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 Un nouveau Job.

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Hadrien LeBon
MessageSujet: Un nouveau Job.   Ven 19 Avr 2013 - 21:53

Et c’est comme ça que je suis revenu a Paris.
Pour le peu dont je me souvienne, ça n’a pas trop changé, c’est toujours un immense dépotoir posé en plein milieu des Terres Désolées, une grosse verrue sur la face du désert.

La caravane avec laquelle j’avais passé un contrat s’est arrêtée a proximité d’une grande bâtisse, qui, même décrépie et mutilée par le « Grand Flash » conservait une majesté indéniable. Elle me rappelait vaguement quelque chose, mais impossible de savoir quoi…
C’est la voix sèche d’Henri qui est venue me tirer de ma contemplation, il avait fini de faire marchander avec les goules qui hantaient ce lieu, et il devait maintenant repartir dans les désolations irradiées, direction le nord a Lille, puis Dijon, et ce serait retour au sud en passant par Nîmes. Il m’avait plusieurs fois proposé de renouveler mon contrat, augmentant au fur et a mesure la paye.

Donc c’est décidé, tu reste ? »

Il y avait encore un peu d’espoir dans ses yeux, mais je savais qu’il était convaincu par l’échec de cette négociation.
Je lui souriais lorsque ce fût mon tour de parler :

Ouai, j’ai passé de très bon moments avec vous, mais j’ai un chemin a suivre, et le prochain virage est a Paris. »

Il mît les mains dans ses poches, puis, le temps d’une phrase le marchand refît surface :

-"Okay… Mais on pourra t’y ramener au prochain passage, et puis j’ai fait les comptes de ce que j’ai gagné durant cette caravane, et je crois que je peux me permettre de doubler ta paye si tu accepte de rester. »

Ça, c’était de l’offre.
Mon regard se coulât une fois de plus vers le grand bâtiment sur lequel était marqué a la bombe de peinture rouge « Chasseurs de Primes ». J’avais déjà vu cet endroit…

Encore une fois, je suis désolé mon vieux, tu pourrais m’offrir toute ta caravane tes anneaux et la main de ta fille que ça n’y changerait rien, je reste ici. »

Un éclat de rire étouffé agitât sa grosse bedaine.

Je pense que la main de Mimi, tu l’as déjà gagnée. Elle est pas venue te dire au revoir parce qu’elle avait peur de pleurer, c’est elle qui me l’a dit… »

Pauvre Mimi, je savais que ça lui ferait de la peine de me voir partir, quand bien même j’avais été clair avec elle…

Le marchand soupirât.

Soit… Bon alors j’imagine qu’on se revoit dans deux ans ? Le temps que je revienne. »

Je lui tendais ma main comme pour acquiescer, il la prît dans sa grosse pogne de survivant et me la secouât peut être plus longtemps que ne l’aurait voulût une simple relation patron-employé.



Le fouet claquât, les brahmines gémirent et le convoi se mît en branle, soulevant de légers nuages de poussières dans son sillage, alors que je restais là, immobile entre ce bâtiment que je connaissais déjà, et ces gens que je ne verrais plus, malgré la promesse d’Henri.
Le convoi avait parcourût une centaine de mètres quand une frimousse tachée de son et encadrée par une masse de cheveux bruns emmêlés surgît a l’arrière de la dernière carriole.
C’était Mimi.
Elle me faisait de grands gestes, elle ne criait pas mes ses bras parlaient pour elle « Au revoir ! J’t’oublierai pas ! ». Ouai c’est ça, les filles de dix-huit ans n’oublient jamais ce type qui les a repoussé pendant six mois. Je pouvais pas le voir d’ici, mais j’étais quasiment sûr qu’elle pleurait.
Moi aussi j’agitais la main vers elle, avec moins d’entrain, certes.

Je restais là, a contempler les chariots brinquebalants s’éloigner vers l’horizon, peut être vers un avenir meilleur, peut être vers la mort. Sans doute un subtil mélange des deux.
Lorsqu’ils eurent disparût, je m’autorisais enfin un soupir.
Puis, je me retournais vers cette énorme bicoque, et là ça me frappait, je savais où je l’avais vue !
J’ouvris a la va vite mon sac de cuir, fouillant entre les poisons, munitions et autres bijoux d’avant guerre jusqu'à tomber sur la pochette remplie de photo. Là encore il me fallût presque cinq minutes pour retrouver celle que je cherchais.
Woaw, alors c’était ça, Le Louvre ? C’était… Beau, avant. Impressionnant ce qu’on savait faire avant que toute cette merde ne nous tombe sur la gueule.


Il y avait trois goules a la grande entrée du « Louvre », elles me regardèrent marcher en direction du logo « Chasseurs de Primes » sans arborer un air franchement amical.
Pourtant, quand je les saluais de la main, il y en eût deux pour me répondre, c’est pas difficile d’être sympa.

L’intérieur de ce QG n’avait rien a voir avec la façade, je m’étais attendu a un local croulant, a des gravats et de la saleté en masse, peut être avec un bureau défraichi et un mur recouvert d’affiche jaunies par le temps… mais il n’en était rien. C’était remarquablement propre (du moins par rapport aux standards habituels…) bien aménagé, une sorte de bar, mais en plus calme.
Il n’y avait que deux ou trois personnes dans cette pièce, c’était sans doute normal, nous étions en début d’après midi et l’heure d’affluence devait être plus tard, peut être en début de soirée… Les clients ici présents (uniquement des hommes remarquais-je) ne levèrent pas la tête de leur godet lorsque j’entrais. Je ne sais pas ce qu’ils cherchaient au fond de leurs verres, mais ce devait être foutrement important.

Bonjour tout le monde ! » lançais-je a la cantonade, histoire de briser le silence pesant. Ma phrase claquât comme un fouet dans l’ambiance morne (pour ne pas dire morte) du bar ; plusieurs client sursautèrent, mais j’entendis quand même un « b’jour… ». Impossible de voir qui l’avait prononcé, mais rien que le fait que quelqu’un m’ai répondu me collât le sourire aux lèvres.

Je me dirigeais ensuite logiquement vers le comptoir, mais il ne semblait pas avoir de serveur. Je posais donc mon chapeau sur la surface d’une propreté vague et tentais un :

Euh… Y a quelqu’un ? ».

Pas de réponse.
Il y avait une sonnette sur le zinc, je frappais dessus une fois. Le petit objet métallique émis un tintement de protestation face a la violence du traitement mais ce fût tout. Pas de barman.
Je réitérais mon acte barbare, violentant une fois de plus la pauvre petite cloche, qui hurla son désespoir.

Ouai, ouai ! On arrive, deux secondes ! »

Ça venait de derrière un rideau de perles, encore quelques instants et une main féminine vînt écarter les fils.
Je crois que j’ai eu un peu de mal à réaliser ce qui venait d’entrer dans la pièce, c’était une femme. Non, deux femmes. Non, une… Une femme et demie ?
J’ai mis deux secondes avant de comprendre que c’était des siamoises, unies par la taille, et ça a dû se voir se mon visage parce que celle de droite m’a lancé :

Alors beau gosse, c’est la première fois qu’on voit des jumelles ? »

Ça m’a permît de reprendre mes esprits, je lui ai sourît et j’ai répondu :

La première fois que j’en vois d’aussi belles en tout cas ! »

Elles sont passées derrière le comptoir, en riant l’une et l’autre, elles avaient un joli rire. Même si le fait que ce soit le même rire sonnant deux fois était troublant.
Celle de gauche portait un plateau de métal vide, elle le déposât hors de ma vue, cela fait elles reportèrent toutes deux leur attention sur moi, se penchant pour pouvoir poser leurs multiples coudes sur le comptoir.
Elles arboraient un t-shirt différent chacune, mais ils avaient été cousus de manière à ce qu’elles puissent l’enfiler correctement et que chacune d’entre elle bénéficie de sa propre couleur ; sur celui de Miss Droite, il y avait marqué « Fuck » sur fond jaune, et sur celui de Miss Gauche, « Yeah » sur du vert. Ces deux vêtements étaient magnifiquement trop serrés au niveau de leurs poitrines, mettant en avant d’une très agréable manière cette partie de l’anatomie qui fait défaut aux hommes.
Claquements de doigts.

-« Hey mon beau, fais gaffe, tu vas te bruler les yeux. »

C’était Miss Droite qui me tirait gentiment de ma contemplation, elle avait levé un sourcil, et on aurait pu croire qu’elle me lançait un avertissement, n’eût été son sourire espiègle, Miss Gauche continuât sur la lancée de sa sœur :

T’es nouveaux toi, qu’est ce qui t’amènes ici, a part les seins de ma sœur ? »

Elle non plus n’avait pas l’air très gênée de l’attention masculine que j’avais portée a leur corps, ça avait même l’air de l’amuser.

Et bien, les tiens ! »

Ca les a surprît toutes les deux, et puis ça les a fait rire, quand elles se sont arrêté, j’ai fini ma phrase, en me penchant aussi sur mes coudes, histoire de me rapprocher un peu d’elles :

Et puis aussi, je suis nouveau en ville et je cracherai pas sur un boulot de Chasseur de Primes, si vous avez de la place pour moi, bien sûr. »

Elles se sont regardé l’une l’autre, et je me suis dit qu’elles se disaient bien plus par ce regard qu’elle auraient pût le faire en parlant, je sais pas ce qu’elles mignotaient, mais je trouvais ça… vaguement inquiétant. Enfin, presque.
Elle se sont redressées d’un coup, puis elles sont sortis de derrière le comptoir, et se sont dirigées vers le rideau de perles. Je suis descendu de mon siège presque au moment où elles m’invitaient a les suivre.
Elles se sont mises a parler en écartant les fils tendus.

Alors on va bosser ensemble, m’a balancé Miss Gauche.
-Enfin, on va avoir le même patron, c’est tout. Nous on va pas sur le terrain. Ça c’était Miss Droite.
-Notre job c’est l’information tu vois, et la réception des contrats.
-On s’occupe aussi du bar. Au fait, moi c’est Abigaëlle.
-Et moi c’est Brigitte. Tu dois bien avoir un nom toi aussi ? »

Bien, Abigaëlle c’est Miss Droite, et Brigitte Miss Gauche, je m’en souviendrai.

Elles s’étaient retournées vers moi pour me poser leur question, j’ai pris leurs deux mains (La gauche pour Brigitte, et la droite pour Abigaëlle) dans la mienne, et je leur ai fait un baisemain en même temps.

Enchanté de faire votre connaissance, Abigaëlle et Brigitte, on m’appelle Hadrien. »

Ah le coup du baisemain, y a pas a dire, ça marche toujours autant. Y a plus personne qui le fait, alors forcément c’est original. Et j’ai bien vu que ça leur avait plus aux Siamoises, elles ont rien dit, mais leurs yeux brillaient.

T’es bien élevé pour un survivant de la Route, Hadrien ! M’a complimenté Brigitte, elle avait les pupilles dilatées.
Tu ferais mieux d’aller bosser au Moulin Rouge, tu gagneras mieux qu’ici, tu seras mieux traité et en plus tu pourras t’amuser ! m’a dit Abigaëlle avec un sourire.

Le Moulin Rouge ?

Je suis tout nouveau dans le secteur, et je crois qu’en plus d’un travail j’aurai bien besoin d’une carte et de quelqu’un pour m’indiquer les principaux endroits. »

La demande était a peine masquée.

T’inquiète pas mon joli, on s’fera un plaisirs de te montrer comment ça se passe ici, où il faut aller, et où il faut pas. » J’ai bien apprécié le fait qu’elles me servent de guide, et j’ai encore plus apprécié son clin d’œil.

Elles recommencèrent a marcher, pendant ce temps je regardais autour de moi. Cette partie là du bâtiment était dans un encore meilleur état que la précédente, il y avait des casiers alignés contre un mur, sur lesquelles ont pouvait lire des noms, sans doute les rangements des autre Chasseurs ; il y avait un billard, et des chaises et tables de ce qu’on pourrait presque qualifier de luxueux. Mon regard couru ensuite sur le carrelage sombre de la salle, puis sur les deux pieds qui claquaient dessus, sur les jambes, et sur le fondement des siamoises.

Pour une première impression de Paris, c’était plutôt agréable.

Elles ouvrirent une porte, passant leurs têtes par l’entrebâillement, je les entendis discuter a voix basse avec une autre personne. Au bout de quelques instants, leurs frimousses réapparurent a ma vue :

Allez, entre, Ab veut te parler, c’est le patron ici. »

Elle m’ouvrît la porte, et je la remerciais d’un sourire enjoleur.
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Béatrice
MessageSujet: Re: Un nouveau Job.   Dim 21 Avr 2013 - 22:56

Lorsque Hadrien entra, Abomination était en pleine discussion avec une jeune femme qui semblait elle aussi chasseur de primes. Le petit nouveau ne tombait apparemment pas bien, la femme et le chef de la guilde ne semblaient pas en très bon terme.

« Écoute Charlie, tu ne peux pas revenir comme ça après plus d'un an d'absence et me demander ça. »

Charlie semblait soucieuse, elle était certaine que Ab savait quelque chose mais ce gros tas de chair n'allait rien lui dire. Le chef des CDP était reconnu pour son bagou et elle savait que ça n'allait pas être simple de lui faire cracher le morceau.

« Ab, je suis sûr que la guilde a des infos. Les CDP savent tout, ce bar est un vrai carrefour d'informations. Y'a pas eu le moindre contrat ?
- Bon... tout ce que je peux te dire c'est que je sais qu'il est en vie. Mais la FNF est bien trop orgueilleux pour mettre un contrat dessus, ils préférerons le chasser eux mêmes.
Mais pourquoi tu t'intéresses à ce type en fait ?

- Ça ne te regarde pas.
- Ahah, si tu joues pas le jeu aussi, comment veux tu que je te révèle mes petits secrets si tu ne me révèles pas les tiens ? C'est le livre qui t'intéresses c'est ça ? 
- Quel livre ?

- Ahah, tu joues bien la comédie mais pas assez pour moi. »


Les sœurs siamoises décidèrent enfin de s'interposer dans la conversation pour présenter Hadrien.

« Ab ? Y'a un nouveau qui vient d'arriver.
- Il veut quoi ?
- Bah s'engager, comme tous les nouveaux.
- Logique quoi.
- Ouais logique quoi. »


Abomination posa alors ses yeux sur Hadrien, avec un air autoritaire.


« - Comment tu t'appelles petit ? »

Le « petit » n'était peut être pas approprié pour désigner Hadrien au vu de son apparence, mais c'était une façon qu'avait Ab de se montrer au dessus de son interlocuteur.
Il le regarda de haut en bas et le dévisagea longuement.


« Tu viens d'où ? »

Charlie quand à elle observa en retrait. Elle n'en avait pas fini avec Ab et l'arrivée d'Hadrien lui laissait le temps de réfléchir à une nouvelle offensive verbale pour faire parler le chef de la guilde.
Mais ses pensées étaient mises en déroutes par cet individu qu'elle n'avait jamais vu ici.
L'homme était grand et costaud, la tête surplombée d'un grand chapeau qui devait en avoir passé du temps sous le soleil. On le présentait comme un petit nouveau mais il laissait paraître une grande expérience. Ce devait être un voyageur qui avait longuement bourlingué dans les Terres Désolées avant de s'arrêter ici. Ab faisait mine de ne pas s'en apercevoir, mais le chef de la guilde devait avoir lui aussi remarqué qu'il avait devant lui un guerrier accompli.
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Hadrien LeBon
MessageSujet: Re: Un nouveau Job.   Mer 1 Mai 2013 - 17:58

Mon chapeau quittât sa place pour se retrouver dans ma main gauche, alors que la droite se tendait vers le gros tas de mutation dégueulasse que j’allais bientôt devoir appeler « patron ».

« Je m’appelle Hadrien, et je suppose que vous devez être le fameux Ab’ ? Enchanté de faire votre connaissance. »

J’avais fait exprès d’éluder la question sur mes origines, c’es toujours mieux de garder sa vie pour soi, j’espérais que le sourire que j’envoyais a ce monstre suffirait a lui faire oublier son intérêt.
Je me tournais ensuite vers la jeune femme qui m’avait précédé dans le bureau, elle n’était pas très jolie. Sans doute qu’elle aurait pu l’etre, mais de nos jours, bien de peu de femmes prennent encore le temps de soigner leur apparence...

« Mademoiselle. » un hochement de tête, un autre sourire, et c’était tout. Pas de baisemain devant le « boss » quand même.
« J’imagine que vous avez des tas de choses a m’expliquer sur votre organisation, notamment sur la manière dont les contrat sont distribués, et surtout sur les revenus. »

Tout en parlant, je cherchais du regard un porte manteau, une chaise ou un quelconque meuble à même de prendre soin de mon chapeau et de mon cache poussière durant la durée de l’entretien.
Il y avait une chaise vide a la droite de la porte, je la ramenais face a Ab’ et déposais mon manteau sur le dossier. Je n’eus pas besoin de regarder les personnes présentes pour savoir que toutes observaient ma ceinture.

C’était une vieille ceinture de cuir, une antiquité que j’avais récupéré sur un … contrat. En plus de tenir le pantalon et de servir d’accessoire remarquable, elle permettait aussi de stocker une trentaine de balles pour mon revolver, en plus d’inclure un holster pour ce dernier.
A l’arrière, juste au dessus de la naissance de la fesse droite, il y avait un petit fourreau dans lequel mon poignard prenait sa place, manche vers le bas. Une ceinture typique de chasseur de primes, j’imagine.

Coupant court a leur contemplation, je me posais dans ma chaise, lâchant un soupir de soulagement quand mes jambes cessèrent de soutenir mon poids. De nouveau mon attention se portât de nouveau sur le gros tas de graisse mutée, qui débitait maintenant un équivalent des termes et accords de service au sujet de son « entreprise ».
Dans les grandes lignes ça m’allait : pas faire chier les autres chasseurs dans leur taf, pas oublier de donner son pourcentage, le tout parfaitement agrémenté de menaces a peine voilées, et de « si ça te plait pas, tu te casses. » du plus bel effet.
Ce qui me plaisait moins c’était l’interdiction de s’en prendre aux collègues, et le fait que je devais obligatoirement commencer en temps que « 3 ème classe ». Si je pouvais facilement faire passer la disparition de certains autres chasseurs comme des accidents, je ne voyais pas comment arnaquer Ab’ sur ma paye…

« Okay, on va dire que j’suis d’accord avec tout…
Grumeau prît une inspiration, le genre d’inspiration que les gars qui se croient important comme lui prennent avant de dire un truc du genre « Parfait ! Signe ici alors. », et juste au moment ou il allait prendre la parole, je la lui coupais :

« Sauf sur un point : j’ai trop bourlingué, et j’ai trop d’expérience pour me contenter d’un salaire et de la reconnaissance que vous donneriez a un bleu quelconque. »

A partir de là, le sourire avait disparût, c’était le Hadrien des négociations qui avait prît la place, et celui s’exprimait avec sa voix la plus posée, bien sûr de lui, sacré Hadrien. Je me penchais vers mon sac, et après avoir passé quelques secondes a fouiller dedans, j’en ressortis mes « états de services »

« Voila une bonne partie des contrats que j’ai effectué, ils n’y sont pas tous, je ne me suis mis que récemment a les garder. »

Je déposais devant le Mou du Bide une petite liasse de feuilles, trente-deux contrats en tout genre, de l’escorte a l’assassinat en passant par la récolte d’information et le massacre de familles.
Il les survolât lentement, prenant soin de lire chacune de ces pages, relevant les yeux de temps a autre pour me regarder, comme s’il prenait peu a peu conscience du genre de personne que j’étais.
Moi j’en profitais pour détailler l’autre chasseuse de prime en dressant mentalement une liste des contrats qu’elle aurait été a même de mener, si elle pouvait entrer en compétition directe avec moi, et évidemment, comment je pourrais m’en débarrasser.
Je pense qu’elle a dût croire que je la matais, vu comme elle a rougît… Et bien soit, un autre sourire charmeur, et c’est oublié !

Apparemment, le Frankenstein Nain et Obèse n’est pas convaincu, soit disant que je pourrais très bien avoir ramassé toutes ces feuilles pour qu’elles me servent a arnaquer d’honnêtes personnes en leur racontant des foutaises au sujet de qualifications que je n’aurais pas.
A mon avis, il devait simplement tenter de rémunérer un bon (voire très bon !) chasseur avec la paye d’un bleu, tout benef pour lui. Je pense aussi qu’une partie de lui n’avait pas envie de croire qu’un homme capable de tuer femmes enfants et vieillards puisse travailler pour lui … Il aurait une conscience ce vieux tas de lard ?

« Si vous ne me croyez pas, vous n’avez qu’à me donner un travail de première classe, histoire que je fasse mes preuves. »

Ca le fait marrer tiens, tant mieux, on va voir si ça, ca le fait autant rire.

« Bien, voila ce que je vous propose, vous me laissez faire mes preuves sur un contrat vachement dur, mais si je réussi cette mission, je garde toute la prime. »

Eh bien non, ça ne le fait pas rire, il me semble bien que mon idée ne lui plait pas du tout…

« Réfléchissez y, si je réussi vous gagnez un type aussi balèze qu’un première classe, payé comme un seconde ; et si j’échoue… Et bien ça fera toujours un menteur de moins. »

Ma phrase flotte quelques instants dans l’atmosphère pesante et empestée de fumée de narguilé de la pièce, je vois bien que cet Ab n’a pas l’habitude qu’on vienne poser ses couilles sur la table comme ça, surtout de la part d’un bleu. Les autres ont l’air carrément surpris, moi je regarde juste Ab’, en fait on pourrait dire que je le cloue plutôt a son tapis avec mes yeux, et il me le rend bien.

Les secondes coulent en attendant sa réponse.
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Béatrice
MessageSujet: Re: Un nouveau Job.   Sam 4 Mai 2013 - 11:15

« Mademoiselle.
- Monsieur... »
se contenta t-elle de lui répondre.

Il s'appelait donc Hadrien, un prénom assez commun pour un homme à l'apparence assez commune. L'homme au chapeau avait tout du stéréotype du chasseur de primes qu'on croisait dans les Terres Désolées. Mais pour autant, Charlie devait avouer qu'il avait quelque chose en plus. Hadrien avait une étrange présence qui ne laissait pas indifférent, en bien ou en mal.
Déjà il avait l'air trop poli pour être honnête, la manière dont il s'était présenté à Ab' n'était pas sincère, personne n'était « enchanté » de rencontrer le chef de la guilde...

Hadrien se déshabilla et sans que Ab' ne l'invite, il prit l'initiative de s'asseoir.
Charlie remarqua comme tous les autres la ceinture bien équipée de l'homme. Elle reconnue un Ruger Super Redhawk qui pendait dans un hulster, une arme très puissante et peu commune dans les environs. Elle se demanda comment il avait pu trouver une telle arme qui était une antiquité d'avant guerre.

Ab' fini d'expliquer au nouveau les termes de son adhésion à la guilde, mais apparemment ça ne plaisait pas beaucoup à ce vieux baroudeur de commencer en bas de l'échelle.
Cela choqua presque Charlie qu'il ose le faire savoir à Ab', ce n'était pas des manières devant le puissant chef de la guilde. Il alla jusqu'à sortir une liasse de papier qu'il montra à Abomination.
Charlie fut surprit que celui ci daigne les consulter, ce n'était pas le genre du patron de se donner cette peine avec un nouveau, mais il devait sûrement avoir quelque chose derrière la tête.

Charlie releva la tête des papiers qu'elle lisait derrière l'épaule de son patron puis croisa les yeux de l'homme qui la regardait fixement.
Elle ne comprenait pas vraiment pourquoi elle était l'objet de son attention comme cela, peut être essayait-il de la draguer du regard comme tous les autres. Charlie avait beau ne pas être très jolie les gars des Terres Désolées étaient quand même particulièrement relous.
Et lorsque le nouveau lui lança un pseudo sourire charmeur les yeux de Charlie montèrent au plafond. Surtout que la chaleur ambiante lui faisait roussir les joues et qu'il devait prendre ça comme un message en réaction de son regard...

Finalement, Charlie en conclu que cet Hadrien n'avait rien de bien différent des autres. Un vieux beau dragueur, un beauf des Terres Désolées en somme.

Hadrien reprit la parole devant les contestations de Ab' et continua dans sa folie. Le chef de la guilde avait rarement eu à faire à un cas comme ça, d'habitude ceux qui veulent s'inscrire sont des petits jeunes sans expérience qui ferment leur gueule.


« Ecoute mon petit gars, il suffit pas d'arriver ici avec une grande gueule et de faire le mariole avec un gros pétard à la ceinture pour m'impressionner.
Ici t'es chez moi, c'est moi qui donne les règles du jeu. Si t'es pas content tu prends ton chapeau et tu te casses. »


Ab' laissa un temps, soit pour laisser le temps au nouveau de bien comprendre la chose, soit pour se calmer devant ce sans gêne qui semblait l'énerver.

« Maintenant je vais te dire. Tu m'as l'air d'un gars compétant. Et c'est pas tes bouts de papier qui me font dire ça. Ça fait longtemps que je suis dans le milieu et j'ai l’œil. Les bons gars je les repère direct.
Donc voilà ce qu'on va faire. Je veux bien te donner une chance de me prouver ta valeur. Si tu réussis tu seras promu seconde classe avec quelques avantages.
Il se trouve que ça fait quelques mois que j'ai un contrat sous la main, mais personne veut s'en occuper...

- Ab', tu penses pas à ça quand même ? »


Abomination eu un sourire cynique tout en regardant Hadrien droit dans les yeux.


« T'es nouveau dans la ville Hadrien n'est ce pas ? Tu ne connais sûrement pas encore Ménilmutant et l'un de ces tristement célèbres habitants : Edgar.
Edgar doit une tonne de pognons au Trident, la mafia du métro. Une histoire de drogue et tout ça, mais on s'en fout ici des raisons du pourquoi.
Le Trident veut donc la mort de ce type, mais c'est pas si facile de le tuer...
Tu vois mon gars, tu m'as l'air grand, tu mesures combien ? 1m90 ? Et bien Edgar doit faire le double. C'est un mutant gigantesque, tu vois tes cuisses ? C'est la taille de ses bras.
Il est extrêmement féroce et écrase d'une main un crâne humain. Sa peau n'a pas de mal à résister aux balles. C'est un tank le gars.
J'ai déjà 2-3 chasseurs de primes de 1ère classe qui se sont occupés du contrat. On les a jamais revu. Pourtant les mecs n'étaient pas à leur premier contrat.
- Ab', c'est du suicide de l'envoyer là bas.
- Ah, c'est con parce que tu vas y aller avec lui.
- Quoi ? Tu déconnes ?
- J'ai besoin d'un observateur Charlie, on se connaît depuis longtemps j'ai confiance en toi. Va avec lui. S'il survit tu me diras comment ça s'est passé. »


Charlie n'y croyait pas trop, « confiance » n'était pas un mot que Ab' connaissait. Elle devait être la seule personne qu'il avait sous la main, de plus il savait que Charlie attendait des informations de lui et qu'elle allait lui rendre ce service pour cela.

« Très bien j'irais avec lui. Mais après tu me dis tout ce que tu sais sur le Maréchal. Okay ?
- Okay.
Hadrien ça te va ? Pour la paye tu seras payé comme un 3éme classe. C'est ce que tu es pour le moment. »

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