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 Commis d'office

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Sebastien Japrisot
MessageSujet: Commis d'office   Sam 29 Déc 2012 - 3:57

Vient d'ici


Habillés convenablement et sentant un peu moins mauvais, sortir de Lutèce fut encore plus facile que je ne l'espérais. Nous passions souriant devant le poste de contrôle de la FNF qui nous gratifia même d'un "Au plaisir de vous revoir, Madame, Monsieur" très aimable, avec lequel je me torcherai volontiers le cul. Mais au moins, la grande porte était passée, nous étions dehors.
Dehors. En quelques sortes mon premier contact avec la ville. Je savais ce qu'il en était, la destruction, les ruines, tout ça... Mais je n'en avais pas d'image précise. En voila une première. La sortie de Lutèce nous laisse face à la seine, enjambée par un grand pont, réparé comme possible, rafistolé en tout sens pour tenir la charge et le passage des véhicules de la FNF. Le pont continu en ligne droite dans la ville, ouvrant dans le front des immeubles en ruine une large et très longue avenue. La nuit cache les détails, mais je vois loin, au bout de la grande avenue, une source de lumière plus intense. Je ne sais pas comment ni pourquoi, mais je sais que c'est l'arc de triomphe. Une direction à éviter.

- Je ne traverse pas la seine. Je pars retrouver mes sœurs, ma place est au près d'elles, et je préfère marché de ce coté-ci du fleuve pour regagner le nord de paris. C'est plus sûr. Je te souhaite bon courage, on se reverra peut-être.
C'était là tous les au-revoir - voire les adieux - de Cléangle. C'est déjà bien pour les adieux d'une Amazone à un homme. Je reste silencieux et ne réponds que par un "On se reverra peut-être" qui sonne assez optimiste. Elle prend la route à gauche, d'un pas rapide et l'obscurité la camoufle vite. J'ai quand même le temps de la voir se retourner.

Moi, je traverse la seine par le pont. Quelques soldats de la FNF patrouillent mais ils ne font même pas attention à moi. Je prends la grande avenue, je bifurquerai avant d'arriver à l'arc. Le tissu urbain à l'air dense, et les endroits où se cacher ne doivent pas manquer, même si les dangers non plus. Pas le choix.
J'avance d'un pas lent, guettant chaque coin, chaque fenêtre, à l'affut de tout danger. Ce sont d'anciens beaux quartiers, ça se voit. Les immeubles de standing et hôtels particuliers d'une autre époques s’enchainent, certains gardant même de beaux restes de leurs façades ornées. Il me faut trouver un endroit où passer la fin de la nuit. Les intérieurs sombres et instables des immeubles haussmannien ne m’enchantent pas, mais les rues ne m'inspirent pas plus de confiance.
Je marche un moment au hasard, la main près du Colt, prête à dégainer. Je me rends compte que j'ai une certaine assurance avec une arme à la main. Comme instinctivement, je la tiens fermement, le pouce sur le cran de sureté, l'index caressant la gâchette, sans être trop crispé, pour tirer avec précision mais pas par accident. J'essaye de le décharger et recharger, j'y arrive sans soucis. Qui que j'ai été, je me suis déjà servis d'une arme à feu. La question est "pour quoi faire?", mais je sais que je ne trouverai pas la réponse cette nuit. Et puis je suis libre d'être qui je veux maintenant, et dans tous les cas de figure, je choisis d'être celui qui tient le flingue plutôt que d'être devant le canon.

Je décide de m'installer sur le toit d'un vieux immeuble faisant l'angle d'une rue. La façade à suffisamment de relief et offre assez de prises pour que je puisse grimper sans même passer par l’intérieur. L'escalade est assez facile. Après avoir survécu dans la fosse, tout le monde est bon grimpeur. Je me love aussi confortablement que possible entre deux pentes du toit, sur un petit espace plat. Le risque de chute existe, mais ne me fait pas peur. Encore merci à la fosse, que je songe à rebaptiser centre d'entrainement à la survis en milieu pots-apocalyptique.
De là, je domine les rues avoisinantes sur plus de 180 degrés, et suis assez bien caché de la vue depuis la rue, et même protégé du vent froid qui balaye la ville la nuit tombée.
Je suspends mon sac à une gouttière défoncée et fait l'inventaire de mes maigres possessions piquées à nos hôtes de Lutèce. Quelques vêtements de rechange, un peu de nourriture - de quoi tenir deux jours en tolérant la faim, mais là encore, j'ai l'habitude - un paquet de cigarettes moitié vide - ou moité plein - avec un briquet dedans, des bandages et quelques médicaments - Anti douleur, somnifères, et une dose de RadAway que j'avale de suite. Il m'en faudrait plus, un traitement ne me fera pas de mal si je ne veux pas voir ma peau tomber en lambeaux.
Je ne dors que d'un sommeil léger et aléatoire, mais je me force à garder les yeux fermés à me me reposer. Demain sera un autre jour, avec son lots d'épreuves, et je verrai les possibilités qu'offre la ville. Il faut savoir fermer les yeux.


Le soleil est déjà levé quand des voix lointaines me tirent définitivement de la nuit. Des hommes parlent de vive voix. Trop loin pour discerner leur conversation, mais le ton n'est pas celui d'une plaisanterie. Je descends de mon perchoir, et me concentre pour en trouver l'origine. Je trouve à quelques rues un groupe d'individus manifestement encore bien éméchés, ils sont trois et se tiennent devant un immeuble qui se démarque des autres. Un passage a clairement été aménagé jusqu’à lui, les débris sont moins nombreux, et si les étages supérieurs sont effondrés et en très sale état, le rez-de-chaussé et le premier se détache du reste de la rue par leur entretient et leur - certes toute relative - bonne conservation. Devant la porte d'entrée se tient un type, qui si je comprends la situation, est en train de s'expliquer vivement avec les trois poivrots. Mais personnes n'en vient aux mains et les mecs se contentent de me regarder d'un œil noir en me passant devant, regard que je soutiens sans ciller. Ils rebroussent sagement leur chemin.
Le type qui gardait l'entrée se retourne, colle quelque chose sur le mur et passe la porte.
Intrigué, je m'approche. le bâtiment est bel et bien aménagé pour recevoir du monde. C'est un vieil immeuble assez classieux, et de la porte encore entrouverte se dégage une odeur alléchante. Je n'avais rien sentis de tel depuis... depuis... toujours je crois!
Quelques pas encore et je me trouve sous une enseigne indiquant en grosse lettres calligraphiées à l'ancienne, dans un style bien français "Le clos joli - Atelier du Gourmet"
Un restaurant... Au milieu de ce nul part, se trouve un restaurant, qui ne ressemble pas aux habituels tripots des Terres désolées (Oui, je sais quand même que les tripots existent dans cette ville, même si je ne me souviens pas bien d'où il sont!). C'est un lieu qui inspire une certaine classe et un raffinement presque inapproprié. Le genre d'enseigne que l'on s’attend plutôt à croiser dans Lutèce.
Sous l'enseigne, à coté de moi, un carte sous verre présente rapidement le restaurant. Placardé à coté, l'affiche que le type à collée avant d'entrer.
" Cherche commis de cuisine, bonne paie si bon boulot fournis, branleurs passez votre chemin "
Un restaurant gastronomique, après la fosse septique, ça ne se refuse pas. Et puis, un boulot non plus, je ne cracherai pas dessus. Commis de cuisine? ça ne me fait pas peur, et je n'ai pas d'autre perspective d'avenir pour le moment, ne sachant même pas où chercher. Le destin m'a guidé.

Je passe à mon tour la porte de l'établissement et m'annonce de la sorte:
- Vous cherchez un commis de cuisine?...
J'ai lu l'affiche, dehors... Je sais lire, c'est déjà un bon point, non?

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Dernière édition par Sebastien Japrisot le Mer 13 Mar 2013 - 3:04, édité 1 fois
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Le Gourmet
MessageSujet: Re: Commis d'office   Sam 29 Déc 2012 - 17:02

- ... et on t'assurera une protection ! Qui sait ce qui pourrait arriver par ces temps troublés ? Hein ?
- Foutez moi le camp.
Le patron n'eut aucun mal à pousser le petit merdeux vers la sortie.
- Tu as tord, t'es au milieu du territoire de la nouvelle France et ici c'est pas les psychotiques qui font la loi, la loi c'est nous.
Il sortit sa cuillère en bois de sa ceinture pour donner un coup sur la tête de Clovis, sa sonnait creux, une bonne gifle n'aurait pas été de trop pour lui apprendre à se tenir mais il lui aurait dévissé la tête à coup sur.
- Hors de mon établissement, racaille.
Le meneur du trio c'était le frère ainé, Clovis, c'était toujours lui qui fallait dégager en premier, ses deux abrutis de frangins suivront, en parlant de ça...
- Et rends moi ce truc, tête creuse.
Pierre prit des mains la pancarte que tenait encore le cadet.
- Allez pleurer chez vos supérieur, mais entre vos pleurnicheries et mes plats, vous savez comme moi ce qu'ils préfèrent.
Ils échangèrent quelques insultes à voix basse, le Gourmet fit comme s'il n'avait pas entendu, à quoi bon ? Et le trio partit.
Clovis, Colin et Charles, dans l'ordre, les deux premiers n'ayant pas pus entrer dans l'armée se sont rabattu pour devenir milicien, c'était pas gagner avec leur tempérament de chieur mais leur père avait le bras long... mais pas assez pour les faire rentrer tout trois milicien national, alors les deux ainés cherchaient désormais un job qui paye bien pour leur petit frère, qui paie bien, surtout, car ils pourront prendre un pourcentage sur le salaire de Charles, trop stupide pour voir qu'il se fait entuber.
Mais, sérieusement, Charles commis de cuisine ? Il était vrai qu'on manquait cruellement de personnel, mais pas jusqu'à s'abaisser si bas...

Le patron remit la pancarte "recherche commis" devant la vitrine ( propre ! ) de son restaurant et rentra à l'intérieur. Propre et vide, comme tout les Lundis matin, cette période creuse permettait de nettoyer le bâtiment et la cuisine de fond en comble.
La porte s'ouvrit.
- Vous cherchez un commis de cuisine?...
Ça n'aura pas mis longtemps... pour une fois.
- J’espère que t'as lu l'intégralité de la pancarte, le gars juste avant toi c'était pas le cas.
Il se retourna et découvrit le candidat. La première chose qui le frappa c'est que le bonhomme ne semblait pas en grande forme, Pierre savait reconnaitre les blessures, évidement il y avait des bleus mais aussi d'autres plus anciennes, des coups de poing à n'en pas douter, le gars avait la peau un peu pale, le teint maladif... Pas de drogué chez moi, ça non ! Mais les mains du type ne tremblait pas, c'était l’essentiel.
- Tu sais désosser un arrière de cochon ? Décortiquer l'abdomen d'un moucham ? Contrôler un temps de cuisson à cœur ? Monter des œufs en neige ?

Spoiler:
 
- Bien évidement que non, ceux qui me répondent oui je les vires, soit que ce sont de fieffé menteur soit qu'y savent pas bien faire, mais quant on sait pas faire, on apprend, et avec moi t'apprendra la Bonne façon.
- Bon, bon. Je vais pas te mentir pour pas qu'tu t'face une désillusion après et me laisse en plan. C'est un boulot dur et qui demande un réel effort, plus que tout ces abrutis dehors peuvent s'imaginer... T'es bien sur de vouloir travailler ici ?


- Tu fais le bon choix. Viens, je vais te montrer les termes du contrat.

La femme qui s'occupe du bar sortie une feuille et une petite boite noir et retourna au nettoyage du comptoir.
- Tu t'engages pour une période d'un mois d’essais, c'est ça qu'ça veut dire. Tu bosse le Lundi, journée où on s'occupe du nettoyage, le Jeudi, Vendredi, le Samedi et le Dimanche qui sont les quatre plus gros jours de travail. Le Mardi et Mercredi tu peux bosser en extra, 20 francs pour la journée pour commencer, 40 si tu survis à ton mois d'essais, Ah ! Payé 50 francs par semaine, 100 quant t'aura fait tes preuves. Tu trouves que c'est peu ? Il y a autre chose : tu es nourris et logé. Petit déj' à 9h - ouais par ce qu'on est pas ouvert le matin, trop peu de monde -, repas à 3h et soupé à 23heures ou plus si on finit le service tard. Pigé ? Le logement c'est une petite pièce à l'étage, et comble du luxe t'as des chiottes au fond du couloir, mais sois sympas et vide le seau par la fenêtre quant t'as fini. Des questions ?

- Ensuite il te faut savoir que quant tu seras dans la cuisine tu me donneras du chef et en salle si tu es amené à faire le service, du patron que tu me donneras, Ha ! Les pourboire tu les gardes, mais ce sera rare à par les caravaniers goules qui t'en file à chaque fois. Si tout est ok pour toi, tu mets ton pouce dans l'encre et tu pose ensuite ici, au bout du contrat, je préfères ça à une signature. Mais met ton nom et prénom ici quant même. Ha ! Voilà.


- Je te fais le tour de l'établissement et te présentes les autres, Sébastien.

Spoiler:
 




Braun :
Spoiler:
 
C'est un "jeune" enfant goule ( légèrement goulifié de visage - cicatrices et quelques cloques mais tout ses cheveux - ) qui a dut marcher dans une flaque de produit irradié, toute sa jambe droite est écorché, il boite légèrement , Pierre dit qu'il doit avoir la quarantaine passé, mais toujours un enfant à l'intérieur. Inutile d'essayer de lui causer... Sourd muet il est renfermé et craintif mais sait obéir ( surtout à Pierre Bocard ). On ne sait presque rien de lui et ce ne sera pas Braun qui parlera de ce qu'il a vécu et comment il en est arrivé là. Il nettoie, passe le balais et épluches les légumes. Le gosse dort dans un placard à balais à l'étage où il s'est installé une petite chambre.
On pose souvent la question au Gourmet "comment sais tu son nom puisqu'il est muet ?", mais c'est lui qu'il l'a appelé ainsi, nom d'un de ses amis tombé aux combat qui soufrait de jamais avoir un fils un jour. La vérité c'est que Pierre à trouver le nom sur un emballage de rasoir électrique.


Tiphaine :
Spoiler:
 
Ancienne joueuse de Trasball ( carrière aussi fulgurante que courte ) "sport" dans lequel elle perdra une oreille arraché par une goule sous psycho, elle s'est fait posé une prothèse à Lutéce, ville où elle vie désormais. Elle gère le bar, et ne travail que de 11h à 15h et 18hà22h, elle regagne entre temps le plus souvent son domicile à Lutéce. Elle travail au "clos jolie" depuis son ouverture. Pierre a réussit à "assagir" l'ancienne joueuse de Trashball et à la rendre convenable pour un établissement comme celui du Gourmet. Elle aime bavarder et boire.


Sarah :
Spoiler:
 
Travail depuis quelques mois pour le Gourmet en tant que serveuse. Elle n'est là que les jours de grande affluence ( du Jeudi au Dimanche ), les autres jours elle "travail" au moulin rouge. Elle est plutôt froide et acerbe mais sait ce tenir face à un client.


Maurice :

Spoiler:
 
C'est le cuisinier, de plus en plus arrogant depuis qu'il se retrouve "seul" cuisinier ( sans compter le Gourmet ) il aime commander mais reste encore assez docile à son supérieur bien qu'il commence par trop à devenir insolent. Il travail et loge dans l'établissement toute la semaine, ces ronflements on donnés à pas mal de commis l'insomnie. Il a les mains qui deviennent un peu trop baladeuse en présence de Sarah.





Spoiler:
 
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Sebastien Japrisot
MessageSujet: Re: Commis d'office   Lun 31 Déc 2012 - 1:27

- J’espère que t'as lu l'intégralité de la pancarte, le gars juste avant toi c'était pas le cas.

Le type me dévisage, son regard est sec et sévère à travers ses deux yeux gris, comme une menace gratuite, mais je ne baisse pas les yeux, je souris. Je sais que c'est lui le chef des lieux, ça se voit. Un grand brun très costaud qui doit souvent laisser des poils dans les soupes qu'il prépare. Il n'a pas le ventre stéréotypé que l'on imagine aux cuisinier, c'est un type qui a eu autant l'habitude de se battre que de bouffer, certains signes ne trahissent pas. Peut-être dirait-il que la bonne cuisine est une guerre permanente contre la médiocrité gastronomique.

- Tu sais désosser un arrière de cochon ? Décortiquer l'abdomen d'un moucham ? Contrôler un temps de cuisson à cœur ? Monter des œufs en neige ?

J'ai déjà décortiqué et désossé des types entier, et bouffé leur cœur sans le faire cuire, j'ai envie de lui répondre, et je peux me faire assez pédé pour monter tes oeufs en neige s'il le faut.
Mais c'est un entretient d'embauche et mieux vaut ne pas jouer l'insolent, surtout vu le "Gourmet" à l'air nerveux et que ses bras ont le diamètre d'un tronc de chêne.

- Hum, je vous avoue que non...

- Bien évidement que non, ceux qui me répondent oui je les vires, soit que ce sont de fieffés menteurs soit qu'y savent pas bien faire, mais quant on sait pas faire, on apprend, et avec moi t'apprendra la Bonne façon.

Je reste silencieux en acquiesçant à tout ce qu'il raconte.

- Bon, bon. Je vais pas te mentir pour pas qu'tu t'face une désillusion après et me laisse en plan. C'est un boulot dur et qui demande un réel effort, plus que tout ces abrutis dehors peuvent s'imaginer... T'es bien sur de vouloir travailler ici ?
- Évidemment. Ma décision étant de toute façon prise. Je ne sais pas si je crois vraiment au destin, mais je n'allais pas faire le difficile et refuser la première offre qui se présente à moins. Et j'ai déjà vécu des choses durs, ça sera un club de vacances ce taf à coté.
- Tu fais le bon choix. Viens, je vais te montrer les termes du contrat.

Il fait quelques pas jusqu'au bar et une femme lui tends une feuille tapée à la machine et un encrier.

- Tu t'engages pour une période d'un mois d’essais, c'est ça qu'ça veut dire. Tu bosse le Lundi, journée où on s'occupe du nettoyage, le Jeudi, Vendredi, le Samedi et le Dimanche qui sont les quatre plus gros jours de travail. Le Mardi et Mercredi tu peux bosser en extra, 20 francs pour la journée pour commencer, 40 si tu survis à ton mois d'essais, Ah ! Payé 50 francs par semaine, 100 quant t'aura fait tes preuves. Tu trouves que c'est peu ? Il y a autre chose : tu es nourris et logé. Petit déj' à 9h - ouais par ce qu'on est pas ouvert le matin, trop peu de monde -, repas à 3h et soupé à 23heures ou plus si on finit le service tard. Pigé ? Le logement c'est une petite pièce à l'étage, et comble du luxe t'as des chiottes au fond du couloir, mais sois sympas et vide le seau par la fenêtre quant t'as fini. Des questions ?

Je ne réponds pas mais je me penche sur le contrat qu'il me tend et le parcours des yeux rapidement. Je lui ai dit que je savais lire, et je préfère vérifier ce que je signe. Si j'ignore quelle autorité ira se soucier de savoir qu'un contrat à été signé, j'ai un honneur et j'aime tenir mes engagements.
Je relève la tête et lui fais signe que non, pas de question.

- Ensuite il te faut savoir que quant tu seras dans la cuisine tu me donneras du chef et en salle si tu es amené à faire le service, du patron que tu me donneras, Ha ! Les pourboire tu les gardes, mais ce sera rare à par les caravaniers goules qui t'en file à chaque fois. Si tout est ok pour toi, tu mets ton pouce dans l'encre et tu pose ensuite ici, au bout du contrat, je préfères ça à une signature. Mais met ton nom et prénom ici quant même. Ha ! Voilà.

Je m'exécute. Je trempe mon pouce droit dans l'encre et l'imprime sur la feuille. Ça laisse une grosse tache noire. J'ajoute mon nom "Sebastien Japrisot" de ma plus belle écriture.
Je ne sais toujours pas si c'est mon vrai nom, mais ça me plait bien d'écrire ça au bas d'un contrat.

- Je te fais le tour de l'établissement et te présentes les autres, Sébastien.

Il m'explique en détail le fonctionnement de la salle principale - comment servir les clients, comment tenir un plateau, la numérotation des tables, etc etc - ainsi que du bar, pour les jours où j'aurais à faire le service. Il en profite pour me présenter Tiphaine et Sarah. La première s'occupe de gérer le bar, m'explique Le Gourmet. C'est un femme assez belle et assez effrayante en même temps, comme la plupart des femmes qui s'en sortent bien dans les Terres désolés, elle n'a pas l'air tendre. Mais elle m’accueille aimablement, me serre la main et me dis quelques mots.
Sarah quant à elle, traine dans la salle en passant le balais sans grande inspiration. Elle est contente qu'un nouveau commis soit engagé car dit-elle, ce n'est pas à elle de passer le balais. On m’emmène ensuite dans la cuisine où se trouve Braun et Maurice. Braun ne parle pas et Maurice parle déjà trop pour moi. On m'explique rapidement comment fonctionne le matériel et où sera ma place, ce que j'aurai à y faire.
Pour conclure cette visite, c'est Tiphaine qui n'accompagne à l'étage pour me montrer ma "chambre", une petite pièce à l'équipement rudimentaire, au bout d'un couloir.
En face de la porte, une petite fenêtre donnant sur la rue. Les vitres ne sont pas impeccables, mais au moins il y a des vitres. Le plafond est assez bas pour que je puisse le toucher en me tenant sur la pointe des pieds. Les murs sont délabré. D'un coté un vieille peinture orange délavée, écaillée, de l'autre des reste de papiers peint, plusieurs couches différentes, posées les unes sur les autres et révélée par endroit, pourries par l'humidité...
Sur le mur de peinture, un matelas qui a connu des jours meilleurs, et une vieille couverture rapiécées et sales jetée dessus, pas même pliée. Une armoire en bois sur le mur de papiers-peints, les portes ferment encore assez bien même si le bois à gonflé sous l'effet de l'humidité. Un petit bureau rudimentaire et une vieille chaise d'écolier près de la fenêtre. C'est tout le mobilier de la pièce, et entre tout ça, à peine l'espace nécessaire pour circuler.

Je pose mon sac sur le bureau et Tiphaine reprend la parole:
- On est vendredi, grosse journée, mais prends tes repère et redescend en cuisine dés que t'es prêt. Tu attaques dés ce soir.
Vendredi. Nous somme vendredi. La réponse à une question que je n'osais pas poser de peur de passer pour un con. Vendredi, combien, de quel mois, je ne sais pas, mais qu'importe.
- Merci Tiphaine. j'en ai pour quelques minutes et j'arrive. Je parle calmement et tout bas.
- Dis donc, t'as pas l'air d'être un grand bavard toi.

Elle me laisse seul. Je n'ai en fait rien de précis à faire, alors je tourne en rond pendant dix minutes dans la pièce, il me faut trois pas pour la parcourir intégralement. Le lit est trop mieux et on sent le sol en dessous, la chaise du bureau est bancale. C'est mieux que rien. La fenêtre en revanche s'ouvre assez bien et je note cela comme un bon point.
Je me penche un peu à l'extérieur pour fumer une clope, me demandant ce qui m'attendait vraiment en tant que larbin de cuisine.


Mon premier Week-end de travail s'avère plus intense que je ne le pensais. Les soirées sont longue est bien remplies, sans temps mort. Je passe tout l'après midi aux préparation en cuisine. Le Gourmet m'apprend les bases du métiers - dont le désossage d'un arrière de cochon - et s'avère être un bon mentor. Je ne serais sans doute jamais un grand cuisinier, mais ce n'est après tout pas mon but, mais j’acquière cependant assez rapidement un assez bon rythme dans l’épluchage des légumes, qui arrivent par kilos.
Les réprimandes fusent toutefois à la moindre erreur et le patron est s'avère être un perfectionniste dans l'âme quand il s'agit de cuisine. Il mène bel et bien son équipe comme un général sur le champ de bataille.
J'ai eu moins le réconfort de dormir au chaud et en sécurité, et d'avoir un repas tout les jours. Même si le lit est inconfortable, les murs trop fins et qu'on l'on ne m'offre à manger que les reste, ce sont des conditions de vie dont je m'accommode très bien, pour le moment.
Le lundi, c'est ménage, comme prévu. Toute la salle et la cuisine sont récuré de fond en comble, mais même nettoyer les chiottes ne me parait pas dévalorisant, après tout, j'ai dormis plusieurs mois dans la merde des autres...

Je parle assez peu aux autres employés. Braun étant muet, Maurice me gonflant déjà un peu. Sarah est assez froide avec moi, peut-être est-elle timide, même si Tiphaine m'a déjà expliqué que le reste du temps elle travaille au moulin rouge (elle m'a aussi expliqué ce qu'était le moulin rouge, assez étonnée que je ne connaisse pas).
Mais les journée sont si intense que le temps manque pour les longue discutions. ça ne me dérange pas, je ne suis pas là pour me faire des amis, pas pour le moment. Je dois déjà me remettre de ces derniers mois.

Quand arrive le lundi, on me propose comme prévu de travailler en extra mardi et mercredi. Un peu d'argent en plus, je ne peux pas refuser. Mettre un peu de sous de coté me parait être le seul objectif que je peux me fixer pour les semaines à venir.
J'accepte donc bien évidemment.

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Le Gourmet
MessageSujet: Re: Commis d'office   Mar 1 Jan 2013 - 19:14

Dimanche, fin du service du soir.

Maurice administra une formidable claque en haut du crane de l'enfant goule, comme à chaque fois que le cuisinier devait demander quelque chose au gamin.
- Coupes moi ça.
Les plaques de cuissons de la cuisine étaient toute occupé par une casserole ou un quelconque récipient métallique, la fumée envahissait la pièce peu à peu.
- Tsss, ce donner autant de mal pour quelques connards d'officiers, quelle merde !
Il donna une autre claque à Braun, "plus vite petit".
- Le gamin arrive à lire sur les lèvres, enfin je crois, faut juste lui demander des trucs avec des mots simples.
Maurice se mouvait dans la cuisine comme le serait un bœuf balancé dans une piscine, mais l'odeur qu'il dégageait été moins ragoutante, "c'est un vrai four ici hein ?".
Le Gourmet allait et venait entre les fours, les plants de travail et le sous sol. On ne garde jamais les ingrédients dans la cuisine avec cette chaleur et cette humidité ils pourriraient bien trop rapidement. Tout en gardant un œil sur le nouveau... il faisait ce qu'on lui disait du mieux qu'il pouvait mais rien de plus, le patron essayait bien de le faire causer un brin :
- C'est y qu'c'est d'où que tu tiens toutes ces blessures de guerre la terreur ?
Enfin la cuisine n'était pas vraiment le meilleur endroit pour se poser et taper la causette, enfin pour des personnes normal, Maurice semblait intarissable de sujets de discutions inutiles.
- Bon, bon, bientôt finis ce service.


La salle ce vidait peu à peu, Le Gourmet bavardait quelque peu avec les derniers clients puis allait mettre en sécurité la recette de la journée dans son bureau, il sortit son trousseau de sa poche, ouvrit et referma immédiatement.
- C'est sympas et un peu dingue de voir un restaurant comme celui ci dans les Ruines, hein ? Ca me dis que ce n'est pas finis, que tout est en train de se reconstruire... Mais que ça reste quant même les Terres Désolés.
Tiphaine faisait évidement allusion au Patron qui s'enfermait dans son bureau pour garder en sécurité l'argent.
- Ah putain, ce truc c'est un sauna et pas foutu de perdre le moindre kilos, tsss. Ah le bleu, repasse derrière moi quant même, pour être sur que la cuisine est bien nettoyée.
Le cuisinier monta à l'étage avec son assiette, pour le "repas" du soir c'était les restes évidement et le patron avait été clair à ce sujet : " à Maurice de se servir en premier " et au nouveau de prendre ce qu'il avait laissé.
En fin de soirée chaque membre de l'équipe devait faire le nettoyage, exceptée Sarah qui rentrait "chez elle", où que cela puisse être.
- Ah merde, ce sac à foutre n'a même pas nettoyé la cuisine ou quoi ?
Elle prit le sceau en fer et le chiffon sale, ce qui se rapprochait le plus d'une serpillère désormais.
- Faudra qu'on m'explique pourquoi le patron garde cet incapable pour cuisinier alors qu'il a viré Gustave.
La serpillère s'écrasa au sol avec un "sploch" dégoulinant.
- Tu l'as pas connu toi, Gus, mais c'était un bon cuisinier lui, faut dire qu'il ressemblait un peu à Maurice, enfin niveau bide si tu vois ce que je veux dire, et toujours très sympas. Pourquoi le patron l'a viré ? Ça putain faudra que l'on m'explique... enfin meme pas sur, s'il faut c'était Gus qui était partis de lui même, va savoir pourquoi, et pas une seule fois je l'ai revu.
- Le patron il sait pas comment gérer une équipe ; je suis là depuis le début et tous y sont partis, les cuisiniers, bon y en avait juste eut trois sans compter le con qui est au fourneaux maintenant.


Sébastin n'eut pour cette soirée que le reste d'un soupe froide et un pain typique des terres désolés ( le genre comestible une fois sortie du four, une brique après quelques heures )... et les ronflements du cuisinier.





Mardi, début du service du matin.



Moucham en sauce 75Frc
Soupe de mollusque tendre 80Frc
Cervignard aux champignons 115Frc
Goliath et sauce sanguine 150Frc
Plateau de fruits frais 300Frc
Morceau du Gourmet 500Frc


Le patron effaçait puis réécrivait chaque matin le menu sur le tableau posé contre la vitrine. Ca il n'était pas friand de noms trop excentriques, du genre "MouchMiam" qu'il avait vu dans un autre resto de Lutéce, pitoyable. Mais on ne venait pas dans son établissement pour regarder un mot écrit à la craie mais un bout de viande saignant cuit à la broche. Le Gourmet n'inscrivait que le noms des plats, il proposait bien quelques entrées ( et aucun dessert, évidement ) mais il savait ce que le client venait chercher ici.
- Tu fais bien de rester en extra, tiens, avec une journée calme comme celle ci je vais bien essayer de t'apprendre deux trois trucs.


Spoiler:
 


Le plus difficile avec un Moucham c'était de le décortiquer sans péter la carapace et foutre des esquilles partout dans la chaire, et sur ce point Sébastien assura comme un type qu'aurait briser des os et casser des cous toutes ça vie durant. Propre et net, la préparation en elle même n'était pas bien compliqué avec le Gourmet qui l'aidait.
- Un client qu'a donné un pourboire au cuisinier. 60 francs.
Sarah lui donna l'argent en fin de service.
- Et bien, du bon boulot, un vrai cuisinier que j'en ferais peut être un jour de ce bonhomme !
Le soir même il lui offrit la petite lampe électrique et sa micro pile à fusion. "Avec une batterie comme celle là, c'te lampe pourrait rester allumée un an", ce sera toujours mieux que la lampe à huile qu'y était dans la chambre du commis.






Deuxième semaine, Lundi matin.

Le patron avait fait venir Tiphaine plus tôt ce Lundi.
- Mauvaise nouvelle... Commença-t-il avec un étrange sourire en coin.
- On a plus de mollusque en stock.
- Ah quelle merde, bon je vais chercher la hache.
- Sébastien, tu iras avec elle
- Putain, bonne chance vieux ! Lanca Maurice des cuisines.


Spoiler:
 

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Dernière édition par Sebastien Japrisot le Jeu 3 Jan 2013 - 1:40, édité 3 fois
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