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 Le Gros Lebowski

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Quentin Plaies-Méandres
MessageSujet: Le Gros Lebowski   Ven 19 Oct 2012 - 15:14

Le Gros Lebowski


Quentin marchait d'un pas long et rapide en direction du Temple des Gardiens. Il avait été convoqués par les Bergers, pour recevoir sa première mission. Enfin, pas vraiment sa première, mais la première qu'il devrait mener seul, en tout cas. C'était un moment très important de sa vie. Il se sentait un peu stressé, mais il imaginait que tout le monde l'était un peu, au moment de recevoir sa première mission en solo. C'était une grande responsabilité, et une preuve de confiance accordée par les Bergers. On ne peut pas prendre un tel évènement à la légère.

Il arriva au Temple. D'un coup d’œil, il vérifia l'heure à sa montre. Il était à l'heure. Il poussa la porte.

Le cœur du Temple, là où se tenait les réunions, les débats, et où étaient donné les ordres de mission, était un immense amphithéâtre construit sommairement avec les matériaux trouvés dans les Terres Désolées. Au centre de l’amphithéâtre, il y avait trois sièges. Dans celui du centre, le vénérable Berger Ibrahim de Bankolé peinait, vieux de plus de 70 ans. A ses côtés se tenaient les Berger Alphonse l'Astrologue et Marie la Juste, pas beaucoup plus jeunes que leur doyen. Derrière eux, une bibliothèque immense se dressait jusqu'au plafond, recensant tout les savoirs cumulés de milliers d'ouvrages littéraires récupérés à travers la Capitale. De grandes échelles sur roulettes permettaient d'accéder les ouvrages les plus hauts. Le Gardien Mahedine le Bibliothécaire était dans une conversation à voix basse avec deux autres Gardiens, près des livres.

" Approche, jeune Quentin Plaies-Méandres. " parla d'une voix paternelle le Berger Ibrahim.
Il descendit les marches de l’amphithéâtre pour se mettre à la hauteur de ses interlocuteurs.
" Tu te sens prêt ? "
Il hésita, et prit le temps de la réfléxion. Après avoir baissé un instant ses yeux vers ses pieds, il releva la tête.
" Oui. Oui, je suis prêt, Berger Ibrahim.
- Tu as pris le temps pour répondre. C'est un signe de prudence qui t’honores. Je te crois moi aussi prêt à affronter le monde extérieur seul. Ne t'inquiète pas, nous n'allons pas te confier l'avenir de l'Ordre de but en blanc, jeune homme. Garde ton sang-froid, et ta mission sera aisée. Il te faudra simplement rejoindre un homme, Joffrey Lebowski, aussi connu sous le pseudonyme de "Gros Lebowski" et effectuer une transaction avec lui. Il a une mallette, qui contient une chose que l'Ordre des Gardiens convoite.
Nous ne pouvons te révéler de quoi il s'agit, et tu ne devras en aucun cas ouvrir cette mallette. Tu iras retrouver cet homme près du Panthéon, et tu lui proposeras une quantité d'anneaux, que nous allons te confier. Une fois la transaction terminée, tu n'auras plus qu'à rentrer.

La somme n'est pas anodine, et c'est une marque de confiance qu'on te fait en te confiant ces anneaux. Ne nous déçois pas, jeune Quentin, tu es un élément prometteur. De même, rappelle toi bien, quoi qu'il arrive, n'ouvre pas la mallette, où tu trahirais notre confiance. Il y a un moment et un endroit pour tout, et ta patience sera récompensée avant que la fin n'arrive.

Voici les anneaux. Porte-les cacher, car une telle somme pourrait t'attirer bien des problèmes en dehors. Nous avons fixé préalablement avec Joffrey la somme de la transaction à 120 anneaux, mais n'hésite pas à négocier, c'est un homme arrangeant. "


Quentin avait écouté avec attention, sans interrompre le vieil homme, qui était visiblement fatigué par ces longs discours.
" Merci, Berger Ibrahim. Je ne vous décevrai pas, vous pouvez compter sur moi. Je serai de votre confiance.
- Très bien jeune homme ... Bon courage."
Quentin s'éloigna, en rangeant l'argent à l'intérieur de sa côte de maille artisanale, mais il fut arrêter par l'apostrophe du Doyen.
" Ah ! Au fait, jeune homme ... Si tu arrives à avoir la mallette pour moins que la somme convenue, penses à ramener la monnaie. "

Ah, les vieux ... Quentin affirma et quitta le Temple.


Dernière édition par Quentin Plaies-Méandres le Lun 22 Oct 2012 - 20:57, édité 4 fois
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Jeanne Groseille
MessageSujet: Re: Le Gros Lebowski   Ven 19 Oct 2012 - 19:11

La maison était si grande qu'Alice n’osa s’approcher avant d’avoir grignoté encore un peu du morceau de champignon qu'elle avait dans la main gauche, et d’avoir atteint la taille de deux pieds environ ; et même alors elle avança timidement en se disant : « Si après tout il était fou furieux ! Je voudrais presque avoir été faire visite au Chapelier plutôt que d’être venue ici.»

- C'est tout pour ce soir mon ange, nous lirons la suite demain
- D'accord, bonne nuit maman
- Bonne nuit Jeanne
- Tu peux éteindre la lumière en sortant s'il te plait ?
- Bien sûr mon cœur, à demain

Elle éteint puis s'en va, laissant la porte entrouverte derrière elle. Le son de ses pas s'éloigne puis disparaît complètement, remplacé par un silence de mort. Enfin seule.
Si ce jour avait été comme les autres, j'aurais sans doute lu jusqu'à ce que mes paupières se ferment d'elles-mêmes, épuisée. Mon livre est passionnant, si j'ai le malheur de l'ouvrir je ne peux plus m'en détacher. Plongée dans le cœur du Japon du XVIème siècle, je vis parmi les samouraïs : je ressens leurs souffrances, je pleure leurs morts, j'aime leurs maîtresses. Mais pas pour ce soir.
Cela fait une semaine que j'attends ce moment, je trépigne d'impatience. Tout le monde parle du grand départ de Quentin. Bien sûr, cette histoire était censée rester absolument confidentielle, mais tout se sait. Lorsque j'en ai moi-même entendu parler, mon cœur s'est subitement emballé. C'était le moment, c'était parfait, tout concordait. Je vais enfin pouvoir partir.

Enfin, c'est le grand soir ! J'ai préparé mon sac aujourd'hui mais je préfère vérifier encore une fois s'il ne me manque rien. De l'eau, une boussole, une carte, une lampe torche et des piles, quelque pansements, des mouchoirs de poche, ma manicle de poison (je porte ma manicle de foudre sur moi juste au cas où), quelques culottes et trois livres. Dans les poches de ma veste, un mp3 et le porte bonheur que mon frère m'a offert pour mon dernier anniversaire. Tout est là. Je m'habille en vitesse, j'attache mes cheveux et fais soigneusement mes lacets. C'est bon, je suis prête. Je jette un dernier coup d'oeil à ce qui m'entoure, juste pour le coté symbolique, et je sors de ma chambre à pas de loup.

Personne. C'est une veine. J'avance tout doucement en évitant de m'approcher de tout ce qui pourrait être susceptible de se briser en mille morceaux et de réveiller tout le monde. Je m'approche des escaliers et passe devant la chambre de mes parents. Des voix en sortent, je dois coller mon oreille à la porte pour pouvoir les entendre distinctement :

- Et il est assez entraîné au moins ? C'est la guerre dehors il ne va pas survivre une seule seconde !
- Ce n'est qu'une petite chose de rien du tout voyons, il ne devrait pas avoir de problème. Et puis il est loin d'être idiot c'gamin !
- Mais il est si jeune ! Et puis il ne sait même pas ce qu'il y a dans la mallette, il ne sait pas à quoi s'attendre ... C'est un risque énorme, Ibrahim est inconscient !
- Nous ne pouvons rien y faire chérie, ce qui est fait est fait, le gosse doit déjà être parti à l'heure qu'il est.
- Mais, son départ n'était pas prévu pour si tôt !
- Ils ont avancé l'heure pour je ne sais plus quelle raison, j'ai oublié. Et puis arrête avec ces questions, on ne peut même plus lire tranquillement !


OH NON ! Il est déjà parti, comment est-ce que je vais faire ? Je ne pourrais jamais me débrouiller toute seule dehors, j'ai besoin de lui. Vite, je dévale les escaliers en tentant de rester la plus discrète possible, puis je passe la porte d'entrée. Enfin, je suis dehors, je souffle de soulagement pour fêter ma victoire. Mais pas de temps à perdre. Je cours à travers les souterrains, il fait noir, j'ai froid et je n'ai même pas pris le temps d'aller faire pipi avant de partir. Quelle idiote ! Je tourne à gauche, puis à droite, puis je prends la deuxième à gauche, je cours sans m'arrêter vers la sortie du Temple.
Après avoir couru pendant plus de 20 minutes, je suis épuisée et ma vessie est sur le point d'exploser. Je vais dans une ruelle sombre et me cache dans un coin pour faire pipi.
Je reprends ma course tout de suite après avoir terminé, la peur de ne jamais pouvoir rattraper Quentin m'assaille. Je devrais alors retourner chez mes parents, passer la journée à supporter l'idiotie des enfants de mon âge et la pédanterie des personnes plus âgées. Ou bien je mourrai de froid, ou de faim, ou d'une maladie que personne ne connaîtra. "Je mourrai peut être sans m'en faire, du vernis à ongle aux doigts de pieds" J'adore ce poème. Quelques gouttes d'eau salé atteignent mes lèvres à cette pensée.
Mais soudain, j'entends des bruits de pas au loin. Mes larmes se bloquent, mon coeur bat la chamade, je suis tétanisée. Après quelque secondes, les secondes les plus longues de ma vie, je réussis enfin à reprendre mes esprits. Cachée dans l'ombre, je relève la tête pour regarder qui passe par là.

Un jeune garçon d'une vingtaine d'année marche dans la rue, d'un pas calme mais assurément déterminé. Il est beau, sa démarche me fait penser à celle de mon grand frère. Il ne m'a pas vu, et pour l'instant tout se passe à merveille. Il est là, c'est Quentin, je suis sauvée ...


Dernière édition par Jeanne Groseille le Lun 22 Oct 2012 - 21:24, édité 1 fois
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Quentin Plaies-Méandres
MessageSujet: Re: Le Gros Lebowski   Sam 20 Oct 2012 - 22:25

Spoiler:
 

Quentin avait traversé les larges conduits de ce qui était autrefois les égouts de Paris, avant de finalement débouché par l'une des entrées secrètes de l'Ordre sur le réseau métropolitain de la Capitale. Il avait prit une sortie non loin de Métropolitopia. Il se déplaça et rejoints les rues secondaires, en bordures de la cité souterraine. Il n'avait croisé personne ou presque dans ces boyaux mal éclairés, desservant les taudis les plus misérables des habitants du métro. Seuls quelques marginaux vautrés sur des cartons posés sur le sol. Ils étaient tellement défoncés qu'ils n'avaient même pas levé les yeux au passage de Quentin. Une puissante odeur de vomis et d'excréments, mêlé à la mauvaise sueur de l'alcool dégoulinant par tous les pores, obligea Quentin à plaqué son masque à gaz devant son nez, en plissant les yeux de dégoûts. Il préféra ne pas s'attarder et allongea le pas. L'endroit était dangereux, et il le savait. Autant ne pas chercher querelle aux habitants : certains étaient assez fous et belliqueux pour attaquer sans sommation un homme coupable du crime de marcher dans leur tunnel.

Après une vingtaine de minutes de marche dans les corridors aussi obscurs qu'oppressant, Quentin eut soudain la sinistre impression d'être suivi. Il ralentit son pas, sans se retourner, tendant l'oreille pour percevoir, attentif, tout bruit suspect. Il entendait ses pas. Et les bruis habituels des tunnels du métro. Le grésillement d'un néon d'urgence. Des gouttes d'eau tombant à un rythme régulier sur le sol de débris. Des bruits anodins, mais qui semblait à Quentin résonner comme le fracas du tonnerre. Il finit par s'arrêter complètement. Un silence pesant tomba. Son cœur s'emballait dans sa poitrine. Il respira lentement, par le nez, pour essayer de se calmer. Pas un bruit. Rien. Il tourna sur lui-même, scrutant les ténèbres de ses yeux, la peur au ventre. Toujours rien. Mais le sentiment d'être observé était toujours là, persistant. Quentin frissonna. Il repensa à ces histoires effrayantes dont il avait entendu parler une fois. On disait que dans les sous-sols de Paris vivaient des créatures difformes et cannibales qui attaquaient les voyageurs isolés pour dévorer leurs chairs. De petits êtres monstrueux connu comme "le Petit Peuple". Pour la plupart, c'était une légende urbaine, mais certains affirmaient que ces bêtes existaient et rampaient dans la pénombre, à l'affut des imprudents égarés. Quentin commençait réellement à croire à ces histoires, et l'angoisse commença à l'étreindre de ses bras étouffants.

Il reprit son chemin, d'un pas rapide, ne pouvant s'empêcher de jeter des coups d’œils réguliers dans son dos. Atteindre la Station Saint-Michel Notre-Dame. Il n'y avait plus que ça qui comptait pour Quentin. Ce n'était plus très loin. Sous l'effet de la peur, il se sentait devenir claustrophobe. Lui qui ne cédait pourtant pas facilement à la panique ni à la paranoïa, il sentait que chaque pas de plus dans les entrailles de la terre le rapprochait d'une mort certaine. Il se sentait toujours suivi, mais peut-être n'était-ce qu'une impression. Il continua sa route sur plusieurs centaines de mètres, prenant des détours, des coudes, des passages jadis réservés aux techniciens pour éviter des portions de voies éboulées ou bloquées par des rames de métros renversés. Au fur et à mesure qu'il savait la station de plus en plus proche, il finit par oublier la présence, qui visiblement ne lui était pas hostile. Elle l'aurait attaquer depuis longtemps, si tel avait été le cas. Son rythme cardiaque redescendit, et ses pensées devinrent plus obnubilées par la route à prendre que par ce qui le suivait. Probablement des charognards, ou des rats. Peut-être même que ce n'était que son esprit qui lui jouait des tours. l faut dire que les tunnels avaient de quoi effrayer.

Il y eut un coude, et au bout du tunnel, Quentin put voir les lumières blafardes et rassurantes de la station Saint-Michel Notre-Dame ! Enfin ! En s'approchant, il se rendit compte que la station avait été investie par un groupe de gens. Ils étaient armés. Prudent, Quentin s'accroupit dans l'ombre, à quelques 150 mètres de la station, et observa tout en tendant l'oreille pour savoir s'ils s'agissait de psychotiques, de marchands, ou d'une milice. Mieux vaut savoir où l'on met les pieds, si on ne veut pas finir rempli de plombs, dans ce métro. Concentré sur ce qui se trouvait devant lui, il finit par en oublié ce qui se trouvait derrière lui. Il en était de toute façon venu à la conclusion qu'il s'agissait d'une peur irrationnelle provoquée par la solitude dans ces noires entrailles. Il sortit ses jumelles de sa besace, et, de sa cache, il se plongea avec attention dans l'observation des personnes armées sur les quais délabrés. Il tentait d'entendre les brides de conversation, mais ils étaient trop loin, et les sons qui lui parvenaient étaient presque inaudibles.

Pas de campement. Pas de feux, ni de tentes. Quentin comptait quatre hommes et deux femmes. Deux portaient des fusils. Tous portaient des sacs de randonnée remplis de matériels. Quentin commençait à pencher, avec soulagement, pour la thèse des marchands itinérants, mais rien n'était sur. Il continua d'observer.

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Jeanne Groseille
MessageSujet: Re: Le Gros Lebowski   Lun 22 Oct 2012 - 18:30


Premières impressions : cette ville est laide, j'aurais dû mettre un pull, je ne suis définitivement pas faite pour l'espionnage.
Si seulement j'avais tenu un carnet de voyage, voilà ce que j'aurais écrit pour résumer le début de ce périple. Dans quoi me suis-je donc embarquée ? J'aurais préféré avoir passé ma soirée à lire, mes jambes me feraient certainement moins mal en ce moment même. Mais pourquoi est-ce qu'il va si vite aussi cet attardé !?

"Calme-toi. Calme-toi. Calme-toi .."

Après l'avoir répété plus de 16 fois, ça ne va toujours pas mieux. Nous marchons depuis déjà trop longtemps, Quentin ne fait pas de pause, mon sac est trop lourd, je ne vais jamais y arriver. D'après mes calculs, nous ne sommes pas très loin de Saint-Michel, il est trop tard pour faire demi-tour. "Mais où est ce qu'il m'emmène pour l'amour du ciel, on ne va quand même pas aller jusqu'à Lutèce ?!"


J'aperçois au loin les lumières de la Station Saint Michel. Je ne m'étais pas trompé. Ce point jaune m'oblige à plisser les yeux, trop longtemps habitués aux ténèbres des souterrains du métro. Plus nous avançons et plus je me sens agressée par ces rayons trop puissants, la lumière artificielle m'aveugle presque. Tiens, Quentin s'arrête ! Je me retourne pour chercher une cachette d'où je pourrais le voir. Il y a un renfoncement à 10 mètres, ce sera parfait. Je l'observe attentivement, il regarde la station de métro chaotique à travers ses jumelles.


Je m'imagine alors ce qu'il aurait pu voir cent cinquante années plus tôt. Tous ces parisiens gras et acariâtres qui attendent, entassés sur le quai. Ils se poussent, pressés de rejoindre leurs petits bureaux coincés dans les buildings immensément laids de la Défense. Tous ces robots, avec leurs mallettes et leur incapacité à sourire ou à être heureux. Nous, gardiens, tentons de retrouver et de conserver la culture d'avant l'apocalypse, tout le monde est nostalgique de cette époque. Ce n'était peut être même pas mieux que ce que l'on vit aujourd'hui. Cette Terre est pourrie depuis trop longtemps, nous l'avons pourrie. Cette pensée me donne la nausée, je n'aurais pas dû penser à tout cela. L'angoisse me submerge, je me sens piégée par le destin, je ne peux plus bouger. Je suis prise de vertiges, tout tourne autour de moi, mes yeux brûlent. Mes membres sont figés, mon coeur bat trop vite, des perles de sueur coulent sur ma nuque.

La seule chose que je puisse encore faire est crier. Je crie donc.
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Quentin Plaies-Méandres
MessageSujet: Re: Le Gros Lebowski   Lun 22 Oct 2012 - 21:13

Soudain, un cri de jeune fille tira Quentin de sa contemplation. Les autres sur le quai avait entendus aussi le cri, et ils se mirent à crier eux aussi, prenant leurs armes fermement dans leurs mains.

" Merde ... "


Quentin, devant la pression du danger, devant les hommes qui se mettaient en position près de son unique sortie, braquant leurs armes sur les ténèbres, rangea ses jumelles et se résigna à battre en retraite, à demi-courbé, pour regagner l'obscurité et sa protection.

" Là ! Quelque chose bouge ! "
Des coups de feu retentirent, venant éraflés le mur à quelques dizaines de centimètres de Quentin.
" Nom de ... " lâcha Quentin dans un souffle en se jetant à plat ventre, les mains sur la tête.
Que pouvait-il faire ? Envoyez Luciole, son petit robot, pour faire diversion ? Non, il y tenait trop pour risquer qu'ils tombent entre les mains des sauvages sanguinaires de là-bas. Tenter de raisonner ces fous qui tirent sans sommations ? C'est peine perdu, se disait le jeune Gardien. Courir à s'en faire brûler les poumons, au risque de se prendre une balle perdue en pleine tête ? Oui, le salut est dans la fuite.
" Est-ce qu'on l'a eu ?
- J'entends plus rien.
- Fais gaffe à toi, Djo. "

Quentin n'entendit pas la suite des mots échangés par le groupe dans la station.
Il n'y tenait plus. Il crut que son cœur allait lâcher. Combattant la peur, cette fois-ci bien concrète, de se faire prendre comme un lièvre dans son terrier, il se releva et détala de là où il était venu, en essayant de garder le plus possible la tête dans les épaules. Aussitôt, les tirs reprirent, mêlés aux cris. Une balle déchira la couette enroulée autour de son bras gauche qui lui servait de protection. Il courrait, courrait, comme il n'avait jamais couru avant. La peur, l'instinct de survie, la présence imminente du danger, lui donnait des ailes, et il avait l'impression que son cœur allait défoncer sa cage thoracique. Là, sur la droite, un renfoncement ! Il se rua vers cet abri bienvenu, et tomba nez à nez avec Jeanne. Il frôla sa troisième crise cardiaque en moins de deux minutes. Il plissa les yeux, en essayant de reprendre son souffle, pour mieux distinguer le visage de la jeune fille. Essoufflé, il finit par dire, en hachant ses mots de respirations profondes :
" Hhhhhh ... Hhhhh ... J'te connais, non ? Hhhhh ... T'es pas la sœur d'Abel ? Hhhh ... Jeanne, c'est ça ? Hhh ... "
Son cœur recommençait à prendre un rythme normal. Ses poumons étaient encore chauds après l'effort intense. Au bout du tunnel, il entendait encore les voix des hommes, sans parvenir à distinguer le sens des phrases, ni même les mots qui les constituaient. Quentin reporta son attention sur la jeune fille âgée d'une dizaine d'années.
" Qu'est ce que tu fais ici ? " s'étonna Quentin, qui se remettait à peine de ses émotions. Il constata que la fille semblait pas très bien, comme tétanisée.
" Est-ce que ça va ? C'est toi qui a hurlé ? " continua de s'inquiéter le jeune Gardien.
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Jeanne Groseille
MessageSujet: Re: Le Gros Lebowski   Ven 26 Oct 2012 - 5:11

C'est la première fois que j'entends un coup de feu, le son perçant d'une balle susceptible de m'ôter la vie. C'est une sensation fascinante, elle monopolise toute l'attention. Mon cri s'est arrêté, ma respiration s'est bloquée, je pense même que mon cœur a cessé de battre pendant une seconde. La vie s'arrête brusquement. Il n'y a plus de malheur, plus de joie, plus de famille, plus d'amis, plus de souvenirs. La seule chose à laquelle je pense en entendant ces détonations irrégulières me percer les tympans, c'est moi. Mon corps, mon âme, ma chair, c'est la seule chose qui compte à mes yeux désormais. Je ne veux pas avoir mal, et je ne veux surtout pas mourir. Le problème, c'est que je ne vais peut-être pas vraiment avoir le choix.

J'entends les tirs s'intensifier tout à coup, et des bruits de pas venir dans ma direction. C'est bon, je suis faite comme un rat. Ils n'ont plus qu'à venir me cueillir dans mon petit renfoncement, et c'en sera fini de la petite Jeanne. Je ferme les yeux, je ne veux pas voir ça. Malheureusement, l'angoisse n'abandonne pas devant de simples paupières closes. Le fracas des souterrains fait plus peur encore que son image, l'écho y est presque meurtrier. Lorsque j'ouvre les yeux, je manque de crier pour une seconde fois. Pas de peur mais de joie ! Quentin est en face de moi, sain et sauf, juste étonnement essoufflé. Il dit quelques mots, entrecoupés de longues inspirations qui semblent absolument nécessaires à sa survie :



- Hhhhhh ... Hhhhh ... J'te connais, non ? Hhhhh ... T'es pas la sœur d'Abel ? Hhhh ... Jeanne, c'est ça ? Hhh …


Je hoche la tête timidement. J'aurais aimé pouvoir sourire histoire de lui faire une première impression correcte mais le contexte ne m'a pas paru propice. Je reste donc là, figée devant lui comme une poupée de cire. Il n'a pourtant pas l'air de comprendre que je n'ai pas franchement envie de parler et enchaîne :


- Qu'est ce que tu fais ici ? Est-ce que ça va ? C'est toi qui a hurlé ?
- On va peut-être essayer de sortir d'ici vivants et après on verra pour les questions, hein ?



Je dois l'admettre, les relations humaines ça n'a jamais été très facile pour moi. Mais là, j'aurais quand même pu essayer de faire un petit effort. Pour un premier échange, un peu plus de finesse n'aurait peut être pas été superflu. Tant pis, je tenterai de me rattraper lorsque nos vies ne seront plus en danger. D'ailleurs, les coups de feu ont disparu. Ils se sont fait de plus en plus rares pour enfin s'évanouir et laisser place à un vide glacial. Nous restons quelques minutes dans ce silence complet que rien ne semble pouvoir briser. J'aime tant le silence.

Après quelques minutes, je me penche légèrement pour voir si la voie est libre. Plus personne. Je serre le poing sur le porte bonheur d'Abel caché dans la poche de ma veste trop grande et soupire de soulagement. On a eu chaud. Je sors doucement mon nez hors de la cachette, puis ma tête entière, pour enfin me retrouver en plein centre du tunnel immense, vivante et finalement libre d'ouvrir grand les yeux et d'admirer ce que je suis venue chercher : la vie.

Je me retourne vers Quentin, son calme me fascine. Je tente de me souvenir des questions qu'il m'a posé un peu plus tôt mais j'échoue pitoyablement. La peur de mourir est décidément captivante. Tout ce dont je me souviens, c'est qu'il a une belle voix. Une très belle voix même. J'essaie de réfléchir à ce que je vais bien pouvoir inventer pour rattraper mon amabilité de tout à l'heure. Je ne trouve rien de convaincant et essaie donc une petite improvisation :

- Je suis vraiment désolée pour tout à l'heure, je ne voulais pas dire ça comme ça. Enfin, j'avais très peur donc je ne sais pas trop pourquoi j'ai ... Enfin bref, je m'excuse. On va recommencer, ça te va ?
Très bien, je m'appelle Jeanne et je suis très heureuse d'enfin pouvoir te parler. Je t'ai suivie jusque là, je m'excuse pour ça aussi d'ailleurs, parce que je voulais partir de chez moi et voir le monde de mes propres yeux. Je n'ai toujours pas réussi à déterminer laquelle de ces deux raisons a pris le dessus sur l'autre au moment de me décider à faire mon sac et à partir pour de vrai.
Enfin bon, j'essaie de voir ça un peu comme des vacances !



Alors que cette dernière phrase pleine d'innocence retentissait encore en écho dans tous les corridors du métro parisien, j'ai tourné les yeux vers la station chaotique et me suis avancée vers elle, papillon de nuit attiré par la lumière.


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Quentin Plaies-Méandres
MessageSujet: Re: Le Gros Lebowski   Sam 27 Oct 2012 - 0:03

La jeune fille avait fugué. Quentin avait du mal à lui donner un âge. Peut-être dix ans. Peut-être un peu plus. Peut-être un peu moins. En tout cas, quand la fille parlait, elle faisait bien plus âgée, et semblait perturbée. Un peu comme si elle traversait une crise d'adolescence lié au besoin d'évasion causé par l'enfermement au Temple. Quentin se dit qu'il avait lui-même ressentit, très jeune, ce besoin d'évasion. Il avait trouvé le remède dans les livres et l'ingénierie robotique.
La jeune fille restait naïve, comme une jeune fille de son âge. Elle avait fugué pour vivre une aventure, et n'avait pas imaginé un seul instants les dangers innombrables des Terres Désolées. Des vacances, disait-elle. Des vacances qui pouvaient vite devenir cauchemardesques, pensa le jeune Gardien en devenir.

" Allez, viens, on va à la station, ils ont l'air d'être reparti par les autres couloirs."

Quentin entreprit de faire la morale à la fillette quant à sa fugue, tandis que le binôme, pour le moins insolite, se dirigeait vers la station au calme retrouvé.

" Tu es complètement inconsciente, essaya de parler avec sagesse Quentin. Une sagesse qu'il n'avait pourtant pas vraiment, mais son autorité d'ainé devrait suffire. Tu aurais pu mourir ! Ces tunnels sont très dangereux ! On y rencontre ... des esclavagistes qui enlèvent les petites filles ! Des monstres qui les dévorent ! Et même des goules enragées !" Il accompagnait chacune de ces exclamations par des gestes amples et surfaits, comme un conteur qui cherche à effrayer les jeunes enfants avec des histoires de méchants loups. Quentin n'était pas un excellent pédagogue, et il ne savait pas trop comment se comporter avec une fillette de dix ans. Mais il se sentait idiot dans le regard de cette enfant, comme si elle voyait très clair et, avec toute l'intelligence de ceux qui comprennent qu'on les infantilise alors qu'ils savent déjà tout de la part obscure de la vie, lui indiquait de ne pas se comporter avec elle comme se comportaient les psychiatres qu'elle roulait dans la farine avec des réponses calibrées.

"Bha oublions ça ... " Ils arrivaient à la station. " Qu'est ce que je vais faire de toi ? Si je te ramène au Temple, tu vas me faire perdre une demi-journée ! "

* Et puis c'est ma première mission en solo ! Si je reviens avec elle, ils vont penser que je ne suis peut-être pas encore fait pour l'extérieur, et qu'elle m'as servi de prétexte pour rentrer ... Je vais passer pour un lâche. Un nul. Je peux pas me permettre de revenir en arrière ... * pensa en son for intérieur le jeune disciple motivé et vaillant, mais pas encore aussi sage que ses ainés Gardiens ...
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Jeanne Groseille
MessageSujet: Re: Le Gros Lebowski   Lun 5 Nov 2012 - 20:14



Comme je l'avais prévu, Quentin n'a pas pu s'empêcher de me faire la morale. Je ne lui en veux pas. C'est un réflexe irréfrénable chez les être humais je pense. Tout le monde, même Abel, m'a toujours ennuyé dans les moments comme celui-ci. Étonnement, les phrases toutes faites de Quentin me dérangeaient moins. Elles ne me dérangeaient pas du tout même. Lui-même peu convaincu par ce qu'il disait, c'était sans doute la première fois qu'il s'essayait à l'exercice du grand frère qui donne des leçons. Il était si peu doué que c'en était presque touchant.
Quelque dizaines de minutes s'étaient déjà écoulées après la fin de son discours. Nous les avons passé en silence, un de ces silences qui est plus reposant qu’embarrassant, de ceux qui rendent l'atmosphère taciturne des souterrains de Paris presque vivable. J'ai toujours préféré les gens qui ne parlaient pas pour ne rien dire, et Quentin en fait sans aucun doute partie. Décidément, nous étions fait pour nous rencontrer. Je l'aime bien.

Au loin, j’apercevais depuis déjà quelque mètres une sorte de lumière dorée reflétée par le rayon ridicule de nos lampes torches. Une grande porte en bois se dressait dans un recoin de la station Saint Michel délabrée, surplombée d'une superbe enseigne dorée finement sculptée. C'est une brasserie. Quelle drôle de chose, l'entrée d'une brasserie en plein coeur d'une station de métro. Cette vision inattendue me rappelle que je n'ai pas mangé depuis plus de 16 heures, je me mets à rêver d'une soupe chaude et d'un carré de chocolat sur un morceau de pain.

- Je rentre là dedans, j'ai vraiment trop faim et je ne voudrais pas te piquer à manger, tu es déjà gentil de me garder avec toi. Avec un peu de chance ils servent encore des petits trucs dans cet endroit. Attend-moi dehors si tu veux, j'en ai vraiment pas pour longtemps .."

Sans même attendre sa réponse, je pousse la porte grinçante de toute mes forces et finis par réussir à l'ouvrir. Derrière elle, se tient un long couloir d'une vingtaine de mètre de long et d'un mètre et demi de large, terriblement haut sous plafond. Presque prise de vertige, je commence à avancer en fixant un point droit devant moi. J'entends le son fracassant de l'énorme porte se refermer derrière moi et ne peux m'empêcher de sursauter, cet endroit est cauchemardesque. Des ampoules sont fixées au mur, presque toutes grillées, on dirait des yeux sans éclat qui me fixent avec avidité. Après quelque mètres, je distingue une petite porte recouverte de papier peint déchiré et moisi, un excrément énorme y est grossièrement peint. J'imagine que ce sont les toilettes, charmant .. Ne faisons pas la fine bouche, je meurs d'envie d'aller aux toilettes depuis un petit bout de temps déjà, je rentre. La pièce est grande, les toilettes sont propres, je m'attendais à pire. Après m'être lavée les mains avec de l'eau noire et les avoir séché sur mon jean troué, je sors en courant, la faim me tenaille le ventre. Je cours toujours et arrive au bout du couloir, en face d'un escalier en colimaçon d'une taille impressionnante. Je pense ne jamais avoir vu quelque chose d'aussi beau. Après l'avoir observé pendant quelque secondes, je jette un dernier coup d'oeil au long couloir derrière moi puis monte les marches unes à unes.


Tout en haut, enfin de la lumière. Cela faisait une éternité que je n'en avais pas vu, c'est un bonheur. La pièce est assez petite, une grande vitrine laisse entrevoir une rue ruinée et sale, déserte. Dans la salle : un comptoir poussiéreux, des tables rondes et des tableaux assez laids pour décorer les murs. L'endroit n'est pas pas des plus accueillants. Derrière le comptoir, une vieille femme sèche comme une feuille tombée d'un arbre un soir d'automne me regarde d'un oeil mauvais, je ne saurais pas dire si elle est humaine ou non. J'avance vers elle calmement et tente de rester polie malgré la peur qui me ronge le ventre, j'ai un mauvais pressentiment.

- Bonjour madame, pourriez-vous ...
- T'es perdue p'tite humaine ? - dit-elle sèchement, ne me laissant même pas terminer ma phrase - Tu peux m'dire ce que tu fous dans l'coin sale mioche, on aime pas trop les étrangers dans l'coin. Tu ferais mieux de déguerpir, il pourrait t'arriver des bricoles ..
- J'aurais juste voulu savoir si je pouvais manger quelque chose s'il vous plait, j'ai vu l'enseigne en bas donc je me suis permise d'entrer
- J'sais bien qu't'es là pour manger vermine, tu m'prends pour une conne ? Personne vient là pour zieuter l'paysage hein !
Elle rit de sa mauvaise blague, d'un rire macabre et amer qui donne des frissons
- Par contre c'est soit du ragoût des goûts soit rien, et on fait pas crédit pigé ? C'est 2 anneaux. Te fatigue même pas à essayer de me faire tes petits yeux de biches, soit tu payes soit tu t'casses.

De l'argent, bien sûr, mais qu'est ce que je peux être bête, je n'ai rien du tout ! Enfin tant mieux, c'est un excellent prétexte pour aller chercher Quentin, je serai bien plus rassuré s'il est à mes côtés.

- Bien sûr que je vais vous payer, je dois juste aller demander un peu d'argent à un ami qui est resté en bas, je reviens tout de suite !
- Tente de ne pas te faire bouffer entre temps ! dit-elle en riant à nouveau, d'une façon plus effrayante encore

Je me dirige vers l'escalier pour aller chercher Quentin. Mais alors que je ne suis plus qu'à quelque mètres, une scène frappante me stoppe net. Assise à une grande table en marbre, une petite fille qui doit avoir à peu près mon âge fixe intensément les verres qui sont posés devant elle. Elle les regarde avec tant d'intensité que je m'attends presque à les voir bouger, mais rien ne se passe. Nous nous ressemblons comme deux gouttes d'eau, elle a l'air folle et cela me rend triste.

Spoiler:
 

Je finis par reprendre mes esprits, je tenterai de lui parler lorsque je remonterai. Je dévale les marches quatre par quatre, cours dans le couloir et pousse la porte énorme. La noirceur des souterrains est toujours là, Quentin aussi.

- T'aurais pas un peu d'argent par hasard ? Je te les rembourserai lorsqu'on retournera au Temple, ils font à manger là haut, j't'expliquerai ..
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Quentin Plaies-Méandres
MessageSujet: Re: Le Gros Lebowski   Lun 19 Nov 2012 - 21:14


Quentin était resté à l'extérieur, le temps que la jeune fille revienne. Elle ne l'avait même pas laisser réagir, la petite peste ! Elle ne devrait pas en avoir pour longtemps, se disait le jeune Gardien. Quentin en profita pour regarder ce qui l'entourait, contemplateur, cherchant l'homme qui pouvait être Joffrey Lebowski. Il ressorti la photographie qu'il avait de l'homme. Un document précieux et rare. Les photographes ne sont pas vraiment légions, dans ce monde désolé. Et les appareils en état de fonctionner le sont encore moins.

Sur la photo, ce monsieur Lebowski apparaissait avec de grosses lunettes de soleil sales, couvertes de poussière, un peu ridicules. Il portait un gros bouc grisonnant encerclant une bouche désabusé, et ses cheveux était assez longs, fins, châtains très clair, ondulant dans un vent visiblement féroce.

Il releva le nez de l'image, singulière, même en ces temps d'anticonformisme. La station n'était pas très animée. Certaines stations regorgeaient de vie, de passants, de commerçants, d'attrape-nigauds, et de mendiants. Ici, la station, assez éloignée du cœur même de Métropolitopia, semblait bien terne. Il ne devrait avoir aucun mal à trouver son homme. Comme, d'un rapide coup d’œil circulaire dans la station, il ne vit aucun homme ne ressemblant à la description, il s'imagina que on contact devait l'attendre à l'extérieur. Dès que la jeune fille serait revenue, il sortirait à la surface. Quentin se dit soudainement que ce serait sans doute la première fois pour cette enfant. L'extérieur. Les bâtiments en ruine. Le soleil de plomb et la chaleur accablante. La poussière et les gravats.

Alors que Quentin se laissait entrainer dans ses pensées, la petite voix enfantine de Jeanne vint le ramener à la réalité et aux sombres espaces du métropolitain.
" T'aurais pas un peu d'argent par hasard ? Je te les rembourserai lorsqu'on retournera au Temple, ils font à manger là haut, j't'expliquerai .. "

Le jeune homme soupira. Fuguer sans un anneau en poche ... Que les enfants sont parfois inconscients ! Après avoir regardé autour de lui pour vérifier qu'aucun regard indiscret ne les épiait, Quentin tira de sa cachette la bourse confiée par le vénérable Berger Ibrahim. Il en sortit 2 anneaux, qu'il tendit à l'enfant. C'était le seul argent qu'il avait, et son usage ne devait pas être celui-ci, mais il se voyait mal refuser quelque chose à cette bouille d'ange innocente.
" Tiens, voilà. Dépêche toi d'aller manger, tu veux ? "
Il avait dit ça sur un ton calme et bienveillant, patient qu'il était avec cette petite fille qu'il commençait inconsciemment à adopter comme sa petite sœur.
Il y eut un silence, et Quentin regarda Jeanne qui piétinait sur place, ses deux anneaux en main. Il se dit alors, devant cette insouciance innocente, que le temps n'avait finalement que peu d'importance. C'est dans la présence d'une enfant que l'on prend conscience de la Vie. Il eut soudain envie de mettre sa mission de côté, le temps de quelques minutes, et de passer un peu de temps avec la petite. Avec un sourire, il reprit à l'attention de la fugueuse insouciante. Il sortit deux autres anneaux.
" Je vais t'accompagner dans ce restaurant, à la réfléxion faîte. "

* * *


Une hideuse tenancière, grosse et goulifiée, tenait le troquet. Après un rire gras et un peu lugubre, qui semblait effrayer Jeanne, elle parla d'une voix forte et éraillée :
" Ah ah ah ah ! Revoilà la gamine ! Et elle ramène un client ! Alors, c'est pour un ragoût des goûts ?
- S'il n'y a que ça au menu, ce sera ça, oui. " répondit avec le calme qui le caractérisait si bien le jeune Gardien.
" Bouahahaha ! Allez, aboulez la monnaie, et prenez place, les jeunots ! "

Quentin posa ses deux anneaux sur le comptoir. Il posa sa main dans le dos de l'enfant, et lui murmura de déposer elle aussi ses anneaux sur le comptoir.

Il y avait une petite table ronde et crasseuse sur laquelle il restait du gras et du jus de ragoût séché. Quentin tira la chaise et prit place, en attendant que sa jeune amie ne le rejoigne. Il y avait une salière. Il la prit en main, et constata sans surprise que les minéraux de sel avait durci à l'intérieur, et que, formant un bloc compacte, ne pourraient absolument pas servir à assaisonner le plat. Il reposa la salière.
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Jeanne Groseille
MessageSujet: Re: Le Gros Lebowski   Dim 13 Jan 2013 - 22:48

Pendant quelques minutes, nous nous sommes contentés de manger en silence. Par la vitrine, nous pouvions apercevoir une rue froide et grisâtre, floutée par une bruine légère et triste. Même la pluie semblait sans espoir. Il était possible de distinguer, à la faible lumière jaune d'un lampadaire, la silhouette d'un vieil homme assis sur le trottoir d'en face. Il tenait un parapluie troué au dessus de son chien et semblait avoir froid, j'ai eu envie de lui donner la fin de mon repas. Je ne l'ai pas fait, sans vraiment savoir pourquoi.

La vieille lavait des verres en geignant d'une voix grésillante, seule derrière son comptoir. Elle se plaignait, je ne sais même plus de quoi, sans vraiment se rendre compte qu'elle s'exprimait à voix haute. En sentant mes yeux fixés sur elle, elle tourna la tête d'un coup sec et me tua du regard, cette vieille sorcière était décidément complètement folle.

- Et qu'est-ce que vous faites dans l'quartier au juste ?
- Pourquoi ?
- Pour rien


Un petit sourire narquois flottait sur son visage, je ne l'aimais pas, elle me faisait peur. Quelqu'un entra alors dans la brasserie et détourna l'attention de la vieille. La cloche ridicule destinée à annoncer les arrivants mis du temps avant de se taire complètement, puis le silence revint. Un homme tenait la porte grande ouverte, un courant d'air froid rentra dans la pièce et fit frissonner tout le monde. Il décida finalement d'entrer et réussit, non sans difficulté, à atteindre une chaise et à s'asseoir dessus à peu près correctement. Il était immense et complètement saoul.

- Une vodka glace avec des olives .. Ou des cacahuètes plutôt .. 'Fin un peu des deux …
- On a que du ragoût d'égouts si vous voulez manger un truc avec vot' verre. C'est deux anneaux. Et j'fais pas crédit.
- Ça m'va.


Il but sa vodka en attendant son plat et en commanda une autre à son arrivée. J'avais déjà terminé depuis un moment, l'assiette de Quentin était vide aussi. Pourtant, je savais, et Quentin le savait sans doute aussi, que nous allions rester un peu plus longtemps que prévu dans cette brasserie. Trois personnes étranges nous entouraient, et elles me paraissaient toutes potentiellement dangereuses. La vieille dans sa folie, l'inconnu dans son ébriété et la fille aux verres dans son regard vide. Depuis que nous étions entrés, elle n'avait pas bougé, pas dit un mot, c'était un spectre. Sa présence était froide, inhumaine, fantastique. Je la regardais, j'essayais de comprendre et je sentais qu'elle nous observait, qu'elle écoutait. Elle me semblait plus inquiétante encore que les deux autres, elle était insondable.

L'inconnu mangeait goulûment et interrompait régulièrement la vieille, qui lavait à nouveau ses verres, pour lui demander une vodka glace. C'était le moment de partir, je le sentais, il fallait que l'on s'en aille avant que la vieille recommence avec ses question. Je me suis levée en espérant très fort que Quentin me suivrait. Enfin la fille aux verres avait levé les yeux, je sentais son regard posé sur moi. Je me suis dirigée vers la porte qui nous reconduirait aux souterrains et à notre voyage, l'ai ouverte, et suis partie. La porte était refermée, j'étais seule dans le noir et j'entendais des bruits de pas venir vers moi. La porte s'ouvrit et l'immense silhouette de l'inconnu pris place dans l'embrasure de la porte. Des médailles dorées étaient épinglées à sa veste, son nom était inscrit d'un rouge sang sur la plupart, d'un bleu pale sur d'autres. Il s'appelait Daniel Russo.

- Me d'mande pas pourquoi mais j'sens que j'peux vous aider, je sens qu'vous cherchez quelque chose.
- Pourquoi ?
- Parce que, va poser ton cul sur la chaise à côté de la mienne et m'les brise pas


J'ai préféré ne pas le provoquer, après tout il nous proposait de l'aide. Nous étions donc tous trois accoudés au bar, le jeune fille au verre était restée à sa place mais continuait de me regarder. Tout était d'un calme irréel, il n'y avait plus personne dans la rue, le clochard était parti avec son chien et son parapluie. Daniel se tourna alors vers la vieille occupée à laver inlassablement les mêmes verres déjà propres :

- Trois vodkas-glace


Dernière édition par Jeanne Groseille le Sam 1 Juin 2013 - 12:04, édité 1 fois
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Quentin Plaies-Méandres
MessageSujet: Re: Le Gros Lebowski   Mar 5 Fév 2013 - 0:39

" Je suis pas sur qu'il soit bon de commander une vodka pour l'enfant qui est avec moi ... " nota Quentin.
" Te biles pas, c'est pour moi ! J'suis un bon gars, mais c'pas pour ça qu'j'vais payer vos consommations, on s'connaît même pas ! "

L'homme termina sa phrase en éructant bruyamment. Il était saoul comme une barrique et avait du mal à se faire comprendre. Son comportement était des plus agressifs, et Quentin commençait à véritablement ne pas se sentir très à l'aise dans ce gourbi. La tenancière posa un regard insistant sur Quentin, qui céda et commanda deux Nuka-Cola. Bon Dieu ... Tout ça, c'était des frais non couverts ! Il payait avec l'argent qui devait servir au paiement ! Mais où avait-il la tête ?

" Nula-Coka ! Ahaha ! On aime pas les boissons d'homme, gringalet ? "
Le gros bonhomme s'enfila l'une de ses vodka-glace en partant d'un rire tonitruant.
" Excusez-moi ... Mais comme vous l'avez noté, nous ne nous connaissons pas. Pourquoi vous nous avez retenus au moment de quitter ce bar ? "

Le rire du colosse s'était immédiatement tut. Quentin était méfiant ... Il décapsula le Nuka-Cola et le donna à Jeanne, pour ensuite ouvrir le sien. L'homme n'inspirait pas la confiance. Ni même la sympathie. De lui n'émanait que les vapeurs sulfureuses de l'alcool et une menace sourde. L'homme ne répondit rien.

La tenancière faisait mine de vaquer à ses occupations non loin mais elle semblait plutôt attendre la suite de la discussion entre Quentin et l'inquiétant personnage, restant suffisamment proche pour entendre si besoin. Un silence pensant dura pendant une dizaine de secondes. Au bout d'un moment, le gros gaillard haussa le ton, à l'attention de la vieille.

" Dis donc, la grosse, t'aurais pas de la vaisselle à faire plus loin, des fois ?! J'aime pas trop les espions ! "

Se faisant, il tira une large dague qu'il planta dans le comptoir avec un air féroce. La tenancière sursauta et s'écarta, rejoignant l'arrière-boutique. Quentin avait fait un mouvement de recul lorsque l'homme avait sortit son arme, et avait entraîné de sa main la petite Jeanne pour la mettre à l'abri, derrière lui. La fille dans la salle cessa de fixer les verres, et regarda fixement, avec des yeux vides, le gros bonhomme. Au bout d'un temps, elle refixa à nouveau le verre se la table, se plongeant dans une contemplation muette de l'objet, perdue dans son monde.

L'alcoolique s'enquilla son deuxième verre de vodka aussi facilement que le premier, puis il se pencha en faisant signe d'approcher à Jeanne et Quentin. Ils s'exécutèrent, et le gars chuchota comme s'il allait demander à Quentin de lui vendre Jeanne pour quelques heures. Mais sa question fut bien en décalage avec toutes ses précautions, et c'eut put-être comique d'un point de vue extérieur. Mais là, ça ne l'était pas.
" Vous cherchez quelque chose, nan ? "

Philosophe, et tenant à garder secrète sa mission et son but, Quentin rétorqua, en parlant normalement :
" Qui ne cherche pas quelque chose, à notre époque ?
- Bien répondu. Tout le monde cherche un truc. Et moi j'ai c'que vous cherchez, les jeunes ... "


Quentin était intrigué. Que leur voulait ce géant si mystérieux ? Il continua à être évasif et suspicieux, mais baissa le ton au même volume que son interlocuteur, cette fois.
" Et qu'est-ce qu'on cherche exactement, dites moi ?
- Et bha ... ? Vous cherchez pas le Gros Lebowski, tous les deux ?
- Que ? Quoi ... ?
- J'ai vu juste on dirait ...
- Comment le savez vous ?
- Je l'sais, c'est tout.
- Qu-Quoi ? Mais j'ai pourtant fais attention !
- Bha apparemment non.
- Mais ... Mais ...
- Bon, écoute, et ferme-la un peu. "

Il se tut.
" J'suis au courant qu'tu dois négocier avec lui.
- Vous savez aussi ce qu'il doit me donner ?
coupa Quentin, soudainement curieux.
- Ça j'en sais rien, et j'm'en fous pas mal.
- Ah ...
- L'problème, c'est qu'le Gros Lebowski a eu des ennuis.
- Quel genre d'ennuis ?
demanda le Gardien, inquiet.
- Des ennuis habituels. Enfin, habituels pour lui, j'm'entends ... Bref ! Il a plus la mallette, il se l'ait faîte voler.
- Mais par qui ?!
- Par des types ... t'sais c'que c'est ... des psychotiques qui débarquent, foutent le bordel et prennent ce qui les intéressent ...
- Mais ... Lebowski est vivant, hein ? Il s'est pas fait tuer ?
- Ho non ! Ce type est increvable !
- Alors il faut que nous lui donnions un coup de main pour retrouver son bien ...
- Si j'peux permettre, t'aurais meilleur compte de m'demander un coup d'main à moi ...
- Qu'est ce que vous voulez dire ?
- Pour cent Anneaux, j'te r'trouve cette mallette. C'mon truc d'trouver c'que les gens cherchent ...
- Cent Anneaux, hein ...
Quentin prit un air songeur.
- C'est plutôt honnête, nan ?
- Huum ...
- Ah c'est toi qui m'dis, j'te force pas la main, mais vous éviterez bien des problèmes ...
- C'est bon, ça marche. Les cents anneaux sont à vous dès que vous m'apportez la mallette.
- A la bonne heure ! "


Il avala son dernier verre avec un air réjoui. Il décoinça son poignard du comptoir et le rangea. Il semblait vouloir se mettre en route immédiatement.

" Vous le regretterez pas, j'commence mon enquête dès maintenant ! J'ai un pote qu'il faut qu'j'passe voir ! V'nez dans c'même bouiboui tous les jours entre quinze et seize heures. J'vous tiendrais au courant de l'avancée des opérations quand je le pourrais et j'vous donnerais votre mallette bientôt. Si vous m'voyez pas entre ces deux heures, pas d'inquiétudes, vous m'verrez sans doute le lendemain ! Allez, à la r'voyure ! "

Il quitta le bar.
Les deux compagnons restaient là, comme deux ronds de flancs, encore un peu interloqués. Jeanne buvait toujours son coca avec sa paille, par petite gorgée. Quentin soupira et prit une grande rasade du nectar que contenait la bouteille.

" J'irais bien voir ce Lebowski malgré tout ... Juste au-cas-où ce gars voudrait nous mener en bateau ... Qu'est ce que tu en penses, Jeanne ? Il en savait un peu trop à mon goût ... "
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Jeanne Groseille
MessageSujet: Re: Le Gros Lebowski   Mar 23 Avr 2013 - 3:21

Après la sortie du géant complètement ivre, Quentin me demanda mon avis sur la situation. Je ne me souviens plus exactement de sa question et encore moins de ma réponse, mais l'impression d'être tout à coup plongée dans cette quête la tête la première me marqua. J'avais quitté le Temple à la recherche d'aventure, on peut dire que j'étais servie.

Cette histoire semblait louche mais elle me fascinait, tout en elle était intrigant. Le contenu de la mallette, un secret particulièrement intense puisqu'il nous était ordonné de ne jamais chercher à le découvrir ; cet homme immense et mystérieux qui nous avait reconnu et spontanément proposé de l'aide ; et ce nom étrange qui venait on ne sait d'où et d'on ne sait quand : le Gros Lebowski. Ça aurait pu être un scénario de film, me suis-je dit.
Mais malgré tous ces mystères presque surnaturels, nous n'en restions pas moins humains, et les humains dorment. Il nous fallait trouver un lit pour la nuit, sans quoi je risquais de m'écrouler de fatigue. Après avoir commandé deux Nuka Cola, nous avons regardé la carte de la ville pour tenter de choisir un parcours et trouver une chambre au plus vite. Les quartiers à éviter étaient nombreux et nous allions être obligés de faire de sacrés détours pour ne pas y mettre les pieds.

- Mais non regarde, si on passe par Saint Sulpice et qu'on rattrape la Rue de Sèvres, on trouvera forcément une chambre à louer ! Et puis ça ne peut pas être si mal fréquenté comme quartier, c'était si joli avant… dis-je d'une petite voix
- Ce sont les Amazones qui vivent là bas ma p'tite, j'te conseille pas d'y montrer ta frimousse. Enfin toi t'auras sûrement aucun problème, mais ton ami va pas vraiment apprécier le quartier j'pense, ces tarées zigouillent tous les mecs qui rentrent dans leur territoire. Et encore, j'te la fais courte, si seulement elles faisaient qu'les tuer …


Derrière son bar, la vieille ne pouvait s'empêcher d'écouter nos conversations, et même parfois d'y participer. Elle continua à parler tranquillement, comme si la situation l'invitait naturellement à le faire :

- Vous savez, j'pense pas qu'il existe des quartiers surs dans cette ville. C'est la guerre ici, tous les jours des gens se battent et toutes les nuits j'entends des cris. Cette ville est rongée par les vers, elle est hantée par le mal et par la haine. Si j'ai un conseil à vous donner les jeunes, c'est de faire ce que vous avez à faire le plus vite possible et d'vous casser. Rentrez chez-vous, revenez quand vous serez plus vieux et que vous pourrez changer les choses. Pour le moment, vous êtes bons qu'à vous faire bouffer.

Ne sachant pas quoi répondre, je restai muette. Après quelques secondes de silence, la vieille repris alors d'un ton complètement différent, presque agréable :

- En attendant, j'peux vous louer une chambre si vous voulez, vous allez vous pommer à tous les coups dans les ruelles, on y voit rien tellement c'est sombre ! J'vous fais un prix avec le dîner même, vous m'êtes sympathiques. Allez, c'est au premier étage, la porte au fond du couloir, voilà les clefs. Débarrassez moi le plancher, j'ai encore un tas de vaisselle à faire.

C'était pratique, il fallait l'admettre. La vieille n'était pas des plus accueillantes mais au moins, nous étions au plus près de notre point de rendez vous avec Russo. Nous sommes donc montés dans les chambres et nous sommes écroulés sur les lits, les draps ne sentaient pas la rose mais au moins ils étaient propres. Je m'endormis en moins d'une seconde, toute habillée et grise de poussière. J'eus le sentiment de dormir pendant un très long moment, je rêvai de dragons et d'épées quand Quentin me réveilla. Une longue journée nous attendait.

Il était déjà plus de midi, j'avais effectivement beaucoup dormi. Après avoir mangé rapidement un plat très épicé que la vieille nous avait préparé, nous sommes donc sortis pour voir un peu à quoi les alentours ressemblaient. Notre rendez-vous n'était qu'à trois heures et nous sommes donc partis à la recherche d'informations sur le Gros Lebowski. Il habitait dans ce quartier, il y vivait depuis des années et tout le monde ici le connaissait, nous en étions certains. Quentin choisissait malgré tout avec beaucoup d'attention les passants qu'il interrogeait, la rue était assez fréquentée et nous avions l'embarras du choix . Il leurs posait quelques questions d'apparence banale pour tenter de savoir où se trouvait Lebowski, mais ce dernier était apparemment très craint et tous feignaient de n'avoir jamais entendu son nom auparavant. Seul un jeune homme qui chantait dans la rue avec un instrument venu d'ailleurs accepta de nous en dire plus. Il nous révéla que Lebowski avait été aperçu il y a peu de temps dans un vieux local près du Moulin Rouge, un bar mal famé où il occupait ses jours et ses nuits à s'endetter au poker : le Sans Souci. Apparemment, il s'y cachait et n'en sortait que très peu de peur de se faire tuer par ses ennemis une fois dans la rue, l'alcool l'avait rendu timbré et complètement paranoïaque. Ce bar était à plus de deux heures de marche d'ici et il nous était impossible d'y aller maintenant, nous étions déjà en retard pour nôtre rendez-vous à la brasserie. Après avoir remercié le jeune homme avec quelques anneaux, nous sommes donc repartis vers Saint Michel en tentant d'aller au plus vite sans nous perdre, ce qui n'était pas chose facile. Sur le chemin, Quentin me raconta l'histoire d'Oedipe, une histoire très belle et très triste. Il la raconta si bien que mes yeux se remplirent de larmes lorsque la belle Jocaste se tua, laissant Oedipe seul et misérable face à la cruauté des dieux.

Nous sommes arrivés devant la brasserie avec une dizaine de minutes de retard en espérant trouver derrière la porte grinçante la grande silhouette de Russo, la mallette à la main. A l'intérieur, il n'y avait malheureusement personne, même la vieille semblait avoir disparu et nous sommes allés chercher les Nuka Cola nous mêmes derrière le bar. Nous l'avons attendu longtemps accoudés au bar sans parler, une chanson très douce passait en boucle sur un vieux jukebox caché dans un coin de la pièce. Le son était crasseux et la mélodie insupportablement mielleuse, mais la voix de la chanteuse était merveilleuse et je ne m'en lassais pas. Après l'avoir écouté une quinzaine de fois, Daniel Russo n'était toujours pas là, il ne se présenterait plus et cela ne servait plus à rien de l'attendre.

Il était temps pour nous d'aller jeter un coup d'oeil au Sans Souci.





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Quentin Plaies-Méandres
MessageSujet: Re: Le Gros Lebowski   Lun 1 Juil 2013 - 19:01

La journée avait été peu productive, au final. Mais enfin, après bien des efforts, la pêche aux informations avaient fini par porter ses fruits, grâce à un marginal qui leur révéla que le Gros Lebowski traînait souvent du côté du Sans Soucis, un établissement de jeu.

Ils rentrèrent, en attente du contact qui les avait abordé la veille, à l'auberge qui leur servait désormais de point d'attache. Mais Russo ne revint jamais, et au bout d'une heure ou presque, Quentin convint qu'il fallait partir.
La tenancière n'ayant toujours, elle non plus, réapparu, Quentin, honnête, laissa sur le comptoir l'argent pour les Nuka Cola consommés et pour la chambre avec une petite note à son intention.

Ils quittèrent les lieux et prirent la route vers le Sans Souci. Habitués aux souterrains, les deux compères favorisèrent le déplacement par les lignes du Métropolitain, plutôt que de se risquer à la surface, à la merci de ses nombreux dangers.
La route s'avéra sure, et ils arrivèrent à leur destination en moins de temps qu'ils n'avaient prévu. Dehors, le crépuscule devait probablement tomber. La petite station de métro où ils arrivèrent étaient habités par quelques commerçants, tenant leurs échoppes qui servaient également de demeures pour leurs familles, sous de vastes tentes de toiles kakis fixées avec des rivets métalliques dans les parois. L'horloge de la station indiquait 20h30, mais même en cette heure tardive, les commerces fonctionnaient encore, accueillant des passants, toujours à la recherche de quelque chose pour survivre, améliorer leur quotidien...
Jeanne se plaignait encore de la faim. Quentin soupira. Lui aussi avait l'estomac qui gargouillait, surtout maintenant que l'idée s'était implantée dans son subconscient, mais il trouvait que son pécule, confié pour la négociation, diminuait bien trop vite. Malgré tout, il n'eut pas le cœur à priver de nourriture l'enfant qui l'accompagnait. Ils avaient de quoi payer. C'eût été bête de se priver. Il faudrait négocier plus âprement, et voilà tout. Quinze anneaux supplémentaires délestèrent donc le poids de la bourse du Gardien, pendant qu'assis sur le bord de la ligne, Jeanne et Quentin dévoraient à pleines dents une demi-douzaine de brochettes de cubes de viande cuite au goût un peu trop salé. Ils terminèrent leurs repas et remontèrent enfin à la surface. Le Sans Soucis n'était pas loin désormais.

* * *

Quentin poussa la porte de l'établissement, indiqué par une devanture un peu kitsch. Il n'était pas sur qu'emmener Jeanne dans cet endroit était la meilleure chose à faire, mais il était certain que la laisser seule dehors était la pire chose à faire. Il préférait encore qu'elle soit avec lui. Après tout, il était son ainé, et il en était responsable ... Jusqu'à ce qu'il la ramène chez elle ... Ses parents devaient être morts d'inquiétude. Il aurait sans doute mieux fait de la ramener dès le début ... C'était vraiment trop tard, maintenant.
L'endroit était sombre. L'éclairage provenait de quelques lampes à pétrole disposées sur des tables de billard et à égale distance les unes des autres sur le comptoir du bar. Malgré ses apparences vieillottes, le Sans Souci n'avait pas de problèmes d'argent, on dirait. L'éclairage aux énergies fossiles étaient une preuve de grand luxe.
Des parieurs et des joueurs abattaient leurs cartes et poussaient des capsules sur les tapis verts usés des tables. Un croupier, habillé d'une façon ridicule, donnaient les cartes à chaque tour aux joueurs.
Quentin sortit la photo qu'il avait du Gros Lebowski. Un homme au cheveux longs un peu ondulés, une barbiche imposante, et des énormes lunettes de soleil. Pas difficile à reconnaître, même ici.  Le gars était au bar, et discutait en faisant de grands gestes avec un autre gars, bien plus costaud et aux cheveux courts, qui tournait le dos au Gardien et à son amie. Quentin fut un peu surpris de voir que celui qu'on surnommait Gros Lebowski n'était pas si gros, ni même si grand que ça. Le deuxième était plus impressionnant, et semblait être un orateur de talent, à entendre sa voix forte et déterminée, et au vue de ces gestes prononcés pour appuyer ses paroles. Quentin dut prendre une large inspiration pour se donner du courage, avant de finalement se diriger vers eux mais il changea finalement de direction et alla se mettre au bar deux mètres plus à droite, et passa commande. La conversation l'interpella et il décida d'en entendre un peu plus avant de s'immiscer dans la conversation comme un radcochon dans un champs de maïs.

« Ne cède pas, Duc ! Tout ça, ce sont des fumisteries, et crois moi, je sais d'quoi j'parle ! J'en ai vu des escrocs du dimanche, des arnaqueurs à la petite semaine, des filous de secondes classes, et j'peux t'assurer que cette bande de bras cassés ne sont que des foutus amateurs, Duc !
-Ah oui ? Et qu'est ce qui t'fait dire ça au juste ? C'est la deuxième semaine, et on a toujours pas la moindre nouvelle de lui !
-Ça n'veut rien dire du tout ! Ressaisis toi, nom de Dieu ! On reste là, on attend, et on voit comment progresse la situation en prenant du recul. On est pas bien là ? Y a des canettes, des cacahuètes, et puis on s'entraîne dur pour le tournoi de poker... Qu'est ce qui pourrais nous manquer ? Quoi ? J'ai pas raison ?
-Si, t'as raison ... Et t'es aussi un sale con ! »


Quentin vit avec dégoût le bras nu du grand costaud. Il était complètement nécrosé, comme s'il avait été rongé par l'acide, ou un truc dans ce goût là. Une goule ! Une putain de goule ! Ces abominations de la nature, dont le corps assimile les radiations pour guérir leurs effets néfastes au fur et à mesure de leur dégénérescence ! Ces zombies intelligents, qui finissent toujours par avoir le cerveau complètement détruit, à court ou long terme, et qui deviennent alors de véritables morts-vivants qui attaquent à vue tout ce qui bouge pour se nourrir de chaires fraîches !
Un frisson d'effroi parcouru l'échine du Gardien. Il n'avait encore jamais vu de goules de ses yeux, mais il savait suffisamment de chose sur elles pour savoir qu'elles étaient de véritables bombes à retardement sur pattes. Il ne souhaitait plus qu'une chose : prendre ses jambes à son cou avec Jeanne, pour quitter ce lieu et mettre le plus de distance entre eux et ... ça. Fuir cette abomination comme la peste noire, de peur qu'il soit contagieux. Mais il fallait traiter avec Lebowski.

Prenant soin de contourner le personnage trapu à la peau disloquée, il passa de l'autre côté et coupa les deux types dans leur discussion qui tournait de plus en plus à l'engueulade.
« Excusez-moi, demanda t-il timidement, jetant des regards en coin à l'immense goule à l'air patibulaire...
-Quoi encore ?
-Je suis dépêché par l'un de vos clients pour effectuer une transaction. De ce que j'ai compris, tout les termes de la transaction ont été vu, et il me suffit de vous donner la somme en échange d'une mallette.
-Hola, hola ! Tout l'monde se calme ! T'es qui, toi ? Pour qui tu bosses exactement ?
questionna le barbu tandis que son ami goule dégaina un gros revolver qu'il posa ostensiblement sur le comptoir.
- Eh bien ... Heu ... Vous savez ... Ibrahim.
- Qu'est ce que c'est encore que ça ? Des juifs maintenant ?
- Ferme la, Arnie !
coupa le Gros Lebowski sur un ton excédé. Un silence tomba et il inspira profondément avant de se réadrasser à Quentin.
Ouais. J'me souviens. Combien t'as sur toi, là ? »

Quentin hésita. Il se demandait si c'était bien le protocole lors d'une négociation. Les deux gars semblaient plutôt louches, et sur le point de le racketter. Surtout le grand goulifié. Avec sa voix forte et rauque et son côté bourru, il terrorisait littéralement le jeune Gardien.
« Vous êtes bien Monsieur Lebowski, hein ?
- Duc.
- Pardon ?
- Duc Lebowski. Dit le Gros Lebowski.
- Oui.
- Oui, c'est bien moi.
- Alors, combien t'as sur toi, petit ?
- Putain, Arnie, boucle la ! Tu ne mouftes pas pendant qu'je traite cette affaire !
- Il en fait un cinéma pour parler de son flouze ! C'est bien un juif, tiens !
- Mais ... Putain ... Mais ferme ta grande goule de ... de ... de putain d'goule !
- Comme tu veux, Duc ... »

A nouveau, le Duc laissa quelques secondes passer le temps d'inspirer et de retrouver son calme, avant de reprendre sur un ton amical.
« Alors, combien tu as sur toi, petit ? »
Quentin ne savait plus quoi penser de ces deux personnages. L'un était aussi grand qu'il était violent, et l'autre semblait aussi dangereux qu'il semblait sympathique de prime abord. Il fallait de toute façon être un dangereux psychotique pour fréquenter une goule aussi brute. Il aurait fréquenté un Mutant que ça aurait été pareil, pour Quentin.
« Bha, heu, environs 100 anneaux.
- Et c'est pour ça que tu fais tout c'foin ?!
- RHAAA ! ARNIE ! ... ... ... Bon. Mais c'est pas ce que j'avais convenu avec Ibrahim. C'était 1200 Anneaux.
- De quoi ?!
-Ouais, on dirait qu'il y a eu méprise, là.
- Ah ces juifs, ils essayent toujours tout ce qu'ils peuvent pour nous baiser ! Rien n'a changé !
- Mais pas du tout ! Il ne m'a donné que 120 Anneaux, je vous assure ! Il m'a dit que c'était le prix convenu ! Et les frais du voyage inclus, il n'en reste plus que 100 ... Mais c'est une erreur !
- A d'autres, ouais !
- Mais c'est vrai !
- Tu sais c'que j'crois ? Ce petit malin essaye de nous entourlouper, Duc. Il a gardé les Anneaux qui manquent, et il essaye de nous la faire à l'envers !
- Dis pas n'importe quoi, ce gamin n'y est pour rien. Ou bien si tu as vraiment joué l'entourloupe, sache que même si tu m'donnes ta petite copine pour compenser, je ne t'aurais jamais donné la malette pour seulement 100 Anneaux et l'plaisir de sa compagnie.
- Hein ? Mais vous êtes malades ?! C'est une enfant !
- Oui, bon, passons. Je pensais que tu étais de ce bord là. On voit pas souvent des gens se promener avec une gamine. J'te trouvais un peu répugnant d'ailleurs.
- Mais ça va pas bien, nan ?!
- Allez, c'est bon, oublie ce que j'ai dis. De toute façon, même si tu avais eu la somme, je n'aurais pas pu t'aider.
- Tu m'étonnes, Simone !
- Y s'trouve que la mallette est plus en ma possession.
- Mais elle est où, alors ?
demanda Quentin, désespéré.
- Bha si j'le savais, j'peux t'assurer qu'elle serait ici illico presto.
- Mais on sait très bien qui a cette foutue mallette !
- C'est ton opinion, Arnie ... Mais j'aimerais que tu la gardes pour toi ...
- Allez, Duc, c'est évident que c'est ces salauds !
- Ces salauds ? Mais qui ça ?
- Ecoute, c'est une affaire très complexe avec beaucoup de suppositions, beaucoup d’interprétations, beaucoup de ... ramifications. Ça ramifie un maximum.
- Mais encore ... ?
- Bon, voilà l'topo, si tu y tiens tellement. En tout cas, ce qu'on sait à l'heure actuelle. On a une mallette, que vous souhaitez nous acheter. Comme vous êtes ... - ou plutôt étiez les plus offrants ... parce qu'avec 100 Anneaux, vous allez pas aller loin dans c't'affaire, croyez moi ... - les plus offrants, on vous réserve la mallette. Seulement, y a eu tout un tas d'complications quand débarquent coup sur coup Arthur Rouscaille, un type à qui je dois ... une certaine somme ... Et qui propose d’effacer la moitié de ma dette contre la mallette. J'ai refusé, parce que vous deviez m'apporter l'argent pour que je rembourse cette dette. A peine le temps de dire ouf, qu'un autre gars arrive, un lieutenant machin-chose de la FNF, qui me demande la mallette en échange de la citoyenneté lutécienne et d'une protection permanente contre les types à qui je dois de l'argent. Offre alléchante, mais j'aime pas l'armée, ni la FNF, et je sais parfaitement bien que ces cinglés de créanciers me retrouveraient n'importe où. Donc j'ai refusé à nouveau, attendant la venue de l'argent promis. C'est à c'moment là qu'une bande de mercenaires, des chasseurs de primes - d'affreux fascistes - déboulent, me passent à tabac, et déguerpillent AVEC LA MALLETTE. Et je sais même pas pour qui ils bossaient ceux là. Ils se sont pas présenté. M'ont juste tabassé. Mais c'est pas fini ! Ce salopard d'Arthur Rouscaille a engagé des mercenaires, des raiders, qui ont kidnappé notre ami Timmie.
- Non. On l'a pas vu depuis une semaine. Mais je suis sur qu'ils l'ont pas kidnappé, moi
, corrigea Arnie pendant le Duc lui jetait un regard noir.
- Ils veulent la mallette en échange de Timmie. ET, je suis persuadé, contrairement à mon ami ci-présent qui n'est qu'un sale con, qu'il a bien été kidnappé..
- Timothée ... On n't'oublie pas ... On vas faire tout ce qui est en notre pouvoir pour te retrouver, mon grand
, énonça Arnie en semblant parler au plafond.
- ... Je suis las de toi ...
- En bref, c'est la merde. Et toi tu t'pointes avec 100 Anneaux, et tu réclames la mallette la bouche en cœur, comme si on allait te la chier devant toi !
- Tu devrais laisser tomber, petit, t'as pas ce qu'il faut, ni pour récupérer la mallette par toi même, ni pour qu'on te la vende.
- Mais ... Et si je sauve votre ami des raiders ? »


Les deux compères se regardèrent un moment dans les yeux, face à la proposition de Quentin Plaies-Méandres. Ils semblèrent communiquer par l'esprit avant de se retourner vers l'apprenti gardien et la petite fille près de lui.

« Bon, c'est d'accord. C'est vrai qu'ça nous enlèverait une belle épine du pied. Mais la mallette manquera toujours à l'appel.
- Je vous aide, je sauve votre ami, et en échange, quand vous aurez retrouvé la mallette, vous me la donnez comme une faveur.
- Très bien, ça marche, tope là. »



Il fallait maintenant commencer par retrouver les Raiders qui avaient kidnappé le dénommé Timothée. Il était pas prêt de rentrer chez lui, il le sentait ... Toute cette histoire semblait bien inextricable. Mais il fallait bien commencer par un côté. Russo lui avait demandé 100 Anneaux contre la mallette. Visiblement, l'alcoolique faisait partie des personnes qui ignorait la valeur du contenu de la mallette. Si il leur retrouvait, Quentin et Jeanne serait gagnant sur tout les fronts. Il fallait absolument qu'ils soient à l'heure à leur rendez-vous du lendemain après-midi. Tout pourrait se goupiller différemment.
Quel trafique, tout d'même ! Tout ça pour une mallette et une histoire d'Anneaux.
Les Raiders d'abords, Russo après.
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