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 Gortoz a ran

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Thomas Dole
MessageSujet: Gortoz a ran   Ven 29 Aoû 2014 - 20:19

Qu'est-ce que Lutèce était calme... C'était vraiment sacrément étrange. D'habitude, a cette heure là, les soldats sont excités, préparant leurs affaires pour ensuite partir pour passer quelques moments de perm' quand ils n'étaient pas de garde. Ils réservaient leurs places dans des caravanes qui allaient les emmener au parc des princes, ou au Moulin Rouge, pour aller se détendre avant de revenir à Lutèce, reprendre ses flingues, et aller crever partout dans Paris...

Mais pas aujourd'hui. Lutèce était parfaitement calme. Il n'y avait quasiment personne dehors. Juste cinq-six ingénieurs qui étaient en train de nettoyer les véhicules qui avaient servi pour l'opération.

Cette opération... L'opération Pax Franciae. Il était 17 heures 19. 10 heures avaient passé depuis cette sacrée opération...

Dole se tenait dans un des hangars. Il était propre, sombre, et surtout rempli de 13 tables avec 13 sacs mortuaires posés dessus. Le hangar était silencieux, au point où on pouvait entendre l'écho des bottes sur le sol.

Pour l'instant, seuls deux militaires étaient présents en plus de Dole. Ils avaient besoin du commandant pour faire la paperasse et la confirmation des morts. 8 d'entre-eux manquaient à l'appel. 4 avaient eu leur mort confirmée par Linda. Blanchard avait explosé, son armure avec... Mais on reportait sa mort de façon absolue. Quant aux 3 derniers... Disparus dans le Bidonville.

''Celui-ci, monsieur.''

Le soldat ouvrit la fermeture éclair, tandis que l'autre prépara la mine de son stylo, alors que Dole, rempli de pansements, identifiait et donnait la confirmation de la manière dont la personne était morte.

''Sergent Sophie Isabelle Pignon. 27 ans. Née le 21 janvier 2151 à Lutèce. Rejoins la FNF a 18 ans, le 16 avril 2169 en tant que militaire du rang. Membre de la section d'exploration de 2169 à 2173. Inscription à l'école militaire de sous-officier et diplôme obtenu en 2174. Membre de la section d'Infanterie de 2174 à 2176. Rejoins la section de Patrouille de 2176 à 2178. Groupe sanguin... Heuuu... A+. Mariée a Olivier Julien Trébert le 2 septembre 2171 et divorcée le 15 décembre 2174. Sans enfant. 3 frères. Père décédé. Mère toujours en vie. Sergent Pignon décédée lors de la défense de la Cité Scolaire Pasteur... Monsieur Dole. Confirmez vous que les actions du Sergent Pignon ont conduit à l'évacuation de plusieurs militaires blessés, et que sa capacité sur le terrain a été exemplaire ?
-Oui. Je confirme tout.
-Parfait alors. Elle sera donc promue à titre posthume et sûrement décorée...''


Le militaire signa juste. C'était de la bureaucratie chiante. Et de toute façon... Le militaire allait sûrement pas contre-dire le commandant. Les promotions posthumes permettaient de grossir la pension, et donc de permettre à la famille de toujours gagner un peu plus d'argent. C'était le moins que la République puisse faire...

L'autre soldat ferma le sac mortuaire, avant d’agrafer un papier dessus. Dole soupira, avant de murmurer quelques mots.

''Lieutenant... Vous... Vous avez des nouvelles des soldats dans le Bidonville ?
-Négatif, mon commandant. Mais la Sûreté, le département des Forces Spéciales et la section d'Exploration sont dessus.
-Et la milice ?
-Slobodan et ses Vautours sont en train de faire des perquisitions et de fouiller calmement les rues, mais ils n'osent pas s'aventurer trop loin. Ils pensent infiltrer des gens en civil dedans.
-Et... L'Aspirant Barras ?
-Ah ! La goule... Et bien... Techniquement, il est en état d'illégalité. Mais bon. La FNF fait l'impasse dessus. Du moment qu'il soit rentré avant cette nuit...
-Il sera rentré.''


Il espérait. Le commandant mis les mains dans le dos, avant de faire quelques pas au loin, suivi des deux militaires. 13 putains de cadavres... 19 morts en tout... Et le pire, c'est que c'était le bilan d'une victoire.

Un des soldats continua a remplir quelques papiers, tandis que Dole et le lieutenant allèrent dans un petit bureau sous le hangar. Dole s'assit lourdement dans un des sièges, alors que le lieutenant de bureau tapa pendant de bien longues minutes un rapport. Le commandant était fixe, silencieux, a fixer bêtement le bureau. Finalement, le lieutenant, avec un sourire pour tenter de se montrer sympathique avec l'officier supérieur, tandis plusieurs feuilles de papier mises ensemble.

''Vous pouvez relire et apposer votre signature.
-La FNF ne me demandera pas un rapport complet ?
-Exceptionnellement, non. Les 3 capitaines de l'opération... Magnart... Tyleul... Gaillard... On tout les trois été chargés de remplir eux-même les rapports.
-Je vois. L'état-major ne me fait pas confiance.''


Le lieutenant se mordit la lèvre, avant de sortir d'un dossier une feuiller de papier.

''Vous êtes demandés a être reçus.''

Dole parcouru rapidement le papier.

''Hénin... Chan... Losse... Fauchard... De Coubertin... C'est les grandes pontes. Pourquoi tant d'honneur ?
-Je ne sais pas, monsieur. Vous devez juste vous présenter.
-Ils ne me laissent pas de temps pour préparer ma défense ?
-Ce n'est pas un conseil de guerre, mon commandant. C'est juste... Une réunion... Enfin... Un dé-briefing. Un rapport oral.''


Le lieutenant eut ce même sourire. Mais Dole n'était pas dupe sur ce cas. Ça allait être un beau bordel... Losse ? Il le soutiendra. Hénin ? Il n'est intéressé que par les objectifs, qui ont été accomplis.

Mais Fauchard ? Il allait le faire payer pour la perte d'un camarade en EADS. De Coubertin ? Elle appréciera pas les ressources dépensées. Et Chan... C'était même plus la peine de penser à Chan. 18 soldats de la FNF qui avaient perdu la vie. Peut-être près d'une centaine, voir même plus de personnes en face, dont des civils... Il allait lui tomber dessus.

Qu'importe. Pour une fois, Dole n'était pas ce monstre d'égoïsme qui pensait uniquement a son rang. En fait... Chan aura complètement raison. Dole ne se défendra pas. Il expliquerai la situation et subirai pleinement les conséquences.

''Lieutenant... Comment vont les blessés ?
-Tout les blessés légers ont été soignés. Certains sous observation. Mais... 8 ont été hospitalisés. La plupart sont sains et sauf. Néanmoins... 2 ont encore leur pronostic vital engagé. Certains mettrons du temps avant de pouvoir envisager retourner au service. Pour 3 d'entre-eux, c'est fini. Enfin... Il y en a 2 qui pourrons rester dans la FNF, mais derrière un bureau. Quand au dernier... Mmm... 2e classe Neuchâtel. Il a reçu une balle au mauvais endroit. Nos médecins ont fait un superbe travail, on a évité la tétraplégie. Mais on a pas pu empêcher la paraplégie.''


Dole pris une grande inspiration, avant de continuer, la voix enrouée. C'était... Ouais, c'était étrange. Il y a 11 ans, Dole s'en foutait de ses hommes. Il ne les voyait que comme des outils. Il limitait les pertes uniquement parce qu'un soldat mort ou blessé coûte cher. Mais là... Il était vraiment détesté et attristé du sort de ses soldats. Et il se détestait pour ce qui leur était arrivé.

''Bordel... Vous... Vous lui avez annoncé ?
-Non monsieur.
-Il a de la famille ?
-Sa mère est morte de la tuberculose. Son père est à la retraite. Il a une petite sœur... Aux dernières nouvelles, elle était malade. Pneumonie, un truc bête mais... Ennuyeux. Vous le connaissiez pas ?
-Le capitaine Tyleul doit en savoir plus sur lui... 2e classe... C'était un bleu ?
-Oui. Il a rejoins la FNF il y a pas longtemps. Il a passé ses classes sans aucun problème. Vous savez, il est allé à l'école de Lutèce. C'était probablement un très bon soldat qui voulait gagner de l'argent tout en servant Lutèce...
-Oui. Il aurait été un excellent soldat. S'il ne s'était pas pris une balle...
-Comment ça c'est passé ?
-Il a sprinté pour rejoindre l'école.
-Très bien. D'accord...''


Dole avait fini de signer toutes les feuilles, avant de les rendre au lieutenant, qui les lias avant de les poser dans un dossier cartonné. Les deux hommes se levèrent, et le militaire en face de Dole lui fit un salut militaire avant de tendre sa main, que le commandant serra.

''Bonne chance pour tout, commandant.''

Le commandant sorti de la salle, avant de marcher au milieu du hangar, rempli de cadavres qu'il n'observa même pas. Il sorti, marchant un peu hors de celui-ci, avant de s'arrêter. Il soupira grandement, avant de rester fixe, une main dans la poche et l'autre derrière la nuque. Il tourna un peu la tête quand il entendit quelques pas. A quelques mètres, il voyait un soldat, la peau noire, avec de nombreux bandages. Sûrement un des rares camarades de Neuchâtel qui avait survécu. Dole et lui s'échangèrent un regard pendant quelques instants, puis Dole se remit a regarder devant lui, le terrain vide de la base militaire.

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Marshawn
MessageSujet: Re: Gortoz a ran   Lun 1 Sep 2014 - 9:12

- " Les médecins disent que je ne remarcherais plus jamais. "

Cette révélation eût l'effet d'une gigantesque claque pour Maël qui releva subitement la tête. Incapable de prononcer le moindre mot, de dire quoi que ce soit. Il n'avait ni le tact, ni l'intelligence pour avoir les bon mots en ces moments-ci. Il était incapable de rassurer ses pairs dans les moments difficiles. Il n'était pas son père. Il n'était pas Sophie, ni Magnart. Il n'était pas le Commandant Dole. Il ne faisait pas partie de ses hommes qui avaient un incommensurable pouvoir fédérateur, qui savaient rassembler autour de leur personne. Non. Il n'était rien de tout ça. Il n'était qu'un homme parmi tant d'autre, qui suivait les ordres tels qu'on lui annonçait.

Maël avait le regard fixé sur ses bottes, lorsqu'il lui vint quelque chose à l'esprit. Il se décida à le dire.

- " C'est le mieux qui puisses t'arriver, Michel. " Annonça t-il froidement, sans même jeter un regard à son ancien équipier. Neuchâtel se redressa légèrement sur son lit d'hôpital. Maël avait changé. Mais ce n'était pas une raison pour raconter des conneries pareilles à son goût.
- " Tu te fout de moi ? C'était la meilleure chose qui puisses arriver ? Putain Maël, je la sauverais pas, tu comprends ? J'ai échoué, bordel ! Je ne sauverais pas ma sœur ! " S'agaça Michel
- " Je comprends pas. Tu aurais préféré mourir ? " Demanda Maël en fiant le paraplégique alité.
- " Évidemment, que j'aurais préféré y passer ! J'aurais eût une prime posthume, et ma vie n'aurait pas été ruiné par le handicap ! " Répliqua ce dernier, enragé.
- " T'es trop con ! L'argent c'est tout ce qui ... Non, tu aurais préféré laisser ta sœur seule ? Tu aurais préféré l'abandonner ? " Asséna Maël qui s'énervait également.
- " Sors d'ici, casse toi. "

Maël se leva d'un bond, se dirigea vers la sortie et claqua la porte en sortant. Il ne pouvait pas en vouloir à son ancien équipier. Lui aussi était ici pour l'argent, et Maël avait préféré se taire au sujet d'une quelconque prime. Il n'en savait rien. Il ne voulait pas lui donner de faux espoirs.

Il se dirigea d'un pas las vers le hangar où étaient disposés les corps des militaires tombés au champ d'honneur. L'endroit était presque désert, il y avait deux-trois personnes, pas plus. En arrivant, il croisa quelqu'un qu'il aurait préféré évité. Son regard croisa celui du Commandant Dole, celui qui les avaient envoyés à la mort, un peu plus tôt dans la journée. Maël baissa la tête. Il lui en voulait. Toute son unité y était passée, et il se retrouvait désormais seul. Mais qui était t-il pour discuter de stratégie avec un Officier de Commandement ? Qui était t-il pour juger de son efficacité ?

Le soldat parcourut l'allée, des sacs mortuaires étaient disposés, avec des noms agrafés dessus. Des sacs mortuaires ... Quand allaient-ils être mis en cercueil ? Maël s'arrêta au pied de la dépouille de son ancien Officier. Le Sergent Sophie Isabelle Pignon, comme c'était indiqué sur le papier. Heureusement qu'il ne voyait pas sa tête, cela aurait été trop dur, beaucoup trop dur. Il se sentait coupable d'avoir survécut. Lui, le bleu, qui sortait de l'entraînement et avait eu une chance incommensurable pendant cette opération. Maël était couvert de bandages en raison des trois balles qu'il avait reçu, mais ce n'était rien, ce n'était absolument rien face à la mort.

La mort ... Il l'a côtoyé, et l'a même provoquée. Il a tué deux innocents, sans même réfléchir. Il s'en voulait à mort pour ça. Cette femme et on gosse auraient pût être n'importe qui. Il avait également manqué de tirer sur Sophie lorsqu'elle le rejoignit. Tous ses morts, Blanchart, Henri, Sophie, les deux civils ... Elles le hantaient, et ne semblaient disposées à le laisser en paix.
Il se remémorait sans cesse la morale que lui avait faites le Sergent à la veille de l'opération.

Tous ses morts finirent par le mettre mal à l'aise, et c'est ainsi qu'il quitta le hangar, estimant avoir fait son deuil. Il craignait néanmoins l'approche de la nuit et de son dortoir, vide. Il y serait seul ce soir, livré à soi même, face à ses propres démons. Ceux qui le terrorisaient depuis sa plus tendre enfance. Il en avait complètement oublié la pneumonie de sa propre fille, qui semblait soudainement anecdotique comparé à ce massacre.

________________________________________

L'on dit qu'il nous faut être confronté à la mort une fois, avant de comprendre la valeur de notre vie, avant d'en saisir toute les subtilités. Qu'il faut être confronté à la mort avant d'en savourer chaque instant. Les morts et les ravages constituent la guerre elle-même, et la guerre, est nécessaire afin de rétablir l'ordre dans les Terres Désolées de la Capitale.

Car la guerre ... La guerre ne change jamais.


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Thomas Dole
MessageSujet: Re: Gortoz a ran   Lun 1 Sep 2014 - 13:50

Dole attendait dans le couloir, assis sur une chaise métallique de très mauvaise qualité. Il était droit, les mains sur les genoux, le regard fuyant.

19 morts...

Il n'arrivait toujours pas a s'en rendre compte. Pourtant, il avait déjà eu des morts dans sa vie d'officier. Mais là... Là c'était...

Il était submergé par un sentiment de culpabilité étrangement puissant. Oh oui, des morts il en a toujours connus, de tout temps... La responsabilité de l'officier est de faire les sacrifices nécessaires au bon déroulement de l'opération. On envoie un homme en tête pour attirer le tir, on déplace une équipe pour qu'elle subisse le choc, on laisse des gars derrière pour couvrir... C'est la vie.

C'est la nature humaine que de chercher la culpabilité dans un moment de tragédie.

Mais là, c'était une opération proposée par Dole, planifiée par Dole, exécutée par Dole. Jusqu'à sa foutue tombe il en serait l'unique responsable.

Dole ne savait même pas ce qu'il foutait là. Ce n'était pas un conseil de guerre. C'était un débriefing. Sauf que d'habitude, on déplace pas le général Hénin pour un foutu débriefing...

Les tirs avaient été si proches de Lutèce que la population avait entendu. L'Oppidium Gaulois allait sortir demain, et il faudra bien trouver une foutue excuse.

C'est la nature humaine que de chercher la culpabilité dans un moment de tragédie. Ça vaux pour Dole, ça vaux pour la FNF. Quelqu'un allait devoir payer...

''Commandant.''

Une femme venait d'ouvrir une porte. Dole s'était immédiatement levé, les mains dans le dos. Il faisait peine a voir... Même s'il avait mis son uniforme formel, il portait un énorme bandage sur la partie gauche de son crâne, du sang sortant toujours de sa tempe et son oreille.

''Veuillez me suivre.''

La femme entra dans la pièce, et Dole la suivit lentement, son cœur commençant a accélérer. Il entrait dans une salle plutôt bien décorée, avec du bois, et très éclairée par des lampes au plafond. Il y avait un bureau, où étaient assis 6 personnes.

De gauche a droite, on pouvait voir Mainard, Fauchard, de Coubertin, Hénin, Losse et Chan. Les 6 responsables étaient bien séparés les uns des autres, et le bureau était légèrement courbé depuis l'intérieur. La femme qui avait ouvert a Dole s'installa derrière un vieux terminal, sûrement pour tout écrire en tant que greffier.

Description de Fauchard:
 

Description de Losse:
 

Description de Mainard:
 

Dole se mit au garde-à-vous devant ces 6 hommes. Et tous avaient des réactions qui mettaient Dole encore plus mal à l'aise. Mainard était enfoncé dans son siège, a tapoter la table. Fauchard avait un coude sur la table, les sourcils froncés d'une manière terrifiante et la lèvre supérieure un peu levée. De Coubertin avait les deux mains posées sur la table, a regarder silencieusement divers documents. Hénin avait la même face martiale et droite qu'il avait d'habitude. Losse avait les bras croisés, le visage neutre, les jambes étendues. Et Chan, lui... C'était étrange, lui qui d'habitude était toujours extrêmement calme... Il avait les yeux noirs, dévisageant le commandant.

Finalement, Hénin tapota une feuille de papier avec un stylo.

''Commandant Dole... Vous allez bien ?''

Il parlait avec une voix calme et aiguë. Dole ne réagit pas pendant un moment, se demandant ce que le général voulait dire avec cette question. Surtout... C'était le foutu général d'armée. Fils du président de la République. Dole ne l'avait pas beaucoup consulté dans sa carrière, et il voulait a tout prix se tenir à carreau.
Finalement, Dole posa une main sur son bandage, avant d'essayer de rassurer inutilement Hénin d'une voix tremblante.

''Oui... Merci mon général... Je vais très bien.''

Dole donna un sourire peu convainquant. Mais Hénin en avait strictement rien a battre. Il ouvrit lentement une page de son dossier, avant de lever la main vers une chaise devant lui.

''Je vous en prie. Asseyez-vous.''

Dole se posa lentement sur une chaise devant la table. On lui avait assuré que ce n'était pas un conseil de guerre... Mais la façon dont les 6 personnes étaient tournées vers lui, a l'observer, ne faisait que renforcer son idée qu'il était en train d'être jugé.

''Très bien, très bien... Commandant Thomas Dole...''

Hénin passa son doigt devant des feuilles, apparemment en cherchant des inscriptions. Au bout d'un moment, il tapa a un endroit, avant de lier ses mains et les poser sur la table, le regard dirigé vers Dole.

''Très bien. Nous vous écoutons.''

Dole resta fixe pendant un moment. Il tourna sa tête de gauche a droite, pour revoir tout les officiers. Le pire, c'était vraiment Chan, il en était persuadé... Lui qui était toujours calme, le voir dans cet état...
Le commandant tenta de se reprendre, marmonnant quelques mots.

''Pardonnez-moi, mon général ?''

Hénin ne daigna même pas changer d'expression ou de ton.

''Votre rapport. Nous avons les rapports de vos 3 capitaines. Nous voulons juste avoir votre vision des choses.''

Un rapport oral même pas préparé après avoir subi une blessure à la tempe.

''Vous... Voulez que je vous explique a partir de quand ?
-Quand est-ce que Magnart et ses Vautours sont partis ?
-Hier. Vers 14 heures... Il s'étaient infiltrés au compte-goutte. Surtout par trios ou duos avec un Vautour dedans... Les Vautours connaissent le Bidonville. Je faisais confiance à Slobodan pour infiltrer mes hommes à l'intérieur. Ils sont allés bien vers l'est puis sont partis vers le square Beloeil. Ils ont pris position près de divers endroits où les Vautours nous assuraient qu'ils pouvaient s'installer tranquillement...
Magnart nous signala juste des cadavres de clochards dans la piscine à l'est du square, mais... Ce n'était rien de gênant.
Magnart et ses hommes ont passé la nuit dans le bâtiment. Slobodan et ses Vautours se sont postés a divers endroit autour du parc.''


Dole resta silencieux un moment, avant de hausser les épaules.

''Et bien ? Continuez.
-A 4 heures 30 on a réveillé tout le monde. Les médecins ont préparé les lits, les soldats se sont armés... On a décidé de laisser le matériel inutile comme des vivres et emporté plutôt des munitions et équipements de combats...''

Chan sourcilla. Dole le regarda une fraction de secondes. Il semblerait que ça phrase ait énervé le colonel.

''A 6 heures du matin nous avons finalement reçu les informations de la BRS... Et l'opération a commencé a 6 heures 10. On a confirmé la présence des agents et de l'argent, mais pas des armes. Je n'ai pas eu le temps de commencer ou non l'opération puisque Slobodan a décidé d'aller de l'avant et de commencer l'interpellation. Ils se sont relocalisés vers la Cité Scolaire Pasteur, qui leur semblait parfaitement défendable. Ensuite, nous avons lancé l'autre phase de notre plan...
Nous avons fait fonctionné les véhicules et nous sommes partis dans le Bidonville. Formation de colonne... Mais... Nous avons eu de nombreux problèmes...
A peine arrivés dans le Bidonville, les véhicules ont calé sec dans le sable. Et sitôt après ça, on a eu de nombreux mouvement de foule et des tirs d'armes légères provenant d'un autre bâtiment.
Le tireur a été neutralisé et les patrouilleurs ont dispersé la foule a l'aide de lacrymogène. Immédiatement après, nous avons entendu Magnart et ses Vautours nous déclarer qu'une importante foule s'approchait près de leur position.
Nos véhicules roulaient très, très lentement, et on n'était pas capable d'avoir une seule route quelque peu dégagée. Je me suis tourné vers le capitaine Tyleul, qui m'a dit que ses patrouilleurs seuls ne pouvaient pas approcher de l'école.
J'ai donc chargé une unité de l'infanterie et un homme en armure EADS de se déployer a travers le Bidonville alors que le convoi continuerait.
Le convoi est arrivé sans encombre, très lentement... Mais nos hommes qui ont coupé ont été attaqués subitement.
L'escarmouche a été confuse... Mais il semblerait qu'un attentat suicide ait anéanti la plupart de notre EADS, ainsi que causé de nombreuses blessures... Nous avons eu 4 pertes, et 3 hommes ont été séparés du reste du groupe. Le major Carl Lilles, le deuxième classe Thierry Prost et le caporal Julien Frisque.
Le sergent Sophie Pignon a rassemblé quelques hommes... Deux de l'exploration et deux de l'infanterie...
Finalement, les véhicules sont arrivés. C'est là que Slobodan m'a annoncé qu'il avait pu obtenir l'adresse des armes du Trident... J'ai décidé, de mon propre chef, d'aller les sécuriser. Le groupe de Pignon est allé a l'école pendant qu'un convoi dirigé par l'Aspirant Barras s'est déplacé en véhicule. Ils ont perdu un homme en route, ainsi que reçu de nombreuses balles... Mais ils ont réussi a sécuriser les armes. Ils sont revenus et se sont postés devant le bâtiment de l'école.
Malheureusement, il semblerait que diverses milices et des locaux ont eu... Une motivation a en découdre. Ils ont chargé contre l'école, plus ou moins en bon ordre. Nous avons tenu les ruines, mais... Ils ont fait des trous avec la dynamite au nord-ouest. Ils sont arrivés juste dans notre dos...
Les hommes de Pignon et le capitaine Magnart ont vaillamment défendu l'école. Les pertes en revanche, ont été titanesques...
Au sud, un Vautour est mort. Dans l'école, nous avons perdu Sophie Pignon, les 2 brancardiers du médecin-chef Petiot, 5 soldats de l'exploration, et les 5 patrouilleurs de Gamma-1...
Malgré tout ces morts, les miliciens ont commencé a légèrement se replier. J'ai décidé de faire une retraite très rapide. Nous avons rempli les véhicules autant que nous le pouvions et foncé vers la base, pendant que Slobodan courrait vers le sud, et que le reste des hommes rentrent a pied.
L'opération s'est donc terminée avec nos 3 objectifs principaux accomplis. Mais avec de nombreuses pertes...''


Dole laissa sortir un léger soupir, avant de se pencher un peu en avant. Les yeux inquisiteurs des militaires étaient toujours là, alors que la greffière arrêta de taper sur son terminal. Hénin haussa les épaules avant de se pencher sur la table.

''Colonel. Vous voulez commencer ?''


Les yeux se tournèrent vers Chan, alors que celui-ci garda son expression de rage envers Dole.

''Merci général.
Commandant Dole, je tiens a rappeler a toutes les personnes présentes que vous êtes la personne qui a écrit le plan. Est-ce exact ?

-Oui mon colonel.
-Très bien commandant. Je vois de nombreux problèmes dans le déroulement de l'opération. Vous me déclarez que les véhicules ont eu des problèmes pour passer, vous confirmez ?
-Oui mon colonel.
-Vous me déclarez également que le passage de votre groupe dans le Bidonville a été extrêmement compliqué, et j'ai des rapports des 3 capitaines qui semblent me faire parvenir à la conclusion que le terrain n'était pas non plus favorable au combat. Est-ce exact ?
-Oui mon colonel.
-Pourquoi alors avez-vous décidé de mettre en place ce plan ?''


Dole s'enfonça les dents alors qu'il serrait violemment ses mains. Il cherchait ses mots, murmurant un peu, avant de finalement hausser la voix.

''Mon colonel... Le but du plan était de faire un coup de poing sur les divers ennemis de la FNF et sur... L'opposition grandissante à la République tout près des murs de Lutèce...''

Il s'arrêta. Personne ne parla pendant un instant, ce qui n'était pas bon pour Dole. Sûrement qu'ils s'attendaient a plus d'arguments pertinents. Fauchard prit la parole.

''Si vous permettez général...''

Hénin lui fit un mouvement de tête.

''Commandant Dole, j'ai une question simple : Est-ce que vous trouvez cela pertinent d'envoyer une armure assistée a travers un dédale de diverses positions de tir sans aucune portée ?''

Fauchard tapota sa main avec un stylo.

''Non parce que... C'est quelque chose de révoltant, vous ne trouvez pas ? D'envoyer des hommes en armure lourdes et peu maniables dans un guêpier. N'est-ce pas ?''

Dole n'essaya même pas de s'en défendre.

''Vous... Vous avez raison... J'étais pressé par l'urgence... J'aurais dû mieux réfléchir cette décision...''

Il y eut un silence, quand un homme prit une inspiration grandissante. François Losse.

''Général.''

Hénin leva sa main vers lui.

''Commandant Dole, est-il vrai que le convoi est passé sans encombre ?
-A quel moment, mon colonel ?
-Après avoir envoyé le groupe du major Carl Lilles.
-Nous avons trouvé un engin explosif improvisé sur la route... Avec une barrière... Mais nos ingénieurs ont eu le temps de tout dégager sans aucun soucis.
-Est-ce que vous pensez que sans envoyer les hommes a travers le Bidonville, les miliciens vous auraient attaqués de deux côtés, et possiblement fait des pertes grandement supérieures ?''

Fauchard cogna la table.

''Bon sang ! On est pas là pour juger sa décision là ! Il a envoyé une foutue armure EADS !
-La puissance de feu et l'armure de l'EADS lui permet d'être équivalent a une unité d'infanterie. C'était une décision bien plus intelligente d'envoyer un seul homme plutôt que 5 de plus !
-Comment voulez-vous qu'un mec en armure d'acier se foute a couvert ?
-Calmez-vous.''


Hénin redirigea son regard vers le commandant. C'est alors que Chan reposa une question, toujours avec le même ton extrêmement dur.

''Vous me dites que c'est Slobodan qui a trouvé, plus tard, l'adresse des armes ?
-Oui mon colonel.
-Pourquoi est-ce que vous êtes parti les chercher quand vous pouviez tout simplement vous replier ? Vous auriez tout au plus limité les pertes de cette lamentable opération.''

Dole tremblait un peu. Il hésitait vraiment a se défendre. Il regarda un a un les différents hommes autour de la table.

''Je... Je ne sais pas, mon colonel...
-Vous ne savez pas ?
-Non...
-Pourquoi est-ce qu'à ce moment là vous avez envoyé une vingtaine d'hommes en plein dans le Bidonville quand vous auriez pu juste vous replier ? Peut-être même utilisé ce temps pour récupérer les hommes disparus ?''


Losse, assis a côté de Chan, lui posa une main sur l'épaule, avant de promptement la retirer quand leurs regards se croisèrent.

''Mon colonel... Sauf votre respect... L'objectif du commandant Dole était uniquement de chercher les armes. C'était son travail.
-Son travail ?! Son travail qu'il s'est lui-même imposé, oui ! A ce moment là, personne ne le forçais a aller chercher les armes ! Il a fait confiance a un ex-psychotique alcoolique pour foncer au milieu de nulle part ! Et tout ça pour quoi ? Une cargaison de fusils ?
-Ce n'est pas a vous d'en juger !
-A vous non plus...
-Oui, c'est a moi.''


C'était Mainard qui avait parlé. Le gras homme était tranquillement enfoncé au fin-fond de son fauteuil, regardant cette scène avec une vision très paresseuse et apathique. Il n'en avait rien a foutre...

Qu'importe. Maintenant, tout le monde le regardait.

''Et alors, commissaire ? Est-ce que l'opération rimait a quelque chose ?
-Je ne sais pas. Je n'ai pas encore commencé l'interrogatoire de la demi-douzaine. M'enfin... Ils sont dans une position hiérarchique étrange... Ils ne sont pas bas, mais ils ne sont pas irremplaçables non plus. Je dirais qu'on pourrait bien faire souffrir pendant quelques mois, mais on les changera rapidement.
-Les armes, commissaire. Je parlais des armes.
-Non, colonel. Cela n'a rien a voir avec les armes. Vous êtes juste choqué du rapport coût/gain. Vous êtes bien trop proche de vos soldats, Chan... C'est dangereux. Très dangereux. Vous avez un devoir à la République, pas vos hommes.''


Chan paru choqué pendant une fraction de seconde, puis plongé dans une haine terrible qu'il réprimait autant que possible...

''Les armes ? Il y avait plein d'armes dans ces caisses. De quoi armer une bonne quarantaine de personnes. On tombe dans quelque chose qui vaut dans les 4000 anneaux. D'ailleurs, nous avons compté très précisément le nombre d'anneaux contenus dans la valise. 4553 anneaux. Une somme extrêmement conséquente, notamment parce que les anneaux ne sont pas construits. Du coup, vous me demandez :  Est-ce que ça valait le coup ? De mon point de vue, oui.
-Mais ce ne sont pas vos hommes qui sont morts, Mainard... Vous avez envoyé nos soldats au casse-pipe...
-Je suis d'accord avec le lieutenant-colonel Fauchard. Est-ce que vous pensez que tout nos hommes valent 8000 anneaux ?''


Mainard sourit un peu. Un sourire carnassier et hargneux.

''Les hommes qui sont morts sont remplaçables. On peut toujours construire de nouvelles armures, de nouvelles armes et trouver de nouveaux soldats. Les anneaux, on peut les fondre... Donc non. Vos hommes ne valent pas 8000 anneaux. Ils valent moins que ça...
-Enfoiré...
-Espèce de sale MERDE !''


Fauchard se leva de son siège, le doigt pointé vers l'homme qui était juste a côté de lui. Mainard sursauta un peu. Il était a portée de poing du lieutenant-colonel.

''Colonel ! Calmez-vous !''

Fauchard resta fixe un moment, avant de calmement se rasseoir.

''Oui... Général !''

Hénin soupira, et les hommes recommencèrent a regarder Dole. Il y eut un sacré silence, quand Mainard posa une question.

''Excusez moi, commandant... Eeuuh... Dole, c'est ça ? J'ai une question : Est-ce que vous pensé avoir causé assez de pertes chez l'ennemi ?''

Chan émit un son alors qu'il attrapa un débit d'air important. Dole l'observait... Il mettait vraiment toute son énergie a ne pas s'énerver.

''Commissaire Mainard... Si je puis me permettre... La mission était censée se dérouler sans aucun mort ! Le but n'a JAMAIS été de commettre une élimination !
-Je me dis, quitte a perdre 19 hommes, autant en causer plein a l'opposition.
-Comment ?! Arh ! Commissaire ! Vos commentaires sont impertinents et irrespectueux !
-Chan, s'il vous plaît...''


Hénin mordit sa lèvre inférieure, avant de finalement trouver un moyen de formuler, lentement, un commentaire.

''Commandant Dole... Ce que... Le commissaire... Veux vous demander, c'est... Et bien... Est-ce que... Enfin... Quelle est, selon vous... Le taux de dégât commis dans le Bidonville... Et... Dirigé vers qui ?''

Dole tourna les yeux vers le mur a sa gauche. Il inspira et expira nasalement, ses mains liées entre elles tremblant de plus en plus.
Il réfléchit un moment. Combien de personnes avaient été tuées ?
Voyons-voir... Une douzaine par les hommes de Lilles quand ils ont traversé le Bidonville... Une autre douzaine pendant le trajet vers la cargaison... une trentaine lors de la défense de la cité scolaire... Une douzaine par les hommes de Slobodan quand ils sont retournés ?

''C'est très difficile de le dire, mon général... Nous avons très vite été attaqués de partout... Nous devons arriver entre 40 et 80 tués hors FNF... Peut-être un peu plus de blessés...
-En parlant de ça... Commandant... Est-il vrai que vous avez modifié, sans avoir consulté Lutèce, les règles d'engagement lors de la bataille ?''


Dole ferma les yeux un moment.

''Affirmatif, mon colonel...
-Donc, il est raisonnable de penser que parmi ces 40 à 80 morts, il y a des civils ?
-Ce n'est pas raisonnable de penser ça. C'est le cas. Des civils sont morts.''


Les officiers s'arrêtèrent de parler. Dole n'osait même pas le cacher. Tous avaient une raison d'être choqué... Les hommes intéressés par la politique, comme Hénin ou Mainard, avaient peur de ce que la presse pourrait en dire. Les hommes comme Losse ou Chan étaient juste choqués d'apprendre que des civils soient morts...

''Vous êtes sûr, commandant ?
-Je... Je ne sais pas trop, général...''


Losse passa une main dans ses cheveux gris, avant de grommeler quelques mots.

''Il faut comprendre la situation... Nous avons des combattants illégaux... Sans uniformes... Dans un bidonville d'où les tirs viennent de partout... Les rapports des Vautours disent que tout le monde dans le Bidonville dispose d'une arme. Les hommes de la FNF ont sûrement fait des dommages collatéraux. Il y en a toujours.
-Losse, vous ne donnez pas d'arguments pour défendre Dole ici. Vous donnez des arguments pour l'accuser.
-Comment ça ?
-Si la situation dans le Bidonville était aussi explosive, pourquoi avoir fait une opération là-bas ?''


Mainard répondit immédiatement.

''Pour apprendre aux chiens qui sont leurs maîtres...''

Losse coupa Chan avant que le colonel puisse répondre.

''Le commissaire ne pense pas ça... Il voulait plutôt dire... Que nous avons terrassé net l'opposition... Qu'ils auront des tas de problèmes a recruter a cause de la peur engendrée...
-Peut-être. Ou alors ça aura l'effet inverse. Peut-être que les morts apparaîtrons comme de martyrs, la FNF comme des envahisseurs, et nos ennemis vont se mettre a recruter très rapidement.
-Ce qui nous ramène aux armes et à l'argent. Ce sont les deux choses qu'il faut pour avoir une armée. Nous avons asséné un bel uppercut à la rébellion !
-Ou alors on viens d'écraser un nid de frelon...
-Oh, allons, Chan ! Vous adorez critiquer, mais qu'auriez-vous fait autrement ! Je sais que vous aimez pas que je disse ça, mais je vais interroger les hommes interpellés ! Donnez moi un an et une poignée de mois, et vous n'aurez plus aucune résistance à la FNF !
-A quel prix, commissaire ?
-Les soldats se sacrifient. C'est leur but.
-Mais pas vous !
-J'ai été militaire, monsieur Fauchard...
-Nous SOMMES militaires, commissaire ! N'osez pas prétendre le contraire ! Nous avons fait bien plus pour la FNF en un an que vous en toute une vie !
-C'est vrai colonel Chan. C'est totalement vrai...''


Mainard souriait.

''Qu'est-ce que ça veux dire ?!
-Si vous étiez en charge de la FNF, vous n'auriez jamais autorisé cette opération, pas vrai ?
-Bien sûr que non ! Cette opération était un échec dès le départ !
-Vous êtes un peu dégoûté, n'est-ce pas ? De ne pas être le chef de la FNF ?''


Chan s'arrêta de parler un moment, ses yeux grands ouverts.

''Qu'est-ce... Qu'est-ce que ça veux dire ?
-Vous alliez devenir le général de la Force de la Nouvelle France ! Vous auriez pu vous battre pour les Terres Désolées ! Puis l'île vous a court-circuité. Pourtant, si vous étiez en charge de l'armée, vous sauveriez tellement de vie... Ce n'est donc pas de la trahison que de tout faire pour être en charge, pas vrai, colonel ?''


Même Hénin semblait gêné par le petit spectacle de monsieur Mainard.

''Commissaire... Est-ce que vous êtes en train d'accuser le colonel Chan de quoi que ce soit ?
-Mon travail est d'accuser tout le monde, général. J'ai des dossiers sur tout le monde.
-Et donc, pourriez-vous vous rendre utile et me dire ce que vous savez sur le commandant Dole ?''


Dole devint livide. Un courant lui traversa l'échine. La sûreté, la foutue sûreté...

''Très bien.''

Il sorti un dossier qui était dans un classeur, avant de rapidement l'ouvrir.

''Le commandant Dole est un homme avec un passé très confus, y compris même parmi les institutions militaires. Il passe le plus clair de son temps chez lui ou au Moulin Rouge. Il semblerait qu'il ai déjà eu recours a nos services... Mais enfin... On va pas lui faire la morale... Tout le monde dans cette pièce, sauf notre aimable greffière, a déjà eu recours à la Sûreté.''

Il sourit en coin, avant d'émettre un cours rictus.

''Ce n'est pas mon travail de savoir ce que l'opération a coûté. Le mien c'est de savoir ce qu'elle a gagné. Et je vais faire simple : Seul le temps nous le dira. Ou bien elle s'avérera grandiose, anéantissant sûrement toute opposition dans le Bidonville, et peut-être même nous permettant de gangrener la Tour Montparnasse...
Ou bien...
Ou bien ça aura l'effet tout inverse. On fédérera l'ennemi contre nous. Et alors nous devrons purger le Bidonville.''


Le silence régna a nouveau, quand Losse chercha a changer de sujet.

''Et pour nos 3 hommes disparus ? Vous comptez faire quelque chose ?
-Il semblerait que quelques volontaires dirigés par l'aspirant Barras sont retournés avec Slobodan dans le Bidonville. Ils font des recherches dans des maisons proches, mais fatalement, on ignore parfaitement où les 3 disparus sont. J'ai contacté mes... Amis dans le Trident... Si ils sont détenus au Trou, le Trident nous demandera sûrement quelque chose en échange de leur libération. Sûrement de libérer leurs 4 hommes. Oh, pas parce qu'ils sont utiles, mais sûrement pour les tuer...
En revanche, s'ils sont détenus par un autre groupe, on peut ou s'attendre a un lynchage, un assassinat public... Ou alors, plus simplement une demande de rançon ou d'échange. J'espère vraiment que c'est le Trident qui a capturé les 3 soldats. Au moins on peut négocier avec ces gens-là...
Dans tout les cas, ce n'est plus à l'armée de s'en occuper. C'est a mes services. Et je gagne toujours.''


Il donna un clin d’œil avant de se remettre dans son siège. Hénin se tourna vers de Coubertin.

''Vous me semblez bien silencieuse, colonel. Vous n'avez donc pas d'opinion sur la situation.''

Elle haussa les épaules avant de finalement parler.

''Vous avez tous des avis différents. Chan critique l'approche stratégique. Fauchard et Losse se battent sur l'approche tactique. Mainard supporte l'approche opératique. Pour être honnête avec vous, ce n'est pas l'opération en elle-même qui m'inquiète.
Ce n'est pas la première fois que le commandant Dole se retrouve avec des problèmes. Certes, certes... C'est un bon officier pour diriger des hommes. Mais il a réussi l'exploit d'être l'officier qui a causé le plus de morts indiviudellement ces 5 dernières années, dépassant presque Nanterre.''


Losse croisa les bras avant de répondre à cela.

''Bien sûr que oui, puisque c'est un officier d'infanterie qu'on envoie sur le terrain ! Si on le charge tout le temps des opérations, c'est normal qu'il se retrouve avec autant de pertes !
-Calmez-vous et ne me coupez pas la parole. Comme je vous l'ai dis, je ne dis pas que Dole est un mauvais officier. Je dis que c'est un officier qui n'est pas convenable. Cette opération était son idée. Il l'a défendue, planifiée et exécutée. Elle a eu des gains et des pertes. Comme toutes les opérations. Ce n'est pas ça qui m'intéresse.
Ce qui m'inquiète, c'est si Dole est actuellement capable de servir dans notre armée. Je vous le demande, commandant. Directement. En êtes-vous capable.''


Dole se mura dans le silence le plus complet, les yeux rivés vers ceux de la colonelle. Il hésitait vraiment a répondre. Il devrait juste monter la voix, se discipliner, faire une tirade, ce genre de bordel...

Non. Elle posait une question parfaitement pertinente.

Est-ce que Dole était capable d'être utile à la foutue armée ?

Il avait tué un commandant. Il avait eu un contact avec des psychotiques. Il avait envoyé 19 hommes à la mort.

Chan leva la parole après de longues secondes de silence.

''Regardez ! Il n'ose même pas se défendre ! Pourquoi est-ce que vous posez ce genre de questions ?! Vous avez juste à le regarder ! Il est blanc ! Il a les pupilles dilatées ! Il tremble ! Il a des cernes ! Son regard arrête pas de fuir partout ! Il a la peau sur les os ! Comment est-ce que vous pouvez simplement penser qu'il est en état de servir ?!''

Même Losse avait arrêté de défendre Dole. Il était là, tout seul, comme un con, devant sa chaise, silencieusement. Hénin soupira avant de regarder sa montre.

''Très bien. Parfait. Je suppose que nous allons pouvoir classer ça.
Commandant Dole, vous n'aurez aucune sanction pour cette opération. Néanmoins, je vais être obligé de vous mettre a pied administrativement jusqu'à ce que vous me produisiez un dossier médical complet contresigné par un médecin reconnu par la FNF qui me déclare que vous êtes apte physiquement et psychologiquement a servir.
De plus... Le lieutenant-colonel François Losse a raison. Vous en avez bien assez fait au niveau des diverses opérations militaires. Je vais vous muter dans un service où vous pourrez apporter votre expérience et vos compétences tout en m'assurant que vous ne causiez plus de pertes.
L'Humanitaire.''


Hénin se leva et commença a empiler ses dossiers dans sa valise.

''Rompez commandant.''

Dole se leva, et fit un salut militaire avant de se casser, aussi vite que possible. Il était vide. Totalement vide. Il n'était pas triste, ou en colère, ou énervé. Il était juste vide.

Il arpentait le couloir, redescendant les escaliers pour aller dans son bureau d'officier. Chacun de ses pas produisant un écho dans les couloirs entièrement vides.

A peine entré, il ramassa son manteau, ses clés, empaqueta un peu de barda et de boulot. Il ferma a clé son bureau derrière lui, avant de retraverser, toujours de la même façon, les différentes galeries de cette foutue base souterraine.

Il arriva à l'infirmerie. Il croisa Petiot. Le docteur lui remit son dossier médical complet, et lui donna une bonne nouvelle : Les deux soldats dont le pronostic vital était engagé étaient hors d'affaire, mais un d'eux était dans le couloir. La nouvelle ne réconfortait pas Dole. Surtout quand elle était prononcée juste a côté du soldat Neuchâtel, qui passerais sa vie dans un fauteuil roulant...

Le commandant repartait avec son barda, atteignant la surface qui était toujours aussi vide, les soldats sûrement en train de repentir et méditer sur la mort et la disparition des leurs. Dole passa une porte de la base, avant de trouver un vieux banc, et de s'asseoir lourdement dessus, a moitié endormi.

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Hannibal Cobs
MessageSujet: Re: Gortoz a ran   Mar 23 Sep 2014 - 23:02

Une lumière. Une lumière intense et profonde. Elle n’éblouissait pas ses yeux , mais prenait intégralement son champs de vision. Au milieu de ce halo lumineux , Cobs voyait quelque chose , un visage. En regardant , il s'agissait du visage d'un femme, jeune assez jolie. Il voyait ses lèvres bouger. Il commença a comprendre ... ce n'était pas la fin !

- Première classe Cobs ? dit la jolie jeune femme.

L’infirmière éteigna le néon de la table opératoire , pour ne pas aveugler le soldat. Elle revint vers le soldat.

- Première classe Cobs ?

- Je suis où ?

- A l'infirmerie de la base de Lutèce. Vous avez subit un traumatisme crâniens pendant l’opération Pax Franciae.

Il devait tenir la position pour couvrir le convois. Sous les tirs ennemis, a couvert derrière une barricade en béton , un parpaing vola sous le coups des mitrailleuse ennemis , et fracassa le crane de Cobs. C'est ce que l’infirmière lui raconta vaguement. Le Bandage sur son crane vint corroborer les propos de la jeune femme. Les questions commencèrent à fuser dans sa tête.

- ATTENDEZ ! Je suis ici depuis combien de temps ? Et mon unité comment vont t'ils ? L’opération s'est bien terminer ? Dans combien de temps je pourrais sortir ?

- Restez calme monsieur Cobs !

- Je suis très calme ! Je veux juste savoir ...

La jeune infirmière prise de panique appuya sur l'injecteur de morphine. Cobs tomba dans un profond sommeil. Il faut dire que la jeune femme n'était là que depuis une semaine. Elle n'avait même pas eut son diplôme d’infirmière. Elle était rentrer grâce a son oncle officier , qui avait promis a son père de la caser quelque part. En guise de bienvenue ses consœurs infirmière , passaient le plus clair de leurs temps a lui raconter des histoire de viol d’infirmière par des soldats blessé au combat. Créant des peurs panique chez la jeune infirmière face à chaque situation difficile.

Pauvre conne Pensa le soldat tombant dans les bras de Morphée.
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Gortoz a ran

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