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 Les leçons de l'haruspice

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Thomas Dole
MessageSujet: Les leçons de l'haruspice   Sam 26 Juil 2014 - 16:56

Dole parcourais le dossier une nouvelle fois. C'était incroyable a quel point le dossier foutait les jetons... Sur le devant, il avait été, en gros caractères noirs, ''BUREAU DE RECHERCHE ET DE SECURITE''.

La BRS était l'organisme le plus terrifiant de Lutèce. Il était surnommé de manière assez brute ''Sûreté''. La foutue BRS... On avait du mal a y croire, mais ils avaient des délateurs partout. Leur réseau était gigantesque, même si il était très indirect. A Lutèce, ils étaient rois. On voyait des hommes en imperméables noirs ou bruns a chaque coin de rue, et parfois, on les voyait nous suivre dans de petites ruelles. En dehors de Lutèce, c'était plus complexe, mais ils arrivaient a mettre des hommes dans l'Arc de Triomphe, Nécrotopia, et, a une époque, Métropolitopia...

La plupart des gens s'en balançaient de la BRS. Mais la plupart des gens ne les avaient pas vus en action. Il fallait bien se dire qui était Dole : Un sadique refoulé, un aristocrate psychopathe prêt a tout pour parvenir a ses fins... Et pourtant, quand il voyait le crâne de coq squelettique sur ce morceau de carton, un courant froid lui traversait l'épine dorsale. La Sûreté, dirigée d'une main de fer par Michel Mainard, était le plus grand rendez-vous de psychotiques républicains jamais vus. Ils torturaient avec un art qui ferait pâlir d'envie les Malebranches. Ce n'était même pas vraiment de la torture physique : Ils droguaient, ils violaient sous les yeux de leurs victimes... Les cellules les plus profondes de Lutèce étaient insonores et avaient les vitres couvertes. Les seules personnes qui avaient une once d'idée de ce que la BRS était capable étaient des hommes de ménages. Ou des personnes ayant déjà eu recours a leurs services... Comme Dole. D'ailleurs, c'était étrange, mais le commandant avait commencé a boire un peu trop a ce moment là, quand il avait obtenu ses galons de capitaine et fait la rencontre de l'Agent...

Mais, ça, c'était une autre histoire qui n'avait rien a voir. Alors, qu'est-ce que la Sûreté pouvait savoir sur Akhaten ? La vérité, c'est pas grand chose. Les amis de David Dole avaient fait un travail de gros, très recoupé et assez bâclé. En fait, la Sûreté ne connaissait pas une Akhaten. Il y avait Zoé Grégeois, la Malebranche tatouée, et Akhaten. Ces trois personnes avaient une description similaire, mais aucune d'entre elles était assez proche de l'autre. Les témoignages étaient vagues, peu décrits. La personne était une nomade qui allait rarement dans les coins civilisés. Le seul coup d'éclat avait été près du Moulin Rouge et avec un certain ami des Négriers... Mais encore, rien de concret.

''Hey ! C'est bon, la rue est couverte ! Vous pouvez venir !''

Dole jeta le dossier par terre, prit son barda, et se leva.

''C'est votre première à Ménilmutant ?
-Ma deuxième.''


Il ne portait pas son uniforme encombrant d'officier de la FNF. A la place, une tenue tout ce qu'il y a de plus normale. Une grosse armure en cuir de brahmine, des bottes de la même matière, un long manteau brun en mauvais textile. Il portait son revolver Napoléon bien en évidence, ainsi qu'un vieux fusil Churchill, qu'il avait récupéré lors de la Bataille de Nécrotopia, qu'il laissait pendre avec une bandoulière. Dans un gros sac ouvragé, il avait des soins, des vivres, un sac de couchage... Un sacré luxe dans les Terres Désolées, mais facile a obtenir avec une solde de commandant.

''Alors... Vous connaissez les règles ?
-Je compte pas faire chier les mutants. Vous inquiétez pas.
-Depuis que la FNEC a installé un poste et emploie des mutants, tout va un peu mieux. Mais...
-Je sais, je sais...''


Dole sourit de façon polie, mais la fille devant lui le faisait grave chier. Pour pas se faire tuer, Dole avait payé une petite caravane pour les rejoindre. C'était une gamine qui voyageait avec son petit ami, son beau-père et sa demi-soeur. Une gentille famille qui venait du quartier de la gare. Ils avaient fait le chemin jusqu'à Nécrotopia, avaient acheté des armes, et contaient les revendre aux mutants. Des gens étrangement sympathiques, pas le genre auquel Dole avait normalement a faire.

''Vous en avez mis, du temps ! Cria le beau-père, qui remettait les lanières sur le brahmine.
-Il fallait bien voir qu'on cherche le bâtiment !
-Tout a déjà été prospecté ! Je t'avais dit qu'on perdait notre temps !
-Pas totalement !''


La fille couru rapidement vers le vioc, ouvrit sa sacoche, et en sorti un vieux pistolet américain.

''Mouais... Il est en mauvais état... On le donnera aux goules...''

Dole s'arrêta un moment, ouvrit sa gourde, et en prit une gorgée rapide.

''Vous voulez faire une pause ?
-Non, non, surtout pas ! Je veux pas vous mettre en retard... Continuez, c'est juste pour quelques minutes !''


Le groupe se mit en route, laissant Dole avec son sourire en coin. Dès qu'il lui avaient tourné le dos, celui-ci s'écrasa a terre, a bout de souffle, la main sur le cœur. Il ouvrit son manteau, attrapa fébrilement un cacheton de Nitroglycérine, se le foutu dans le bec, et prit une gorgée d'eau. Il était officiellement en permission : Si il crevait ici, on mettrait bien 2 semaines avant de lancer des recherches. Mais Dole ne pouvait pas se permettre de crever. Pas avec toute la merde qui lui tombait dessus en ce moment. Il se souleva, et couru vers le reste du petit groupe.

On apercevait déjà les mutants et le cimetière du Père Lachaise. Il arriva très rapidement dans la ville mutante, suivant de près le plus âgé du groupe, la main sur la bandoulière du fusil. C'était plutôt sympa, l'endroit. Mais froid vu les températures de fin d'Hiver. Dole aperçu une tombe, pillé comme les autres : André Masséna. Pendant un moment, le commandant pensa s'arrêter. Masséna... LE, Masséna ? Masséna, parti de rien, commencé 2e classe, qui avait terminé Maréchal de France. Un égoïste bourré d'amour-propre, détesté de tous, et qui avait fini par mourir seul et triste. Le putain de future pour Dole...

La caravane termina sa course à la dépendance de la FNEC. Une maison, un parc avec des brahmines, un mercenaire avec une armure de fer... C'était la belle FNF. A un détail près : Mis a part ce gringalet aux lunettes de soleil et au flingue bien en vue, tout les employés étaient mutants. Il fallait bien ça pour accepter l'entreprise Républicaine dans la ville goule...

''Boooooooojour !''

Un énorme truc vert bien gentillet était derrière un comptoir. La fille s'approcha, signa quelques documents, et immédiatement après, toutes les merdes sur son animal furent prises. Le beau-père et le reste de la petite famille commencèrent alors a décharger le brahmine, cherchant les acheteurs qui leurs étaient prévus. En échange, ils payaient la FNEC pour nourrir, soigner, et préparer leurs bêtes. Apparemment, la petite famille refusait d'engager des escorteurs, préférant faire le boulot eux-même. Une idée totalement stupide. Dole les imaginait déjà servir de repas aux Wendigos... Mais qu'importe. Il s'approcha de la fille, et sorti de sa poche l'argent qu'il leur devait. Elle attrapa, compta, et se les foutu dans le soutien-gorge.

''Vous comptez rentrer à Lutèce tout seul ?
-J'ai mes entrées avec le poste humanitaire d'ici. Je peux passer une nuit ou deux.
-Ah ! Content pour vous. Et bien... Vous saurez où nous trouver !
-Oui... Au revoir.''


Dole tourna les talons et quitta la sale blondasse sur-le-champs. Il n'était sûrement pas venu jusqu'ici pour perdre plus de temps. D'ailleurs, il avait raison. Il cachait précieusement ses papiers de commandant de la FNF, et grâce à ça, le camp humanitaire de la République pourrait l'accepter direct.

Les mains dans les poches, les yeux rivés sur le sol, Dole essayait de ne pas confronter quiconque. C'était un humain au milieu de mutants. Certes, certes, depuis sa dernière mission, les choses avaient un petit peu changé. La FNEC employait une vingtaine d'escorteurs, plus une quinzaine de bonhommes verts pour la maintenance, l'accueil et l'aide des caravanes. Un renfort économique très important, d'autant plus que la FNEC payait des taxes à la Reine. De plus, il y avait le camp humanitaire, qui aidait a plusieurs choses pour un prix très abordable. Les humains n'étaient donc plus tués a vue. Mais malgré tout, il n'avait pas envie de se faire tabasser avant l'heure.

Dole cherchait une échoppe. Cela devait pas être dur a trouver, une putain d'échoppe... Il lanca des coups d'oeils furtifs, et il voyait des mutants faire de même vers lui. Il pressa le pas, regarda a travers les allées, les tombes, les cryptes détruites, les morceaux de tôle... Il s'éloignait de la sécurité du drapeau français. Il s'enfonçait dans le village. Le gros du village.

Il aperçu alors une sorte de maison en matériaux de récupération. Plus éloignée du reste du village. Le commandant s'approcha, et aperçu le nom du magasin. C'était là. C'était cette merde...

Il fit un pas dedans. Il n'entendait rien, et aperçu un mutant regarder de manière suspecte les étalages. Dole le fixa. Le mutant tourna la tête, montra les crocs, et immédiatement, Thomas détourna son regard vers autre chose. C'était vraiment un endroit... Pittoresque, pour faire un euphémisme. Les objets qui étaient vendus étaient assez... Étranges. Parfois presque maladifs. Dole s'approcha lentement du comptoir, d'où il entendait quelques bruits sortant de la réserve. Il regarda derrière lui, et le mutant quitta l'échoppe, visiblement désintéressé, ou alors dégoûté de la présence de l'humain. Le racisme passif marchait dans les deux sens...

Dole, assuré d'être seul, haussa le ton vers la dépendance :

''Excusez moi... Je suis à la recherche d'Akhaten.''

Il n'avait dit que ça. Mais d'un coup il y avait le silence complet de la réserve. Une ambiance pesante régna dans la pièce, alors que déjà, le commandant se mit a trembler nerveusement, l'idée de revoir la femme le rendant fébrile.
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Zoé "Akhaten" Grégeois
MessageSujet: Re: Les leçons de l'haruspice   Mar 29 Juil 2014 - 21:48



L’échoppe du chaman était engouffrée dans un caveau du cimetière un peu à l'écart du reste de la ville. L'entrée était composée d'une belle devanture gothique en pierre taillée il y a des siècles, surmontée d'un gargouille grimaçant soutenant la pancarte : "Chaman Oletro". A l’intérieur du tombeau, à environ six pieds de la surface, Thomas pu apercevoir dans la petite pièce une demi-douzaine de sépulture encastrée dans les murs; au moins la moitié d'entre elles avaient été vidées, mais il était difficile de discerner tous les détails tant ils étaient légions. Partout où il y avait de la place, et même là où il ne semblait pas y en avoir, étaient rangés des bocaux remplis de plantes, d'organes et de fœtus entiers, des squelettes d’espèces inconnues, des breloques, des amulettes, des poudres, des liquides, des pierres et autres ingrédients nécessaires à l'art du chamanisme, de la sorcellerie et de la divination.

Pour le soldat de la FNF qu'il était, tout cela ne représentait rien, mais il faudrait qu'il prenne conscience que ce qu'il voyait comme de la superstition prenait une part très importante dans la vie de beaucoup d'habitants de la région et surtout celle des Malebranches. Ils avaient élevé ce genre de pratique au rang de science et les prenaient très au sérieux. Aussi, même si l'échoppe était plutôt déserte à cette heure-ci, son propriétaire était très respecté par les habitants de Ménilmutant. Celui-ci fit son apparition en sortant d'une pièce adjacente sans lumière à travers un rideau de vertèbres. C'était une créature de deux bons mètres de haut pour au moins deux cent kilos. Il n'était pas très corpulent pour un mutant, mais face à un humain, il faisait le plus souvent le poids. Sa peau grise très pale et ses yeux rouges lui donnait l'air de sortir tout droit des enfers, ce qui, d'une certaine manière, était le cas, ce que n’arrangeaient pas les ongles et les dents noirs de jais taillés en pointes acérées.

"- Bienvenu Thomas Dole, je t'attendais, fit-il de sa voix caverneuse qui résonnait dans le tombeau enterré."
Il approcha sa tignasse de fines dreadlocks éparpillées sur le dessus de son crane de la coupe droite du militaire pour l'observer plus attentivement, puis l'invita à s'asseoir sur les tapis en peau qui recouvraient le sol. Tendis que l'humain s’exécutait, le mutant prépara dans un fond de canette découpée une mixture crèmeuse qu'il servie à son invité.Il s'empara ensuite d'un petit couteau de cérémonie sculpté de motifs ésotériques ainsi que d'un bébé raliéné tiré de sa cage suspendue au plafond avec les autres bestioles. Sur un petit autel en pierre maculé de sang au centre de la pièce il crucifia l'animal vivant avec des ficelles après avoir déposé un immense plat en fer blanc en dessous de celui-ci.

"- Je suis Oletro, le chamane. Certains m'appellent l'haruspice car je connais la fatalité. Le destin des êtres qui peuplent cette cité en ruine n'a aucun secret pour moi.
Il s'agenouilla face à Thomas dans une position de rituel et tendit la paume de sa main vers lui.
- A présent voyons ce que l'avenir te réserve. Donne ta main."

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Dernière édition par Zoé "Akhaten" Grégeois le Mer 30 Juil 2014 - 11:01, édité 3 fois
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Thomas Dole
MessageSujet: Re: Les leçons de l'haruspice   Mar 29 Juil 2014 - 22:22

Dole resta totalement fixe face à la figure gigantesque qui se dressait devant lui. Ses mains moites se serraient lentement pour former un poing, les bras longeant ses courtes jambes, les dents serrées entre elles. Pour la première fois depuis longtemps, il se sentait enfin a découvert... Il n'avait pas Maverick, il n'avait pas Barras, il n'avait pas une armée derrière lui. Il pourrait être tué ici même, et personne ne s'en rendrait compte avant un long moment. Il commençait a devenir vaguement malade, se rendant finalement compte de la merde dans laquelle il s'était fourré... Mais il fallait qu'il continue. Il se sentait encore attiré par cette tarée qu'il avait dû voir en tout et pour tout 15, 20 minutes. Cette salope hantait toutes ses putains de nuits... Il n'osait même pas penser au Caporal Morvand, qu'il avait envoyé à la mort et dont il avait rejeté la faute sur son propre commandant. C'était un sentiment étrange qu'il éprouvait... Une sorte d'attirance malsaine. Pas seulement envers Akhaten elle-même, mais plutôt sur ce qu'elle faisait. D'ailleurs, tout ce magasin transpirait de cette pestilence dégueulasse qui secrètement attirait Dole. Derrière une façade de dégoût ou de sarcasme, il était curieux de ces flacons et de ces horribles corps.

Dole s'assit. Une posture normale de troupier avec une jambe a terre et un genou levé. Il attrapa la canette sans broncher, et la but entièrement, son visage se crispant. Moins par le goût que par la méfiance... La dernière fois qu'il avait pris un produit conseillé par un étranger, il s'était retrouvé a tabasser a main nue et sans s'arrêter un psychotique.

Le commandant observa silencieusement le sale petit animal être ficelé sur un bout de bois. Dole esquissa un sourire. Qu'est-ce que c'était que ce culte débile ? Est-ce que quelqu'un ici savait même ce que représentait la crucifixion ? La bonne vieille Rome, les punitions drastiques et draconiennes... Il tentait tant bien que mal de se convaincre de la débilité d'un acte aussi barbare. Mais d'un coup, le mutant lui ordonna de tendre la main. Il observa un moment la paume de cette immonde bestiole... Mais putain de merde, dans quoi il se fourais ?

La FNF avait un camp humanitaire pas loin. Une dizaine de soldats. Il allait se barrer. Il allait les rejoindre... Ou alors, non. Non, la sale blondasse et son beau-père. Il retournerais au marché de la Gare. Il commençait a trembler un peu, sa face devenant livide, son rythme cardiaque dangereusement accéléré pour quelqu'un avec des problèmes de tachycardie.

Et puis il se ré-imagina la fille... Il pouvait a peine la décrire en l'imaginant... Ses courbes, ses traits, ses formes... Son sourire en coin alors qu'elle lui susurrais des actes répugnants, moralement nauséabond... Le genre de chose qui détruirais tout ce qu'il avait si on l'apprenait. Sa réputation, son grade, son rang, sa fierté... Et pourtant, c'était la seule personne de tout Paris qui avait jamais osé s'approcher de lui, comme ça, malgré ses hommes, malgré avoir TUE ses hommes, et lui permettre d'assouvir ces meurs basses et bestiales.

Le commandant plongea alors sa main livide et blanchâtre dans celle du monstre devant lui, se laissant librement diriger.
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Zoé "Akhaten" Grégeois
MessageSujet: Re: Les leçons de l'haruspice   Jeu 31 Juil 2014 - 23:02

Le mutant serra la main de l'humain pour la maintenir en place. Il se pencha au-dessus comme pour la lire et prit un air songeur. Il ne bougea pas pendant quelques seconde puis d'un coup trancha dans la paume avec le couteau de cérémonie. Thomas eu beau se débattre pour retirer sa main, elle resta fichée sur place sans même osciller. La fine lame était maculée de sang sur toute sa longueur, quelques goutes tombèrent. La coupure était très net et assez profonde pour mettre plusieurs jour à se refermer. Oletro la déplaça au dessus de la pierre et la laissa saigner. L'hémoglobine forma une petite flaque qui s'écoula le long d'une rigole en étoile vers les bords de l'autel puis vers le plat en-dessous.
"- Comme d'habitude, que des broutilles, mais ça ne coutait rien d'essayer, marmonna-t-il en lâchant le pauvre homme. Lire les lignes de la main ne donne rien. Pour un homme tel que toi il faut plus.
Il pointa le raliéné devant lui avec son couteau.
- Étrange ce truc, on dirait un chat."

Le soldat aurait voulu s'indigner du traitement qu'il venait de subir, pourtant il n'y parvint pas. C'était la décoction relaxante qui commençait à faire effet. Fumée à petite dose, la plante principale du breuvage faisait ressentir une légère euphorie et une sensation de planer, mais à cette échelle, avec cette préparation et les ingrédients rajoutés, on obtenait un cocktail détonnant qui emprisonnait littéralement la conscience dans une bulle temporelle et spatiale au delà de laquelle rien n'existait plus. L'effet n'était pas agressif, et même plutôt agréable si ce n'était une fatigue insoutenable et une migraine à s'en briser les dents dans les quelques jours suivant. La montée se caractérisait par une relaxation grandissante, laissant bientôt place à une puissante paresse qui empêchait de voire la réalité bien en face, la descente elle pouvait provoquer quelques hallucinations comme des formes mouvantes, des sons distordus, puis suivait de légère nausée avant un sommeil sans rêve.

Le chamane posa le tranchant de sa lame sur l'animal et d'un autre coup net et précis lui ouvrit une boutonnière de la gorge à l'anus. Les couinements de douleurs et de paniques envahirent la pièce tendis que le sang du sacrifié suivait parfaitement les rainures de la pierre. Il était encore en vie lorsque l'haruspice s'appliquait à décoller soigneusement la peau des os et à la punaiser à son plan de travaille. Très vite le malheureux se vida de son fluide vital dans un râle irritant. Le mystique commença sa lecture en triturant les organes sanguinolents avec une baguette.
"-

- Rien de fascinant en somme.
Il paru songeur.
- Hum d'habitude, un animal de cette taille suffit pour se faire une idée. On dirait bien que tu es promis à de grandes choses. Malheureusement je ne peux pas t'en dire plus, cela nécessiterait plus de préparation et de moyens."
Le Malebranche montra qu'il songeait à un paiement en frottant ses doigts.

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Thomas Dole
MessageSujet: Re: Les leçons de l'haruspice   Ven 1 Aoû 2014 - 0:00

Dole observa étrangement le mutant quand il lui attrapa la main, sa lèvre supérieure levée d'un côté, la main libre le long du corps.

''Écoutez, c'est quoi ces...''

Le tranchant de la main l'arrêta net. Ses dents s'écrasèrent les unes sur les autres, alors qu'un long son strident s'échappa du fond de sa gorge. Il bougea sa main en arrière, très vite retenue par le gigantesque mutant devant lui. Ce sera encore un truc très cool a expliquer, ça...
Le sang formai un tâche sans aucun intérêt pour Dole. Ses yeux grands ouverts étaient pointés sur ceux désintéressés du chaman. Sa main tremblait, son torse se bombait et se dégonflait a une vitesse rapide.

Comme d'habitude lorsqu'il était confronté a une situation contrariante, Dole se résout a utiliser la violence. Sa main libre s'approcha de son manteau, et enleva le bouton de son holster. Mais très vite, une sensation très étrange et pesante prit le contrôle de son corps. Sa main tomba lourdement au sol, son visage commençait a trembler, ses pupilles se lâchaient, laissant sa vision très vite troublée. Dole regarda autour de la pièce. Chaque élément, chaque odeur se mélangeant de façon très ambiguë.

Dole resta complètement ahuri par l'apparence de la pièce, sa bouche grande ouverte malgré la plaie ouverte de sa main. Le chamane finit, et déclara a Dole qu'il était promis a de grandes choses, avant de frotter ses doigts.

Le commandant resta bouche bée. Fixe. Les yeux rivés sur le chaman. Pendant plus de dix secondes, il garda cette posture étrange. Quand il eut fini, ce fut en pouffant de rire, sa voix anormalement aiguë résonnant juste après.

''Attends, attends... C'est sérieux ? C'est... C'est sérieux ?''

Dole esquissa un sourire gigantesque, s'étalant presque d'une oreille a une autre. Il pouvait a peine croire ce qui était en train de se produire. Mais pourtant, il se sentait incapable de lever le ton ou de tenter de menacer le chamane. Pas seulement parce qu'il était drogué, mais parce que ce n'était qu'un nabot d'un mètre soixante-et-onze qui n'avait pas de molosses républicains derrières.

''Attends, attends... J'étais venu... Pour Akhaten... Elle est pas là ?''

Dole prit une très grande respiration. Sa tête parti en arrière, fit un tour, avant de regarder de côté le mutant.

''Je dois... Elle... Elle a des... Informations, sur le Maréchal... Et Hector Madof... N'est-ce pas ? Hmm... C'est... Eh eh... La FNF... Doit l'interroger...''

Jamais il n'avait autant plané en même temps qu'il se sentait aussi pathétique. Il ferma ses yeux, forçant ses paupières, avant de laisser un long son strident qui ressemblait a un rire. Son corps tremblait, pulsant avec chacun de ses petits rires. Il resta ainsi pendant un moment, avant de prendre une grande inspiration.

''Putain de merde...''

Le commandant leva sa main blessée, et se remit difficilement sur ses pieds, manquant de tomber en arrière. Il plongea sa main intacte dans son imperméable, et en tira un billet de 200 francs qu'il roula en boule avant de jeter a terre.

''J'espère que vous acceptez les francs, avec la FNEC a côté ! Quel putain de perte de temps...''

Dole, tiraillé entre le rire et une colère supprimée, tourna les talons et commença difficilement a sortir de l'échoppe, titubant a chaque pas, laissant derrière lui une très longue traînée de sang. Chacun de ses pas résonnaient dans ses oreilles, de façon hautement désagréable, et le sol semblait bouger a chaque fois qu'il s'avançait. Il tentait malgré tout de se concentrer sur ce qu'il fallait faire maintenant. Sûrement aller au Camp Humanitaire a quelques minutes d'ici. Sa carte de commandant lui garantissant très facilement un soin rapide. Il devra sûrement corrompre
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Zoé "Akhaten" Grégeois
MessageSujet: Re: Les leçons de l'haruspice   Ven 1 Aoû 2014 - 23:09

Oletro ne sourcilla pas devant le petit numéro de Dole. Il le laissa finir sans broncher un seul mot et alors qu'il fut sur le point de quitter le tombeau, une grosse main crochu l'attrapa par l'épaule et l'envoya valser deux mètres derrière. Emporté par toute cette force, il tomba à la renverse, le cul par terre.
"- Tu ne crois en rien Thomas Dole ! gronda-t-il de sa voix d'ogre. Garde donc ta monnaie de singe, ça n'a pas cours ici. Ici, c'est le royaume des ténèbres qui règnent en maitre ! Tu peux ne pas y croire si ça te chante, mais ça ne les empêchera pas de d'atteindre au plus profond de toi.
Le monstre se dressait au-dessus du malheureux comme une stèle mortuaire montrant les crocs.
- Tu veux voire Akhaten hin ? Il existe de nombreuses forces ici-bas qui dépassent l'entendement. Akhaten et moi en faisons parti et toi ... Toi tu n'es qu'un homme, tu ne peux pas prétendre à rencontrer les puissances obscures ainsi. Il n'existe que deux solutions : tu peux attendre qu'elles apparaissent sur ton chemin ou invoquer leur présence, mais au final, ça ne peut être qu'elles qui décideront de l'attention à te porter."

Le mutant l'aida à se relever et lui fit signe de le suivre. Son visage était redevenu plus calme.
"- Comme je te l'ai dit, je t'attendais, dit-il en le faisant entrer dans la salle d'à côté plongée dans le noir.
- En prévision de ta venue, j'ai pris sur moi d'effectuer quelques préparatifs.
Il alluma certains des cierges fondus sur le sol en arc de cercle tout autour d'un autel sacrificiel plus gros où était attaché un radcochon, les deux yeux tournées vers le mur.
- Pour voir si tu en vaux la peine, nous devons connaitre ton avenir et surtout ce qui t'emportera. Je suis un haruspice, c'est-à-dire que je sais lire les entrailles. M'est avis que c'est toi que je devrais ouvrir pour consulter tes viscères, mais je ne couds pas très bien."
Tout en riant bassement, il saisi la longue et fine lame ciselée, qui avait sans doute du appartenir à un officier chinois avant le jour du feu, mais qui n'y ressemblait plus du tout tant elle avait été décorée de gravures et de pendentifs caractéristiques. D'un coup net et précis, il trancha le flanc de l'animal qui s'écroula raide.

Une quantité astronomique de sang coulait de la plait dans une cuvette placée sous l'autel. Oletro s'approcha à hauteur de la table en pierre pour sortir les organes de la bête et les disposer méticuleusement sur l'autel, encore reliés. Il somma Thomas de le rejoindre avant de commencer la lecture en pointant avec sa baguette les différents chapitres étalés dans l'hémoglobine.
"- Hum ... Ici il est écrit que tu as perdu ta famille de vue très jeune. Et ici que tu as beaucoup fait souffrir la fille de ce général. Mais voilà ce qui nous intéresse, de nombreuses victoires aux combat, on dirait que les prochains temps seront fastes pour toi.
Il sourit à Thomas et mit de petites lunettes de vue sur son nez plat.
- Ho, tu devrais faire attention aux agrafeuses cette semaine.
Il saisi un rein à pleine main pour le rapprocher.
- C'est assez rocambolesque, à cette ligne on peut lire que tu vas te faire des ennemies dangereux et un peu plus loin, on apprend que des alliés inattendus vont changer la donne.
Oletro continua de lire en remuant les lèvres.
- Hum ca reste assez vague, je vais m'en garder un peu pour plus tard, passons directement à la fatalité.
Il examina bien tous les organes rependus devant lui en fouillant avec sa baguette jusqu'à tiquer enfin.
- La voila ! La fin du voyage ... Bon assez perdu de temps, qu'est-ce que ça dit ?
Il acquiesça plusieurs fois.
- Ouh ... Ça doit faire mal !
Il frémit d’excitation.
- Je suis désolé, je crois qu'il vaut mieux que je garde cette information, mais j'en sais bien assez."
Il figea sa face et jeta un regard dur sur le soldat. Le silence emplit la pièce, seule exception : les gouttes de sang qui tombaient du bout de ses mains souillées ...

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Thomas Dole
MessageSujet: Re: Les leçons de l'haruspice   Sam 2 Aoû 2014 - 0:06

Dole s'écrasa comme une merde, roulant presque sur le sol de l'échoppe. Planant toujours, la figure monstrueuse du chamane ne le rendit que plus terrifié. D'ordinaire, il aurait eu l'idée de sortir son arme de service, ouvrir le feu, et vu comment l'échoppe était placée, au moins attirer l'attention...
Mais l'étrange liquide qu'on lui avait fait ingérer le faisait tripper comme jamais auparavant. Ou du moins... Pas le genre de trip auquel il s'attendait. Pas le trip violent, causé par le psycho et le whisky, mais juste une sensation étrangement euphorique et agréable. Même la douleur qu'il ressentait dans sa main, horrible normalement, l'excitait presque.
Alors que le mutant se dressa au-dessus du commandant, il fut victime d'une quasi-crise de panique. Ses mains tremblèrent, son visage se décomposa alors qu'il voyait la gigantesque figure assombrie se dresser devant lui. Pourtant, il n'eut pas la branlée qu'il pensait obtenir. A la place, juste un mutant qui lui donnait une leçon. Et qu'apparemment, il faudrait ''invoquer'' Akhaten...

Dole prit la main tendue du chaman, se remettant ainsi difficilement sur ses jambes. Au passage, il récupéra son billet de 200 francs. Malgré les mots du mutant, c'était loin d'être une « monnaie de singe » a ses yeux. Après tout, avec 200 francs, on peut s'acheter 2 couteaux et une bonne gourde d'eau... Sûrement que ce mutant préférais ses cultes barbares et sans aucun but. Le franc, ça, c'était un vrai Dieu. Un Dieu qui pouvait acheter les plus puissants et régner sur les plus pauvres... Un Dieu pour lequel on pouvait tuer ou devenir esclave. Un Dieu matériel qu'on pouvait toucher, embrasser, et injecter de sang...

Putain de merde. Quand Dole planait, il commençait vraiment a avoir des réflexions philosophiques de merde. Après avoir eu une pensée bien trop stupide pour le pognon, il suivit le mutant jusqu'à une petite salle a côté. C'était le noir total et il y avait une odeur bizarre. Le mutant alluma quelques cierges, laissant paraître un peu de lumière, et un radcochon au milieu. Dole ferma les yeux, un petit sourire en coin... Il allait se retrouver face a un autre culte païen... Pas que Dole croyait en un culte reconnu par la FNF, oh non... Mais entre boire du vin et bouffer du pain pour absorber son prophète et tuer un cochon... D'ailleurs... Il y avait pas une religion qui interdisais le fait de manger du cochon ? Putain de merde, tous ces cultes... Tous plus ridicules les uns que les autres...

Le mutant sorti un couteau. Un autre vestige de la guerre. Un sabre communiste profané. Qu'est-ce que c'était dégueulasse... Les communistes étaient athées et croyaient dur comme fer au pouvoir du peuple (Bien que cela était hypocrite). Si le pauvre officier chinois pouvait voir ça... Bref, comme attendu, le gros mutant tua la pauvre bête. Un putain de gâchis de bouffe. Après un moment, on lui demanda de le rejoindre, ce que Dole fit lentement, ses pas résonnant de façon désagréable dans ses tympans, la main pleine de sang levée vers le plafond. Apparemment, on allait lui lire l'avenir.

''Hum ... Ici il est écrit que tu as perdu ta famille de vue très jeune.''

Dole eut presque envie de pouffer de rire. C'était ça a quoi il aurait droit ? Les prédictions de madame Irma ? C'est facile a dire, ''perdre sa famille de vue très jeune''. Non comptant que ça s'interprétait dans tout les sens, mais n'importe qui avec un cerveau un peu développé saurait que vu que Dole avait la trentaine et était commandant, il avait dû faire partie des premières troupes débarquées à Lutèce construit, donc venant de l'Île Présidentielle, donc n'ayant pas de famille. Putain de merde. C'était pas comme si le mutant avait prédit que son père de merde était mort...

''Et ici que tu as beaucoup fait souffrir la fille de ce général.''

En revanche, cette phrase eut un effet immédiat sur le commandant. Un tremblement parcouru son épine dorsale. Sa respiration devint plus lente. Son regard commença a devenir mort et fixé lentement sur le mutant.

''C'était... Comment vous savez ça ?...''

Il parlait doucement, a peine audible. D'ailleurs, le mutant ne l'entendit pas, hein.
Putain de merde... Il revoyait la scène parfaitement. Il avait 27 ans, ses galons de capitaine tout juste reçu. Il se revoyait dans un appartement... Il était assis sur un fauteuil en cuir, il observait une bouteille de vodka a moitié finie, une table bien vernie provenant d'un artisan du coin de la rue. Au plafond un drapeau français et l'odeur d'un cigare dans les narines. Un miroir était brisé et devant la porte de la salle de bain se dressait un homme, petit, tout jeune, un peu moustachu, portant un uniforme bleuâtre et un insigne de la police de Lutèce. A ses pieds se trouvait une petite flaque de sang. Dole avait la bouche ouverte, le haut de sa chemise déboutonné, et il tenait vigoureusement ses mains entre elles. Il tourna lentement ses yeux vers la figure qui lui faisait de l'ombre. Il portait un long imperméable brun, ses chaussures imprégnées de liquide brun séché, et avait deux grosses bagues enfoncées à la main droite, qu'il serrait violemment. La voix du grand homme retenti, alors qu'on entendait des petits sanglots dans la pièce d'à côté.

''C'est bien qu'tu m’aie appelé. J'vais régler ton soucis... Comme un ami...
-Ho, tu devrais faire attention aux agrafeuses cette semaine.''


Dole se réveilla, comme extirpé d'un demi-sommeil. Il attrapa violemment son poignet de la main saignante, et observa avec une trouille réprimée le mutant qui retournait au boulot. Mais comment est-ce qu'il savait ça, borde de merde ? Son front commençait a devenir brillant de sueur à la lumière des cierges, alors que le mutant fit une sorte de petite blague sur les agrafeuses...

Mais bordel de merde, comment il savait ça ?! Dole chercha une explication logique... La BRS était pleine de tarés. Des tarés qui pouvaient faire pâlir d'envie ou de peur les malebranches. D'ailleurs... Peut-être que eux étaient infiltrés par les malebranches. Ou ils s'échangeaient des informations... Des méthodes... On lui aurait donné son dossier ? Depuis combien de temps il n'avait pas revu cette saloperie d'agent ? Ce n'était pas en se rendant à Ménilmutant que Dole avait fait une connerie. Depuis le tout début de sa vie de merde il se retrouvait a faire des conneries... Qui ne commençaient a payer que maintenant.

''C'est assez rocambolesque, à cette ligne on peut lire que tu vas te faire des ennemies dangereux et un peu plus loin, on apprend que des alliés inattendus vont changer la donne.''

Niveau ennemis, il avait déjà plus qu'il n'en fallait. Mais cette phrase, tout le monde pouvait la sortir... Non, Dole voulait savoir pour la fille du général. Comment il pouvait savoir, cette sale merde ?
Le mutant fini ces prédictions avec une plaisanterie de merde sur la façon dont Dole allait mourir. Alors que cette sale bête se tournis vers lui, le commandant resta entièrement fixe. Sa main droite pressait son poignet gauche, ses yeux étaient rivés sur le mutant. Son revolver, qui pendouillait dans son holster, tenta presque Dole de l'attraper. Mais non, ses yeux restèrent en haut, rivé vers ceux du géant. Son débit ventilatoire avait accéléré, sa vision devenait plus floue, alors qu'il tenta de balbutier quelques mots audibles.

''Comment... Comment vous savez ? Comment vous savez que c'était la fille d'un général ? Pourquoi UN général en particulier ? Vous... Vous avez pas dit ''un officier'', hein ? Je délire pas, ah ah... Vous avez dit UN GÉNÉRAL !''

Dole semblait devenir taré. Il hurla le dernier mot, postillonnant vers le sol. Mais il était incapable de sentir la moindre haine s'exprimer. Le pire quand c'était la seule chose qu'il savait faire. Il tentait de rationaliser... Le monde était pas compliqué pour Dole. Paris était atomisé. Les gens étaient hypocrites et obsédés par le profit. Il pouvait comprendre quand il voyait un enfant se faire broyer les testicules par un chien des négriers. Il pouvait comprendre quand il voyait un ouvrier se faire fouetter en public par son chef. Il pouvait comprendre quand il voyait un milicien tabasser un mendiant au coin d'une rue. Mais là ? On venait de lui indiquer le grade exact du père de la fille qu'il avait utilisé pour obtenir une promotion. Cette fille qu'il avait aimé un temps avant de finir par la tabasser au point qu'il a été obligé de faire un pacte avec la BRS pour pouvoir s'en sortir lavé...
Dole hurla de rire. Ses yeux dégoulinaient de larmes causées par ce rire sardonique, sa face complètement crispée. Il posa ses mains sur son visage et se l'agrippa fermement, alors qu'il termina, pendant une bonne trentaine de secondes, a se tordre d'un fou rire nerveux et incontrôlable.
Quand il eut fini, il enleva ses mains. Sa face était neutre, et couverte du sang venant de sa main.

''Où est Akhaten ?''

Sa voix était calme. Posée. Presque enfantine.

''Qu'est-ce que vous voulez pour que je puisse parler à Akhaten ?''

Il continua de la même façon, son corps totalement fixe, les yeux rivés vers ceux du gigantesque chamane.
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Zoé "Akhaten" Grégeois
MessageSujet: Re: Les leçons de l'haruspice   Ven 8 Aoû 2014 - 16:40

Devant la réaction de Thomas, Oletro se mit à rire.
"- Héhé ! Doucement l'ami, je ne fais que lire ce qui est écrit, là.
Il chercha rapidement le plat en fer blanc rempli de sang de ralièné.
- Pour Akhaten, ne t'inquiète pas, un peu de patience, tu n'es pas encore prêt.
Il déposa le plat sur un guéridon à un pied fiché dans la pierre au centre d'un très grand pentagramme gravé sur le sol au milieu de la pièce.
- Nous allons pouvoir procéder au sortilège de sang."

Le mutant cracha un mollard sombre et consistant ressemblant à une fiente dans l’assiette puis mélangea de la pointe de l'ongle de son index dans un crissement irritant. Il mit son visage à hauteur de la mixture et observa pendant longtemps l'horizon sans mouvement devant lui.
"- Regarde, ordonna-t-il soudainement.
Une forme grisâtre se dessinait dans le rouge du sang.
- Elle a la forme d'une oie à deux têtes. L'oie était un oiseau aquatique, vivant avant le jour du feu. Il te représente en cet instant, il en dit long sur toi.
Le monstre regarda l'humain dans les yeux comme si il voulait lire dans ses pensées. Il était dubitatif.
- Déshabille toi à présent. Je dois te décorer pour la cérémonie de l'ablution."

Oletro passa dans la pièce d'à côté pour y récupérer une trousse de petits ustensiles de peinture de précision.

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Thomas Dole
MessageSujet: Re: Les leçons de l'haruspice   Ven 8 Aoû 2014 - 18:31

Les pieds du commandant restèrent vissés au sol, seul sa tête se déplaçant légèrement pour mieux étudier la masse verdâtre qui semblait s'amuser toute seule pour continuer ses rites païens. Alors qu'il gratta de manière audible l'assiette, le commandant enfonça ses dents, grinçant violemment ses molaires, le son strident étant déjà ajouté a ses tympans rendus sensibles par 10 ans de guerre et un apport récent en... Mixture hallucinogène non-identifiée.

Mais il resta fixe malgré tout, sa patience devenant de plus en plus entamée par chaque seconde, pesante dans la pièce sombre, décorée par des sortes de symboles de culte tous plus étranges les uns des autres. Au bout d'un moment, le mutant lui montra finalement ce qu'il avait passé quelques instants a faire, avant de lui montrer une oie a deux têtes, fier de pouvoir lui donner une leçon là-dessus. Le commandant sourit en coin. De son point de vue, le chamane n'avait l'air que d'un grand gamin attardé, tout content de son petit travail d'art plastique. Dole souffla du nez, pensant un peu a ce que le mutant voulait bien dire avec son idée d'oie a deux têtes qui ne volait pas...

Une oie d'avant le jour de feu ? Peut-être qu'il voulait dire que Dole était un homme du passé. C'est sûr qu'il descendait d'une lignée de personnes ayant vécu en enfermement total, coincés sur une île qui avait tout gardé des anciens meurs anti-communistes de la France d’antan (Et qui, soit dit en passant, devait être bourrée d'inceste...). C'était peut-être aussi une référence aux idées militaires qui inspiraient la FNF. Il est vrai que la FNF n'avait rien d'une armée conventionnelle, mais elle se donnait l'image qu'elle l'était, avec les grades, les médailles, les dignités, et les tactiques sur le champ de bataille... Et sa division en 4 sections, quelque chose que Dole tentait de limiter et d'abaisser, avec l'aide d'autres officiers supérieurs qui n'avaient que ça a faire de leurs journées.

Il y avait aussi le fait que l'oie était aquatique. Le mutant déclarait que l'animal le représentait ''en cet instant''. Quelque chose d'aussi énigmatique que libre d'interprétation. Les charlatans étaient doués pour ça. Dire des choses ni trop fermées, ni trop vaines... M'enfin, le chamane avait fait son petit dessin avec sa salive. C'était top. C'est sûr que c'était plus... Artistique que les peintures d'El Muto ou ce taré d'André Gouldsworthy.

C'est alors que Dole se rendit compte que le mutant fixait ses yeux. Une sorte de courant électrique lui traversa la nuque. Son petit sourire hautain disparu, et fut remplacé par une peur cachée par une expression livide et neutre. Finalement, le mutant lui ordonna de se déshabiller, avant de partir dans une autre pièce, laissant le commandant fixe, les yeux rivés vers le géant qui partait.

Dole ouvra lentement sa bouche, hésitant à la façon de répondre.

''C'est... C'est une blague, hein ?''

Sa voix avait a peine était élevée, au point où Dole se demandait si le mutant avait entendu. Il fit quelques pas, observant lentement la pièce, une de ses mains entant dans son manteau pour frotter légèrement sa chemise en-dessous.

''Une ablution ? Vous voulez me laver ? Écoutez... J'essaye... Enfin... Je regarde étrangement tout ce que vous faites, mais vous pensez vraiment que c'est nécessaire ? Si j'avais... voulu connaître mon avenir, je serais allé chez les zingaros pour qu'ils me disent la bonne aventure. Je suis juste venu voir Akhaten.''

Il ferma lentement les yeux, une sorte de migraine montant dans son crâne. Il laissa un long soupir se faufiler hors de ses dents.

''Ok... Je... Je vois pas ce qu'est votre foutu problème, surtout si vous voulez pas de mes francs... Mais c'est la dernière chose que je fais pour vous. Je veux voir Akhaten après ça.''

Après s'être auto-accordé la sensation d'être en position de supériorité face au mutant, et d'être en situation de faire des demandes (Quelque chose de très simple après avoir pris des putains de champignons), Dole fit un pas en arrière avant de lentement retirer son gilet, exposant ses bras poilus, assez pâles vu son habitude de toujours porter des uniformes ou des tenues de marche. Il plia lentement le gilet, le posa délicatement sur la table où était entreposé les restes du rad-cochon infortuné. Après, il retira sa chemise, rapidement, exposant son torse velu, livide, assez mince après toutes les années qu'il a passé sur le terrain plutôt que dans un bureau, un moyen assez pathétique d'obtenir de la popularité pour espérer se tirer de ses galons de commandant. Il prit une grande inspiration, avant de marcher lentement au milieu de la pièce, les épaules basses, la tête un peu de côté et les yeux bien en coin, espérant ainsi se moquer un peu du mutant.
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Zoé "Akhaten" Grégeois
MessageSujet: Re: Les leçons de l'haruspice   Dim 10 Aoû 2014 - 16:11

- C'est moi qui veut connaitre ton avenir, tu n'es pas en mesure de vouloir pour l'instant.
Oletro revint dans la pièce et jeta un oeil au corps de Thomas.
- Enlève aussi le bas.

Il disposa ses pinceaux l'un à côté de l'autre avant d'en choisir précautionneusement un. Il était assez large et d'une texture assez douce quoi qu'un peu usée. Le mutant trempa délicatement la pointe de son outil dans le plat sur le guéridon puis s'approcha du soldat nu comme un ver. Après une petite prospection, il commença à tracer au centre du torse velu un pentagramme de sang.

- Qu'est-ce que tu lui veux au juste à Akhaten ?
Les poiles du pinceau caressait doucement la peau de Thomas sans qu'il puisse encore définir la forme du tracé.
- Je sais que vous vous êtes rencontré à cette station service, mais qu'est-ce qui t'a poussé à venir ici sans ton armée de terroriste pour te couvrir ? Tu ne semble pourtant pas du genre à prendre de tel risque sans considération. Il y a quelque chose que tu veux d'Akhaten et je dois savoir de quoi il s'agit.
L'étoile à cinq branche inversée commençait à prendre forme d'un rouge brunâtre.


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Thomas Dole
MessageSujet: Re: Les leçons de l'haruspice   Dim 10 Aoû 2014 - 16:26

Le commandant se déshabilla rapidement, ne voulant pas perdre plus de temps inutilement. Il attrapa son holster où était tranquillement rangé son Napoléon, et le laissa trôner au bout de la table, peut-être en espérant plonger le récupérer a un moment ou un autre... De belles chimères.

Il soupira lentement tout en se laissant peindre le corps. Le mutant avait, étrangement, changé de ton... Il semblait plus sec, moins jovial, presque plus terrifiant. Ou alors ce n'était qu'un sentiment d'oppression qui émanait de la taille titanesque du chamane. Qu'importe. Il resta fixe, ses yeux rivés sur la table, où il observait ses vêtements, les restes de rad-cochon, et son revolver.

Le mutant se mit a lui poser quelques questions et a faire des remarques. Sûrement pour lancer un début de conversation... Peu importe. Dole continua a regarder la table alors qu'il osa adopter un ton sarcastique et persifleur.

''Oh ? Akhaten vous as parlé de moi ? Est-ce qu'elle fait ça a tout les officiers qu'elle rencontre ou bien je suis spécial a ses yeux ?''

Il fini avec un large sourire, les lèvres scellées, avant de retrouver un ton martial et neutre, la voix calme et ferme.

''Oui, vous avais raison, j'aurais dû préciser ce que j'avais a faire avec elle bien avant...''

Il hésita pendant quelques secondes a répondre. Parce que la vérité, c'est que Dole lui même ne savait pas ce qu'il foutait dans ce merdier.

Il aurait adoré perdre son temps. Il aurait adoré dire ses sentiments en face du mutant...

Qu'il était terrifié par Akhaten. Qu'il était obsédé par Akhaten. Qu'au moment où il se retrouvait a tuer ce sale psychotique a mains nues... Au moment où il a réussi a convaincre des soldats droits et valeureux a dévoiler leurs plus bas instincts... Il s'était sentis étrangement réveillé et libre. Un sentiment d'apaisement complet qu'il n'avait jamais senti auparavant.
Il aurait aimé lui dire qu'il ne se passait pas un moment sans qu'il ne s'imagine la figure, la taille, les courbes de cette tarée... Qu'il rejouait sa voix dans sa tête... Qu'un tremblement lui parcourais l'échine a chaque fois qu'il pensait a ses courts instants passés en sa présence...

Alors Dole, après un long silence pendant lequel il avait fermé ses eux, répondit comme un bon soldat de la FNF.

''Je suis venu collecter bénévolement des informations pour la République. Sur le Maréchal et Hector Madof. Amener des gardes avec moi aurait été trop... Visible. De plus, répondez moi clairement, vous n'allez pas me tuer ? Enfin... Si vous le vouliez, vous ne perdriez pas votre temps a me peindre, n'est-ce pas ?''
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Zoé "Akhaten" Grégeois
MessageSujet: Re: Les leçons de l'haruspice   Dim 10 Aoû 2014 - 22:23

Une fois de plus, Oletro fut amusé par les interrogations de Thomas.
- Non, je ne vais pas te tuer, évidemment.
Ce n'était pas comme si les Malebranches étaient légendaires pour leur art de la mort lente et douloureuse.
- Le Maréchal a laisser un bon souvenir aux psychotiques de Paris.
Il avait terminé son dessin et se saisit d'un autre pinceau plus fin pour écrire des runes ésotériques incompréhensibles. Il commença par l'épaule droite et déscendit jusqu'à sa main pour faire une première phrase, puis repris juste à côté et ainsi de suite.



Au bout de trois lignes entières, il reprit :
- Ça risque de prendre du temps. Tu es sur que tu ne veux pas m'en dire plus sur ta présence ici ? Quelque chose me dit que tu n'es pas ici que pour ça, depuis avant tu demandes après Akhaten nerveusement et tu prétends travailler bénévolement. Je ne connais pas beaucoup d'homme qui on l’esprit d'entreprise aussi développé, tu n'es pas de ceux-là, je l'ai lu sur les entrailles du radcochon.
L'haruspice s'appliquait toujours à former ses lettres lentement, il lâcha un regard intimidant accompagné d'un grondement résonant du fond de sa poitrine.

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Dernière édition par Zoé "Akhaten" Grégeois le Dim 17 Aoû 2014 - 15:22, édité 1 fois
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Thomas Dole
MessageSujet: Re: Les leçons de l'haruspice   Dim 10 Aoû 2014 - 22:41

Le commandant commençais a devenir légèrement ennuyé par les questions. Les oreilles bourdonnant un peu, il tourna lentement son regard vers le chamane, la lèvre supérieure légèrement levée.

''Est-ce que vous cherchez a m'insulter ? On ne lit pas l'esprit d'entreprise de quelqu'un dans les entrailles d'un cochon. Vous voulez savoir pourquoi je me fais chier a faire ça ? Bien. Le Maréchal, comme vous dites, a laissé un bon souvenir aux psychotiques de Paris. La FNF trouve le Maréchal, détruit le Maréchal, on lance un superbe symbole pour l'Histoire... Et bien sûr, il y a des récompenses pour ceux qui ferons cela.''

Il soupira tout en observant ce qu'étais en train de dessiner le mutant. Il n'avait strictement aucun intérêt dans ce... Folklore étrange et païen. Tout ce qui l'intéressait, c'était de la revoir... Pouvoir juste se tenir près d'elle...

''Je ne sais pas pourquoi vous perdez votre temps avec moi... Surtout si ce n'est pas de l'argent que vous recherchez... Je n'ai rien d'autre sur moi en ce moment... En plus, vous semblez être bien renseigné sur ma personne. Il y a des mecs de la FNF qui vous ont déjà approché, pas vrai ? Non, pas la FNF... Les renseignements de la VIe République... Sûrement en tant qu'amis, d'ailleurs.''

Il prit un grande inspiration, la tête penchant un peu en arrière. La drogue continuait a travailler dans ses veines, et éventuellement, elle commençais presque a rejoindre une forme de calme plat et d'extase. Dole quitta immédiatement son ton de persiflage et ferma lentement les yeux. Il laissa s'échapper un tout petit rire court, la bouche toujours fermée.

''Franchement... J'ai pas la moindre putain d'idée de ce que vous m'écrivez dessus... C'est une forme d'art contemporaine ? En même temps, il y a un taré à Nécrotopia qui pend des cadavres qui est traité comme un artiste... C'est ça que vous êtes ? Un artiste ? Vous savez, j'aime lire... Et il y avait un philosophe allemand qui disait que ''Tout est de l'art''. Tout... Vous pensez ça aussi ? Eh eh... Moi, j'ai aucune putain d'idée... Pour moi, l'art, c'est une croûte... Une belle sculpture... Mais c'est étrange, même la plus simple ou la plus choquante des choses peut-être un art...''


Il bougea sa tête, et observa maintenant la main du mutant.

''M'enfin bref... Si il faut faire ça pour la voir...''
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Zoé "Akhaten" Grégeois
MessageSujet: Re: Les leçons de l'haruspice   Dim 17 Aoû 2014 - 15:51

Sous ses aires concentrés, le mutant commençait à perdre patience.
- Je ne cherche pas à t'insulter, gronda-t-il.
Il traçait inlassablement ses symboles.
- Je cherche à comprendre.
Le but était qu'au final, le corps tout entier de Thomas soit recouvert de glyphes.
- Akhaten détient des informations qui pourraient te rendre encore plus fort. Je ne vois pas pourquoi elle devrait t'aider.
Les colonnes de lettres se succédaient formant ainsi petit à petit les incantations du rituel.
- Nous connaissons bien la FNF, elle promet monts et merveilles à ceux qui l'aideront, mais ils ne récoltent jamais que la mort.
Il pris un peu de recul et inscrivit les derniers caractères sur le bout de son sexe.
- Si tout ce que tu as à offrir c'est une promesse, part maintenant avant que je ne fasse de toi mon livre de chevet.

Oletro se releva du haut de ses deux mètres laissant le soldat couvert de marbrures rouges foncées; il tirait une tronche exaspérée.
- Tu soulèves une question intéressante : pourquoi est-ce que je perds mon temps avec toi ?
Il posa son pinceau sur le bord de l’assiette.
- Tu parles beaucoup trop pour ne rien dire Thomas Dole. Tu fais mines de t’intéresser à ce que je fais de toi, mais en réalité tu ne comprends rien. Depuis le début je poursuis les étapes qui te permettront de communiquer avec les démons, comme je te l'ai déjà dit. Ouvre ton esprit sombre idiot, aucun Malebranche n'a de temps à perdre avec un humain aussi pompeux et caricatural que toi.

La bête fronça les sourcils et montra les crocs en lançant un regard meurtrier directement dans les yeux de Thomas.

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Thomas Dole
MessageSujet: Re: Les leçons de l'haruspice   Dim 17 Aoû 2014 - 18:22

Le commandant paraissant bien ridicule avec son corps couvert d'écriture commençait lui aussi a être vaguement énervé contre le mutant... Quelque chose de bien stupide vu sa taille de nain et son corps peu développé physiquement. Mais étrangement, il continuait a planer, formant dans son crâne un mélange vague et chaotique d'émotions.
D'un autre côté... Enfin, peut-être que ce n'était qu'une simple idée formée bien au fond de sa cervelle, le mutant avait un peu raison. L'une des raisons pour laquelle la FNF, même avec tous leurs hommes, même avec tous leurs flingues, même avec leurs deux chars d'assauts et leur Vertipères dans le ciel n'avaient toujours pas réussi a prendre Paris, est qu'ils ne pouvaient pas comprendre les gens devant eux... La FNF était extrêmement puissante. N'importe qui osant se dresser devant elle serait foudroyé. Sauf que personne ne se dressait devant elle. Le peuple de Paris adorerait, au contraire, que la FNF se casse et leur foute la paix. Alors, la République se plongea dans une guerre asymétrique, soit disant au nom des Parisiens. Et Dole avait non content observé, mais participé de plein gré a tout ce que la FNF avait commis. Les meurtres, les opérations subversives, la corruption, la manipulation... Ils osaient combattre des psychotiques meurtriers en utilisant eux-même des armes. Ils osaient déclarer être la pureté morale quand ils foutaient en prison ceux qui atteignaient a leurs meurs. Et c'est alors que la petite idée que Dole était en train de développer dans sa tête se formait un peu plus...

''Vous...''

Putain de merde, ça lui faisait mal de dire ça. Mais le liquide qu'on lui avait fait ingérer devait aider un peu.

''Vous avez raison... J'ose venir devant vous en quémandant alors que je n'ai rien derrière moi. Mais vous devez comprendre que... Enfin... Je ne viens pas de Paris. Mon père était médecin. J'ai passé ma jeunesse sur des bancs d'une école puis mon adolescence dans un pensionnat militaire. Pour moi les choses sont simples. Les hommes sont simples. Même vous, vous étiez censés être simple... Quand l'armée est arrivée à Paris, l'idée était que Ménilmutant déciderait de se soumettre à la FNF en échange d'une représentation politique partielle, des protections des routes et d'une injection de liquidités dans la ville.
Bien sûr, ça fait 31 ans maintenant que la FNF est a Paris, presque autant que mon age, et nous n'avons pas fait un seul progrès a part notre toute petite enclave de Lutèce. Et personne n'arrive a comprendre pourquoi.
Enfin si... Il y avait un homme qui comprenais. Il s'appelait Hector Madof. Cet homme avait compris que l'hypocrisie et l'aveuglement ne serviraient a rien. On a jamais retrouvé son cadavre. Son cercueil est rempli de poussière...
Alors... Vous me demandez d'ouvrir mon esprit... Pourquoi pas. Mais le problème, c'est que les seuls symboles que j'ose prétendre comprendre, c'est les drapeaux tricolores, les objets d'anciens rois, les chants de marches militaires... Alors dites moi. Qu'est-ce que vous avez passé autant de temps a m'écrire dessus signifie ? Parce que la vérité est qu'à part des rumeurs, la FNF ne sait quasiment rien sur les Malebranches. On connaît votre territoire, on sait que vous êtes a côté de ces putes d'Amazones, mais vous laissez nos convois a peu près tranquille, au point que vous ne rejetez que de l'apathie envers mes supérieurs. Au point où certains vous préféreraient aux amazones...''

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Zoé "Akhaten" Grégeois
MessageSujet: Re: Les leçons de l'haruspice   Jeu 21 Aoû 2014 - 18:47

- Je n'ai que faire de ton passé, petit homme ! C'est de ton avenir qu'il est question.
Le mutant avait encore changer de ton, il était maintenant plus calme. Il cherche dans sa trousse un autre outils et en extirpa une poignée de fines aiguilles acérées.
- Tu ne peux pas faire de ton histoire une excuse. Si tu veux rencontrer Akhaten et conclure un pacte avec elle, tu dois offrir quelque chose de toi. Pour l'instant tu n'es pas près à résister aux puissances obscures que tu vas rencontrer. C'est le rituel de l'ablution qui va t'y préparer, mais d'abord tu dois être parfaitement honnête avec toi même.

Oletro pinça la peau du visage de Thomas et y enfonça d'une traite l'aiguille qui ressortit à un autre endroit du visage. La douleur était lancinante, mais atténuée par l'ongan dans lequel elles avaient été trempées. Une autre drogue douce qui transformait la souffrance physique en plaisir proportionnel.
- Ceci t'aidera à comprendre que ce que tu crois acquis depuis toujours n'est qu'une illusion.
Il en planta une autre symétriquement à la première.
- La douleur peut être un plaisir.
Puis une autre.
- Et le plaisir, une douleur.
Et encore une.

- Maintenant plonge au plus obscures recoins de ton être et regarde ce qu'il s'y trouve.
Le visage hérissé de piquant, le soldat pouvait ressentir une sensation de plaisir étrange et malsain sur tout son visage, allié avec les effets de la première drogue, cela le guidait vers un état plus contemplatif et très affaiblissant. En d'autre terme, il perdre en radicalement en réactivité et son esprit divaguerait dans la noirceur de son âme durant quelques instants.
- Dis moi ce que tu vois Thomas Dole et je t'aiderais à trouver ce que tu peux sacrifier à Akhaten, l'élue Malebranche.

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Thomas Dole
MessageSujet: Re: Les leçons de l'haruspice   Jeu 21 Aoû 2014 - 22:13

C'était étrange cette sensation... Le bon vieux élancement des plaies. Comme une sale attaque de moucham. Il avait bien failli crever ce jour là... Une putain de mort de merde... Quitte a rater sa vie, il fallait bien au minimum réussir sa mort. C'était ça l'important. La fin. Il fallait qu'elle soit aussi magistrale et grandiose que possible. L'Humanité avait une place spéciale pour ses martyrs...

Mais putain, cette saloperie de mutant n'arrêtais pas d'ouvrir son claque-merde. Il avait toujours le même ton chiant et condescendant, un truc que Dole détestait. Une des nombreuses choses qu'il détestait...

Il commençait a se sentir... Enfin, une sensation bizarre... Son pouls accélérerais dangereusement, il suait un peu, il respirait plus fort et de manière audible... C'était peut-être une autre crise. Peu importe. Il était a poil, bourré de tatouages et de piqûres d’acupuncture devant un mutant de 2 mètres 30 de haut. Et pourtant... C'était plus de la hargne ou de la rogne sourde qu'il éprouvait. Il éprouvait une sensation bien dégueulasse, bien détestable. Il détestait cette putain de sensation, le plaisir...

Il y avait une raison pour laquelle la FNF adorait les masques balistiques qu'ils foutaient a tout leurs soldats. C'était pas parce qu'ils protégeaient des balles et déflagrations. C'était pas parce qu'ils avaient un masque a gaz qui purifiait l'atmosphère. C'était pas parce qu'ils avaient une vision nocturne, ou thermique, ou parce qu'ils affichaient un ATH, ou parce qu'ils avaient une radio intégrée ou toutes les conneries comme ça... La vraie raison, c'est parce qu'ils cachaient parfaitement le visage du soldat derrière.
Les militaires de la FNF n'étaient pas tous des monstres. La plupart ne venaient même pas de l'île présidentielle. Ils portaient le drapeau pour une solde, parce que c'était un emploi, parce que certains voulaient défendre la ville sûre de Paris... Mais ils ne se battaient pas pour la République elle-même, ou pour la pacification de la France, ou pour créer un Empire, ou toutes les conneries de ce genre... Alors, derrière ces visages d'acier, ils se cachaient, donnant un aspect terrifiant et martial, permettant aux officiers d'oser prétendre pour quoi ils se battaient.

Dole ferma lentement les yeux. Sa face était blanche et livide, son cœur était serré, il sentait une douleur atroce sur son visage, qui le lançait, et toutes les putains de substances qu'il avait dans son corps chétif et pathétique qui s'unissaient pour créer une sorte de passion dévorante et terrible... Mais qu'importe. Il luttait pour rester droit, les mains le long du corps. C'est comme ça que les militaires devaient réagir. Force de la Nouvelle France. Trois mensonges en un sigle... Elle n'était pas forte, elle n'était pas nouvelle, et elle n'était sûrement pas la France. Dole aurait pu avoir la malchance de naître dans n'importe quel autre endroit, et il aurait détesté la FNF. Et putain, qu'est-ce qui n'étais pas a détester dans cette faction ?

Elle se donnait des airs de grande puissance dramatique qui allait purger et sauver la France. Mais Hazan avait raison... Putain... C'était ça que Dole entendait, au plus profond de lui même. George Hazan. Héros de Nécrotopia.

« Vous savez ce qu'est devenu l'Empire d'Alexandre monsieur Dole ? Il a disparu, comme tous les empires. Toutes les nations, tous les royaumes, tous les pays ne sont pas éternels, il arrive toujours à un moment où ils disparaissent et laissent place à autre chose. Cela peut prendre un millénaire, un siècle voir seulement quelques années. 
La FNF poursuit une chimère. On peut soigner un blessé mais pas ramener un mort à la vie. La France est morte monsieur Dole. Il est temps de laisser place à autre chose, et d'ailleurs, autre chose a déjà prit place. 
Je suis une goule d'avant guerre, j'ai connu la chute des bombes. Le gouvernement avait abandonné la France bien avant le jour du feu. Quand nous nous sommes relevé, la France n'était plus là. Le seul héritage qu'il nous reste c'est la langue que nous parlons. Mais nous, nous ne sommes pas Français, nous sommes le peuple goule. »


Dole avait un sourire carnassier qui s'affichait sur son visage. Hazan, Hazan, hélas, ô, pauvre Hazan... Mort au milieu de sa forteresse, alors que des barbares anéantissaient sa mairie, que des gueux poignardent des nobles au hasard, et que de Montenbourg l'ouvrier sorti de sa merde se soulève et décide de prendre la place du despote, ouvrant la voie à la grandiose République pour pouvoir qu'ils foutent leurs taxes, leurs réglementations, et même leurs militaires. On ne pouvait pas croire les morts. Du moins... Pas les gens qui étaient morts comme ça. Suicidés au milieu d'une révolte. Une mort de merde. L'important c'était ça, la mort. Les gens ne s'occupent pas de l'Histoire, juste de la fin... Juliette se bute, Marmont trahi, Titus se casse et deviens Empereur... Même les sales ploucs de Paris qui n'avaient jamais ouvert un bouquin se contentaient de la fin. Hazan est mort comme une merde. Madof est mort comme un héro.

Mais putain, le mutant le faisait chier devant lui. Petit a petit, il avait encore plus de ces saloperies de piques qui lui lançait dans la tronche au point où il avait envie de les arracher et de les enfoncer dans l'entre-jambe de cette merde. Il lui arrivait au bassin, il pourrait bien faire ça en étant rapide... Et le pire, c'est qu'en même temps qu'il haïssait ces saloperies, il avait ce putain de plaisir de merde... Une extase dégueulasse, glauque, honteuse, contraire a tous les meurs de la République.

Ouais, Dole se faisait des putes, on pourrait croire qu'il n'étais pas le mieux placé... Mais c'était une sensation étrange quand il avait un contact charnel avec une travailleuse. Il n'éprouvait pas de plaisir. Au contraire... Il éprouvait du dégoût. Du dégoût a la fois envers la prostituée qui se couchait pour quelques francs gagnés par les souffrances de centaines de personnes, et dégoût dirigé vers lui-même. C'était ça... Il buvait, il se droguait, il baisait, mais pas pour être heureux. Pas comme ceux de Paris... Non... Il y a que les salopes faibles et lâches qui éprouvaient du plaisir. Il n'avait pas le droit de sentir du plaisir.

Dole restait droit et silencieux face au mutant. C'était contre ça qu'il devait se battre, le plaisir... La peur ? Bien dosée, elle peut être utile, elle donne de l'adrénaline et fait réfléchir. La haine ? Bien tournée, elle détruit, elle perce, elle frappe. Le respect ? Bien contrôlé, il rend dépendant, il fait des unions, il permet de créer. Mais le plaisir ? Le plaisir ça sert a rien. C'est de la merde. Qu'est-ce que ça apporte le plaisir ? C'est éphémère. C'est illusoire. Comme le bonheur. Comme la liberté. Comme la démocratie. Le plaisir ça sert a rien... Il se devait de se battre contre ça.

''Je... Je vois rien...''

Il fallait bien se justifier envers cette merde. Il se contrôlait. Ses muscles étaient crispés, ses poings violemment fermés, sa respiration audible, son corps livide et un peu mouillé par la sueur. Il fallait lutter contre le plaisir, se persuader de détester cette merde inutile. Mais pourquoi est-ce qu'il était là, putain ? Pourquoi est-ce qu'il avait fait tout ce chemin vers Ménilmutant ? Pour Madof ? Madof était un traître tourné en martyr, il connaissait la vérité, il devrait mourir avec pour que le cercle du mensonge continue et que des milliers et des millions de citoyens qu'il avait juré de protéger puissent croire en quelque chose. Pour le Maréchal ? Il était loin, très loin a cette heure-ci. Si il était toujours à Paris, on l'aurait retrouvé, et si il était revenu à Paris, on le saurait. Nan... Il était pas venu pour ces vieux. Il n'était même pas venu pour ses vieux.

''Le Conseil Républicain...''

Il chuchotait ça. Enfin... Il sifflait ça entre ses dents. CR. Deux lettres. Couillus Ramolis. Connards Rabattus. Crypte de Rats. 13 putains de connards de merde qui dirigeaient la soi-disante République.

Oh, certes, la FNF avait de bons côtés. Elle était un peu comme Rome. Elle forçait la paix, elle donnait du travail et des droits aux travailleurs, elle avait des rues propres et sûres, franchement c'était vraiment beau. Le seul problème, c'est qui les dirigeaient...

Le putain de CR. Dole ne les avait vus qu'une fois. Une fraction de seconde. Des séniles dont le plus jeune devait être âgé de 85 balais. Ils ne pouvaient plus entendre. Ils étaient enfoncés dans des fauteuils roulants, ils avaient des masques pour les aider a respirer, ils étaient aussi bien entourés de militaires sur-armés que de médecins prêts a les piquer toutes les secondes pour tout et n'importe quoi. C'était ces sales merdes qui dirigeaient tout, ces sales merdes qui pouvaient a peine rester éveillés plus de 3 heures, qui ne pouvaient même plus chier autre part que sur eux-même et qui avaient des trous de mémoire.

Le putain de CR... C'était eux qui avaient tués tout ces soldats de la FNF. Même le caporal Morvand. Oh oui, ce n'était pas Dole qui l'avais tué. Ce n'étais pas le commandant Marianne. C'était le commandant Pestagaupe... Fils d'une salope du CR... Nommé grâce a ces 13 salopards.

''Pestagaupe... Cette sale merde...''

Ses dents grinçaient. La haine. C'était par ça qu'il devait remplacer le plaisir. La haine et la douleur. Et l'humiliation. La rétrogradation, les jambes lourdes a marcher a travers le désert, la peur au ventre, la tristesse de devoir annoncer le décès d'un humble soldat qui lui se battait pour quelque chose, même si c'était un mensonge ou quelque chose de simpliste.

Lui et sa quarantaine de troupiers avaient marché jusqu'en enfer. Il n'y avait pas d'autre mots. 12 heures de marche de Paris. Pleins de mouchams et de sable sur la route. 50 tarés utilisant des véhicules devant eux, qui n'attendaient que les salopards républicains sur leurs terres.

Et puis, c'est là qu'elle est arrivée.

N'importe qui d'autre serait terrifié... Ou alors doué d'une haine incommensurable envers cette sale pute. Pourquoi est-ce que Dole l'avait laissée rentrer...

Qu'importe. Elle avait réussi. Elle avait attiré la Horde dans un assaut suicidaire contre lequel ils se sont cassés les dents. Et elle a réussi a persuader Dole de tuer des gens emprisonnés. Pour ça, elle avait sacrifié 5 soldats de la FNF. 5 soldats de la FNF... Ça valait le coup comparé a tout ce que la Horde avait fait à Paris, non ? En plus, leurs familles ont eu de grosses et grasses pensions, et ils sont enterrés avec les honneurs.

L'important c'était ça, la mort. Les gens ne s'occupent pas de l'Histoire, juste de la fin.

L'histoire officielle dis que Morvand a été torturé, et, sous la torture, aurait menti pour que la Horde se lance a l'assaut. La vérité, c'est qu'il était mort comme une merde, sûrement dans la peur, dans la haine envers son commandant qui avait juré de le protéger... Ou du moins... De rendre sa mort utile. Alors, on fait le même schéma. La bouteille de pinard, les bourses qui se vident, et on s'endort habillé et puant dans son lit pour pouvoir se lever un autre jour et continuer.

Au moins, il avait retrouvé son grade. C'était ça l'important, se venger de Pestagaupe, non ? Se venger du CR. Se prouver a soi-même que la FNF avait tort. Que le sacrifice n'étais pas toujours brave. Que tout ce qui apparaissait comme ennemi ne l'étais pas forcément. Se prouver a soi-même que tuer pouvait être sacrément bien...

Ses mains... Dole regardait ses mains, maintenant. Il avait enfin arrêté son garde-à-vous pathétique face au mutant. A la place, il observait ses mains bourrées de tatouages. C'était ça qu'il avait senti alors qu'il écrasait violemment le crâne du sale chef psychotique... Une extase morbide.

''Je vois des flammes... Des putains de flammes...''

Il ferma lentement les yeux, ses mains toujours légèrement levées. Du plaisir... Il n'avait senti ça qu'en tuant ce sale psychotique sous les superbes yeux de ce démon... Pourquoi est-ce qu'elle avait marché jusqu'à Mantes-la-Jolie ? Pas le putain de destin, Dole croyait pas au destin... Enfin... Il ne voulait pas croire au destin.

Quand est-ce que c'était la dernière fois qu'il avait senti du plaisir ? En arrêtant Stanislas le Révolté ? En hurlant a ses hommes de tirer dans une direction ? En ordonnant de balancer une grenade dans une fenêtre ? Dole était dégoûté par lui-même, tout ce qu'il était le dégoûtais. Mais c'était ça qui le faisait tripper plus que n'importe quoi au monde.

''Des cris... Des flammes... Des acouphènes... Des bourdonnements et des sifflements de projectiles...''

C'était dégueulasse. La guerre, la violence, c'était une chose horrible. Des gens mourraient. Des familles étaient détruites. Dole n'aimais pas le gouvernement « français », mais il adorait ses soldats. Il avait juré qu'il ferait tout ce qu'il pouvait pour en sauver le plus possible.
Morvand et ses 4 hommes étaient morts. 5 soldats tués. Une vingtaine derrière sauvée. C'était triste et acceptable. Dole regrettait juste de ne pas avoir pu être honnête avec eux...
Et pourtant. Dole adorait ça. Il adorait voir des gens hurler, se tordre de douleur, crever sous les lasers projetés par des armures noires. Oh oui... C'était pour ça qu'il était né. Toute son enfance de merde passée sur l'île, toutes ces années a être plié et embrigadé... C'était pour tuer et ordonner de tuer. C'était quoi la différence entre lui et un malebranche ? Les symboles ? Il n'avait pas de tatouage sur lui... Mais il avait des morceaux de cuivres et de fers fondus qu'on appelais ''médailles''. Des trophées ? Dole avait des photos, des coupures de presses, des galons. Des soldats totalement tarés ? Faut dire, pour le suivre, pour donner sa vie, pour obéir a chacun de ses ordres... Les hommes de la FNF devaient également être de sacrés psychotiques sous leurs armures et leurs masques impassibles.

''Une laisse... Une putain de laisse...''

Au fond, c'était pas la FNF le problème. La FNF étaient de bons hommes. Madof avait raison sur tous les putains de points. Le problème, c'était le gouvernement, point.

''J'adore cette violence... J'adore la douleur que je cause et que je reçois... Mais je peux pas... Je peux pas aimer ça... C'est... C'est dégueulasse... ILS me disent que c'est dégueulasse... Ils m'ont déjà rétrogradé pour ça... C'est eux le problème... Il faut que je marche en rang... Il faut que je m'éloigne de ces putains de flammes...''

Dole avait un gigantesque sourire. Il grimaçait volontairement pour amplifier la douleur qui était reçue de ses pointes. Une extase. Il adorait ça... Il osait pas le dire, mais putain, il adorait cette douleur sadique que le mutant lui avait causée. Pourtant, il essayait toujours de se battre... Se battre pour que son pénis ne se durcisse pas, pour que sa voix ne devienne pas plus aiguë, qu'il reste impassible, droit, martial face a cette raclure d'indigène mutée. C'était ça qu'on lui avait donné quand il était enfant. Une laisse. La FNF l'avais appris a tuer et a haïr, mais simplement en petites doses. Mais il ne pouvait pas s'en passer...

Cette même vague sensation de haine et de dégoût qu'il s'auto-infligeait lui emplissait l'esprit. Il était tiraillé. Et il la revoyait... Toujours la même... Akhaten... Elle, c'était bien tout le contraire de Dole. Tout ses traits étaient parfaits. Toutes ses courbes étaient attirantes. Tout ce qui faisait partie d'elle lui pourrissait l'esprit comme la gangrène détruit les membres. Il fallait qu'il se batte pour ne pas repenser a elle.

Dole respirait encore plus fort. Cette sale merde était a deux doigts de faire une crise cardiaque. Il ouvrit grand les yeux, une vague sensation de honte le recouvrant. Il garda les yeux rivés vers ceux du mutant, il relâcha la pression de ses muscles, essayant de ne pas sentir les pulsions qui sortaient de ses pores.

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Zoé "Akhaten" Grégeois
MessageSujet: Re: Les leçons de l'haruspice   Jeu 28 Aoû 2014 - 22:14

Oletro tilta en entendant les mots de Dole. Il se dit que finalement il serait peut être possible de faire quelque chose de cet homme.
- Ne sois pas effrayé par le feu. Tu penses qu'il va te blesser, tu penses qu'il va brûler ta peau et brûler tes os, mais c'est la seule voie qui importe. En embrassant les flammes de l'enfer tu t'affranchis de toute contrainte en faisant de tes faiblesses autant de forces. Les grands hommes vivent dans un brasier que les petits hommes ont l'honneur de pouvoir allumer. Akhaten connait bien le feu, il lui obéit au doigt et à l'oeil, c'est ce qui lui vaut son surnom de Vipère de feu. Elle connait la langue de Calcifer et a réussi à s'en faire un allié. Si tu veux la rencontrer, tu devras d'abord passer par lui. C'est là le sacrifice qui t'es demandé : renie tes dieux et maîtres qui t'emprisonne et te font souffrir pour des intérêts futiles aux proportions démesurées. Renie les à tout jamais car aucun Malebranche n'acceptera de pactiser avec la FNF, mais si tu y renonces, nous pourrons nous associer.

L'haruspice retira une à une les aiguilles du visage du soldats, puis les rangea dans sa trousse d'où il sorti une minuscule lame. Il se positionna dans le dos de Thomas et grava légèrement une figure dans sa peau. La douleur vive aussitôt se transforma en plaisir masochiste par le biais des reliquats de venin.
- Je ne te demande pas d'annoncer publiquement ta trahison, ta position au sein de l'armée serait un avantage absolument certain si tu devenais un agent double. Nous t'aiderions au sujet du Maréchal pour que tu gagnes en puissance dans notre intérêt, en échange de quoi tu nous apporterais ton aide dans nos plans. Akhaten est l'élue des enfers, c'est elle qu'ils ont choisie pour agir en leur nom, si tu te joignais à nous, tu serais forcément amener à la revoir.
Le mutant avait fini. Il regarda Thomas de haut en bas, satisfait de son travail.

- Cependant, garde toi de te jouer de nous, tu n'aurais aucune chance ! Les temps qui s'annoncent se feront avec où sans toi alors n'oublie pas quelle est ta place !
Il avait dit ça avec véhémence, il ne fallait surtout pas que le petit homme s'emporte trop vite où sa vie lui semblerait bien longue à côté de l'éternité du royaume des morts.

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Thomas Dole
MessageSujet: Re: Les leçons de l'haruspice   Ven 29 Aoû 2014 - 0:29

D'ordinaire, Dole détestait sourire. Il gardait toujours son expression neutre, martiale, droite. La face de l'autorité respectée. La tête qu'il utilisait pour parler avec ses inférieurs et ses supérieurs. Bien souvent, il remplaçait cette expression en fronçant les sourcils, en levant la lèvre, tentant de contenir l'atroce haine qui grandissait sans jamais pouvoir être ventilée autrement que par la drogue ou les putes, le bouffant, le consumant de l'intérieur sans qu'il ne puisse rien y faire... Quand il souriait, c'était un sourire en coin, suffisant, quand il était persuadé de la bêtise et de la stupidité de son interlocuteur.

Mais là, le sourire qu'il affichait tandis que la lame le tailladait a vif était parfaitement honnête. Il penchait la tête, voûtait un peu son dos, fermant ses poings de la plus grande puissance qu'il pouvait espérer produire. Mais toute sa face était illuminée par un sourire glauque et complet, laissant apparaître toute ses dents jaunâtres et en état très médiocre après les injections répétées de psycho de qualité médiocre détournée parmi les stocks du Trident. Il gémit un peu. Et, de façon dérangeante, sûrement pas de douleur.

Cependant, les mots du mutant lui avaient parus comme... Basiques. Toujours la même merde psychotique. Toujours les phrases qui s'interprétaient de tas de manières différentes. Toujours les mots et les notions païennes... Oh oui, Dole avait de l'intérêt pour les malebranches, et il adorait le traitement immonde qu'il venait de subir. Mais malgré tout, les malebranches restaient pour lui un culte et un gang comme un autre, que la FNF purgera d'ici à quelques années. Il n'avait de vrai intérêt altruiste que pour une seule.

''Mes maîtres... Ce ne sont pas les militaires... Ils sont des esclaves... Comme moi... Les vrais maîtres de la FNF... Ils sont intouchables...''

Le commandant avait toujours le même sourire glauque tandis qu'il se tournait pour faire face au mutant.

''Les vrais maîtres de la FNF sont terrés dans leur enclave, dans leurs bureaux... Ils ne vivent pas. Ils survivent... Reliés a des respirateurs, devant prendre des injections quotidiennes de médicaments, totalement aveugles à la vérité des Terres Désolées...''

Madof. Il parlait comme Madof. Mais il n'avait rien a voir avec Madof. Madof était hautain, suffisant, persuadé de tout contrôler, de tout savoir, que la solution a tout les problèmes étaient avec des armes... Non, non... Dole n'avait rien a voir avec Madof. Absolument rien. C'était sûr même. Effectivement.

''On peut pas leur faire de mal... Du moins... J'ai une petite idée...
L'un... Enfin, l'une des membres du CR a un fils. Son nom est Pestagaupe. Commandant Pestagaupe. C'est un homme contre lequel je voue une haine incommensurable. Cet homme est un lâche qui n'a jamais eu a tenir une arme de sa vie... Qui n'est en place que par des magouilles politiques... Il n'a aucun honneur. Aucune force. Il n'a strictement aucune qualité pour le racheter.
Je peux le tuer. Je peux réduire aux larmes un de mes maîtres séniles et éloignés. Et mieux que ça : Je peux arranger pour que la façon dont il meure soit simplement accordée a un psychotique quelconque... Et ça, ça prouverais définitivement qu'il n'y a RIEN a sauver pour la République depuis la mort de Madof. Ce serait la preuve absolue que le CR est parti pour crever.''


Le commandant ferma les yeux un moment, avant de prendre une grande inspiration nasale.

''En revanche, le Maréchal n'a plus aucune utilité pour personne. Il est parti. Loin. Quelque part. Peu importe. C'est... Quelque chose qu'il avait qui nous intéresse.''

Il s'arrêta immédiatement de parler, se contentant de supprimer son sourire honnête par sa bonne vieille expression narquoise en coin.

''Enfin... Akhaten... Elle saura de quoi je parle. D'ailleurs... Je lui fais entièrement confiance. En fait... Aussi... Paradoxal que cela puisse paraître, je n'ai jamais été plus utile à la République que depuis que je l'ai rencontrée.''

Il ponctua sa phrase d'un faux sourire bienveillant. La vérité, c'est que depuis quelques temps, Dole était beaucoup plus proche de ses hommes, beaucoup plus organisé, beaucoup plus réaliste... Il ne savait pas si c'était le fait de rencontrer Pestagaupe, le vrai visage de la République, ou sa rétrogradation qui lui avais mis du plomb dans la tête, ou alors Akhaten... D'ailleurs, c'était vraiment quelque chose de compliqué. Si ce n'était que Pestagaupe, alors il serait du côté de Madof et des dissidents. Si c'était sa rétrogradation seule, alors la FNF était vraie, pure, la Rome qu'il avait rêvé. Si c'était cette... Enfin... Dole n'aurais plus aucune raison de porter des galons.

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Zoé "Akhaten" Grégeois
MessageSujet: Re: Les leçons de l'haruspice   Sam 30 Aoû 2014 - 22:17

- Qu'il en soit ainsi Thomas Dole, déclara le mutant. Tu tueras Pestagaupe pour la haine que tu lui voues, c'est cela la voie du feu. Laisse parler ta colère et ta haine, elles te donneront la possibilité d'accomplir tout ce que tu désireras. Lorsque ce sera fait, tu seras apte à revoir Akhaten. Tu dois comprendre que même si nos traditions te dépassent, elles restent intimement liées à Akhaten, tu te dois de les comprendre et de les respecter ; ta complaisance cynique et ton mépris ne seront pas tolérés. Et surtout n'oublie pas que c'est uniquement en ton nom que tu es là. La FNF peut te donner tous les ordres qu'elle veut, quoi qu'il arrive tu restes ton propre maître.

Oletro se saisi de la bassine au pied de l'autel à l’intérieur de laquelle s'était écoulé tout le sang du radcochon disséqué.
- Tu vas maintenant recevoir l'Ablution. Par ce sang que je maudit, tu sera débarrassé de ton ancienne vie et percevra le monde d'une autre façon. C'est le feu et le sang qui te guideront vers Akhaten. Utilise ce qu'on t'a appris à craindre comme une force : toutes ces émotions pleine d'énergie que tu emprisonnes au fond de toi depuis toujours.
Le Malebranche se mit a réciter des incantations dans une langue incompréhensible et certainement obscène. L'effet qu'il donnait à sa voix donnait l'impression que le grondement qu'il émettait venait du plus profond des abysses et qu'il ressurgissait ici. Il leva la lourde cuvette au dessus de sa tête et en renversa le contenu sanglant sur celle de Thomas. Son corps se recouvrit doucement de vermillon poisseux.

Lorsqu'il fut entièrement repeint le mutant repris :
- Lorsque tu te sentira prêt, récite l'invocation et Akhaten t'apparaitra ... Maintenant dort !
Le poing serré de la bête vint s'abattre en pleine face du soldat qui fut assommé sur le coup.

***

Pendant que Thomas piquait un somme, Oletro n'avait pas chaumé. Premièrement il avait fermé la boutique pour le reste de la journée. Depuis le peu d'année qu'il connaissait Zoé, il avait appris à la haïr, puis à l'apprécier au cours du temps. Quelque soit le sentiment qu'on pouvait avoir à son égard, il était certain qu'elle ne laissait personne indifférent. En quelques mois, elle avait remis en cause toute la stabilité relative du monde malebranche. Selon certains anciens de la tribu, Zoé "Akhaten" Grégeois était l'élue qui permettrait aux Malebranches de libérer la bête. Les prophéties n’étaient pas claire la-dessus comme doivent l'être les prophéties et donc toujours libres d’interprétation. Pourtant la tatoué avait réussi à force d'aventures et de quêtes à la recherche du couteau et en porte parole du gang à prouver sa valeur.

La capture du voleur du couteau, qui devait permettre de libérer le maître de l'apocalypse enfermé par les hommes dans un monolithe en retournant sa propre puissance contre lui, avait su donner à Zoé une crédibilité certaine en tant que personnalité influente du gang. Pourtant, tout n'était pas gagné, le couteau lui-même, alors qu'il avait été prétendument en possession des Malebranches pendant des années, n'avait toujours pas refait surface, et malgré une confiance grandissante de la part de Graffiacan, il resterait toujours des sceptiques pour remettre en doute l’ascension de l'élue tant que la lame ne serait pas revenue.

Oletro était fidèle à Akhaten, lorsqu'il avait pris connaissance de la ferveur qui pouvait tourner autour d'elle, il avait d'abord gardé ses distances, mais les faits parlèrent d'eux-même en se concordant avec la vision de l'avenir qu'il avait aperçue. En tant que gardien de l'unique comptoir des Malebranches à l’extérieur de leurs terres, il était devenu un ami très utile. Outre sa mission de veiller aux rares transactions avec des étrangers, il était l’œil de l'enfer, son art divinatoire et les racontars qu'il pouvait entendre faisaient de lui celui qui connaissait les bonnes informations. Sa portée était réduite, mais il savait que si Zoé parvenait à gagner la confiance de tous, elle lui donnerait surement plus de moyens. Il ne lui restait plus qu'à la prévenir de ce qui venait de se passer avec Thomas Dole.

***

Quelques minutes plus tard, Dole se réveilla nu et couvert d'hémoglobine séchée au fond d'une tombe ouverte du cimetière. Sous sa tête se trouvait ses vêtements, eux aussi tachés et à l’intérieur d'une des poches, un petit papier décrivant la cérémonie d'invocation et dans une autre, une minuscule fiole d'un liquide turquoise.

Oletro a écrit:
Il y a dans Paris des lieux chargés d’énergie spirituelle de par leur histoire, certains sont d'une puissance incommensurable, d'autres plus modestes. Notre-Dame-de-la-Croix sera parfait pour une invocation comme celle-ci. Après avoir marqué la porte principale de la tête coupée du gardien, tracer sous le donjon un cercle autour d'un pentagramme bordé de douze flammèches du feu grégeois fourni. S'assurer d'être seul avant de faire sonner les cloches douze fois elles aussi, puis attendre au centre du tracé. Cela peut prendre du temps, si au bout de trois heures rien ne se passe, partir le plus vite possible.
Important : ne pas entrer en contact avec le sang du gardien.

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Thomas Dole
MessageSujet: Re: Les leçons de l'haruspice   Dim 31 Aoû 2014 - 0:12

Dole se réveillait, lentement, endolori d'une puissance atroce dans tout son corps. Les plaies ouvertes sur son visage, sur son dos, sur sa main... L'énorme quantité de drogue qui l'avait fait planer et qui maintenant avait chuté avec une violence monstrueuse... Le commandant ne bougea pas pendant deux bonnes minutes, la vision troublée, essayant de reprendre ses esprits...

Puis, ses tympans se réveillant commençaient a trembler. De l'eau... Peut-être... Peu importe. Il commençait a observer ses environs. Il était dans un endroit humide et puant. Il observa son corps pendant quelques instants. Du sang. Du putain de sang... Où est-ce qu'il était ? Et depuis combien de temps ? Il fallait pas traîner. Surtout pas.

Comme fouetté par la peur, il se pressa de sortir de sa tombe, pour voir que ses vêtements étaient tout proches. Il s'habilla en branle, gémissant un peu de douleur, avant de finalement atteindre son manteau, où il entendis un son de verre bougeant.

Il enfila les manches avant d'observer ses poches. Il sorti une sorte de... Fiole bleuâtre. Il leva son bras et la remua un peu, pour voir qu'il s'agissait d'un liquide. Il remit la fiole avant de continuer de se fouiller. Il retrouva son revolver. Il le posa dans ses mains, avant d'ouvrir d'une pression ferme le barillet. Toutes les balles étaient là. Qu'importe. Il le ferma et le rangea a sa place, avant de continuer, trouvant des choses bien inutiles, jusqu'à tomber sur un papelard.

C'était des instructions, rédigées d'une écriture grasse et lourde. Bien celle d'un mutant...

Et comme d'habitude, ces foutues directives étaient codées dans un langage pseudo-énigmatique répugnant pour Dole. Oh oui, il avait tenté de comprendre les malebranches. Oh oui, il venait de vivre une expérience excitante, mais également glauque et terrifiante...

Qu'est-ce qu'il foutait là ?

Il était couvert de sang, a souffrir, dans une cave humide et glauque d'un village mutant a plus de 12 kilomètres de Paris. Il ferma les yeux un moment, pour tenter de se remémorer les dernières paroles du mutant...

Cette saloperie de mutant avait tort. Complètement tort. Dole n'était pas le maître de lui-même. C'était même tout l'inverse... Il n'arrivait pas a contrôler sa misérable vie qui s'éternisait inutilement.

La leçon du mutant avait été complètement changée dans l'esprit de Dole. Elle avait été changée bien plus simplement...

C'est dans la nature humaine de chercher une culpabilité dans un moment de tragédie. C'est un signe de force que de pleurer contre le destin, plutôt que de simplement courber l'échine et succomber...

Inévitablement Dole a décidé de porter la culpabilité de la mort du caporal-chef Morvand sur la main qui les avait envoyés a une journée de marche de Paris : La Force de la Nouvelle France.

Mais le Conseil Républicain ne fait que remplir les devoirs de son office. De les craindre encore plus est redondant. De les haïr ? Un crime.

Un être plus raisonné placera la responsabilité sur ceux qui ont forcé la main de la FNF : Le gang de la Horde.

Avec un peu de chance, Dole pouvait convertir sa haine en but. Et prendre le contrôle de son destin en allant au service de la République.

Mais en fin de compte... C'était Dole le seul et l'unique responsable de tout ces événements qui un jour seront oubliés. En acceptant de se faire manipuler par un monstre quelconque a détruire : Akhaten.

Alors non. Dole ne tuerais pas Pestagaupe. Il allait se ressaisir. Se purger. Se reconvertir. Et même si cette vie sera loin d'être celle dont il rêve, ce sera au moins une.

********

Dole commença a quitter la tombe dans laquelle il était enfermé. Le soleil était en train de se coucher, et il valait mieux qu'il ne traîne pas. Il marchait. Ou plutôt il titubait au milieu de cette saloperie de cimetière. Il était crevé, endommagé par la terrible douleur. Il était presque en train de se traîner de ses jambes. Il faisait peine a voir... Ou bien il provoquerais l'hilarité. Cela dépend de la personne en face de lui.

Il bougea un peu la tête a sa gauche. Il y avait quelques saloperies de mutants. Dole n'osa pas croiser leurs regards. Il continuait, les mains hors des poches, les yeux rivés vers le sol, la tête basse.

En passant, il revu la tombe de tout à l'heure. André Masséna. Il n'allait pas finir comme lui... C'était hors de question.

Le commandant fini par aller vers le camp humanitaire de fortune de la FNF. 4 tentes. 2 bleus qui devaient vraiment se faire chier dans cet endroit minable. C'était un truc de fortune installé lors d'une précédente entrevue avec la Reine... On aurait dit une éternité. Dole avait sacrément changé. Il se rappelait encore comment est-ce qu'il avait osé parler à la Reine... Avec un ton de hargne, a considérer tout le monde comme un faible... Il avait fait du chemin. Même s'il n'osait pas se l'avouer.

Un homme sorti de la tente, et aperçu la figure humaine devant lui, bien amochée. L'homme se gratta derrière la tête, alors qu'il voyait cette figure titubante s'approcher.

''Monsieur... Vous... Cherchez quelque chose ?''

Dole fouilla ses poches. Au moins, le chamane ne lui avait pas faites. Il sorti sa carte d'identité de Lutèce.

''Commandant Thomas Dole. FNF. Est-ce que vous permettez que je... Et bien... Passe la nuit ici ?''

Le médecin devant lui ne réagit pas. Il avait les yeux grands ouverts et resta silencieux un moment, avant de balbutier quelques mots et de murmurer quelques mots.

''Bien... Je... Je pense que... On a... On a des lits, oui...
-Parfait. Est-ce que je peux compter sur votre discrétion ?
-Ben... Oui... Oui commandant.''


Le médecin lui tandis alors la main vers la tente, tandis que Dole lui tandis de façon furtive 2 billets de 50 francs.

Finalement, il entrait dans une de ces foutues tentes ridicules, a peine fréquentées par les mutants, pour aller s'installer dans un lit de camp sans rien dessus.

Il ne tuerais pas Pestagaupe. Il ne prendrait plus jamais de Psycho. Il se reprendrait en main.

Dole sorti la fiole de sa poche, et la rangea dans un endroit plus protégé.

Non, il ne l'utiliserait pas.

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