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 Dans la Gueule du Loup

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Saint Vincent de Räzell
MessageSujet: Dans la Gueule du Loup   Sam 6 Avr 2013 - 22:32

Dans la Gueule du Loup


Marc Desbois devait avoir des contacts à Lutèce. Il n'eut en tout cas aucun problème pour faire rentrer un esclave amoché, un dealer psychotique et un une goule grièvement blessé. Il avait évité le contrôle approfondi du véhicule, avec un sourire désarmant, ne laissant que son arme au garde et un nom d'officier. Si le garde s'était enquis d'une fouille moins bâclée, l'escroc et ses trois passagers auraient eu de gros problèmes ... Saint-Vincent avait lui aussi quelques contacts à Lutèce. Des officiers véreux qui fermaient les yeux pour ses trafiques ou - mieux ! - qui les encourageaient. L'argent achète tout, même à Lutèce. La corruption ne meurt jamais, et tout le monde ou presque a son prix.

Les voici donc dans Lutèce, avec une camionnette rafistolée, garés devant chez un vétérinaire qui a une couverture de marchand. Tout ça paraissait très louche au Saint, mais il préférait ne pas commenter. Si c'était la seule façon de sauver son ami, il fallait y aller. Ce n'est que maintenant qu'Arnold était blessé grièvement qu'il se rendait compte qu'il représentait plus pour lui qu'un simple type qu'on exploite pour arriver à ses fins.

Marc partit devant vérifier que tout était bon. Il revint ouvrir les portes arrières de la camionnette après deux ou trois minutes.
- On y va, c'est bon, aide moi à la porter.
- On revient chercher la dormeuse, après, faut pas laisser ce connard tout seul dans la fourgonnette. Il pourrait nous causer des emmerdes.
- Aucun soldat en vu, on y va. Un ... deux ... Trois !
Ils soulevèrent H et l’entraînèrent dans le vestibule du vétérinaire. Le vétérinaire était un homme avec une barbe drue et semblant passablement alcoolisé. Il portait de petites lunettes rondes sur un nez pivoine. Tout ça n'inspirait pas vraiment confiance à Saint-Vincent, mais c'était la seule solution pour le moment.
- Allez mettre ce pauvre p'tit bonhomme là-bas ... sur la table du salon. Il a pris un sacré mauvais coup, on dirait ... Vous ... vous ... vous l'avez sorti d'un incendie ? commenta le vétérinaire en dégageant une haleine fétide.
- C'est une goule, sa peau est nécrosée, c'est normal.
- Normal ? Seigneur Dieu non ! C'est une abomination !

Le Saint jeta un regard à Marc où se lisait la désapprobation. Un vétérinaire goulophobe et alcoolique, pour soigner une goule, on peut pas dire que c'était le meilleur des choix.
- Le problème n'est pas là, poursuivit le Saint. Il faut que vous retiriez ce bâton de son ventre, et que vous le soigniez ! C'est très important ! Nous vous paierons bien !
- AAAAAAAAAH de l'argent ! s'exclama le médecin qui était visiblement en pleine crise de délire. Les gens n'ont que ça à la bouche ! Argent, argent, argent ! Mais monsieur, votre argent ne me servira à rien quand je serais mort !
- Vous n'allez pas mourir aujourd'hui, sauf si vous laissez cette goule crever dans votre salon.
- Et bien, moÔosieur, il se trouve que si ! Il y a de graaaaaandes chances que je quitte ce monde sinistre ... aujourd'hui même ! fit-il avec de grands gestes.
- Que voulez-vous dire, demanda le dealer après avoir jeté un regard interloqué à Marc.
- Je veux diiiiire ... Je veux dire. Que si vous, bande de petits malfrats à deux ronds, êtes entrés si faciiiiilement dans Lutèce, c'est parce que presque toute l'armée est sur le front à l'Ouest contre le Maréchal Teubé !
- On est vaguement au courant, oui, commenta Marc. Mais s'il te plait, ne fais pas ta mauvaise tête et aide nous.
- Et bien figurez vous que si les Forces de Lutèce échouent ... Le Marcéral ... Le Marchéral ... Le Mar ... Le ... LE MARÉCHAL ! finit par cracher l'alcoolique prit de crise de bégaiement, va nous balancer une grosse bombe dans la tronche !

Saint-Vincent et Marc restèrent stupéfaits par l'information qu'ils venaient de recevoir. C'était invraisemblable ! Pouvait-il croire cette éponge qui transpirait la goutte par tous les pores ? Mais à la fois, lors du briefing de la veille, Arnold avait bel et bien parlé d'une arme secrète qui légitimait justement l'attaque de grande envergure de la FNF ! Se trouver à Lutèce maintenant était désormais la pire chose qui pouvait arriver au trio.

- C'est pour ça qu'j'suis un p'tit peu bu, expliqua le déchet humain, complètement saoul. S'il m'reste plus qu'un jour à vivre, j'veux vivre cette journée complètement bourré ! T'nez, 'portez moi donc ce fort bon whisky qui traine là-bas, d'ailleurs, j'sens que ça commence à r'descendre, là.
- Puisse les Anges mettre fin à ta folie ! s'exclama le Saint en brisant la bouteille sur le sol sous le regard larmoyant du vétérinaire. Marc, met moi cet ivrogne au travail, il faut qu'on soit tiré d'ici le plus tôt possible ! Je vais chercher l'Arabe pour le tenir à l'oeil.

* * *

Le Saint revint à peine une minute plus tard, le corps inerte du Dealer sur l'épaule. Bien que de constitution chétive, pour ne pas dire squelettique, le camé était en fait capable de remarquables tours de force quand la situation l'exigeait. Il jeta l'Arabe par terre. Celui-ci ne se réveilla même pas.
Pendant ce temps, le vétérinaire gémissait pendant que Marc le forçait à s'occuper d'Arnold.
- Allez, du nerf !
- Maaaais ... Je veux mon whisky !
- Fous nous la paix, et opère ! Dépêche toi !

Arnold était dans les vapes. Il semblait presque mort, mais un souffle était toujours présent.
- Déjà, il faut lui retirer ça ! Je vais agrandir la plaie pour que ça sorte mieux ... Voilà ... qui ... est fait. Brave chien, il n'a même pas aboyé.
Bien que sévèrement bourré, les gestes du vétérinaire étaient assez surs, au grand soulagement de Saint-Vincent.
- Allez, machin, tu as plus de force que moi, enlève ce cure-dent ! Et tu le tlanperas dans ... dans ... dans une olive que tu m'apportera avec un ... ... petiiiiiiiiit cocktail ...
Le Saint ne releva pas la remarque et retira le pieu qui faisait un bon trois centimètres de diamètre du corps de son ami. La goule tira la grimace, mais il était trop faible pour pousser plus qu'un gémissement sourd.
- Très bien, voyons comment qu'c'est là d'dans ... poursuivit le vétérinaire en réajustant ses gants de plastique. Hum ... Pas joli-joli ... Tous ce sang ... Hoooo ... J'ai le tournis ....
Il se retourna subitement et vomi un geyser liquide infecte qui s’imprégna dans le tapis de salon. Il tomba à quatre pattes.
- Putain, doc, nous lâchez pas maintenant !
- J'vous lâche pas, j'vous lâche pas ... articula difficilement le vétérinaire. Msuffit de ...
- DE QUOI ?
- Il est touché dans les intestins ... Il suffit de couper les zones touchées ... Il vomit copieusement à nouveau, avant de cracher lentement sa salive répugnante et de moucher son nez dans ses gants ... Vous coupez et vous recousez ... Si c'est un chien robuste, il s'en sortira ...
- Mais ... putain, qu'est ce qu'on fout, Marc ?!
- Il devrait s'en sortir, les goules ont une faculté d'auto-régénération très impressionnante.
- Putain ... Mais ...
- Non, il est hors de question que je fasse ça. Fais-le, toi.

Le Saint resta bouche-bée un instant, avant de se résoudre à l’inacceptable en pestant.
La goule avait effectivement été touché uniquement dans les intestins. Il y avait beaucoup de sang. Il identifia rapidement les zones à découper, et il les sectionna. Arnold ne bronchait pas, il semblait déjà être sur le chemin pour rejoindre les Anges. Le Saint continuait de pester, et son coeur battait à rompre ses côtes. La pression et le stress lui faisait perdre tous ses moyens. Il tenta d'oublier qu'il y avait une bombe qui allait leur tomber sur la couenne en découpant les tripes de son ami, mais la pression était titanesque.
- Putain, mais je sais pas coudre, moi, implora le dealer au bord de la crise de nerf.

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Marc Desbois
MessageSujet: Re: Dans la Gueule du Loup   Dim 7 Avr 2013 - 18:03

Marc n'avait qu'une envie, emplâtrer cet abruti de vétérinaire pour son incompétence mais il se retint en observant Vincent charcuter son ami. C'était moche, du sang, des tripes, une sorte de remake de massacre à la tronçonneuse version zombie. Pas de doute, l'homme en costume n'aurait pas aimer être à la place du Saint qui mobilisait toute sa concentration sur la tâche qu'il effectuait, coupant et tranchant ce qu'il lui semblait impropre. Il leva finalement les yeux de toutes ces tripes pour se lamenter :


« Putain, mais je sais pas coudre, moi ...


- J'ai peut être une dégaine de couturier moi ? Renchéri Marc.


- C'est pourtant pas compliqué, par d'ssus par d'ssous et re-belote, commenta le soit disant médecin pencher au dessus d'un seau nauséabond.


- T'as raison, c'est tout con, même toi tu peux le faire.
Voyant les mains du chirurgien trembler, Marc ajouta :
Ou tu planque le reste de ta bibine qu'on calme cet état de manque.»


Les yeux de l'alcoolique s'illuminèrent, et, comme un gosse attendant un cadeau il pointa en souriant un placard en hauteur. Marc y piocha parmi les innombrables bouteilles un flacon quasi plein dont il versa une rassade dans un pot à crayon qu'il tendit au chirurgien.


« Allez, cul-sec ! L'invita t'il.
Le vétérinaire ne se fit point prier et avala d'une traite le contenu avant de tousser, jurer, pester, et cracher.
- De la Vodka ? Tu veux ma mort ?»


Marc lui envoya son plat de la main derrière les deux oreilles avant de lui tendre le fil et l'aiguille courbée qui trempaient dans un bol d'eau bouillante.


« Fait ton travail et t'auras le droit de te rincer la bouche avec l'alcool de ton choix.»


Le médecin grommela dans sa barbe et finit par attraper l'aiguille avec ses gants souillés pour se pencher sur les intestins d'Arnold. Il retira un morceau de viande resté coincer entre deux dents à l'aide de son auriculaire ganté avant de se mettre à l'œuvre, les deux mains plongée dans les tripes. Il plissait le nez, fronçait les sourcilles, bougeait la mâchoire et sortait sa langue à intervalle régulier dans un semblant de concentration. Il parvint à retenir une remontée acide qui le fit tousser et pester comme un chartier. Il finit par s'attaquer à la suture externe, d'un côté, puis de l'autre, avec l'aide de Marc et de Vincent afin de maintenir leur ami pendant qu'il refermait le trou dans le dos.

« C'pas la peine la peine d'enlever le fil, y se resorbeu...
Le vétérinaire faillit refouler une fois de plus le contenu de son estomac, il conclu :
- Bref vous m'avez compris, moi je vais terminer ce que j'ai à faire dans la salle de bain.»


En passant le praticien se débarrassa de ses gants dans le seau au fond duquel reposait déjà un mélange de bile et d'alcool. Cela ne l'empêcha pas de récupérer tout de même une bouteille de whisky en passant.
Marc soupira longuement avant de se débarrasser de sa veste sur le dossier d'une chaise dévoilant son hoslter vide et une chemise aux manches qu'il retroussa.

« Et maintenant ?» demanda t'il en se dirigeant vers la réserve du veto afin d'en sortir une bouteille de scotch non entamée et deux des verres les plus propres qu'il pu trouver qu'il posa sur la table à côté d'Arnold, encore inconscient.
Il continua en ouvrant une glacière contenant vaccins expérimentaux et poches de glaces. Il éventra une de ces poches et récupéra quelques glaçon qu'il repartie dans les deux verres pour finalement y verser généreusement le liquide ambré. L'homme en costume finit par poser la bouteille et s'assoir sur la chaise qui portait sa veste.
« Qu'est-ce qu'on fait de notre arabe qui fait la sieste et de notre goule au bois dormant ?» finit il par demander en sortant deux cigarettes. Il en tendit une à Vincent avant d'allumer la sienne en l'apposant contre la résistance du réchaud qui maintenait l'eau du récipient de stérilisation à bonne température. Il attrapa enfin son verre pour le tendre devant lui, invitant le saint à trinquer, dans l'attente d'une réponse.

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Saint Vincent de Räzell
MessageSujet: Re: Dans la Gueule du Loup   Lun 15 Avr 2013 - 21:43

Le vétérinaire au teint viticole avait rafistolé tant bien que mal la goule alitée, sur l'impulsion de Marc qui semblait penser qu'il fallait toujours soigné le mal par le mal. Saint-Vincent avait assisté à l'opération, penaud et bien inutile, mais avait finalement été bluffé par la dextérité de l'alcoolique, qui n'avait pas tant saccagé le travail que ça. Et quand bien même. C'était une goule. Une hideuse cicatrice de plus ou de moins ne changerait guère son sex-appeal.

- Et maintenant ? lança Marc en se dirigeant vers l'armoire à alcool du docteur rampant dans son éthylisme maladif.
- Maintenant, on attend, répondit gravement le Saint, pendant que Marc servait deux bonne doses de whisky-glace. On attend, en espérant qu'il se réveille avant les prophéties de l'autre ivrogne.
- Qu'est-ce qu'on fait de notre arabe qui fait la sieste et de notre goule au bois dormant ? demanda Marc en tendant une cigarette au Saint. Ce dernier apprécia le geste. En cette époque, donner une cigarette était un gage d'une certaine amitié, et la preuve d'une générosité tout aussi certaine. Le tabac était une denrée très rare. Il sortit son briquet et alluma sa cigarette pendant que Marc expirait la fumée de sa première latte.
- Il est indéplaçable, dans l'état ... Et l'autre, il est sage que quand il dort.
Marc lui fit passer le verre, et ils trinquèrent.
- A la fin du monde.
Le Saint s'enfila le verre cul-sec. Il fit une grimace, tandis que le feu consumait lentement partout où il était passé, irradiant cette chaleur si particulière au whisky partout dans son œsophage. Finalement, le goût était moins fort que la plupart des alcools forts que le Saint avait déjà bu. Presque doux dans sa puissance. Le Saint prit la bouteille en main et regarda l'étiquette.
- Glenfiddich 18 ? Connaît pas. C'est fameux, ma foi.
- C'est pas Glenfiddich 18. C'est 18 ans d'âge, reprit Marc, qui semblait mieux connaître l'art subtil du whisky que le Saint, plus expert dans le domaine de la dope.
- Comment ça ?
- Ça veut dire qu'on l'a laissé vieillir 18 ans pour qu'il soit meilleur.
- 18 ans ! Par tous les Anges, mais comment ce whisky a réussi à tenir si longtemps dans cette armoire avec cet ivrogne dans la même pièce ?!
- A vrai dire, le bougre a beaucoup de très bonnes bouteilles, de ce que j'ai vu. Il nous en voudra surement d'avoir bu à cette bouteille, mais il ne s'en rendra pas compte avant plusieurs heures ... Si on est pas morts d'ici là.
- Tu veux dire que cette bouteille à 18 ans ?! rétorqua le Saint toujours sidéré, en regardant le bouteille d'un œil neuf, admiratif et respectueux.
- Probablement plus ... Si elle date d'avant-guerre, comme c'est probable, elle a plutôt aux alentours de 120 ans, au bas mot.
- Incroyable ... commenta le Saint.
Il y eut un long moment de silence. Le saint regrettait désormais d'avoir bu si vite son verre, et il se sentait un peu bête de son ignorance. Il médita, en fumant sa cigarette, aspirant la fumée avec délectation, avant d'écraser sur la table le filtre avant qu'il ne se consume. Puis il brisa finalement le silence, constatant que le verre de son interlocuteur était vide.
- Tu prends un autre verre ?

* * *

Deux heures plus tard, le vétérinaire dormait dans son vomi, complètement inconscient, pendant que les deux compères discutaient avec animation - l'alcool aidant - de sujets divers et variés, en buvant cette fois religieusement des différents breuvages qui trônaient - à moins qu'ils ne traînaient ? - dans le placard. Vin rouge bonifié par l'âge, ou infâme piquette qui a mal vieillie, les deux hommes goûtaient et commentaient, tout en se demandant de temps à autre si la fin du monde allait bien leur tomber dessus. Le temps passant, ils commençaient à espérer que non, et riaient désormais, avec la désinvolture des survivants qui de toute façon n'ont rien à perdre dans la pire des situations. Le rire et la fête éloigneraient la mort. C'était la philosophie qu'on respectait dans les orgies des Tridents, où chaque convive pouvait mourir d'un moment à l'autre sur le coup de chaud d'un autre convive, mais où tous riaient dans des éclats tonitruant pour finalement oublier l'imminence de leur fin.

Et sans doute était-ce la philosophie de tous les survivants de cette sombre époque, et à plus forte raison de tous les criminels.

Le Saint se lança, la main plus habile que pour al couture, dans la conception d'une oeuvre de bonne humeur : la tulipe. Bien qu'il ne sache pas vraiment d'où venait ce nom, n'ayant jamais vu de sa vie de tulipes dans cette ville, le saint avait appris que c'était ainsi que l'on nommait cette façon particulière de rouler un joint. Avec satisfaction, il honora Marc de fumer le premier sur sa construction de feuilles, d'herbes et de tabac.

Alors que le Saint faisait jaillir la flamme de son briquet, mettant le feu à la fleur de paradis artificielle, un gémissement faible fit tourner la tête aux deux sinistres lurons. Ce n'était pas le vétérinaire sortant de son coma, mais bien Arnold qui semblait revenir à lui sur la table.

En son for intérieur, le toxicomane se disait soudain que les Goules avaient véritablement un métabolisme de récupération extraordinaire. Il se releva de sa chaise - sans lâcher son verre de Calvados, qui avait plutôt tourné à la gnôle de pomme - et se dirigea vers son ami.

- "H" ? Eyh, "H" ! Est-ce que tu m'entends ? ... ... ... Arnold ?

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Arnold Habdaik "H"
MessageSujet: Re: Dans la Gueule du Loup   Mer 17 Avr 2013 - 15:15


Pas de place au paradis pour une goule apparemment.
- "H" ? Eyh, "H" ! Est-ce que tu m'entends ? ... ... ... Arnold ?
Il tâtonna avec ce qui lui semblait une main en plomb, renversant le plateau métallique sur lequel était posé un sceau d'alcool et une paire de gants. Il continua à agiter ses bras avec le peu de volonté et d'énergie restant. On avait refusé l'entré au ciel pour Arnold, alors semblait il qu'on allait l'envoyer en enfer. Et...
Et il se réveilla ici, dans ce qui semblait être une clinique de fortune. Métrop' ? Non plutôt Nécrotopia... mais cela ne collait pas. Nanterre, l'école Sainte Marie, le couloir, l'explosion ; ça lui revenait rapidement mais difficile de rester lucide avec cette douleur, inutile de savoir où il était pour l'instant, tout ce qu'il voulait c'était
- Quelque chose ! Filez moi un truc, calmez la douleur !
Il lui semblait hurler dans la pièce, vrillant son crane face à l'écho de ses paroles... pourtant murmures entre ses dents serrés. Mais les deux bouchers qui avaient du l'opérer avait l'air de comprendre. Et quoi qu'on lui fit, cela marcha.
L'effet s'estompa rapidement, il eut enfin ce qui lui semblait des pensées cohérentes et pus se mouvoir sur la table d'opération, inspectant pour la première fois cette énorme balafre qu'il avait en travers du gosier.
- Qu'est ce que c'est que ce travail d'assassins ?
On lui expliqua rapidement la situation. Peut être aurait du-t-il remercier son associé, scellant en quelque sorte leur... amitié ? Non qu'est ce que je raconte, je croyais pourtant avoir des pensées cohérentes, qu'ils aillent tous se faire foutre, mes associés, la FNF, et même le bon dieux je l'emmerde ! Finalement, peut être qu'une partie de lui aurait voulu crever sous les décombres de l'école.
- Avec, avec un camion, et vous êtes entrés sans problème ?
Les faits lui furent expliqués plus en détails. Ses deux associés semblaient assez sereins, presque heureux, presque évidement.
Arnold se mit debout, son ventre lui brulait atrocement, il fit quelques pas et découvrit le pouilleux qui tenait l'établissement, pauvre loque puant la gerbe étalé comme une bouse de brahmine dans la pièce dont il se servait le moins : la salle de bain. Enfin ce qu'il restait d'une salle de bain. Il est pas mort lui assura ton, juste bon pour un long sommeil.
La goule se tint au mur pour faire le tour de la "clinique", il n'y avait pas grand chose, il récoltât quelques seringues vides par ci et deux trois flacons à moitié vide dans un placard défoncé.
- Putain on s'en est plutôt bien sortis jusqu'ici. Fit-il en jetant un regard par la fenêtre. Du bon travail messieurs.
Dehors tout semblait vide. Ne nous attardons pas.


Le camion ne tiendra pas le voyage de retour jusqu'au labo de Vincent et Arnold, mais tant qu'il en restait dans le réservoir autant s'en servir. Les deux comparses se trouvaient à l'avant et le mercenaire qu'ils avaient engagé à l'arrière, tenant un œil sur le prisonnier du Saint de la dope. Ah s'ils avaient su la proposition qu'avait fait à Marc le prisonnier...
La goule eut le temps de faire un inventaire de leur butin :

Stock de 10 MagX
Garibaldi avec 16 balles 45. Gar
Matériel expert ( Machine LabCo miniature et automatique )
40 anneaux
150 francs
3 cellules énergétiques
Un fusil à plasma hors d'usage


Bonne pêche finalement . Il lui semblait presque avoir une bonne étoile pour ce coup là, ou quoi que ce fut, peut être après ce gros coup de chance et cette mort évité de quelques centimètres Arnold s'intéressera un peu plus aux superstitions que les pauvres loqueteux lambda des Terres Désolés affectionnaient...
Ah mais pour le moment il ne pensait qu'à tester cette nouvelle machine et lancer enfin leur seconde fournée !
Mais d'abord : le partage du butin. De quoi faire les beaux jours de Marc, combien lui avait promis Vincent ? 200 A net, sans compter la thune et le matos que le mercenaire pouvait se prendre dans ce qu'il récupérerais, excepté la came, les cellules énergétiques et évidement la machine pour leur laboratoire. D'un autre coté Marc avait parfaitement remplis son contrat, il méritait bien sa paye, et certainement le duo avait maintenant dans leur petit papiers le mercenaire, histoire de savoir à qui faire appel pour toute sortent de taches de... nettoyage. Malgré tout Arnold émettra le souhait au moment du partage de garder le Garibaldi. Porter une arme H24 semblait désormais une obligation.
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Saint Vincent de Räzell
MessageSujet: Re: Dans la Gueule du Loup   Lun 29 Avr 2013 - 20:36

Il marmonna des plaintes inaudibles sur l'intensité de sa douleur. Le Saint céda à l'instinct et lui prépara une injection d'héroïne a peu près dosée correctement pour supprimer toute douleur sans que la Goule ne deviennent complètement hagarde.
Il versa la poudre couleur terreuse dans sa cuillère recourbée, et chauffa avec son briquet essoufflé la poudre jusqu'à ce qu'elle se liquéfie, comme du sucre. Il aspira le le liquide directement dans la cuillère avec sa seringue, et planta finalement l'aiguille dans le bras putréfié de la Goule.
Le Saint trouvait cela répugnant, à vrai dire. Cette beau infectée, couvertes de cloques et de cicatrices, comme un lèpre qui se guérirait en même temps qu'elle progressait dans la destruction du corps. Le Saint songea qu'il lui faudrait se retrouver une nouvelle seringue, maintenant. Jamais il ne reprendrait une seringue derrière une Goule. Il n'était pas spécialement goulophobe, mais ignorant complètement si la Goulification était contagieuse par le sang ou non, il ne tenait pas à prendre le risque. A vrai dire, si Arnold n'était pas son associé et ne lui avait pas déjà sauver la vie une fois, il l'aurait surement laisser mourir.

Le giri se rééquilibrait. Une dette pour une dette.

Quand il repris le dessus, le chimiste ne sembla pas très reconnaissant d'avoir été sauvé, de prime abord. Il fallut lui expliquer l'urgence de la situation qui les avais poussé à agir de la sorte. Tout depuis cet éboulement malheureux, jusque dans les moindres détails.

C'est vrai qu'on s'en était plutôt bien sorti, jusqu'à là. Il ne fallait pas traîner plus longtemps. C'était de la chance, jusqu'à là. Beaucoup de chances. Le Dealer avait émergé de son inconscience depuis quelques minutes. Il semblait encore dans le vague. Le Saint imbiba un nouveau coton avec sa fiole d'ether et l'écrasa sur la bouche et le nez du dealer avec un sourire sadique non-dissimulé. Il retomba dans les vapes.

Ils rechargèrent le gars dans le coffre, puis Arnold, et enfin, plusieurs bouteilles d'alcools que le Saint était reparti chercher. En regardant le vétérinaire plongé dans un profond coma éthylique dans ses propres vomissures, il hésita à l'achever en l'étouffant. Pas de témoins et on croirait à un accident. Il resta là un moment. Une voix aiguë, envoûtante, commençait à hurler et à chanter fortissimo dans sa tête. C'était la voix des Anges. Elle lui ordonnait de céder au meurtre. A l'assassinat. Il ne pouvait résister au commandement de sa folie furieuse. Il savait que c'était la seule chose à faire. La seule chose à faire pour que jamais la FNF ne leur pose d'ennuis. Il s'approcha du corps inanimé.

- Ho, le camé ! On t'attend, bouge !

L'invective de Marc venait de l'extérieur. Mais elle ne tira pas le Saint de sa transe. Dans une pulsion meurtrière implacable - peut-être à cause du stress de toute ces péripéties cumulées, peut-être à cause de l'alcool et de la drogue, peut-être à cause de la paranoïa ... - il noya le vétérinaire en lui tenant la tête enfoncé dans le vomi mélangé à l'eau des toilettes. L'eau courante de Lutèce ... Une arme de crime ... ça c'était de la créativité. Il soubresauta plusieurs fois. Mais les sursauts cessèrent. Il était mort.

- J'arrive ! J'arrive !

Il quitta l'appartement du vétérinaire, avec deux bouteilles supplémentaires.

- J'ai les munitions ! s'exclama t-il en montrant les bouteilles en l'air. On dégage, continua t-il en sautant dans la camionnette.

Le véhicule se mit en marche. Le Saint lampa une énorme goulée de rhum au goût infect, pendant que la camionnette salement rafistolée filait entre les rues. Il fit tourner la bouteille à Marc, qui était au volant. Direction : hors de Lutèce.



Inventaire :
+ Deux Bouteilles de Rhum
+ Cinq Bouteilles de Whisky
+ Quatre Bouteilles de Vin

- 18% d'Héroïne
- 5% d'Ether

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Dans la Gueule du Loup

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