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 Morituri te Salutant

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Saint Vincent de Räzell
MessageSujet: Morituri te Salutant   Ven 7 Juin 2013 - 16:49

Morituri te salutant


Le dealer de Nanterre fendait la foule de Auteuil, le regard chargé de défiance, mais les mains liées devant lui, et le cou pris dans l'étau métallique du collier de servage, rendant sa haine totalement inoffensive. Un mètre derrière lui, Vincent, le Saint de la Dope avançait en savourant la situation. Plonger son ancien rival dans une humiliation si complète lui procurait un plaisir sadique. Il appréciait grandement que celui qui avait failli le tuer lui ouvre le passage au milieu de la masse populiste. Le Saint savait très bien à quel point être réduit à si grande impuissance pouvait être dégradant. Dans la hiérarchie du Trident, il n'était qu'un simple numéro, un troufion qui exécute les ordres, rien qui n'ait la moindre importance. Mais maintenant, il avait le pouvoir ! C'était lui qui donnait les ordres et l'homme asservi lui obéissait pour préserver sa vie, espérant encore pouvoir un jour échapper à la situation.

C'était cet espoir, cette lueur d'espoir vacillante et faible, que le Saint allait entretenir patiemment. Pour que jamais sa victime ne renonce à la vie, même lors de cruelles séances de tortures, même lors des pires dégradations de sa condition d'humain. Il lui donnerait l'espoir insidieux d'un possible retour à la liberté. Il lui donnerait l'espoir qu'un jour, à son tour, il pourrait se venger de lui. Et alors, quand le Saint serait fatigué de jouer, et qu'il aurait donné assez d'espoir, la sentence de mort claquerait comme le couperet de la guillotine dans l'esprit de sa victime tourmentée. Ah ! Rien que d'y penser, il exultait d'avance de voir le visage de son esclave à ce moment précis.
Sa vengeance ne faisait que commencer, pensait-il avec un sourire mauvais.

* * *

Les bookmakers illégaux. Dans la ville qui bordait le Parc des Princes, on trouvait des joueurs en pagaille, autant de filous et d'escrocs, un pourcentage notable de tricheurs, une bonne branlée de mauvais perdants et un nombre important de vols et de meurtres.
Et quand il n'y avait pas de match de Trashball au Parc des Princes, où se rendaient les parieurs frustrés et les plus hardcore des amateurs de violence gratuite ?
Chez les bookmakers illégaux.

Dans certaines arrières-boutiques, ou dans certains sous-sols de taverne, des trous creusés de quelques mètres de profondeurs pour autant de mètres de diamètres accueillaient dans la plus stricte illégalité des combats de radchiens, de radtaupes, et – le plus en vogue parmi les puristes – des combats d'esclaves ou de volontaires. Les combats étaient arbitrés ou non, avec des règles spécifiques ou non, à mains nues ou armés ... Bref : il n'y avait pas un combat qui se ressemblait, et c'est ce qui faisait tout le charme de ce folklore hyperviolent.

Le Saint allait faire combattre son esclave. Connaissant la nature fourbe du Dealer de Nanterre qui avait, semble-t-il, des prédispositions naturelles pour les coups bas et la lâcheté, il avait décidé de l'inscrire contre un autre esclave – face à un pit-fighter, il n'aurait eu aucune chance – en combat libre. Aucune règle, voilà qui devrait convenir à la créativité et à la lâcheté de ce sale petit vicelard.

Il s'approcha, toujours précédé de son esclave, de l'endroit où se tenait l'un de ces combats illégaux. La bâtisse ne payait pas de mine dans sa construction mais n'était pas moins attirante que ses voisines : construites principalement de planches de palettes fixées les une aux autres et de plaques de tôles ondulées, complétés par quelques toiles de sac, poutrelles de chemins de fer et charpentes piquées par la grenaille. Une variété hétéroclite de bibelots de récupération en tout genre pendant à l'entrée et quelques saucissons mis à sécher aux poutres poussiéreuses ou rouillées mettaient le point final au tableau.
Saint-Vincent attacha au collier de servage du Dealer une lourde chaîne métallique, et il attacha l'autre bout à un anneau fixé dans la palissade de bois près de l'entrée. Il poussa la porte battante de ce saloon branlant, après avoir donné une petite tape sur le crâne de son esclave, abandonné en pleine canicule, en le gratifiant d'un « Pas bougé. Bon chien. » railleur.

* * *

La luminosité faisait un contraste saisissant avec l'extérieur, baigné de soleil. Ici, seule la porte battante de l'entrée offraient une arrivée de lumière, le reste des murs étant dénués de fenêtres. Quelques minces rais de lumière filtraient à travers les planches ça et là, et la poisseuse toile tirée comme un volet, sur l'un des bords de la boutique, permettait d'atténuer juste un peu l'obscurité.

Malgré l'ombre omniprésente, la chaleur était insoutenable, et ce à cause du nombre impressionnant de personnes assisses aux tables, essayant vainement d'étancher leur soif dans de la bière au goût de poussière et de champignons. La chaleur humaine écrasait les gens, qui, accablés, économisaient leur salive plutôt que de parler vainement. L'ambiance était pesante, sans musique ni chansons, et les conversations se faisaient à voix basses, pour que les tables voisines n'en entendent pas un mot. Au fond de la salle, un quatuor de barbus jouaient aux cartes, et au milieu de leur table s'entassaient les capsules.

Le Saint s'approcha du comptoir usé. Le barman l'accueillit sans le moindre sourire et avec la lassitude d'un homme usé par le travail. Il suait comme s'il était dans la marmite du Diable lui-même. Son front était inondé et les gouttes perlaient dans ses gros sourcils broussailleux jusque dans sa barbe mal rasée, avant de détremper son t-shirt blanc crasseux ou le gras de viande et la sudation se mélangeaient.
« Qu'est ce s'ra ? Bière ?
- Je ne viens pas pour boire.
- Je sers pas à manger à c't'heure là.
- Je ne viens pas pour manger non plus. »


Le tenancier se fit silencieux, et plongea ses yeux porcins droit dans ceux de toxicomane du Saint, qui soutint le regard sans sourciller. Au bout d'un moment, le gros parla à voix basse d'un air entendu.

« Passez dans l'arrière-boutique ... »

Le Saint jeta un coup d'œil à la télécommande du collier de servage. Son esclave était toujours à sa place. Personne n'avait volé son bien. Sur l'invitation du gros tenancier, il marcha donc à sa suite pour entrer dans l'arrière boutique.

* * *

L'arrière-boutique ? Juste un joyeux bordel. Un véritable capharnaüm de cartons, de cageots, et de boîtes de tailles diverses, toutes remplies d'on-ne-sait-quoi. Et au milieu du bazar, un bureau singulièrement beau. Un travail d'ébéniste remarquablement conservé, si on oubliait les quelques griffures et accrocs dans le bois et sur les coins, ici et là. Il était impossible, lorsqu'on était dans la salle principale, d'imaginer qu'un si beau meuble que celui-ci se trouvât dans l'arrière-boutique.

Le tenancier introduisit le Saint auprès d'un homme au visage marqué par des rides de vieillesse profondes et au regard sagace. Face à lui, une jeune femme et deux hommes entre deux âges se tenaient debout. Le Saint la remarqua immédiatement. Elle était d'une beauté pure mais souillée. Pas qu'elle soit particulièrement sale d'aspect, mais le Saint devinait la dépendance aux drogues derrière les pupilles de cette femme.
« Monsieur, excusez-moi de vous interrompre, commença le tenancier, mais ce Monsieur est venu au bar à l'instant, mais il ne désire ni boire, ni manger. J'ai pensé qu'il valait mieux vous l'apporter. »
Il semblait tout fier, comme si son initiative démontrait une intelligence redoutable. Saint-Vincent le trouvait pitoyable, et il note au rictus amusé du supérieur assis derrière le bureau que son impression était visiblement partagée.
« Très bien, Lucien. Retourne t'occuper de tes clients, je m'occupe de celui-ci. »
Tandis que le tenancier s'en retournait dans la salle principale, en laissant le Saint au milieu des nouvelles têtes, ce dernier adressa un sourire poli et affable aux gens présents.

« Et bien Monsieur ... Monsieur ... ? interrogea l'homme en attente de l'identité de son interlocuteur.
- Saint-Vincent, dit-il en s'approchant d'un pas et en tendant la main pour une poignée de salutation. L'homme se leva légèrement de son bureau pour la serrer et reprit en se rasseyant dans le fauteuil presque aussi beau que le bureau :
- Honoré. Honoré de Montpierre. Enchanté. Bien. Qu'attendez-vous donc de moi si ce n'est ni à boire, ni à manger, Monsieur Vincent ?
- Monsieur de Montpierre, j'ai entendu dire que des combats se livraient dans votre sous-sols.
- Eh bien ... Nous mettons effectivement notre sous-sols à disposition d'organisateurs de combats, mais je ne suis pas l'homme qui organise.
- Monsieur, je comprends parfaitement votre réticence à parler ouvertement. Les directives de La Reine Victoire sont claires. Mais je suis contre les monopoles. Monsieur de Montpierre, il me serait plus facile de vous parler en privé.
- Nous nous connaissons à peine, et j'ai toute confiance dans les gens si présents. »


Les regards se portèrent sur le Saint, tandis qu'un silence pesant s'installa. Ce vieux rad-corbeau, il les connaissait, oui. Mais, lui, il ne les connaissait pas. Si c'était des hommes du Trident, ou des indic', il ne pouvait parler librement. A la fois, il connaissait la majeure partie des Tridents. Il évalua le risque et finit par parler, alors qu'Honoré et les autres le fixaient toujours, attendant qu'il parte ou qu'il capitule.

« Bien. Puisque vous insistez, et que vous dites que vous avez toute confiance en chacun ici présent, je vous montre que vous pouvez avoir toute confiance en moi également, Monsieur de Montpierre. »
Il ouvrit son sac et en sortit plusieurs doses de Psycho de la fabrication artisanale de H.
« Voici des doses de Psycho. Fabriquées artisanalement, d'un prix peu coûteux pour une qualité supérieure. Je passe outre le monopole du Trident, je propose un prix meilleur, et une qualité meilleure. Vous êtes un entrepreneur, tout comme moi, Monsieur de Montpierre. Il faut que les gens s'amusent, et il en faut pour tous les goûts. Nous nous comprenons : aucune indiscrétion, et vos soirées clandestines seront bientôt les meilleures du Tout-Paris. Les gens fortunés vont se précipiter pour assister à vos combats d'esclaves en se défonçant avec mes produits. »

A nouveau, le silence retomba, lourdement. Honoré de Montpierre semblait pensif, et les autres attendaient qu'il parle sans un mot.
L'attente était trop longue. Trop lourde à supporter. Jamais il n'aurait du en parler. Jamais il n'aurait du montrer sa dope comme ça. C'était contraire à toutes les valeurs qu'ils respectaient habituellement. D'un mouvement de sourcil, Honoré pouvait ordonné à n'importe qui ici présent qu'on l'abatte, là, comme un chien, d'un coup de couteau dans la carotide. Ce serait pas la première fois qu'on essaierait de l'abattre pour un peu de dope. Par les Anges ! Il fait une chaleur à crever dans ce bureau ! On étouffe ! Il faut agir, ou c'est la Mort.

« J'ai également amener un esclave, que j'ai laissé à l'entrée. J'aimerais le faire combattre. Dans un combat libre. Je pourrais profiter du temps du combat pour écouler quelques doses dans le feutré. D'autant que mon esclave n'est pas n'importe qui. Une teigne, un fourbe, un tueur de sang-froid, et ... un survivant de Nanterre.
- Intéressant ... Combien demandez-vous comme part sur les résultats ?
- 25%
- 10% et c'est une affaire qui marche.
- 10%, c'est d'accord
, concéda le Saint, soulagé d'avoir réussi cette négociation en échappant à la mort immédiate, mais il faudra que vous parliez aux clients potentiels de mes autres marchandises, Monsieur de Montpierre, continua t-il en ayant retrouvé le sourire du début de conversation.
- Bien évidemment. Comprenez que c'est un honneur que je vous fais, mais je crois que notre association pourrait être bénéfique.
- Je le comprends et suis honoré, Monsieur.
- Non, je suis Honoré. »


Et l'homme lâcha un rire sincère et bruyant, que le Saint accompagna poliment, se jurant de faire attention à ne plus jamais refaire un jeu de mots involontaire aussi dangereux pour le commerce. Si le vioc n'avait pas eu le sens de l'humour, toute la négociation serait tombée à l'eau.

Le combat était programmé pour le lendemain au soir. Il fallait venir ici-même, et cette fois-ci, utiliser le mot de passe pour la fête. Morituri te salutant. Le Saint en prit bonne note dans sa mémoire, puis, poliment, il quitta ses hôtes et s'en retourna dans la salle principale. Juste avant de partir, il ne réussi pas à s'empêcher de jeter un dernier regard en arrière vers la jeune femme qui était présente dans le bureau.

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Cléa Angle
MessageSujet: Re: Morituri te Salutant   Dim 7 Juil 2013 - 0:45

- Non. Je suis là pour les combats. Lâcha solennellement Cléa au Barman. C'est l'indic de la Reine Victoire qui avait fourni le tuyau sur ce Rad Miteux. Indic, façon de parler... plutôt un mauvais payeur, soupçonné de triche et prit la main dans le sac la semaine dernière par Cléa elle même. Pour éponger sa dette et purger sa peine, il avait balancer l'endroit où se tenait des combats d'esclaves "non conventionnés". La Reine Victoire en a depuis longtemps après ces réseaux de Bookmakers peu scrupuleux, mais sont bien organisés et profitent des parieurs venu au stade pour alimenter leur sale business.
Victoire a mit Cléa sur l'affaire. Envoyer ses gardes et coller tout le monde serait inutile, dans la confusion des parieurs, les vrais responsables se tireraient sans trop de soucis. Et puis, un organisateur de pris, c'est pas grand chose, il faut faire tomber toutes les têtes en même temps, et pour ça, il faut les identifier...
Cléa est nouvelle au village d'Auteil, peu de risque qu'elle soit reconnu, et puis, elle a un style qui plait, en général.

- Y'a pas de combat ici mam'zelle. 'Part les habituelles rixes ent' mecs beurrés, mais ça s'règle dehors ça, devant la porte.
Alors, Bière ou Barbaque?


Prévisible. Cléa ne se démonte pas, fallait pas s'attendre à ce que le mec déballe tout avec un prime un beau carton d'invitation cartonné à son nom.

- Je verrai plus tard pour la Bière et la barbaque.
- Il doit m'rester une assiette de From'ton si vous préférez.
- Ou une assiette de combats d'esclaves? ...
- Écoute ma jolie
, reprend le Barman, qui commence à s’énerver en frottant le Zinc du comptoir, Je te l'ai dis calmement plusieurs fois, alors faudrait se mettre à piger que je sais rien sur les combats.
- Ou alors tu me dis juste quelle porte je dois pousser et on en fait pas tout un plat?


Le Serveur arrête d'astiquer son comptoir, accroche le torchon à la ceinture et croise les bras, en signe de défis. Il laisse en moment de silence, pour faire monter un peu la tension et enchaine:
- Très bien, suis moi

Il passe tous deux la porte pour arriver dans l'arrière boutique. A peine le temps d'un coup d’œil - Du bazar, des caisses dans le noir quasi complet - que le Barman se jette sur Cléa.
- C'est pas un endroit pour les petites filles ici. dit-il en la saisissant par les hanches.
Il la pousse contre un mur, la tenant fermement d'une main, essayant de balader l'autre, tout en lui bavant copieusement dans le coup.

Elle ne cille pas, elle a connu pire. Elle tend son bras au hasard vers une étagère. Sa main croise un bouteille et la sentence est immédiate: Elle lui abat sur la tempe, l'envoyant à la renverse.

- AH LA PUTE! Cris-t-il, sonné.

Elle se défoule encore de quelques coup de bouteille: Nez, mâchoire et arcade éclatés, une dent qui vole et la bouteille finit par se briser, libérant un flot d'alcool à 50 degrés sur le visage tuméfié du barman. Mais il n'a même plus la force de hurler. Cléa, elle, est essoufflée... Pas tant par l'effort que par la rage. La tête baissée sur le corps gémissant d'un inconnu, les cheveux en bataille.

Clap... Clap... Clap...
Quelqu'un applaudit... Cléa lève la tête.

Un homme se tient debout devant la porte menant au bar, il applaudit lentement. A coté de lui, un autre braque son flingue sur l'ex-amazone.

- Belle prestation, dit-il en s'approchant du corps de son barman, j'imagine que c'est vous qui êtes là pour les combats?

Clé ne répond pas, encore sous le choc, trop énervée, trop occupée à chercher comment s'en sortir.  

- Pardonnez mon barman, c'est un rustre, mais il fait une Sangria Divine. Cependant, il n'a rien à voir dans mes affaires.
Relevez vous.


Elle s'exécute pendant qu'il allume la lumière. Le garde du corps la tient toujours bien en joue.

- Par chance, un de mes hommes plus avisé est venu me chercher, me disant qu'une jeune femme élégante avec un cache œil me cherchait.
Joli cache œil d'ailleurs.

- Juste un vieil accident, je ne suis pas là pour parler mode.
- Allons à mon bureau dans ce cas...


Son bureau était juste derrière, à quelques pas. Un bien beau bureau d'ailleurs.
Cléa pris place en face de lui, le Gorille gardant toujours son arme pointée sur elle.
Elle se présente comme Sibylle Obscurs. Honoré fut très poli tout le long de leur entretient. Elle lui expliqua qu'elle venait d'hériter d'une belle somme d'argent et d'un esclave après la mort de son père, et elle voulait faire fructifier tout cela. Elle avait déménagé de Lutèce pour venir vivre plus proche du "Vrai Paris". Elle lui décrivit longuement, abandonnant sa timidité, l'excitation qu'elle ressentait à voir des hommes se battre jusqu'à la mort, voire parfois à se battre elle même. Elle avait apprit, dit-elle, à se battre dans les jeunesses Lutécienne, avant de refuser d'intégrer la FNF qu'elle trouvait trop stricte pour sa fougue et son désir de liberté.
Le courant passe bien entre eux, la discussion s'éternise un peu et se termine autours d'un verre. Le Gorille baisse sa garde, le barman est même contraint à lui présenter des excuses, qu'elle fait semblant d'accepter en souriant.

Honoré écoute, attentivement, avant de l'inviter à revenir avec son combattant.
- Et je vous fait cadeau des frais d'inscriptions, nous trouverons d'autres moyens de nous arranger.


Le lendemains, elle  de retour, avec pour esclave "l'indic" de la Reine Victoire. Elle lui a préalablement coupé la langue, pour éviter qu'il ne se mette à parler au lieu de se battre. Bien sûr, ce n'est pas sur lui qu'elle allait parier, son poulain allait se faire écraser dés les premiers rounds, mais peu importe, elle aurait un pied dans le monde des combats d'esclaves... Elle lui trouvera un remplaçant, elle usera de ses charmes s'il le faut, et elle obtiendra les noms de ceux qui organisent ces combats.
La reine Victoire sera contente, et elle, se fera un beau paquet d'anneaux au passage.


C'est à tout ça qu'elle pense quand débarque un nouveau mec pour parler affaire avec le Patron.
- Nous nous connaissons à peine, et j'ai toute confiance dans les gens si présents.
Clé prend note de cela. Il l'a connait à peine elle aussi, et pourtant...
Un dealer, il étale sa dope comme ça. La meilleure dit-il. Ils disent tous ça, bien un homme, à les écouter, ils ont tous la plus grosse...
Elle l'observe: C'est un long mec très fin, la trentaine, la gueule marquée par son métier. Les dealers figurent haut dans la liste des merdes que Clé méprise. Pas qu'elle se shoote jamais, mais ces mecs là sont des épaves, tous, elle est bien placée pour le savoir. C'est des mecs comme lui qui lui ont pris son œil, sa dignité, une partie de sa vie...
Sa mission pour Victoire allait peut-être lui permettre plus encore qu'elle ne le pensait.

Il la regarde à son tour, elle lui lance un sourire des plus sincère. Vraiment.

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Saint Vincent de Räzell
MessageSujet: Re: Morituri te Salutant   Mar 9 Juil 2013 - 22:48

Le Saint retrouva son esclave qui attendait à l'extérieur, baignant dans sa sudation. Ses paupières mi-closes et ses lèvres craquelées étaient des témoins infaillibles d'une déshydratation douloureuse. Le Saint songea qu'il faudrait maintenir ce petit con en vie et en forme, s'il comptait sur lui pour qu'il lui rapporte de l'argent. Le voir mourir, c'était intéressant aussi, mais il ne l'y autoriserait que lorsque les pertes seraient comblées. Sans s’embarrasser du moindre sentiment de culpabilité ou de compassion, le Saint aborda son esclave avec enthousiasme.
« Eyh ! Comment ça va ? T'as vu des jolies gonzesses pendant mon absence ? Ahaha, petit polisson, va ! »
Avec une souffrance qui irradiait entièrement de lui, au bord de la rupture devant son maître qui faisait tout pour se rendre plus irritant, plus détestable, en ayant ce large sourire sourire sur sa face de squelette tandis que lui ne pouvait presque plus ouvrir la bouche sans se déchirer les commissures des lèvres, l'esclave lâcha un faible "Ta gueule" qui s'évapora dans la rue comme un dernier soupir.
« L'prend pas comme ça, mec. C'est toi qu'a joué au con, tu payes le prix d'ta connerie, héhéhé ! Bon, trêve de plaisanterie, on est pas là pour s'marrer, mon p'tit pote. J'ai une bonne et une mauvaise nouvelle, pour toi.
- Une mauvaise ? T'es sur ? J'en vois plein moi ...
- C'est parce que tu vois avec tes yeux de victime perpétuelle, putain ! Aaaah, tu m'énerves à jamais voir la vie du bon côté ! On aurait pu t'buter y a longtemps, d'jà ! Tu d'vrais t'estimer heureux !
Il lui balança un énorme coup de pied dans le ventre, qui le fit se plier en deux et lui coupa la respiration pendant un moment. Ho arrête ! Fais pas ta comédie ! Si t'as eu mal avec ça, tu s'ras bon à rien d'main et tu vas pas t'faire d'vieux os. Tiens, j'ai fait une excellente transition, nan ? Bon, bha profitons-en pour rev'nir à nos radcochons : la bonne nouvelle, c'est que tu vas pouvoir commencer à t’acquitter de ta dette envers moi dès d'main ! Et si tu gagnes, t'auras droit à un traitement d'faveur. Genre ... j'sais pas ... J'y'ai pas trop réfléchis encore ... De l'eau régulièrement, surement ... Puis ptêt même des soins, et même d'la viande, tiens. Soyons fous. Et plus tu gagneras, plus je te traiterais bien. J'suis cool, comme mec, nan ?
- Trop aimable ... répondit l'esclave qui reprenait son souffle difficilement.
- L'humour et le sarcasme sont signes de bonne santé mentale, mon gars, garde c't'esprit ! Tu vas l'gagner mon putain d'combat, hein ? D'ailleurs, faut qu'j't'avoue un truc : depuis que j't'ai sous la main, j'me sens revivre ! J'en peux plus, j'me suis jamais senti d'aussi bonne humeur, j'me sens taquin, je prends tout à la rigolade ... Tout ça ... J'te l'dois ... C'est grâce à toi ... Si seulement t'avais pas été aussi con !
- Bon, et la mauvaise nouvelle ...
- Arrête, arrête ! Tu gâches le suspens ! Bon, la mauvaise nouvelle, c'est que si tu perds, mon sens de l'humour va s'évaporer, puisque je t'aurais plus sous la main. Te fait pas de faux-espoir, le perdant ne change pas de propriétaire, sinon, tous les esclaves se battraient pour perdre, ahaha ! Non, le perdant meurt.
»

Il regarda le Dealer de Nanterre avec une mine faussement attristée.

« Ça va, fils ? Tu tiens l'choc ? »
Le regard que lui renvoya son esclave était chargé de haine. Une haine viscérale, un désir de vengeance inassouvi, qui circulait dans ses veines et le maintiendrait en vie plus surement que la viande et les soins évoqués plus avant. Il le tuerait.


* * *


Le toxicomane profita de l'après-midi pour vendre un peu de dope de son stock personnel. De la qualité moindre. Il ne voulait pas que les rumeurs se propagent dans ce bidonville en-dehors des lieux clandestins. Les rues de cette ville de merde étaient souvent fréquentées par des Tridents. Il aurait bien du mal à expliquer à ses frères d'armes comment il avait obtenu du Psycho, et pourquoi il n'en avait pas parlé au Boss. Prudence est mère de sûreté, paraît-il. Mais quoi qu'on fasse, on est jamais trop prudent, et la loi de l'emmerdement maximum survient toujours au moment où ça emmerde VRAIMENT un maximum.
Il profita aussi de l'après-midi pour coacher son combattant désigné volontaire d'office. Un peu d'eau, un peu de drogues douces ... Le Saint se montra sous un jour plutôt sympathique, ce qui étonna son esclave, qui ne lui fit pas remarquer. Saint-Vincent parvint à lui arracher, avec force de persuasion, un nom de scène, qui serait surtout utile si il gagnait, comme l'avait souligné fortement le Saint. Celui qu'Arnold et Vincent appelait sans cesse le Dealer de Nanterre, ou l'Arabe, s'appelait en fait Mohamed, de son vrai nom. Le Saint le surnomma Dope Mohamed, le Prophète de Nanterre. Un nom qui en jetterai sur les rings. En jeter, ça fait pas gagner un combat, mais ça attire les parieurs, souvent ...

Ainsi, la fin d'après-midi s'écoula. Le Saint décida de louer une chambre dans un de ces hôtels pouilleux. L'esclave fut attaché par sa chaîne dans le compartiment à déchet, derrière les cuisines. Les tenanciers d'Auteuil avait visiblement l'habitude de fréquenter des clients négriers ou des propriétaires de marchandises humaines, car l'arrangement se fit sans accroc, pour peu que le saint rajoutasse un petit extra d'une demi-dizaine de capsules.
Pendant que son esclave croupissait dans la pourriture, les os et les eaux usées, sur un paillasse de lisier, le Saint, lui, savoura sa soirée à une table où il joua aux cartes avec des étrangers qu'ils l'invitèrent. Cette ville de parieurs ne se méfiait de rien. La sociabilité était le maître mot, dès lors que les paroles échangées débouchaient sur des jeux d'argents, de dés et de cartes. Le Saint aimait cette ville où il passait inaperçu au milieu d'une multitudes d'excentriques.

C'est vers la moitié de la soirée, après deux défaites et une victoire, que le Saint nota la présence du visage familier de la femme qui était dans le bureau d'Honoré de Montpierre. Son cache-œil et sa silhouette famélique ne trompait pas. Il l'observa en coin, se demandant si c'était pour lui qu'elle venait, pour le surveiller. Mais il fut contraint, presque à regret, d'admettre que non. Elle ne semblait pas l'avoir remarqué, et ne prêtait aucune attention à lui. La coïncidence l'avait simplement porté au même endroit que lui. En même temps, la ville n'était pas si grande.
L'alcool mélangé à quelques drogues aidant, le Saint décida de prendre son courage à deux mains et d'aller parler à la jeune femme. Il quitta la table des joueurs, les remerciant pour la bonne soirée passée, bien qu'il eut perdu une certaine somme, qu'il espérait néanmoins rembourser le lendemain avec son combat et ses ventes. Il se dirigea ensuite vers la femme, qui parlait à l’hôtesse derrière le comptoir. Mignonne, l’hôtesse, d'ailleurs, nota le Saint pour lui-même en observant sa plastique mise en valeur par ses vêtements.

« Mademoiselle ? Je crois que nous nous sommes aperçu chez notre ami commun, dans le début de l'après-midi. Je sais pas si vous me remettez ... Je vous paye un verre ? » demande t-il, affable.

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Cléa Angle
MessageSujet: Re: Morituri te Salutant   Jeu 11 Juil 2013 - 19:48

Cléa passa l'après midi à Pimper son esclave, qui n'étais pas vraiment le sien et n'était il y a trois jours de cela même pas esclave, mais qui devait passer pour tel. "Fallait pas déconner avec la Reine mon petit"
Elle n'approuvait pas spécialement l'esclavage, mais ne le rejetais pas non plus. Elle avait connu pire, dans la fosse. La dedans, les hommes était encore moins que des esclaves. Dans ce trou, on ne pariait même pas sur les combats, de la violence pour de la violence, simplement. Elle s'en voulait un peu d'avoir coupé la langue du pauvre bougre - un nigaud de première classe - mais, même si elle avait quitté les amazones pour "divergences d'opinions", elle se consolait en se rappelant que ce n'est qu'un homme qui est au bout de sa chaine.
Il fallait customiser un peu le gaillard. A commencer par lui raser le crâne. Elle rase des bandes, pour lui donner un genre un peu plus fou et n'hésite pas à trancher dans le vif: Les cicatrices font croire qu'il a du vécu, qu'il sait encaisser... ça peut attirer les parieurs, même si Clé ne s'attend pas à grand chose. Il ne passera sûrement même pas le premier combat, et ce n'est pas sur lui qu'elle misera son argent.
Elle aurait aimé lui faire des tatouage, mais pas le temps... Tant pis. Elle se contente de lui trouver des fringues collant un peu plus à son nouveau job: Minimalistes, sales et suffisamment ample pour qu'il puisse bouger à son aise, laissons lui au moins une chance.


Honoré de Montpierre avait d'importantes affaires à régler et l'avait prier de bien vouloir le retrouver en fin d'après midi, pour une invitation à diner. elle était déçu de ne pas pouvoir en apprendre plus sur ses "affaires" et se contenta d'accepter poliment l'invitation.
Un diner tout à fait sans intérêt pour la mission, si ce n'est d'approcher un peu plus le Bookmaker, et de gagner peu à peu sa confiance. Elle devait d'ailleurs avouer que c'est un homme assez charmant, pour un homme. Élégant, polie, galant... De toutes les technique de dragues masculine, la galanterie est encore ce qui la révulse le moins.
Malgré tut, elle se sens déjà salie de devoir jouer ce rôle de "Femme", de sourire aux blague et de devoir se sentir flattée quand il lui tire sa chaise avant de s'assoir. Le vin, en revanche, était très bon. Monsieur a une cave personnel, et ne manque pas de s'en vanter. Cléa vide la bouteille.


Plus tard dans la soirée.
Encore nouvelle et inconnue au Village, Clé peut se permettre d'écluser les bars. Personne ne sait pour qui elle bosse, ce qui a tout de même le défaut de ne pas éloigner les dragueurs en quête d'humidité entrecuissales. Elle les refoule un à un, sans lever les yeux de son verre de la première bière à la troisième vodka.
L'alcool agit lentement, elle se repasse sa journée, puis sa vie. Où tout cela va-t-il la conduire? On s'en branle pour le moment, si vous voulez mon avis...
Un énième mâle s'assoie à coté d'elle, elle lève le bras, en signe d'avortement de toute tentative, mais s'interrompt en chemin. Elle l'a reconnu, "Le Salopard" ...
Elle vide le fond de son verre d'une traite, remerciant et maudissant en même temps le Dieu de l’alcool pour cette rencontre.

- Mademoiselle ? Je crois que nous nous sommes aperçu chez notre ami commun, dans le début de l'après-midi. Je sais pas si vous me remettez ... Je vous paye un verre ?
- Je suis assez grande pour me payer mon alcool, j'ai pas besoin d'attendre qu'un homme me fasse boire.
répond-t-elle en commandant d'un geste sûr le verre suivant, une vodka, avec Glaçons. Les glaçons valent chers, mais La Reine Victoire lui a donné une avance confortable sur son prochain salaire. Il faut qu'elle colle au rôle d'héritière venue investir sa fortune dans du sang d'esclave.
- Et vous pensez pouvoir qualifier Honoré "d'ami commun"? n'êtes vous pas un peu présomptueux sur votre situation ici, Monsieur... Vincent, si je me souviens bien? Juste Vincent ?

L'alcool avait amener là une rencontre qui ne pouvait être due uniquement au hasard...
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Saint Vincent de Räzell
MessageSujet: Re: Morituri te Salutant   Jeu 11 Juil 2013 - 21:52

« Ah, vous vous souvenez de moi, alors ! s'exclama t-il avec un large sourire un peu railleur qui dévoila l'étendu des dégâts de la drogue et de l'alcool sur sa dentition, sans relever les insultes de la borgne. Oui c'est bien ça, Vincent. »

Il détourna son attention un instant, et commanda une bière. La mauvaise qualité était au rendez-vous, comme depuis le début de la soirée. Les bières étaient tout simplement mauvaises, mais le Saint n'était pas du genre flambeur, et n'avait tout simplement pas les moyens de se payer un whisky-glace. Mais son visage ne laissait paraître ni envie, ni jalousie, ni respect pour la femme qui avait claqué plusieurs anneaux pour une boisson trop forte ; ses remarques et son train de vie ne l'atteignaient pas plus qu'elles ne l'impressionnaient. Il ignorait simplement son attitude hautaine et agressive.

« Et vous ? Il ne me semble pas avoir entendu votre nom chez notre ami commun, continua t-il en appuyant la dernière appellation avec le sourire moqueur qui ne quittait pas son crâne squelettique. Vous êtes depuis longtemps dans le spectacle privé ? Je ne connais pas du tout, personnellement, je suis ce qu'on pourrait appeler un grand débutant ! Ahahaha. D'ailleurs, je ne sais même pas contre qui je joue. Ce s'ra la surprise ! »

Il sortit de sa besace une trousse de pharmacie de laquelle, après un combat acharné avec ses produits, il finit par extirper une plaquette de médicaments qu'il avala avec une grande rasade de bière. Une douzaine de petits bonbons rouges d'un coup. La plaquette entière. Le Dextrométhorphane provoque des hallucinations visuelles, et altère les facultés motrices, diminue la perception physique, en contrebalançant par une bien plus grande perception sensorielle et psychique. Le Saint adorait cette sensation, en particulier lors des débuts de soirées et quand il rencontrait de nouvelles personnes. Il lisait mieux en eux, et une osmose s'instaurait parfois. D'autres fois, les hallucinations qu'il voyait le terrifiait, et, comme le toxico avait appris à se fier à son instinct et à ses visions, il se méfiait alors pour toujours de ceux en présence de qui ces sombres présages apparaissaient. C'était une drogue plus légère que la Kétamine qu'il promenait aussi dans sa besace, aux effets presque similaires, mais moins violente. Idéal pour être prise dans un lieu bondé de monde sans risquer la terreur panique ou le bad-trip meurtrier ou la catatonie.
Il attendait maintenant avec impatience que les effets se déclarent en présence de la femme borgne, pour voir ce qui arriverait. Il entreprit de rouler une cigarette de cannabis, pour décupler les effets le plus rapidement possible.


{Inventaire :
-1g de Cannabis
-1 plaquette de DXM
}

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Cléa Angle
MessageSujet: Re: Morituri te Salutant   Sam 13 Juil 2013 - 16:04

- Et vous ? Il ne me semble pas avoir entendu votre nom chez notre ami commun.
- Pourquoi les hommes passent-ils toujours par des périphrases pour demander le nom d'une femme? C'est Cléa. Quatre lettres. Facile.
Vous êtes depuis longtemps dans le spectacle privé ? Je ne connais pas du tout, personnellement, je suis ce qu'on pourrait appeler un grand débutant ! Ahahaha. D'ailleurs, je ne sais même pas contre qui je joue. Ce s'ra la surprise !
- Oui, j'ai compris que vous donniez normalement dans un... autre genre de Business.

Il sort de quoi se shooter, ses petites affaires. Clé détourne son attention de lui, savoure la force de l'alcool, froid et brûlant, en fumant lentement une Rad-Apple...
A coté, le dealer fume lui aussi, une roulée dont l'odeur ne laisse pas de doute. L'air un peu défait, il continue pourtant à la soutenir du regard, comme s'il attendait quelques chose.
S'il la cherche, il va la trouver... Lui ne fait pas partie de la mission, c'est un simple élément ajouté. Victoire n'en à que faire, elle veut les noms des organisateurs.
Certaines rencontres ne sont pas anodine, elle peut s'amuser un peu. Juste un peu, histoire de voir si comme tout les autres, il se laisse toujours guider par son égo de mâle.
Elle prend son visage dans sa main, le coupe sur le comptoir, et lui parle d'une voix suave:

- Dites moi, la vie de dealer indépendant n'est-elle pas dangereuse, avec tous ces membres du Trident partout ? Je ne suis pas une experte, mais je crois qu'ils n'aiment pas la concurrence, il ne faudrait pas qu'ils apprennent ce que vous trafiquez avec Honoré.
Je me trompe? ...


Elle vide le fond de son verre cul sec, pour conclure sa provocation.

Aucune idée de qui était ce mec, mais Clé n'avait a priori pas grand chose à faire d'un petit dealer de bas étage, le type finira sûrement dans les arrière salle du Trident, à les supplier de l'achever. C'est comme ça qu'il finissent tous pense-t-elle. Elle aurait préférer rencontrer un gars du Trident directement, elle aurait pu régler quelquess compte.
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Saint Vincent de Räzell
MessageSujet: Re: Morituri te Salutant   Sam 13 Juil 2013 - 20:46

Les effets commençait à se faire sentir. Il émanait une agressivité gratuite de chez Cléa que le Saint avait bien du mal à cerner. C'est vrai qu'il avait répondu à son agressivité par la moquerie, ce qui n'était guère plus malin, mais malgré tout, il lui semblait qu'autant d'insociabilité n'était pas normale.
Son "métier" de dealer demandait de lui qu'il soit sociable, qu'il s'adapte à ses interlocuteurs, mais qu'il soit ferme et plus malin. Mais il semblait, d'un coup, que c'était elle qui la faisait danser d'un pied sur l'autre, et qu'il ne trouverait jamais le moyen de faire plus ample connaissance. Il commença à regretter d'avoir quitté sa table de jeu pour venir l'aborder.

Le visage de la femme muta doucement, changeant de forme. A part son cache-oeil, elle était méconnaissable. Mais pas laide ni désagréable à voir. Rien d'alarmants, mais les effets progressaient doucement, même avec le cannabis.

- Qui vous dis que je suis indépendant ? Simplement parce que je l'ai dit à Honoré pour le mettre en confiance ? Vous êtes d'une naïveté touchante, on voit que vous n'êtes bonne à rien dans l'art de la négoce. Les Tridents me connaissent très bien, mieux que vous ne pouvez l'imaginer, et je suis en excellent terme avec eux. Je serais vous, je me méfierais même du sourire que je vous adresse. J'suis susceptible comme garçon, et j'aime pas trop qu'on m'en foute plein la tronche pour pas un rond ...
Mais je vous laisse, il semble que j'ai déjà trop abuser de votre patience ... Nous ne manquerons pas de nous revoir tôt ou tard, j'en suis certain ...


Il lui adressa son sourire le plus hypocrite. La drogue la dévoilait sous un nouveau jour. Sa bouche se dédoubla, ainsi que son nez et son oeil. Elle commençait à prendre l'aspect d'un tableau de Picasso imité par Dali.
Il se leva du tabouret.
- C'est amusant de vous voir avec deux yeux, en tout cas ... lâcha t-il avant de partir. La remarque sonnerait comme une insulte, très probablement, pour la femme qui ne comprendrait pourquoi il disait ça.

La dualité, la duplicité, le double-jeu, le mensonge et la tromperie se lisait désormais sur elle comme dans un livre ouvert ... Les deux visages se scindèrent finalement en deux, et Cléa se trouva à ressembler à une brahmine humaine, ce qui ne manqua pas de faire ricaner froidement le Saint.

C'était un danger. Pour lui, pour H, pour sa nouvelle affaire, pour sa réputation ... Quelques mots glissés à des membres suspicieux des Tridents - d'autant que le Saint n'y avait pas donné de nouvelles depuis plusieurs semaine, déjà - et la surveillance s'instaurait. Il finirait abattu comme un chien dans un bicoque d'une balle en pleine tête. Cette salope avait raison. Les Tridents n'aimaient pas qu'on joue avec eux.
Cette femme ... Il faudra l'abattre rapidement. Ou la mettre hors d'état de nuire. Déjà, son cerveau malade, intoxiqué par les drogues, fonctionnait à plein régime pour échafauder des plans tandis qu'il se glissait vers les escaliers et sa chambre, nageant péniblement dans le marécage de lézards et de démons qui buvaient bestialement à leurs chopes de mélasse et d'insectes grouillants.

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Cléa Angle
MessageSujet: Re: Morituri te Salutant   Dim 14 Juil 2013 - 0:32

- Qui vous dis que je suis indépendant ? Simplement parce que je l'ai dit à Honoré pour le mettre en confiance ? Vous êtes d'une naïveté touchante, on voit que vous n'êtes bonne à rien dans l'art de la négoce. Les Tridents me connaissent très bien, mieux que vous ne pouvez l'imaginer, et je suis en excellent terme avec eux. Je serais vous, je me méfierais même du sourire que je vous adresse. J'suis susceptible comme garçon, et j'aime pas trop qu'on m'en foute plein la tronche pour pas un rond ...
Mais je vous laisse, il semble que j'ai déjà trop abuser de votre patience ... Nous ne manquerons pas de nous revoir tôt ou tard, j'en suis certain ...


Un certain tempérament, elle devait lui accorder ça. Elle attendit patiemment qu'il finisse de vider son sac. Elle a un peu peur de lui, mais a aussi habitude d'avoir peur. Il faut surmonter. Le gars à l'air un peu instable, en plein délire. Ou pire, c'est peut-être son état normal, ce qui le rendrait encore plus flippant.
Mais la fosse lui en a fait voir d'autre.

- C'est amusant de vous voir avec deux yeux, en tout cas ...
"Connard..."
Elle répond encore à son sourire, et le laisse partir...

Saint Vincent quitte la salle, prend les escaliers. Il doit avoir élue résidence dans l’hôtel. Cléa aussi, pour sa couverture elle ne peut pas se permettre de résider avec les autres employés de la Reine. Et c'est qu'il n'y a pas beaucoup d’hôtel dans le village, et certainement pas des 4 étoiles...

Elle paie ses consommations, et entame une conversation avec la serveuse. Elle sait plus y faire avec les femmes, les vieilles habitudes, avoir vécu chez les amazones. Même si on peut souvent difficilement qualifier ses anciennes sœurs de "Femmes".
Elle obtient rapidement ce qu'elle veut savoir sans même ouvrir sa bourse. "La 3ème chambre à l'étage, au bout du couloir". Pas beaucoup de secret dans cette auberge.
Merci beaucoup, polie, elle se lève et quitte le bar.

Elle passe d'abord à sa chambre, hésite à prendre son fusil, mais renonce. Inutile d'être menaçante. Elle vérifie quand même que son Walther est chargé et le remet dans la poche de son manteaux. Elle aime bien ce manteau, elle préfèrerai éviter de le trouer, mais faut être prudente.
Elle écrit une note sur un bout de papier froissé, elle s'arrangera pour le faire passer discrètement à la Reine demain. Son premier "rapport de mission". A peine quelques mots:
"Tout s'annonce bien, je sens que je vais me faire un paquet d'anneaux. Les gens sont ce qu'il sont, mais je ne m'attendais pas à mieux.
Je vais rester encore quelques jours. Je rencontre des gens intéressants, je vais peut-être enfin me trouver un mari.
Tendrement, ta fille."


Victoire comprendra.

Elle ressors de sa chambre et traverse le couloir. C'est cette porte ci, oui. Elle prends sa respiration est frappes quelques coups.

- Désolé, c'est encore moi. Notre discussion s'est écourtée un peu rapidement, je trouve ça dommage...
Vous avez dit que vous ne saviez même pas contre qui vous alliez jouer. Et ben peut-être contre moi... J'ai un esclave inscrit pour le prochain combat, mais il vaut pas grand chose, pas une chance, même face à une petite fille... C'est une vraie poule mouillée.
Donc je me disais... Vous pourriez me vendre un peu de votre "si bon psycho". Je verrai s'il est de si bonne qualité... Bien sûr vous allez me dire, pourquoi vous aideriez l'esclave d'un autre à gagner son combat et je vous répondrais que je connais Honoré déjà un peu mieux que vous, et si j'approuve votre came, il y a plus de chance qu'il vous ouvre son marché.
Et puis même sous psycho, la baltringue que je vais faire combattre à peu de chances, ça rendrait juste le combat un peu plus équitable.
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Saint Vincent de Räzell
MessageSujet: Re: Morituri te Salutant   Sam 20 Juil 2013 - 21:15

Saint-Vincent entreprit d'investir sa chambre avant que le processus chimique des médicaments consommés et sa colère ne détonnent dans une explosion meurtrière. Il avait quitté le bar en proférant des menaces qui n'étaient même pas dissimulées, et avait opté pour la sortie, se sentant partir dans un trip qui ne lui serait pas favorable si la situation s'envenimait. Mais plus il tentait de se rassembler pour réintégrer le monde réel, et plus les effets montaient, provoquant chez lui des sueurs d'angoisse. La paranoïa commençait à l'étreindre.
Sa chambre était au troisième étage. L'ascension lui parut durer une éternité, un supplice dont il ne voyait pas le bout, chaque marche en précédant une autre, pendant que son corps engourdi par les drogues était bloqué dans un mouvement répétitif qui lui demandait un investissement physique complet.

Lorsqu'il parvint enfin au premier étage, un coup d'œil dans le couloir lui démontra qu'il n'aurait sans doute pas du cumuler les effets du cannabis et des médocs. Avec un sourire mi-amusé, mi-inquiétant, il regarda les murs et le plafond d'aspect aqueux onduler paisiblement alors qu'un zéphyr méphitique balayait le couloir, forçant le Saint à porter sa main à son nez pour échapper à l'odeur nauséabonde. Les portes ondulaient elles aussi, en suivant le rythme des vagues qui faisaient se mouvoir l'architecture, comme un reflet déformé au fond d'un aquarium. Sur le plancher, seul repère fixe de sa vision, s'entassaient des sacs poubelles et des détritus divers. Cet étage rappelait au Saint la Seine, mais fendue en deux par un pouvoir divin, et dévoilant ses trésors de pollutions jonchant le fond de son lit. Il ne s'attarda pas plus et reprit son ascension aux saveurs de calvaire.

Après une deuxième salve de marches, qui le fit transpirer abondamment, il parvint à l'étage suivant. Un immense désert aux dunes rouges se prolongeait jusqu'à perte de vue, et des portes étaient enfoncées dans le sable, ne donnant sur rien, comme planté par un artiste fou à lier. Ses visions s'étaient affranchies de l'exiguïté de l'espace confiné, ne conservant du couloir que le plafond, flottant dans le vide comme une route aérienne, d'une largeur de deux mètres sur une longueur infinie, et qui projetait son ombre sur les reliefs des collines de sables pourpres. Des êtres humains s'extirpaient des sables comme si, enterrés vivants, ils remontaient avec l'énergie du désespoir pour offrir leurs visages déshydratés à la surface, rappelant des mauvaises herbes tenaces. Ils entamaient alors des conversations d'une banalité affligeante avec leurs homologues sortis de terre en même temps qu'eux. Le Saint préféra ne pas rester plus longtemps, sentant sa raison l'abandonner. Il savait pourtant que ce n'était pas vrai, que ce n'était qu'une illusion provoquée par les drogues, mais il craignait de se perdre dans ce désert s'il s'y aventurait ne serait-ce que d'un pas.

Enfin, il atteignait le troisième et dernier étage. Il écrasa son pied droit sur le seuil, vouté mais conquérant, en pestant contre les escaliers. Il avait franchi cette épreuve.
Face à lui se trouvait un couloir qui lui sembla étonnamment normal – si tenté qu'on puisse établir une norme hôtelière dans ces terres ravagées -, vierge de toutes déformations visuelles. Les effets de la drogue ne devaient pourtant pas être retombés, même en admettant qu'il fut très long à monter. Pourtant, il fallait l'avouer, ce troisième couloir n'était pas vraiment singulier. En avançant, le parquet aux lattes abimées grinça sous ses pas. Les plaintes étaient un peu pourries par l'humidité, et une mousse verdâtre-blanchâtre l'attaquait un peu. Des tâches d'humidités plus obscures au plafond trahissait la vétuste du bâtiment et ses problèmes en matière d'isolation. Il faisait une chaleur accablante, en raison, très probablement, de tout l'air chaud qui remontait des étages inférieurs jusqu'à sous les combes. Sur chacune des portes, abimées, se trouvait une petite plaque métallique usée, à la peinture craquelée, sur laquelle était gravé le numéro de la chambre. 301. Le sienne était la 312. Il avança, mais entendit bientôt les sanglots imperceptibles de ce qu'il identifia comme des pleurs d'une toute petite fille. Au fur et à mesure qu'il avançait, les plaintes étaient plus claires. Il entendait larmoyer. Il s'approcha encore et s'immobilisa entre deux portes, à l'endroit où il entendait le mieux les pleurs. Entre la 305 et la 307. Il attendit quelques secondes, sans un bruit, dans un silence coupable, tandis que résonnait la tristesse et la souffrance d'une enfant qu'il écoutait attentivement. Il n'arrivait pas à savoir si c'était une hallucination auditive ou la réalité. S'il forçait la porte et que c'était une hallucination, il aurait l'air stupide, non ? Il décida finalement que, réalité ou pas, chacun ses oignons, et c'est bien suffisant comme ça. Inutile d'être zélé, il avait déjà assez de ses propres problèmes. Il s'éloigna, continuant vers sa chambre, et les pleurs s'arrêtèrent immédiatement. Seuls ses pas grinçaient désormais dans le couloir. Mais il eut soudain l'impression d'être suivi. Comme un écho à chacun de ses pas. Une impression qui persista. Il s'arrêta et se retourna. Personne. Et pas le moindre recoin où quiconque aurait pu se cacher. Pourtant, il lui avait semblé entendre un pas qu'il n'avait pas fait, une demi-seconde après s'être arrêté... Il reprit. Les échos reprirent. Il tenta de faire abstraction, et ne s'arrêta finalement que lorsqu'il fut arrivé à un mètre de sa chambre. Il entendit clairement un pas dans son dos, qui s'arrêta une seconde trop tard. Cette fois il en était certain ! Il fit volte-face subitement, mais le couloir avait complètement changé d'aspect. Le parquet avait laissé place à une rue pavé, et à côté de chaque porte à chiffre pair se dressait un réverbère métallique lourdement ouvragé, comme on en voit certains dans les rues de Paris. Celui du fond, le plus près de l'escalier, clignotait par intermittence d'une façon inquiétante, et puis finit par s'éteindre pour de bon avec un court grésillement. Le Saint était encore figé, la bouche entrouverte, cherchant vainement à comprendre, quand les autres réverbères se mirent à s'éteindre les uns après les autres, de plus en plus rapidement, fonçant vers lui.
Pris de panique, il se précipita sur sa porte, fouillant frénétiquement dans ses poches pour en extraire la clé, l'inséra dans la serrure et tourna la poignée avant de s'engouffrer dans sa chambre sans même juger de son intérieur. Il claqua la porte alors que le dernier réverbère, celui qui était devant sa porte, s'éteignait, plongeant le couloir dans des ténèbres abyssales. Dos à la porte, poussant un soupir de soulagement, il s'affaissa sur lui-même.

Il était vivant. Cela faisait longtemps qu'il n'avait pas eu un mauvais délire aussi obscur. Il se demandait d'ailleurs si c'était vraiment un délire ou autre chose. Sa perception, sous drogues, révélait peut-être des choses qu'il n'aurait pas senti sans ces drogues, et qu'il l'aurait tué, foudroyé sur place ? Tout est si réel ... Si réel ...


* * *


Le Saint reprit peu à peu son souffle, et son adrénaline diminua en même temps que la fréquence de son rythme cardiaque. Il en profita pour observer la chambre, toujours plonger dans une pénombre à laquelle ses yeux commençaient à s'habituer doucement. Un lit deux places, tout ce qu'il y avait de plus basique, avec un drap et une couverture, même pas fait. Quelques meubles dont les pieds mangés trahissaient la présence de raliénés. Un coupe-papier trônait sur le chevet près du lit, ainsi qu'un bougeoir avec une bougie déjà presque consommée. Les volets étaient mis en persienne, mais la soirée tombante ne laissait filtrer que peu de lumières. Pas de rideaux, ni quoi que ce soit d'autres qui put être qualifié de superflu. La chambre était dénué de tout goût esthétique, et on voyait visiblement que l'auberge n'avait que faire de ses clients, la demande étant largement supérieure à l'offre dans cette ville de transit toujours en effervescence. Une porte qui semblait pouvoir céder de ses gonds au moindre coup d'épaule donnait surement sur la salle de bain et les toilettes. Le Saint ne prit pas la peine de vérifier. Il préférait se reposer là, assis le dos contre sa porte, en attendant que les hallucinations passent. Il avait parfois l'impression que les angles disparaissaient, s'affranchissaient de toutes les lois du réel, passant de l'aigu à l'obtus, ou carrément s'arrondissant, lui donnant l'impression d'être dans un chambre en forme de sphère. Cette hallucination lui était familière, revenant régulièrement. Aussi, cela lui permit de se calmer. Pas très longtemps après que sa sérénité de junkie soit revenu - en tout cas, c'est l'impression qu'il eut, mais il n'arrivait plus à définir une notion de temps, perdu dans ses rêves - il entendit frapper à sa porte. Immédiatement, il se redressa, sur le qui-vive, le cœur subissant une nouvelle poussée d’adrénaline.
Désolé, c'est encore moi. Notre discussion s'est écourtée un peu rapidement, je trouve ça dommage... Il recula prudemment de la porte et se décala pour ne pas se tenir devant, en cas d'attaque armée à travers le bois. Il faisait désormais face à la porte, retenant sa respiration, tel un chien à l'arrêt.

« Vous avez dit que vous ne saviez même pas contre qui vous alliez jouer. Et ben peut-être contre moi... J'ai un esclave inscrit pour le prochain combat, mais il vaut pas grand chose, pas une chance, même face à une petite fille... C'est une vraie poule mouillée.
Donc je me disais... Vous pourriez me vendre un peu de votre "si bon psycho". Je verrai s'il est de si bonne qualité... Bien sûr vous allez me dire, pourquoi vous aideriez l'esclave d'un autre à gagner son combat et je vous répondrais que je connais Honoré déjà un peu mieux que vous, et si j'approuve votre came, il y a plus de chance qu'il vous ouvre son marché.
Et puis même sous psycho, la baltringue que je vais faire combattre à peu de chances, ça rendrait juste le combat un peu plus équitable.
»


Il lui fallut chercher dans sa mémoire avant de reconnaître la voix de Cléa, la femme qu'il avait abordé quelques minutes avant. Pour lui, ça faisait déjà une existence qu'il lui avait parlé. Mais son projet de la tuer lui revint immédiatement en tête au moment où il se la rappela.
Elle lui demandait du Psycho. Et pour se battre contre son esclave en plus ! Gonflée, la nana ! Ses arguments ne tenaient pas. Il fit la sourde oreille, ne bougeant pas d'un pouce, attendant patiemment qu'elle se lasse. Mais il n'entendait pas un son dans le couloir. Ça faisait déjà deux minutes, et il était certain qu'elle n'avait pas bougé du pas de sa porte.
Il finit par bouger. Il sortit de sa besace - avec toute la discrétion dont il pouvait faire preuve sur ce parquet grinçant - un marteau en acier, léger et maniable, assez court. Cette arme avait déjà fait ses preuve. Il la glissa dans son pantalon, à l'arrière, et passa son t-shirt par-dessus. Son cœur battait à comme un tambour de guerre.
Il approcha de la porte.

« T'allonges 38 Anneaux pour la dose. Et pas d'entourloupe, ou tu y passes. Et si ton esclave claque parce que la dose est trop forte pour ses p'tits reins, tu viendras pas t'plaindre. »

Quelle conscience professionnelle ! Il lui avait quand même répondu ! D'accord, il prenait une sacré marge par rapport au prix fixé avec Arnie. Mais la vérité, c'est qu'il espérait qu'elle refusa de payer une telle somme pour une dose.

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Cléa Angle
MessageSujet: Re: Morituri te Salutant   Mar 23 Juil 2013 - 0:32

Plusieurs minutes étaient passées, et aucune réponse. Cléa colla doucement son oreille contre la porte, mais n'entendit rien de bien significatif, à part de lourdes respirations. Le type était bien dans sa chambre.

- T'allonges 38 Anneaux pour la dose. Et pas d'entourloupe, ou tu y passes. Et si ton esclave claque parce que la dose est trop forte pour ses p'tits reins, tu viendras pas t'plaindre.

Il s'était décidé... Et bordel, 38 anneaux la dose... Sa came avait intérêt à être sacrement bonne.

- 38 anneaux, une seule dose? C'est à ce prix que vous comptez vendre chez Honoré?
Mais bien inutile inutile d'essayer de négocier. Elle demanderai une autre avance à la Reine, boirai moins, tant pis, elle mettra le prix.
Elle laissa le silence s'exprimer un temps, puis repris:
- Bon... J'accepte. Mettons que vous me ferez une réduction la prochaine fois...
Si prochaine fois il y a... pensa-t-elle. Elle se demandait elle même pourquoi elle était revenue à sa porte. Elle refusait de croire que l'arrivé de ce mec chez Honoré peu après elle soit une totale coïncidence. Un complot? Non, certainement pas, et puis de qui et dans quel intérêt... le Destin alors, qui la pousse lentement vers les monstres de son passé. Cléa n'a pas l'âme très croyante, mais parfois, l'intervention des grands esprits arrange bien des choses.

- Bon, il va falloir ouvrir cette porte par contre pour conclure la transaction. Vous n'avez tout de même pas besoin de vous cacher d'une femme? Je ne vous veux aucun mal... Et si c'était le cas, je suis pas du genre à buter un mec en caleçon dans sa chambre d’hôtel, j'ai d'autres moyens pour ça
Et pourquoi pas un peu de franchise.
C'est que... Simplement, vous vous êtes présentez à Honoré peu de temps après moi, et ça a aiguisé ma curiosité. Vous pourriez être une rencontre très lucrative, ou très destructive pour lui, et donc un peu pour moi... Je voudrais être rapidement fixé sur votre compte.
Alors ouvrez cette porte maintenant



Le cœur battant - elle s’essuya le front d'un revers de manche - elle s'éloigna un peu de la porte, un pas sur le coté, et attendit une quelconque réponse du dealer.
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Saint Vincent de Räzell
MessageSujet: Re: Morituri te Salutant   Mar 23 Juil 2013 - 18:37

Le Saint plissa ses yeux pendant que son cerveau malade en état d'alerte maximale analysait la situation. Le changement de ton de son interlocutrice lui paraissait bien singulier. Mais en même temps, sa vision se révélait juste. Cette nana était clairement atteinte d'un syndrome de dédoublement de la personnalité, et le Saint n'avait désormais plus aucun doute sur ce point là. Il se méfiait d'elle. Les névrosés, les détraqués mentaux, les camés ... tous ça, c'était une sale race de dangereux psychopathes. En même temps, il devait bien reconnaître qu'il appartenait lui-même à cette catégorie de personnes. Ce qui ne l'avait jamais rendu plus confiant envers ses semblables. Au contraire. Si n'importe qui aurait parlé pour le qualifier de "paranoïa", lui préférait qualifier sa prudence souvent excessive "d'instinct de survie".

La femme restait quelque peu agressive. Elle fit remarquer au Saint que le prix était un peu élevé – ce qui était un peu injuste, puisque le Trident, pour une qualité de ce rang, vendrait le même produit au moins à ce prix – et frappa dans son égo de mâle en le raillant sur sa réticence à ouvrir la porte de sa chambre.
Vexé plus que convaincu, le Saint fit parler son esprit de contestation, au détriment de la prudence. Il ouvrit la porte tandis qu'elle terminait en expliquant qu'il avait piqué sa curiosité en se présentant à Honoré, se dressant maintenant face à elle. Contrairement à ce qu'elle avait sous-entendu, il n'était pas en caleçon, et son regard le plus dissuasif dévisageait son invité. Elle voulait être fixée sur son compte, disait-elle.

« Entrez. »

Ainsi, la jeune femme n'était pas une amie de longue date d'Honoré ? Voilà qui était intéressant ... Alarmant, mais intéressant. Il avait soudain le sentiment de s'être fait dupé. Honoré de Montpierre avait pourtant affirmé que toutes les personnes présentes dans la pièce étaient dignes de confiance. Il prit conscience qu'on tirait des ficelles quelques part en coulisses, et que le contrepoids lui retomberait tôt ou tard dessus comme une enclume de fonderie. Il essaya de comprendre la mécanique qui s'activait derrière, et le rôle qu'il jouait sur la scène. Il regarda la femme qui s'avançait dans son antre provisoire avec suspicion. Et si c'était elle qui lui mentait ? Qui le montait contre Honoré ? Il y avait trop d'éléments inconnus.
Que ferait Arnold à sa place ?

« En quoi l'arrivée d'un dealer qui à un esclave à envoyer à l'abattoir pourrait être lucratif ou destructif pour Honoré, et en quoi ça se répercuterait sur votre situation ? » demanda-t-il d'un ton froid.

Il referma la porte, non sans jeter un bref coup d'œil dans le couloir. Il avait repris un aspect plus habituel. Personne n'y zonait, et il respirait la tranquillité.
Le Saint ne sortit pas la dose de Psycho, attendant qu'elle lui réponde avant toute chose. Ses hallucinations continuaient, plus faibles. Les tâches d'humidités au plafond se décollaient et dansaient vaguement dans la pénombre comme des poussières dans des raies de lumières. Petites tâches ondulantes. Cléa se dressait au milieu de ce ballet psychédélique, et semblait plus belle que dans le rade miteux peuplé de toutes ces têtes de lards gerbantes toutes aussi miteuses.

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Cléa Angle
MessageSujet: Re: Morituri te Salutant   Jeu 25 Juil 2013 - 23:35

- En quoi l'arrivée d'un dealer qui à un esclave à envoyer à l'abattoir pourrait être lucratif ou destructif pour Honoré, et en quoi ça se répercuterait sur votre situation ?

La question était tout à fait légitime. Le saint ferma la porte derrière lui.
Cléa se retrouvait en tête à tête avec un potentiel monstre. Elle y était venue de son plein gré, et allait affronter ses peurs.
Partagée entre traumatisme d'enfance, délire de vengeance et conscience professionnelle, Clé était perdue. Que faire de ce type ?
Il était extérieur au business d'Honoré, mais veut y entrer. Tout comme elle. C'est une clef et une arme. Conscience professionnel.
Elle s'est jetée dans la gueule du loup, ces mecs sont tous des violeurs malsains, sa première victime a du être sa mère, juste après l'accouchement. Traumatisme.
Il faut le punir, et empêcher la récidive, et la loi, c'est moi. Ce n'est qu'un de moins, mais un bon début, et s'il est innocent, il paiera pour ses amis, pour ses désir mal placé, pour tous les autres hommes... Désir de vengeance.

Des voix tournaient dans la tête de Clé, ne lui laissant pas de répit. Elle s'assit et alluma un cigarette pour reprendre ses esprits.
Le temps passait, et Vincent n'avait pas sortit la came, il attendait simplement une réponse à sa question...

- Je me comprends.
Vous n'êtes pas là juste pour les combats, peu de gens sont là juste pour les combats. Tout le monde à son petit intérêt à fréquenter Honoré.
Le coté lucratif, vous le comprenez bien, vous n'êtes pas venu là pour faire du bénévolat, et si vous gagner des anneaux, d'une façon ou d'une autre, Honoré en gagnera...
Votre coté dangereux est plus complexe... J'ai l'impression que vous n'êtes pas là que pour les anneaux, et que quelque chose de plus...spirituel vous anime. Je ne parle pas de Dieu bien sûr.
Pour ma part, c'est tout simple. J'ai confié beaucoup d'argent à Honoré, s'il lui arrivait quelques chose, ça sera tragique pour ma fortune...


Elle tendit la main, paume vers le haut, signe au Dealer qu'elle voulait sa dose.
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Saint Vincent de Räzell
MessageSujet: Re: Morituri te Salutant   Mar 30 Juil 2013 - 13:33

Du spirituel, du divin et du venin. Voilà qui résumait assez bien ce qu'était le quotidien illuminé d'un Saint misanthrope jamais canonisé et toxicomane nihiliste. Le Dealer fut interloqué que la femme tape si juste - dans le mille, même - après si peu de mots échangés. Il était venu ici avec deux intentions principales : ramasser une grosse récoltes d'anneaux par tous les moyens disponibles ; tuer son esclave à longue échéance. Mais l'Ange qui lui parlait, toujours présent comme une ombre ou un voile transparent dans son inconscient, lui dictait toujours le plan. La purification par l'impur. Empoisonner les rats qui ont pris forme humaine, la mission que doucement il mène à terme, overdose par overdose, avec patience, conviction et haine.

« Je fais pas confiance à Honoré. Ni à toi. - le tutoiement soudain marquait une agressivité prononcée. Le Saint n'était pas à l'aise en tête à tête avec cette Méduse bicéphale - Dans cette putain d'ville, tout l'monde fréquente tout l'monde en ayant une idée derrière la tête. On peut pas dire que ce soit la charité et la compassion qui nous étouffent, pas vrai ? Alors oublies les jugements d'valeurs et les théories du complot. J'essaie juste de survivre, comme tout l'monde ici ... J'fais c'que j'peux avec c'que j'ai, grande. »

Il mit la dose de Psycho dans la main tendue de la borgne. Du 75'Pur. Le nec plus ultra de la production. Si elle teste le produit sur elle en premier, elle pourra juger de la qualité elle-même, en partant dans la furie enragée meurtrière et aveugle la plus puissante qu'elle aurait jamais connu. Si elle se réveille au milieu d'une chambre jonché de cadavres démembrés et mutilés, elle saura qu'il n'avait pas menti sur la qualité.

« Une dose. Le meilleur de ma prod. Contre-indiqué en cas d'problèmes cardiaques ou de faiblesse physionomique. Agit en 5 minutes, plateau de 30 à 50 minutes, descente en 4 heures. J'te déconseille de diviser la dose en deux. J'te déconseille de l'utiliser sur toi ou quelqu'un d'autre si y a des gens à proximité et si c'est la première fois que l'organisme le reçoit. Et enfin, j'te déconseille les mélanges alcools et psycho. Dis toi que le prix comprenait la dose et les conseils d'utilisation. Maintenant tire-toi ... Tu m'angoisses avec ton œil. On se verra demain si on combat bien l'un contre l'autre ... »

Il lui ouvrit la porte, en la fixant, attendant qu'elle quitte la pièce. Il sentait le poids du marteau, dans son falzar, rassurant.

* * *

Le lendemain fut passé à préparer Dope Mohamed. Il lui fournit un repas copieux et riche en force qui lui coûta une quinzaine de capsules. Lui même ne mangea qu'un quignon de pain dur baigné dans une soupe fadasse. La drogue et l'approche du combat lui coupait la faim. Dope Mohamed aussi devait être stressé, mais des jours de restrictions alimentaires firent qu'il se précipita sur son repas de midi.
« Mange doucement, et pas trop. Si tu es trop lourd pour ce soir, tu seras désavantagé. »
Dope Mohamed ne s'attendait pas à un traitement de faveur comme celui-ci. La veille, le Saint lui avait bien parlé de quelques améliorations dans son quotidien s'il gagnait des combats, mais il n'avait même pas encore combattu une fois ... L'Arabe trouvait ça étrange mais ne se posait pas plus de questions que ça, se contentant de manger et de boire à sa bouteille d'eau irradiée. Il comprit quand un peu plus tard, le Saint lui avoua qu'il avait rencontré la propriétaire de son adversaire probable. Une femme à qui il avait vendu du Psycho à un prix excessif. Et du Psycho de première qualité. La mine de Dope Mohamed se décomposa. Il se mit à gueuler, il se sentait déjà mort, il se voyait déjà devoir renoncer à sa vengeance contre son tortionnaire. Il se leva de la table avec fracas, renversant les couverts, et attrapa son couteau de table pour menacer le Saint.
« Fais pas l'con. J'vais te doper aussi, et tu as toutes tes chances. Tu crois qu'ça vaut l'coup d'crever maintenant ? » demanda le Saint en tapotant la console qui contrôlait l'explosif du collier de servage.
L'esclave se calma. Il bouillonnait intérieurement, mais le Saint parvint à le convaincre de libérer sa haine et son énergie pour le combat ...

* * *

Ils se présentèrent à l'adresse donnée la veille par Honoré. C'était une ruelle avec peu de passants. Ils entrèrent dans le boui-boui. Le bar était bombé de monde, et un orchestre jouait une ambiance acoustique pendant que le parolier grattait sa guitare sur son tabouret. Un brouhaha de conversations entrecoupées de grincements de chaises et d'éclats de rire ne permettait pas vraiment au Saint de comprendre le sens des paroles de la chanson. Vers le fond de la salle, près du bar, une porte cachée par un drapé rouge était gardée par deux hommes immenses encapuchonnés, portant des écharpes qui masquaient leurs visages, et qui gardaient les bras croisés en scrutant la foule. Les videurs. D'instinct, le Saint sut que c'était par là-bas que ça s'passait. Il se présenta devant les deux colosses. Ils faisaient facilement deux mètres vingt de haut, et devaient faire leurs 150 kilos de muscles. Ils baissèrent leurs yeux sur lui et Dope Mohamed. Leur peau était bleuté-verte. Des Mutants, à n'en pas douter.
« Qu'est ce tu veux, bout d'homme ?
- Rejoindre l'arène.
- Tu as le mot de passe, rétorqua le second en tirant une lame artisanale.
- Morituri te salutant, dit-il en lisant sans mettre l'accent latin le papier chiffonné qu'il avait tiré de sa poche.
- Bon d'accord, commenta cet espèce d'ogre, visiblement déçu. Tu passes. »

Il écarta le rideau, abandonnant son collègue à la surveillance de la salle et laissa entrer l'esclave et le Saint avant de les suivre. La pièce était minuscule. Ils y tenaient à peine à trois, surtout avec ce géant avec eux. Au sol, il y avait une trappe. Le Mutant tira une grosse clef de sa ceinture et la tourna dans la serrure. Le Saint passa en premier, et attendit d’avoir descendu toutes l'échelle avant d'autoriser Dope Mohamed à le suivre.

Voilà. Ils y étaient. Les combats illégaux. L'ambiance était plus calme qu'en haut. Pas de musiques. Des hommes et des femmes, semblant tous très riches, habillés de façon très classe, très chic, étaient assis autour de tables rondes et discutaient en fumant des cigarettes. Le Saint commença à se dire que sa tenue dépareillée ne jouerait pas en sa faveur pour vendre ses produits ... Il aurait du se déguiser comme ces clowns pour être crédible. Mais enfin, tant pis, c'était trop tard, et il était dans la place.

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Dernière édition par Saint Vincent de Räzell le Lun 5 Aoû 2013 - 20:23, édité 1 fois
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Cléa Angle
MessageSujet: Re: Morituri te Salutant   Lun 5 Aoû 2013 - 3:02

Milieu d'après midi, quelqu'un frappe à la porte de sa chambre d’hôtel.
- Qui est-ce?  
- Une livraison, pour mademoiselle Cléa.
- Qu'est-ce qui vous dit que c'est ici?
- la barmaid m'a dit que c'était cette chambre.
Putain de serveuse à la con.
- Ouais ok, laissez le paquet devant la porte, je le prendrais plus tard.
- Nop mamzelle, désolé mais le colis à de la valeur et il faut que signez le reçu, sinon je vais me faire engueuler par le patron en cas de problème.
Putain... A sa voix, le gus à pas l'air bien dangereux, à moins que la voix qui mue soit une maladie contagieuse mortelle, mais non, le ridicule ne tue pas.
- je vais ouvrir, attendez un peu.
Deux balles dans le fusil, en cas de soucis. Si tu fais confiance au premier coursier qui vient frapper à ta porte, tu feras pas long feu ici.
Elle attrape son esclave par le col, sans pité, lui colle l'embouchure du fusil sous le menton.
C'est quoi son prénom à ce con là?.. Peu importe...


- Un pas de travers et je te fais sauter la tête. Compris? 
Toujours le même air de victime qui ne comprend pas ce qu'il lui arrive dans les yeux. 
- Je sais que t'as plus de langue, alors fais un signe de la tête si tu capte ce que je dis! Sinon je te coupe les couilles connard. Tu comprends ça, te faire couper les couilles?!
L'esclave enchaîna les signes de tête, de droite à gauche, puis de haut en bas, point n'importe comment comme un épileptique en crise, par peur que ses signes soient mal interprétés. 
- Bien. On se comprend. Maintenant, tu vas ouvrir la porte et récupérer ce colis bien calmement, ok? 
Nouveaux signes de tête. 
- Lève toi aller!
Il s'exécute, et va, hésitant et peu sûr de lui, vers la porte. Cléa le talonne du bout du fusil, et se tapis derrière la porte quand il l'ouvre. Un faux geste et paf, c'est confit de cervelle et d'intestin grêle. A déguster chaud.
Le livreur est un peu surpris mais tend le reçu et un stylo. L'esclave griffonne une croix sur le papier, ou un truc du genre, en guise de signature. Il prend le colis, Clé claque la porte.

Elle lui remet ses chaines et le rattache au gros radiateur en fonte. C'est bien la fonte, ça pèse des tonnes, et si le radiateur ne chauffe plus depuis un siècle, pour attacher du bétail, c'est top.
Elle ouvre le colis. Une robe, bien pliée, noire en mousseline. Courte. Toutes les pétasses crèveraient les yeux de leur besta' pour avoir l'occasion de trémousser leur cul dans une robe comme ça. Des salopes ouais, Cléa n'est pas pareil. 

La robe est accompagné d'une note:
" J'imagine que vous avez ce qu'il vous faut comme robe, mais j'ai pensé que celle ci vous irait à ravir. 
21H ce soir, ce sera une belle soirée. 
Morituri te Salutant"

Bordel, cet Honoré avait l'intention de l'ajouter à son harem ou quoi? ça l'excite de se taper une borgne, merde? Enculé de Montpierre Ouais!

Cléa cédera tout de même, ravalant son égo, elle mettra la robe, mais gardera son long manteaux en cuir par dessus. 
Dans la rue, ça lui donne encore plus un air de prostitué, exhibitionniste sous son long manteau de pervers, et ne manque pas d'attirer les regards.

Elle arrive à l'adresse indiqué, bien à l'heure, passe le contrôle de deux vigiles mutants. 
- Par ci m'dame, suivez moi. 
C'est Mademoiselle, et puis mieux, ferme ta gueule.
Elle passe la petite trappe qu'on lui a ouvert, descend les marches en tirant sur la laisse de son chien chien. 
C'est un enfer qui s'ouvre sous elle. Un enferde toilettes et parfums d'avant guerre, de petits rires étouffés et de regards de biais, parce que quand même, vu avez entendu, il parait Anne-lise Duprés se goulifie! Commérage et ragots, Cléa est déjà gonflée.
Autours d'un grande cage centrale étaient disposés des tables rondes, nappe en tissue, verre en verre, même pas ébréché. Putain les bourges! Un un bout, un bar où l'on sert des cocktails, au shaker, avec une olive. Les dernières conserves d'olives d'avant guerre, qui s'arrachent à un prix fou.
Un enfer de paillettes et de sang. 

Honoré la remarque vite, et l'invite à s’asseoir à sa table. Tout le monde n'est pas encore arrivé, lui explique-t-il, mais il la présentera aux autres plus tard dans la soirée.

- Et pour mon combattant? J'en fais quoi?  
- Tout juste, excusez moi, j'ai oublié que c'était votre première fois! Il toise l'esclave de haut de bas, avec indifférence. 
Je vais tout vous expliquer, mais autours d'un verre si vous permettez. Votre poulain peut s’asseoir avec nous, comme ça il sera au courant lui aussi. Héhéhé!
- Bien sûr, avec plaisir. C'est vrai repensait-elle, qu'elle n'avait même pas expliqué à sa bête comment il allait finir. Le pauvre type était paniqué depuis trois jours, la langue coupée, à se demander ce qui allait bien lui tomber dessus. 
- Que voulez vous boire?
- Un White Russian, bien corsé, qu'il y mette toute la Russie.
Honoré commande. Cléa prend place à coté de lui, après s'être débarrassé de son manteau qu'un serveur va déposer au vestiaire. Elle garde son "sac à main", qui ne contient que son Whalther et son couteau, et fait mettre l'esclave à genoux, un peu en retrait.
- Pose pas tes doigts sur la nappe, compris? Petit signe de tête.
- Quel est son nom? demande Honoré.
- Je ne sais pas, je ne me suis pas beaucoup intéressé à lui, et il parle peu depuis que je lui ai coupé la langue. Je l'appelle juste connard, ou des fois je ne l’appelle pas, je frappe directement. 
Montpierre fronce les sourcils, un peu étonné par le tempérament de la dame.
- Mais il lui faut un nom, au moins pour combattre, pour poser les paris.quelque chose, n'importe quoi, qui sonne bien si possible.
- Hum... Le clébart?  
- Navré, c'est déjà pris, on a déjà un clébart parmi nos combattants réguliers.
Cléa réfléchit quelques secondes. Un truc qui sonne bien, qui vende un peu de virilité que son boxeur n'avait pas.
- Le Gros Queutard ? C'est pas déjà pris? 
Honoré fit signe que non, même si un peu surpris par le choix du nom, et ainsi fût baptisé le gros queutard. Au même moment arrivèrent les cocktails.
Donc, comme je disais, quand tout le monde sera là, la soirée débutera. Tout d'abord, les nouveaux combattants de la soirée vont s'aligner et être annoncé au public, pour que les parieurs puissent miser s'il le veulent. On attend six nouveaux ce soir, et ils commenceront par combattre entre eux, ce qui nous fait déjà trois combats. Les adversaires sont choisis en fonctions de la côtes des paris, on a un type bon avec les chiffres qui nous gère ça. 
Cléa se forçait à écouter même si elle s'en foutait. Elle aimait les combats, là n'était as le soucis, mais elle se demandait à quoi les combat du soir, autours de tout ces bourgeois, allaient ressembler comparés à ceux qu'elles avait vu - et vécu - dans la fosse.
- Donc trois matchs à mort, et ensuite, les vainqueurs de ces trois matchs affronte un ancien, un esclave qui à déjà gagné un ou plusieurs combats. En général, c'est la partie la plus intéressante, qui attire les plus gros paris. ça fait 6 combats ce soir! Les combats dure en général entre 2 et 15 minutes... Les combats des nouveaux sont plus long en général, mais les combats rapide sont mieux, plus spectaculaire, plus brutaux. Deux minutes de pure adrénaline! 
Elle buvait son White Russian à grosses gorgées, se demandant qu'elle gout ça aurait eu avant guerre, avec du lait de vraies vaches à la place du lait de brahmine. Et avec de la vraie Vodka aussi, mais si celle servit ce soir valait son prix.
Honoré allait reprendre la conversation quand il vit arriver le saint. Il l'observa un moment dans le silence, un silence qui se prolongea. 
Gros Queutard avait mal aux genoux et oubliait les consignes. Cléa, du coin de l’œil, le vit doucement poser sa main pleines de doigts d'esclave sur la table pour se soutenir. Sa réaction fut tant instantanée que brutale. Elle sortie son couteau et le planta sèchement dans la table, sectionnant aussi l'index de sa main gauche, qui restait sur la table avec une traîné de sang. Gros queutard se serrait la main en couinant pour arrêter l’hémorragie. 
Les discutions s'étaient toutes arrêtées, coupez aussi net que le doigt de l'esclave. 
Face à se grand silence qui devenait oppressant, Cléa décida de s'exprimer très calmement à son esclave, comme une maman.
- Je t'avais de ne pas poser tes mains sur la table. Tes doigts sont sales, tu aurais pu salir la nappe, réfléchit un peu. 
ça suffit maintenant, va rejoindre les autres esclaves!


Derrière elle, elle sentait déjà l'étrange présence du saint. C'était l'occasion de changer de conversation.
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Saint Vincent de Räzell
MessageSujet: Re: Morituri te Salutant   Lun 5 Aoû 2013 - 23:43

Le Saint balaya la salle du regard, restant à distance, discrètement. A première vue, il ne connaissait personne. Il ne voulait surtout pas que des Tridents ou certains de leurs indics se trouvent dans la pièce. Le discours de Cléa avait éveillé en lui une certaine appréhension. Il se méfiait désormais d'Honoré. Il craignait que l'organisateur de ces combats clandestins jouasse double-jeu et le trahisse pour quelques avantages accordées par la Mafia.

C'était ça le vrai problème de jouer au poker menteur avec sa vie. On connaît ses cartes, on soupçonne celles des autres, mais on doute de tout tant que le jeu n'est pas mis à plat sur la table. La méfiance et la paranoïa deviennent de plus en plus intrusive dans l'esprit de celui qui joue sa vie. Il sait qu'à la moindre erreur, il peut tout perdre. Ce n'est plus seulement une question d'Anneaux sur la table. C'est une question de vie ou de mort.

Il finit toutefois par reconnaître Honoré de Montpierre, assis à une table avec probablement l'un de ses associés ou clients importants à qui il présentait une prostituée habillé dans un long manteau de cuir. Il ne la voyait que de dos, mais elle avait de l'allure. Quelque chose de résolu et de fier dans son attitude. Un esclave se tenait près de la table, un peu en retrait derrière la prostituée. Une prostituée de luxe qui proposait ses services avec l'esclave compris ? Pas mal le concept. Il eut un rictus. Quel débauché, ce De Montpierre ! Tous les moyens sont bons pour fidéliser les gros clients, pensa le Saint le lui-même. Il continua d'observer la scène de loin, Dope Mohamed toujours près de lui.
Honoré fit un geste pour inviter la jeune femme à prendre place sur l'un des sièges vacants. Le Saint ne put retenir un juron discret en apercevant le visage de la prostituée de trois-quarts arrière.

« Ho merde ! »

Sa cliente de la veille qu'il avait abordée au bar ! Impossible de ne pas la reconnaître avec son cache-oeil. L'esclave se mit sur les rotules à côté de sa propriétaire qui le tenait en laisse. Elle avait le sens de la mise en scène, la borgne. Dominante dans toutes ses attitudes, elle semblait intimider son entourage. Honoré commanda. Le Saint continua d'observer attentivement, à l'abri des regards. Voilà qu'il avait l'occasion d'en savoir plus sur les cartes de ceux-là, au moins. S'ils sont amis de longue date, il s'en rendra vite compte. Deux personnes ne se comportent pas de la même façon l'une envers l'autre quand selon qu'elles sont liées ou étrangères l'une à l'autre. Les gestes, les visages, les regards, toute la panoplie de la communication non-verbale, révélait souvent plus que les mots eux-mêmes, qui, face à un bon orateur, ne faisait qu'induire l'esprit en erreur. Le Saint se trouvait fort bien placé, là, dans l'angle mort de Cléa, et à des millions d'années-lumières de l'intérêt d'Honoré de Montpierre qui donnait visiblement toute son attention à la femme, au détriment de l'homme qui l'accompagnait jusqu'à maintenant.

La séquence dura six ou sept minutes. Le Saint se sentait soulagé à mesure que le temps passait. Visiblement, Honoré informait, et la borgne questionnait à tout va, ce qui collait à son rôle de nouvelle venue. L'esclave posa la main sur la table presque imperceptiblement. Pas assez vif. Le Saint sursauta quand le coup de couteau tomba comme le couperet d'une guillotine sur la main de l'esclave en se plantant bruyamment dans le bois de la table.

Le silence se fit dans toute la salle, et Cléa fut au centre de l'attention, pendant que l'esclave au doigt sectionné lâchait un hurlement animal, déchirant, inhumain. Cette vicelarde lui avait déjà tranché la langue ... Son sang se répandait sur la nappe et le sol. Le hurlement continua pendant quelques secondes dans le silence lourd. Les gens dévisageaient Cléa, et Honoré de Montpierre lui-même avait blêmi sous le coup de la surprise et et du déchaînement de violence gratuite sans préavis de tempête. Cette foutue borgne se contenta de sermonner son esclave comme un enfant à haute voix. Tout le monde put entendre. Plusieurs personnes sourirent, certaines femmes prirent un air choqué. Pervers sadiques et dominateurs. Ils étaient venus pour ça. Du sang, de la violence, de la domination et de l'humiliation. Ce bétail humain n'était là que pour les amuser.
Des grosses larmes inondaient le visage déformé par la douleur de l'esclave. Dope Mohamed jeta un regard en biais au Saint. Il le regarda avec appréhension. C'était ça qui l'attendait ? Le Saint avait été plus que correct envers lui en comparaison de cette cinglée ...

En voyant la réaction d'Honoré de Montpierre, le toxicomane au visage osseux en était maintenant sur : Cléa était belle et bien une nouvelle dans le milieu. Visiblement, l'organisateur ne s'était pas attendu à ça en faisant venir cette femme dans cette salle ... Ce fourbe ... Il avait pourtant dit que tout le monde était digne de confiance dans son bureau. Il l'avait forcé à montrer sa dope à des témoins, et il n'en connaissait aucun. Il avait même parlé du Trident. Le chien galeux. Il le tenait par les couilles. Il allait le faire chanter, c'était certain. Le Saint n'aimait pas trop la tournure que prenait la donne. Mais il savait où étaient les cartes. A lui de composer avec.

Il s'approcha de la tablée.

* * *

« Mademoiselle ... Messieurs ...
- Oui ? C'est à quel sujet ? questionna l'organisateur sur un ton impatient en toisant le Saint. Les vêtements débrayés du dealer avaient l'air de lui déplaire. Il semblait avoir perdu tout son sens de l'humour.
- Saint Vincent, nous nous sommes vus hier. Voici mon esclave, Dope Mohamed, le survivant de Nanterre dont je vous ai parlé.
- Ah, oui. Oui. Mais ... Monsieur Vincent, j'étais en pleine discussion avec cette personne. Il n'est pas très poli de nous interrompre. Le gars assis se leva et mit négligemment sa main à sa hanche droite, écartant légèrement le pan de sa veste de smoking gris qui dévoila un pistolet neuf millimètres.
- Je suis désolé, Monsieur de Montpierre, vous êtes la seule personne que je connaisse ici. Mais c'la ne vous dérange pas, votre serviteur - le garde-du-corps s'empourpra. Il n'appréciait visiblement pas le mot - pourrait me faire visiter les lieux, pendant que je vous laisse en tête-à-tête avec cette femme ? J'aimerais surtout inscrire mon champion et le préparer avant le combat. »

Un silence.

« Oui. Vous n'avez qu'à faire ça. Nicolas, veuillez accompagner ce ... cette "personne" ... jusqu'au bookmaker. Qu'il procède à l'enregistrement du nom de son poulain, à la pesée, tout ça quoi ... Procédure normale. »

Le porte-flingue grogna mais adopta aussitôt une pose moins agressive, bien que son regard fusillait celui qui l'avait insulté.

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Cléa Angle
MessageSujet: Re: Morituri te Salutant   Jeu 8 Aoû 2013 - 1:53

L'arrivée du dealer avait par chance fait dévier la conversation, faisant oublier la saute d'humeur de Cléa contre les doigts de son esclave. Un autre larbin était venu nettoyer rapidement le sang sur la table et le sol. De toute façon du sang, il allait y en avoir ce soir, mais ce genre de bonnes personnes présent ce soir préfère éviter d'en avoir directement sur leur jolies robe ou leur smoking.

- Oui. Vous n'avez qu'à faire ça. Nicolas, veuillez accompagner ce ... cette "personne" ... jusqu'au bookmaker. Qu'il procède à l'enregistrement du nom de son poulain, à la pesée, tout ça quoi ... Procédure normale.
- Si vous permettez Honoré, je vais en profiter pour me débarrasser de grosse pine et le préparer pour le combat.


Elle n'attendit pas la réponse d'Honoré pour ce lever de table - en lui adressant tout de même un salut poli - et rejoindre le Saint et le Gorille.

- Je vous retrouverai avant le début des combats j'espère.
Il fallait tout de même essayer de ne pas le vexer.

Elle emboîta le pas, direction l'enregistrement, son esclave derrière elle, qui serrait fort contre son doigt coupé un torchon qu'on lui avait apporté, pas parce qu'on se souciait de lui, mais pour éviter qu'il foute du sang partout.
Les autres esclaves du soir étaient déjà là, en préparation. Les quatre nouveaux, et quelques autres, accompagnés de leur propriétaire, et parfois de ce qui semble être un "entraîneur", sans oublié les organisateur du combat, tout cela fait déjà pas mal de monde dans cette pièce.
Assis derrière une table, trois types procédaient aux inscriptions pour les combats.

- Bonsoir, je viens inscrire mon... "Champion". annonça Cléa, sèche, après avoir attendu que l'un d'eux daigne s'occuper de son cas. Elle n'avait pas encore décroché un mot au Saint, après avoir pourtant décidé de l'accompagner.
- Vous êtes en retard, tous les autres sont déjà inscrit. Aimable...
- Je ne suis pas pressée, nuance. Bon, je signe où?
- Doucement, doucement. Qui est votre garant ici ce soir?
- Honoré de Montpierre, je suppose, c'est lui qui m'a invité.
- Ouais, ouais... Vot'nom?
- Cléa. Cléa Angle.
- et votre combattant ?
- Grosse Pine.
Dit-elle tout à fait naturellement.
- Grosse...
- Pine, oui. Comme un grosse bite, vous ne savez pas ce que c'est?
demanda-t-elle, l'air sérieux.
Le type inscrivit le nom du combattant, un peu étonné.
- Vous signez en bas, ici. dit-il en lui tendant un carnet, qui devait être un registre des combats, un Graal contenant les noms de tous les participants aux combats - propriétaires comme esclaves - les sommes misées, les parts prise par les bookmakers, et surtout, le nom de ces fameux organisateurs. Il lui fallait ce carnet, et le donner à la Reine.
Cléa n'attarda pas son regard sur le carnet pour éviter d'attirer l'attention, elle signa rapidement dans la case indiquée.
- Vot' esclave est le numéro cinq. Bon, passer voir mon collègue avec vot'bête, il finira de l'inscrire. SUIVANT!

Elle tourna les talons, laissant le saint s'inscrire à son tour, sans même lui adresser un regard.
Elle alla voir l'un des deux autres types, pour le "contrôle technique".
Il inspecta l'esclave dans le détail pour vérifier qu'il n'avait pas d'implants, ou bien même que ce n'était pas un rob-homme, ce qui aurait faussé les combats. Là dessus, peu de doute, les robots ne saignent pas... Il le pesa, tapa chaque centimètre carré de peau, lui fit exécuter différents mouvement.
- Vous voulez pas lui vérifier la prostate pendant que vous y êtes ?
- Vous ne préférez pas que je soigne un peu son doigt plutôt?...
- Heu... oui, bonne idée.
Autant mettre quelques chances de son coté.

Le saint était à son tour arrivé pour la visite médicale, pendant que grosse pine - tremblant et gémissant - se faisait recoudre le doigt.
Elle s'adressa enfin au dealer:
- Si votre psycho, est aussi bon que vous le dite, cette lavette devrait pouvoir gagner, même avec un doigt en moins?
Elle parlait lentement, sans regarder son interlocuteur, fixant simplement le mur devant elle. Elle sortie une cigarette, l'alluma, tira lentement quelques taffes de fumée, les recrachant encore plus lentement en un nuage épais.
Pour vraiment tester la qualité de votre came, c'est peut-être la main que j'aurai du couper...
Enfin, je dis ça, mais je n'ai pas encore décidé de ce que j'allais faire de la dose que je vous ai acheté...
Voyez, il y a tellement de possibilités que je m'y perd, mais si vous daignez m'écouter quelques secondes, je devrais pouvoir vous expliquer...
Pour cet exercice, nous allons admettre que votre came est vraiment très bonne.
Mettons que je lui injecte le psycho, il gagne son combat, je dis à Honoré que c'est grâce à votre drogue qu'il a gagné, tout le monde est content. première hypothèse, mais réfléchissons à plus... machiavélique.
Juste réfléchir, hein, vous me suivez?
En disant cela elle tourna pour la première fois la tête vers lui, bien qu'un peu dédaigneuse, avant de retourna à son observation du mur.
Je pourrais donc très bien ne pas lui injecter, le voir se faire pitoyablement écrasé, mais quand même dire à Honoré que je vous ai acheté de la came, et lui faire croire que je m'en suis servis. ça vous discréditerai je pense... 
Sinon, en réfléchissant encore: je lui injecte, il gagne, mais je dis - en vraie garce que je peux être!... - que j'avais acheté ce si bon psycho - clairement le meilleur! - à quelqu'un d'autre que vous.
Je me demande quel effet cela produirait...
Maintenant, si on imagine que nos poulains doivent se battre l'un contre l'autre - et ça compliquerai bien les choses - j'ai bien évidemment intérêt à droguer le mien, puisque vous allez sûrement faire de même avec le votre, non? c'est peut-être le cas de figure le plus intéressant, et le plus complexe. ça rétablirai une certaine part de hasard.


Elle alla se chercher une chaise et s'assit.
- Bref, pensons plus concret, et parlons argent. La deuxième hypothèse ne me rapporterai rien, je perds un esclave à coup sûr, je ne gagne rien, vous non plus...
La première pue les bisounours, tout le monde gagne, tout le monde il est content. Pourquoi pas non? C'est une très bonne solution, qui vous fera sans doute gagner beaucoup d'argent. Si Honoré voit mon esclave traumatisé au doigt coupé gagner un combat grâce à votre came, ça peut devenir un gros client, sûr même.
Vous y gagner, moi pas plus qu'avec la troisième hypothèse...


Tout ça pour dire, que le choix est entre vos mains. Que me proposez vous alors? Vous n'êtes pas la que pour les combats...
T'es un dealer et un toxico, c'est écris sur ton front, j'en ai vécu des mecs comme toi! Ce que tu veux, c'est vendre plus de came pour te payer plus de came, toujours plus de came, et tuer, violer au passage! Si j'ai pas d'intérêt dans l'histoire, je vois pas pourquoi j'aiderai une rognure de fion comme toi à rester près d'Honoré, et donc près de moi.
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Cléa Angle
MessageSujet: Re: Morituri te Salutant   Jeu 8 Aoû 2013 - 2:08

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Saint Vincent de Räzell
MessageSujet: Re: Morituri te Salutant   Sam 10 Aoû 2013 - 15:58

La femme avait décidé de l'accompagner et mis poliment fin à sa discussion avec Honoré pour aller elle aussi inscrire son esclave dans les règles. Le Saint n'avait guère apprécié l'attitude méprisante que l'homme d'affaire avait eu avec lui, mais il n'en dit pas un mot. Il savait se montrer discret, et surtout, avait appris, au sein du Trident, à s'écraser pour survivre. Mais s'il faisait maintenant faux-bond au Trident au profit de son propre réseau indépendant, c'était bien parce qu'il détestait s'écraser. Il nota pour lui même que ce sale type n'était pas quelqu'un de fiable. Un hypocrite et un homme calculateur. Des qualités que le Saint n'appréciait que chez lui. La ruse et l'intelligence l'irritaient quand elles étaient employés contre lui.

Le garde-du-corps qui leur servait de guide - au plus grand plaisir du Saint, qui esquissait un sourire suffisant, projetant sur ce sous-fifre toute son amertume depuis les quelques mots échangés avec Honoré - les mena jusqu'aux grattes-papiers qui inscrivaient les nouveaux arrivants.

L'un des hommes derrière le comptoir se libéra pour faire passer le Saint et son esclave, dont la mine se renfrognait de plus en plus. Ce dernier jetait des coups d’œil autour de lui, comme s'il cherchait un échappatoire. Le Saint n'y prêtait guère attention. Le scribe, vêtu d'un smoking abîmé mais produisant néanmoins son petit effet classieux, et affabulé d'un nœud papillon, était bien plus digne d'intérêt.
« Bonjour, Monsieur. Il ne me semble pas vous connaître. Vous vous lancez dans l'aventure ?
- Parfaitement.
- Bien. Pour commencer, pourrais-je savoir qui est la personne qui vous a parrainé et invité à cette soirée privée, Monsieur.
- Mais certainement, continua le Saint en imitant l'air pompeux du scribe. Il s'agit de Monsieur Honoré de Montpierre.
- Quel est votre nom ?
- Saint-Vincent.
- Saint ... Vincent ... commenta t-il à haute voix en écrivant les lettres. Puis, relevant la tête de son registre : Et celui du combattant ?
- Dope Mohamed, le Dealer de Nanterre. »
Le scribouillard marqua une pause et regarda l'esclave qui lui renvoya un regard noir, chargé de revanche inassouvie. Il se retourna vers son interlocuteur.
« C'est vraiment un psychotique de Nanterre ?
- Oui. Ancien dealer du Maréchal.
- Bien, conclut t-il en notant. Veuillez signer ici. »
Il lui tendit le registre en indiquant l'endroit à cocher de son stylo-plume. Le Saint prit le stylo et fit un gribouillage qui ressemblait vaguement à des ailes.
« Numéro 6. Je vous invite à rencontrer mon collègue pour les derniers détails. Juste là-bas.
- Merci bien ... »

Lui et Mohamed rejoignirent Cléa et le pauvre bougre en piteux état qui se faisait recoudre à vif. Sombre merde. Le Saint aurait voulu achever ses souffrances. Victime jusque dans la mort. Plus aucune dignité, non plus que de volonté. Pour ainsi dire, il avait perdu tout ce qui faisait de lui un être humain. La parole y comprit. Il voyait dans cette pièce tout ce qu'il haïssait par dessus tout : la faiblesse et la soumission d'un faible ; la cruauté et la méchanceté gratuite d'une femme ; l'indifférence et la froideur d'un homme. Cette vision à vomir le confortait dans ses opinions radicales et nihilistes. Tout cela devait disparaître par l'anéantissement complet. Il n'ya vait plus de compréhension et d’entraide, ni de compassion et de spiritualité. Tous étaient retournés au stade bestial. Ils étaient le virus, il possédait l'antidote. Ses drogues. Cela faisait de lui un bienfaiteur. Un homme de valeur.
« Soixante-seize kilos. Un mètre soixante-quatre. Peau mate, yeux marrons, cheveux noirs et épais. Manque une incisive et une canine en bas, une molaire en haut. Blessure profonde à la cuisse due à une brûlure ... à l'acide ?
- Une égratignure, commenta vaguement le Saint en sentant le ton interrogateur.
- ... traces de sévices corporelles multiples mais peu handicapantes ... C'est bon ... Tout est noté. »

Vincent s'en foutait un peu. Sa voisine avait commencé à lui parler pendant l'examen complet de l'Arabe. Et à nouveau, le Saint eu la très désagréable impression d'être en train de se faire posséder. Cette salope. Jamais il aurait du lui vendre une dose. Voilà qu'elle retournait sa contre lui. Il réfléchissait à toute blinde, comme elle lui énonçait ses options. Elle lui parlait comme à un con, et, honnêtement, il se sentait con. Il fallait bien admettre qu'il avait sous-estimée son adversaire. Il avait vu en elle, il savait qu'elle n'était pas fiable, mais il ne l'imaginait pas si intelligente et fourbe. Merde ... Comment aurait-il pu soupçonner qu'une femme borgne qui traîne seule dans les bars miteux et qui achète une dose de Psycho pour un prix aussi élevé - alors qu'elle aurait surement pu se procurer des amphétamines d'avant-guerre, ou du Buffout, pour quatre fois moins cher -  était intelligente ? Tout se retournait doucement contre lui. Il regrettait de s'être engagée sur la voix du combat illégal. Il aurait du tuer cette carcasse de dealer dès le début, il se serait évité bien des emmerdes, en y réfléchissant bien ...

Elle avait terminé son discours. Par les Anges tout-puissants, ça n'était pas un choix qu'elle proposait ! C'était de l'extorsion d'argent sous la menace, en bonne et due forme ! Elle le menaçait de pourrir son buisness avant même qu'il n'est commencé. Et elle avait l'avantage. Visiblement, Honoré portait plus dans son cœur miss Belle-de-dos que lui. Il fallait pas être sous Mentats pour piger ça. Soit il se contentait des combats pour se faire de l'argent, et ignorait la menace en s'asseyant sur la propagation de son antidote destructeur dans cette zone de la ville. Soit il faisait une proposition suffisamment alléchante pour convaincre Cléa de rouler sa bosse avec lui.
Il y eut un temps de silence important. Le Saint signa le papier du médecin, tout en réfléchissant à ses options. Il s'éloigna avec Dope Mohamed dans un coin plus tranquille, suivi par Cléa, qui restait à une distance réglementaire de lui, toujours en faisant semblant de l'ignorer.
Tout ce temps là avait permis au Saint de faire le point et de se calmer après les insultes, qui auraient mérités qu'elle fusse égorgé dans l'instant. Il finir par parler, d'une voix calme, sans gueuler, mais sans chuchoter non plus, et sans se soucier d'éventuels passants à proximité.

« Tu m'parles comme si tu savais qui j'étais, mais j'suis pas sur d'apprécier. Tu m'dis qu'j'suis un violeur et une raclure de Tox ? Et qu'est-ce t'en sait ? J'suis un dealer ? Wha, belle déduction, vu qu't'étais là quand j'ai montré mon stock chez Honoré, et qu'j't'ai vendu d'la dope pour qu'tu gagnes ton combat d'merde. T'es v'nu pleurer à ma porte, p'tite pisseuse, pour pas qu'ta charogne s'fasse mettre en pièce au premier round. Alors de deux choses l'une : soit tu vas passer pour une conne psychopathe, et moi pour un putain d'mec, quand ton clébard à moitié déglingué va s'faire défoncer l'anus à coups d'poing pendant qu'mon fils de pute ci présent va mettre en charpie les bâtards d'en face en deux temps trois mouvements - ouais, parce que même avec mon psycho de qualité sup, vu la gueule de ton combattant, j'parie même pas un franc sur toi, ce s'r'ait tenter l'diable de miser sur ... ça - ; soit tu gagnes et tu m'la fais à l'envers, et j'te fous au défie d'dire aux gens d'où tu tiens ton "super psycho que je vends pas" - vu qu'à mon avis tu connais rien à rien sur la rue et l'trafique - et tu passeras encore pour une conne et une menteuse.
Mais on va dire que j'veux pas t'faire de peine et t'faire croire que j'en ai quelque chose à carrer, de ton super plan de Super Pute. Alors qu'est ce que t'attendrais d'moi ? Du fric ? D'la dope ? J'me d'mande qui est le Tox violeur, dans c't'histoire ... Même un animal trait'rais pas un d'ses semblables comme ça ...
commenta t-il en faisant un signe de tête vers Grosse Pine. Et tu viens m'faire la morale, me menacer et m'insulter ? »

Pendant qu'il parlait, il avait fait asseoir l'Arabe tout proche. Ce dernier regardait avec un mépris teinté d'une certaine crainte la borgne en manteau de cuir. Le Saint sortit de sa besace une dose de Psycho qu'il donna à son esclave. Le dealer de Nanterre savait comment s'injecter sa dose, et son propriétaire le laissa donc se débrouiller. De toute façon, l'esclave n'avait aucun intérêt à ne pas prendre la dose, pour entamer sa série de combats à mort. Même si cela rapporterait de l'argent à celui qu'il voulait tuer par dessus tout.
Les combats débuteraient bientôt.

« Ecoute moi bien. J'suis pas contre qu'on s'arrange ensemble. Mais j'écoulerai ma came avec ou sans toi, et j'me f'rai du fric avec ou sans toi dans ses combats. Et si j'suis plus l'bienv'nue ici à cause de toi, c'est pas grave ! J'irai ailleurs. Ça m'foutrait grave les glandes, mais faut bien r'connaître que t'as été plus maligne que moi, en réfléchissant à tout c'plan tordu, la Garce.
Tu m'es pas vraiment sympathique et j'aime pas ta façon d'juger les gens qu'tu connais pas. Ni d'les rouler. Crois moi ... J'te r'tiens. »



* * *


Quinze minutes après la discussion entre la Garce et le Saint, les annonceurs annoncèrent les côtes en même temps que les premiers combats. Les serveuses allaient de table en table ramassaient les mises et notaient les noms des parieurs, sous les regards dissuasifs des porte-flingues qui s'étaient mis autour de la salle, à leurs postes. Les Mutants qui gardaient l'entrée étaient redescendus. C'était le moment de la soirée où le maximum de pognon circulait ostensiblement, et de façon un peu désordonnée. Le moment le plus dangereux de la soirée, où un braquage ou une couille dans l'potage pouvait débouler d'un coup sans prévenir. Mais tout sembla se passer au mieux.
« Combat Numéro 1 : La Balafre contre Léon Brise-Dents. Victoire de la Balafre en moins de deux minutes : 1/8 ; victoire de Léon Brise-Dents en moins de deux minutes : 1/7 ; victoire de La Balafre 1/3.2 ; victoire de Léon Brise-Dents 1/2.8 ! Combat Numéro 2 : Minus contre Dope Mohamed. Regardez moi ce géant ! Et face à lui, un survivant de Nanterre ! Victoire de Minus en moins de deux : 1/5 ; victoire de Dope Mohamed en moins de deux : 1/12 ; victoire de Minus 1/2.3 ; victoire de Dope Mohamed 1/4.6. Et enfin, le dernier combat, Alexandre la Couleuvre, contre ... heu ... Grosse Pine. Victoire de la Couleuvre en moins de deux, 1/3 ; victoire de Grosse Pine en moins de deux, 1/30 ; victoire de la Couleuvre, 1/1.2 ; victoire de Grosse Pine, 1/16. A vos paris ! Je rappelle que tout mise sur un double-décès reçoit une côte de 1/100 ! »

Le premier combat allait commencer. Le Saint prit place à une table ronde, autour de l'arène, et observa le combat. Il n'avait pas parier. Pas sur ce combat. Trop équilibré, d'après les côtes, pour pouvoir parier, et il ne connaissait aucun des deux combattants. Il n'était pas obligé, contrairement aux autres invités, de parier au moins 5 anneaux sur chaque combat, puisque lui avait le privilège d'être un entraîneur. On ne fait pas payer ceux qui apportent le spectacle. C'est très impoli et mauvais pour les affaires sur le long terme. Dope Mohamed, debout près de lui, commençait à avoir la montée puissante. Ses yeux était exorbité, et il fixait le combat où les deux hommes, après s'être tournés autour un moment, s'empoignaient maintenant violemment sous les cris de la foule en se donnant de grands coups de poings dans les côtes. L'un des gars arracha l'oreille de l'autre avec ses dents, mais il fut repoussé aussitôt à terre à la suite d'un formidable coup de genou dans les parties génitales. Le gars à l'oreille arraché était Léon Brise-Dents. Il retomba sur son adversaire à terre, et écrasa des poings gros comme des chopes sur son visage qui se déforma. Il écumait de rage et du sang coulait de son oreille. L'autre hurla un premier coup, mais fut vite réduit au silence. Ma foi, il portait bien son nom, ce gaillard. Il enfonçait ses gigantesques paluches dans la bouche de l'autre gars en retirant des dents à chaque coup. Il respirait comme un buffle en colère, quand il se releva, sous les vivas du public. Et Dope Mohamed était lui aussi dans un état second similaire. La rage l’imprégnait. Il y avait comme un voile rouge sur son regard ... Il fut pris d'un léger spasme au niveau de ses yeux. Le Saint le regarda, intrigué ...
Ses yeux se révulsaient pendant qu'il redressait la tête vers le plafond. Il devait pas être si loin que ça du plateau, là, visiblement. Lorsque soudain, il rebaissa sa tête en rejetant son regard au fond de la fosse, le cadavre édenté et aux nez brisé se releva au milieu de l'arène et asséna à son adversaire ivre de victoire un formidable coup de coude dans la nuque. Un violent craquement retentit et le silence tomba dans la salle, pendant que s'écroulait La Balafre.
Le service médical entra sur scène. Léon Brise-Dents était mort, et La Balafre - bien qu'avec le nez cassé, plus de dents, plusieurs fractures des pommettes et plusieurs côtes cassées, ainsi que les noix brutalement saccagées - était encore en vie. Un teigneux. Un sacré teigneux. Une endurance hors-norme ... Le Saint soupçonna l'effet d'analgésiques et d'adrénaline puissants. Du Buffout, peut-être, ou d'autres produits dans l'esprit ... Ce fut un sacré beau combat. Quelques Stimpack et un passage au bloc, et il n'y paraîtrait plus. Enfin, ça, c'est ce que pensait Saint-Vincent. Il ignorait que les vainqueurs de ces premiers combats devaient ensuite se battre contre des habitués, des champions, déjà vainqueurs des soirées précédentes ...

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Saint Vincent de Räzell
MessageSujet: Re: Morituri te Salutant   Mer 11 Sep 2013 - 18:42

Il sentait maintenant Dope Mohamed qui passait à un stade supérieur des effets. Il semblait complètement déconnecté du monde réel, comme si sa cafetière était en train de surchauffer avant de de mettre en court-circuit. Sauf que le Saint savait que son produit ne le grillerait pas.
En revanche, il commençait à craindre que l'arabe ne pète un plomb et ne s'attaque aux personnes  présentes dans le public, ou pire encore, qu'il ne s'attaque à lui. Complètement drogué, avec le sentiment d'ivresse et de puissance mêlé aux instincts brutaux et primitifs de l'animal qui reprenait le pas sur l'être humain, tout pouvait arriver. Le Saint chercha fébrilement la télécommande de contrôle du collier. Il priait intérieurement les Anges que le deuxième combat commence vite. Encore qu'il avait eu de la chance de passer en deuxième. S'il était passé en troisième, c'est certain, le Dealer de Nanterre aurait sauté sur les convives toutes dents dehors pour arracher des morceaux de chaires sur ses victimes encore vivantes et horrifiées. Le Saint visualisait très bien la scène ...
 
Heureusement, l'annonceur, muni d'un cône métallique qui lui servait de porte-voix, monta sur une espèce d'estrade - qui ressemblait plus ou moins à trois palettes empilées avec un joli papier décoré d'étoiles et de giclés de sang pour devanture – et s'adressa au public pour clore le combat et annoncer le suivant.

« Quel superbe combat, vous ne trouvez pas ? Quel retournement de situation ! Si tous les autres combats de la première partie de soirée sont aussi bons, vous en aurez pour votre argent, pas vrai ? A ceux qui ont parié sur le mauvais numéro : ne soyez pas trop déçu par cette première rencontre ; les serveuses sont déjà en train de passer parmi vous pour prendre vos nouveaux paris ! Vous aurez toutes les chances de vous rattraper avec ce deuxième combat !
Pour rappel, le combat opposera Minus contre Dope Mohamed ! L'écart de taille, de poids et de force semble désigner le mastodonte bien mal nommé comme vainqueur, mais comme vous venez de le voir, rien n'est jamais gagné d'avance, dans la fosse ! »


Pendant que l'annonceur continuait son discours et que les jeunes femmes en tenue appétissante redonnaient aux parieurs gagnants leurs tickets de retrait, tout en prenant les paris pour la prochaine rencontre, un homme appartenant à l'organisation approcha le Saint.
« Monsieur, il est temps de faire venir votre esclave dans la fosse. Si vous me permettez ... »

L'homme posa une main sur l'épaule de Dope Mohamed pour le guider. Le Saint regarda le geste avec stupeur et appréhension, craignant que l'arabe lui arrache la main. Mais il semblait véritablement déconnecté, et il ne broncha pas, se laissant emporter par l'organisateur comme un légume sur pattes. La crainte de Vincent changea ... Il espérait que la dose n'ait pas été trop puissante ... A la réflexion faîte, il ne savait même pas si le Dealer de Nanterre était, comme lui, un consommateur régulier de produits. Il l'avait supposé, mais il n'était plus sur de rien. Pourvu qu'il n'ait pas fait un impair en le droguant lourdement ...
 
Il reporta son attention sur la fosse en se mordillant de soucis la lèvre inférieure. Minus entra le premier. C'était un géant, véritablement. Il devait faire autour de deux mètres de haut, et avait une masse musculaire impressionnante dans les membres. Son corps massif semblait inébranlable. Sous son front résolu, mis en valeur par une calvitie complète, deux petits yeux bêtes et méchants luisaient . Sa mâchoire proéminente affichait un sourire mauvais. Il semblait sur de lui, et avait visiblement hâte que le combat commence pour déchaîner sa force sur son adversaire. Il adressa, alors que le présentateur l'annonçait, un salut de la main à la foule qui lui lança quelques applaudissements et encouragements spontanées, pour soutenir le champion sur lequel ils avaient misés.
Ce fut alors au tour de Dope Mohamed d'entrer dans l'arène. Il ne payait pas de mine en comparaison. Outre sa taille, bien inférieure à celle de Minus, il était complètement amorphe, les bras ballants le long de son corps, le menton posé contre son torse dans une position de dormeur debout. Mais le Saint vit, lui, ses yeux grands ouverts, les pupilles dilatées, les vaisseaux sanguins explosés dans le blanc de son regard. Quelques personnes dans le public l'apostrophèrent avec agressivité en voyant sa position misérable.
« Bouge toi, minable ! J'ai parié une somme sur toi ! Réveille toi !
- Allez, montre nous de quoi t'es capable ! Tire toi les doigts ! T'as interêt de massacré ce grand con ! »


Le Saint aussi avait parié une somme sur son gars. Il lui avait fait trop confiance. Comme ces téméraires qui criaient leur crainte, il regrettait maintenant son acte. Non ... Il ne pouvait en vouloir qu'à lui-même. Il avait eu trop confiance en son produit. Il avait mal jugé son esclave. C'était sa faute s'il perdait la coquette somme de 60 Anneaux qu'il avait misé. Et le couperet fatal tomba en quelques mots :

« QUE LE COMBAT COMMENCE ! »
 
Minus n'attendit pas une seconde de jaugé son adversaire pour foncer vers lui et lui balancer une patate atomique dans la tête. Dope Mohamed vola contre le muret de l'arène où il s'écrasa mollement pendant que Saint-Vincent enfouissait sa tête dans ses mains, dépité et résigné. Il aurait préféré le tuer de ses mains, à choisir. Quel connard, ce mec ! Jusqu'au bout il l'aura fait chier !
Les vivas résonnaient devant la démonstration de force, pendant que le géant levait haut ses poings en forme de parpaings en l'air. Mais Dope Mohamed se releva et lui sauta sur le dos avec une rage ineffable. La foule, surprise, se leva comme un seul homme pour observer ce nouveau retournement de situation inattendu. Certains se pressèrent au plus près, pour mieux voir la suite du combat. Le Saint releva la tête, partageant la surprise du public, et bientôt, son excitation.

Oui, ce petit teigneux l'avait fait ! Il s'était relevé !

La main de Dope Mohamed glissa le long du visage du géant jusqu'à trouver la prise qu'il cherchait pour s'agripper solidement : son globe oculaire. Il enfonça son index et son majeur dans la cavité pendant que le mastodonte lâcha un hurlement de douleur qui ravit les vautours en mal de sensations fortes. Minus balança sa main dans son dos pour tenter de faire lâcher prise à l'animal qui montrait les dents comme un chien enragé. Dope Mohamed lâcha prise et retomba sur le sol avant qu'il ne l'attrape. Sa main était couverte de sang jusqu'au poignet, comme la partie gauche du visage haineux de Minus. Ce dernier fit volte-face, mais son adversaire, encore au sol comme un insecte prêt à attaquer, lui donna un grand coup de talon dans le genou, qui partit en arrière. Le monstre, surpris et déséquilibré, chuta sur le côté, emporté par son propre poids, tandis que l'autre se redressait avec vivacité. Il se jeta sur lui comme la misère sur Paris, et lui balança un formidable coup de pied dans sa tempe droite, suffisamment puissant pour décaler sur le côté le géant, pourtant déjà allongé, de cinquante centimètres supplémentaires.
Le Saint n'en croyait pas ses yeux ! Avec l'enthousiasme d'un damné, Dope Mohamed sauta à pied joint sur le torse de Minus, qui en eut la respiration coupée. Ce fut à son tour, de lever les bras haut en l'air en hurlant sa puissance, les mains ouvertes, ses paumes ensanglantées tournées vers le public qui répondit à son cri par des acclamations. Certains lui ordonnaient de l'achever – ceux qui avaient pariés sur une victoire en moins de deux minutes – pendant que les autres lui disaient de faire encore durer le plaisir.

En plus de ça, il savait faire dans le spectacle ... Le Saint était positivement scotché par la performance.

Le géant se redressa tant bien que mal. Il n'avait plus le sourire confiant et sadique du début. Maintenant, il ne lui restait plus qu'une grimace revancharde et pleine de haine. Minus resta à bonne distance de son adversaire, le jaugeant de son œil encore valide pour trouver la faille. Il ne voulait plus charger droit devant sans réfléchir, commençant à comprendre que son adversaire n'était pas aussi faible qu'il n'y paraissait.
« COGNE-LE ! BOUGE TOI, MINUS ! »

La foule n'aimait pas cette attente entre les deux adversaires qui se jaugeaient en campant sur leurs positions. Ils voulaient du sang ! Et surtout, beaucoup voulait la victoire de Minus avant que les deux minutes passées ne sonnent.
Excité par la foule, et excédé des insultes qu'on lui lançait, le monstre devenu cyclope se lança vers son ennemi en comptant l'empoigner dans une étreinte qui l'empêcherait de bouger pour ensuite lui briser les os avec sa force.

Mais c'était sans compter une esquive dans l'angle mort du borgne, qui se conclut sur un coup de genou dans l'arrière de sa cuisse. Dope Mohamed ne lui laissa aucun répit et balança alors des poings rageurs et fulgurants sur l'occiput et les cervicales. Mais la bête était véritablement musclée de partout, et ses os ne craquaient pas. L'annonceur cria la fin des deux minutes, alors que Minus faisait volte-face en attrapant le poignet de Dope Mohamed. Il reçut pour réponse à sa tentative une violente droite qui le fit vaciller dans un craquement osseux. Pommette fracassée. Phalanges cassées. L'assaut avait été brutal. Mais dopé par la drogue, comme insensible à sa douleur, le camé ne stoppa pas son assaut, et continua à marteler de coup de poings le visage de son adversaire qui battait en retraite en se protégeant le visage de ses poings. Qu'il fasse. Dope Mohamed avait plus d'espace pour son coup dégueulasse : un coup de mortier dans les noyaux, le genre de coup à réveiller un noyé.

Profitant de sa garder baissée suite au coup bas, il continua son passage à tabac, avec l'intelligence d'un prédateur. Cible de l'attaque : le deuxième œil. Et un borgne devient aveugle. La suite ne fut qu'une formalité. Privée de sa vue, et ivre de douleur, Minus ne put rien faire. Il finit par s'évanouir comme une fleur dans une nuit d'hiver, quand Dope Mohamed lui eut donner suffisamment de coup de pieds dans la caboche, cassant les dents de l'immense mâchoire de Monsieur Moche. Le public scandait comme un seul homme la mise à mort, la condition sine qua none pour que la victoire fut déclarée valide.

Dope Mohamed enfonça sa main dans la bouche du géant endormi, attrapa la langue et la tira de toutes ses forces décuplées. Le géant fut tiré de son coma par la douleur quand la langue céda et poussa un cri à vous glacer le sang d'horreur, avant de retomber la tête sur le côté. Un œil arraché, l'autre enfoncé dans son orbite, le nez de travers, les narines fendues, le crâne ouvert de part en part, parfois jusqu'à l'os, couvert de sang, les dents brisées, la bouche ouverte sur un grand vide ... Il n'avait plus le visage d'un homme. Ce n'était plus qu'un morceau de chaire qu'on découpe dans un abattoir.

Avec un rire de fou psychopathe, Dope Mohamed porta la langue ensanglantée à son entre-jambe en tournant sur lui-même pour se montrer au public qui l'acclamait, on ne peut plus satisfait de cette mise en scène sexuelle macabre.
Il acheva sa victime en l'étouffant, le pied écrasé sur sa glotte. Les derniers soubresauts. Puis l'annonce officielle, après vérification des médecins de la soirée.

Minus était mort. La victoire appartenait à Dope Mohamed ! Tonnerre d'applaudissements et de vivas. Fin du combat. Le furieux rentrait au vestiaire seul. Il s'était plutôt bien acclimaté à la dope, et ses pulsions meurtrières avaient été comblées.


* * *


Le Saint s'approcha de Cléa avec un sourire narquois.
« Alors ? Est-ce que ça t'a plu ? Moi j'ai adoré ! Ho, surtout le passage où ce petit vicelard a enfoncé le deuxième œil dans l'orbite de ce gros con ! T'as vu ? C'était vraiment bien ! Tu avais parié pour mon gars, au moins, j'espère ? »

Le sourire goguenard du dealer dément ne semblait pas vouloir s'effacer de son crâne de squelette. Il exultait ! On verrait qui serait le petit favori de Monsieur Enculé de Montpierre, après ça. Son esclave amoché à elle, même s'il pouvait gagner, ne fournirait jamais un aussi beau combat, avec ses forces diminuées comme elles l'étaient.

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Morituri te Salutant

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