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 Voyage dans les limbes de l'Ombre.

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Léthias Osniaril
MessageSujet: Voyage dans les limbes de l'Ombre.   Lun 19 Aoû 2013 - 17:39

Mission : JEK 101

Quelque part…

Le corps et l’esprit de Léthias furent à nouveau réunis. Une lueur, blanche, avant que celle-ci ne laisse place à un décor. Les voix, les odeurs, les lumières… Les passants qui déambulaient… Tout ceci lui semblait familier. Léthias regarda autour de lui, personne ne semblait le voir. Il essaya de taper sur l’épaule de quelqu’un, mais sa main passa au travers du vêtement et des chairs. Il était à Métropolitopia, dans un des tunnels. Et soudain, il fut de nouveau transporté.

--------------------


Léthias sortit de ses rêveries. Un petit moment d’inattention, surement.

Merde, ce n’est pas le moment.

Le Gardien venait de comprendre.Tout semblait mal tourner. Pourquoi ? Une seule personne pouvait lui donner des réponses. Celle qui était au centre de tout. Et cette personne, en plus d’être morte, était ensevelie sous des tonnes de pierres. Ou alors si. Il restait une autre personne, et il comprit tout.

Carl.

Arrivé auprès des champs, Léthias ralentit, pour ne pas attirer l’attention. Il rentra sans difficulté dans le Ring, et aperçu le bookmaker. Ce dernier lui fit discrètement signe de le suivre dans un autre wagon. Léthias fit de son mieux pour ne pas paraitre stressé, et une fois entré le wagon, ferma la porte. Il y trouva Samuel, accroché à une chaise, et surveillé de près par un malabar, tandis que Carl allumait tranquillement un cigare.

Et merde. Pas de temps pour les formalités.

Il sortit ses deux HG-23, et visa le malabar et Carl. Un éclair lui traversa alors les yeux. Le temps passa pour lui comme au ralenti. Il avait l’impression de revivre une nouvelle fois la scène, mais c’était impossible. L’éclair disparut, aussi vite qu’il était arrivé. Léthias secoua un peu la tête, avant de raffermir sa prise sur ses pistolets. Sans trop comprendre ce qui se passait, Samuel attrapa le sien de sa main libre, et visa aussi son geôlier. Carl failli tomber à la renverse, mais se reprit de justesse.

« -Putain mec, c’est quoi le problème ?
-C’est toi le problème. Il était mort depuis deux jours, et ça tu le savais. Tu m’y as envoyé uniquement pour que je m’y fasse descendre. Ensuite, tu allais extirper les infos qu’il te fallait à Samuel. Tout bénef pour toi. Et en même temps, tu fais les beaux yeux au Trident. Sauf que tu as négligé un détail : je t’avais prévenu que si je voulais revenir de casser la gueule, je le ferai.
-Merde, j’étais au courant de rien, je te jure ! Tu as eu des infos au moins, et tu as les miennes j’espère !
-J’ai eu mes infos… Je te trouve un peu trop sûr de toi. Conclusion : j’ai raison. Détache-le.
-Quoi ?
-Détache-le.
-Hors de question. »

Le petit trait laser traversa l’espace, et vint couper le cigare de Carl. Maugréant, Il fit signe à son acolyte de libérer le Gardien. Ce dernier remua son poignet endolori, et vint se placer juste derrière Léthias, couvrant la porte. Le malabar tenta soudain de foncer sur Léthias. Celui-ci riposta, et  tua son ennemi avant qu’il ne le frappe. Carl en profita pour se lever de sa chaise, monta sur le bureau, et plongea dans la porte, en passant par dessus la tête de nos deux Gardiens. La porte ne résista pas à son poids, et s’ouvrit brusquement, ramenant Carl dans le wagon principal. Tous les yeux des parieurs se tournèrent vers Carl se roulant par terre, et vers les deux hommes qui pointaient désormais leurs armes vers le wagon. Car cria.

« -Ils veulent voler les mises des paris ! »

Un mouvement de grogne général monta, et les hommes se firent menaçants, tentant d’attraper les Gardiens. Ils ripostèrent, et les hommes cessèrent d’avancer. Pendant ce temps, Carl était sorti, et gueulait à qui voulait l’entendre que des hommes armés en voulaient en Trident. Quelques minutes plus tard, les tirs d’armes lourdes fusaient, transperçant petit à petit le wagon. Les parieurs s’étaient sauvés sans demander leur reste. Le siège venait de commencer.

« -Faut qu’on sorte de là ! Couvre-moi ! »

Léthias frappa violemment le sol, et tira dessus avec son AER-9. Un large trou apparut, permettant de ramper sous le wagon. Il dégoupilla son deuxième fumigène, et le lança sous le wagon.

« -Sam, rempli ! »

Ce dernier obtempéra, et se retourna pour rejoindre Léthias. A ce moment là, une violente boule de plasma transperça l’acier derrière lui, et lui arracha le bras gauche, ainsi que les chairs tout près du cœur. Léthias cria.

« -Samuel ! »

Il se jeta sur son coéquipier blessé, qui s’effondrait au sol. Déjà, la vie le quittait.

« -Samuel, tiens bon, je vais te ramener au Temple, on va te soigner !
-Laisse tomber Léthias… Tu as les infos, je le vois dans ton regard… On a réussi notre mission. Pas la peine de perdre un nouveau Gardien…
-Dis pas de conneries Samuel, accroche-toi ! »

Léthias agrippa l’autre bras de Samuel, et tenta de la trainer vers la sortie. La fumée allait bientôt s’arrêter, ils allaient devoir faire vite. Mais alors qu’ils n’étaient pas encore arrivés près du trou, Samuel tomba inerte au sol, entrainant Léthias avec lui. Ses yeux se fermèrent, et sa tête bascula en arrière.

« -Samuel ! »

Il venait de mourir dans les bras de Léthias. Un nouveau Gardien de mort. Léthias hurla. Autour de lui, les tirs continuèrent, mais le temps passait comme au ralenti. L’Ombre prit son AER-9, et court-circuita la charge d’énergie. De toute façon, il n’avait plus rien à perdre. Son fusil se mit à chauffer de manière inquiétante. Il récupéra la manicle de Samuel, comme s’il récupérait son âme, et passa à travers le plancher. Il rampa sur une bonne dizaine de mètres, protégé par l’écran de fumée. Sans savoir où il allait, il avançait, jusqu’à la fin du wagon. Il se releva, et se mit à courir, en direction de la sortie des Champs. Derrière lui, le Trident s’acharnait encore sur le wagon. Juste au moment où il s’engageait dans la sortie, la cellule d’énergie explosa, et une boule de feu emplit l’espace du Ring. Enfin, le Ring… Il n’existait plus vraiment. La déflagration avait évidemment détruit le wagon administratif, mais avait aussi touché celui où les joueurs pariaient, ainsi que les cages où avait lieu les combats. Il ne restait plus de ces derniers wagons que la partie arrière, avec une porte en métal hors service. Au final, seul le wagon où Carl élevait ses bêtes, un peu plus éloigné, était encore en bon état. En quelques secondes, Léthias lui avait fait perdre ce qu’il avait mis des mois voir des années à construire.

Bien fait pour lui.

L’Ombre quitta les Champs, laissant derrière lui une scène de désolation. Des feux couraient un peu partout, et tous les mafieux rappliquaient autour du lieu de l’explosion. Léthias rentra au Temple, courant pour ne pas être inquiété. Il ne savait absolument pas si Carl était mort dans l’explosion, où s’il était encore vivant. Dans tous les cas, il ne pourrait sans doute plus jamais remettre les pieds sur les Champs Elimés. Jusqu’à alors, jamais quelqu’un n’avait osé s’en prendre au sacro-saint repaire des gangs de Métropolitopia. Et là, il venait de faire exploser une cellule d’énergie, touchant d’un seul coup presque tous les gangs présents sur les Champs. Autrement dit, pendant un bon bout de temps, il allait avoir intérêt à ne pas se faire remarqué. Pendant un court instant, il sourit, se rappelant des ordres qui lui furent donné quelques jours plus tôt.

« -Je sais déjà à quoi tu penses, Gardien, mais non. Tu ne mettras pas le Trident sur ses gardes, tu n’attireras pas leur attention, et tu ne pénétreras pas à la vue de tous dans les Champs Elimés. Ils doivent être déjà à l’affut du moindre mouvement suspect, alors n’aggrave pas les choses. Tu es l’Ombre, et tu devras l’être plus que jamais sur cette mission. Nous ne prendrons pas le risque de l’attaquer de front à coup de HG-Flammeur. »

Pas à coups de HG-Flammeur, non. Il avait fait bien pire. Faire exploser une bombe au beau milieu des Champs Elimés. Arrivé au Temple, il fit son rapidement un rapport au Gardien chargé de s’occuper de ceux qui rentraient tout juste, et déposa ses affaires. Il alla faire poser un petit pansement sur ses blessures, et épuisé, s’endormit sur une chaise.

--------------------


Le décor disparut, laissant de nouveau place à la lueur blanche. Le Gardien était à nouveau prisonnier de son corps. Il ne comprenait pas ce qui se passait, ne se rappelait même plus ce qui venait de se passer. Le vide infini, une nouvelle fois. Son cœur battait, il sentait l’air emplir ses poumons, il semblait perpétuellement tomber. Que se passait-il, où était-il ? Il l’ignorait, encore une fois. Aucune sensation. Ce n’était pas le monde réel. Il pouvait penser, mais chacune de ses pensées semblait s’évanouir instantanément dans les limbes dans lesquelles il était plongé…

Explications:
 

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Léthias Osniaril
MessageSujet: Re: Voyage dans les limbes de l'Ombre.   Jeu 22 Aoû 2013 - 17:42

Le vide, même moment.

La chute, infinie, ne cessait pas. Une nouvelle fois, le corps du Gardien et se esprit furent séparés, et un décor se reconstitua. Le même que précédemment, mais Léthias ne le savait pas. L’esprit du Gardien observait sans comprendre son propre corps, immobile au milieu d’un tunnel de Métropolitopia, sous les lumières des néons. Des gens passaient à côté de lui, sans lui prêter attention. L’esprit contemplait le corps, dont les yeux blancs et dilatés semblaient fixer un point imaginaire, à des kilomètres de là. L’esprit de Léthias fut soudain aspiré, et il réintégra le corps. Et ce fut, pendant un court instant, la nuit.


--------------------


Encore un petit moment d’inattention. Léthias avait l’impression que c’était la deuxième, mais bizarrement, il n’arrivait pas à se souvenir de la dernière fois. Il venait de comprendre, et maintenant, il devait retrouver Samuel, au Ring. Que devait-il faire ? Il y réfléchissait encore. Le Gardien fut soudain pris d’une grosse migraine. Il s’appuya contre l’un des murs du tunnel, souffla, et reprit sa route. Il était d’un seul coup un peu fatigué, sans qu’il ne sache pourquoi.

Merde. Allez, tenir, encore un petit peu.

Léthias continua de courir, s’approchant à chaque pas des Champs Elimés. Un éclair traversa ses yeux. Il vit un bras robotique, s’approcher de lui, et un dense nuage de gaz lui envelopper le visage. La vision ne dura pas, et Léthias secoua la tête, sans s’arrêter de courir. Il n’avait aucune idée de ce qu’il venait de voir, à vrai dire, il n’avait jamais ce truc auparavant. Pas le temps non plus de faire attention au décor, mais à vrai dire, ce n’était pas important. Pour le moment, il devait régler son compte à Carl, comme il l’avait promis, et libérer Samuel. L’Ombre arriva aux Champs Elimés, longea tête baissé et capuche sur la tête les nombreux wagons, pour arriver devant ceux formant le Ring. A l’intérieur, des cris et des aboiements retentissaient. Visiblement, il y avait un combat en cours. Léthias se fraya un passage à travers la foule, et rentra dans le wagon arrière. Carl y était, seul, avec Samuel. Un nouvel éclair, une nouvelle vision. Un malabar, gardant Samuel. La vision semblait réelle, mais il ne voyait rien. Il eut alors une curieuse sensation de déjà vue ; assez bizarre, comme s’il voyait un enregistrement vidéo dans lequel il avait joué. Deux déjà-vus imbriqués, en quelque sorte. C’était carrément bizarre, mais le Gardien ne comptait pas s’en soucier pour le moment. Carl sortait tranquillement un cigare, assis derrière son fauteuil. Samuel était assis dans un coin, un poignet menotté à une chaise.

« -Tiens donc, qui revoilà…
-Surpris de me voir ?
-Disons que je ne m’attendais pas à te revoir aussi tôt… Ou tard, comme tu le sens. Tu as eu ce que tu cherchais ?
-Oui… Ou non, comme tu le sens. »

La voix de Léthias était soudain devenue plus grave, presque menaçante. Carl se redressa sur son fauteuil, posa son cigare, posa un bras sur l’accoudoir et laissa l’autre sous la table. Léthias compris aussitôt : ce type n’était pas discret quand il s’agissait de cacher une arme.

« -Comment ça, oui ou non ?
-J’ai bien retrouvé mon ami. Mort, depuis assez longtemps pour que tu sois au courant.
-Attends, tu déconnes ? Du calme, j’ai été réglo, je te jure, je ne savais pas.
-C’est marrant, tu sembles assez surpris de me revoir pourtant… Et prêt à dégainer une arme  en plus. Tu t’attendais à une autre visite, peut-être ?
-Je n’aime pas tes insinuations… Alors écoute-moi, je n’ai jamais été au courant de ce qui s’est passé avec ton pote, alors calme-toi. Il était peut-être mort, mais tu l‘as retrouvé. Maintenant, je veux ma part.
-Tu te fous de ma gueule ?
-C’était pas stipulé qu’il devait être en vie. »

Carl fronça les sourcils. Le ton dans sa voix montrait qu’il cachait quelque chose. Il leva les yeux, et regarda l’Ombre, debout devant lui. Et aussitôt, il vit qu’il avait compris. Il sortit son flingue en même temps que Léthias braquait son HG sur lui.

« -Repose ça, libère-le, et tout ira bien pour toi. Jamais tu ne nous reverras.
-Tu ne sais pas dans quel merdier tu t’es fourré… S’attaquer au Trident… Faut être cinglé.
-Cinglé, ou loyal, mais ça, tu ne peux pas connaitre, espèce de vendu.
-Vas te faire voir. »

La porte s’ouvrit brusquement, et deux types en costume entrèrent, sans porter attention à Léthias dans les premières secondes.

« -Putain Carl ! Tu nous avais dit qu’il n’allait pas poser de problèmes ! Ce type a descendu tous les gars postés dans la planque ! Tu vas… »

Le type s’interrompit, voyant la scène. Les deux hommes, sans nul doute appartenant au Trident, sortirent leurs armes. Léthias sortir son deuxième HG, et braqua les deux mafieux. Samuel sortit le sien, et braqua Carl. Trois flingues contre trois, mais deux hommes contre trois.

« -C’était toi, connard.
-Je pourrais dire la même chose de vous.
-Un mot de plus et je te fous une balle en pleine tête. Quoique… Je te ferais bien souffrir, histoire que tu paies pour les autres.
-Et je pourrais te faire pareil pour que tu paies pour mon pote torturé par tes copains.
-Mauvaise réponse. »

Le type s’apprêtait à tirer, mais un grand bruit retentit du côté de la cage. Carl et les mafieux se retournèrent. Léthias en profita, et tira. L’un des hommes s’effondra, l’autre fut seulement touché au bras et s’enfuit. Carl passa sauta, brisa la fenêtre et s’affala sur le sol, avant de partir en courant.

« -Léthias, c’est quoi cette histoire ?
-Plus tard. Pour le moment, on se casse. Pas le temps de chercher les clés. »

Un seul coup d’HG eut raison de la petite chaine. Alors que les deux s’apprêtaient à sortir du wagon, ils furent cueillis par un tir de fusil mitrailleur. Le Trident avait des hommes dehors. Dans le wagon principal, s’était la panique, et les clients fuyaient. Les tirs se mirent bientôt à crépiter dans tout le wagon. Le trident était tout autour. Léthias prit son AER-9, tira sur le sol, laissant ainsi un trou béant. Il y balança un fumigène, et attendit qu’une épaisse fumée emplisse les alentours.

« -Allez Samuel, on dégage ! »

Le Trident réagit plus rapidement, et les tirs lasers furent remplacés par des boules de plasma. L’une d’elles frappa le deuxième Gardien pleine poitrine. Il était mort sur le coup.

« -Samuel ! »

Il n’y avait plus rien à faire. Léthias court-circuita la cellule d’énergie de son AER-9, le posa au sol, glissa dans le trou, et rampa jusqu’à l’extrémité du Ring, protégé par le rideau de fumée. Profitant du chaos, il se mit à courir, et s’éloigna à toute vitesse. Juste au moment où il quittait les Champs, la cellule d’énergie explosa, ravageant le Ring.

Bien fait pour toi, Carl. Adieu, Samuel.

Léthias ne s’arrêta pas de courir, jusqu’à gagner un tunnel totalement noir. D’après son bracelet radar, personne derrière lui. Il était dans le noir. Soudain, il perdit toute sensation de l’environnement. Lui qui pouvait traverser ce tunnel les yeux fermés n’arrivait soudain plus à le sentir…


--------------------


A nouveau la blancheur éclatante du puits sans fin. Léthias était à nouveau prisonnier de son propre corps. Cette fois, il se rappelait ce qui venait de se passer, et compris que c’était la deuxième fois. Mais il ne comprenait toujours pas pourquoi il revivait cette scène. La chute sembla cesser. Ce n’était pas pareil qu’avant. La transition était douce, il avait l’impression qu’il changeait juste de place. Un nouveau décor, mais pas celui qui avait ouvert la scène précédente. S’il ne revivait pas la mort de Samuel, qu’allait-il donc se passer ?

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Le Narrateur
MessageSujet: Re: Voyage dans les limbes de l'Ombre.   Ven 23 Aoû 2013 - 0:16

De nouveau de retour des Limbes... Le gardien se réveille cette fois bien loin des Tunnels du métro. Ailleurs, un autre espace, un autre temps aussi.
Il voit d'abord la scène d'un œil extérieur, omniscient, il se voit adolescent, en train de s’entraîner dans les rues de la villes, pas trop loin de métrop non plus, comme à son habitude dans ses années là. C'est un souvenir que Léthias connait bien, et qui a forgé sa vie.
Puis vient la chute, rapide dans la lumière, et il reprend place en lui même, troublé quelques secondes dans son entrainement, avant de reprendre totalement connaissance, oubliant tout, ou presque, de sa situation présente, de la maigre réalité des choses...
Il a failli chuter mais se retient, arrivant enfin au sommet de l'immeuble - plutôt de la ruine, de la carcasse de Béton et d'acier - qu'il escaladait. Un courant d'air frai passe, chargé de poussière, de radiations surement, mais rafraîchissant quand même après cette longue ascension sans droit à l'erreur. Il palpite, reprend son souffle, s'essuie le front.
Son cœur qui bat, ses poumons qui brûlent après l'effort, la sueur sur son front, l'odeur... Tout fait tellement vrai, c'est bien réel, pas de doute.

Il contemple la ville un moment, le champs des ruines parisienne. Il est tiré de sa méditation: un bruit, et sans même véritablement le décider, son attention, tous ses sens, se focalisent au bout de la rue. A bien deux cents mètres devant lui, à terre, vient de débouler en courant un homme encagoulé, qui n'a qu'une courte avance sur les cinq lascars qui le poursuivent. L'Homme porte une valise qui semble assez lourde, en acier gris brillant, marqué du sigle Vault-Tec, le jeune Léthias peut le voir de là.
La valise est lourde, semble-t-il, et son avance se réduit, et bientôt, il est rattrapé.
Il se réfugie contre un mur, affaiblit, fatigue, acculé par ses ennemis, dont les intentions laissent très peu de doute. L'Homme vit ses dernières minutes.
Il recule lentement, serrant toujours la mallette, jusqu'à buter contre un mur. Sa cagoule retombe sur ses épaules, découvrant son visage.
Un visage que le gardien reconnaîtrait entre mille: C'était son père qui allait bientôt se faire tuer, à 150 mètres de lui, encerclé par cinq psychotiques...
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Léthias Osniaril
MessageSujet: Re: Voyage dans les limbes de l'Ombre.   Sam 24 Aoû 2013 - 10:28

Cela ne pouvait pas être vrai. Personne n’avait jamais su ce qui s’était passé. Personne n’avait retrouvé le corps du Gardien Fabien Osniaril, disparu en mission il y a voilà bien des années. Les sensations qu’éprouvaient Léthias n’étaient plus les mêmes. Sa mémoire restait intacte au fur et à mesure des… Épreuves ? Il savait que quelque chose lui échappait encore, qu’il y avait quelqu’un derrière tout ça ; il ne pouvait pas en être autrement. Et cette personne savait-elle quelque chose sur la mort de son père ? La valise l’intriguait. Qu’il y avait-il dedans ? Serait-ce le JEK tant recherché ? Des questions en pagailles dans la tête du Gardien. C’est alors qu’il se vit, encore jeune initié. Il ne deviendrait Gardien qu’un an après la disparition de son père. Il avait comme seules armes sa manicle de foudre, qu’il lui-même fabriquée, ainsi qu’un HG-23. Les hommes s’approchaient de son père, qui ne pouvait plus faire grand-chose. Ce dernier posa la mallette près de lui, prêt à se battre ; les cinq hommes n’étaient plus qu’à une cinquantaine de mètres de leur cible. Léthias ne savait pas où il était, ni ce qu’il faisait là, mais l’Ordre était sa famille. Il devait protéger ses frères, sa famille… Et cette fois, au sens propre du terme. Léthias se mit à courir, sans chercher à se couvrir. Pour le moment, les hommes ne faisaient pas attention à lui, ils se concentraient sur leur cible principale. Il arriva alors à portée, et dégaina son HG-23. Mais il se rendit vite compte que ses mouvements étaient moins fluides, moins précis que durant la mort de Samuel qu’il venait de revivre. Il s’essoufflait un peu, alors qu’il n’avait presque pas parcouru de distance. Alors, il comprit : ses capacités étaient celles qu’il avait à l’époque, jeune Initié qu’il était. Ce qui expliquait pourquoi il n’avait pas son deuxième HG. Léthias visa l’homme de tête, mais ses mains tremblaient un peu. Il n’avait plus la confiance qu’il se connaissait jusqu’alors : il savait qu’il est à la bonne distance pour tirer, mais il avait peur de rater sa cible, ce qui serait fatal pour son père. Les hommes se rapprochaient toujours. Ils ne l’ont toujours pas aperçu, bizarre d’ailleurs. Léthias fit feu à deux reprises, mais les tirs lasers se perdirent dans le ciel bleu. Il avait lamentablement raté sa cible, et à présent, les hommes savaient qu’il était là. Deux entres eux se précipitèrent dans sa direction. Au moins, cela laissait un peu de répit à son père. Il tourna dans la rue la plus proche, et se cacha derrière une colonne, arme au poing. Il entendait les pas lourds des deux hommes à sa poursuite se rapprocher, jusqu’à ce qu’ils débouchent dans la rue. Le visage du premier apparu, juste devant le canon de son HG. Léthias tira une nouvelle fois, sans rater sa cible. Le premier homme s’écroula, et le deuxième se jeta sur le jeune Initié. Léthias fut cloué au sol sous la violence de l’impact. Il posa sa manicle sur la poitrine du mafieux, et avant que celui-ci n’ait pu lui asséner un deuxième coup de poing, il déclencha la décharge. L’homme convulsa, et roula sur le côté : soit il était mort, soit il était hors-service bon un bon bout de temps. Léthias se releva, et couru vers son père. L’un des trois mafieux tomba, victime d’un tir laser. Les deux autres sautèrent sur Fabien Osniaril, qui se débattait comme il pouvait. Mais il était fatigué, et ses adversaires étaient costauds. La lame brillante d’un couteau scintilla dans la main d’un des hommes, et vint se planter dans la gorge du Gardien, qui tomba au sol, inerte. Léthias hurla. Les deux autres le regardèrent, et s’emparèrent de la mallette, pour s’enfuir. Tout cela semblait si réel, que Léthias ne put s’empêcher de se lancer à leur poursuite. La violence était proscrite par l’Ordre, et la vengeance était à éviter. Mais il venait de voir son père se faire égorger sous les yeux, alors au diable le code, même si cela devait lui couter la vie. Devant lui, les hommes couraient, mais le porteur était ralenti par la valise. Elle était visiblement lourde. Ils discutèrent un peu, sans s’arrêter de courir ; le deuxième mafieux fit soudain demi-tour, pour se jeter sur Léthias, tandis que le porteur continuait sa route. Au dernier moment, l’Initié sortit son HG, et tira sans s’arrêter pendant plusieurs secondes. A présent, seul le porteur lui échappait encore. Il se rapprochait, réduisant petit à petit la distance entre lui et le dernier homme. Mais alors que tout semblait joué, le mafieux et la valise disparurent, comme par enchantement. Léthias s’arrêta aussitôt de courir, essoufflé. Plié en deux, il reprit son souffle, et se retourna. Le décor avait changé. Le corps de son père, qui devait être à plusieurs dizaines, voire centaines de mètres de là, était à quinze mètres de lui, à côté du corps de celui qu’il avait abattu avant de mourir. Lentement, Léthias s’en approcha, et tomba à genoux à côté du corps sans vie. Son père avait les yeux écarquillés, les paupières ouverte, dans une ultime impression de surprise quand le couteau lui transperça la gorge. Le jeune initié resta là, pendant de longues minutes, les deux mains posées sur le bras de son père. Il respira profondément, et lui ferma les paupières. Que pouvait-il faire de plus ? Le corps s’éloigna. Il essaya de se relever et de le rattraper, mais il ne pouvait pas bouger. Le corps glissa vers l’horizon, de plus en plus vite, jusqu’à disparaitre de son champ de vision. Alors, il put enfin bouger. Il sentit son corps changer : il redevenait à présent le Gardien qu’il était. Son deuxième HG et son couteau étaient là, bien à leur place. Il jeta un coup d’œil au sol : le cadavre du mafieux avait disparu, et il n’y avait plus une trace de sang par terre, alors que son père avait saigné abondamment. Les deux hommes qu’il avait tués avaient eux aussi disparus. Plus une seule trace de ce qui venait de se passer ici. Léthias était en colère. Quelqu’un, ou quelque chose, il ne savait pas trop, s’amusait à le tourmenter. Il tourna sur lui-même, observant les environs. Rien. Des immeubles en ruines, mais c’était tout. Alors il cria vers le ciel, comme s’adressant à un être imaginaire.

« -Espèce d’enfoiré ! Si tu veux te battre, viens ici, que je te réduise une bonne fois pour toute en lambeaux ! Quoi, tu as peur ? Tu n’es qu’un pauvre type qui s’amuse à torturer le gens sans jamais avoir le courage de s’en prendre directement à eux ? Ben voyons ! Alors viens ici, que je te règle ton compte ! Viens ici, espèce de lâche, si tu sais ce que signifie le courage ! »

Le décor disparut subitement. Le blanc infinie, la chute, une nouvelle fois. Léthias ferma les yeux. Puis le décor se reconstitua. Il connaissait cet endroit. Métropolitopia, les tunnels. Il savait quand la scène allait se dérouler, et il savait ce qui allait se passer. Encore une fois, il allait revivre la mort de Samuel. Sauf-ci…

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Léthias Osniaril
MessageSujet: Re: Voyage dans les limbes de l'Ombre.   Sam 24 Aoû 2013 - 18:17

Métropolitopia. Même endroit que la fois précédente.

Léthias apparut comme par magie au beau milieu du tunnel. Sauf que cette fois, il se rappelait de ce qui venait de se passer, de ce qui s’était passé auparavant, et surtout, de ce qui allait se passer. Il allait donc revivre une nouvelle fois la mort de Samuel. A moins qu’il n’arrive à changer le cours des événements, ce qui n’allait pas être du gâteau. Première étape, gagner les Champs Élimés. Ça, c’était la partie facile. Rejoindre le Ring ne devrait pas être trop compliqué non plus. La partie la plus difficile allait être de récupérer Samuel. Léthias entra bientôt dans le wagon principal, et rejoignit le wagon où Carl avait son bureau. Cette fois-ci, il y avait dans le wagon, en plus de Carl tranquillement assis à son bureau, le malabar qui gardait Samuel la première fois. Pas le temps de discuter. Léthias sortit ses deux HG, visa d’abord le malabar, et tira. L’homme s’effondra au sol sans un bruit, et les tirs lasers avaient été couverts par les spectateurs à côté. Carl sursauta, et avant qu’il n’ait pu atteindre son arme, Léthias le braquait déjà.

« -Putain mec, c’est quoi le problème ?
-Fallait pas essayer de me rouler. »

Et Léthias tira. Carl s’effondra au sol, mort. Léthias détacha Samuel, qui ne semblait pas comprendre ce qui venait de se passer.

«[color:396c=#darkblue] -T’occupes. Maintenant, faut se barrer.
-Putain, Carl ! Tu nous avais dit… »

Le mafieux de la précédente expérience venait d’entrer. Quand il s’aperçut que Carl et son garde du corps était mort, il dégaina aussitôt son arme, et se planqua derrière la porte. Il tira plusieurs coups en l’air, et la panique s’empara des joueurs, qui quittèrent le wagon.

« -Rends-toi, enfoiré ! Le wagon est cerné !
-Même pas en rêve ! »

Et les tirs de lasers reprirent de plus belle. Léthias comprit que tout était joué. La suite, il la connaissait, et tout ce déroula comme il le pensait. Les tirs lasers remplacés par les boules de plasma. Le trou dans le plancher, le fumigène. Samuel qui se prenait un tir, mais cette fois, en pleine tête. Léthias cria malgré tout le prénom du Gardien, avant de placer la charge de son AER-9, de sauter dans le trou, de ramper sous le wagon, et de quitter les champs. Cette fois, il attendit, à quelques mètres de la sortie des Champs Elimés. Quand la cellule explosa, le souffle de l’explosion lui parvint. En même temps, il fut enveloppé par la lueur de l’explosion, et juste après, il se retrouva dans les tunnels.

Putain, ce n’est pas vrai, encore une fois ?

De toute façon, il n’avait pas le choix. Il refit donc le chemin jusqu’aux Champs. Il devait essayer autre chose. Arrivé près du Ring, il profita d’un cours moment où personne ne faisait attention à lui pour glisser sous le wagon où était détenu Carl. Il lui restait un fumigène. Il enleva la petite languette déclenchant la fabrication de fumée, mais ne lança pas le récipient au sol. Il attendit que celui chauffe, alors que la fumée s’accumulait à l’intérieur. Le moment était venu. Il posa délicatement la bouteille au sol, prit son AER-9, et pointa vers le plancher du wagon. Simultanément, il tira et brisa la bouteille de son pied. Le tir de plasma laissa un trou béant dans le plancher, trou dans lequel la dense fumée s’engouffra aussitôt, attirée par l’appel d’air. La fumée emplit le wagon, et Léthias grimpa à l’intérieur. Il distingua Carl, seul, et tira. Ensuite, il détacha Samuel, et alors que les deux allaient s’engouffrer dans le trou, les tirs commencèrent. Le Trident était déjà sur place, et ne perdait pas le temps. Même pas de lasers, ils passèrent directement aux armes à plasma. Une nouvelle fois, Samuel fut mortellement touché. Une nouvelle fois, Léthias mit en surcharge la cellule, avant de passer dans le trou pour ramper sous le wagon. Une nouvelle fois, il quitta les Champs, alors que la cellule d’énergie explosait. Il ne semblait pas y avoir d’issue. C’était la quatrième fois qu’il voyait Samuel mourir ; cinq en comptant sa véritable mort. Il venait de voir son père mourir. Qu’allait-il voir, ensuite ? Le Temple se faire attaquer par le Trident, et les Gardiens se faire massacrer jusqu’au dernier ? Les bombes pleuvoir sur Paris, durant le Jour de Feu ? Allait-il se retrouver au beau milieu de la Seine, entouré de radpoissons, ou durant un tribunal Malebranche ? Celui qui supervisait tout ça se donnait beaucoup de mal pour le faire souffrir. Jusque-là, seul l’esprit du Gardien avait été sollicité. Mais si jamais il devait faire face à une simulation visant à tester sa résistance physique, ou son habilité au tir, alors peut-être qu’il aurait une chance. De toute façon, revivre à l’infini la mort de Samuel ne le mènerait nulle part. Du moins, il n’y voyait pas d’intérêt ; à part le faire souffrir encore et encore. Cette fois, le décor des tunnels de Métropolitopia ne revint pas. Seulement la chute, dans cet infini tunnel blanc. Léthias commençait presque à s’y habituer

Faut dire aussi que c’est la partie la plus agréable…

Il venait de penser, et il était surpris. Etait-il le seul à savoir ce qui venait de se tramer dans son cerveau ? Il n’en était pas sûr. Celui qui était derrière tout ça arrivait surement à avoir accès à sa mémoire, et au reste. Sinon, comment aurait-il pu savoir comment était mot Samuel ? Comment aurait-il pu savoir que Léthias aurait voulu être avec son père lors de sa dernière mission, afin de peut-être changer quelque chose au destin ? Son esprit était infiltré, par quelque chose. Le blanc commença à se dissiper. Dans quoi allait-il être fourré ? Pendant un court instant, il vit Joris, Eloïse et Volodia, tranquillement en train d’attendre quelque chose. Alors il se souvint. Le laboratoire du Bois de Boulogne, la descente jusqu’au niveau moins un, les papiers… Ses trois collègues attendaient quelque chose, mais il ne savait pas quoi. Il ne savait pas non plus où il était pendant ce temps-là. La vision disparut, laissant une nouvelle fois au blanc. Sauf que c’était différent. Il ne tombait pas, était dans une sorte de cube, dont chaque face était blanche. Puis le blanc s’estompa, laissant place à du gris, du noir, du beige, et bien d’autres couleurs. Un nouveau décor prenait forme.
Spoiler:
 

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Le Narrateur
MessageSujet: Re: Voyage dans les limbes de l'Ombre.   Mar 27 Aoû 2013 - 2:16

Le décors s'était créé. Une nouveau décor.
Après l'intense et totale lumière, le gardien était plongé dans le noir. Une douleur dans la main gauche.
Puis, brusquement, on le retira le bandeau qu'il avait sur les yeux. Il pu voir son environnement: Une pièce sale et sombre, sans fenêtre, éclairé par une ampoule pendant au bout d'un fil. Plusieurs hommes en costumes autours de lui, et lui même, sur une chaise, les mains attachées à plat sur une table devant lui... Trois doigts manquent à la main gauche, ce qui expliquait la douleur.
L'homme qui lui a retiré son bandeau se tient près de lui, le regardant fixement d'un air méprisant.

- Tu vas te décider à parler? Il abat son poing sur le visage du gardien.
Aller parle, on a plus de temps à perdre... Il enchaîne trois nouveaux coups, plus violents encore que le premier. Un collègue lui tend une machette.

- Dis nous ce qu'on veut savoir! Aller!
N'obtenant pas la réponse qui lui convient, il colle lame sous le cou du gardien, la promène en appuyant presque assez pour le raser, si la lame coupait mieux...

- Parle, ou je vais encore m'énerver.
Léthias ne pouvait pas bouger, les liens étaient bien serrés, les gars en surnombre.
Le bourreau soupira, et trancha net la main droite du gardien. La douleur se fit sentir.

- La prochain fois, parle quand on te le dis! Il s'éloigne, fait les cents pas dans la pièce, laissant sa victime savourer sa douleur. Il revient quelques minutes plus tard vers l'ombre, armé toujours de la machette, mais aussi d'un marteau, lui place le fil de la lame - encore ensanglantée - contre le visage, comme un axe de symétrie. Il appuis un peu, juste assez pour que l'acier commence à lui ouvrir la peau.

- Dernière avertissement... Dis nous tout. Et sans quitter des yeux son prisonnier, il donne un bon coup de marteau sur la lame, puis un autre, et encore un, fendant en deux le crane du gardien, comme une pastèque juteuse...

La douleur, puis la lumière.
Le décor reprit forme. Le même décor. Les mêmes hommes, la même chaise... Le même bourreau en costume face à Lethias.
Et la même issue, d'une autre façon.
Balle dans la tête, électrocution, noyade, blessures en tout genre.

La scène de l'interrogatoire se répéta une dizaine de fois, une vingtaine... L'ombre enchaînait les morts violentes, sadiques, sans même que ses bourreaux ne semblent s’intéresser à ce qu'il pouvait dire, mais exigeant toujours de lui qu'il parle...

La lumière était un moment de calme, en dehors de tout, d'une durée non quantifiable. Infiniment long, infiniment court.

Encore une fois, le décor se forma devant le gardien, impuissant.
Mais cette fois-ci, trois autres personne étaient attachées autours de la table, un sac en toile sur la tête.

- Parle. Ou c'est pas toi qu'on va tuer...

Trois autres hommes ôtèrent les sacs, dévoilant les visages - bouche baillonée - de Joris, Volodia et Éloïse.

- Parle, ou on fait souffrir tes amis. Les gars tabassent un peu les gardiens, juste pour expliquer à Léthias le principe.
Puis le bourreau s'approche de Volodia, une scie à métaux dans la main.

- Parle et tes amis ne souffriront pas inutilement.
Dis nous où est le temple, et comment y entrer.




Dans la lumière blanche du laboratoire, et dans son enchevêtrement de circuit, Calypse, connectée à la machine - ne faisant qu'une avec elle - observait et orientait les rêves, ou plutôt les cauchemars du gardien. Il était allongé, nu sur la machine, reliée à elle. Il suait abondamment, semblait fatigué. Une perfusion l'alimentait en nutriments et en drogue, pour éviter qu'il ne se réveille ou ne meurt vraiment. Le cerveau est une chose fragile et compliqué, jouer avec est toujours risqué...

Calypse commençait à connaitre Léthias, l'observait mourir et revivre, souffrir, mourir encore, dans une totale absence de sentiments. Elle ne faisait qu'appliquer le protocole: elle testait son nouveau sujet.
Et quand bien même elle aurait pu ressentir de la pitié ou de la compassion dans ses circuits, elle n'avait pas à s'en vouloir: Elle orientait, guidait, analysait et recréait, mais toutes ces horreurs, ces peurs, provenaient bien de l'esprit de de l'ombre.
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Léthias Osniaril
MessageSujet: Re: Voyage dans les limbes de l'Ombre.   Mar 27 Aoû 2013 - 10:45

La douleur. Plus intense que toutes les fois précédentes. Léthias se vit mourir, mourir et encore mourir, après avoir été torturé. A chaque fois, son corps était couvert d’ecchymose, plusieurs de ses os étaient cassés, et il saignait par de nombreuses plaies. En face de lui, des bourreaux, qu’il ne reconnaissait pas. Le Trident ? S’était-il fait attrapé après avoir détruit le Ring ? Il ne s’en souvenait pourtant pas. A chaque fois, c’était la même chose, le même ordre. Parle, ou meurs. Mais Léthias n’avait aucune idée de ce qu’ils cherchaient. Il ne savait même pas comment il était arrivé là. La transition avait été brutale, c’était comme si son esprit était arrivé comme par magie dans un corps, qui avait déjà subi de longues minutes de torture. A chaque fois, ils tentaient de briser le Gardien, physiquement comme psychologiquement, le corps comme l’esprit. Léthias souffrait, mais tenait bon ; de toute façon, comment pouvait-il en être autrement, il ne savait pas ce que l’on attendait de lui. Puis trois personnes apparurent devant lui. Léthias venait d’être torturé pendant de longues minutes, et ne savait toujours pas ce qu’on attendait de lui. Ses tortionnaires enlevèrent les sacs recouvrant la tête des autres otages. Joris, Volodia et Eloïse se tenaient devant lui, et son bourreau menaça de s’en prendre à eux s’il ne révélait pas ce qu’il voulait. Mais que voulait-il, à la fin ?
Léthias regarda  les trois gardiens dans les yeux. D’abord le visage apeuré d’Eloïse, qui n’avait pas la même résistance que les autres. Si jamais ils la torturaient, alors elle craquerait surement. Puis il fixa Joris, et son regard qui pourrait le fusiller. Était-ce parce que c’était de sa faute si le jeune homme était dans cette situation, ou alors parce le jeune Gardien le tuerait s’il révélait l’emplacement du Temple ? Léthias préférait garder la deuxième option. Et enfin Volodia. Un regard qu’il n’avait jamais vu. La Gardienne avait souffert dans la fosse, elle aussi avait été poussée dans ses retranchements. Mais elle avait tenu bon. Et elle avait fini sa mission. Léthias ne pouvait pas  échouer. Il avait prêté serment à l’Ordre, il s’en souvenait, et savait ce que cela signifiait. Les autres aussi devaient le savoir. Son tortionnaire s’approcha de lui, et se mit à son niveau. Léthias le regarda dans les yeux, sans sourciller. L’homme avait un regard noir, presque infernal. Le Gardien arbora un sourire narquois, et cracha sur son costume, un mélange de salive et de sang. L’homme se releva, et lui décocha un coup dans la mâchoire. Un sinistre craquement se mit entendre. Mâchoire fracturée. L’homme sortir un mouchoir de sa poche, et essuya son costume. La trace de l’affront de Léthias disparut comme par magie. Sur un signe de tête, les trois autres types se mirent  à tabasser les trois Gardiens alignés les uns à côté des autres. Chacun d’entre eux en prit pour son grade. Puis il prit une scie à métaux, et s’approcha de Volodia.

« -Dis-nous où est le temple, et comment y entrer. »

Enfin.

C’était ça qu’ils cherchaient ? Le Temple ? Mais d’abord, comment étaient-ils au courant de son existence ? Dans un ultime effort, le Gardien releva la tête, et regarda autour de lui. La pièce lui rappelait Métropolitopia. Il était quelque part dans un tunnel surement après la mort de Samuel. Sauf que… Ceci était impossible. Tout était tellement réel, la douleur comme l’esprit, mais cela ne pouvait pas être vrai : ils ne pouvaient pas être là. Enfin, Joris et Eloïse, si… Mais pas Volodia. Elle était encore sur le trajet retour depuis Lutèce quand Léthias faisait exploser le Ring. Alors, le Gardien se raccrocha à ce mince espoir comme à un fil d’Ariane, se persuadant qu’il n’avait finalement pas réussi à quitter les Champs Elimés.

Merci, Volodia.

Malgré sa mâchoire fracturée, Léthias réussit à marmonner quelques indescriptibles paroles. Son tortionnaire haussa un sourcil, et se rapprocha du Gardien, qui gardait la tête baissé. Il marmonna de nouveau, malgré la douleur que lui infligeait chacun des mouvements de sa bouche.

« -Un Gardien… Ne dois jamais révéler… Son identité… Ni l’emplacement du Temple… La mort… Est préférable… à la dénonciation. »

Son bourreau se releva, et s’en alla vers les trois autres Gardiens.

« -Espèce de sombre fou. Regarde ce que ton obstination va causer. »

Léthias ne broncha pas, et garda la tête baissée vers le sol. A vrai dire, il ne pouvait même plus la relever, et il était à deux doigts de s’évanouir.

« -Regarde, je te dis. »

Le Gardien ne réagit pas. Sa vision se troublait, et il commençait à voir tout tourner autour de lui.

« -Regarde ! »

L’un des trois autres hommes s’approcha de l’Ombre, se plaça derrière lui, et agrippa sa tête d’une main ferme, pour la tirer en arrière. Le premier bourreau arbora un sourire sadique, avant de se retourner vers Volodia, avec sa scie à métaux. Celle-ci comprenait ce qui allait se passer. Mais elle était solidement attaché à sa chaise, elle calée au sol par de lourds poids. Elle ne pouvait pas bouger. L’homme lui découpa les doigts de la main droite, les uns après les autres, lentement, prenant le temps de faire souffrir Volodia mais aussi Léthias, qui ne pouvait que contempler la scène, impuissant. Malgré son bâillon, on pouvait entendre Volodia crier. A côté, Eloïse, la regardait, horrifiée, avant de fixer Léthias, l’air de lui demander comment il avait pu laisser faire ça. Joris, de son côté, fixait aussi le Gardien, toujours avec ces mêmes yeux qui pourraient le fusiller. Léthias était plus que jamais poussé dans ses limites. Si cela ne cessait pas, il perdrait connaissance dans quelques minutes tout au plus. Volodia perdit connaissance, après s’être vue découpée le bras au niveau du coude. Le bourreau décida qu’elle n’était plus d’aucune utilité, et sortit un pistolet. Une seule balle, en pleine poitrine.

« -Bon. Tu peux encore sauver les deux autres. »

Léthias n’en pouvait plus. Il fallait que cela cesse. Alors réfléchissait à ce qu’il pouvait dire pour tromper l’ennemi, il s’aperçut qu’il était incapable de se souvenir de l’emplacement du Temple. Les tunnels qui lui étaient jusqu’alors si familiers avaient totalement disparus de son esprit ; ainsi que d’autres choses. Petit à petit, il perdait la mémoire. Il ne contrôlait plus rien. A vrai dire, il n’avait jamais rien contrôlé. Tout était déjà fixé.

« -Le Temple… Lutèce…
-Bien essayé. Mais mauvaise réponse. »

Ce fut au tour d’Eloïse de souffrir. Une balle dans un bras, puis l’autre bras. Une jambe, puis l’autre jambe. Elle fut électrocutée, jusqu’à perdre connaissance. C’en était également fini pour elle. Une dernière balle eut raison d’elle.

« -Dernière chance. »

Léthias ne pouvait pas plus parler. Il ne contrôlait plus ses muscles. Le bourreau soupira. Cet abruti lui donnait du fil à retordre. Il s’approcha de Joris, et un autre mafieux lui apporta un fer à souder et une perceuse. Pendant de longues minutes, Joris souffrit, jusqu’à ce que son calvaire cesse dans le coma. Une balle, en plein cœur, comme les autres.

« -Bon, laissez les corps des autres là. Bloquez-lui la tête, histoire qu’il soit obligé de les voir. »

Les sbires obéirent, avant de quitter la pièce. Léthias avait vu mourir Samuel. Plusieurs fois. Et maintenant, c’était au tour de Volodia, Eloïse et Joris de partir sans qui ne puisse faire quelque chose pour les sauver. Il avait échoué. L’Ordre était sa famille, et il devait le protéger, mais il n’avait pas réussi. A présent, il devait contempler les conséquences de ses échecs. Sa bouche lui faisait affreusement mal, mais dans un dernier effort, Léthias hurla, déversant la rage contenue en lui. Son cri se perdit dans la pièce, et il perdit connaissance.

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Dernière édition par Léthias Osniaril le Mer 4 Sep 2013 - 21:16, édité 1 fois
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Léthias Osniaril
MessageSujet: Re: Voyage dans les limbes de l'Ombre.   Jeu 29 Aoû 2013 - 21:00

Lieu inconnu.

Encore cette pièce blanche. Son corps était de nouveau intact, mais pourtant, il avait l’impression que la douleur ne cessait jamais. Il posa un genou à terre, puis l’autre, avant de s’écrouler complètement. A la sensation de coups de poignards dans le ventre lui succédaient celle de coups de marteau sur la tête, puis celle d’une scie coupant ses jambes. Le Gardien respirait rapidement, mais chaque fois que sa cage thoracique se soulevait, il avait l’impression de bruler de l’intérieur. Cela dura, pendant de longues minutes, sans que rien d’autre ne se passe. Etait-ce la fin ? Il n’en était même pas sûr. La douleur s’estompa petit à petit, et le Gardien put se relever. Il fit quelques pas en titubant, avant qu’il ne retrouve petit à petit l’équilibre. Puis le décor apparut. Métropolitopia, une nouvelle fois. La suite, il commençait à la connaitre. Le Ring, Samuel, mais une situation au final vouée à l’échec. Dans sa tête, les choses commençaient à s’embrouiller : pendant un court instant, des pans entiers de sa mémoire disparaissaient, pour revenir presque aussitôt. Des souvenirs s’entremêlaient, ses années d’Apprenti Gardien venant côtoyer ses dernières missions avant le Ring. Tout se bousculait, comme si une tornade aspirait ses pensées pour les faire tomber à des kilomètres de là, dans le désordre le plus total. Léthias fut enfin autorisé à bouger. Machinalement, il rejoint le Ring, tout en sachant qu’il n’avait aucune chance. Tout ça ne rimait à rien. L’échec, encore et toujours. Il pouvait tout tester, il perdrait toujours. Il pouvait faire n’importe quoi, il essuierait échec sur échec. Il arriva sur les Champs, et s’approcha du Ring.

Ah quoi bon… Au diable la retenue.

Léthias jeta un œil par la fenêtre du wagon où était retenu Samuel Carl était seul, pas de malabar pour surveiller l’otage Léthias sortit donc son AER-9. Il visa la paroi d’acier, à l’endroit exacte ou se trouvait Carl, et fit feu. La boule de plasma déchiqueta le métal, et transperça la poitrine de la goule. Tout autour, des gens se mirent à crier, d’autres à fuir, d’autres à gueuler d’incompréhensibles ordres. Il était repéré. Un tir d’HG plus tard, Samuel était libre. Les deux hommes sortirent du wagon, et se mirent à courir en direction de la sortie. Le Trident les cueillit une vingtaine de mètres plus loin, et ne se perdirent pas en tirs de sommation. Comme par hasard, Samuel fut touché le premier. Le tir laser lui transperça la tête, et Léthias eut juste le temps d’apercevoir son camarade tomber avant d’être mortellement touché à son tour. Il ferma les yeux, et les rouvrit presque aussitôt, toujours dans ce même couloir de Métropolitopia, lui servant de point de départ. Pendant un bref instant, il éprouva de la lassitude, même celle-ci fut vite remplacée par une nouvelle migraine. Le Gardien se plaqua contre un mur pour éviter de tomber. Il était déjà fatigué, avant même d’avoir commencé cette nouvelle répétition. Il dut attendre un bout de temps avant de pouvoir à nouveau marcher. Plus il s’obstinait, plus il fatiguait, plus son esprit se fracturait. Cette fois ci, Léthias ne marcha pas vers les Champs. Il s’aventura dans le premier tunnel désert venu, et prit un de ses HG, et le pointa sur sa tempe. Il respira profondément, ne sachant absolument pas si c’était la meilleure chose à faire. De toute façon, il réapparaitrait autre part. Alors, il pressa la détente. Le laser lui transperça le cerveau, et, comme au début, l’esprit quitta le corps. Il observa son cadavre, inconscient, avant que sa conscience n’éclate à son tour, comme un miroir qui se brise en éclat, dans une souffrance indescriptible. Il avait l’impression d’hurler de douleur, mais cela ne devait se passer que dans sa tête. Comme au départ, il se retrouva par la suite prisonnier de son propre corps. Il sentait ses muscles et le sang palpiter dans ses veines, mais son corps ne lui obéissait plus. Puis la chute, sans fin, mais bien moins calme que les précédentes : à chaque instant, il croyait être transpercé par des balles arrivant de toutes parts, avant qu’il ne n’écrase dans cette chambre blanche. Allongé sur le ventre, il ne pouvait plus bouger. Etait-ce ça, que de faire une chute mortelle ? Il se retrouva soudain assit sur une chaise, dans une petite pièce sans porte ni fenêtre, faiblement éclairée. Il crut d’abord qu’il allait être torturé une nouvelle fois, mais non. Il n’était pas même entravé, la pièce était déserte, mais cela ne servait à rien qu’il quitte sa chaise. Les différentes morts de Samuel passèrent en boucle dans sa tête. Et même quand il essayait de chasser cette vision de son esprit, elle revenait sans cesse. Il ne contrôlait même plus ses pensées. Il ne pouvait que revoir ses échecs, et élaborer de nouvelles tentatives d’approches, tout en sachant qu’elles s’avéraient infructueuses. Que ce serait-il passé s’il avait agi autrement durant telle ou telle action ? Il avait les réponses. De la mort de son père celle de Volodia, Eloïse et Joris, il revivait chaque scène au ralenti, encore à encore, dans toutes les variantes possibles. Mais à chaque fois : la conclusion était la même que celle qu’il avait vécu la première fois : l’échec, et la mort… Et puis enfin, le décor changea.

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MessageSujet: Re: Voyage dans les limbes de l'Ombre.   Lun 2 Sep 2013 - 22:53

Cela faisait des heures que Calypse éprouvait l'esprit du gardien. Elle avait déjà collecté, classé, analysé des tas de données sur l'être des ténèbres. Elle avait appris à le connaitre, bien plus efficacement qu'avec un formulaire à remplir. Elle avait déceler en lui certaines valeurs, certaines forces qui correspondait au profil d'un bon porteur. Persévérance, prise rapide de décision, résistance psychologique, aptitude à tenir un secret, etc... Il n'y a pas de meilleur moyen pour connaitre un Homme que de le regarder vivre.
Il lui restait toutefois quelques choses à analyser, et dans l'esprit du gardien, elle créa le décor. Cette fois-ci, elle le créa vraiment, la machine ne se contenta pas de reformuler des souvenir du Léthias, elle lui créa un monde complètement nouveau, en dehors totalement de son vécu...

Alors...


Toujours la lumière blanche...

La lumière blanche, entachée d'images comme des cauchemars. Des violences, des morts, des traumatismes, tous flous, tourmentaient le gardien.

Le décor pris forme. Il se réveille en sursaut dans un lit, en nage, désemparé.
Quelques secondes pour reprendre ses esprits et observer le décor dans la pénombre: Une chambre à coucher... tout à fait normale à vrai dire. Un ventilateur tourne lentement au plafond, apportant un peu de fraîcheur, une armoire mal fermée laisse apercevoir quelques vêtements bien pliés. Un bureau, une chaise, un gros fauteuil dans un coin, près de la fenêtre occultée par des rideaux brodées. Léthias est torse nu sur le lit, matelas confortable, épaisse couette moelleuse, sûrement en plumes d'oies.

Il retrouve lentement ses esprits. La couette bouge à coté de lui, une voix de femme endormis, mais une voix douce et harmonieuse lui parle, réconfortante:

- Tu as encore fais un cauchemars mon Chéri ?...

Elle se redresse, s'approche de l'épaule du gardien, l'embrasse doucement timidement, comme si elle avait peur de sa réaction.

- Le médecin ont dit que les cauchemars durerait, mais si tu veux retrouver la mémoire, tu dois les accepter. Le docteur Dubrin l'a dit.
Tout... tout ce que tu as vécu pendant la guerre a été traumatisant, tu n'es pas le seul dans ce cas là, tu le sais... Beaucoup d'autres soldats sont dans le même état que toi, tu n'as pas à avoir honte... Reste calme... respire...
Tu finiras par te rappeler de tout, j'en suis sûre...


Une pointe d'émotion, qu'elle essayait de refouler, ponctuait chacune de ses phrases. Elle était au bord de larmes, et préféra couper court la conversation, avant de se mettre à pleurer.

- Il fait bientôt jour, dit-elle en pointant la fenêtre, je vais essayer de dormir encore une petite heure, tu devrais faire pareil.

Elle avait pointé la fenêtre que le jour commençait à percer. Le soleil se levait, dévoilant avec lui des hectares de terres verdoyantes, à perte de vue. Vignes, champs de blé ou de maïs, quelques maisons au loin, regroupées en un hameau paisible.
Aucune trace des dégâts d'un quelconque champignon nucléaire...




Et pour cause, ici, les bombes ne sont pas tombé. Ici, la guerre s'est arrêter d'elle même, par lassitude des citoyens, soldats et des chefs d'états eux mêmes.
La guerre s'était conclue calmement, chacun signant la paix avec l'autre et essayant de se reconstruire, laissant des villes abîmées, dépeuplées mais non-irradiées, et des milliers de soldats traumatisés - comme Léthias - qui développèrent une étrange maladie, sombrant dans l'amnésie et parait-il parfois la démence.
Certains médecins imputèrent cette maladie au gaz et autres drogues utilisés pendant les combats, pour tuer l'ennemis ou booster les soldats, d'autres y virent simplement une réaction psychologique face à l'atrocité de ces mêmes combats.
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Léthias Osniaril
MessageSujet: Re: Voyage dans les limbes de l'Ombre.   Mer 4 Sep 2013 - 21:15

Lieu inconnu.

Le Gardien ne savait pas où il était. Sa mémoire avait été altérée, et tous ses souvenirs avaient changé. Il ne restait plus rien de l’Ordre, puisqu’il n’avait jamais existé. Le Gardien avait perdu les souvenirs des différentes épreuves qu’il venait de vivre, et pensait à présent être un simple survivant de la guerre. Sa situation était paradoxale : il était devenu en grande partie amnésique sur ce qui s’était passé durant la guerre, mais dans le même temps, il était en proie à des cauchemars récurrents. Calypse avait fait en sorte qu’il soit traumatisé par la guerre, sans pour autant pouvoir s’en rappeler. Petit à petit, les détails lui apparurent. Des brides de souvenirs, où il avait été affecté, ses coéquipiers, ses supérieurs, mais rien de plus précis que ça. Léthias regarda celle qui croyait être sa femme, allongée à côté de lui. Il se leva silencieusement, et sortit devant sa maison, après avoir enfilé une veste sur son dos. Le vent frais souleva ses quelques cheveux, et le Gardien -qui n’en était plus vraiment un- resserra sa veste. Il ne pouvait pas dormir, et c’était comme ça depuis des mois, depuis qu’il était rentré du front. Le syndrome de stress post-traumatique s’était déclaré rapidement, moins de deux semaines après son retour. Cela avait été un choc pour tous ses proches. Le Capitaine Osniaril, qui avait vaillamment combattu sur le front de Berlin, était devenu en quelques jours un être détruit par ce qu’il avait vu. Amnésie et rêves horribles étaient maintenant son quotidien. L’armée avait essayée de l’aider, mais elle avait des milliers d’autres cas dans son genre à traiter. La guerre avait fait des ravages. Léthias était fatigué. Il rentra dans la maison, et s’assit dans un fauteuil. Il ne voulait pas la réveiller en remontant les marches quelque peu grinçantes de l’escalier boisé. Il s’endormit presque aussitôt.

Quelque part à l’Est de Berlin, camp interarmées européen.

Les chinois avaient reculés. La dernière attaque du Capitaine Osniaril, de ses hommes et des centaines d’autres soldats s’était soldée par une victoire. En une journée d’attaque éclair, plusieurs quartiers de la ville avaient été repris. Maintenant, l’armée allemande sécurisait la zone. Le camion transportant Léthias et les autres freina, et les soldats descendirent au pas de course, direction leur baraquement. Léthias passa au carré des officiers, pris les dernières nouvelles avant d’aller dormir. Demain allait être une rude journée, il devait être en forme. Les sirènes hurlantes retentirent dans toute la base quelques secondes plus tard. Trois sonneries rapides, deux longues, l’un des nombreux codes pour désigner le type de l’attaque imminente. Et ce son-là, Léthias avait espéré ne jamais l’entendre. Il se leva, prit son casque à la volée, et fonça vers le bunker de commandement. Dehors, c’était la panique : des soldats couraient dans tous les sens, ne sachant pas où se cacher. Léthias continua de courir. A quelques centaines de mètres devant lui, la lourde porte du bunker commençait à se refermer, et elle ne s’arrêterait pas pour l’attendre. Il passa de justesse la porte, et descendit les escaliers à toute vitesse, alors que différents sas de sécurité se fermaient derrière lui. Il traversa le dernier juste avant que la porte ne se verrouille, et qu’une voix synthétique résonne dans tout le bunker.

« -Bunker de commandement verrouillé. Protocole de sécurité achevé. Tous les systèmes auxiliaires opérationnels. Le personnel est prié de regagner les postes assignés. »

Léthias reprit son souffle, et entra dans la salle principale plusieurs dizaines de mètres sous terre, où l’effervescence régnait aussi. Il reconnut bientôt son supérieur, et le salua.

« -Mon colonel.
-Capitaine Osniaril. Content de vous avoir ici.
-C’est bien ce que je pense, colonel ?
-Malheureusement, oui. Nous avons déjà déclenché la riposte. Trois têtes nucléaires chinoises foncent vers Berlin et ses environs.
-Il ne restera rien, colonel. Et beaucoup de nos hommes vont mourir, tous ne disposent pas de ce bunker.
-Je sais capitaine, mais c’est la guerre. De toute façon, Pékin, Shanghai, Moscou et les autres seront aussi rayées de la carte.
-Durée estimée avant impact, reprit la voix, une minute.
-Accrochez-vous, capitaine. Ça va faire mal. »

La voix commença un décompte des plus stressants. Quand il atteignit zéro, une immense secousse traversa le bunker, et presque tous tombèrent à terre. Une formidable explosion se fit entendre, et les écrans tous les systèmes furent coupés, avant de repartir, alimentés par les générateurs de secours, enfouis encore plus profondément. L’apocalypse nucléaire venait d’avoir lieu. Dehors, il ne restait plus rien. Et pas seulement ici, partout. Toutes les grandes villes étaient rasées, des centaines de millions de personnes de personnes moururent ce jour-là, quand des dizaines de bombes nucléaires explosèrent aux quatre coins du globe.

Léthias se réveilla en sursaut, et se précipita à la fenêtre, le cœur battant. Il alluma la télévision, et mit les infos en direct. Rien. Il venait encore de faire un cauchemar. Ce n’était pas la première fois qu’il rêvait de l’apocalypse, à chaque fois dans des situations différentes. Mais cela lui faisait toujours le même effet : la peur, la panique. Ce cauchemar était l’un des nombreux qu’il faisait, presque toutes les nuits. Jamais cela ne cessait : son esprit ressassait sans cesse des scènes de mort, de désolation et de souffrance. Léthias tomba à genoux, et se mit à pleurer. Chaque jour, cela s’empirait, il dormait de moins en moins, commençait à ne plus pouvoir manger. Il resta ainsi prostré quelques minutes, avant qu’une ombre vienne se placer assise à côté de lui. Elle posa un bras sur son épaule, et prit sa main dans la sienne.

« -Ne t’en fais pas… Ça va passer…
-Passer ? Mais cela dure depuis des mois ! Ces putains de médicaments n’y font rien ! J’en peux plus, je ne peux pas vivre avec ces images qui passent tous les jours dans ma tête !
-Ne dis pas de bêtises. On est tous là pour que tu t’en sortes. D’ailleurs, n’oublie pas que tu as rendez-vous avec le docteur demain, à la caserne…
-Ouai, je sais… Et je sais déjà ce qu’il va me dire, bordel ! Allez-y, parlez-moi, cela va vous libérer… Vous devriez prendre ceci ou cela, cela va vous aider… Mais merde, ce type n’a jamais quitté son bureau, il n’a jamais vu de ses propres yeux ce qui s’est passé, comment il pourrait m’aider ?
-C’est son métier Léthias, c’est son métier…
-Tu parles. Laisse-moi maintenant, j’ai besoin d’être seul. »

Les mains se détachèrent, et elle partit. Léthias était seul dans cette épreuve. Elle, elle resta quelques instants dans l’embrasure de la porte, pour l’observer, avant de monter à l’étage et de s’effondrer en larmes. Du bas, Léthias put quand même l’entendre, et cela lui faisait encore plus mal, de savoir qu’il n’avait pas fini de souffrir, mais que cela faisait aussi souffrir ceux qui étaient autour de lui. Les innombrables heures passées en compagnie des soi-disant spécialistes de l’armée en syndrome de stress post-traumatique n’y faisaient rien, il avait encore et toujours ces horribles visions, ces affreux cauchemars et ces abominables visions d’un futur qui n’existait pas.

La simulation de l’environnement crée par Calypse était parfaite. Rien ne permettait à Léthias de dire que ce qu’il vivait n’était qu’une illusion. Dans l’esprit du Gardien, tous ses souvenirs avaient été mis de côté, et l’intelligence artificielle lui avait donné une nouvelle vie, toujours pour le tester…

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Léthias Osniaril
MessageSujet: Re: Voyage dans les limbes de l'Ombre.   Dim 8 Sep 2013 - 9:14

Lieu inconnu, réalité simulée.

Une nouvelle journée pour Léthias. Encore une journée où il n’avait cessé de penser à ce qui s’était passé durant la guerre. Il était sorti pour marcher un peu, histoire de se vider l’esprit, mais rien n’y faisait, ces mêmes pensées occupaient encore et toujours le fond de son esprit. Demain, il avait rendez-vous avec Dubrin, qui le suivait maintenant depuis plusieurs semaines. Surement une séance qui n’aboutirait à rien… Pour le moment, il devait essayer de se reposer. Léthias savait déjà qu’il se réveillerait à un moment ou un autre dans la nuit, mais il espérait pouvoir dormir quelques heures. Il enleva sa chemise, et se glissa sous la couette, avant qu’elle ne le rejoigne.

« -Bonne nuit, Léthias.
-Ça ne veut plus dire grand-chose pour moi, maintenant… Mais bon, bonne nuit à toi aussi. »

La fatigue accumulée ces derniers jours permit au capitaine de s’endormir assez rapidement. C’était parti pour une nouvelle nuit, qui se finirait surement par un réveil en sursaut après un cauchemar. Mais il n’y pouvait rien… Après quelques heures de répit, le subconscient de l’officier se mit à travailler. Le décor prit place, et Léthias se remémora malgré lui l’une des missions s’étant soldée par un échec, à laquelle il avait participé.

Quelque part à l’Est de Berlin, camp interarmées européen.

L’unité de communication au poignet du Capitaine Osniaril émit un léger signal sonore. Léthias consulta le petit message apparaissant sur l’écran, récupéra ses affaires, direction le PC opérations de la base. Des files de camions passèrent devant lui, tandis que des transporteurs sillonnaient le ciel. De grandes manœuvres étaient en cours. Il salua son supérieur, avant d’écouter ce que celui-ci avait à lui dire.

« -Bonjour, mon colonel. Quelles sont les nouvelles ?
-Repos, capitaine. Plutôt bonnes, on a réussi à détruire l’escadron de chasseurs chinois nous harcelant depuis quelques jours. On a des chasseurs Foudre en permanence là-haut pour assurer la supériorité aérienne, alors on en profite pour déplacer rapidement du matos et des troupes par les airs. D’ailleurs, j’ai du boulot pour vous. »

L’officier afficha un plan de la ville de Berlin sur l’écran mural le plus proche, zooma sur une partie précise et afficha plusieurs symboles dessus. Léthias regarda attentivement la carte, se demandant de quoi il allait s’agir.

« -Bien, vous voyez le secteur Bravo Sept ? Il est bouclé au Nord et au Sud, mais on manque d’hommes sur celui-ci. Le boulevard coupant en deux le secteur donne droit sur pont, il faut absolument aller sécuriser la zone. Si les chinois reviennent, je ne veux pas en voir un seul, ne serait-ce armé d’un pistolet vide, traverser le pont.
-Vous voulez qu’on le détruise ? Il y a le génie pour ça.
-Négatif, pas de destructions, il faut qu’on puisse le traverser au besoin, mais l’avancée des troupes ennemies doit être prête à être stoppée.
-Je vois, mines et explosifs ?
-Exactement. Vous partez avec neufs hommes et cinq ingénieurs dans quinze minutes, un vertiptère vous attend sur l’aire deux. Deux Foudre vous escorteront jusqu’à votre dépose.
-A vos ordres, colonel. »

Léthias salua son supérieur, avant de partir récupérer son équipement. Il prit quelques minutes pour consulter les dossiers des hommes qui allaient partir avec lui. Les soldats, il les connaissait, puisque c’était son équipe pour les missions de ce type. En revanche, il voulait se renseigner sur les ingénieurs, par mesure de précaution. Il valait mieux savoir à qui l’on avait à faire en cas de problèmes. Parmi eux, un visage, un nom que Léthias ne pouvait pas connaitre… Du moins, dans cette simulation. Car en vérité, il en était tout autre chose. Le Major Decourtel, Samuel de son prénom, supervisait les ingénieurs.

Quelques minutes plus tard, dans les airs…

Après avoir retrouvé l’équipe sur l’aire de décollage, Léthias et les quatorze autres soldats étaient montés à bord du vertiptère devant les amener sur le secteur Bravo Sept. Bientôt, deux imposants chasseurs Foudre aux formes agressives s’étaient positionnés à côté d’eux pour les escorter.

« -Attention derrière, fit le pilote, drop dans cinq minutes !
-Bien reçu. Bon, les ingénieurs, écoutez-moi ! On n’a aucune idée de ce qu’on va rencontrer sur zone, alors vous restez coller à mes hommes, et vous faîtes ce qu’ils vous diront de faire ! Si vous êtes en train de poser du C4 et qu’ils vous disent de vous plaquer à terre, ne chercher même pas à comprendre, faîtes-le ! Compris ?
-Bien compris, capitaine. Ce n’est pas notre première mission du genre, on a déjà eu ce genre de leçons.
-Je préfère vous le redire. »

Le vertiptère finit son vol sans être inquiété par les forces anti-aériennes ennemies. Le colonel avait raison : le ciel leur appartenait… Pour le moment. Léthias consulta son unité de communication à son poignet : l’heure de la dépose approchait, aussi passa-t-il dans le cockpit pour discuter avec les pilotes.

« -Vous pouvez nous déposer où ?
-Le plus simple serait sur un toit, les rues sont étroites dans le coin, à part l’avenue juste en dessous.
-Je préférerai éviter, vous pouvez vous rapprocher de la rive ?
-Je pense, ouai… Tenez, ici ! »

Un bâtiment s’afficha en surbrillance dans la vision virtuelle du casque de Léthias. C’était parfait. Il fit signe au pilote qu’il était d’accord, et transmis l’info dans les casques de l’équipe. L’engin volant décéléra soudain, et perdit de l’altitude, pour finalement se retrouver à un peu plus d’un mètre du toit.

« -Dépose ! »

Les portes coulissantes du vertiptère furent ouvertes, les lourds sacs contenant le matériel balancés un peu plus loin, avant que les soldats ne sautent au sol. Léthias avait avec lui trois tireurs d’élites, deux artilleurs et quatre soldats d’assaut léger. Avec ça, il pouvait assurer la sécurité du groupe.

« -Ok, on fait comme d’habitude ! On se couvre mutuellement, vous prenez les positions qu’il vous faut ! Je veux un tireur et un  artilleur sur le toit, la même à côté pour la couverture ! Les autres, avec moi, on descend et on va s’occuper de ce foutu pont !
-Oui chef ! »

Léthias prit la tête du groupe qui devait descendre, tandis que les tireurs sur les toits mettaient en position leur lourd fusil de précision. Après avoir défoncé quelques portes, Léthias et les autres arrivèrent dans la rue. Ils se plaquèrent à l’abri, derrière un mur, en attendant un signal des quatre hommes perchés au-dessus d’eux.

« -Couverture pour leader. Zone dégagée, vous pouvez rejoindre le pont. »

Léthias fit signe à ses hommes de bouger. Les onze soldats se mirent à courir vers l’entrée du pont.

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Dernière édition par Léthias Osniaril le Mer 11 Sep 2013 - 21:04, édité 1 fois
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Léthias Osniaril
MessageSujet: Re: Voyage dans les limbes de l'Ombre.   Lun 9 Sep 2013 - 21:22

Quelque part dans Berlin…

Léthias s’abrita derrière un muret à l’entrée du pont, avec un autre soldat. Un peu en retrait se trouvaient les ingénieurs et le reste des fantassins, observant minutieusement les environs en quête d’éventuels ennemis. Le capitaine observa encore un peu les environs, avant d’allumer sa radio.

« -Bon. Decourtel, vous devez vous organiser comment ?
-Disons trois ingénieurs et un soldat en dessous, afin de placer les explosifs, le reste sur le dessus pour miner la chaussée.
-Ok, je passe avec vous dessous. Laplacier, vous gérez en haut !
-A vos ordres.
-Couverture, restez sur vos gardes. Je ne veux pas de mauvaises surprises.
-Bien compris.
-Très bien. On bouge ! »

Les trois ingénieurs chargés de placer les explosifs rejoignirent Léthias  et observèrent les berges, tandis que les autres s’aventuraient déjà sur le pont, pour le traverser et aller placer les mines de proximité. Le plus dur allait être le dessous du pont. Il était en deux parties, un seul pilier au milieu de l’eau pour le soutenir.

« -Capitaine, il faut qu’on aille sur la pile centrale.
-Et comment vous comptez le faire ? Vous avez un bateau ?
-Négatif. Mais un de mes hommes a des cordes, on peut aller en accrocher une.
-Faite, mais vite. Combien de temps pour le total ?
-Une vingtaine de minutes. »

Léthias grimaça. Cela ne lui plaisait pas : vingt minutes, cela commençait à faire long. Rester sans bouger était le meilleur moyen de se faire débusquer par les drones ou les troupes adverses. Mais bon, il n’avait pas trop le choix. Il devait s’assurer que la mission serait bien faîte, et si les ingénieurs devaient avoir vingt minutes devant eux, il devrait les leur donner.

« -Ok. Mais pas une de plus.
-Compris. Bréhat, allez-y ! »

L’ingénieur hocha la tête, et posa son lourd sac de matériel au sol. Il en extirpa un gros enrouleur de corde, qui devait à lui seul prendre les trois quart de l’espace disponible. Il devait y avoir une bonne centaine de mètres de cordage dans la bobine. L’homme fixa une extrémité à côté de Léthias, remonta sur le pont, courut jusqu’à la pile, et enjamba la rambarde. Il descendit avec précaution sous le tablier, fixa l’enrouleur, et tendit le câble. Il installa ensuite quelques cordes supplémentaires, et fit signe à Decourtel que tout était prêt.

« -Ok, on peut y aller. Il me faut quelqu’un pour venir avec moi sur la corde, on va placer des explosifs sur cette première moitié.
-Si je peux vous être utile…
-En effet. Du coup, vous deux, passez direct de l’autre côté, vous aller charger la pile principale. »

Les deux ingénieurs firent comme le premier, c’est-à-dire qu’ils passèrent directement sur le tablier pour rejoindre la pile principale. Pendant ce temps, Léthias s’équipait des mousquetons que Decourtel lui tendait.

«-Ça vous évitera de tomber à la flotte. Bon. On va poser les pieds sur la corde, les mains sur le rebord du pont. Ça risque de bouger, mais c’est le plus simple.
-C’est vous l’expert.»

Decourtel passa en premier, suivit de près par Léthias. Les deux hommes arrivèrent lentement à mi-chemin entre la pile principale et leur côté de la rive, point idéal pour placer leur explosifs. Decourtel récupéra une longue barre fixée sur le côté de son sac, la fixa à son mousqueton, et se tourna, pour présenter son sac à Léthias.

« -Bon, ouvrez mon sac. Vous devriez trouver dedans des pains avec un trait rouge dessus, avec écrit « Mag » juste à côté. Prenez-en le maximum que vous pourrez accrocher à votre mousqueton, cinq normalement. »

En faisant attention à ne pas déséquilibrer le chef ingénieurs, Léthias fouilla dans le sac, pour trouver les dits pains d’explosifs. Il en accrocha cinq à sa ceinture, avant que Decourtel ne se retourne. Il fit signe à Léthias de lui passer un explosif, fixa ce dernier au bout de sa tige, et fit pivoter le cylindre d’aluminium pour coller le pain au tablier. Dans un gong retentissant, il fut soudainement attiré par la structure métallique, et Decourtel décrocha sa tige.

« -Ventouses magnétiques. Aller, on recommence. »

En quelques minutes, Léthias vida sa première ceinture d’explosifs, puis une deuxième. Le plus dur était de placer les pains à l’autre bout de la travée, et ils durent s’y mettre à deux pour empêcher la tige de piquer vers le bas. Il restait maintenant à relier les différents pains à un boitier de commande, pour pouvoir les déclencher à distance. Alors qu’ils allaient fixer le premier petit fil sur un des pains, toujours avec l’aide de l’a tige d’alu, un sifflement les fit tourner la tête. Sur la pile principale, les autres avaient fini et remontaient sur le tablier. Léthias déclencha la radio intégrée à son casque.

« -Laplacier, ça donne quoi chez vous ?
-Fini, capitaine. On retourne se planquer ?
-Affirmatif. »

Léthias et Decourtel étaient à présent les seuls encore sur le pont, tous les autres attendant bien sagement dans un bâtiment, à l’abri d’éventuels regards inquisiteurs. Une fois qu’ils eurent fini, ils s’apprêtèrent à regagner la rive, mais une voix retentit dans le casque de Léthias.

« -Couverture pour leader, ne bougez pas. »

Léthias s’immobilisa instantanément, et fit signe à Decourtel de ne pas parler, par mesure de précaution. Lui-même chuchota pour répondre à la radio.

« -Couverture, il se passe quoi ?
-Trois hommes, de l’autre côté, éclaireurs.
-Ils vous, ou nous ont vus ?
-Négatif, mais il ne faudrait pas qu’ils s’approchent de trop de pont, ils verraient les mines.
-Merde. Vous voyez d’autres unités ?
-Négatif. Mais je ne peux pas dire qu’ils sont seuls. »

Juste à ce moment-là, un Foudre passa au-dessus de la zone. Les soldats chinois se planquèrent derrières des montagnes de gravats, ne voulant pas être repéré. Mais le chasseur ne s’arrêta pas à la rivière, et continua un peu plus loin. A peine une centaine de mètres plus loin, il monta en chandelle, avant de se retourner, tandis que ses soutes à munitions s’ouvraient. De là où il était, Léthias ne voyait rien. En revanche, il entendit distinctement le sifflement du missile sol-air chinois, et le chasseur exploser presque aussitôt.

« -Leader, hostiles confirmés ! Distance maximale, deux cent mètres ! Pas de données supplémentaires, mais je pense qu’il y a des unités lourdes ! »

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Léthias Osniaril
MessageSujet: Re: Voyage dans les limbes de l'Ombre.   Mer 11 Sep 2013 - 21:07

« -Merde ! Couverture, situation ?
-Pas d’hostiles en vue, mais sécurité non garantie !
-Tant pis, pas le choix, on monte sur le pont !
-Compris ! A tous, couverture ! »

Les fantassins planqués derrière leurs murs dévoilèrent légèrement leur position, juste de quoi leur permettre de tirer. Les trois éclaireurs ennemis avaient disparus, mais les autres ne tarderaient sans doute pas à rappliquer. C’était donc le moment ou jamais pour Léthias et Decourtel. Le capitaine passa en premier, accrocha le rebord du pont, et décrocha le mousqueton, avant de se hisser par-dessus la rambarde métallique. Avec son sac sur le dos, ce n’était pas chose facile. Venait le tour de l’ingénieur.

« -Montez major, je vais vous aider ! »

Decourtel attrapa à son tour le rebord, et Léthias se pencha pour attraper le bras du major. Il était lesté par une bonne vingtaine de kilos d’explosifs, aussi la remontée fut-elle périlleuse. Alors que Decourtel enjambait la rambarde, aidé par Léthias qui tirait son sac, un soldat chinois apparu à l’angle de la rue. Il aperçut sans difficulté les deux hommes, et commença à crier. Léthias ne comprenait strictement rien au chinois, mais le soldat n’avait dû avoir le temps de finir sa phrase. Il fut propulsé en arrière, avant que la sourde détonation du fusil de précision ne retentisse. A présent, l’ennemi savait qu’ils étaient là.

« -Decourtel, laissez votre sac, va falloir courir !
-Négatif capitaine, ordre du commandement ! Ce matériel ne doit en aucun cas tomber entre les mans adverses, il n’y a pas que des explosifs, il y a aussi des puces de communication !
-Putain, vous ne pouviez pas les enlever ! Vous alliez dynamiter un pont !
-Elles sont intégrées aux détonateurs ! Celui qui trouverait la fréquence de déclenchement et décrypterait le signal pourrait stopper toutes les explosions à distance !
-Fais chier ! Bon, on a cent  cinquante mètres à faire, vous êtes prêts ?
-Pas trop le choix !
-Leader pour couverture ! Premier repli, entrée du pont ! »

Léthias et Decourtel se mirent à courir. A peine quelques secondes plus tard, quatre soldats chinois émergeaient  à nouveau, fusil en joue. La réaction des hommes de Léthias ne se fit pas attendre, et les chinois tombèrent sans avoir tiré un seul coup de feu. Le capitaine ne préféra pas regarder ce qui se passait derrière lui, le vrombissement de moteur n’inaugurait rien de bon. Le tir de roquette fusa du haut du toit, et s’écrasa sur le blindé léger, qui vola en éclat. Juste à cet instant, Léthias et Samuel atteignirent l’entrée du pont, et se mirent à couvert derrière un pilier de pierre. Encore cent mètres.

« -Merde, leader ! Char lourd ! »

Léthias tourna la tête, et vit le char. La massive tourelle pivota, et se leva, pour tirer sans préavis sur le toit où se trouvait le premier groupe de couverture. Une boule de feu emplit l’espace, avant que des débris ne volent dans tous les sens et que le ciel ne se remplisse de poussière. Il venait de perdre deux de ses meilleurs atouts. Derrière le char, deux transports de troupes et un camion équipé de missiles sol-air se profilaient, sans oublier les soldats à côté. Si les chinois parvenaient à passer le pont, ils seraient dépassés en quelques secondes.

« -Decourtel, il ne doivent pas passer ce pont !
-Bien compris.
-Leader, repli, c’est maintenant ou jamais ! »

Le soldat n’avait pas tort. La situation n’était pas du tout sûr, mais c’était leur seule chance de survie. Les deux hommes se remirent à courir, ralentis par le sac de l’ingénieur. Un homme passa la tête par la trappe supérieure du char d’assaut, pour s’emparer de la mitraillette. Les premiers tirs fusèrent, mais Léthias avait encore un tireur d’élite. La balle anti-matériel qui sortit du fusil transperça le léger blindage sur le devant de l’arme, et les tirs cessèrent. Alors, les soldats chinois passèrent à l’attaque, se servant du blindage du char comme protection. Les hommes de Léthias ripostèrent, mais les ennemis étaient plus nombreux, et s’approchaient dangereusement du pont. Les balles fusaient autour de Léthias, quand Decourtel s’effondra brusquement. Sans réfléchir, Léthias se plaqua au sol, à côté de lui, et mit l’ingénieur sur le dos. Une balle lui avait sectionné la carotide, et il n’en avait plus pour longtemps.

« -Le…. Sac… Ca… Pi… Taine… »

Dans une ultime quinte de toux, il mourut, la bouche pleine de sang. Léthias le tira vers l’immeuble le plus proche, pour avoir quelques instants de répit. Une fois que le corps était à l’abri, il desserra précipitamment les sangles du sac, pour ensuite le prendre sur lui. Il contempla une dernière fois le corps de l’ingénieur, et se remit à courir. Sous les tirs, il effectua une dernière glissade avant de rejoindre ses alliés. L’un d’eux était déjà touché, et il ne restait qu’un seul ingénieur. Le char chinois passa sur les mines, de l’autre côté du pont. Celles-ci lui firent l’effet d’une piqure de moustique. Les chinois ne devaient pas passer, et Léthias interpella l’ingénieur restant

« -Faîtes sauter ce pont !
-Vous avez le détonateur dans le sac ! »

Il posa le sac, et se mit à le fouiller, sans trouver la télécommande. Le deuxième groupe de couverture continua son travail, et l’artilleur tira une roquette, qui rebondit sur le blindage du char. Maintenant, les chinois savaient où ils étaient.

« -Non ! »

Le char ajusta sa visée, et tira, même scénario que pour le premier groupe. A présent, Léthias n’avait plus que trois fantassins et un ingénieur avec lui. La situation était perdue d’avance : les chinois avançaient, et toujours pas de télécommande en vue. Quand Léthias la trouva, le char était au milieu du pont. Les autres soldats restaient bien à l’abri derrière son épais blindage. Néanmoins, l’un d’entre eux monta sur le véhicule pour s’emparer de la mitraillette, et tira sans hésiter. La rafale déchiqueta les trois soldats encore debout. Un capitaine, un ingénieur.

« -Appuyez ! »

Léthias pressa le bouton. Toutes les charges placées explosèrent simultanément, et une immense boule de feu emplit l’espace. Des débris volèrent dans tous les sens, précédés par un nuage de poussière. Le char chinois et les soldats étaient morts.

« -Oh pu… »

Il n’eut pas le temps de finir sa phrase, quand le canon du char fendit l’air à côté de lui tel un obus propulsé par les charges. Miraculeusement, l’extrémité ne frappa que son sac, et il fut juste violemment projeté contre un mur. L’ingénieur, lui, fut empalé vif. Léthias avait mal. Très mal. Et il ferma les yeux…

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Léthias Osniaril
MessageSujet: Re: Voyage dans les limbes de l'Ombre.   Sam 14 Sep 2013 - 20:58

Quelque part au-dessus de Berlin.

Le bruit caractéristique du rotor du vertiptère lui creva les tympans quand il reprit connaissance. L’homme assis à côté de lui, qui portait l’insigne de médecin de l’armée s’en aperçut, et lui posa un casque avec un micro sur les oreilles. Le bruit s’estompa aussitôt.

« -N’essayer pas de bouger capitaine ! Vous êtes un peu amoché, on vous a sanglé sur un brancard et vous êtes sous perf avec plusieurs anesthésies locales ! Si vous comprenez, contenter vous d’hocher la tête. »

Léthias fit donc un léger mouvement, en essayant de sourire. Le médecin hocha à son tour la tête.

« -On vous a récupéré dans les vaps il y a un bon quart d’heure, on vous ramène directement plus en arrière du front, dans un hôpital plus adapté. Vous avez eu une sacré veine capitaine.
-Les… autres ?
-Morts. Désolé d’être aussi brutal capitaine, mais c’est un peu la panique. On vous expliquera tout quand vous serez moins fatigué. »

Léthias ferma les yeux. Le vertiptère se posa sur l’aire d’atterrissage d’un hôpital, et il fut pris en charge par des brancardiers, qui le conduisirent directement au bloc opératoire. Il ne savait pas encore ce qu’il avait exactement, et à vrai dire, il ne voulait pas trop le savoir pour le moment. Un médecin lui mit sans tarder un masque sur le nez, tandis que d’autres changeaient les perfusions. Il s’endormit une nouvelle fois, et rouvrit les yeux après un sommeil dont il ignorait la durée exacte. On passa lui dire de ne pas bouger, qu’il allait avoir de la visite, et qu’il serait temporairement nourri sous perfusions. Trois heures après son réveil, un lieutenant-colonel passa, avec plusieurs papiers dans le bras.

« -Pas la peine de saluer capitaine, vous êtes excusé d’avance. Comment allez-vous ?
-J’ai connu mieux. On m’a dit que je ne devais pas essayer de bouger, mais de toute façon, je ne pense pas que je pourrais.
-En effet. J’ai sous les yeux le compte rendu des médecins, vous voulez que je le lise ?
-Je suis en vie, donc bon…
-Vous avez eu les deux jambes brisées, ainsi que le bras gauche. Cinq côtes fêlées, et l’épaule droite luxée. Foulure du poignet droit, index et majeur cassés. Pas de trauma crânien ni de grosse hémorragie interne. Mais quand même une petite.
-Ouarf. Je ne sens absolument rien, apparemment, ils m’ont mis une bonne dose d’antidouleurs.
-Ainsi que quelques doses de Med-X, oui. Bon, on m’a chargé de vous résumer la situation. D’un certain point de vue, on a eu de la chance, à cause de vous et du Foudre qui s’est fait descendre.
-Comment ça ?
-Il y avait plusieurs dizaines de groupes comme celui que vous avez croisé un peu partout dans Berlin. Quand le premier Foudre s’est fait descendre, nos équipes ont vu sur les données en directe le char et les autres unités. Dans les dix minutes, on avait des drones en l’air au-dessus de plusieurs points stratégiques, et des avions d’attaque au sol un peu plus tard. Les chinois voulaient tenter une percée, mais tous les groupes n’étaient pas encore prêts. Le fait qu’un groupe se soit fait exploser leur a fait perdre de précieuses minutes avant qu’ils ne comprennent qu’il s’agissait d’un coup de malchance. Et nous avions déjà réagis. Capitaine, tous les hommes qui étaient avec vous sont morts, mais leur sacrifice n’aura pas été vain. Cette attaque, si elle avait réussi, aurait pu faire de très gros dégâts. Beaucoup plus qu’une quinzaine de soldats et un Foudre.
-N’empêche qu’ils étaient sous ma responsabilité. J’aurais dû les ramener.
-Vous n’avez pas vraiment eu le choix, capitaine. Par contre, j’ai une bonne nouvelle, continua-t-il en tendant un papier. Je pense que vous vous en doutez, vous n’êtes plus vraiment en état de combattre. Vous rentrez chez vous la semaine prochaine. »

Léthias se réveilla en sursaut. Cette mission avait été sa dernière mission, avant qu’il ne soit démobilisé pour incapacité au combat. Deux semaines plus tard, après une série de frappes aériennes européennes et plusieurs percées, le front de Berlin tombait, et l’Allemagne était petit à petit reconquise. Les chinois furent repoussés jusqu’à la frontière russes, et trois jours après que cette ligne ne soit franchie, un cessez-le feu fut signé. Pour la première fois depuis des années, la fin de la guerre était en fin en vue. Léthias était rentré chez lui, et commença à se réadapter à la vie civile, tout en passant des jours entiers avec les médecins. Mais une fois que le physique fut de nouveau en place, l’esprit craqua. Les cauchemars commencèrent, les visions d’horreurs aussi, et la descente aux enfers commença…

Durant l’après-midi, Léthias se rendit à sa base militaire, à quelques dizaines de kilomètres de chez lui. Il avait rendez-vous avec Dubrin pour une nouvelle séance. Il connaissait par cœur le chemin menant à son bureau, pour l’avoir emprunté des dizaines de fois. Il frappa à la porte, avant que l’on ne lui dise d’entrer.

« -Ah, bonjour capitaine, je vous attendais. Je vous en prie asseyez-vous.

Ce faisant, il lui désigna le confortable fauteuil devant son bureau. Il serra la main au psychologue, posa son manteau sur le dossier et s’installa.

« -Alors, comment allez-vous ?
-Pas mieux que la dernière fois, et vous le savez. Ça va être quoi cette fois, encore des médicaments ?
-Écoutez capitaine, je comprends ce que vous pouvez ressentir, et je fais de mon mieux pour vous aider, mais ne me rendez pas toujours la chose facile.
-Non, vous ne savez rien docteur. Vous ne savez absolument pas ce que j’ai pu vivre là-bas.
-Je ne le prétends pas, mais j’ai été formé pour vous aider. Écoutez, la séance d’aujourd’hui va être un peu particulière.
-C’est-à-dire ?
-Quelqu’un d’autre va nous rejoindre pour discuter. D’ailleurs… »

Dubrin regarda sa montre, et juste à ce moment-là, on frappa à la porte. Un homme portant les insignes de général entra, et Léthias se mit aussitôt au garde-à-vous.

« -Mon général.
-Repos, capitaine Osniaril, dit-il en s’essayant à côté de Dubrin. Je suis juste venu pour parler un peu. »

Les trois hommes discutèrent donc pendant de longues minutes, avant que Dubrin et le général ne se regardent d’un air entendu. Le général se redressa dans son fauteuil, et croisa les mains sur la table.

« -Écoutez capitaine… Ce que je vais vous dire est capital. La guerre est finie, mais j’espère que vous pourrez me répondre. Dubrin m’a dit de ne pas aborder ce sujet plus tôt, car il pensait que vous n’étiez pas encore prêt.
-Que voulez-vous dire ?
-Capitaine Osniaril… Souvenez-vous où est le JEK ?
-Le quoi ?
-Le JEK. Vous savez où il est ?
-Attendez, je ne sais même pas de quoi vous parlez.
-Vous vous ne vous souvenez pas ? Les Alpes, votre dernière mission ?
-Quoi ? Mais c’est quoi ce bordel, j’étais à Berlin pour ma dernière mission, je me suis pris un canon de char dans la figure !
-Euh, non. Vous avez été enseveli par une avalanche dans les Alpes.
-Putain, vous vous foutez de ma gueule ? Quinze hommes sont morts tués par un char chinois ce jour-là !
-Capitaine, dix-neuf hommes sont morts, dont certains ensevelis sous une avalanche. Vous êtes le seul survivant. »

Léthias se leva brusquement. Il ne comprenait plus rien. Les souvenirs se mélangeaient dans sa  tête, tout devenait floue. Il en était sûr, sa dernière mission c’était à Berlin. Il se mit à tourner en rond dans la pièce, alors que le général se levait pour lui attraper le bras.

« -Capitaine, reprenez-vous ! Vous êtes le seul à pouvoir nous donner cette info !
-Général, arrêtez !
-Ma putain de dernière mission était à Dublin, général ! On est tombé sur un groupe de combat chinois, parmi les dizaines préparant une attaque massive !
-C’était dans les Alpes autrichiennes, capitaine ! Vous étiez parti chercher des données dans un bunker !
-J’ai perdu mes hommes sous les tirs chinois, pas sous une putain d’avalanche !
-Où est le JEK ?
-Général, cela ne mènera à rien !
-Je veux savoir où est le JEK ! »

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Dernière édition par Léthias Osniaril le Mar 17 Sep 2013 - 19:09, édité 1 fois
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Léthias Osniaril
MessageSujet: Re: Voyage dans les limbes de l'Ombre.   Lun 16 Sep 2013 - 18:32

Quelque part dans les Alpes autrichiennes.

Léthias réapparu, à genoux sur la neige. Derrière lui, il sentait le puissant souffle du rotor du vertiptère blanc immaculé soulever la neige. Une fois que tous les hommes furent descendus, le vertiptère attendit une réponse de Léthias pour redécoller.

« -Archange, sommes en position. Vous pouvez rentrer.
-Bien compris, Leader. On se tient prêt pour la récup. Bonne chance. »

Léthias se retourna. Autour de lui, dix-neuf soldats d’élite, dans des combinaisons aussi blanches que la sienne, chacun avec un lourd sac sur le dos, et dotés d’armes variées, se levèrent, après que l’effet de souffle se soit dissipé. Le vent commença à souffler. Léthias ferma la visière de son casque intégral, et passa sur la radio.

« -Bon, vous connaissez tous le but de cette mission. Hors de question d’échouer, vous savez tous pourquoi. On arrive, on entre, on ouvre la chambre forte, on récupère le colis et on se casse. Je veux que cela soit net et sans bavures. Est-ce que c’est clair ?
-Oui chef !
-Ok. Dans ce cas, on se bouge, on a du chemin à faire. On fait comme on a dit. Groupe Alpha, derrière moi. Bravo en parallèle.

Deux files de dix hommes se mirent en place, et commencèrent la longue ascension de la montagne. A chacun de leur pas, ils s’enfonçaient jusqu’au genou dans une épaisse couche de neige. Pour atteindre la cible, ils devaient d’abord gravier ce flanc de la montagne, soit plusieurs kilomètres de balade, rejoindre la ligne de crête et la traverser sur plusieurs centaines de mètres, pour redescendre de l’autre côté.  Le vertiptère ne pouvait pas les approcher plus, pour éviter d’être détecté par les radars ennemis. D’après le plan, ils ne pourraient passer à l’attaque qu’en fin de journée, ce qui leur laissait une marge de manœuvre très courte. Pas le droit à l’erreur. Le vent se mit à souffler encore plus fort. En tête de la colonne Alpha, le Capitaine Léthias Osniaril, chargé de l’opération, grommela. Si une tempête de neige se déclarait, ils étaient dans la merde, et hors de question de passer la nuit sur la crête. L’avance se fit plus difficile, chaque pas était presque un effort surhumain à faire. Faire face au vent, à la neige et à l’imposante pente. Malgré tout, les soldats arrivèrent en haut de la face, après de longues heures d’ascension. Derrière eux, le vent avait déjà recouvert leurs traces, ce qui d’un côté était une bonne nouvelle. Ils seraient plus difficiles à repérer si jamais une patrouille aérienne ennemie passait dans le secteur. Mais de toute façon, pourrait en aurait-il une ? Cet endroit était complètement pommé, et impossible d’accès autrement que par une voie dégagée en bas de la station. Enfin, c’est ce que les Chinois pensaient. Léthias et ses hommes devaient prouver le contraire. Léthias fit signe à ses hommes de s’arrêter quelques minutes : tous avaient besoin d’un peu de répit, et cela ne servait à rien de continuer si vous étiez incapables d’avancer. A part si vous vouliez faire par inadvertance une chute mortelle…

« -Ici Leader. On passa à l’étape deux dans cinq minutes. Bravo, préparez-vous. Alpha, en couverture. »

Les dix hommes d’Alpha se déployèrent des deux côtés de la crête rocheuse. Des deux côtés, la pente était vertigineuse, presque verticale.  Les hommes de Bravo, quant à eux, sortirent leur matériel : cordes ultrarésistantes, harpons longue portée, poulies et autres. Le chef du groupe fit signe à Léthias qu’il était prêt. Le capitaine se tourna vers les hommes chargés de s’occuper de la couverture. Ceux-ci étaient aussi prêts.

« -Leader pour Bravo. Faîtes-nous passer. »

Un homme doté d’un harpon d’un bon mètre de long se mit à genoux, et visa un point de la crête. Il tira, décochant un pieu d’acier qui se planta dans la roche, faisant voleter des éclats de neiges. Un deuxième homme, harnaché jusqu’aux dents, et assuré par ses équipiers, s’accrocha à la corde, et rejoignit le pieux à la force de ses bras. Il donna quelques coups de masses supplémentaires dedans, avant de fixer de nouvelles accroches dans la roche, ainsi que plusieurs cordes et filins d’acier. Après de longues minutes, il fit signe que cela était bon. Une centaine de mètres venaient d’être assurés. Le premier tireur vint alors se placer à côté du premier pieu, visa, et tira. Mais le pieu ricocha sur la roche, au lieu de se planter correctement. Seule la corde fixée à l’extrémité l’empêcha de tomber.

« -Pas grave, Laplacier. On est dans les temps. »

A vrai dire, Léthias n’en était pas aussi sûr, mais bon, hors de questions de stresser encore plus ses hommes. Ils étaient tous déjà à cran. Laplacier fit donc remonter lentement son pied, observa la pointe, et décida de la changer. Puis il effectua un nouveau tir, qui cette fois réussit. Le deuxième homme continua s’assurer cette nouvelle portion. Une fois que cela fut fait, ils effectuèrent la même manœuvre, jusqu’à atteindre le bout de la crête, et le plateau au bout. Cela avait pris plus de deux heures, mais ils pouvaient maintenant passer.

« -Leader, on peut y aller.
-Ok, on ne traine pas ! A tous, on bouge ! »

Un à un, les vingt hommes traversèrent le périlleux passage, pour se retrouver de l’autre côté. Puis ils se remirent à marcher. Ils avaient encore environ deux cent mètres à faire avant de tomber sur la forteresse occupée par les Chinois. Léthias voulut regarder son unité de communication, mais l’écran était recouvert de givre. Il s’essuya, et afficha ses données corporelles. Sa température était bonne, mais le taux d’oxygénation faiblissait et le rythme cardiaque était haut. Pas étonnant qu’il soit fatigué, et  il devait en être pareil pour tous. La suite mission n’allait franchement pas être de tout repos. A ce moment-là, alors que tous marchaient, un aviateur passant au-dessus aurait vu vingt hommes marchant en triangle, se rapprochant inexorablement d’une falaise à pic de plus de cent mètres de haut. Arrivé non loin du bord, Léthias leva un poing, et tous les hommes s’allongèrent dans la poudreuse. Ils avancèrent en rampant, jusqu’à atteindre le bord. Une vue vertigineuse s’offrait à eux. La forteresse était en vue.






Et maintenant, les choses sérieuses commençaient, chacun savait ce qu’il avait à faire. Les Bravo reculèrent un peu et installèrent de nouvelles fixations : c’étaient eux les escaladeurs, et ils allaient devoir descendre cette falaise en rappel. A côté, tandis que les tireurs d’élites mettaient en place leur fusil pour observer la forteresse, Léthias observait la zone dans ses jumelles.

« -Alors, Leader, ça donne quoi ?
-Y’a du monde. Plus  au moins deux chenillettes blindées et quatre motoneiges biplaces. Les autres garages sont fermés. »

Effectivement, il y allait y avoir du monde. Dans tous les bâtiments, des gardes armés jusqu’aux dents surveillaient la zone. Ils s’en occuperaient une fois sur place. Pour le moment, il fallait descendre. Il se concentra donc sur la partie qui l’intéressait : une barre rocheuse, d’une dizaine de mètres de haut, avec une ouverture juste au niveau de la forteresse. Mieux encore, derrière cette barre se tenait un petit couloir, bien plat, bien que surplombant le vide. C’est par là qu’Alpha devait descendre, pour ensuite permettre à Bravo de descendre en rappel, pendant qu’ils attireraient l’attention des soldats chinois.

« -Bravo, ça donne quoi ?
-Vous pouvez commencer à descendre. On sera prêt à temps.
-Reçu. Alpha, avec moi ! »

Monter pour redescendre. Mais malheureuses, ils n’avaient pas d’autres solutions. Léthias recula donc, et une fois qu’il était certain d’être hors de vue de la forteresse, il se leva, et les neuf autres d’Alpha en firent autant. Ils se remirent à progresser, pour commencer la descente, qui s’avéra aussi périlleuse que la montée. A chaque pas, ils devaient faire attention à ne pas poser un pied dans le vide, ce qui signifia la mort certaine. Longeant la barre rocheuse, Léthias et les autres rejoignirent la brèche dans la barre, qui devait leur permettre de rejoindre la forteresse, à l’abri derrières les sapins enneigés…

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Léthias Osniaril
MessageSujet: Re: Voyage dans les limbes de l'Ombre.   Mer 18 Sep 2013 - 21:17

Alpes Autrichiennes, non loin de la forteresse.

Le vent soufflait toujours plus fort. Léthias et ses hommes étaient arrivés devant la brèche. Allongés dans l’ouverture, dix hommes attendaient patiemment, tandis que les rafales de vent et de neige mettaient à rude épreuve la résistance thermique de leur combinaison.

« Leader pour Bravo, ça donne quoi là-haut ? »

La voix du soldat chargé de coordonner se fit difficilement entendre quelques secondes plus tard, tant le vent sifflait autour de lui.

« -Leader, de Bravo. On est prêts, mais le temps se couvre plus vite que prévu ! On va perdre le visuel sous peu pour les tireurs d’élite, et la descente risque d’être difficile à l’aveugle.
-Mais vous êtes prêts à passer à l’action ?
-Affirmatif. »

Léthias respira un grand coup, et l’air froid lui brula presque les poumons, malgré son épais bandeau sur le visage et son casque. Il n’avait plus le choix. Soit il décider d’avorter l’opération, soit il tentait le coup malgré tout. Et avoir fait tout ce chemin pour rien était trop bête, surtout que pour repartir, le vertiptère devrait venir les chercher près de la forteresse.

« -Leader pour Alpha et Bravo. Déclenchement de l’opération, je répète, déclenchement de l’opération ! »

Léthias et les neufs hommes d’Alpha se levèrent, et avancèrent à l’abri des sapins, face au vent. La forteresse était à une centaine de mètres d’eux. Sur les bords, des hommes en armes observaient d’un œil distrait les alentours. Fusil d’assaut au poing, Léthias continua de marcher, le viseur sur les parties extérieures de la forteresse susceptibles d’accueillir des guetteurs ennemis. Doucement, lui et ses hommes arrivèrent sous la forteresse. Quelques mètres au-dessus, les gardes ne pensaient absolument à regarder sous leurs pieds. Et de toute façon, pas sûr qu’ils puissent : même pour Léthias, le contact visuel avec ses hommes se ramenait à un point bleu sur la vision virtuelle de son casque.

« -Ok, on longe jusqu’aux garages. On devrait entrer par là. Bravo, de Leader, tenez-vous prêts à la descente. »

Encore quelques dizaines de mètres à faire, et ils arrivèrent en bordure d’un terrain plant, où étaient stationnées les chenillettes et les motoneiges. Un soldat jeta un coup d’œil à la porte, avec l’aide d’une caméra thermique. Seules deux sentinelles, plus affairées à se réchauffer qu’à guetter, se trouvaient devant la porte. Léthias fit signe à deux hommes de s’en occuper. A travers le blizzard, on n’entendit même pas la déflagration des deux silencieux. La file de soldats avança, jusqu’à se retrouver devant la porte.

« -Leader pour Bravo. Prêts ?
-Affirmatif.
-Reçu. Trente secondes pour diversion. »

Tandis que Léthias parlait, un soldat posait un explosif sur la porte, pas le temps de s’emmerder à craquer la sécurité électronique. La charge sauta parfaitement au bon moment. Une vague de chaleur emplit l’espace à côté de Léthias, laissant un trou béant dans la porte. Instantanément, les dix hommes rentrèrent dans le couloir, en bas de la forteresse. A l’intérieur, les alarmes beuglaient déjà. Le seul but de Léthias et de ses hommes était de faire diversion, pour permettre à Bravo de descendre directement, et surtout discrètement sur la partie haute de la base, où se trouvait la chambre forte. Léthias vit dans sa vision virtuelle les signaux des soldats Bravo commencer à bouger, très rapidement. De l’extérieur, tandis que toute l’attention se concentrait sur le bas de la base, dix silhouettes se laissaient glisser sur un mur de roche de plus de cent mètres. Dans leur combinaison blanche, avec la tempête, personne ne les voyait : la situation était presque parfaite. Et pendant qu’ils descendaient, Alpha avançait, couloir après couloir. Les chinois leur tombèrent dessus après deux sas de sécurité. Alpha riposta sans attendre, dégageant rapidement le passage, non sans pouvoir empêcher la perte d’un des leurs.

« -Leader, Bravo en position sur terrasse haute. Pas d’hostiles en vue, commençons la progression. »

La situation était surprenante : jusque-là, les choses se déroulaient plutôt bien, et ils rencontraient moins de résistance que prévu.  Tandis qu’Alpha gravissait les escaliers en courant, abattant de temps à autres des soldats chinois, Bravo se rapprochait de la partie sensible de la base. Bientôt, les deux équipes furent chacune de part et d’autre de l’aile visée, mais les Chinois ignoraient encore l’existence de Bravo. Il restait à Léthias et ses hommes un escalier extérieur à monter, pour rejoindre une terrasse. Pas d’endroit pour se cacher. A priori,  il n’y avait rien à proximité. Mais à peine le premier soldat eut il mit les pieds sur la première marche qu’il retomba en arrière, la tête transpercée de part en part. La détonation du fusil chinois retentit presque aussitôt.

« -Merde, sniper !
-Bravo, on a un mort. Sniper ennemi, position inconnue.
-Reçu. On va voir ça. »

Les tireurs d’élite de Bravo étaient les mieux placés pour observer la forteresse : ils dominaient une bonne partie de l’installation. L’un d’eux ajusta son fusil, tandis qu’un autre observait les points en hauteur avec ses jumelles. Et puis, il le vit : là-haut, tout en haut de la plus haute tour, un sniper guettait Alpha, fusil de précision posé sur la rambarde gelée. Il devait être doué, car avec ce vent, toucher sa cible du premier coup était presque miraculeux. Le tireur de Bravo épaula à son tour son arme, et visa tant bien que mal sa cible. La balle s’encastra dans un montant métallique à quelques centimètres du fusil du tireur chinois. Celui n’était pas blessé, mais il avait compris qu’il n’était plus uniquement le chasseur, et il rentra à l’intérieur de la tour.

« -Leader, sniper encore debout, mais zone temporairement dégagée, c’est maintenant ou jamais.
-On fonce ! Bravo, intrusion !»

Les huit soldats encore debout d’Alpha montèrent en courant les escaliers, pour se réfugier auprès de l’arche bétonnée devant l’aile principale. Maintenant, ils devaient rentrer. Une explosion retentit de l’autre côté du bâtiment : Bravo venait de passer à l’action, et Léthias ne pouvait pas leur permettre de rentrer seul.

« -On entre ! »

La porte blindée ne résista pas face aux explosifs. Quand Alpha entra, les tirs étaient déjà soutenus de l’autre côté. Les chinois devaient concentrer leurs forces sur Bravo. Sauf qu’une dizaine de soldats déboulèrent d’on ne sait où. Seul le fait qu’ils ne s’attendaient pas à tomber sur des soldats ennemis de ce côté de l’installation permit à Léthias et aux autres de prendre l’avantage, au prix d’une nouvelle mort. Ils n’étaient plus sept, et le capitaine n’aimait pas ça. Les effectifs tombaient vite, et il ne savait pas ce qu’il en advenait pour l’autre groupe. Après de longues minutes de fusillades dans les couloirs latéraux, les deux groupes se rejoignirent.

« -Bravo, situation ?
-Deux morts.
-Merde. Bon, on n’est plus que quinze, va falloir la jouer serrée.  Je veux dix hommes sur la couverture, les quatre autres avec moi,  on s’occupe de la chambre forte ! »

Les soldats s’enfoncèrent dans les profondeurs de la base, jusqu’à arriver devant un imposant sas. C’était la dernière barrière avant le coffre, aussi devait-il y avoir du monde derrière. Alors qu’un des soldats allait poser ses derniers pains d’explosifs, la porte se mit à coulisser, et des grenades fumigènes volèrent aux pieds de Léthias.

« -Hostiles ! »

L’une des grenades fit le chemin en sens inverse, après un coup de pied d’un soldat Alpha. Les autres avaient ouvert le feu, et stoppèrent leurs tirs après plusieurs secondes, une fois que les chargeurs furent vides. Comme les autres, le capitaine Osniaril laissa tomber le boitier métallique au sol, et un réengagea un neuf. Les quinze hommes passèrent la porte, tandis que les nuages de fumée se dissipaient. Bientôt, devant eux, apparut la lourde porte ronde de la chambre forte. Trois mètres de diamètre, et surement un bon d’épaisseur.

« -Bon, bloquez tous les accès. On a combien de temps devant nous ?
-Huit minutes pour l’ouvrir.
-Dans huit minutes on sera submergé, si les chinois ont encore du monde dans le coin. »

Cette fois, c’était inutile de penser faire sauter l’alliage métallique : la déflagration ferait l’effet d’une piqure de moustique. La porte avait un seul point faible : la serrure électronique, ou plutôt son boitier de protection. Une fois qu’il serait ouvert, Léthias pourrait ouvrir la porte. Deux soldats sortirent de leur sac de lourdes bonbonnes : on aurait pu croire qu’il s’agissait de chalumeaux, mais c’était l’exact opposé. L’azote liquide qui sortit se cristallisa instantanément sur les rebords du boitier, et s’infiltra  un peu partout. Quelques coups de masses firent voler une partie du boitier en éclat, mais il restait plus solide que prévu.

« -Putain, il a tenu le coup ?
-A peu près. On va devoir répéter l’opération plusieurs fois. »

De toute façon, ils n’avaient pas le choix. Au point où ils en étaient, c’était hors de question de repartir les mains vides. Léthias regarda les minutes défiler sur son unité de communication. Les chinois allaient rappliquer d’un moment à l’autre.

« -Hostiles !
-Porte ouverte ! »

Les deux exclamations retentirent en même temps, et le bruit des vérins hydraulique se perdit dans les tirs. Léthias et un autre soldat se précipitèrent de l’autre côté de la porte, et foncèrent vers le fond de la salle. Ils avaient reçu les bonnes infos. De chaque côté un panneau métallique, se tenaient deux boutons. Quatre en tout, il fallait donc être deux pour ouvrir le cache. Les deux appuyèrent simultanément, et la paroi glissa lentement.

« -Leader ! On va décrocher ! »

A l’intérieur du casier, une grosse mallette noire, lourde de plusieurs kilos et fermée par des solides attaches électroniques. Sans réfléchir, Léthias la prit, et la mit dans son sac. Pas le temps de vérifier le contenu, de toute façon, il n’avait pas les codes d’accès, et cela ne pouvait pas être chose que ce qu’ils étaient venu chercher.

« -On dégage ! Archange, Archange, de Leader Alpha, on a le colis, resco, resco !
-Archange bien reçu ! Temps estimé, quatre minutes ! »

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Léthias Osniaril
MessageSujet: Re: Voyage dans les limbes de l'Ombre.   Sam 21 Sep 2013 - 18:26

Alpes Autrichiennes.

« -Archange dans quatre minutes ! »

Ce n’était pas le tout d’être rentré, maintenant, il fallait sortir. Et le temps que Léthias récupère la mallette, ses hommes avaient perdus trois des leurs. A présent, ils n’étaient plus qu’une douzaine, et la situation semblait mal engagée. Pour sortir, il devait regagner le haut du bâtiment où ils se trouvaient, et le chemin devait être plein de soldats chinois.

« -Leader, ça craint !
-Je sais, on doit bouger ! Cinq hommes d’abord. Tir de couverture ! »

Les tirs redoublèrent d’intensité dans le couloir, et les chinois encore présent reculèrent, permettant à Léthias et ses hommes d’avancer jusqu’à l’étage intermédiaire. Encore trois minutes avant que le vertiptère n’arrive.

«-Bordel, on y arrivera jamais !
-Capitaine, on n’a pas le choix, on va devoir se séparer !
-Hors de question caporal, vous rentrez avec moi !
-Capitaine, si on reste tous ensemble, jamais on ne passera ! La mission est la mallette, plus que tout ! Bravo n’a plus que six hommes. Laissez-nous faire diversion, et foutez le camp !
-Je dois vous ramener, caporal !
-Vous devez ramener cette putain de mallette ! Bravo, avec moi !
-Caporal, je… »

Il n’eut pas le temps de finir sa phrase. Déjà, les six membres de Bravo se précipitaient dans les escaliers, tirant sans interruption. Il ne restait que les six membres d’Alpha.

« -Capitaine, on doit bouger, on n’a pas beaucoup de manœuvre.
-Putain… Archange dans deux minutes, on n’a plus le choix. »

Et il se mit à courir, suivit par ses hommes. Devant eux, personne, mais les tirs continuaient. Ils arrivèrent bientôt au niveau de la sortie, après avoir gravis un étage de plus. Planqués derrière des piliers de béton, les six hommes d’Alpha tentaient tant bien que mal de retenir les chinois, qui se tenaient devant la porte.

« -La fenêtre ! C’est la seule issue !
-Foncez ! On vous couvre ! »

Simultanément, les soldats de Bravo se mirent à tirer, tandis que Léthias et les autres couraient vers l’imposante baie vitrée. Quelques rafales suffirent à fragiliser le verre, et le soldat devant Léthias se jeta sans sourciller sur la paroi de verre, qui vola en éclat. Il roula sur le sol enneigé de la terrasse, et Léthias l’aida à se relever. Mais seuls cinq hommes étaient passés. Le dernier s’était fait fauché par un tir alors qu’il traversait. Le bruit d’un rotor se fit soudain entendre. Léthias leva les yeux, et vit l’imposante silhouette du vertiptère se dessiner au-dessus de lui.

« -Ici Archange, on va pas pouvoir vous récupérer ! Il faudrait que vous descendiez dans la vallée !
-Merde ! »

Les tirs cessèrent dans le bâtiment. Les hommes de Bravo avaient tout tenté, mais ils n’étaient pas assez nombreux. Maintenant, ils devaient fuir, s’ils voulaient rejoindre le vertiptère. Léthias se mit à courir, suivit de près par les quatre seuls soldats restants. Ils étaient partis à vingt, et ils s’en sortiraient à quatre… Avec de la chance. Alpha fit le chemin en sens inverse. Ils repassèrent dans les bâtiments qu’ils avaient traversés à l’aller, pour ressortir dans le garage.

« -Capitaine, les motoneiges ! »

Léthias avisa les véhicules, et ne prit qu’une demi-seconde pour prendre sa décision. S’ils voulaient échapper à leurs poursuivants, c’était la meilleure option. Les motos étant biplaces, ils n’eurent besoin que de deux d’entre elles. Quelques rafales dans les deux restantes suffirent à empêcher leurs poursuivants de les utiliser.

« -Archange, on descend ! Deux motoneiges, en dessous de la base ! »

Pendant qu’un des autres soldats démarrait l’engin, Léthias surveillait l’entrée, tirant quelques rafales par intermittence, dans l’éventualité où des ennemis feraient leur apparition A peine eut-il entendu le vrombissement du moteur qu’il se précipita sur le siège arrière, s’accrocha fermement, et les deux motoneiges partirent en faisant voler de la neige derrière elles. Le terrain était très pentu, et pas vraiment plat. A chaque instant, Léthias manquait de décoller de son siège et de s’écraser dans la neige. Derrière eux, quelques tirs sporadiques retentissaient encore, mais il était impossible pour les soldats chinois d’atteindre les motoneiges, qui fonçaient à travers la tempête. Juste au-dessus d’eux, le vertiptère dégageait un peu l’espace environnant grâce au souffle de son rotor.

« -Archange, encore deux minutes et on est en bas !
-Bien compris, on vous a en visu et… Putain, Alpha, avalanche ! »

Léthias senti subitement la couche de neige perdre sa consistance. Leur passage venait de déclencher une avalanche de plaque, et ils se trouvaient pile au milieu. Les soldats aux commandes perdirent presque aussitôt le contrôle des motoneiges. Léthias fut éjecté sans ménagement, et vola dans un immense nuage de neige. Il tournait dans tous les sens, un instant voyant le soleil, l’autre le blanc immaculé de la neige. Il sentit son sac se décrocher dans son dos, et continua sa chute, jusqu’à perdre connaissance…

**********

Léthias se réveilla, dans cette chambre blanche qu’il n’avait pas vue  depuis un bon bout de temps. Il se souvenait de toutes les simulations qu’il avait passé. ET bien qu’il ne comprenne toujours pas les dernières, il savait qu’elles s’étaient passées avant la fatidique Jour de Feu. Sa poitrine se mit bientôt à le bruler. Il sentait son rythme cardiaque s’accélérer, avant d’avoir l’impression d’être électrocuté. Et cela dura, dura encore. Léthias était allongé par terre, dans cette salle, sans pouvoir bouger. Son esprit  se disloqua une nouvelle fois, et il avait l’impression qu’on venait de lui faire sauter une grenade à fragmentation au milieu du crâne. Et alors, Léthias perdit toute sensation. La sensation d’être enfermé, la sensation de douleur, mais aussi la sensation de penser, de vivre et d’exister…

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Le Narrateur
MessageSujet: Re: Voyage dans les limbes de l'Ombre.   Dim 29 Sep 2013 - 0:38

Le gardien émergea, se réveilla, sur le fauteuil de simulation. La lumière blafarde qui tombe des tubes néons suspendus au dessus du fauteuil lui brûle la rétine et décuple l'effet de la bombe qui vient d'éclater dans sa tête. Le réveil est brutal, attendu mais si soudain en même temps.
Il arrache le cathéter ainsi que la sonde sonde fixée sur ses tempes d'un geste sec, et essaye de se lever. Ses jambes tiennent mal et il doit se retenir à l'accoudoir du fauteuil, puis à une tablette un peu plus loin, laquelle roule sous son poids. L'ombre tombe à Terre. Tout est flou et encore trop lumineux, nul doute, à cause de la drogue injectée, en continue pendant des heures.


Et le silence. Le silence. Pas de trace de Calypse, pas de trace de sa voix énervante et de ses analyses perpétuelles. A-t-elle renoncée ? S'était-elle automatiquement désactivé? ou bien le calme avant la tempête ...

La lumière, au plafond face à lui, clignote et s'arrête définitivement au moment même où s'ouvre la porte du laboratoire sécurisé où il se trouve. Dans le couloir, une lumière s'allume, comme pour inviter le gardien à la suivre.
Léthias s'exécute, il se lève, et avance, à petit pas puis reprend confiance en se jambes. Dés qu'il arrive sous la lumière, elle s'éteint et se rallume plus loin. L'ombre suit la lumière, sont fil d'Ariane à travers l'immense complexe. Dés qu'il arrive face à une porte, elle s'ouvre, et la lumière reprend son chemin. La lumière le guide à travers le grand couloir, entre les bureaux et jusque devant la zone qui inconnue. La Zone du laboratoire hachurée de rouge sur le plan du labo, protégée par une lourde porte. Il avait déjà vu cette porte: Trois mètres de diamètre, et surement un bon d’épaisseur, mais pas de serrure électronique, ni de quelconque boitier de protection...
Le gardien reste là devant la porte, bouché béante, la tête qui tourne et les oreilles qui sifflent. Et dans un bruit mécanique des plus fluide, sans le moindre grincement, le mécanisme de la porte de se mit en marche, et elle tourna sur ses gond. A peine entrouverte, une intense lumière rayonna, forçant l'ombre à se cacher sous sa cap le temps que ses yeux fasse la mise au point.

La porte ouverte, il entra enfin dans la chambre forte, baigné de lumière et d'une agréable chaleur.
A quelques mètres, au centre de la pièce et sur un piédestal, est posé une mallette noire que Léthias reconnait facilement.

C'est là, à quelques pas. Si proche, enfin! Tout ces gardiens ne sont pas mort pour rien, il est face à la clef, face à l'avenir, la survis et le renouveau.
Il a su honorer le sacrifice de ses frères, faire preuve de courage et de force dans tous les domaines...
A petit pas, il s'approche, tend la main et hésite. Et si ? non, sa main continue a route, touche le cuir noir mallette, glisse jusqu'à la poignée.

La mallette est lourde, il le sait pour l'avoir déjà portée dans la simulation, alors il tire plus fort lorsqu'elle refuse de se laisser prendre, mais sans succès. Il essaye encore, inutilement, la mallette ne bouge pas d'un centimètre, et au contraire, c'est elle qui semble attirer le gardien.
Il n'arrive plus à défaire sa main de la poignée, il se sent aspiré, tout entier.
La serrure émet un cliquetis et la mallette, d'elle même, s'ouvre lentement.

Le doute gagne l'ombre quand la mallette révèle son contenu: Rien.
La mallette est vide, le gardien sans doute désemparé.

C'est impossible, pourquoi tout cela?

Le vide dans la mallette se met alors à aspirer la lumière de la pièce, lentement au début, puis de plus en plus vite. Toujours prisonnier de la poignée, le gardien sait qu'il est inutile de fuir, il ne peut que regarder froidement ce vider aspirer cette chaude et belle lumière, jusqu'à ce que seule les ténèbres les plus noires l'entours. Noir? Non, on ne peut pas parler de noir, c'est pire, c'est un état de sombre qui vous fait oublier jusqu'à l’existence d'une possible couleur.

Le gardien se dématérialisa dans cette absence de tout. Finit la grande lumière, il ne restait que la grande ombre... Il faudrait s'y faire.


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Plusieurs éternités étaient rapidement passées dans cette sombreure enveloppante.
Le gardien allait avoir tout le temps de réfléchir à pourquoi.


La voix de Calypse raisonna.

- Navré être des ténèbres, mais c'est la vérité.
Le jek n'existe pas, c'est ainsi, et j'imagine que vous être déçu, n'est-ce pas?

Je me doute que ce genre de révélation peut briser une vie, et détruire un esprit humain, même si le votre est particulièrement fort d'après mes test, mais je préfère vous le dire franchement: Le jek est une légende, il n'existe pas.
Une mallette contenant de quoi restaurer une Terre pulvérisé par des dizaines de bombes nucléaires? Même un enfant de cinq ans atteint d'une déficience mentale trouverai cela grossier en y réfléchissant bien.
J'exagère à peine...
...

...
Bon, mon humour ne semble pas passer, désolé. Sérieusement, les humains sont naïfs, vous n'êtes pas le seul. Même avant guerre, tout le monde y a cru.
Laissez moi vous expliquer:
Quand Vault-Tec et le gouvernement américain ont lancé le programme "Safe-house", presque personne ne voulu réserver sa place dans un abri. Une étude souligne que naturellement, face à la pire des catastrophe nucléaire, les humains préféraient mourir que d'être condamnée à vivre, eux mais aussi leur enfant, petits-enfant, arrières-petits-enfants,  et-cetera, et-cetera... dans un monde ravagé, cruel et terré sous terre comme des animaux.

Alors, Vault-Tec créa le mythe du JEK! Une simple mallette, et la vie redeviendrait normal. L'espoir existait donc d'un retour à une vie plus normal, même après l'apocalypse nucléaire...
Dés lors, les places en abris partirent comme des petits pains. Le Jek était un espoir, rien de plus.
Rien de plus qu'un espoir d'une une belle mallette, vendu à tout un peuple. Le gouvernement lui même fut dupe.

Alors Vault Tec exporta la recette en France, convaincant le gouvernement de financer, à coup de milliards de francs, un labo ou serait créer et stocké le Jek. Bien sûr, sur le Territoire Français, pour que les survivants puissent le trouver une fois le temps venu...
Vous devriez pouvoir recoller l'histoire... Le laboratoire de Boulogne - où vous vous trouvez - l'étrangeté du lieu, les mensonges en tout sens, pour cacher à la population que le laboratoire contenait un JEK, mensonges au gouvernement pour qu'il ne sache jamais que le Jek n'existait pas...


La seule chose que le jek est réellement, c'est l'espoir de voir des gens comme vous reconstruire le monde. Cela ne se fera pas avec une mallette... Navré être de l'Ombre...
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Léthias Osniaril
MessageSujet: Re: Voyage dans les limbes de l'Ombre.   Dim 29 Sep 2013 - 19:48

Le réveil allait être douloureux pour le Gardien, bien plus qu'il ne pouvait l'imaginer. Et ce qui l'attendait de l'autre côté de cette barrière virtuelle n'était franchement pas agréable à vivre, voir ou étendre. Peut-être aurait-il mieux valu que son esprit reste enfermé dans cette prison infinie. Car tout ce qu'il avait vécu dans cet endroit n'allait pas s'oublier aussi facilement, tout ceci allait le poursuivre. S'il s'avérait vraiment que le JEK n'existait pas, alors la mission du Gardien n'aurait plus le même sens, l'Ordre n'allait plus être même. Il y aurait un avant, et un après cette fatidique mission.

Retour dans le monde réel...

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Voyage dans les limbes de l'Ombre.

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