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 Le long chemin du retour [Publique]

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Versailles
MessageSujet: Le long chemin du retour [Publique]   Mar 15 Oct 2013 - 12:14

"On peut voyager non pour se fuir, chose impossible, mais pour se trouver."
-Jean Grenier

_____________________

"Juste une enveloppe, en provenance de Necrotopia. Vous avez une pièce d'identité ?"

"Bien sur juste là, un instant."

"Alors ? Des amies goules ?"

"De la famille."

Le jeune courrier ouvrit deux grands yeux ronds auxquels elle ne prêta pas attention, occupée à examiner l'enveloppe.




Le long chemin du retour




Lutèce, le joyau de la capitale brillant de mille feu dans la nuit, éclipsant le clair de lune, jamais en sommeil, toujours pleine de vie. Versailles avait quitté pour un moment la violence des ruines extérieur pour panser blessures physiques et morales. Elle avait quitté son uniforme ensablé pour une tenue civile, ses cheveux sales avaient repris leur teinte sombre naturelle, détachés, enveloppant la femme d'une odeur de Bienfaisante rare et agréable. Elle foulait les pavés du centre-ville, légère, flottant avec grâce entre les devantures commerciales rénovées et éclairées comme en période de fête.

Tout semblait différent ici quand on exerçait ce métier. Des illégaux mordus de jet aux patrouilles, tous paraissaient moins tendus, plus souples, civilisés qu'ailleurs. Elle aurait voulut sortir plus tôt pour observer les enfants, personnification même de la raison qui la poussait à prendre les armes, mais à cette heure et dans ce quartier tous dormaient sur leurs deux oreilles, à l'abri du monde réel.
Elle souriait. Pas de nervosité, le simple et sincère sourire d'une femme. Plein de charme, une promesse implicite, une main tendue, une passerelle vers le paradis.

D'un léger mouvement de main, elle ouvrit la porte d'un petit restaurant dans une vieille ruelle piétonne non loin de la mairie. L'endroit était chaud et paisible, animé par une machine d'avant guerre diffusant automatiquement quelques holodisques musicaux d'avant guerre. A peine une dizaine de tables napées de noir se tenaient en cercle autour d'un piano lustré qui ne servirait sûrement plus jamais. Elle pris place à l'une d'entre elle, l'habituelle. A l'autre bout de la table, un jeune couple communiquait silencieusement dans un échange de sourires et de regards passionnés, rappel de solitude à la fois douloureux et apaisant pour celle qui avait choisi une autre voie.

Faisant face à l'entrée de l'établissement, sous un immense lustre poussiéreux et par delà les tables, se dressait un imposant bar de bois orné de quelques bouteilles entamées. Sous le regard attentif d'un employé à la moustache travaillée, un client se tourna vers la nouvelle arrivante, lui levant son verre en souriant. Versailles l'observa un instant d'avantage perdue dans ses pensées que dans l'admiration. Lorsqu'enfin elle détourna le regard sans la moindre trace émotionnelle, l'homme repris place au bar, déçu.

Des hommes, plusieurs noms lui virent en tête. Bien sûr Désirée mais aussi Chang et Jensen. En s'efforçant de ne pas s'imaginer une vie différente, elle appela un employé d'un geste du bras droit.
Le même plat, toujours et encore pour les rares instants ou elle ne porte plus son grade de sergent.
Une viande de Goliath caramélisée à peine irradiée et un verre de lait de brahmine aromatisé aux plantes. Après avoir trempé ses lèvres, elle utilisa son couteau pour ouvrir délicatement l'enveloppe.



Je ne sais pas par où commencer. Voilà longtemps que nous n'avons parlé toi et moi. Trop longtemps mais je ne te blâme pas, je connais l'importance que tu accorde à ce que tu fais à l’extérieur. Beaucoup de choses ont changée ici, pour toi aussi j'imagine. La vieille goule que je suis ne fait qu'espérer que ton cœur ne s'en est pas vu obscurcit. Je me permets toutefois de réclamer ta présence, c'est au sujet de ta mère. J’espère sincèrement que tu trouveras le temps de venir jusqu'à nous.

Avec toute ma compassion, mes prières t'accompagnent.

Père Coulat.

Chaque mot avait l'un après l'autre réveillé en elle, non pas un nouveau sentiment mais plutôt une sensation oubliée. Ses yeux humides fixèrent son assiette quelques secondes, puis elle déposa quelques francs sur la table avant de fuir d'un pas précipité. Le souffle court, comme prise à la gorge, elle s'appuya contre un mur de la ruelle afin de se reprendre. La main serrée sur la lettre froissée, elle secoua la tête, émergeant et plongeant sans cesse dans une océan d'émotions incontrôlable depuis le décès du caporal M'Bala. Elle avait besoin de repos, demain elle prendrais la route vers la ville des goules.

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Dernière édition par Versailles le Jeu 17 Oct 2013 - 9:39, édité 2 fois
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Versailles
MessageSujet: Re: Le long chemin du retour [Publique]   Mar 15 Oct 2013 - 14:32

"IL EST BON MON RADCOCHON, IL EST BON !"

Elle fronça légèrement les sourcils et se massant le front, le soleil lui même paraissait avoir un mal fout à se lever. La bordure de la cité républicaine était animée par quelques marchands faisant la promotion de différents produits et du sifflement de différent robots d'agriculture de la FNF.
Le sol pavé laissait place à de petites routes de bitume éventré et de chemin de terre. De l'autre côté du mur, déjà une foule de réfugiés, touristes et autres fruits des terres désolées se massaient aux postes frontière.

*Plus simple dans un sens que dans l'autre j'imagine.*

Non sans une courte pensée vaporeuse sur sa première visite de Lutèce, elle fouilla du regard à la recherche des habituels services d'escortes.

"J'espère que vous ne regretterez pas de ne pas avoir fini votre assiette avant de quitter l'enceinte."

Versailles ne sursauta pas, elle avait remarqué la présence de l'homme depuis quelques minutes sans toutefois le reconnaître. Lié à elle par la fleur de l'âge, son visage entouré d'une tignasse brune peignée et d'une barbe de quelques jours avait quelque chose de charmant. Souriant en coin, il reprit de sa voix envoutante.

"Désolé, je ne voulais pas vous faire peur. Il se désigna en se pointant des pouces. Vous vous souvenez ? Au restaurant hier soir. Il finit par rire de lui même en baissant un instant le regard. J'ai dut vous paraître ridicule non ?"

Elle ne put s'empécher de prendre l'homme en sympathie.

"Vous ne m'avez pas effrayée et non, vous n'aviez pas l'air ridicule. Pas plus que moi en tout cas."

L'homme paraissait satisfait il observa un instant les alentours et repris.

"Alors vous allez vers où ?"

"Necrotopia."

Alors qu'elle s'attendait à une réaction négative habituelle, elle fut surpris de le voir acquiescer en hochant la tête sans la moindre expression de dégoût ou de surprise.




"Vous n'êtes pas d'ici n'est-ce pas ?"

"Ho vous savez, d'ici ou d'ailleurs qui s'y intéresse lorsqu'un monde merveilleux et plein de surprise nous tends les bras ? Nos ancêtres nous envieraient surement notre liberté actuelle à défaut d'autre chose."

Voilà comment briser la glace de manière efficace. Il était parvenu grâce à une attitude naturellement séduisante à arracher un sourire sincère à la femme en deuil qui oublia pendant quelques secondes jusqu'à la foule grandissante qui les entourait.

"Je fais parti d'un convoi marchand, on se dirige vers Métrop'. Si ça vous dit vous pouvez nous accompagner. On est jamais trop prudent et ça sera toujours plus agréable. Je veux dire, ça me changera des vieux grincheux que je me trimbale."

Son regard glissa vers son arme de poing et son BEC.

"Et si je ne m'abuse ce flingue n'est pas la pour la décoration."

Elle caressa la crosse de son PL-A1. Il n'avait pas servit depuis un moment, arme fiable, élegante qui comblait l'absence de son fusil qu'elle avait trop souvent porté.

"Alors ? Qu'est ce qu'on attends ?"

"Hahaha, je vous aime déjà ! Par ici."

Ils se frayèrent un chemin parmi les arrivants et les soldats jusqu'à un duo de brahmines chargées comme un camion humanitaire.

"Hector on est prêt ?"

Un minuscule bout d'homme ayant visiblement fait le deuil de sa chevelure apparut.

"Qui c'est elle ?"

Visiblement mal à l'aise, le nouveau compagnon de Versailles frotta l'arrière de son crane.

"Désolé il est comme ça avec tout le monde. Je vous présente Hector mon associé, Hector voici …"

"Versailles."

"Enchanté au passage, je m'appelle Vincent et voici Laurent, Pierre et Eliott."

Il avait rapidement désigné du doigt une tête blonde d'une dizaine d'année un colosse et un vieillard bossu. Chacun salua à sa façon allant du signe de main au hochement de tête.

"Versailles se rends à Nécrotopia et …"

"Bha ! Peu importe ! Allez en voiture si je puis dire ! Avant que les collègues de la dame ne reviennent me signaler que je n'ai pas le droit de garder les brahmines ici !"

Vincent sourit en faisant signe à la femme de le suivre. Le convoi avança vers l'une des portes donnant vers l’extérieur.



Suite dans Les terres désolées

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