu'il faut pour que nous soyons ... Pour que ça devienne pas le bordel quoi."


C'est rare que je prenne le parti des patrons, la soirée est à marquer d'une pierre blanche, je lève mon verre à leur honneur sous le regard attentif et perdu à la fois de ma compagne de beuverie.

"Le code... T'es bien placée pour savoir que je suis pas un modèle, un archange, un foutu ange gardien. Le code faut l'interpréter, faut le traduire en fonction du mode de pensée des patrons. Si je suis toujours là, c'est que quoi qu'il arrive, même en marchant sur le fil du rasoir, j'ai toujours apporté des résultats, obéit aux instructions quoi qu'il en coûte. Tu connais Roche ? Le gardien qui à restauré la première édition du Coran, il est mort y'a environ dix piges. C'est lui qui m'a lancé dans la boite, qui m'a pistonné, déjà aux limites du règlement. Sale histoire, il s'est fait buter, une balle dans la nuque. Il s'était pris d'affection pour une petite communauté en tout point semblable à l'ordre, il les à influencé pour finir par les intégrer au temple. Sa connerie à été de leur filer les plans du fusil Gauss."


Ça me fait tout drôle de reparler de ça, une sacré claque tout droit venu du passé. Je devrais faire attention à ce que je raconte.

"Ce que je veux dire c'est qu'en se fiant au code on peut presque tout justifier, les bergers sont là pour faire la part des choses. C'est pour ça que je suis là. J'te l'ai dit je suis loin d'être un saint, t'as pas idée du nombre de cadavres dans mes placards. Je me rattrape en me disant que ce qu'on fait ici c'est peut être pas le top de la sainte mission mais c'est surement ce qui se fait de mieux en matière d'assurance d'avenir pour le reste de la population."
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Volodia Helsen
MessageSujet: Re: Pars vite et reviens tard   Ven 8 Nov 2013 - 22:42

- ... Je ne crache pas sur les gardiens et encore moins sur les bergers. Perds pas la main et sers moi aussi. Notre "pouvoir" est authentique, formé pas à pas par tout les initiés qui passent les tests, i lest le reflet de ce que nous sommes et les bergers font ce qu'il faut pour que nous soyons ... Pour que ça devienne pas le bordel quoi."
- Nous sommes les moins pires, c'est ce que je dois en comprendre ?
Elle laissa la conversation, à défaut du temps, en suspend. Plongée dans ses réflexions et un début d'ivresse, calmant ses émotions, lui laissant son esprit concentré seulement sur des idées. V'voyez ? Non, pas trop, Volodia elle même se sentait dans un certain flou.
- L'ordre enseigne à ses disciples à se gouverner eux même quelque part... Mouais, les "moins pires"...
André se lança dans une longue parole, il semblait que ça lui en coutait de parler. Mal à l'aise ? Non, pas lui.
"Ce que je veux dire c'est qu'en se fiant au code on peut presque tout justifier, les bergers sont là pour faire la part des choses. C'est pour ça que je suis là. J'te l'ai dit je suis loin d'être un saint, t'as pas idée du nombre de cadavres dans mes placards. Je me rattrape en me disant que ce qu'on fait ici c'est peut être pas le top de la sainte mission mais c'est surement ce qui se fait de mieux en matière d'assurance d'avenir pour le reste de la population."
- Alors donc tout les pouvoirs de l'Ordre sont aux mains des Bergers comme tu dis, eux et eux seul font la part des choses.
Hum. Je ne dis pas, sur le papier c'est génial notre petit groupe. Mais ma crainte au sujet de notre belle "famille" peut se résumer simplement :
Qui garderas les gardiens ?


- Mais c'est marrant que t'ai parlé de Roche...
Et de l'obéissance que doit fournir un Gardien à ses Bergers. Monsieur de Saint Clair, l'histoire de l'initié qui a tué son maitre sur ordre des Bergers.
Je ne condamne pas. Il a enfreins le code, mais comme tu dis, le code on l'interprète comme on veut et c'est les chefs qui ont le dernier mot. Et les chefs ont décidés que Roche était une menace pour le Temple, pour l'Ordre et sa vision d'un monde... meilleur.
Ce que j'en pense ?
Tuer un homme, ce n'est pas défendre une doctrine, c'est tuer un homme.
Ils on ordonnés, ils ont justifiés, tu as obéis.
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Andrealphus
MessageSujet: Re: Pars vite et reviens tard   Sam 9 Nov 2013 - 18:34

Je savais que j'en avais trop dit, l'engourdissement de mon cerveau me fait perdre le contrôle et mon petit grain de pudeur ne fait plus le poids depuis le premier verre. Ses mots me traversent la poitrine comme une série de pointes et me renvoient à l'état d'un gamin de 20 ans. Je n'ai que le respect basique d'un collègue à un autre pour Volodia voir un petit peu plus et pourtant pas moyen de rester imperméable à son jugement, comme si Roche lui même parlais à travers elle, des mots qu'il aurait put prononcer d'ailleurs. Je me la ferme, j'allume une nouvelle clope légèrement imbibé par l'alcool tombé sur la table. J'ai pas les nerfs mais ça fait trop de temps que je n'ai pas vu la couleur du ciel, je commencerais à craquer ? Non vaut mieux pas, j'ai des cadavres de putes et de clodos à la pelle pas besoin de péter mon câble ici.

Allez vieille merde reprends le contrôle, j'ai les neurones en pagaille, le ciboulot qui déraille et la jambe qui tremble. Te laisse pas aller connard. Avec toutes les épées de Damoclès qui me frôlent la tête ça serait dommage que je devienne finalement complètement cinglé. Dit quelque chose, elle te matte bizarrement. C'est pas elle qui te mets dans cet état, elle à juste appuyé sur le bon bouton au bon moment.

"Tuer un mec c'est tuer un mec. C'est vrai, c'est pas bien profond mais c'est vrai. Tu sais ce qui arriverait si on venait à être découverts ? La même chose que si nous n'avions pas existé mais en version accélérée. Tout nos travaux, tout ce qu'on a préservé et amélioré aux mains de n'importe qui. Alors ouai, buter un mec c'est buter un mec mais un mec c'est parfois peu de choses."


Ma capsule de Buffout m'échappe des mains, répandant une dizaines de cachets près de mon verre, plus de Radaway mais je ne sens pas la toux monter. Deux bonbons blancs et un nouveau verre pour les faire passer. Je dois reprendre mes esprits. Discrètement j'enclenche le mécanisme de sûreté sur ma manicle.

"J'ai un truc à t'apprendre au passage. Garde ça pour toi, c'est mieux pour tout le monde, j'ai un grand dos et je collectionne les merdes alors c'est vraiment mieux pour tout le monde. Quand Roche est tombé, ouai j'étais là. Mais je l'ai pas buté, pas directement. La nana qui s'en est chargée a fini par en perdre le sourire, et la vue. Appelle ça le Karma si tu veux, mais perds pas foie en ce que tu fais, c'est ce que Roche avait fait. On est pas les moins pires, on est ce que l'humanité mérite de mieux. Le sol solide sur lequel elle se redressera, si elle finit par le faire, garde ça en tête."
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Volodia Helsen
MessageSujet: Re: Pars vite et reviens tard   Dim 10 Nov 2013 - 18:34

Méprisante, désagréable, insupportable ; entre ce qu'elle pensait, ce qu'elle a dit et comment André l'avait interprété... Comment son coéquipier percevait Volodia ? Pour sur, si elle allait trop loin elle pourrait mettre cela sur le compte de la boisson, au minimum une circonstance atténuante.
Il était mal, elle le percevait. C'était le genre de bonhomme a garder tout pour lui et, avec sa gueule de truand, le genre à pas se faire emmerder par les autres gardiens. Peut être se faisait il violence pour ne pas lui éclater la tête contre le mur... quelque chose qu'elle avait déjà fait, Volodia se rappela des vibrations se répercutant dans son bras qui tenait la tête de la Malebranche à chaque fois qu'elle la fracassait contre le béton. Cela remontait à tellement loin lui sembla-t-il. En réalité, deux ans, peut être trois ?
André aussi devait se remémorer de douloureux instants, dans le silence électrique qui avait suivie la pique que lui avait lâchée Volodia. Celle ci eut le temps de s’apercevoir du tiraillement dans sa poitrine, son cœur, serré... Effet du buffout combiné au psycho, ou peut etre autre chose.
"Tuer un mec c'est tuer un mec. C'est vrai, c'est pas bien profond mais c'est vrai. Tu sais ce qui arriverait si on venait à être découverts ? La même chose que si nous n'avions pas existé mais en version accélérée. Tout nos travaux, tout ce qu'on a préservé et amélioré aux mains de n'importe qui. Alors ouais, buter un mec c'est buter un mec mais un mec c'est parfois peu de choses."
La douleur qu'elle ressentait l'avait presque dégrisée, c'était étrange, elle se sentait pitoyable et maussade. André avait bien raison, ce serait sacrément la merde si l'Ordre n'avait pas existé, ça c'pourrait bien. Pour la suite de ses paroles, se fut un peu l'équivalent d'un coup de pied au cul.
"J'ai un truc à t'apprendre au passage. Garde ça pour toi, c'est mieux pour tout le monde, j'ai un grand dos et je collectionne les merdes alors c'est vraiment mieux pour tout le monde. Quand Roche est tombé, ouai j'étais là. Mais je l'ai pas buté, pas directement. La nana qui s'en est chargée a fini par en perdre le sourire, et la vue. Appelle ça le Karma si tu veux, mais perds pas foie en ce que tu fais, c'est ce que Roche avait fait. On est pas les moins pires, on est ce que l'humanité mérite de mieux. Le sol solide sur lequel elle se redressera, si elle finit par le faire, garde ça en tête."
Douloureux et humiliant comme coup de pied au cul. Comme tout les gardiens, Volodia avait connu Roche, même si c'était plus un "homme du monde" ( ce qui faisait de lui quelqu'un de très intéressant ) et Maya aussi, évidement, plus âgée que Volodia d'une seule poignée d'année.
Le double "jeux" de Roche l'avait mené dans une impasse, l'issue n'avait pu en être que tragique.
Elle tenta une question, d'un ton qu'elle voulait moins agressif :
- Tu penses vraiment que l'élimination de Roche était nécessaire ?
Elle n'avait presque donnée aucune attention à son flacon de buff' qui s'était renversé peu avant cela, il commençait à perdre l'assurance de ses mains...
En tout cas, voilà qui expliquait la certaine "liaison" entre André et Maya, pour pas mal de gardiens, et certainement ces deux là, l'Ordre était leur famille, et là, ils avaient du tuer l'un des leurs. Volodia n'avait que peu d'empathie pour les Bergers, seul exception pour Henri Guillaume ; ça non, elle ne vouait plus cet espèce de fanatisme des Bergers propre aux initiés. Maya... Maya était une personne froide ( la gardienne ne gardait que peux de souvenir de la Bergère "d'avant" ), le genre qui appliquait à-la-lettre le règlement. Pourtant...
Elle stoppa sa pensée et ses gestes.

Dans le mess désert entra deux silhouettes, celles ci ne pouvaient que voir André, ses vêtements sales et son dos vouté loin de son attitude habituelle nonchalante, et Volodia, pale, le visage baissé.
Voilà donc que venait d'entrer la jeune gardienne Éloïse Brunet et la Bergère Maya El-Hamadi, cette dernière prévenue par un jeune initié venu rapporter que deux membre de l'ordre se saoulaient dans le mess.
Maya restait impassible mais marchait d'un pas assuré, et vint s'asseoir sur la chaise que lui avait promptement tenue Éloïse. Éloïse... toujours aussi désagréablement heureuse et pleine d'énergie. Et encore plus heureuse de revoir Volodia.
- Ça va, ça c'est bien passé ? Tu aurais du me dire que vous étiez revenus. Vous repartez quant ?
La main qu'elle avait posée sur l'épaule de Volodia avait brièvement glissée un peu plus bas, rien que n'avait pu remarquer une aveugle, mais aux réponses inexistantes de la gardienne, Éloïse finit par s'asseoir aussi.
- Deux ombres dans le mess' m'a-t-on dis. Il ne pouvait s'agir que des deux gardiens que nous avons envoyé assister à la mort atroce d'une dizaine de personne.
La main gauche de Maya se promena sur la table, à la recherche d'André et Volodia, elle leur effleura à peine le poignée et le haut de la main, c'était toujours surprenant de voir qui lui fallait désormais si peu de contact pour percevoir les humeurs et l'état d'une personne.
- J'ai entendue dire que le problème avait été très bien géré par les autorités de Métrop'.
- Qu'est ce qu'il vous tracasse ?
Volodia se tourna vers elle, même si cela était parfaitement inutile. Être franche ?
- Je commence à perdre foi. Notre cause, notre vision des choses, notre lutte et ce que nous sommes amenés... à faire.
Maya compris immédiatement ce qu'elle avait voulu dire sur ses derniers mots. Mais ne su lui apporter les bonnes paroles.
- Un monde violent engendre des gens violent.
Alors quoi ? Ça voudrais dire que les types qu'on vécus plein de crasse dans leur vie, rendu violent par cette merde, comme moi et André, sommes condamnés à rester... comme ça ?
- Ce qui reste de l'humanité serait heureuse si nous utilisions tout notre savoir non pas à réparer leurs erreurs, mais plutôt à ne pas les commettre, voilà la vérité.
- Oh, la "vérité". Qu'est ce que la Vérité ? Il y a la tienne, la mienne et la vérité de tout un chacun. Elle n'est que celle de celui qui l'a dite.
Maya posa sa main sur celle de la gardienne. Et là, elle sue.
- Gardes foi en toi même, et tu gardera foi en l'humanité. Une valeur ne peut vivre que de foi. Et qui comprend cette valeur cherche à la préserver.
- L’espérance est contagieuse et pousse à l'action.
Voilà qu'elle remettait une couche celle là. La bienheureuse Éloïse, qui pense qu'un individu qui s'élève, élèvera le groupe, que la personne vertueuse rendra les autres meilleurs.
- Notre Ordre cherche à mettre fin à cette lutte perpétuelle. Contre nous même, contre la famine, contre la maladie.
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Andrealphus
MessageSujet: Re: Pars vite et reviens tard   Lun 11 Nov 2013 - 15:40

Le talent de la bergère est tel qu'elle arrive même à se pointer ici pile au moment ou j'allais proposer un échange plus direct à Helsen. Plus de quoi soulever le pantalon même entouré comme je le suis, je me contente de finir de ramasser mes cachetons magiques et d'exercer mon poignet à l'art du service alcoolisé. Je ne sens même plus le liquide passer entre mes lèvres mais il me permet de passer à côté de la sainte parole de Maya, ou de la joie de vivre intoxicante de Eloïse. Comme si j'avais honte de ce que je m’apprêtais à faire j'évite le regard de Maya, elle sent ce genre de choses alors qu'étrangement, j'offre mon premier sourire sincère de la journée à la jeune gardienne.

- Gardes foi en toi même, et tu gardera foi en l'humanité. Une valeur ne peut vivre que de foi. Et qui comprend cette valeur cherche à la préserver.

Conneries, je repense à cette discution que j'avais eut avec elle il ya quelques années à peine, ça sonnait plus comme à défaut de croire en toi, crois en ce que tu fais, un truc du genre. Je suppose que ma nouvelle amie pour deux jours possède encore quelques endroits blancs sur ses ailes.

- L’espérance est contagieuse et pousse à l'action.

- Notre Ordre cherche à mettre fin à cette lutte perpétuelle. Contre nous même, contre la famine, contre la maladie.

J'ai le palpitant qui déraille et les yeux gonflés, Maya est douée, elle sait placer et utiliser les bons mots mais je fais tache dans le tableau.

"Je dis pas je mange bien, on a les meilleurs soins du coin mais côté lutte contre soit même on est pas au top, faudrait retirer deux trois miroirs du temple pour mettre fin à ça."


Je sais pas vraiment pourquoi c'est sorti, mon petit cœur de gardien qui ne supporte pas que Maya ne daigne pas m'adresser le moindre mot, la papotage philosophique avec Volodia ou les souvenirs qui remontent à la surface en me tordant les boyaux ... Je me lève et active le Bouffomatic' comme j'aime l'appeler. Le premier tube me verse quelque gramme d'une farine alimentaire dans une barquette d'acier, le second est placé pour y verser de l'eau et faire gonfler le tout pour lui donner l'aspect d'une pâtisserie, l'aspect seulement.

"Hé ben pour casser l'ambiance il se pose là celui-là."

Maya pourquoi tu restes silencieuse ? Encore une fois je me demande si elle ne s’emmêle pas dans les handicap à se déplacer comme une voyante et à se la fermer quand elle est censée l'ouvrir.

"Le prends pas pour toi Brunet, même si ta voix est une torture pour mes tympans faut avouer que ça fait toujours du bien de profiter de ton "espérance contagieuse"."


Je verse quelques centilitres de la bouteille dans la farine histoire de pas chambouler mon palais, elle commence à gonfler instantanément la magie dans une barquette.

"Ce que je veux dire c'est qu'on ne peut pas demander à tout le monde de jouer le rôle du petit ours en peluche des holodisque matinaux d'avant guerre. Certains ici sont un mal nécessaire, des pêcheurs qui se nourrissent d'autres pêchés. Leur présence est certes discutable, leur moralité surement impossible à défendre mais ils sont un mal nécessaire. C'est parfois en perdant foi en l'humanité, en se libérant des contraintes d'un espoir trop haut placé, qu'on peut réellement entrevoir la véritable salvation, offrir la rédemption sans pouvoir la toucher."


La première bouchée est écœurante, me rappelant un conteneur en bord de seine rempli de cadavres goules depuis plusieurs jours.

"Quand nous n'avons plus l’espoir nous ne risquons plus de le perdre, la volonté d'agir malgré tout devient alors une véritable force, implacable et incorruptible. Alors je casse peut être l'ambiance mais pour le coup je préfère donner le fond de ma pensée."


El-Hamadi me connais bien, peut être mieux que moi même, elle lit entre les lignes et voit en moi bien plus facilement que devant-elle. J'aurais dut peser mes mots, après tout c'est à une bergère que je parle, je me demande quelle serait la réaction d'Helsen si elle devait finir par m'en coller une dans la nuque.

" Espoir et rédemption, deux mots qui sortent de ta bouche , toi qui ne vit ni ne parle que pour toi. André essaierais tu de te convaincre toi même ? Tu crois peut être qu'en plus d'avoir perdu la vue j'ai perdu la mémoire ? Tu parle de force mais tu continue à te voir aussi faible qu'il y a vingt ans. Un gardien confirmé qui se cache derrière une carapace de pessimisme et de cynisme. Si comme tu dis tu avait perdu foi en toi, je pense que Catherine Beaujeu ne serait plus là pour en parler."

La troisième bouchée me reste en travers de la gorge, une nouvelle crise de toux me paralyse les poumons et m'agresse la cage thoracique. Comment pouvait-elle être au courant pour la pute ? Est-ce qu'elle savait pour les autres ? Avoir des cadavres dans le placards est une chose, les voir mis sur le tapis devant sois en est une autre. Catherine Beaujeu, dernière en date d'une longue série de consommation luxueuse et de test de mes préparations, sans savoir pourquoi, j'avais finit par l'épargner et prendre la fuite, les choses risquent de se compliquer si je ne sais pas ce que les bergers savent.
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Volodia Helsen
MessageSujet: Re: Pars vite et reviens tard   Lun 11 Nov 2013 - 17:03

"Ce que je veux dire c'est qu'on ne peut pas demander à tout le monde de jouer le rôle du petit ours en peluche des holodisque matinaux d'avant guerre. Certains ici sont un mal nécessaire, des pêcheurs qui se nourrissent d'autres pêchés. Leur présence est certes discutable, leur moralité surement impossible à défendre mais ils sont un mal nécessaire. C'est parfois en perdant foi en l'humanité, en se libérant des contraintes d'un espoir trop haut placé, qu'on peut réellement entrevoir la véritable salvation, offrir la rédemption sans pouvoir la toucher."
Que voulait il dire par là ? Qu'il n'était qu'une bête fauve, mais que, contrairement à la lie parisienne, lui était utilisé par des personnes éclairées à des fins juste et moral ; car les bergers se sont aperçût que pour faire le bien, il fallait passer par le mal ? Résigné à la condition qu'il s'était imposé, pourquoi pensa-t-elle ? Peut être par ce que la résignation lui permettait d'alléger tout ses maux. Peut être.
- Rendez le bien pour le bien, et la justice pour le mal. L'Ordre essaie de faire cette justice, mais celle ci serait impuissante sans la force. Et vous Gardien, vous êtes cette force pour l'Ordre.
Mais... mais... Fermes donc ta gueule.
"Quand nous n'avons plus l’espoir nous ne risquons plus de le perdre, la volonté d'agir malgré tout devient alors une véritable force, implacable et incorruptible. Alors je casse peut être l'ambiance mais pour le coup je préfère donner le fond de ma pensée."
Incompréhension. Perdre espoir, c'était perdre sa volonté pour Volodia, elle se souvenait parfaitement de la Fosse, quant elle avait perdue l'espoir de sortir de cet enfer, elle avait perdue toute volonté. Le pire avait été de perdre sa volonté de vivre et, pourtant...
- Gardien, ne dites pas cela, vous, vous êtes quelqu'un de bien...
Elle avait dis cela avec vigueur, mais peu de chance que cela atteigne André. Il était temps pour Éloïse de partir avant qu'elle ne lâche une niaiserie de trop.
" Espoir et rédemption, deux mots qui sortent de ta bouche , toi qui ne vit ni ne parle que pour toi. André essaierais tu de te convaincre toi même ? Tu crois peut être qu'en plus d'avoir perdu la vue j'ai perdu la mémoire ? Tu parle de force mais tu continue à te voir aussi faible qu'il y a vingt ans. Un gardien confirmé qui se cache derrière une carapace de pessimisme et de cynisme. Si comme tu dis tu avait perdu foi en toi, je pense que Catherine Beaujeu ne serait plus là pour en parler."
Oh là ! Si ça ce n'était pas une invitation à se tirer. Les bergers savent beaucoup de choses apparemment... Et cela lui glaça le sang. Elle avait bien dans son parcours récent une tache sur le code, le genre d'erreur punissable que par la mort.
- Qui est cette Catherine Beauj...
L'aveugle regardait André et André semblait ne pas la voir. Volodia s'était levée doucement, il était temps de s'éclipser. Éloïse regarda tour à tour chaque gardien sans avoir saisie quoi que ce soit...
- Il faut apprendre pour connaitre, connaitre pour comprendre. Et comprendre pour juger. Tu te juges, sans même te connaitre.
Elle lui avait mi brièvement la main sur son épaule, espérant avec ses paroles avoir visée plus juste que les deux autres.
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Andrealphus
MessageSujet: Re: Pars vite et reviens tard   Mar 12 Nov 2013 - 20:45

Je lève mon verre à la santé de Volodia, notre partage de boisson magique semble nous avoir lié dans une philosophie commune, ou peut être avait-elle pour le coup réussit à me cerner et fatiguée, s'était contenté de dire ce que je voulais entendre. Elle se lève, la gamine la suit. L'aveugle regarde droit devant-elle pourtant je sens son regard sur moi.

"Sors de ma tête."


Sa main passe entre les gouttes d'alcools et de cachets de Buffout que je n'avais pas ramassé, d'un doigt, elle remonte le long de la bouteille d'alcool. Merde, je déteste quand elle fait ça. JE saisit la bouteille, elle semble avoir compris. Je remplit à moitié le verre de Volodia et le pose prêt d'elle.

"Merci."

Je m'attendais plutôt à ce qu'elle me conseil de lâcher un peu la boisson histoire d'être frais pour demain. Typiquement féminin, impossible à sonder et imprévisible. Elle attends que je l'ouvre mais je ne compte pas lui faire ce plaisir, la tête baissée j'offre toutes mes pensées à la semi-pâtisserie industrielle dans sa petite barquette de métal. Fait chier ...

"Et alors quoi ? Tu m'as toujours encouragé à faire preuve de sincérité non ?"


Elle leva doucement le verre à ses lèvres.

"Toujours la même bouteille depuis tout ce temps, tu aurais une réserve personnelle ?"

C'était sa façon de me faire causer, une technique vicieuse de psy d'avant-guerre, le pire c'est que ça marche, ça me fout en rogne, ça me serre le cartilage.

"Il est assez ironique de voir à quel point tu peut te montrer direct avec les autres quand on connais ton talent pour tourner en rond quand il s'agit de toi. Pense tu être le seul avaleur de pêché, le premier à prendre la place de l’indéfendable dans l'équation ? "

"J'ai jamais dis ces conneries, j'ai juste..."


"Tu as juste craché ton venin comme d'habitude. Ce venin même que tu prétends combattre, ce venin qui est de plus présent en toi au fur et à mesure des années. Si tu t'en sort avec ça tant mieux pour toi mais ne contamine pas le peu de lumière encore présent au temple."

"Je..."


"Je, je toujours je, toujours toi ! Comment veux-tu qu'il soit question de toi alors que tu n'est plus que l'ombre d'un gardien, une carcasse creuse qui se contente de se déplacer à gauche et à droite, depuis combien de temps n'est tu pas sorti du temple si ce n'est pour te complaire dans une merde qui ne va qu'aux cadavres et aux psychotiques de la pire éspèce."

"Si..."


"Si quoi ? Encore des paroles André Saint-Clair ?"

"LAISSE MOI EN PLACER UNE !"


Et voilà le silence. Quel con je sais pas quoi lui répondre, s'emporter devant une bergère c'est pas le top des conseils donnés aux initiés. Je me sens minable et mon esprit troublé par l'alcool est trop lourd, trop lent.

"Reprends toi Andrealphus, ce n'est pas parce que tu perds le sommeil que tu dois empêcher les autres de rêver, ce n'est pas parce que tu broie du noir que tu doit détruire la lumière des autres."

Va te faire foutre. Je tente de me lever mais ma chaise bascule et je me retrouve étalé au sol la cravate sur le crane. Le temps de me redresser et elle a déjà disparue. Seule Volodia m’observe dans la semi obscurité de l'entrée du mess. Cette envie de vomir qui me remue l’intérieur n'est pas dut à l'alcool, elle est dut à l'immense miroir que la bergère vient de me pointer sous le nez.

"Allez tous vous faire mettre."


Finalement mon vice avait eut raison de moi, Gemini me gueule de la fermer, il me dit que j'ai tort sur toute la ligne et remercie Maya pour son bon sens. Je me contente de l'enfumer un peu plus pour qu'il la ferme.
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Volodia Helsen
MessageSujet: Re: Pars vite et reviens tard   Jeu 14 Nov 2013 - 21:04

La voix d'André, imprégnée d'alcool et de dégout pour soi, se fit entendre jusque dans le couloir.
"LAISSE MOI EN PLACER UNE !"
L'ivresse n'avait pas effacé sa tristesse pensa-t-elle amer. La gardienne ne s'était qu'à peine retournée, continua d'avancer dans le dédale, Éloïse tout près d'elle. Sacré soirée. Venu là bas, pour chialer et vider son sac s'imaginait elle, mais ce fut le contraire ( et en y repensant, elle s’aperçut qu'au fond, elle même ne pouvait dire exactement ce qui n’allait pas, ce qui la tourmentait tant ), Volodia n'avait lâchée ce morceau de haine en elle que sous forme de ressentie et de parole agressives sur l'Ordre. Au contraire donc, de ses attentes ; en en apprenant plus sur André, sa vie et ses merdes, cela avait bouleversés ses opinions à elle jusque là confuses.
- Pauvre André, il avait l'air salement secoué. Si seulement...
Elle eut un soupir.
- Qu'est ce qu'il s'est passé là bas alors, qu'avait vous fait ? Qu'avez vous... vu ?
L'esprit embrumé de Volodia s’aperçut qu’Éloïse la tenait prêt d'elle. Elle se détacha de son emprise et failli tomber.
Là, l'esprit embrumé de Volodia s’aperçut que si la jeune gardienne l'avait tenue prêt d'elle, s'était pour ne pas qu'elle ne titube comme une ivrogne.
- Parles pas de ça...
Dis. Dis moi plutôt ta journée.

Volodia constata avec une certaine honte que les mots qu'elle prononçait été pâteux et sa voix, chargée de fatigue.
- Oh, nous avons surtout passé du temps à préparer le Temple contre cette épidémie. Mise en place de point de contrôles, ce genre de chose tu vois ?
Elle ne répondit pas et se laissa guider par Éloïse qui n'insista pas plus que cela. Ses muscles, plus particulièrement ses mollets et tout son dos, commençaient à la lancer, signe que les effets du buffout se retiraient. Une descente, en douceur.
- Là, c'est bon Éloïse. Merci.
Elle s’arrêta à une intersection. Un couloir menait aux casernements, l'autre aux douches.
- Faut que j'aille me décrasser.
Volodia sentait encore sa combinaison en plastique coller à sa peau par la sueur, sentait encore le sang dégoulinant sur ses bottes, le fin brouillard de la clinique embuer son masque. Elle sentait la misère humaine, largement présente à Métrop', lui coller à la peau. Prendre une douche, ouais. Elle se dirigea de ce coté là, le pas lourd.
- Vas y... Je te rejoins.
Le pas lourd ? L'esprit lourd aussi, ah ça, non, la gardienne n'avait absolument pas saisie les paroles d’Éloïse, si ça avait été le cas, elle se serait retournée et aurait aperçut ce regard et ces lèvres pincées.
Pourtant elle ne fut pas surprise de voir Éloïse, quelques temps après, entrer dans les douches. Une jeune femme au corps magnifique et aux idéaux presque candide. Celle ci s'approcha donc, ne tentant rien d'autre que quelques tendresses pudique et courtes embrassade.
- Ça va mieux ? Fit elle doucement en la regardant droit dans les yeux.
La gardienne se dégagea à peine de son étreinte et lui répondit simplement : "Oui. Merci" Merci, d'avoir toujours eut foi en moi, de m'avoir toujours soutenue, et de m'avoir sauvée, une seconde fois. Du fond du cœur : Merci. Elle ne croyait plus en la cause de l'Ordre, en sa voie, en l'avenir. L'impression que l'Ordre marchait, au mieux, à reculons dans le couloir du temps, le regard tourné vers le passé et dos à l'avenir. L'impasse. Mais l'obstacle avait été surmonté, par l'optimisme et l'enthousiasme du jeune femme idéaliste.
Elle ne put que l'embrasser, comme jamais elle n'avait embrasser quiconque avant cela. Et Éloïse, de dire trois mots qui allaient laisser leur empreinte dans le cœur de Volodia. "Je t'aime".
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Andrealphus
MessageSujet: Re: Pars vite et reviens tard   Jeu 14 Nov 2013 - 23:37


__________________________________ CHAMBRES DES GARDIENS


Occupée...Occupée... Trop de monde pas assez de piaule, qu'on ne me demande plus pourquoi je pionce pas seul ou dans un couloir merde. Une vilaine odeur d'alcool s'associe à une traînée de fumée blanche pour me suivre dans le dédale depuis mon départ du mess. J'ai malgré tout réussi à me repérer et à récupérer deux trois trucs dans ma boite magique. Impossible de résister à l'appel des holodisques de tonton André. Et puis merde, j'ai l'impression de tourner en rond si je pose pas vite ma carcasse, je vais chopper la crève. J'y vais à l'instinct, petite porte de service dans un angle obscur, l'idéal. J'ouvre la porte comme le professionnel que je suis, pas de grincement, pas de frottement, c'est propre est nette jusqu'à la fermeture.

La petite couchette habituelle porte en son sein la bosse d'un initié endormi, pourquoi faut-il toujours que ce soit une paire de couille. Bha je suppose que ça m'évite les ennuis. Le temps de virer mes pompes encore humide, mon froc aussi rigide que la muraille de Lutèce et je me laisse tomber sur le lit avec la douceur et le tact d'un Gallioun crevé en envoyant ma cravate dieu ne sait-où. Le gamin ronfle par tout les trous, un manque de classe que je pardonne en prenant place et en plaçant le petit lecteur vidéo que j'ai tiré au labo. Insérez l'holodisque, t'en fais pas tu va prendre oui. Après quelques parasites sur l'écran la pornographie d'avant-guerre est lancée, à cet instant rien ne pourrait l’arrêter, comme rien ne pourrais empêcher ma main de glisser vers ce qui me sers de sous vêtements. J'ai vraiment eut une dure journée, c'est le minimum de réconfort demandé par l'organisme masculin, Maya ne risque pas de se pointer cette-fois... Quoique ouai, ça pourrait s'avérer intéressant.

"C'est Noémie Roussel non ? Une vraie magicienne !"

"Bordel de dieu !"


Merde je croyais qu'il dormait celui-là, le voila assis sur le plumard, le visage absorbé par l'éclairage de l'écran. Après tout ... Je vois que ça ne le gène pas plus que ça.

"T'as l'air d'un connaisseur hein. Ça te dérange pas alors si je pieute ici cette nuit ? Pas moyen de trouver une piaule libre."


"Vous savez en ce moment je m'ennui comme un rat mort à revoir les principes de résistances des compartiments à fusion. Alors j'ai du temps devant moi, ouai c'est bien elle, une magicienne cette femme."

J'ose à peine y croire, ma bonne rencontre de la soirée est un foutu initié avec qui je vais partager un plumard. Après tout pourquoi pas, il me rappellerai presque moi plus jeune.

"Les micro-cellules à fusion hein, je suis passé par là aussi mon grand, c'est quoi ton nom ?"


"Rudy, Rudy Poisson."

"Merde comment tu t'es retrouvé avec un nom pareil ?"


"Mon père était pécheur."

Sous les cris de l'actrice remuant son bassin comme elle comptait s'envoler, je me retrouve à moitié à poil à fixer l'initié en me demandant s'il me prends pour un con.

"Sans blagues c'est véridique !"

"Putain... Ouai ça s'invente pas. Alors comme ça t'es un connaisseur ?"


"Noémie Roussel ! Elle est super célèbre !"

"Elle "est" ? Tu veux dire "était" ?"


"Non elle est encore en vie, elle bosse comme pute à Necrotopia de nos jours."

Ma soudaine envie de réconfort me passe. Non pas que j'ai un soucis avec l'intimité entre humains et goule, mais le gosse vient de démystifier plus de quatre ans de paluchage.

"Hum... je.. Dites ça vous dérange si je ..."

"Non vas-y prends l'écran, je tiendrais pas de toute façon j'ai les yeux qui se ferment et la tête comme un gros radcaniche. J'ai une grosse journée demain, un truc de gardiens."


"Merci M'sieur. C'est quoi votre nom déjà ? J'aurais aimé être avec un gardien comme vous."

"Andrealphus mon gars, et j'te l'fait pas dire."



Hrp avec un grand "H":
 
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Pars vite et reviens tard

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