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 Dopant pour gamine léthal.

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Isabelle Jager
MessageSujet: Dopant pour gamine léthal.   Dim 8 Sep 2013 - 18:49

La ruelle était sombre et peut accueillante, exactement comme on lui avait décrit. Mais si le dealer avait de la bonne came s'était suffisant pour la faire venir dans ce trou sombre et inquiétant. Elle n'avait pas confiance au trident, voir Laura s'écrouler en se convulsant en gémissant n'était pas une vision séduisante et la négrière n'avait pas envie de revoir ce sombre spectacle. Hors de question de lui donner de la came coupée, sinon autant lui injecter de la mort aux rats dans les veines ou de lui tirer une balle. Ce serait plus rapide et moins cher que de faire le trajet Arc Métrop'. Isabelle s'alluma une cigarette et continua de progresser dans la ruelle jusqu'à tomber sur le dealer en question : une allumette : le corps squelettique, un visage creusé par la dope et des cernes monstrueux. Soit il avait mal dormi, soit la drogue qu'il prenait était violente. Ou alors était-ce les deux. Selon une connaissance négrière il serait fiable et il vendrait des stupéfiants de qualité, c'était tout ce qu'elle demandait : de la came de qualité pour sa boxeuse. Encore fallait-il que tout soit en bon ordre et que les doses soient bien préparées. La négrière cracha la fumée de sa cigarette en plusieurs cercles s'élevant dans les airs, parfois elle aurait voulu être un nuage et voir Paris depuis le ciel. Isabelle se racla la gorge.

-Salut, j'ai besoin de psycho, buffout, mentat, med-X. Le tout dans la même seringue. Ca devrait pouvoir se faire, et j'ai besoin d'une petite dose, de quoi faire péter les plombs à une gamine de dix-sept ans, mais pas assez pour la flinguer d'un arrêt cardiaque.

Normalement il ne devrait pas y avoir de problème, et s'il y en avait et qu'il lui vendait de la came merdique elle reviendrait. Et il aurait intérêt à avoir une bonne excuse s'il en voulait pas terminer face contre terre une balle dans le crâne. Isabelle lâche sa cigarette avant de piétiner le mégot.

-Je suppose qu'avec quatre-vingts anneaux je peux m'offrir un supplément de deux ou trois joints non? Dit-elle sur un ton froid.

Ne rien laisser transparaître devant un dealer était vital quand on avait de l'argent, sinon ils en profitaient pour vous extorquer tout ce qui pouvait l'être. Au moins celui-ci avait la réputation d'être réglo et il avait l'air un peux moins fêlés que les sbires du trident. Peut-être un peux plus lugubre, mais lui au moins n'avait pas l'air d'un timbré en manque de fric qui vendrait n'importe quoi, -même du plâtre ou de la lessive comme certains ont l'habitude de faire- pour continuer à vivre.

Espérons que j'ai raison de lui faire confiance.

La négrière fit craquer toutes les articulations de son corps, comme elle avait l'habitude de le faire quand elle voulait se détendre et qu'elle n'avait rien de bien amusant sous la main. Même si elle s’efforçait de ne rien laisser filtrer le stress la gagnait à mesure que le temps passait. Elle n'avait jamais aimé parler à quelqu'un dans des lieux sombres, en tout cas pas temps que ses yeux s'étaient habitués à l'obscurité ambiante : pas assez d'échappatoire correcte en plus d'une mauvaise perception de l'environnement. Elle n'avait aucune envie de trébucher sur une brique en plein combat ou de tout simplement se vautrer lamentablement sous les yeux de quelqu'un.

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Saint Vincent de Räzell
MessageSujet: Re: Dopant pour gamine léthal.   Mar 10 Sep 2013 - 21:50

Le Saint zonait dans la rue où il avait élu domicile pour écouler sa came. Il changeait régulièrement de rue, et cela faisait déjà plusieurs heures qu'il pensait à partir. Pour une simple et bonne raison : quand il voyait de nouvelles têtes, il savait que c'était des clients de chez lui qui avaient donné l'adresse. Et si ces abrutis la donnaient à tout le monde, alors ses collègues du Trident ne tarderaient pas à venir vérifier les rumeurs de Psycho. D'autant que plusieurs mois s'étaient écoulés depuis sa dernière visite à la Maison du Trident.

La paranoïa rendait l'homme très prudent. Une voix comme un souffle dans un petit coin de sa tête insistait : pars, change d'endroit, ne pêche pas par excès de confiance ni par avarice.

Mais au moment où il allait finalement l'écouter et plier bagages pour changer de quartier, une jeune femme le héla très sommairement, avec une requête des plus extravagantes. Elle voulait un mélange de produits dans une seringue. Il fallait être un peu cinglé, pensa le Saint en levant un sourcil circonspect. Mais la femme parla ensuite de la somme qu'elle possédait, et son prix fut suffisamment attractif pour qu'il la regarde d'un œil tout neuf.

Elle n'était pas désagréable à regarder en soi. Le Saint la jugeait à peu près aussi naïve qu'elle était mignonne. Comme la plupart des femmes. Ses cheveux flamboyants et sa peau blanche n'étaient pas courants dans les Terres Désolées. Les roux étaient une minorité bien moins visible que les arabes et les africains, et apparaissaient par conséquent comme des êtres exotiques, presque autant que les asiatiques. Son corps n'était pas mal fait non plus.

Il s'arrêta immédiatement de la détailler avant que des idées qui l'handicaperai dans la négociation ne lui viennent en tête.

« Attends, attends ... Suppose rien pour l'moment ... T'es qui, d'abord ? »

Le Saint avait posé la question sur un ton agressif. Bien que la femme ne soit visiblement pas chargée de mauvaises attentions, il ne la connaissait de nulle part, et même s'il n'avait pas forcément l'habitude de faire les présentations avec tous ses clients, il aurait bien voulu savoir au moins qui lui avait indiqué qu'il vendait de la dope dans cette rue.

Il ne la soupçonnait pas d'être un membre des Tridents, ni un indic. Un indic jouerait le rôle d'un client régulier, à qui on pouvait faire confiance ... Or, il était évident que la jeune femme avait une connaissance plus qu'approximative du milieu, vu la somme qu'elle comptait débourser pour un mélange qui fout'rait n'importe quel type – même un habitué endurci – sur le carreau en un rien de temps.


« Et ensuite, qui c'est qui t'a parlé d'moi ? »

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Dernière édition par Saint Vincent de Räzell le Sam 14 Sep 2013 - 15:47, édité 1 fois
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Isabelle Jager
MessageSujet: Re: Dopant pour gamine léthal.   Jeu 12 Sep 2013 - 20:21

Le dealer sembla réfléchir, puis le regard de l'homme s'attarda un peux trop sur le corps de la négrière. La femme ferma volontairement les yeux sur ce rinçage d'oeil qui ne dura qu'une demi-seconde, le temps que son interlocuteur comprenne que cela pourrait poser problème pour la suite des négociations.
Les hommes sont toujours plus enclins à accepter quand ils ont une jolie fille en face d'eux.
Elle ne se qualifierait pas de jolie, étant donné que c'était "une planche à pain" comme ses collègues disaient. Plutôt attirante pour les hommes qui aiment les clous dirait-elle. Isabelle soupira, ce n'était pas le moment de penser à l'amour alors qu'elle avait besoin de dope pour gagner un pari qu'elle avait fait sous le coup de la colère.

-Attends, attends ... Suppose rien pour l'moment ... T'es qui, d'abord?

Plutôt agressif pour un dealer, mais la paranoïa était une nécessité quand on était pas affilier au trident. L'organisation avait la réputation d'écraser la concurrence, elle avait aussi la réputation de tuer les gens qui ne servaient plus à rien. Elle avait failli être éliminée du système pour avoir traîné un peux trop longtemps dans le trident. Sans doutes qu'elle pouvait s'être estimé heureuse de ne pas s'être faits tirer dessus en passant sa commande.

-Et ensuite, qui c'est qui t'a parlé d'moi?

Un négrier, un collègue de travail qu'elle ne connaissait que de vue et qui l'aiguillait sur des combats faciles. Mais sans doutes que cette réponse ne suffirait pas et qu'elle se présente pour dissiper les doutes du dealer qui semblait sur les nerfs. Une journée avec des clients difficiles peut-être, ou tout simplement l'angoisse de se faire tuer par un client. Ca c'était déjà vue, on avait déjà essayé de la tuer car elle ne voulait pas lâcher certaines informations.

-Je suis une négrière de l'Arc, Isabelle Jager pour être plus précise. C'est un de mes collègues qui m'a dit que tu vendais de la dope de qualité, et j'avais pas envie d'avoir de la merde en seringue en allant voir le trident, et j'ai pas trop envie d'aller voir des gens qui m'ont poignardé dans le dos.

Merci de m'avoir laissé agoniser avec une balle dans l'épaule parce que je rapportais plus assez de fric.

Plutôt marcher sur un charnier que de retourner au trident, elle était négrière et elle était contente comme ça. Tant pis si la vie était légèrement plus rude mais au moins elle ne se subissait pas les machinations du tordu, en tout cas, pas encore. Ne restait plus qu'à voir si le dealer était satisfait de la réponse apportée, ensuite la transaction aurait lieu.
Ou pas, selon la réponse du vendeur de dope.
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Saint Vincent de Räzell
MessageSujet: Re: Dopant pour gamine léthal.   Sam 14 Sep 2013 - 15:46

« Mouais ... Au sens propre ? J'veux dire ... Ils t'ont vraiment foutu un coup d'poignard entre tes os ? demanda le Saint sur un ton faussement désintéressé en sortant sa boîte à magie. Tu leur devais de la thune, ou bien ? »

Fallait se méfier des éventuels mauvais payeurs. Mais la fille semblait pas vouloir demander une avance. Elle avait parlé comme si elle avait la somme sur elle. Un mauvais dealer – un putain de vrai connard psychotique, c'est-à-dire – aurait saigné la donzelle pour la dépouiller si tôt l'info tombée. Mais le Saint était pas du genre à se salir les mains. Le plus souvent, il préférait de loin s'arranger pour tuer tout en douceur, avec ses produits, ses combines, ou ses relations. Et puis il fallait vraiment être un vicelard pour s'en prendre à une femme, mais si c'est une négrière.

Le Saint les appréciait pas, ces gens de l'Arc. Pas du tout. C'était eux qui provoquaient ce climat de peur permanente parmi la population de Paris, qui tentait simplement de survivre tant bien que mal. Ils débarquaient, et ils enlevaient les plus faibles et les plus honnêtes, les femmes et les enfants, pour les parquer dans des enclos où ils les dressaient comme des animaux, à coups de bâtons et de lanières de cuir.
S'ils n'enlevaient que des salopards qui méritaient de perdre leurs libertés, ça dérangerait pas le Saint outre mesure, dans l'absolu. Mais c'était toujours de petits communautés désarmées, incapables de se défendre, qui étaient les cibles de leurs razzias de vautours. Il faisait pas bon être faible, dans ces terres brûlées.

Et le pire, dans cette histoire, c'était le gouvernement de la Nouvelle France qui légitimait ces pratiques et propageait le sentiment d'insécurité, tout en pointant du doigt les clans des "psychotiques", comme ces salauds du gouvernement les appelaient, comme les responsables du chaos ambiant. La Nouvelle France n'était pas mieux que la plupart des gangs ou des tribus, mais il y avait une différence notable avec ces dernières : elle avait le pouvoir, l'argent, la technologie, une pseudo-légitimité vieille de plus d'un siècle, et l'influence nécessaire pour être la faction de psychotiques la plus importante et inattaquable de toutes. Ses méthodes étaient dégueulasses : abattre les contestataires, les libres-penseurs et tout ceux qui refusaient de se rallier à leur idéal pourri comme un fruit trop mûr ; les emprisonner ou les réduire en esclavage ; les faire assassiner par des mercenaires et des chasseurs de primes en faisant glisser sous la table le nombre d'anneaux nécessaires.

Voilà pourquoi le Saint aimait tant jouir de sa liberté, même si elle comportait son lot de risques incalculables, omniprésents. Au moins, lui, il ne se battait pas pour l'idéal vicié de quelqu'un d'autre, ni pour les intérêts politiques ou financiers de quelques enfoirés haut-placés à coups de piston. Lui, il se battait pour lui, et seulement lui. Une tâche de tout les instants, qui occupait toute son attention et tout son temps. Mais il était fier de ne pas appartenir au système corrompu, même en n'étant qu'un simple maillon de la fin de la chaîne, comme cette Isabelle Jägger.

Il se demanda si la fille avait conscience de n'être qu'une vendue, une salope qu'on achète pour intégrer le processus à grande échelle, guère plus libre que sa marchandise.

Oublions ça. Réglons cette affaire fissa.

« Bon, alors j'te l'dis tout d'suite, j'ai pas tout c'que tu m'as demandé, prévint d'emblée le Saint en ouvrant la pharmacie. En plus, du moment que t'allonges les anneaux, j'veux bien faire n'importe quoi, mais faudrait vraiment êt' con à bouffer des cailloux pour mélanger des produits aux effets totalement différents. Les mecs qui bouffent trois ou quatre drogues en même temps régulièrement - surtout des médocs bien balèzes comme du Psycho, du Buffout ou du Jet, t'sais ? – ... et bha ... Tu peux m'croire, ils claquent dans les trois mois. Après, j'te dis ça, tu prends, tu prends pas, on va pas y passer la nuit, okay ? Mais tout mélanger dans une seringue, pour l'injecter, dans une gamine, en plus ... Bha t'aurais aussi vite fait d'lui foutre un coup de hache dans la tête et t'économiseras quatre-ving anneaux, tu m'suis ? »

Dans la pharmacie, il y avait une dizaine de flacons de différentes formes, remplies de différentes poudres de perlimpinpin et autres cachets aux couleurs différentes, allant de l'ocre au bleu. Sur les pots, des petits étiquettes délavées portaient des noms imprononçables. Le Saint, qui savait lire, mais difficilement, c'était longtemps entraîné, quand il était seul, pour reconnaître ses produits à l'œil et prononcer leurs noms scientifiques sans bégayer ni échanger les syllabes. Il y avait mis du temps, mais maintenant, il impressionnait par ses connaissances la majorité de ses clients, qui le croyaient bien plus intelligent qu'il ne l'était. C'était plus vendeur.

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Isabelle Jager
MessageSujet: Re: Dopant pour gamine léthal.   Lun 16 Sep 2013 - 20:56

-Bon, alors j'te l'dis tout d'suite, j'ai pas tout c'que tu m'as demandé. En plus, du moment que t'allonges les anneaux, j'veux bien faire n'importe quoi, mais faudrait vraiment êt' con à bouffer des cailloux pour mélanger des produits aux effets totalement différents. Les mecs qui bouffent trois ou quatre drogues en même temps régulièrement - surtout des médocs bien balèzes comme du Psycho, du Buffout ou du Jet, t'sais ? – ... et bha ... Tu peux m'croire, ils claquent dans les trois mois. Après, j'te dis ça, tu prends, tu prends pas, on va pas y passer la nuit, okay ? Mais tout mélanger dans une seringue, pour l'injecter, dans une gamine, en plus ... Bha t'aurais aussi vite fait d'lui foutre un coup de hache dans la tête et t'économiseras quatre-ving anneaux, tu m'suis ?

Alors Laura y passerait si elle lui injectait le petit cocktail qu'elle demandait dans les veines. La négrière sourit, peut-être l'humanité n'était pas perdue en fin de compte, au moins elle avait rencontré un dealer honnête dans sa vie. Peut-être que le vendeur de dope prendrait mal ce sourire, peut-être qu'il penserait à autre chose, les hommes étaient imprévisibles. Isabelle refit craquer ses articulations, comme à son habitude. Elle devait répondre àses questions si elle voulait pouvoir espérer continuer la négociation, la négrière se racla la gorge : elle devait choisir ses mots avec soin, ce dealer n'était pas affilié au trident et quand elle en parlerait, elle devrait choisir ses mots avec finesse et intelligence.

-Concernant le trident, ils m'ont laissé crever une fois qu'ils ont percuté que j'avais plus d'infos utiles à leurs revendre. Enfin, je sais me défendre même si c'est pas passé loin. Mais a l'avenir je saurais qu'il ne faut pas leur demander de la protection.

Une balle dans l'épaule après avoir tué trois psycho dans une fusillade, merci a son habilité au flingue et à la chance qu'elle avait. Isabelle cessa de parler de ce sujet, peut-être même qu'elle en avait déjà trop dit, les dealers indépendants n'aimaient pas trop avoir comme client des anciens du trident. Même si elle n'avait pas quitté ses anciens employeurs de la façon la plus courtoise qui soit. En fait la négrière avait quitté le trident d'une façon plutôt énergique qui l'encourageait à ne pas revenir de sitôt chez eux.

-Concernant la dope, je me contenterais d'une petite dose de Psycho alors. Tu as en stock où c'est chez toi? Et je pourrais savoir le prix? Sachant que je dois prendre un ou deux trucs sympas pour une habituée des drogues dures, t'aurais pas un truc ou deux à me conseiller pour une habituée qui aime repousser les limites de l'humainement possible?

Pas moi c'est sûr.

Deux fois elle avait touché à de la dope : la première fois à ses seize ans un petit rail qui l'avait rendu malade une semaine. Puis une seconde fois lors de son entrée chez les négriers, une petite injection qui l'avait rendue hyperactive pendant une nuit entière. Elle avait couru toute la nuit dans l'arc en beuglant comme un rad-cochon qu'on allait égorger. Puis on l'avait retrouvé en pleine descente avachie contre l'arc de triomphe dans un état second. Depuis ses deux incidents plus jamais elle n'avait touché à des drogues extrêmes, quelques fois elle fumait un petit joint mais jamais elle ne retoucherait à de la vraie came. Isabelle soupira en repensant à ses deux expériences qui n'avait jamais été aussi désagréable de toute sa vie.
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Saint Vincent de Räzell
MessageSujet: Re: Dopant pour gamine léthal.   Mer 18 Sep 2013 - 12:04

Le Saint jeta encore des coups d'œil furtifs vers les ruelles et les fenêtres pendant que la femme lui répondait. Comme s'il attendait qu'une météorite s'écrase sur lui à tout instant. Son appréhension augmentait au fur et à mesure qu'il restait dans la ruelle. Il tiqua, lorsque la femme lui demanda s'il avait de quoi la fournir ici ou chez lui. Il reporta son regard sur la rouquine.

« Ouais. J'ai d'quoi t'fournir, mais faut qu'on bouge, ouais, j'ai plus de trucs ailleurs, là. On va aller s'foutre dans une planque. Suis-moi. »

Il rangea prestement sa boîte à pharmacie dans son sac, le passa en bandoulière, et se mit en route sans même vérifier de si elle le suivait ou non. Après une dizaine de minutes de marche et quelques ruelles en ruines traversées, le Saint jugea que suffisamment de distance avait été mise.

Il connaissait un vieux bâtiment dans le coin, pas encore complètement détruit, auquel au deuxième étage, on avait une vue d'ensemble sur la rue en contre-bas et sur les décombres de Paris qui s'amoncelaient sur une centaine de mètres. Ces bâtisses étaient des vrais coupe-gorges, et de nombreuses embuscades étaient tendues aux voyageurs. La hauteur de l'appartement les mettait partiellement en sécurité le temps de faire la transaction. Et le Saint s'y sentait mieux.

Ils poussèrent la porte fracturée et à moitié dégondée du hall d'entrée et gravirent les escaliers grinçants et peu rassurants. A chaque pas, on risquait de passer au travers, à cause de l'humidité et de la pourriture. Ils parvinrent néanmoins au deuxième étage, et le Saint s'engouffra dans le couloir rongé par les champignons et une espèce de mousse blanchâtre à l'odeur puissante, avant de tourner et d'entrer dans un appartement ravagé. Les meubles étaient renversés, les tiroirs jetés à bas, dans un capharnaüm monstrueux. Des objets, des documents, des photographies, traînaient par terre, dans un silence vénérable, comme s'ils étaient là depuis des millénaires - comme s'ils avaient toujours été là - déjà attaqués par les affres du temps. Le tout était recouvert d'une couche de poussière allant de la fine pellicule à la moquette de moutons selon les endroits, trahissant la venue ponctuelle d'occupants dans l'appartement.

Au milieu de la pièce, un canapé en faux-cuir, à peine bon à brûler, siégeait misérablement devant une table basse dont on retrouvait les quatre pieds éparpillés partout dans le bazar ambiant. Pour tenir cette dernière à hauteur de mains, deux parpaings avaient été glissés sous elle. A côté du canapé mité dont le faux-cuir était majoritairement usé, un siège de toilettes arrachés à ses gonds avait été posé. Le Saint posa son sac sur la table basse, et se dirigea vers la fenêtre pour jeter un bref coup d'œil derrière le voile poussiéreux qui servait de rideau à la fenêtre sans vitre. Une brise post-nucléaire faisait onduler le tissu, et augmentait aléatoirement la luminosité de la pièce (même si le voile n'offrait de toute façon pas beaucoup d'ombre).

Il revint vers la pièce et pris place sur la cuvette vide après avoir rabattu la lunette du chiotte.

« Vas-y, cale toi dans c'truc là, dit-il en désignant vaguement de la main le vieux canapé. Bon, j'ai là du Psycho de première qualité, tu trouveras pas mieux. Ou si tu trouves mieux et que c'est pas moi qui te l'ai vendu, c'est qu'il y a un p'tit malin qui refourgue mes produits après me les avoir acheté. C'plus rentable de v'nir direct me voir, mais en période de dèche ... Chacun fait c'qu'il peut.
Chez moi, la dose est vendue à 36 Anneaux. C'est un truc de frâlé, c'produit, alors commence pas à négocier quoi qu'ce soit : y a un prix, c'est le prix, point barre. J'ai vu un mec plus p'tit que moi en déglinguer un autre de quarante centimètres et quatre-ving kilos de plus que moi, dans un combat à mains nues. Forcément qu'il s'rait cané sans l'injection qu'j'lui avais faîte, le mec. »


Le Saint déballa deux doses qu'il posa sur la table. Les seringues étaient assez sophistiquées, et dégageait une attraction morbide mêlée à un sentiment de danger, comme face à une rad-mante géante.

« Avec ce truc, t'as de quoi transformer ta gamine en tueuse-née, prédit-il en posant son index sur l'imposante seringue et en jetant son regard cerné dans les yeux indifférents de la rouquine. Tu balances ta p'tite pute dans un enclos avec huit rad-molosses pour lui tenir compagnie après lui avoir filé c'truc, et tu la retrouve deux heures plus tard en train d'se taper le gueuleton d'sa chienne de vie. Ce machin, c'est pas des amphets de combat, ou quoi. J'en ai des amphets s'tu veux, ça rend un peu fou et ça tient réveillé. Mais le Psycho, c'est un truc qui te rends carrément barjot. Tu chopes des orgasmes en dépeçant ta propre mère, avec ce truc, tu piges la violence du truc ? »

C'était ce que le Saint préférait. Bonimenter pendant des heures sur ses produits. D'abord, il attirait les nouveaux clients avec des promesses et des anecdotes. Excité par les mots de mort, de destruction ou de folie, excité par la promesse d'une violence bestiale ou d'une expérience sensorielle inédite, excité par le désir enthousiaste d'entrer dans des nouveaux mondes moins pourris où il serait le Roi de chacun de ses royaumes, le nouveau client finissait par se laisser avoir.
Et quand il comprenait que le seul roi dans ces royaumes était le vendeur, il était déjà trop tard.

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Isabelle Jager
MessageSujet: Re: Dopant pour gamine léthal.   Jeu 19 Sep 2013 - 20:59

-Ouais. J'ai d'quoi t'fournir, mais faut qu'on bouge, ouais, j'ai plus de trucs ailleurs, là. On va aller s'foutre dans une planque. Suis-moi.

Et c'est ainsi que la négrière s'était retrouvé à suivre un dealer "honnête" à travers plusieurs ruelles sombres pour aboutir dans une planque qui ressemblait plus à un squat pour camé qu'a une cache de dope. Que ce soit les escaliers miteux, ou l'étage poussiéreux dont l'un des appartements faisait office de, salon? Ou alors était-ce une table de négociation, dans tous les cas l'endroit était plus propice a un meurtre des plus infects qu'à un échange de came. La négrière avait rarement vu un endroit plus délabré, elle préféra ne rien toucher, plus par peur de provoquer un effondrement que par dégoût. Le dealer s'installa sur des toilettes reconverties en siège. Elle resta débout.

Un jour faudrait songer a investir dans la déco.

-Vas-y, cale toi dans c'truc là, dit-il en désignant vaguement de la main le vieux canapé. Bon, j'ai là du Psycho de première qualité, tu trouveras pas mieux. Ou si tu trouves mieux et que c'est pas moi qui te l'ai vendu, c'est qu'il y a un p'tit malin qui refourgue mes produits après me les avoir acheté. C'plus rentable de v'nir direct me voir, mais en période de dèche ... Chacun fait c'qu'il peut.
Chez moi, la dose est vendue à 36 Anneaux. C'est un truc de frâlé, c'produit, alors commence pas à négocier quoi qu'ce soit : y a un prix, c'est le prix, point barre. J'ai vu un mec plus p'tit que moi en déglinguer un autre de quarante centimètres et quatre-ving kilos de plus que moi, dans un combat à mains nues. Forcément qu'il s'rait cané sans l'injection qu'j'lui avais faîte, le mec.


Le vendeur de stupéfiant posa sur la table deux seringues plus évolué que la moyenne. Mais c'était encore loin des injecteurs intramusculaires qu'on pouvait trouver chez certains dealers. Malgré tous les seringues dégageaient une aura morbide, à peux près comme toutes les seringues qu'elle avait vue. De toute façon s'injecter un liquide dans les veines, n'avait jamais rien d'amusant, en plus du risque de s'arrêter le coeur en se foutant de l'air dans les artères. Elle avait déjà tué quelqu'un comme ça, cette méthode avait le mérite d'être originale en plus de ne laisser aucune trace quand on savait si prendre.

-Avec ce truc, t'as de quoi transformer ta gamine en tueuse-née, prédit-il en posant son index sur l'imposante seringue et en jetant son regard cerné dans les yeux indifférents de la rouquine. Tu balances ta p'tite pute dans un enclos avec huit rad-molosses pour lui tenir compagnie après lui avoir filé c'truc, et tu la retrouve deux heures plus tard en train d'se taper le gueuleton d'sa chienne de vie. Ce machin, c'est pas des amphets de combat, ou quoi. J'en ai des amphets s'tu veux, ça rend un peu fou et ça tient réveillé. Mais le Psycho, c'est un truc qui te rends carrément barjot. Tu chopes des orgasmes en dépeçant ta propre mère, avec ce truc, tu piges la violence du truc ?

-Ouais.

Et accessoirement, pas tout à fait ce que je veux.

Isabelle prit une seringue et l'observa minutieusement sous tous les angles, pas d'espace vide et donc pas d'air. C'était déjà sa, il savait préparer ses doses.

-Mais terminer le combat en un bain de sang n'est pas mon objectif ; je veux juste qu'elle batte à plat de couture le mec en face d'elle. Pas qu'elle lui arrache les yeux ou lui brise la nuque, dès qu'il est face contre terre elle aura plus besoin de se battre : c'est un combat de boxe, pas une baston à mort. Donc il faut que je sache les dosages pour éviter un pétage de câble et un arrêt cardiaque. Ensuite, je veux savoir en combien de temps le produit agit sur un corps vierge de toute drogue, la durée d'effet du produit et comment est la descente. Vous comprenez, je préfère les chiffres aux paroles.
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Saint Vincent de Räzell
MessageSujet: Re: Dopant pour gamine léthal.   Mar 24 Sep 2013 - 11:18

La fille commençait doucement à lui prendre la tête, là. Elle pouvait pas juste simplement sortir la thune, raquer, s'arracher, et le laisser se faire une grosse défonce sur son trône de faïence ? Qu'est ce qu'il en savait, le Saint, de quelle dose était mortelle et quelle dose était juste bien pour mettre un petit coup de pouce à une pucelle de la dope ? A quatorze ans, le Saint s'envoyait déjà des cocktails de drogues dures saupoudrées de deux ou trois bières aux heures stratégiques. Il la connaissait pas cette gamine. Il pouvait rien dire sur elle.

« ... Ça d'vrait aller avec une demi-dose, mais tu prends le risque de lui faire perdre son combat ... Bon, allez, balance la thune. »

C'était sans doute faux. Une demie-dose avait déjà de grandes chances de la rendre complètement incontrôlables, si ce n'est de la tuer, cette pauvre gamine. Ce qu'il lui fallait, c'était des amphétamines de combats, mais les résultats étaient très mitigés. Ils paraissaient tellement inutiles en comparaison du Psycho. Le Psycho décuplait la force et la vivacité, l'endurance, la colère, l'adrénaline ... Cette drogue faisait voir rouge, un point c'est tout. Il y avait bien quelques puissantes amphétamines, mais aucune qui put faire changer la donner dans un combat à armes égales entre une petite fille et un esclavagiste.

Le Saint commençait à se sentir en manque. Il sortit deux cachetons d'ecstasy de sa trousse de premier soin. Il les plaça sur la table basse, tira son couteau, et avec le manche, commença à les concasser doucement, sans en perdre une miette, pour en faire une fine poudre. Il rassembla le tas avec la lame du Ballisong, prêt à le sniffer, avant d'insister une nouvelle fois :

« Alors ? T'as c'qu'il faut pour payer, hein ? Sinon, tu peux payer en services rendues si tu préfères ... »

Son regard où luisait une étincelle de lubricité sadique n'encourageait pas vraiment la jeune rouquine à choisir cette voie ...

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Isabelle Jager
MessageSujet: Re: Dopant pour gamine léthal.   Ven 27 Sep 2013 - 19:01

-Ça d'vrait aller avec une demi-dose, mais tu prends le risque de lui faire perdre son combat ... Bon, allez, balance la thune.

Que de colère pour une simple transaction, mais il était vrai qu'Isabelle faisait partie de ce type de personne qui n'achète un produit que s'il est garanti efficace, non mortel et pas trop dangereux pour la santé. Sans doutes que les mauvaises langues qualifieraient ces gens de "chieurs", la négrière préférait le terme "précautionneux". Le dealer quant a lui sembler au bout de sa patience : il commençait à se faire un petit rail de poudre.

-Alors ? T'as c'qu'il faut pour payer, hein ? Sinon, tu peux payer en services rendues si tu préfères ..
-Nan, je préfère les anneaux, dix-sept anneaux pour une demi-dose ok? Mais peut-être en parler après ton rail non.

C'était un bon plan, équitable en tout cas, même s'il y avait quelques anneaux d'arnaque le dealer ne verrait sans doutes pas. La dope n'avait pas la réputation de rendre intelligent, ou bon en calcul mental. La négrière sourit, la vente se passait plus facilement que ce qu'elle avait prévu, Isabelle s'alluma une cigarette en s'adossant contre un mur pas trop rongé par la moisissure. Puis un bruit se fait entendre dans les escaliers qui grincent d'une façon indescriptible ; douloureux, insupportable, inquiétant, ou encore les trois à la fois. Mais les pas étaient lents, comme si la personne qui montaient les marches voulait se faire discrète, sans doutes un voleur qui les avait suivis. Malgré tout deux précautions en valent mieux qu'une : la négrière sortit son arme et se plaqua contre un mur dans le silence le plus total. Elle fit signe au dealer de changer de position, à défaut de rester planté sur ses chiottes reconverties en siège il pourrait servir à quelque chose.

Être un bouclier humain par exemple.

Isabelle demanda d'un signe de main au dealer d'aller voir ce qui se passait. Une goûte de transpiration coulait le long de son front, son coeur battait à la chamade, qu'y avait-il dans les escaliers. Peut-être n'était-ce que leur imagination qui leur jouait des tours, ou alors il y avait vraiment quelque chose. C'était vivant, et surtout humain, si ça avait été un chien ou un chat les pas auraient été plus silencieux. La négrière vérifia que la cellule d'énergie était bien chargé, elle ne l'était pas! Elle changea rapidement de cellule en posant délicatement la sienne au sol, elle n'avait fait aucun bruit mais ils ne restaient pas à l'abri d'une attaque.

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Saint Vincent de Räzell
MessageSujet: Re: Dopant pour gamine léthal.   Sam 28 Sep 2013 - 21:48

« Nan, je préfère les anneaux, dix-sept anneaux pour une demi-dose ok? Mais peut-être en parler après ton rail non ?
- Putain, me casse pas les couilles ! J'vais pas couper une dose en deux pour ton plaisir ! Il se repoudra le nez bruyamment pendant que la rouquine s'allumait une clope. C'est 36 anneaux la dose, c'tout, c'est clair, ça s'passe de tes suggestions ! Alors tu la prends, et si tu lui en files que demi-dose par demi-dose, bha ça t'durera plus longtemps, mais fais pas ta ...»

Un bruit interrompit le Saint dans la négociation qu'il menait de main de maître, en grand professionnel. Le bruit venait des escaliers. Un grincement lent comme le râle d'une goule à l'agonie.

« Bordel, c'est quoi, ça ? » s'inquiéta le Saint dans un murmure, moins pour attendre une réponse de sa cliente que pour exprimer son anxiété paranoïaque de façon inconsciente.
La négrière sortit une arme à énergie en se plaquant dos au mur, près de la porte. Bordel, la situation commençait à échapper au dealer ! S'il y avait bien une chose que le Saint détestait, c'était les armes, surtout tenues par des inconnus pendant une négociation. Et une autre chose que le Saint détestait, c'était les petits malins qui venaient foutre leurs nez où il fallait pas.
La négrière fit signe au Saint de bouger. Celui-ci se leva doucement de son trône de faïence, et prit dans sa poche son poing américain qu'il passa à sa main gauche, tout en prenant à sa ceinture son marteau d'acier avec l'autre main. Il se fit la remarque, dans sa tête, de retourner acheter des balles et récupérer son flingue à la planque, quand il pourrait ... S'il pouvait un jour.
La négrière insista, répétant le geste pour intimer au dealer d'aller voir ce qui se passait dans le couloir. Le Saint afficha une mine déconfite. C'était simplement hors de question ! Qu'elle y aille, elle ! Ses genoux tremblèrent légèrement, comme il se concentrait pour ne pas faire de bruit en avançant vers une petite pièce sombre sans porte, jonché de bouts de carrelages et de miroirs brisés. C'était l'ancienne salle de bain de l'appartement. Il sa plaqua aussi contre le mur. Les pas continuaient, lentement, dans ce grincement sinistre d'escaliers qui résonnait dans le couloir comme une alarme.
Le Saint, n'ayant pas les nerfs assez solides pour résister à la pression, adopta une stratégie qui put paraître peu orthodoxe à la négrière. Il gueula comme un putois.

« YO ! QUI VIENT, LÀ ? QU'EST-CE TU VIENS FOUILLER, FOUILLE-MERDE ! »

Niveau répartie, on faisait mieux, mais dans le feu de l'action, le Saint n'avait pas vraiment réfléchi à ses mots ...

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Balthazar JAUNE
MessageSujet: Re: Dopant pour gamine léthal.   Sam 28 Sep 2013 - 23:29

- Écoute Tatie, je t'aime vraiment bien, mais il y a des fois, tu es vraiment...
Le robot qui voletait à trois bon mètres devant Euphème fit volte face, s'arrêtant brusquement dans un virement de réacteur qui souleva un petit nuage de poussière. Les yeux rivés sur le sol, le récupérateur faillit ne pas le voir, et manqua du coup de lui rentrer dedans.
- Oui mon choupinours ?
Un choupinours ? C'était pas ces espèces de bestioles de la taille d'un voiture, qui vous chopaient, vous piétinaient, et ensuite vous plantaient un tuyau dans le bide pour aspirer tout le jus ? Non ? Bon bah il devait confondre alors. Il dévisagea un instant le poulpe d'acier, qui n'avait pas l'air de faire référence à une quelconque créature mythique, alors il passa outre.

- Bah, euh... Rapide quoi. Tu pourrais m'attendre un peu.
Pas de réponse de la part de la machine, qui garda son absence d'yeux braquée droit devant elle. Le silence s'éternisa pendant... Au moins trois secondes quoi ! Après quoi, Euphème en eut ras-le-bol, et fit simplement le tour du robot, son harnais de fortune cliquetant avec chacun de ses pas.
Il jeta un coup d'œil aux alentours, d'un regard expert, afin de jauger quel bâtiment encore relativement debout pourrait faire l'affaire pour un peu de récup' improvisée.
Parce que pour dire la vérité, il était un peu court en ce moment. Le dernier bidule qui faisait piou-piou, il datait d'une semaine, et il l'avait revendu au quai Chinois pour une bouchée de pain. Pas sa faute si la concurrence bradait les prix quoi ! En plus, il avait moyen de se faire une fortune avec l'adresse de l'usine de Nuka-Cola. Enfin, s'il trouvait le courage d'aller vérifier quels malades y habitaient désormais.
Courage ? Courage où t'es ?

De tout le magnifique merdier qu'étais devenu Paris, un immeuble en particulier attira son attention. Le coin était pas super bien famé, mais dans un truc comme ça, on pouvait récupérer quelques piles à fission. Les vieux frigos, les jouets pour enfants ou la télécommande de la télé étaient généralement ses mines d'or, oubliés par les récupérateur moins malins.
- Bon, allez, suis-moi Tatie, lança-t-il finalement à la machine avant de se mettre en route d'un pas relativement décidé.

Il finit par arriver sans encombres (mais pas sans décombres, petit jeu de mots du jour) au pied de sa proie. Entendez par là l'immeuble, hein, il était pas chasseur de gens.
Le cri d'un Hurleur au loin envoya un frisson le long de son échine : le coin était vraiment mal famé. Il n'était pas vraiment sûr de la façon dont ces malades tuaient leurs proies, mais son petit doigt lui disait que ce n'était pas en leur criant de toute leur force dans les oreilles — ce qui soit dit en passant devait être vachement douloureux.
Quoi qu'il en soit, il n'avait pas l'intention de se faire gueuler à mort, donc il fit signe à Tatie Mimine de faire le guet en bas de l'immeuble.
- S'il se passe quoi que ce soit, tu sonnes, d'accord ? Je serai pas long.
Il avait en effet découvert, fort à son insu, que Tatie disposait d'une fonction minuteur. Enfin, surtout de la sonnerie du minuteur. Par "à son insu" comprenez "alors qu'il se faufilait derrière un Goliath particulièrement grognon".
Le robot acquiesça d'un babillage à base de promesse de gâteaux, et autre idioties grand-mèriales. Et oui, c'est un nouveau mot. Mais dans le Paris de 2177, beaucoup de choses ont changé, y compris la grammaire.

Prenant son courage à deux mains, mais en gardant une sur la crosse du revolver LR6, Euphème s'enfonça donc dans l'obscurité de l'immeuble. Obscurité toute relative, vu que le revêtement avait vu des jours meilleurs, et qu'il faisait jour à l'extérieur. Les escaliers branlants le portèrent jusqu'au premier étage, qu'il ratissa sans trouver rien d'autre digne d'attention qu'une vieille épingle à cheveux au milieu de ce qui ressemblait à fluide bleuâtre visqueux. Sans poser plus de questions, il n'y toucha pas, ne voulant pas perdre ses doigts.
Le deuxième étage était pas beaucoup plus incroyable. Un squelette au sol avec une ceinture attachée à une poutre, pendu qu'Euphème abandonna en marmonnant des excuses aux restes nettoyés par les raliénés.
Alors qu'il gravissait les degrés vers le troisième étage, des éclats de voix retentirent. Féminins puis masculins. Encore féminins, puis de nouveau l'homme, qui hausse le ton. Une dizaine de scénarios dignes des histoires de Ginette passèrent dans l'esprit d'Euphème : un viol ? Un cambriolage ? Ou peut-être même une capture pour revendre une demoiselle à l'Arc ? Il ne se sentait pas habituellement une âme de héros, mais là, il allait peut-être faire exception de la chose.
Il se remit donc en chemin, à pas de loup, limitant le bordel de son harnais au minimum acceptable, lorsqu'il posa le pied sur une marche qui gueula comme une vieille pute à qui on vient de marcher sur le sein. Il ferma les yeux, convaincu que personne ne l'avait entendu.

« YO ! QUI VIENT, LÀ ? QU'EST-CE TU VIENS FOUILLER, FOUILLE-MERDE ! »

Oui, bon, on l'avait peut-être un petit peu entendu finalement. Bon, rien de bien grave. Il lui suffisait de sortir une excuse crédible.
- Bah euh... Je sais pas, j'ai vu de la lumière en haut, et... Euh, j'ai cru que c'était un incendie. Et puis après, ben... Je me suis dit, il y a pas de flammes, hein, mais on sait jamais. Sinon, euh, ça va là-haut ?

...

Une excuse crédible, Euphème.

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Isabelle Jager
MessageSujet: Re: Dopant pour gamine léthal.   Lun 30 Sep 2013 - 17:19

-YO ! QUI VIENT, LÀ ? QU'EST-CE TU VIENS FOUILLER, FOUILLE-MERDE !

Plutôt étonnant pour un dealer, il devait en avoir vu des vertes et des pas mûres et il craquait au premier craquement d'escalier.

- Bah euh... Je sais pas, j'ai vu de la lumière en haut, et... Euh, j'ai cru que c'était un incendie. Et puis après, ben... Je me suis dit, il y a pas de flammes, hein, mais on sait jamais. Sinon, euh, ça va là-haut ?

Par toutes les légendes des terres dévastées...

Deux paumés de campagne, voilà à quoi elle avait affaire : le dealer avait craqué et avait beuglé quelque chose de très impressionnant. Jamais elle n'avait vu une menace aussi claire, à moins que ce soit une question ou bien était-ce un mélange des deux. En tout cas l'art délicat de l'insulte en prenait un coup, sortir une énormité de ce genre et paraître sérieux par la suite relèverait du miracle. L'autre avait sorti quelque chose qui suait le mensonge.

Comment deux gars ont perdu toute crédibilité en cinq secondes.

La négrière se montra et braqua son arme contre le type qui avait grimpé les escaliers dans le plus grand bruit. Malgré la faible lumière filtrant dans l'immeuble elle pouvait voir à qui elle avait à faire : un type plutôt normal, avec ce qui ressemblait à une arme a plasma ou un prototype de la poudrière. Dans tous les cas cela ne lui plaisait pas, pourquoi ce type se baladerait-il avec une arme à plasma dans les terres désolées? Mais tuer de sang-froid n'était pas son genre, elle pourrait toujours le revendre à l'arc si ça version était louche.

-Le temps que l'autre ait le tensiomètre qui descend je vais te poser deux ou trois questions et si tu les esquives où que t'essaie de m'entuber je traîne jusqu'à l'Arc avec l'un des colliers que j'ai à la ceinture, et ce sera un vrai de coup de foudre entre vous deux. Primo : t'es qui? Deuzio : tu faisais quoi ici?

Elle abaissa son arme mais garda toujours en joue le type. Elle n'avait aucune raison de le descendre, mais elle n'avait aucune raison d'aller lui serrer la main en s'excusant. Ce type pouvait très bien être de la FNF, où pire, l'un de ses illuminés qui croyaient faire le bien en tuant dealer, négriers et autres vendeurs dont l'éthique était quasi inexistante. Toutefois l'homme en face d'elle n'avait pas l'air très dangereux, il ressemblait plus à un paumé en manque d'argent qui cherchait un bâtiment à piller pour pouvoir repartir jouer. Isabelle jeta un rapide coup d'oeil aux doses de psycho sur la table, hors de question de repartir sans sa came! Elle avait enduré les sautes d'humeur de la pétasse sous tension qui lui servait de dealer pour avoir ses doses et elle les aurait!
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Saint Vincent de Räzell
MessageSujet: Re: Dopant pour gamine léthal.   Mar 1 Oct 2013 - 17:36

Qu'est ce que c'était que cette réponse de crétin ? La réponse était du niveau d'un toxicomane sous acide Débilux. Il y avait pas de feu ici ! C'était absurde ! Une petite voix répétait dans sa tête une phrase qui tournait en boucle, un avertissement pressant de danger imminent ...

Ne crois pas ses mensonges. C'est lui. Tue-le.

C'était surement un toxico, à bien y réfléchir. Il les avait vu quitter la ruelle et les avait suivi pour rafler toute la dope ... Un charognard de camé en manque et prêt à tout pour avoir sa dose.

Ne crois pas ses mensonges. C'est-lui. Tue-le.

Ou pire ! Peut-être que c'était un Trident complètement siphonné du bulbe qui venait pour lui faire la peau, à lui qui vendait de la dope indépendante ! Le fait qu'il réponde comme un con de camé collait au scénario que le Saint se montait dans sa tête.

C'est lui. Tue-le.

Ou pire ! Peut-être que le Baron avait engagé des types pour traquer ceux qui vendent le précieux Psycho qu'ils tiennent tant à obtenir et les abattre froidement d'une balle dans la tête ! Exactement comme ils l'ont fait à Arnold et ses anciens associés ! Le Saint regardait avec suspicion Isabelle qui s'aventura dans le couloir, à découvert ... C'était sans doute une taupe ! Elle abordait les dealers en prétextant vouloir du Psycho pour un combat, et puis si la réponse était positive, elle contactait les Tridents cachés pas loin d'une façon ou d'une autre – même si le Saint n'avait pas vu comment elle avait procédé -, et ensuite ils débarquaient complètement pétés aux amphets en jouant les attardés mentaux pour pas éveiller les soupçons, et ils nettoyaient la scène ! Concerto pour fusil à plasma et instruments de tortures : Représentation à huis-clos, première et dernière date ! Les salauds ! C'est pour ça qu'elle se mettait à découvert comme ça ! Elle savait pertinemment qu'elle ne craignait rien ! Tout concordait ! Ces deux là – s'ils n'étaient que deux, ce dont le Saint doutait bien évidemment très fortement – étaient AUTOMATIQUEMENT de mèche !

...
Tue-les.

Le Saint bouillonnait de rage. Il était dans une fâcheuse posture, faute de méfiance ! Il aurait du être plus prudent ! Fouiller la fille ! Monter sur le toit et installer une passerelle pour changer de bâtiment et s'enfuir en cas de pépin ! Choisir un endroit avec une issue de secours rapide ! Au lieu de ça, il était piégé dans un appartement, et des gars visaient surement les fenêtres au cas-où il tentait quoi que ce soit pour fuir. Les salauds !

Le Saint se risqua à jeter un coup d'œil dans le couloir où s'était avancée la négrière, qui gardait un calme parfaitement surnaturel. C'était évident ... Tellement évident ... Elle devait articuler en silence des indications aux renforts pour le piéger.

Tout était foutu. Il fallait jouer le tout pour le tout. Le cœur battant à cent à l'heure, prêt à y passer d'un instant à l'autre, le Saint sortit de l'appartement à la suite de la négrière, en marchant, les mains en l'air, feignant de ne pas avoir compris la situation pour se laisser le temps d'agir.

Il resta bien dans le dos de la rouquine, de sorte que, si le mercenaire tirait, il faudrait d'abord que les projectiles atteignent son amie, ou qu'elle fasse un bon de côté. Or, le Saint observait avec concentration la posture de la femme, et cet exercice le calmait peu à peu. Si elle bondissait, il bondirait en même temps et du même côté. Il sentait les énergies de la femme, et calquait dessus les siennes ...

Sur un ton plus détendu, presque sympathique, il parla pour apaiser les esprits ... L'ennemi se sentirait plus en confiance, et ainsi, sur de son intelligence, se laisserait duper plus facilement par la ruse du Saint ...

« Hola ! Baissez-vos armes ! Personne ne tire ! Je crois qu'on est face à un malentendu ... »

Et tout en disant ça, le Saint se rapprocha d'Isabelle Jäger, et posa doucement sa main sur son épaule.

« Calme toi, baisse ton flingue. Ce type a juste l'air d'être un paumé. »

Il la désarma alors d'un coup, et brutalement, sans lui laisser une seule chance malgré son sexe, en lui donnant un violent coup de coude dans le crâne, et une magistrale manchette sur l'avant-bras, qui lui fit lâcher son pistolet. Il le poussa du pied vers le milieu du couloir et passa son marteau autour du cou de la rouquine, le tenant de chaque côté en la serrant contre lui, l'étouffant, pour s'en servir de bouclier humain.

« Tire pas, connard ! Si tu tires, elle y passe ! J'te jure que je la bute, et après, j'vous buterai tous vous aussi, bande de fils de putes ! »

Et ce faisant, il reculait vers l'appartement, prudemment, tout en continuant de proférer des insultes et des menaces en gardant la femme bien contre lui. Les aboiements frénétiques du Saint aspergeaient l'épaule de la négrière de sa bave, tandis que ses yeux exorbités et fous ne lâchaient pas la petite silhouette à couvert dans l'escalier.

Il poussa un soupir de soulagement intérieur, quand il vit la porte juste sa gauche. Prestement, il tira son otage avec lui et claqua la porte.

Ah, ils voulaient jouer aux cons, les petits malins ! Ils étaient tombés sur bien plus malin qu'eux !
Foutus amateurs !

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Balthazar JAUNE
MessageSujet: Re: Dopant pour gamine léthal.   Mer 2 Oct 2013 - 22:19

Euphème était en train de sérieusement baliser quant à la qualité de son excuse quand l'improbable se produisit : un ange se montra. Alors avant que vous ne demandiez, non, il n'avait rien consommé de particulier ce jour-là. Peut-être ce ruban de viande séchée était resté un peu trop longtemps au soleil, mais à part ça il était clean. Et pourtant, c'est bien une créature divine qui se tenait dans l'encadrement de la porte.
Bon, peut-être un peu maigrichonne, et équipée militaire. Mais ce visage... Quel visage ! Aussitôt, le récupérateur sut qu'un jour, cette femme serait sienne. Qu'il voulait se réveiller tous les matins à ses côtés, l'emmener flâner au bord d'une Seine irradiée, et tirer ensemble sur les raliénés tout en sirotant une canette de vin d'un millésime centenaire.
Que voulez-vous, certains trouvent l'amour au fond d'une bouteille, d'autre au bout d'une seringue ; Euphème venait de le découvrir en haut d'un vieil immeuble défoncé.

Les paroles de la demoiselle le tirèrent de sa rêverie (et peut-être un peu l'arme braquée sur sa tronche), mais il n'en saisit rien d'autre que "coup de foudre".
Ciel ! Se pouvait-il qu'une telle attirance soit réciproque ? L'amour au premier regard, comme les vieux holodisques gnan-gnan que son père qualifiait "d'histoires pour gonzesses". Euphème n'était pas tout à fait d'accord : il les aimait bien, ces histoires. Elles se finissaient bien aussi, mais avec moins de morts.
Quoiqu'il en soit, il ne pouvait s'empêcher de rester là, les bras presque ballants, la main simplement posée sur la crosse de son arme, la bouche entrouverte et les yeux dans le vague. Il s'en fallait de peu qu'un filet de bave lui dégouline de la lèvre pour venir tremper le sol.
L'autre, le maigrichon, était sorti derrière elle, mais il ne lui portait aucune attention, trop occupé qu'il était à dévorer de ses yeux la divine créature que les instances supérieures de tous les panthéons divins avaient daignée mettre sur son chemin.

Enfin, aucune attention, jusqu'à ce qu'il lui casse la gueule pour la ramener dans son appartement.
Attendez, quoi ?

« Tire pas, connard ! Si tu tires, elle y passe ! J'te jure que je la bute, et après, j'vous buterai tous vous aussi, bande de fils de putes ! »

Sur quoi il claqua la porte de l'appartement.
Un instant de silence passa, à peine perturbé par le cri d'un radcochon sauvage en rut au loin, tandis que le cerveau habituellement tout à fait efficace d'Euphème essayait d'assimiler ce qui venait de se passer. Mais cet homme était totalement fou !
N'écoutant que son courage (et peut-être un peu sa libido tout de même), il se rua en avant, se plaqua contre le mur du haut de ses soixantes kilos tout mouillé, la cloison daignant à peine dégager un petit nuage de poussière poli. Il dégaina le LR6 qui se mit sous tension avec un sifflement à la limite de l'audible.

- Ôte tes sales pattes d'elle, espèce de... De... De fou tiens ! Et t'as pas intérêt à toucher Tatie Mimine non plus ! J'ai pas de limites moi ! lança-t-il avec autant de conviction qu'un pied de chaise.
C'est vrai, ça, comment savait-il pour le robot en bas de l'immeuble ? Il attendit quelques secondes avant d'ajouter d'une voix hésitante, histoire de se faire bien voir :
- Tenez bon mam'zelle, je vais vous sortir de là !

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Isabelle Jager
MessageSujet: Re: Dopant pour gamine léthal.   Jeu 3 Oct 2013 - 7:34

-Ôte tes sales pattes d'elle, espèce de... De... De fou tiens ! Et t'as pas intérêt à toucher Tatie Mimine non plus ! J'ai pas de limites moi! Tenez bon mam'zelle, je vais vous sortir de là !

Une Jager n'a besoin de l'aide de personne. DE PERSONNE!

Intérieurement, Isabelle se résumait la situation qui était loin d'être à son avantage : un récupérateur tout ce qu'il y a de plus normale essayait de jouer les héros en tentant de la sauver des griffes et de la bave d'un dealer à tendance paranoïaque. Mais vu le charisme de ce type il n'y arriverait pas par la parole, elle devait tenter le tout pour le tout.

-Alors, on perd le contrôle, tantouse... Laisse-moi deviner, t'as laissé tes couilles atrophiées chez toi pour péter les plombs a ce point où c'est congénital? Alors écoute moi bien, je vais te répéter une dernière fois qui je suis : je suis une négrière de l'arc et si tu me butes je peux te garantir que quand mes potes te trouveront ils se feront une joie de graver mon nom sur ton cadavre. En plus je sais pas si t'es au courant mais mon flingue est tombé dans le couloir et en bon débile, tu as oublié de le faire glisser dans cette pièce. Donc résumons: notre ami le héro en devenir à deux flingues entre les mains, qui je suis sûr, réussiront à percer la cloison branlante de l'appart. Et toi t'a rien.

Sur ces mots la négrière se débattit du mieux qu'elle pût : cherchant à changer de position pour que le dealer devienne a son tour un bouclier humain.

-Bordel, je vais avoir sérieusement besoin d'aide là.

Puis elle vit l'illumination, la table basse où le psycho attendait. La négrière donna un grand coup de pied qui fit valser le meuble et les doses, hélas les seringues ne se brisèrent pas.

C'est sans doutes la fin.

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Saint Vincent de Räzell
MessageSujet: Re: Dopant pour gamine léthal.   Jeu 3 Oct 2013 - 17:45

L'indic' des Tridents marmonnait des paroles qui parvenaient au Saint comme un désagréable bruit de fond, trop occupé à penser plutôt qu'à écouter les salades qu'elle lui servait. Elle essayait de sauver sa vie, en restant dans son rôle de négrière, mais elle n'était pas vraiment en position de menacer qui que ce soit.

« Ta gueule, toi. Tu peux parler autant qu'tu veux, j'sais que t'as été engagée par le Trident. »

Et l'autre qui lui répondait en gueulant comme un rad-putois dans le couloir.
Qui ça pouvait bien être Tatie Mimine ? Un nettoyeur ? Le Saint n'en avait jamais entendu parler, mais il ne connaissait pas tous les Tridents, ni tous les mercenaires qui bossaient pour eux et faisaient le sale boulot, comme on dit. Avec un nom pareil, c'était surement un expert de la torture. Le Saint voyait déjà d'énormes paluches s'approcher de lui pour l'ouvrir de haut en bas et lui crever les yeux.

Pas aujourd'hui. Ce n'sera pas aujourd'hui.

L'esprit vif du Saint cherchait une solution pour s'extraire de ce pétrin. Décidément, la Terre entière lui en voulait, on pouvait vraiment jamais être en sécurité où que ce soit !

Relâche ta garde un seul instant, et voilà c'qui arrive, pensa t-il. La guigne des mauvais jours, celle où tu crèves. En funambule toujours à tanguer sur la corde raide.

La femelle piégée rua dans les brancards, pour tenter de se défaire de l'étreinte mortelle du dealer dément. Les doses sur la table basse roulèrent, sous le regard plein de stupeur du Saint, qui vit subitement tout au ralenti. Il les vit toucher le sol, rebondir, mais elles ne se brisèrent pas et s'immobilisèrent sagement dans les débris qui jonchaient l'appartement. Il poussa un soupir de soulagement, puis resserra son emprise avec plus de force, le manche du marteau écrasant le cou de la jeune fille.

« Ah tu veux jouer ! On va jouer, t'inquiète poulette. »

Il lui asséna un violent coup de crâne dans la tête, qui le sonna à peine moins qu'elle, mais dans la position actuelle, il n'y avait pas tellement d'autres solutions sans risquer de la revoir prendre le dessus. Il se releva en tanguant et envoya un grand coup de pied dans la tête de la fille.

« Prends ça pour commencer, salope. »

Il déplace la fille à demie-inconsciente dans la salle de bain, près de l'entrée, enlève sa ceinture, et lui attache les deux mains au tuyau du lavabo, serrant ses poignets avec toute sa force.

Puis il retourna dans la salle principale, à moitié courbé pour éviter d'être vu par la fenêtre et de se prendre une balle dans la tête par ces foutus tireurs embusqués, juste en bas, qui devaient le guetter comme un lapin dans son terrier.
Il ramassa les doses, rassembla toutes ses affaires et les fourra à l'arrache dans son sac avant de le passer en bandoulière. Puis, toujours marteau et poing américain aux mains, alla se placer dos au mur, juste à côté de la porte, comme un serpent sournois qui attend sa proie pour la mordre au mollet.

« Eyh toi, derrière ! lança t-il a celui qui était dans le couloir. On peut négocier ! »

Le Saint n'avait rien à négocier, à part de la dope qu'il ne lâcherait pour rien au monde, en grand professionnel qu'il était, et la fille, l'agent de terrain, à laquelle le type dans le couloir semblait tenir. Tout ça s'annonçait serrer. Le Saint avait plus qu'un seul objectif : quitter ce bâtiment en vie et s'arracher loin d'ici.

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Balthazar JAUNE
MessageSujet: Re: Dopant pour gamine léthal.   Sam 5 Oct 2013 - 18:04

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Des éclats de voix retentissaient à nouveau à l'intérieur de l'appartement, et un peu d'agitation lui confirma que décidément, ce n'était pas son jour. Quelques bruits de coups éveillèrent la bête primale en lui. Ouais, la bête primale d'Euphème, c'était un peu comme un raliéné anémique enragé sous Psycho. Unijambiste. Et asthmatique.
Bon, une petite bête primale, mais une bête primale quand même. Comme une puce de combat, prête à déchiqueter sa proie.

Plaqué contre le mur, il serra la crosse du LR6 dans ses mains, ses pensées dérivant encore une fois en direction de la beauté à l'état pur qu'il avait pu entrevoir, l'espace d'un instant. Comme s'il avait été dans le noir toute sa vie, et que soudain, la lumière s'était révélée à lui. Et sur le sol... Son arme était posée.
Hésitant d'abord, il se pencha, et la saisit dans sa main. Elle avait certainement du la tenir un millier de fois, et le contact du bois dans sa main était agréable. Elle se logea au creux de sa paume gauche, achevant de le convaincre qu'eux deux c'était pour la vie : même leurs mains s'adaptaient aux mêmes armes.

Un piou-piou dans chaque main, il se plaça en face de la porte, les flingues relevés de chaque côté de la tête, arborant son air le plus patibulaire. Après un instant d'hésitation, il pointa les objets en avant, se pensant plus intimidant.
Non, non, ça n'allait pas. Il se mit un petit peu de profil, bras droit tendu et braqué vers la porte, l'autre replié, comme si l'arme était encore fumante. Là, il était parfait. L'autre allait littéralement se chier dessus en le voyant. Euphème en tremblait d'excitation.
Malgré tout, un bruit le fit sursauter, lui ôtant toute superbe.
« Eyh toi, derrière ! » À ce bruit, il manqua de faire tomber l'arme de la demoiselle, mais la rattrapa in extremis, se demandant ce qu'il allait faire si l'autre débouchait tout d'un coup de la porte. Essayer de tirer, probablement.
« On peut négocier ! »

Euphème plissa les yeux, en ce qui aurait pu être le visage de la détermination, si la détermination avait eu une tignasse emmêlée et trois poils de barbe.
- Euh... Ouais ! C'est ça ! Tu la laisses partir, et t'as pas intérêt à lui avoir touché un seul cheveu !
Il attendait la réponse du fou. Peut-être que les tirs des armes traverseraient les murs, et qu'il pourrait espérer l'embrocher avec du placo et de l'enduit.

Pendant ce temps, un bruit s'éleva de la rue, alors que Tatie Mimine entonnait une comptine à tue-tête, de sa voix criarde et métallique dans le même temps.
"Au jardin de ma grand-mère, tralalère, tralalère
Il y avait une sorcière, tralalère, tralalère..."

Ne restait plus qu'à espérer que les Hurleurs n'étaient pas trop friands de poésie, et n'allaient pas venir payer leurs respects à la poétesse mécanique et improvisée.

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Isabelle Jager
MessageSujet: Re: Dopant pour gamine léthal.   Dim 6 Oct 2013 - 10:08

Négocier? Il voulait négocier, elle n'arrivait pas à entendre la réponse de l'autre, de toute façon elle ne pouvait pas faire grand-chose dans son état : attachée à un tuyau de lavabo dans une salle de bain crasseuse. Un filet de sang coula sur sa veste, elle saignait de nez, sans doutes à cause du coup de pied encaissé. De plus ses gencives en avaient pris un coup à en juger par la sensation atroce dans sa bouche. La première chose à faire était de se libérer, ses mains étaient entravées et elle ne pouvait pas bouger. La négrière s'éloigna du mieux qu'elle pût avant d'attaquer la canalisation à coups de pied en beuglant diverses insultes pour masquer le bruit de sa tentative d'évasion. Au bout de quelques tentatives répétées elle arriva enfin à faire craquer la canalisation rouillée jusqu'à l'os. Le problème est que le fer oxydé était tout sauf un lubrifiant efficace, aussi faire glisser ses mains hors du tuyau avec l'étreinte d'une ceinture allait se révéler sportif. Elle n'était pas encore tirée d'affaire, en plus le sang qui dégoulinait de son nez commençait à devenir préoccupant. Plus le temps de réfléchir à la suite, si elle ne voulait pas mourir d'anémie elle devait trouver un moyen de s'enlever cette ceinture des mains en plus de ce tuyau. Puis l'illumination vint : beugler une nouvelle fois pendant qu'elle arrachait l'autre segment du tuyau.

-SALOPE! JE JOUERAIS AUX OSSELETS AVEC TES RATICHES POURRIES QUAND JE SORTIRAIS D'ICI! TES COUILLES NOURRIRONT MON SERPENT VOLANT ET JE TE VENDRAIS A UN BORDEL DE MENILMUTANT QUAND JE T'AURAIS CASTRER ET ÉDENTER!  

La négrière avait foiré, elle n'avait pas réussi à se dégager.

Je suis dans la merde, une fois de plus.

Elle empêcha le sang de s'écouler en enfonçant son nez dans l'une des manches de sa veste et même si ça lui donnait une posture grotesque elle pourrait au moins faire un doigt d'honneur au dealer s'il venait voir ce qui se passait.

-ET TIR DONC BORDEL, LE MEC QUI EST DANS LE COULOIR! JE SUIS PAS LOIN DE LUI.
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Saint Vincent de Räzell
MessageSujet: Re: Dopant pour gamine léthal.   Lun 7 Oct 2013 - 19:48

Okay. Okay. Il fallait réfléchir, et réfléchir vite et bien ! Et si le Saint menaçait de faire sauter le bâtiment au C4 ? Non, c'était vraiment une idée de merde et un bluff minable. Et l'autre gourdasse qui faisait que de gueuler. Incroyable, qu'il se soit laissé avoir par cette rouquine et ses petits seins.

Okay. Okay. Et si le Saint sortait dans le couloir avec la fille comme bouclier humain ? Non, ça, il l'avait déjà fait, et il avait juste réussi à se ré-enfermer dans l'appartement, et il était dans la merde, maintenant. En plus, y avait des tireurs d'élites qui l'abattraient à la sortie.

Okay. Okay. Réfléchir plus efficacement. Et si le Saint plaidait la folie ? Non, c'était pas crédible, tout le monde avait vu à quel point il était parfaitement sain d'esprit et méthodique dans ses actes. Personne n'y croirait. En plus, ils tireraient quand même sur un fou. Ah les salauds !

Okay. Okay. Allez, une vraie bonne idée, putain ! Et si il cassait le plancher devant l'entrée, et laissait le type rentrer ? Alors il tomberait dans le trou et se retrouverait à l'étage d'en dessous, et bien sonné ! Non, c'était de la merde, le mec dans le couloir pouvait pas être aussi con !

Okay. Okay. Il fallait gagner du temps, et surtout, avoir une bonne appréciation de la situation extérieure.

« Okay, tu l'entends ?! Elle se porte super bien, tu vois ?! Comme une fleur ! Alors voilà c'qu'on va faire ! Tire pas, surtout ! Moi j'veux qu'y ait une relation d'confiance entre toi et moi, tu piges ? J'vais t'poser des questions et tu vas y répondre sans jouer au con, sinon, c'est elle qui y passe ! Pas d'bobards cette fois ! Faut qu'j'ai confiance en toi si tu veux la revoir vivante ! »

Voilà qui était honnête. La balle était dans le camp de l'ennemi.

« Première question : combien vous êtes, là, dehors, et qu'est-ce que vous m'voulez, putain ? Et je parle de tout le monde, pas que ceux qui sont dans l'couloir ! »

Le Saint se déplaça lentement jusqu'à la table basse, toujours accroupi. Il la poussa sur le côté pour s'en servir de cachette, bien en face de la porte. Il jeta un rapide coup d'œil dans la salle de bain, où il put constater que son otage jouait des pieds et des mains pour se libérer, et avait déjà bien endommagé la plomberie. Il fut sidéré. Avec dépit, il murmura, un peu réprobateur, à la rouquine ...

« Par tous les Anges ... Mais qu'est-ce que je vais bien pouvoir faire de toi ... »

Puis il entreprit de fouiller le sac de la négrière.

« Voyons qui tu es vraiment, la fouine ... »

Des stimpack, un med-X, une seringue pleine d'un mélange curieusement semblable à du Psycho, un rouleau de gros scotch ... Mais pas de collier de soumission, ni quoi que ce soit qui pourrait affilié la femme aux négriers. Le contenu de son sac faisait plutôt pensé à celui d'une Tox ... Une Tox qui aurait été engagée par le Trident pour tuer le Saint lors d'une négociation de vente !

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Balthazar JAUNE
MessageSujet: Re: Dopant pour gamine léthal.   Jeu 10 Oct 2013 - 16:46

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L'ambiguité de la situation avait quelque chose d'amusant. Enfin, aurait eu quelque chose d'amusant si la vie d'une femme n'avait pas été en jeu. Euphème hésitait sérieusement à faire quelque chose. S'il tirait, il risquait de toucher la femme. Surtout qu'elle n'était pas très éloignée du maboul torse nu. Jouer ça calmement semblait encore la meilleure idée du monde.

L'autre lui demanda ensuite combien ils étaient, faisant référence apparemment à d'autres personnes. Hmm, logique, il voulait s'assurer qu'Euphème n'avait pas d'amis qui risquaient de se montrer dangereux. Ça non, il risquait pas d'en avoir des amis. Déjà quand il était tout petit, il était toujours choisi en dernier pour les parties de canette au prisonnier dans les couloirs de Métrop'. Rien que d'y penser, et son petit cœur de récupérateur se serrait un peu.
Il replaça les armes au creux de ses mains, la sueur de ses paumes imbibant ses mitaines de façon assez désagréable, soit dit en passant.

- D'accord, on va faire une relation euh... De confiance ! Genre tu me fais confiance, je te fais confiance, on se fait tous confiance ! Tu peux carrément me faire confiance ! lança-t-il d'une vois hésitante, presque convaincu de la dernière phrase. Bon, je suis tout seul ! Enfin sauf qu'il y a Tatie Mimine en bas de l'immeuble qui m'attend. Je lui ai dit que j'allais pas tarder à revenir, mais là j'ai peur qu'elle commence à s'inquiéter. Par contre je sais pas si t'as des voisins !

Les murs avaient l'air assez fins, vu comme le son passait bien. Il s'approcha à pas de loups de la cloison et plaqua son oreille au papier peint dégueulasse, espérant par là déduire la position des deux personnes dans la pièce.

- D'ailleurs j'm'appelle Euphème ! J't'aurais bien serré la main, mais là j'ai plein de flingues ! gueula-t-il alors que Tatie entamait la suite de sa comptine.

"Elle avait un chapeau vert, tralalère, tralalère..."

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Isabelle Jager
MessageSujet: Re: Dopant pour gamine léthal.   Jeu 10 Oct 2013 - 17:35

J'ai mal à la gorge.

C'était la seule qu'elle avait réussi à obtenir depuis les cinq dernières minutes : un mal à la gorge à force d'hurler comme un rad-cochon qu'on égorge. Si elle voulait s'en sortir, il faudrait qu'elle choisisse avec attention ses mots, histoire d'éviter d'autres malentendus. Isabelle se racla la gorge avant de regarder où était le dealer, en train de fouiller dans son sac, peu importe ce qu'il s'imaginait si elle voulait parler c'était le moment ou jamais. La négrière siffla le dealer, et commença à parler d'une voix sympathique, loin des insultes et des sarcasmes qu'elle lui avait lancé il y avait une minute.

-Ecoute, je vois que sortir des conneries et te menacer servira à rien, alors autant te balancer la vérité : pendant un temps j'ai bossé avec le trident, j'ai tué des mauvais payeurs et des sources pourris. Mais jamais j'ai touché un sachet de dope de ma vie, j'étais chargé de revendre des informations et de trouver des trucs qui arrangeaient le trident. Maintenant, si t'as mémoire courte à pas été trop niqué par la poudre tu dois te souvenir que je t'ai dit qu'ils m'ont trahis. La vérité est qu'ils pratiquaient une "purge" des informateurs, il y avait trop de revendeur foireux et donc ils ont laissé crever tous ceux qui étaient sur la liste noire. Moi j'ai survécu et je me suis cassé à l'arc pour refaire ma vie de négrière en me faisant oublier du monde de la dope. Ensuite, que dire? Peut-être que le trident à percuter que j'étais en vie, ce mec est peut-être là pour moi, ou pour toi. Ou encore mieux il s'est dit qu'il allait faire d'une pierre deux coups en nous butant tout les deux, combien je te parie que cet enfoiré est un freelance.

Beaucoup de vérité, un gros bloc soigneusement enrobé dans un papier cadeau de mensonge et de détail fâcheux volontairement oublié. Il ne restait plus qu'à ajouter la petite touche finale pour avoir l'air légèrement plus convaincante.

-Maintenant, si tu veux tout savoir je suis vraiment là pour m'acheter du psycho et si tu t'interroges sur le contenu de mon sac dis-toi que chopper des gens qui sont prêts à te tuer pour pas finir esclave n'est pas facile tous les jours. Même avec huit ans de travail derrière les bavures restent fréquentes.

Pitié, faite qu'il me croit.
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Saint Vincent de Räzell
MessageSujet: Re: Dopant pour gamine léthal.   Dim 13 Oct 2013 - 17:51

Le Saint entendait les voix qui lui parlaient sans réussir à comprendre vraiment le fond de quoi que ce soit. Ce vacarme d'informations le déconcentrait, et il luttait pour tenter de réfléchir calmement. Il fallait trouver la paix intérieur pour penser sereinement. Le silence. Mais sa prisonnière qui luttait pour se détacher lui bavait une pluie de mots pour se sortir de la mouisse, invoquant la conversations qu'ils avaient eu à propos du Trident au cours de l'heure passée. Et pendant ce temps, l'autre dans le couloir lui disait qu'il était seul ou bien seulement accompagné d'une personne. Et les voix dans sa tête qui ne cessaient de répéter les mêmes mises en garde ...

« Tues-les ... Ils mentent ... Ce sont des mensonges ...
- Tais toi, laisse moi réfléchir ... »


Le Saint avait l'impression d'être dans l'un de ses cauchemars, où tout le monde voulait sa peau. Il avait ce même sentiment d'oppression physique et d'esprit brouillé, et il sentait son destin lui échapper. Il n'était plus qu'un jeton qu'une puissance invisible déplaçait sans qu'il n'y puisse rien. Et cette puissance invisible avait décidé aujourd'hui de le voir mourir.

Le Saint tentait de faire le vide dans sa tête, il ferma les yeux.

Le silence se fit. Même les voix dans sa tête s'estompèrent. Et les deux autres humains près de lui semblaient attendre qu'il leur réponde, bien qu'il ne les ai écouté que vaguement, et que leurs paroles ne soient déjà plus que des silhouettes dans la brume, au fond de son esprit.
Il entendait dehors, le souffle léger de la brise post-apocalyptique, et le vacarme lointain des Terres Désolées. C'était très reposant.

Relaxant.

Son esprit fit un focus sur la fuite d'une canalisation qui laissait s'échapper à intervalle régulier une gouttelette qui venait s'écraser sur le sol dans un "plop" réglé comme une horloge. Dans l'appartement voisin, de la vermine grattait les murs, ou un meuble.

Il ouvrit les yeux. Il avait la solution.

Il se relève, et, n'écoutant que son instinct, poussé par l'adrénaline qui emplissait encore son cœur, courre jusque dans le mur, l'épaule en avant, et enfonce le plâtre dans un fracas de poussière. Il se relève. Il est dans l'appartement voisin au même étage. Et toujours vivant. Il se remet à courir vers le mur en face, qui le mènerait à l'appartement suivant encore. Pour la survie, le Saint faisait preuve d'un certain génie, quand ça n'était pas appelé de la folie. Au moins mettait-il de la distance entre lui et son agresseur.

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Balthazar JAUNE
MessageSujet: Re: Dopant pour gamine léthal.   Sam 19 Oct 2013 - 17:05

Spoiler:
 

D'autres éclats de voix s'élevèrent à l'intérieur de l'appartement, mais il ne parvenait toujours pas à les saisir. Euphème commençait à se faire une raison, à force d'être sourd comme un pot, ou tout simplement séparé par une cloison. Il prit donc la décision d'attendre la décision du maigrichon, même si la vie de sa future femme était certainement en danger.
Le tout est qu'il avait été bien clair sur ses instructions, et que clairement l'autre gars réfléchirait à deux fois avant de mettre ses menaces à exécution.

Il était plongé dans l'observation d'une fleur défraichie sur le papier peint quand un véritable vacarme le tira de son analyse artistique, pourtant fort poussée. Se jurant de la reprendre un jour, Euphème tenta de reporter son attention sur ce qui avait peu entraîner cette impression que l'immeuble s'écroulait. Impression certainement justifiée puisqu'une fine couche de poussière de plâtre se détachait du plafond, retombant en fin nuage sur les cheveux du récupérateur, qui se retrouvèrent instantanément transformés en version poivre et sel de leur gloire passée.
Au deuxième son, le jeune homme eut une petite idée de ce qu'il se passait.
La troisième fois fut la bonne, puisqu'il comprit que le type essayait de lui échapper (probablement) en traversant toutes les cloisons de l'étage. Encore combien de panneaux de placo avant de rencontrer les briques d'un véritable mur ? Ou pire, le vide d'une chute fatale.

Saisissant son courage à deux mains, chose beaucoup plus facile maintenant que son ennemi se trouvait environ trois cloisons abattues plus loin, Euphème prit sur lui de défoncer la porte d'un coup de pied efficace, qui se contenta de traverser le panneau en bois pour coincer sa porte dans le bois. Après un peu d'insistance, il finit par se dégager pour rentrer avec toute la classe dont il était capable, soit assez peu. Il trouva, enchaîné au lavabo, un ange descendu sur terre.

- Ah euh, bonjour, moi c'est Euphème... lança-t-il en bafouillant, un sourire stupide sur le visage. Vous avez besoin d'aide pour vous libérer ? s'enquit-il en cherchant la clé des yeux.

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Isabelle Jager
MessageSujet: Re: Dopant pour gamine léthal.   Dim 20 Oct 2013 - 21:12

Le dealer venait de passer à travers la cloison de l'appartement, comme ça d'une façon très spontanée. La tension commençait à envahir la négrière, s'il s'enfuyait ce que le type de l'autre côté avait sans doutes sortis quelque chose d'assez glauque pour faire fuir un camé psychopathe à tendance asocial. Il n'était plus le temps de réfléchir mais d'agir! Mobilisant toute sa force pour tenter de se dégager de ses liens du lavabo avant l'inévitable, mais hélas l'autre homme était là.

-Ah euh, bonjour, moi c'est Euphème... Vous avez besoin d'aide pour vous libérer?

La canalisation finit par sauter tandis qu'Isabelle se défaisait de ses liens, puis une fois qu'elle était de nouveau en pleine possession de ses moyens elle regarda vite fait l'homme qui lui avait proposé son aide. Moins énergique que le dealer, moins marqué aussi, une tête normale, le genre de type qui n'a pas l'air d'un tueur, mais il ne fallait pas se fier aux apparences. Si on enlevait les colliers de soumissions qui pendaient à sa ceinture elle passait pour une mercenaire lambda. D'un geste vif elle saisit son pistolet qui était dans les mains du type et le remit dans son holster à la taille. Elle en profita pour sortir son couteau et recula en position défensive prête à le tuer s'il tentait quelque chose de louche

-T'es qui? Tu fous quoi ici?

Elle sortit de sa main libre sa matraque télescopique et commença à imaginer toutes les possibilités dans son esprit tordu. Mais elle devait retrouver le dealer, le type en face d'elle était louche et faire le point avec lui pourrait lui être utile : le trident était-il toujours avec ses anciennes méthodes où avaient elles changé? Et surtout est ce qu'il continue la traque des anciens informateurs? Des questions qui lui turlupinaient l'esprit depuis longtemps.

-Au fait, c'toi a l'état naturel ou alors tu t'es levé du très mauvais pied ce matin?

Un peu d'insolence ne faisait pas de mal, surtout quand elle était sur les nerfs. La jeune femme écouta ensuite attentivement la réponse de l'homme, histoire d'analyser chaque parcelles de ses dires pour sonder jusqu'au plus profond de ses intentions sans aucun doutes malsaines et perverses. Sans doutes l'un de ses dépravés qui étaient prêts à tout pour obtenir ce qu'il voulait, mais elle ne se laisserait pas avoir avec ses airs de paumés.

Ok, ok, relax si ça se trouve tu te fais juste des idées.
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Saint Vincent de Räzell
MessageSujet: Re: Dopant pour gamine léthal.   Mer 23 Oct 2013 - 7:10

Par tout les Anges, ce que ça pouvait faire mal !
C'était ce que le Saint se disait, l'épaule et les côtes endolories des conséquences de son action désespérée. Il entendit la porte se faire enfoncer maladroitement, de là où il venait. L'autre était entré.

Le dealer se releva promptement. Il était dans le salon, et sur la commode qui lui faisait face, sur le mur opposé, un miroir lui révéla son air pitoyable. La poussière blanche le couvrait de la tête au pied, donnant l'impression que ses cheveux courts avaient produits subitement une avalanche de pellicules sur le reste de son corps. Il s'épousseta et toussa, puis se rua vers la porte de l'appartement sans regarder derrière lui. L'autre n'était plus dans le couloir, il fallait tenter le tout pour le tout. Il ouvrit la porte, et passa sa tête rapidement dans le couloir avant de la rentrer aussi sec, comme un rongeur avant de sortir de son terrier.

Personne au fond, personne dans l'escalier, six mètres jusqu'aux premières marches, toutes les portes fermées sauf celle d'où il venait, huit mètres plus loin. La situation était favorable. Essayant de dompter son adrénaline en usant de sa raison, il décida que la meilleure solution était de sortir et de courir jusqu'aux escaliers, qu'il dévalerait quatre à quatre en faisant confiance à son Ange Gardien.

Il sortit, et se précipita de toute la vitesse de ses jambes maigres, jusqu'à l'escalier, et sauta pour atterrir sur le premier pallier en contre-bas, qui marquait le demi-étage. Il s'arrêta un instant, pour écouter ce qui se passait dans le couloir au-dessus et en dessous. Un silence se fit pendant quelques secondes. Il entendit un imperceptible craquement, juste avant que le plancher ne se dérobe sous ses pieds.

« Aaaaaaaah !! »

Il chuta sur le pallier du dessous, qui céda à son tour, presque aussitôt après avoir amorti sa chute, passa au pallier encore en dessous, et encore celui d'en dessous, et finalement, sa chute s'arrêta enfin.

« AaaaaAAaaaow ... »

Il roula sur le côté, transis de douleur. Il força sur son poignet droit pour se relever, et parvint à vaciller sur ses jambes. Maintenant, il avait mal partout. Il saignait de petites blessures au front, sur les bras, et dans le rein gauche. Mais il n'avait rien de casser et pouvait marcher, aussi miraculeux que cela puisse paraître ! Dans sa malchance, on pouvait dire qu'il avait eu une sacrée veine !
Il s'approcha du centre de l'escalier et regarda en bas. Plus qu'un étage, il était au premier, le rez-de-chaussée était juste là. Bordel, c'était une sacrée chute ...

Il fit le premier pas sur la dernière série de marches, quand juste derrière lui, un pan de plancher vacillant venu d'en-haut vint s'écraser lourdement dans un vacarme alarmant, provoquant un nouveau trou. Le Saint se retourna, lentement, médusé. Il se trouvait à la place du nouveau trou trois secondes avant.

« Sainte Pute ... »

C'était plus une sacrée veine, là. Dans ces cas là, le Saint parlait de miracles.

Il descendit la flopée de marche sans s'interroger plus longtemps sur le sort que lui réservait l'avenir aux vues de ce que lui avait réservé l'instant passé. Quand il arriva au rez-de-chaussée, il se précipita vers la porte de sortie qui ne semblait même pas garder quand soudain il se plaqua au mur comme pour ne faire qu'un avec le bâtiment, se faisant au passage mal au dos avec son mouvement trop brusque.

« Quatre fois six, vingt-quatre. Cinq fois six, treeente. Six fois six, trente-six. »

Une voix de robot chantonnait une comptine pour enfant avec des chiffres.
Mais que comptait ce robot ? Et qu'est-ce qu'il foutait là ? Il y a pas une autre sortie, dans ce taudis ? Le Saint chercha du regard une faille dans les murs, un pan de bâtiment écroulé qui lui permettrait de sortir prompto de ce nid de rad-guêpes.

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