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 Lois de Mendel / Partie III

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Tueur de PJ
MessageSujet: Lois de Mendel / Partie III   Lun 30 Juin 2014 - 15:49








Toujours cette lourdeur étouffante, ce ciel menaçant, ce profond silence.
Il y avait bien une chose qui venait de changer pourtant ; ni dans le ciel noir et ni dans ce paysage désolé, ce qui avait changé n'était pas visible, seulement perceptible.
Les animaux mutants présentant le danger rentraient précipitamment dans leur sordides tanières, les insectes trouvaient refuges en s’enfonçant dans la terre, des nuées de rapaces volaient du sud direction le nord.

L'instinct animal présent en l'homme s’affolait aussi, mais, étouffé par la conscience de celui ci ses messages d'alertes n'étaient qu'à peine perceptible, ne provoquant qu'un profond et inexplicable sentiment de mal aise.


Les gardiens arrivèrent par l'ancien parc Montsouris.
Deux dunes de sables et de la caillasse. Arbres morts et buissons épineux. Là où se tenait un petit lac azur ne se trouvait qu'un abreuvoir boueux et pestilentiel.
Gravissant la dernière colline, ils découvrirent en face d'eux un grand bâtiment de béton rectangulaire.
C'était ici.

L'abri 106.


* * *


Malgré leur marche interminable et la chaleur pesante, Léthias et Alain n'avait rien perdu de leur prudence arrivé devant leur objectif. Ils vérifièrent que l'endroit était vide de tout hostile avant de reprendre leur progression.
L'intérieur, totalement vide et de ce même béton morne du sol au plafond, n'était rempli que par plusieurs piliers rectangulaires, espacés tout les dix mètres dans l’immense salle.

Ils descendirent alors jusqu'à l'abri souterrain.
Des marches, un couloir, encore des marches...
Débouchant sur un long et sombre tunnel. Au bout, la pesante porte d'acier marquée 106, engrenage inamovible et indestructible... Fermé. Alain poussa le levier d'ouverture sur le tableau de commande, plusieurs fois, en vain.
Il prit alors contact avec le Temple.


La liaison était exécrable, en décalé et brouillée, la voix d’Éloïse lui parvenait de très loin...
"[...] je n'ai jamais vu ca. Toutes les commandes d'abris sont censés être standardisées. Celle ci ressemble en apparence à toutes les autres mais le système de sécurité est beaucoup plus complexe...."
- Ah. Comme si le type qui l'avait concu il y a un siécle s'était attendu à ce qu'une crack de l'informatique vienne bidouiller sa machine...
Alain prit d'autres photographies de basse qualité, en noir et blanc, et les envoya à Éloïse via son BEC.
Tout en suivant difficilement les instructions de celle ci pour démonter le panneau de commande.

Pendant ce temps, Léthias explorant le tunnel avec le faisceau de sa lampe torche ne pu que constater que les ossements qu'ils avaient croisés ça et là dans le tunnel n'étaient pas empilés n'importe comment. Certains cranes étaient même ornementés, d'autres peints avec des glyphes incompréhensibles.
Étrange, très très étran...


Explosion.
- Bordel c'était quoi ç... !
Le tunnel s'effondre ?!

Un autre grondement se fit entendre, puissant, assourdissant. Alain récupéra sa lampe et couru jusqu'à la sortie avec Léthias, pensant que le tunnel s'effondrait...

Il n'en était rien.
Revenus dans le bâtiment, ils aperçurent les éclairs déchirant le ciel noir, précédés par un grondement apocalyptique. Une violente tempête éclata. Une pluie drue balaya bientôt l'endroit.
Là n'était pourtant pas le plus terrifiant.

- Léthias... ton bracelet radar.
Trois points rouges les cernaient.

Alain dégaina et se plaqua contre un des piliers de béton.
- Les Hurleurs.
Le mutant jeta un oeil à l'escalier descendant jusqu'à l'abri. Dans ce tunnel ils seraient pris au piège. Alors quoi ? Tenter leur chance dehors dans cet enfer de pluie, de vent et de grêle ?
Il ne semblait y avoir qu'une seule issue : combattre.
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Léthias Osniaril
MessageSujet: Re: Lois de Mendel / Partie III   Mer 2 Juil 2014 - 16:36

Entrée de l’abri 106.

Alain, avec la lointaine aide d’Eloïse tentant difficilement d’ouvrir la porte de l’abri, mais celle-ci résistait plus qu’à l’accoutumée. Même l’experte du Temple s’accordait à dire qu’il y avait quelque chose de pas normal. Pendant ce temps, Léthias explorait la salle dans laquelle ils se trouvaient, espérant trouver un petit indice susceptible de les aider, mais rien. Ils étaient bloqués. Il se rapprocha d’Alain, quand dehors, l’orage éclata enfin. Des trombes d’eau tombaient sur les toits du bâtiment où ils se trouvaient, dans un vacarme infernal. Dee temps à autres, des éclairs frappaient le sol, résonnants à des kilomètres. Léthias était bien content d’être protégé par plusieurs mètres de terre et de roches, car être dehors par ce temps-là n’avait rien de rassurant. Alors qu’il était prêt de la porte, son bracelet radar bipa. Il le regarda, et distingua trois signaux, à tout juste une centaine de mètres. Il ne voyait aucune lampe torche, aussi les hommes devaient-ils encore être en haut. Léthias chuchota.

« -Trois signaux, vers l’entrée. »

A l’instar d’Alain, il se planqua derrière une colonne et coupa sa torche, replongeant la salle dans l’obscurité. Cette fois, il n’était pas équipé de la combinaison des agents de sécurité du laboratoire du Bois de Boulogne. Donc pas de vision nocturne, pas de système de visée intelligent. Il allait devoir faire ça à l’ancienne. Le mutant et le Gardien, chacun d’un côté de l’allée centrale, remontèrent une colonne vers l’entrée. Puis une deuxième, et une troisième, jusqu’à ce que des pas résonnent dans les escaliers. Des faisceaux lumineux fendirent l’obscurité, et trois hommes  entrèrent dans la salle. S’approchant toujours plus des deux Gardiens. Leurs lampes torches éclairaient difficilement l’espace autour d’eux, si bien qu’Alain pouvait quelque peu difficilement distinguer le visage de Léthias. Ce dernier déploya ses mains, mima une distance,  toujours à l’abri derrière sa colonne de métal. Alain comprit à demi-mot qu’il parlait Sept doigts levés. Six. Cinq mètres. Quatre. Trois. Le mutant n’attendit pas qu’ils arrivent à leur hauteur. Ses puissants muscles le firent quitter sa cache, et il se rua sur ses adversaires. Deux d’entre eux tombèrent sous sa formidable charge. Le dernier, encore debout, s’apprêtait à tirer, mais s’écroula au sol. L’Ombre venait de quitter l’abri de on pilier, et deux tirs bien placés avaient suffi.

« -Bon. Affaire classée.
-On dirait. Rien d’autre au bracelet ?
-Nop. Je vais foutre ceux-là sur le côté, tu retournes à la porte ?
-Ouai. J’espère qu’on ne va pas y rester bloqué trop longtemps. »

Un premier incident qui venait de pimenter leur mission. Pas de réels problèmes jusque-là, mais Léthias savait d’’expérience qu’à partir du moment où quelque chose arrivait, la suite était de plus en plus agitée. Le Gardien tira les corps des maquisards hors de l’allée centrale, à l’abri des regards, contre un mur de crânes. Pas très rassurant comme déco, mais il n’avait pas vraiment d’autre choix que de faire avec. La chose faîte, il retourna vers Alain, toujours affairé à ouvrir la porte.

« -Bordel. Résistante.
-Dommage qu’HG n’ait pas pu nous bricoler un petit prototype avec la Lance de Feu. Je suis presque sûr qu’on aurait pu percer cette porte en moins de temps qu’il n’en faut pour le dire. »

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Dernière édition par Léthias Osniaril le Dim 6 Juil 2014 - 22:43, édité 1 fois
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Tueur de PJ
MessageSujet: Re: Lois de Mendel / Partie III   Jeu 3 Juil 2014 - 23:27

Astérix et Obélix contre les Hurleurs.
Alain était tombé dans le VEC étant petit, et Léthias avait bien un air d'astérix à vrai dire, mais en moins futé.

En deux trois coups de cuillères à pot l'histoire fut pliée. Les psychotiques furent totalement pris par surprise, et un seul d'entre eux était armé. Même un manchot aveugle aurait pu s'en tirer. Le mutant fit une terrible charge digne d'une finale de trashball, assommant deux cibles en quelques secondes alors que son collègue élimina l'hurleur armé d'une carabine, deux tirs en pleins torse, net et sans bavure. Comme à l'entrainement ! Du biscuit pour deux gardiens vétérans comme eux.


« -Bon. Affaire classée.
-On dirait. Rien d’autre au bracelet ?
-Nop. Je vais foutre ceux-là sur le côté, tu retournes à la porte ?
-Ouai. J’espère qu’on ne va pas y rester bloqué trop longtemps. »

Alain observa un moment les corps des hurleurs avant de s'en retourner vers le tunnel. Le cadavre percé par deux rayons lasers ne portait qu'un short usé, des bandelettes sales autours des deux bras, deux mitaines et un corps presque entièrement tatoué. Sa carabine, chambré 22 LR était de bien piètre facture.
L'autre corps, inconscient, était semblables : peu de vêtements, et les mêmes étranges tatouages sur presque tout le corps. Un gourdin à la ceinture, une montre brisé et c'était tout comme apparat.
Le dernier était le plus étrange. Bronzé, un unique tatouage en plein milieu de la poitrine. Il portait autour du coup plusieurs kilos de colliers et de gri-gri en tout genre.
Quels étranges barbares...



Un nouvel éclair, et un tonnerre assourdissant, semblant ébranler jusqu'à la structure du bâtiment. Un frisson parcouru le corps de Léthias bien malgré lui. Alain, lui, en plus d’être exténué par leur longue marche et par cette courte montée d'adrénaline était de plus en plus angoissé. Le monde post apocalyptique était un endroit plein de danger... et voilà bien un siècle que lui, Alain de Saint Phalle l'arpentait, il ne lui était pourtant rarement arrivé de sentir sa fin aussi proche. Pourquoi ? La menace avait été appréhendée et éliminée pourtant.
Pourquoi ?
Pourquoi ?...



« -Bordel. Résistante.
-Dommage qu’HG n’ait pas pu nous bricoler un petit prototype avec la Lance de Feu. Je suis presque sûr qu’on aurait pu percer cette porte en moins de temps qu’il n’en faut pour le dire.
- Hum. Léthias, essaies donc. Tu es bien plus doué que moi pour ce genre de truc.»
Alain essaya une énième fois de reprendre contact avec le Temple.
En vain.
Tant que l'orage tourmentait la zone, pas moyen d'envoyer un message semblait il.

Se pinçant l’arrête du nez, le mutant souffla d'épuisement.
Putain qu'il était épuisé.
Et qu'il avait soif.
Et qu'il avait faim.
Oh ça oui, bordel, une faim dans le genre bien méchante.

Croquer un bout de Léthias ? Un bras peut être ? Il y pensa avec un fin sourire. Non, bien sur que non.
Evidemment qu'il savait se tenir. Et évidement qu'il en avait vu de pire.
Et il avait un truc pour oublier tout ces tracas purement "physique" : penser, réfléchir.

Il se tourna alors et balaya le tunnel avec sa lampe.
Ces ossements empilés...
Ces cranes peinturlurés...
Ces glyphes mystérieuses...
Ces gravures simplistes sur les parois...
Et ce hurleur qu'il avait assommé, ses amulettes et ses fétiches, armé d'un simple bâton grossièrement sculpté. Un totem en réalité.

Et il comprit.
Alain comprit, oui. Il comprit qu'ils étaient certainement dans une sacrée merde et que leur vie ne tenait qu'à un fil.

- J'ai... comme un mauvais pressentiment Léthias. Lacha-t-il les dents serrées.
Alors il s'en retourna vers la sortie, et, en quelques enjambées se retrouva dans le bâtiment vide.

Oui, les corps avaient disparus.



Il échappa de peu, de très très peu à un tir de fusil laser tri-faisceau. L'un des lasers le toucha à l'épaule, mais sa seconde peau et son cuir de mutant ressentir à peine cette brûlure de cigarette.
Alain se jeta contre un pilier. Un tir d'arme à feu le força à changer de place. Il choisi de se rapprocher d'une des fenêtres. Oui, dehors il pleuvait, grêlait et ventait comme dans la pire des tempêtes, mais au moins il avait une "porte" de sortie pour la pire des éventualités.


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Léthias Osniaril
MessageSujet: Re: Lois de Mendel / Partie III   Sam 5 Juil 2014 - 14:40

Léthias avait suivi Alain, et tous deux étaient remontés à la surface. Le fusil laser piqua la peau du mutant, tandis que qu’une balle faisait voler en éclat un bout de mur juste à côté de Léthias. Instinctivement, Léthias se plaqua au sol, te jeta un œil à son bracelet radar. Deux signaux. Pas forcément la mer à boire. Léthias rampa sur quelques mètres, histoire de changer de position, tandis que les deux adversaires se rapprochaient. Au fil du temps, le Gardien s’était habitué à déterminer la position de ses ennemis uniquement grâce à son bracelet radar, ce qui lui permettait de rester à couvert le temps de se préparer. Quand il fut à peu près sûr de la position d’un d’entre eux, il se releva, ajusta son HG et tira. Il eut à peine le temps de voir une femme avec un fusil de chasse, mais cette dernière eut largement le temps de voir le Gardien. Une fraction de seconde avant que Léthias ne tire, elle avait bondi sur le côté, et le trait laser avait misérablement manqué sa cible. Pour toute réponse, deux détonations retentirent, faisant à nouveau voler le mur en éclat. Une nouvelle fois, Léthias bougea, se rapprochant du mutant, se cachant difficilement derrière un mur, du haut de ses deux mètres soixante.

« -Faudra m’expliquer ce que des Hurleurs viennent foutre à six heures de marche de leur territoire !
-Des Hurleurs ?
-Y’a qu’eux pour être aussi agiles !
-Ouai, ben qu’ils se rapprochent, et on verra ce qu’ils disent face à ma manicle de feu.
-Ils ne sont pas cons, ils se rapprocheront pas autant. Un jour ou l’autre, faudra vraiment que les Bergers nous autorisent à partir avec un Flammeur en mission ! »

Trois traits lasers simultanés passèrent à côté d’eux. Léthias baissa la tête, avant de ramper sous les fenêtres. Les deux Hurleurs avaient arrêté de bouger, devant s’être mis à l’abri. Léthias risqua un coup d’œil par-dessus le mur, mais replongea aussitôt Les deux Hurleurs étaient là, bien en vue et en visée épaulée, attendant juste que les deux Gardiens se montrent pour les tirer comme des lapins. Léthias sortit son deuxième HG. Il sentait la fatigue le gagner, mais il ne pourrait se reposer qu’une fois cette menace éliminée et la porte de l’abri passer.

« -Très bien… Vous êtes rapides, mais voyons voir si vous visez bien… »

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Tueur de PJ
MessageSujet: Re: Lois de Mendel / Partie III   Dim 6 Juil 2014 - 15:55

1er jet de dé / riposte des gardiens
1 -> Rien
2 -> Le gars au fusil tri-faisceau touché
3 -> La fille au fusil de chasse touchée
4 -> Les 2 psychotiques HS.

Résultat 1er jet:
 


2nd jet de dé / attaque des psychotique (s'ils n'ont pas été mis HS au 1er jet)
1-> Rien
2-> Alain tué
3-> Alain blessé
4-> Léthias blessé

Résultat 2nd jet:
 


J'écris un second post juste après pour "appliquer" ces résultats dans le Rp.
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Tueur de PJ
MessageSujet: Re: Lois de Mendel / Partie III   Dim 6 Juil 2014 - 16:11

Léthias avait sorti ses deux HG. Et cela ne voulait dire qu'une chose :
c'est le moment de botter quelques culs !

Une ombre se détacha d'un des piliers, plusieurs faisceaux bleus atterrirent sur le béton derrière lequel se cachait leurs assaillants. Dés que Léthias cessa de faire feu pour se plaquer de nouveaux contre un pilier, Alain sorti à son tour, continuant à tirer sur la position ennemi, ne les laissant pas la moindre possibilité de riposte.
Malheureusement, armé que d'un seul pistolet laser, il ne put viser les deux hurleurs quant ceux ci quittèrent leur couverture par deux chemins différents. Il prévint Léthias que l'un d'eux arrivait par sa droite. Ce dernier se pencha, vit la cible, tira et fit mouche.
La fille lâcha un cri de douleur et son arme tomba au sol, se tenant le visage elle tituba en arrière et tomba à son tour.
Un de moins !
- Léthias, où est le second, je ne le vois plus !
Trop rapide dans un espace trop grand et trop sombre, Alain l'avait perdu de vue...
Son collègue vérifia évidement son bracelet... Mais, à avoir toujours son nez plonger sur l'appareil cela pouvait devenir dangereux. Le mutant le vit avant que Léthias ne détecta le point rouge sur son radar.
Il ne pensa même pas à hurler "derrière toi" et se jeta sur son collègue alors que le Hurleur, juste derrière Léthias levait son arme. Alain poussa son collègue mais n'eut pas le temps de se protéger lui. Deux tirs de fusil laser tri-faisceau en plein dans le dos. Le mutant ne lâcha qu'un grognement en roulant sur le sol...

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Léthias Osniaril
MessageSujet: Re: Lois de Mendel / Partie III   Dim 6 Juil 2014 - 22:42

Le premier Hurleur éliminé, il n’en restait plus qu’un, mais qui était équipé d’un bon fusil laser. Planqué contre un mur, Léthias vit le mutant s’écrouler lourdement au sol. Il changea instantanément de de place, pour ne pas se retrouver dos au Hurleur. Accroupi derrière les murs, il se rapprocha du mutant, qui grommelait au sol.

« -Ah l’enflure…
-Attend, bouge pas…
-Je sens même plus mon dos…
-T’as la peau épaisse… Ça va, dans une heure tu sentiras plus rien… »

Le mutant roula difficilement sur le côté, pour se mettre à l’abri. Le Hurleur ne bougeait pas, surement planqué derrière un mur. Léthias rangea un de ses HG : à un contre un, un seul tir touchant suffirait. Autour de lui, les nuages obscurcissaient le ciel, et l’intérieur du bâtiment était sombre. Il rabattit sa capuche sur sa tête, et dans le noir, l’Ombre commença à contourner le deuxième Hurleur, toujours bien présent sur le bracelet radar. Le Hurleur changea de position, fusil épaulé et prêt à tirer. A quelques mètres de lui, dans une autre pièce, Léthias avançait silencieusement, cherchant une ouverture pour pouvoir faire feu sur son adversaire. Dans le noir, le pied du Gardien frappa sur un petit caillou qui rebondit sur un mur proche dans un tintement. Le Hurleur comprit rapidement qu’il allait se faire avoir par derrière, et se mit à courir pour changer de position. Dans les sombres couloirs du bâtiment, Léthias continua sa traque. Son bracelet radar lui donnait l’avantage : maintenant, le Hurleur était passé de tireur à pourchassé.

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Tueur de PJ
MessageSujet: Re: Lois de Mendel / Partie III   Lun 21 Juil 2014 - 17:24

"Le véritable plaisir de la Traque ne se retrouve seulement quant on ne sait qui est le chasseur et qui est la proie" avait coutume de dire l'Aboyeur.
Ici, l'erreur de Léthias fut de croire qu'il était chasseur, maître de la situation, le gars qui a le flingue et qui décidera d'une simple pression sur la gâchette de mettre fin à la traque.
Alain avait pressentit le danger, l'avait anticipé et pourtant gisait à cet instant sur le sol froid et poussiéreux. Plus d'un siècle d'existence, d'expérience et de savoir qui avait faillit disparaître en sauvant de justesse son jeune et téméraire collègue.


Encore un éclair assourdissant, la grêle se brisant sur les murs en béton, le vent glacial s’engouffrant dans les coursives de l'immeuble. On aurait entendu le bruit de ses pas résonner à travers  tout le bâtiment effroyablement vide s'il n'y avait eut cette tempête assourdissante martelant constamment le toit et les murs du sinistre édifice.
Une goutte de sueur perla sur son front, glissa jusqu'au bout de son nez d'où elle plongea pour atterrir sur le cadran de son bracelet radar. Il essuya d'un revers de manche et releva la tête, pas question de se faire avoir une seconde fois.
Un couloir sombre, mort de toute présence. Puis à nouveau une salle vide, supportée régulièrement par ces mêmes piliers de béton. Il agita doucement ses doigts tenant son pistolet, décontractant ses muscles et dérouillant ses articulations.

Un éminent gardien contre un immonde psychotique en peau de bête. Il en avait vu de bien pires.
Oui... mais cela ne voulait absolument pas dire que le grand Léthias Osniaril ne risquait de mourir tué par un sniper myope, d'une morsure de rat infecté ou par une bien trop commune diarrhée fulgurante au court de sa vie. Pas glorieux. Les Terres Désolés finissait par les emporter tous. Plus aucune personne ne mourrait en heureux vieillard dans son sommeil, proprement et sans douleur aucune.

Et justement...

Le gardien sursauta quant une nuée de rapaces venu se réfugier ici de la tempête s'envola en tout sens, affolés. Piaillant, hurlant, coups de griffes et coups de becs, les radpigeons effrayés donnèrent une belle frayeur au "chasseur".
Tirs de laser.
Il évita par chance le tri-faisceau grâce aux rapaces qui se sacrifièrent bien involontairement en se plaçant sur la trajectoire du coup. Le karma certainement.
Le second tir il l'évita d'une roulade parfaitement exécutée, se relevant au pieds d'un pilier de béton. Un troisième tir laser et il du se plaquer derrière une autre face du poteau.
Parfait.
Le hurleur avait rabattu sa proie.
Ici l'attendait un autre psychotique, braquant son lance-filet sur le gardien.

Le coup partit et le filet se déploya comme une toile d'araignée, emprisonnant Léthias comme un insecte.
Immédiatement matraqué, battu, asservi.
Immobilisé dans son filet, hagard de douleur on le dépouilla de ses armes avant de le ligoter pieds et poings liés. Les psychotiques ne perdirent pas de temps avec leur proies, seuls quelques mots furent échangés entre les hurleurs. A eux deux, ils empilèrent le corps du mutant, Léthias et les autres hurleurs blessés dans une remorques bois branlantes, tirée par deux brahmines malingres.
Le chariot était étrangement poisseux de sang, il empestait la mort.

Ce corbillard des Terres Désolés traversa la tempête pendant ce qu'il sembla une éternité pour le gardien blessé, coincé entre les 350 kilos d'Alain et la paroi de la remorque, à moitié noyé par les trombes d'eau qui menacait de remplir le chariot...



"-NON ! On ira pas plus loin ! Ca m'nace encore de grêler.
- Ici alors. La planque est au quatrième étage. L'ascenseur à poulie nous aidera à monter les corps.
-Ouais, on attendra d'main pour les amener plus loin."






* * *





Léthias se réveilla difficilement. Trempé, gelé et souffrant.
Quant il pu commencer à bouger certain de ses muscles à nouveau, c'était pour s'apercevoir que ses deux mains menottées étaient enchaînées au mur avec seulement une cinquantaine de centimètres de mou, il ne pouvait qu'à peine bouger d'une position inconfortable pour une autre.
A sa droite il cru apercevoir Alain inconscient ayant subi le même  traitement... le collier explosif en plus attaché à sa cheville, trop petit qu'il était pour son cou.

La pièce où les gardiens étaient retenus faisait dans les dix mètres sur six, totalement vide. Le sol en béton craquelé se voyait parsemé de taches brun rouille. Une unique ampoule éclairait parfaitement la geôle d'une lumière pale éblouissante, se balançant du bout de son câble électrique sous le mouvement d'un courant d'air invisible.
Il n'y avait qu'une seule porte, en face de lui, d'un bois craquelé et d'où émanait la lumière d'un feud e camp par les embrasures.

Celle ci s'ouvrit brusquement, laissant entrer un hurleur à la face burinée et pointant un fusil laser tri-faisceau, et un autre qui enleva sa capuche en s'accroupissant aux cotés de Léthias. Un vrai gobelin sorti d'un conte, chauve, ridé, les dents jaunies et affreusement défformées. Il bava :
- Tiens, tiens ! On dirait qu'on a capturé deux beaux poissons dans nos filets !
Un filet de salive s'était échappé pour atterrir sur le visage déjà trempé du gardien.
- Tuons les ! Beugla l'autre d'une voix caverneuse. Ils ont tués un des guetteurs et blessé le Protecteur !
Le chauve se crispa de dégout à l'entente de paroles aussi stupides.
- Abrutis !
Un humain en parfaite santé et un... mutant ! Les tuer au lieu de les vendres dans les quat'cents piastres ?!

Le grand imbécile eut l'air gêné.
- Ah... Oui. Désolé, j'y avais pas pensé, j'suis vraiment tête en l'air.
- Non, mais t'es une vraie tete de con !
Tu vois c'pour ça que c'est moi qui donne les ordres ici !

Il se releva brusquement.
- Finis de soigner la fille, j'm'en vais voir comment se porte le Protecteur et l'autre blessé.


Léthias, assommé de douleur et de fatigue sombra alors que la porte se refermait.





* * *




Une éponge que l'on essors dans un sceau.
Grognement d'un mutant.

Le gardien se réveilla, sec, la tête lourde et la vision trouble, une peau de brahmine enveloppant ses épaules.
A sa droite, une ombre nettoyait la blessure d'Alain. Un fusil de chasse en bandoulière, un manteau usé et un bonnet bleu d'où coulait de long cheveux couleur de feu.
Celle ci, sans se retourner, savait qu'il venait de se réveiller.
- C'quoi ton nom à toi ?
Elle continua à s'occuper de la blessure du mutant, continuant à questionner Léthias :
- Qu'est ce qu'un mutant et un humain pouvait bien faire par ici ?



Spoiler:
 
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Léthias Osniaril
MessageSujet: Re: Lois de Mendel / Partie III   Sam 26 Juil 2014 - 20:37

Spoiler:
 

Quelque part dans un immeuble.

Léthias se réveilla, des courbatures, hématomes ou contusions un peu partout. Le Gardien était salement amoché, mais par chance, il ne semblait ne rien savoir de cassé. La douleur, cette fois, était bien présente ; la dernière fois qu’il avait souffert autant, c’était son esprit qui avait été travaillé, mais là, c’était réel. Cela ne valait pas la douleur d’un mal dans la poitrine, mais c’était déjà bien. Foutu filet. Léthias grommela, et sentit quelque chose autour de son cou. Il passa rapidement la main dessus, et compris qu’il s’agissait d’un collier explosif. A tous les coups fournis par l’Arc. Ils étaient dans de beaux draps, tiens. Remuant difficilement, Léthias s’aperçu que quelqu’un se tenait accroupi près d’une masse inerte sur le sol. Cette masse était à coup sûr Alain, mais il n’avait aucune idée de l’identité de l’autre. Seule la voix l’informa qu’il s’agissait d’une femme.

« -C’quoi ton nom à toi ? »

Léthias toussa en tentant de répondre, et sa seule réponse fut le crachat de sang qui tomba à côté de lui. Il essaya de se redresser, mais retomba aussi sec. Ses bras ne le portaient plus.

« -On m’appelle Ombre.
-Ombre ? Ce n’est pas vraiment un nom, ça. Plutôt un surnom.
-On m’a toujours appelé comme ça. »

Même s’il devinait plus ou moins dans quel merdier il s’était fourré, il préférait garder l’anonymat sur son identité. Jusque-là, personne n’était venu le torturer pour extirper des informations, et s’il ne se trompait pas, ses geôliers avaient tout intérêt à le garder en bon état.

« -Qu'est ce qu'un mutant et un humain pouvait bien faire par ici ?
-Une info comme quoi il pouvait y avoir quelque chose de valeur dans le coin. »

C’était vrai, mais pour autant, c’était vague. Enfin, ces types n’avaient pas non plus un détecteur de mensonge, alors pourvu d’être convaincant, cela pouvait passer. Et puis vu son état actuel, il n’avait pas besoin de forcer pour dire des trucs en dissimulant… Le stress d’être découvert, dirons-nous.

« -Et en quoi ça vous intéresse ?
-Les récupérateurs, ça vous parle ?
-Ouai. Mais vos armes me paraissent drôlement au point pour de l’artisanal.
-On bosse que sur contrat. Plus dangereux, mais ça paie mieux.
-Plus dangereux, en effet… »

Léthias grogna, tandis que son bras gauche le lançait. Il rabattit la peau de brahmine sur le côté, et releva dans la douleur la manche de sa cape. Un long hématome bleu courait sur tout l’avant-bras. Ces types n’y étaient pas allés de main morte.

« -D’ailleurs, je peux savoir ce que des Hurleurs viennent foutre ici à tirer sur tout ce qui bouge ?
-Comment vous savez qu’on des Hurleurs ? »

La question avait l’air de l’avoir déstabilisé, mais Léthias ne pouvait en dire plus dans l’état actuel, avec elle de dos.

« -J’ai appris avec le temps que y’a que vous pour bouger comme ça. Et puis j'ai déjà fait un voyage avec l'un d'entre vous.»

La fille ne répondit rien. Léthias roula sur le dos, et respira, lentement. Sa cage thoracique se soulevait sans trop de mal, c’était déjà une bonne chose. C’était surtout les bras et les jambes qui avaient pris…

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MessageSujet: Re: Lois de Mendel / Partie III   Dim 27 Juil 2014 - 19:58

« -J’ai appris avec le temps que y’a que vous pour bouger comme ça. Et puis j'ai déjà fait un voyage avec l'un d'entre vous.»
Elle s’arrêta de nettoyer la blessure du mutant, la main crispée sur l'éponge.
- Qui ça ? Quand ? Dit elle d'un ton faussement détaché.
Elle écouta la réponse de "l'ombre", sa voix était traînante, ses mots comme marmonnés.
- Conseil. Gardez cette information pour vous, si vous ne voulez pas qu'ils vous torture pour tout savoir de cette affaire là.
La respiration d'Alain se fit soudain entendre, aussi bruyante que celle d'un asthmatique. Le mutant ingurgita quelques longues bouffées d'airs pour pouvoir articuler quelques mots.
- du bluff... hein ? .... négriers prennent pas marchandises... abîmés.  
En v'là un qui reprend à nouveau conscience tient. La psychotique passa doucement son éponge sur le front en sueur du mutant blessé. La respiration du colosse sembla se calmer, et il sombra à nouveau.
- Les hurleurs ne marchandent pas avec les négriers. Les négriers sont tout autant des proies que vous et moi.
Elle fit une courte pose, jetant l'éponge souillé dans le sceau elle se leva, le regard toujours accroché sur le corps massif à ses pieds.
- Ces colliers explosifs, le lance filet, les matraques électriques... C'est d'un groupe d'esclavagiste qui c'était trop approché d'ici.
Non...

Elle semblait comme désolée.
Non... Ce n'est malheureusement pas aux négriers qu'ils comptent vous vendre.

- de... l'eau... murmurait le blessé.
La psychotique resta plantée là un court instant, mais se décida bien vite à prendre son sceau, ses clic et ses clac et s'en alla, refermant avec douceur la porte de la geôle.
... Lé... Léthia... Léthia... le "s" ne sortait pas, écrasé par un sifflement sorti de sa gorge meurtri par les coups de matraque électrique des psychotique.
- je... suis désolé.
La porte s'ouvrit à nouveau, le gardien eut le temps de voir le feu de camp allumé dans un bidon, une grille posée dessus avec ce qu'il semblait être un radpigeon ou un raliéné dessus. La fille se dirigea desuite vers Alain, tendant la gourde prise au gardien à ses lèvres.
- Il n'y est pas allé de main morte sur votre collègue.
C'est Charles ça. Charles le Chauve. Un mutant qu'il avait capturé s'était libéré en brisant ses chaines. Depuis... et bien il prend plus de "précautions" avec eux aut'.

La psychotique poussa un soupir, semblant pensive.
- La tempête est pas prête de s’arrêter, et le terrain et plus boueux que jamais.
Je crois qu'on va rester ici un bout de temps. Monsieur... "ombre" ?
Finit elle moqueuse.
- Moi c'est... enfin, je crois que maintenant on peut m'appeler "cyclope".
Elle s’approcha de Léthias et s'accroupit face à lui, un sourire triste sur son visage fin.
- Tiens, voilà ta gourde et ce sceau pour pisser.
Elle les posa hors de portée du gardien.





- Un peu plus et c'était cuit pour moi.
Tu es... un excellent guerrier pour un récupérateur.

Son œil ne le lâcha pas une seconde, non pas pour intimider, la psychotique semblait véritablement intriguée. Alors elle lista :
- Un mutant qui sait écrire... oui, j'ai trouvé le carnet de poche de ton collégue.
Ce qui semble être un foutu lance flamme sur mesure. Impressionnant.
Des étranges montres aussi... qui n'indiquent pas l'heure.
Et ces sacrés pistolets laser. C'est pas du matos d'avant guerre ça, et c'est fait en série puisque vous aviez à vous deux trois de ses engins là. Je suis pas la plus intelligente, mais je sais qu'il n'y a qu'un seul groupe capable d'équiper ses hommes comme ça.
Te moques pas de moi, récupérateurs mon cul ouais. Vous êtes de la FNF c'est ça ?


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Léthias Osniaril
MessageSujet: Re: Lois de Mendel / Partie III   Dim 27 Juil 2014 - 22:35

« -Comment qu’il s’appelait déjà… Adam Charenton ? Ouai, c’est ça.
-Sérieusement ?
-Ouai, pourquoi ?
-Pour rien. Des récupérateurs… Bon voyons.»

La fille s’éloigna, et revint pour d’occuper d’Alain. Pendant ce temps, Léthias restait, immobile, sur le dur et froid sol de pierre. Il essaya une nouvelle fois de se redresser, mais ses bras ne le portaient pas. Le Gardien esquissa un sourire moqueur quant aux dernières paroles de la psychotique.

« -Croyez-le ou non…
-Je ne vous crois pas.
-Bon, bah pensez ce qui vous chante, mais on des récupérateurs. Un peu spéciaux, certes, mais quand même. Disons que nos employeurs ont des moyens, c’est eux qui fournissent l’équipement. »

Dans un certain sens, c’était vrai. Les Gardiens étaient des récupérateurs œuvrant dans le secret, ne recherchant ni la richesse ni la gloire, mais la seule survie des technologies d’antan. Et l’Ordre était leur employeur, HG fournissait les armes.

« -Et la FNF serait bien le dernier groupe avec qui je bosserais ; la dernière fois qu’on a eu affaire à eux, deux des nôtres se sont retrouvés dans la Fosse, à Lutèce.
-Et ils sont devenus quoi ?
-Ils sont morts. »

Volodia… Léthias pensa un court instant à elle. Cette gardienne qui l’avait accompagné au Bois de Boulogne, lors de la fameuse mission JEK. Qu’il avait vu mourir dans la simulation. Qui s’était donné corps et âme lors de l’épidémie à Métropolitopia, avant d’y mourir.

« -Attends… T’as dit deux des nôtres ?
-Ouai.
-Donc t’es pas tout seul ?
-Non.
-Et ? »

Visiblement, elle attendait autre chose. Son identité, ses commanditaires, qui étaient les autres ? Et bien elle pouvait toujours courir.

« -C’est qui ça, on ?
-Les autres comme moi. Et de toute manière, qu’est-ce que ça peut te faire ? Vous nous destinez à je ne sais pas quoi, alors bon, qu’est-ce que j’aurais à y gagner ? »

Léthias réfléchit un court instant, et fixa le visage blessé de la combattante. Cette dernière soutint le regard noir du Gardien quelques instants, avant de se relever et de tourner le dos.

« -C’est toi que j’ai blessé tout à l’heure ?
-Tout à l’heure c’était hier.
-Oh merde, déjà ? Bref, c’était toi ?
-Bien joué inspecteur, vous avez trouvé ça tout seul ?
-J’ai juste vu que j’avais touché une femme.
-Et ça vous quoi, de tirer sur une femme ? Pas trop de remords ?
-Vous n’aviez qu’à pas nous tirer dessus. »

La psychotique se repencha au-dessus de Léthias, et arbora un sourire carnassier. Le Gardien, toujours allongé au sol, la regarda sans rien dire.

« -Tu crois jouer au dur ? Tu n’a aucune idée de ce qui t’attend.
-Bah dîtes-le moi, comme ça je serai fixé.
-Oh, je serai toi, je ne poserai pas de quoi dont je ne voudrais pas connaitre la réponse. »

Elle retourna s’occuper de la blessure laser du mutant, laissant Léthias à son triste sort. Le Gardien soupira longuement. Il posa la main gauche, sur son bras endolori, et sentir quelque chose glisser sur sa peau. Discrètement, alors que la fille avait le dos tourné, il releva sa manche. Les fils glissaient toujours sous sa veste, jusqu’à sa ceinture. Avec la douleur, il ne s’en était pas rendu compte, mais elle était toujours là, le gant toujours sur sa main. La manicle de foudre.

Au moins une bonne nouvelle… Mais dans quel merdier on s’est fourré…


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MessageSujet: Re: Lois de Mendel / Partie III   Lun 28 Juil 2014 - 1:59

La psychotique finie de soigner la plaie d'Alain , nettoyant méticuleusement les traces de sang encore restantes. Elle s'appliquait à le remettre d'aplomb alors même que son collègue l'avait passablement énervée en lui tenant tête. J'te jure, personne pour me prendre au sérieux, même pas les prisonniers.
-... m...merci
Voir un colosse pareil aussi meurtri... la psychotique regardait Alain avec empathie et finie par lui dire, avec douceur :
- Si t'as besoin d'une couverture ou de nourriture, préviens moi.
La tête du mutant pivota avec lourdeur sur son cou massif et gâté d'ecchymoses. Il réussi à lui décocher un bien faible sourire.
- Merci.
Elle resta un moment là, ne sachant y comprendre s'il avait besoin de quelque chose ou non.
La psychotique se leva alors brusquement, son fusil claquant sur son dos, et se dirigea vers la porte. Mais, la poignée à la main, une pensée l'interpella.
Bordel, je ne sais même pas pourquoi je fais ça pour ce connard.
Elle revint sur ses pas et poussa gourde et sceau du bout du pied pour les mettre à portée de Léthias.

Charles le Chauve lui, il t'aurait noyé d'insulte, et son pote Simplet aurait fait de même avec son urine. Littéralement hein, on l'appelait pas Simplet sans raison. Va savoir pourquoi il aimait pisser sur les prisonniers. Peut être que cela le faisait marrer et parce qu'il le pouvait, tout simplement.

Elle referma donc la porte derrière elle, à cran.
A cran seulement par ce que ce gars lui avait mal parlé.
Et parce qu'il me prend pour une conne !
La psychotique passa devant le Chauve et Simplet qui dormaient déjà d'un profond sommeil malgré l'orage, et alla s'asseoir bougon devant le feu, grinçant des dents comme à chaque fois qu'elle était énervée.
Prospecteur ! ... Pourquoi il me prend pour une conne l'enfoiré ?
Ce gars là était intelligent, téméraire, et avait beaucoup voyagé, ça se ressentait. Alors donc tu penses que j'suis une bille ? Parce que j'suis avec les hurleurs ? Parce que je suis jeune ? Peut être parce que je suis une femme ?
Quel pouvait être la source d'une telle frustration ? Tout simplement que la jeune femme avait soif de savoir...
Oui, ce type était cent fois plus intelligent qu'elle. Alors apprends moi ! Oui les hurleurs avaient réduit à peau de chagrin ses horizons de connaissances. Alors pars et découvre le monde ! Ah, il n'y avait pas plus sauvage et tribal que les hurleurs pensait elle souvent, pour preuve les deux gus peinturlurés dans la pièce d'à coté, assommés par le mutant et toujours dans le coltard. Où sont donc vos "Grands Esprits" pour vous soigner ?  Les stimpack soignent, les Med-x et les docteurs soignent. Les "chamans", les sacrifices et les prières tuent. Protecteur, et gardien du Sanctuaire mon cul ouais. Ça c'était ce qu'elle en pensait vraiment et savait parfaitement dissimuler, fort heureusement pour elle.

La psychotique se tourna brièvement vers ses deux compères assoupis. Les gens... n'imaginent même pas à quel point les hurleurs sont des illuminés. En plus d’être de sacré allumé, à tout les étages.
Elle mit la main sur son sac et en tira un des nombreux bouquins qu'il contenait, ne sachant lire que difficilement elle se contentait des nombreuses et colorés illustrations de ce livre de CE2. Mettre le nez dans ses bouquins avait le don de la calmer.




* * *


- Léthias ?
Léthias mon vieux, t'es encore avec moi ?


- Ah, dieu merci.

- Ouais, ça va mieux de mon coté, merci de demander. J'ai... la tête lourde, et la gorge me brûle.
Mon dos ? Non ça va, on dirait que j'ai été bien rafistolé.

Il s’arrêta brusquement, une explosion de douleur, il avait trop parlé.

Après quelques lampées soiffarde à sa gourde il reprit.
- Je dirais deux... peut être même trois heures avant qu'ils ne partent à notre recherche.
Puis la route sera longue, dans cette tempête. Et ensuite nous trouver, avant que eux ne les trouvent.
Mais ça reste notre meilleur espoir, non ?


Spoiler:
 

Alain se redressa pesamment, se plaquant dos droit au mur froid de béton.
- Ils vont nous vendre, mais pas aux négriers... tu sais ce que ça signifie pas vrai ?
La tête lui tournait.
- Tu te souviens de ce vieux à Nécrotopia ? Et ce qu'il nous avait dis ?
Le regard d'Alain se fit soudain plus distant, sa mine lugubre.
- En plus d'un siècle d’existence... je me suis préparé à l'idée de mourir.
Mais... pas comme ça Léthias. Tout mais pas aux mains de ces sales canni...

La porte s'ouvrit une nouvelle fois.
"Cyclope" resta dans l'embrasure, les flammes ardentes du feu de camp rougeoyant magnifiquement sur sa longue chevelure rousse. Et sur son fusil. Et sur ses cartouches calibre douze. Et sur son couteau. Et sur son autre couteau.
Elle aurait pu paraître menaçante, mais son visage jurait avec tout cet attirail de tueuse.
- Vous saviez que beaucoup de hurleurs pensent encore qu'au nord de la Seine... il n'y a rien ni personne ? La fin du monde et de toute chose. Très peu se sont aventuré ne serait-ce qu'en dehors de notre territoire.
Elle referma la porte d'un coup de pied, ses deux mains tenant respectivement un bol de soupe.
- Je ne suis pas aussi bête qu'eux autres. Lança-t-elle déterminée.
Un bol de soupe fut donné à Alain. Pas grand chose, mais c'est du bon. Je sais cuisiner à défaut d'autre chose.
- Hmmm. Champignon, bienfaisante et... poireaux ? Demanda-t-il en humant le potage entre ses mains.
Elle alla s'asseoir en face d'eux. Gardant toujours le second bol. Le ventre de Léthias en gargouillait rien qu'à ça vue.
- Ça fait longtemps que vous êtes... "prospecteur" ?
Et.. l'un de vous est il déjà allé à la Ville ? Lucréce c'est ça ? On dit... on dit que c'est magnifique.

Monsieur... "ombre" hein ? Il est nul ton surnom, même Ducon et Ducon on réussi à te pister. On aurait du t'appeler le Flingueur plutôt. C'est quoi ton histoire dis moi.

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Léthias Osniaril
MessageSujet: Re: Lois de Mendel / Partie III   Lun 28 Juil 2014 - 17:51

Léthias attrapa la gourde que la fille s’était décidée à rapprocher, et avala lentement quelques gorgées d’eau. Il se contenta de hocher la tête en guise de remerciement, mais elle avait déjà le dos tourné, et quittait déjà la pièce. Alain réussit à se retourner, et les deux Gardiens purent discuter quelques instants.

« -On s’en sortira Alain. Mais faudra pas trop compter sur l’Ordre, c’est comme chercher une aiguille dans une botte de foin pour eux.
-Pas l’impression qu’on soit en état de le faire.
-J’ai encore ma manicle. Juste ces foutus liens qui font chier. »

Le mutant esquissa une quinte de toux. Visiblement, il n’était pas trop en état de parler.

« -Repose-toi un peu. Te connaissant, dans quelques heures tu sentiras plus rien et tu pourras les fracasser comme du petit bois.
-Surtout l’enfoiré qui m’a fait ça. »

La fille revint, avec deux bols de soupes, mais seul Alain y eut le droit. Le deuxième bol resta dans la main de la psychotique, qui fixait Léthias des yeux.

« -Lutèce ? Magnifique n’est pas vraiment le mot…
-Pourquoi ?
-C’est la ville de la FNF. C’est blindé de caméras, pour surveiller le moindre de tes mouvements. Les mutants n’y sont pas vraiment les bienvenus, de mémoire. Bon, c’est peut-être plus en état que le reste des Terres Désolées, mais l’ambiance n’y est pas vraiment.
-Vous y êtes allés ?
-Moi, juste une fois. Et j’ai pas prévu d’y remettre les pieds. Il y a tellement d’autres lieux. Tous au Nord de la Seine, en fait.
-Ah bon ? Il y a quoi ? »

Léthias regarda la fille, intrigué. Elle semblait curieuse, mais aussi ignorante de beaucoup de choses. Si les Hurleurs ne quittaient pas beaucoup leurs territoires, cela pouvait expliquer pas mal de choses.

« -Nécrotopia, la ville goule, autour d’un ancien musée. Des centaines de goules y vivent. Ménilmutant, la cité mutante… Des dizaines de mutants, là-aussi. Le Parc des Princes, et ses matchs de Trash-Ball.
-De quoi ?
-Un sport, assez violent.
-Voir mortel…
-Ouai. Bref, des milliers de personnes là-aussi. Le Marché de la Gare. Des dizaines de marchands, le lieu de recontre d’une grande majorité des récupérateurs des Terres Désolées. C’est de là qu’on vient. On peut y vendre et y acheter presque tout et n’importe quoi. Si quelque chose ne se trouve nulle part ailleurs, alors il est surement au Marché de la Gare. Le Moulin Rouge. Pour beaucoup, disons la ville du plaisir, avec ses jeux et… La compagnie féminine qu’on peut y avoir.
-Vous avez qu’à dire des putes.
-Si vous voulez. J’essaie juste de bien présenter des choses. Ah si, y’a bien un truc au Sud : la tour Montparnasse, la cité suspendue. Des milliers de gens vivent dans des immeubles, plus hauts que dans tout le reste de Paris. Ils se déplacent d’une toue à l’autre avec des ponts suspendus, c’est assez joli à voir.
-Je crois que je vois ce dont vous voulez parler… On peut voir une grande tour, dépassant toute les autres depuis la bordure est de notre territoire.
-C’est bien ça.
-Eh… Métrop…
-Ah, oui… Au nord, il y a… Enfin, il y avait Métropolitopia. A mes yeux le joyau de ces terres. La cité souterraine, qui s’étalait sur des kilomètres de tunnels… Des dizaines de milliers de personnes y vivaient.
-Elle n’existe plus ? Il y a eu des rumeurs… Un attentat des goules ?
-Ouai… Ils ont tué des milliers de personnes, ce jour-là.
-Et vous êtes déjà allé dans tous ces endroits.
-Ouai. »

Les yeux de la fille brillèrent une fraction de seconde, mais elle se reprit bien vite, avant de se remettre à poser des questions.

« -J’aime bien… Le… Flingueur.
-Je préfère l’Ombre. Un fusil à filet, c’était un peu déloyal quand même.
-Déloyal ? Tu crois que ce que tu as fait c’est loyal ?
-Bah… »

Cette fois, ce fut presque de la fureur qui passa furtivement dans les yeux de leur geôlière. Léthias préféra se taire. Il y avait au moins quelqu’un qui ne semblait pas vouloir les découper en morceau, autant le garder de bonne humeur. Et si le fait de raconter des histoires pouvait faire passer le temps, alors pourquoi pas. Mais n’empêche qu'il pensait que c'était loyal. A deux contre deux, d'accord il y avait peut-être un mutant d'un côté, mais de l'autre il y avait plus d'armement.

« -Mon père était comme moi, un récupérateur. Il explorait les Terres Désolées à longueur d’années, histoire de trouver ce qui pouvait avoir de la valeur. Quand j’avais quinze ans, il m’emmena avec lui, à des heures de marche de Métropolitopia. Jusque-là, je n’avais connu que les environs de cette ville, et ceux du Marché de la Gare où il m’emmenait parfois. Ce jour-là, il m’a confié ses secrets, et il m’a entrainé. A me battre, à survivre, où aller fouiner. Et depuis, je suis comme lui. Je me rappellerai toujours la première fois où je suis parti seul… »

Léthias eut un petit rire, en pensant à sa première aventure dehors. Tous ses souvenirs qui lui remontaient à la tête le rendaient presque nostalgique.

« -La vache, j’avais failli me faire bouffer par un radcaniche !
-Et depuis ce jour-là tu voyages ?
-On va dire depuis mes vingt ans, ouai.
-Et t’en as combien ?
-C’est un interrogatoire ou quoi ? »

La fille se leva brusquement, laissant le deuxième bol de soupe au bol, hors de portée du Gardien. Visiblement, elle n’appréciait pas qu’on la prenne de haut.

« -Ok, ça va… J’en ai trente-six.
-C’est un vieux, l’Ombre…
-Ça va… Disons plutôt que je commence à avoir des années derrière moi… »

La fille regarda un court instant les deux Gardiens, allongés au sol, puis s’approcha de la fenêtre. Elle resta là, à contempler l’extérieur. Léthias restait pensif. Peut-être l’avait-il jugé au premier coup d’œil. Elle semblait quelque peu différente des autres. Mais une chose se voyait : elle avait écouté Léthias sans broncher, sans remettre en cause son histoire, sans le traiter de menteur, comme si elle voulait découvrir le monde.

« -Et toi, c’est quoi ton histoire ? »

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MessageSujet: Re: Lois de Mendel / Partie III   Lun 28 Juil 2014 - 19:54

Il les tenait bien ses trente-six ans pour un "récupérateur" l'enfoiré. Les quelques prospecteurs capturés qu'elle avait pu voir jusque là étaient dans le genre débraillés, froussard et... vilain, d'apparence comme de parole. Presque au niveau d'un hurleur tient. Voilà d’ailleurs pourquoi celle ci était si réticente à l'idée que ce beau gosse propre sur lui et son mutant savant d'acolyte soient de simple récupérateurs.
Ou peut être... ou peut être que tout les prospecteur sont comme lui. Et que ceux que j'ai vu ne sont que des abrutis, mal informés d'ailleurs d'où le fait qu'ils avaient eut la folie de traîner dans le coin.
« Et toi, c’est quoi ton histoire ? »
Ses doigts se crispèrent sur le bol. Quelqu'un pouvait il finalement la trouver de quelconque... intérêt ? Non, certainement une parole lancée sans réfléchir. Et puis à quoi bon leur parler ? Demain ils seront vendus aux cannibales les pauvres gars.
Elle ouvrit la bouche, mais rien ne sortit. Elle se sentit stupide, s'énerva donc... mais s'aperçu rapidement que cela n'avait pas lieu d’être. Il fallait peut être reconsidérer la chose. Demain ils ne seront plus, alors autant leur parler franchement, non ?
-A vrai dire... je ne suis pas l'une d'entre eux.
La psychotique esquissa un bref sourire mais baissa rapidement son regard, comme d'embarras.
- Vous savez... aujourd'hui c'est ma première véritable "mission". Ici, dans l'coin, à patrouiller... ils ont fini par baisser leur garde à mon sujet je crois bien.
Je faisais la cuisine jusqu'à là, et m'occupait d'une plantation.
Et quant j'avais le temps...

Elle eut l’œil nostalgique.
Y avait cette librairie où j'allais tout le temps dès que je le pouvais, ouais, dès qu'ils avaient le dos tourné. C'était... enfin c'est le seul endroit où je me suis jamais sentie vraiment apaisée. Sereine. Presque... heureuse.
...
Ils ont fini par le savoir que je traînais là dedans, les nez dans les livres... Ils m'ont battu, et tout les bouquins ont servi de combustible pendant l'hiver suivant. Je... m'en étais sorti de très peu sur ce coup. J'ai vraiment cru qu'ils allaient me tuer.
Enfin, me tuer, dans le meilleur des cas.

Elle les regarda la mine désolée, sachant l'horrible fin qu'il leur était destinée.

La psychotique resta quelques temps là, ses jambes repliées et ses bras enlaçant ses genoux, le regard triste. Oubliant la portion de soupe de Léthias à ses cotés.
Mais elle finit par reprendre. D'une de ses voix qui vous troublait en l'entendant, une de ses voix criantes de vérité, comme celle d'un prisonnier finissant enfin par avouer son crime après une longue crise de larmes.
- J'avais dix ans.
Ils nous on capturés, mes parents, moi, et d'autres qui voyageaient avec nous.

Si les hurleurs te tuent pas, ils font de toi leur esclave en attendant de te vendre.
Alors j'ai travaillé pour eux, comme les autres, en attendant.

Battue, humiliée. C'était... terrifiant, pour n'importe qui, mais encore plus pour un enfant. Se faire tabasser par un psychotique complètement déchiré par la drogue. Sans. Aucune. Raison. C'était ça aussi, le plus terrible. Que tu fasses ce qu'il te demande, ou même plus encore, on était jamais à l'abri d'un excès de violence. Des viols aussi...
Vous savez, sur un esclave c'est défendu car ça fait perdre de la valeur si elle est vierge. Mais ça ne les a pas empêché de trouver... d'autres moyens.

Et je voyais tout ce que je connaissais disparaître, vendu ou tuer à la tache comme sur un simple coup de tête d'un hurleur. Mes parents...
Mes parents savaient parfaitement ce qu'il m'attendait. Ils ont tout fait pour que je survive.
"Rends toi utile qu'ils me disaient. Rends toi indispensable. Restes auprès d'eux, même si c'est dur. Sois... l'un d'entre eux qu'importe le prix à payer tant que tu as la vie sauve. Promets le nous."


Une larmes silencieuse perla. Enfant, elle n'avait pas compris tout l'étendu du sacrifice que cela avait été pour son père et sa mère. D'autres larmes vinrent, mais elle continua, de son ton chargé en émotions :

- J'avais aucune chance de m'échapper, ils avaient raison, je devait me joindre à eux. Et... je l'ai fait. Certain m'ont pris presque en sympathie. Et, "ce serait utile de garder une esclave en temps pleins les gars hein ? Ça fait d'la chatte à disposition aussi"... Ouais, j'ai du tout faire pour m'intégrer. Tout.
Y compris... tuer mes parents.
Pour leur prouver que je voulais vraiment être l'une des leurs.

Avec le recule, j'ai compris que mes parents avaient su que ça se terminerait comme cela dès qu'ils m'ont dis de m'intégrer à ce gang. Ils étaient... prêts le moment venu. Est ce que ça a rendu la chose plus facile pour moi ? ...

...

Alors voilà, j'étais désormais avec eux. Apprenant à me battre pour en tenir certain en respect, apprenant à grimper comme eux, chasser comme eux. Mais la plupart des hurleurs ne m'ont jamais considéré plus qu'une esclave. Je ne pouvais les suivre dans leur traque.
Enfin, jusqu'à maintenant. Je pense pouvoir gagner leur respect... Mais est ce que je le veux vraiment après tout ce qu'ils m'ont fait subir ? Je n'ai pas vraiment le choix enfaite.

Enfin...
J'sais pas si l'espoir fait vivre, mais moi il m'empêche de mourir.


Elle s’arrêta enfin, la lèvre basse encore tremblante. Reprenant comme ses esprits. S'apercevant alors du bol froid à ses cotés, qu'elle prit et tendit à Léthias.

- A vrai dire, vous êtes les premiers non-hurleur à qui je parle depuis bien huit ans.
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Léthias Osniaril
MessageSujet: Re: Lois de Mendel / Partie III   Mar 29 Juil 2014 - 18:19

Léthias écouta sans broncher celle qu’il avait blessé auparavant. Et oui, il s’était bien trompé sur son compte. Pauvre fille. Elle finit par tendre le bol froid à Léthias qui l’accepta doucement, et réussit à le porter à ses lèvres. Même si c’était meilleur chaud, cela faisait du bien d’avoir quelque chose dans l’estomac.

« -Merci.
-Pas de quoi. Profitez-bien de vos dernières heures. »

Elle s’en alla une nouvelle fois, disparaissant de l’autre côté de la porte. Léthias réussit enfin se relever, et s’appuya contre le mur à côté de lui. Alain reprenait lentement des forces, tandis que son métabolisme accéléré commençait à faire son travail de manière efficace, cicatrisant rapidement la blessure.

« -Eh, bientôt tu seras en meilleure forme que moi.
-Attends encore quelques heures. Ça va toi au fait ?
-Rien de cassé, mais je vais avoir de jolis marques. Bref, faut qu’on agisse avant que ces types ne se réveillent. Ce sont eux, le véritable problème.
-Comment ça ?
-La fille. C’est elle la clef. Si on veut sortir d’ici, c’est sans doute notre meilleure chance.
-Et pourquoi elle accepterait de nous aider ?
-Elle est différente. Plus maligne que les autres, plus ouverte d’esprit. Suffisait de l’écouter quand elle parlait de ses livres.
-Je te sens venir… Elle doit avoir quoi, la vingtaine ?
-Dans ces eaux-là. C’est à peu près l’âge des Apprentis.
-Bordel Léthias, t’y penses pas sérieusement ?
-Pourquoi pas ?
-Merde, ça reste un hurleur, on ne va pas lui présenter l’Ordre comme ça.
-Jamais dis ça. Mais on peut toujours la faire sortir de cet enfer. Je connais du monde au Marché de la Gare, je suis sûr qu’elle pourrait être autrement utile qu’en esclave. Puis on laissera le temps faire les choses.
-C’est risqué…
-Tu vois une meilleure option ? On a des colliers explosifs autour du coup… Enfin j’ai, toi c’est autour de la cheville. Quand les autres seront réveillés, il sera trop tard et on ne pourra rien faire.
-Tu sais comment t’en débarrasser ?
-J’ai ce qu’il faut dans mon sac. Du moins pour les rendre inoffensifs.
-J’aime pas ça Léthias, j’aime pas ça. Et je te signale qu’on a pas fini notre mission. On doit encore aller jeter un coup d’œil à l’abri.
-Elle pourrait aussi nous être utile. Si elle connait le coin, elle connait peut-être aussi l’histoire de cet abri et… »

La porte s’ouvrit, et la fille revint. Léthias se tut, mais ne détourna pas le visage, fixant toujours son collègue mutant. Ce dernier grimaça, soupira, mais finit par lever les yeux au ciel. Léthias comprit à demi-mot.

« -Bon, c’est quoi votre complot ? Je vous entends comploter depuis que je suis partie, je peux savoir ce qui se passe ? »

Petit moment de silence, avant que Léthias ne tourna enfin la tête dans sa direction.

« -C’est quoi ton nom, à toi ?
-Non mais je t’en pose des questions ? Qu’est-ce que vous fabriquez ?
-Au lieu de te braquer pour un oui ou pour un non, tu ne pourrais pas simplement répondre ? Demain on sera mort, alors j’aimerais bien savoir qui est la dernière personne à m’avoir parlé…
-Clotilde. Mon nom de famille… Je crois bien l’avoir oublié.
-Très bien… Écoute Clotilde… Je suis désolé pour ton œil.
-Ben voyons.
-Non, sincèrement. Mais t’as pensé à nettoyer la plaie ?»

A travers l’œil qui lui restait, Léthias put voir le regard surpris de leur garde. Depuis quand s’intéressait-il à elle ? Malgré tout, ce type avait éveillé sa curiosité.

« -Quoi ?
-T’as nettoyé la plaie avant de mettre ce truc dessus ?
-Non… Enfin, ils m’ont juste donné une compresse quoi…
-Pas malin. Regarde dans mon sac, le gros là… Non l’autre. »

La fille avait détourné les yeux et s’était penchée sur les deux sacs dans lesquels les Gardiens transportaient leur matériel, et restait à les observer.

« -Dans la poche, sur le droite, y’a du matériel médical. Notamment une petite fiole transparente. Prend-là, et vide-la sur ton œil. Ensuite, prend un pansement et remet-le sur la plaie.
-Je peux savoir pourquoi vous me dîtes ça ? Et pourquoi je pourrais vous croire ?
-Parce que je ne suis pas le connard fini que tu penses. »

Oui, pour Léthias, ça se voyait, ce qu’elle pensait de lui. Il n’avait peut-être pas tout fait bien comme il fallait, mais il n’était non plus stupide.

« -Vous avez des connaissances médicales et vous voulez me faire croire que vous êtes de simples récupérateurs ?
-Pas simples, un peu spéciaux, mais récupérateurs quand même. Attention, alors continua-t-il alors que la fille se décidait à ouvrir le sac et à prendre la fiole, ça risque de faire mal. Mords dans un truc.»

Et effectivement, cela fit mal. Malgré le bout de tissu qu’elle avait coincé entre ses dents, elle se retint difficilement de ne pas crier. Léthias espérait juste qu’elle ne réveille pas les deux autres, mais s’il voulait la convaincre, il devait d’abord qu’elle ait confiance en lui. Cela n’allait surement pas être facile, mais le jeu en valait la chandelle. Quelques minutes plus tard, elle avait un bandage neuf sur l’œil.

« -Ça sera déjà ça. Y’a moyen de discuter maintenant ?
-Pourquoi maintenant ?
-Bah parce qu’il fallait d’abord vous convaincre de m’écouter.
-Très bien, monsieur le récupérateur spécial, pourquoi je vous écouterais ?
-Parce que ça nous concerne, moi et mon collègue, mais ça vous concerne aussi vous.
-Moi ? Qu’est-ce que je viens faire dans vos histoires ?
-Ça, ça dépend de toi.
-Vous voulez quoi, que je vous aide à vous évader ?
-Bien vu. D’un côté, on pouvait difficilement proposer autre chose.
-Ben voyons ! Et j’y gagnerais quoi, moi ? Car sans déconner, vous croyez qu’il va me suffire de dire ils se sont enfuis pour qu’ils me croient ?
-Surement pas. Écoute, y’a pas besoin d’en savoir des tonnes pour voir que tu n’es pas vraiment une des leurs. Que tu ne te sens pas vraiment à ta place ici.
-Allez vous faire foutre. C’est bien beau de ressortir ce que je viens de vous dire, mais vous ne pouvez rien pour moi. Et je ne peux rien pour vous.
-Crois-moi, tu peux en faire plus que ce que tu le pense. Tu veux découvrir le monde. Tu veux savoir tout ce qui se passe autour, et tu as envie d’apprendre, d’en savoir toujours plus, je me trompe ? »

La fille resta silencieuse, fixant Léthias du regard. Le Gardien crut voir un début de larme naitre dans son œil encore valide, mais un rapide coup de manche l’empêcha de s’en assurer.

« -Alors, est-ce que tu veux bien écouter ce que j’ai à te proposer ?»

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Tueur de PJ
MessageSujet: Re: Lois de Mendel / Partie III   Mar 29 Juil 2014 - 21:15

« -Merci.
-Pas de quoi. Profitez-bien de vos dernières heures. »

Elle avait dis cela avec une profonde tristesse. Ce sort, terrible, auquel elle avait pu échapper, eux n'y raterons pas. Et elle en était sincèrement attristée. Ces gars là en valent dix des comme moi. Alors pourquoi avait il valut que elle survive et que eux meurent ?
Clotilde ne trouva pas réponse satisfaisante à ses questions et s'en alla donc, encore troublée par tout cela.

La chaleur rassurante du feu de camp l’entoura rapidement une fois la porte refermée derrière elle, le doux crépitement qu'il produisait et les ombres qu'il projetait étaient enivrant en cette nuit bien longue et triste.
La salle se trouvait grande, seul une commode avec quelques boites de conserves et rations dans un coin, et une armoire avec armes et munitions sous clés. Plusieurs lits de camps aussi. Et, hurleur oblige, un autel. Placé tout autour et dessus un meuble de télé, bibelots en bois et colliers, figurines en diverses pièces métalliques soudées grossièrement, runes sur pierres et cranes peinturlurés. Clotilde avait toujours trouvé bien plus de réconfort dans ses livres ou dans ses holodisques de films d'avant guerre que dans les cultes complexes des hurleurs. Et pourtant ce n'était pas faute d'avoir essayé vu qu'il était plus facile de dénicher ce genre d'autel dans le coin que des livres encore en état.

- Hé bien, ça parle beaucoup là d'dans dis donc.
La jeune femme se crispa, terrorisée, essayant désespérément de garder le contrôle de ses émotions.
Le Chauve avait ouvert un œil, toujours confortablement allongé dans son lit pourtant, et sous ses deux anoraks cousus qui faisait office de couverture.
Cette affreuse tête de gobelin, pleine de cicatrise, ces dents tordues. Oh ce qu'elle aurait aimée dé-fois lui ouvrir le bide au couperet. Le plus triste ? C'était que ce gars là avait été ce qui se rapprochait le plus d'un père. Ou d'un oncle bienveillant plutôt. C'était un vrai con, dangereux, un pur hurleur, mais il l'avait défendu bien souvent, lui évitant le pire d'autres fois. En vérité elle pensait que le Chauve c'était plus pris d'affection pour sa cuisine qu'autres chose.
- Tu les soignes...
Tu leurs donnes de l'eau.
Tu leur fais la discutions aussi ?

Arh. Et même de la bouffe.

Vite, dis quelque chose.
- Il... en reste si tu veux.
Le semblant de suspicion sembla disparaître pour faire place à un simple agacement.
- Arh, et comment. Dépêche toi donc d'faire chauffer ça.
Quant j'me réveil, j'ai faim.
Et j'ai envie d'pisser.
Et j'suis grognon aussi.

Aller bouges, qu'est c't'attends !

Elle s'activa rapidement, le cœur battant follement, se doutant que le Chauve ne soupçonne quelque chose. Se... se douter de quoi, j'ai rien fait ! Et s'il avait écouté au porte ? C'était un hurleur... plus que ça c'était un hurleur particulièrement discret. Et si... il s'était douté de quelque chose en voyant seulement son visage tourmenté ?
- J'espère qu'y a d'la viande dedans.
J'mange pas si y a pas de putain de viande. Je suis pas une putain de vache.
Putain.

Clotilde attrapa l'un des rats dans la cage par la queue, avant de lui briser le cou d'un coup sec.
- Aaaah, j'adore ce bruit.
La cage avec les rats c'était une idée de Simplet. Quant il partait en patrouille, ça permettait d'avoir de la viande fraîche tout le temps dispo qu'il disait.
Simplet qui actuellement dormait profondément, son irritant ronflement venant presque couvrir le puissant orage qui semblait s'éloigner.
- Putain... comment ça c'fait qu'ils aient bouffés avant nous hein ?
Me dis pas qu't'en a filé à l'autre saloperie de monstruosité verte hein, rassures moi.

Putain, rien que de penser à cette saleté, j'ai la matraque qui me démange. Putain.


Dépecé et vidé le rat fut long, tellement long que Charles le Chauve somnolait déjà. Elle le regarda un long moment... pensant à commettre l'irréparable.
Quelques goûtes de poisons de fuseaux...
Poisons se trouvant dans la poche intérieur de sa veste...
Poche qu'elle ouvra, lentement, avec mille précaution...

- Bon ça vient ou merde ?!
Et va voir comment se porte nos blessés après.
Putain, j'suis obligé de tout de dire ou quoi ?




* * *




« -Ça sera déjà ça. Y’a moyen de discuter maintenant ?
Après un instant de dure réflexion, elle décida de s'approcher de lui, et, murmura de peur d’être entendu dans l'autre pièce :
-Pourquoi maintenant ?
-Bah parce qu’il fallait d’abord vous convaincre de m’écouter.
-Très bien, monsieur le récupérateur spécial, pourquoi je vous écouterais ?
-Parce que ça nous concerne, moi et mon collègue, mais ça vous concerne aussi vous.
-Moi ? Qu’est-ce que je viens faire dans vos histoires ?
-Ça, ça dépend de toi.
-Vous voulez quoi, que je vous aide à vous évader ?
-Bien vu. D’un côté, on pouvait difficilement proposer autre chose.
-Ben voyons ! Et j’y gagnerais quoi, moi ? Car sans déconner, vous croyez qu’il va me suffire de dire ils se sont enfuis pour qu’ils me croient ?
-Surement pas. Écoute, y’a pas besoin d’en savoir des tonnes pour voir que tu n’es pas vraiment une des leurs. Que tu ne te sens pas vraiment à ta place ici.
-Allez vous faire foutre. C’est bien beau de ressortir ce que je viens de vous dire, mais vous ne pouvez rien pour moi. Et je ne peux rien pour vous.
-Crois-moi, tu peux en faire plus que ce que tu le pense. Tu veux découvrir le monde. Tu veux savoir tout ce qui se passe autour, et tu as envie d’apprendre, d’en savoir toujours plus, je me trompe ? »

Là, ce fut le moment exact où Clotilde prie la décision la plus importante de sa vie.
« -Alors, est-ce que tu veux bien écouter ce que j’ai à te proposer ?»
Elle décida de prendre les devants, essayant de lui montrer qu'elle n'était pas aussi bête qu'il devait le croire :
- Vous voulez entrer dans le Sanctuaire hein ?
- Labri oui.

Alain avait bien comprit qu'il s'agissait d'une sorte temple pour les hurleurs. Et que lui et son collègue n'allaient pas tarder à avoir des emmerdes s'ils s'éternisaient trop dans le coin.
- C'est un endroit très dangereux.
Mais je penses pouvoir vous y faire entrer.
Il... faudra être bien préparé. Mais j'crois qu'il y a tout ce qu'il faut dans la pièce d'à coté.

La clé de vos chaines et le détonateur de vos colliers sont sur Charles. Mais avec la dose de suc de fuseau que j'ai mis dans sa tambouille, il est dans le noir pour pas mal d'heures encore.
Conclut elle, espiègle.

- Mais, en contrepartie...
Je veux venir avec vous, à l'intérieur. Je veux vous aider à trouver ce que vous chercher.
Et je veux ma part du butin quant vous l'aurez revendu !

- Mais il y a bien un autre truc...
Comment je serais que vous n'allez pas me tuer hein ? Ou que vous n'allez pas me lâcher, hum ?

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Léthias Osniaril
MessageSujet: Re: Lois de Mendel / Partie III   Mar 29 Juil 2014 - 23:38

Léthias se retint de lui dire qu’il ne comptait rien vendre. Ce qu’il leur fallait, c’était de l’ADN, et ça ne se marchandait pas. Léthias jeta un œil à Alain, qui commençait à bien récupérer. Les deux Gardiens avaient une porte de sortie, et il valait mieux en profiter.

« -Si tu peux nous faire entrer, alors tu viens avec nous, tu pourras nous être utile à l’intérieur. Ce qu’on recherche est assez spécial, autant te le dire, je t’expliquerai à l’intérieur. Ce n’est que la première pièce de quelque chose d’encore plus gros.
-Et pour la deuxième question ?
-Une fois qu’on sera à l’intérieur, on sera isolé de la surface. Une seule entrée, qui est aussi la seule sortie, donc pas de risques qu’on te lâche. Et j’ai aucune raison de te tuer, c’est tout ce que je peux te dire. Si tu nous sors de là, tu nous auras surement sauvés, et j’ai peut-être des défauts, mais je sais être redevable. Alors ? »

Elle ne resta que quelques instants pensive.

« -Ça marche. Suivez-moi, y’a de quoi vous libérer juste derrière cette porte.
-On y va. Alain, tu peux te lever ? »

Aussi gracieusement que pouvait se lever un mutant blessé, Alain se leva lentement. De son côté, Léthias s’aida du mur, et fit quelques pas en boitant. Il n’allait pas pouvoir courir à rattraper un radcaniche, mais au moins, il tenait debout et pouvait marcher. Il récupéra son bracelet radar, que les Hurleurs avaient eu la gentillesse de poser avec le reste de l’équipement ; il n’y avait que leurs armes qui Leurs armes étaient malheureusement de l’autre côté, à côté de deux Hurleurs. Il attrapa son sac, et le balança sur son dos, avant de chuchoter à l’adresse de Clotilde et d’Alain

« -Bon, maintenant, débarrassons nous de ces colliers, récupérons nos armes et foutons le camp d’ici. D’ailleurs, je sens que je vais lui prendre son tri-faisceau, à l’autre. »

Le groupe s’approcha de la porte, et Léthias fit signe aux deux autres de ne pas faire de bruit. Il jeta un œil à son bracelet, et le montra furtivement à Alain, désignant d’abord le mutant et le premier point, puis se désignant lui-même ainsi que le deuxième. Le mutant comprit instantanément de qui il devait s’occuper. Léthias vérifia que sa manicle de foudre était bien branchée et prête à l’usage, et se colla au mur d’un côté de la porte. C’était plus difficile pour le mutant de faire ça, déjà qu’il devait se baisser pour ne pas se cogner au plafond.

D’ailleurs, comment ils se sont démerdés pour le faire rentrer là-dedans ?

L’Ombre regarda successivement la fille et le mutant. Ils étaient prêts. C’était l’heure d’y aller. Il fit signe à Clotilde d’ouvrir la porte.

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Tueur de PJ
MessageSujet: Re: Lois de Mendel / Partie III   Jeu 31 Juil 2014 - 19:50

Avec Charles encore plus fracassé qu'un comateux, il ne manquait plus qu'à planter Simplet dans son sommeil pour récupérer les clés et le détonateur  en toute tranquillité sur le cadavre de ce fils de putain.
- C'est... vraiment barré de vouloir entrer dans le Sanctuaire.
Mais vraiment. On en ressortira peut être pas.
C'est pas que j'ai peur, hein, mais faudrait peut être considérer la possibilité de piquer toutes les armes et les munitions et simplement les revendre, non ?

Même pas besoin de se retourner pour savoir qu'ils n'étaient pas de cet avis. C'est que, maintenant qu'elle était à deux pas de la liberté, Clotilde ne se sentait plus aussi enthousiaste, l’excitation de son "évasion" déjà retombée.
- Bon... Je vais m'occuper du dernier hurleur, ça ne devrait pas poser de pro

Le dernier mot qu'elle avait essayée de prononcer était "problème", et voilà que justement l'un d'eux venait d'ouvrir en grand la porte d'un coup de botte.
Clotilde se retrouva sur le cul, ses couteaux et ses munitions cliquetants sur le sol. Une femme tenant un lourd fusil, tout aussi bien équipée que les deux prisonniers curieusement, braquait son arme sur la psychotique. Mais une chose lui faisait bien défaut : elle n'avait pas cette lueur meurtrière dans les yeux, cette expression fugitive qui montrait qu'on était prêt à tirer pour tuer sans hésitation aucune.
- Restes à terre ! Cria-t-elle.
Elle reconnu bien évidement Léthias et Alain, ne sachant cacher sa joie :
- Ils sont ici !
Ils sont ici.
Répéta-t-elle plus doucement, comme pour elle même.


Éloïse:
 


- Wow, hé ! c'est quoi ce bordel ?
- Ne bouges pas. Ne tentes rien de stupide.

Une autre tête connu des deux gardiens fit son apparition, un p'tit gars nommé Hugues, un initié de vingt quatre ans, pas une flèche mais très bon tireur.
- Un plaisir de vous voir en un seul morceau les gars !
- Tu t'es occupés des autres hurleurs ?
- Oui m'dame. Enfin j'veux dire : affirmatif chef !

La gardienne roula des yeux exaspérée par l'initié.
- Tirons nous d'ici.
On devrait même coller un pruneaux à chacun de ces parasites, ça enlèvera un poids à l'humanité.

- On-ne-tues-personne. Compris gamin ? Toi et moi on aura une discutions.
- Et arrêtes de braquer celle là.
Elle est avec nous.

Il resta un moment indécis, la gardienne le força à baisser son arme de sa main avant d'aider immédiatement la psychotique à se remettre debout -mais pas encore de ses émotions-.
- Tu m'expliques ? Demanda-t-elle à Léthias.


- Je vois. Bon, et bien si tu es avec nous Clotilde, dis moi où sont les clés pour enlever ces chaines.
- Dans la poche intérieur de la veste du p'tit gars chauve. Le détonateur doit etre dans une de ses bottes, sous son lit de camp.
- Vas donc les chercher.
Ordonna-t-elle à Hugues.
Le jeune initié revint vite, un trousseau de clés tintant dans ses mains, il se mit rapidement à la recherche de la bonne pour délivré Alain de ses chaines, puis s'accroupit et se mit à l'oeuvre avec difficulté sur le collier de soumission à la cheville du colosse.
- Ah !
- Désolé !

Le collier venait de lâcher une décharge en s'ouvrant d'un coup sec, laissant le mutant libre, mais la cheville en feu.
- Donnes moi les clés, je m'occupe moi même de Lé...
Elle s’arrêta, comprenant qu'elle avait faillit prononcer le véritable prénom du gardien devant une psychotique.
- Pourquoi ils ont mi un collier de soumission à l'un et un collier explosif à l'autre ?
Éloïse lui répondit avant Clotilde :
- Si un humain leur échappe, le collier explose, tant pis. Mais un mutant... un mutant est une prise rare.
- C'est aussi qu'on avait que ces deux colliers sous la main.
Éloïse désarma le collier emprisonnant son collègue avec doigté avant de s'attaquer aux chaines.
- Et comment vous nous avez retrouvé aussi vite ? Demanda Alain, boitant sur sa cheville encore douloureuse.
"Aussi vite" restait relatif, déjà plus de cinq heures que les gardiens étaient restés croupir ici.
- Ton BEC. J'ai mis une puce pour pouvoir le tracer. Comme sur tout nos BEC d'ailleurs, sur la demande d'Henri Guillaume.
Elle sortit d'une de ses poches un simple boitier en bois avec une LED rouge qu'elle montra à Alain.
- Ce machin bip quant je suis proche de ton appareil. C'est rudimentaire mais... ça nous a bien aidé.
Et puis je me suis rapidement inquiétée que vous n'envoyez plus de nouvelles. Tu me connais.

Cela était incompréhensible pour la psychotique qui devait se poser un millier de questions, mais il était difficile de parler en sa présence sans rien mentionner de l'Ordre.
- Vous êtes sur que personne ne vous a suivi ?? Lui demanda brutalement Clotilde.
Ce à quoi la gardienne répondit calmement, se voulant rassurante :
- Nous avons prit toutes les précautions possibles en approchant du territoire des hurleurs.
- Et bien dépêchons nous. Une fois la tempête levée, des sentinelles vont passées par ici et comprendre qu'il y a un problème, alors ça va grouiller de hurleurs sur les toits et dans le Sanctuaire.
Alain eut une moue soucieuse, et s'en alla dans l'autre pièce en boitant, bientôt suivi par les autres.
- Ça doit nous laisser quatre heures, sure. Au mieux six.
C'est suffisant, mais dépêchons nous.

Vite, prenez armes et équipement qui pourrez nous servir dans le coin et on décolle.

Il boita jusqu'à l'armoire à armes, brisant le cadenas d'un coup sec, et découvrant à l'intérieur pistolets, mitraillettes et munitions. Mais une main sur l'épaule l’arrêta.
- Non. Tu repars au Temple, Alain. Dit elle doucement.
- Quoi ? Moi, abandonner ?
- Ton état m'inquiète beaucoup. Tu boites. Tu as été battu, tu as même reçu un un tir de laser bon sang !
Son souffle s'accéléra distinctement, on sentait la rage et la frustration de l'abandon bouillonner en lui.
- Non. Non !
Clotilde se tint éloignée de cette histoire qui ne la regardait pas, jetant pluton à Léthias des microcellules à fusion pour le fusil tri-faisceaux qu'il avait récupéré à l'instant.
Éloïse raffermie sa prise sur l'épaule du titan, se mettant face à lui, le regardant bien dans les yeux.
- Tu sais ce qu'aurait fait Lamarre à ma place ?
- Elle m'aurait botter le cul jusqu'au Temple, ouais.
Lacha-t-il finalement, comme acceptant cette fatalité.
Ouais...
- Bien. Hugues va te ramener. Au moins jusqu'à montparnasse. Son frère habites là bas. Juste le temps que la tempête se termine enfin, et que tu récupères mieux que ça.
- Bon, bon... hé bien au moins, je serais pas loin si les choses tournent mal, hein ?
Enfin, si elles tournent mal à nouveau. Ah.


- Hé, le Flingueur, un triple canon ça t'intéresse ? Et y a un paquet de munitions.
Sinon c'est pour moi !

Léthias regarda du coin de l’œil Alain et Hugues échanger quelques mots avant de se mettre en route, descendant un escalier que eux autres n'allaient pas emprunter.
- Bon, en routes nous aussi. Comme il l'a dit, faut pas traîner.



* * *


Il pleuvait averse dehors, l'eau leur sautait en pleine gueule. Il y avait des endroits où l'eau montait jusqu'au genoux. Les deux gardiens suivant de près Clotilde qui les guidait à travers ce rideau de pluie sur fond noir d'encre. Elle prévenait quant il y avait une crevasse, les stoppait quant il le fallait dans les endroits souvent patrouillé.
Mais le Sanctuaire des hurleurs n'était pas bien loin, moins d'une maigre centaine de mètres.
Ils passèrent devant une ancienne station service, un gars y était pendu, son corps ballottant dans les vents violents.
- C'est une mise en garde en quelque sorte. Ça marque la bordure de notre territoire.
Je passe devant voir si tout est ok. Restez là. Sera pas long' !

Elle s'approcha de la station, profitant d'une brève éclaircie venue du nord, observant les alentours.




Et elle leur fit signe de la rejoindre.

Un terrain vague et boueux plus tard, ils se retrouvèrent face à l'immense édifice de béton.


- Bon d’être au sec.
Éloïse laissa tomber là la parka trempée qu'elle avait emprunté à un des hurleurs plus tôt.
Revoilà Léthias sur le lieux de son précédent échec. L'endroit était tout aussi désert. Enfin, l'endroit semblait tout aussi désert que la dernière fois.
- Les trois hurleurs tatoués que vous avez séchés toute à l'heure, c'étaient les gardiens du Sanctuaire.
Elle prit immédiatement la direction des escaliers s’enfonçant dans les entrailles du bâtiment et de la terre.
- Le hurleur avec tout les colliers là, c'est le "Protecteur", lui il ne doit jamais quitter ce bâtiment.
Jamais.
D'ailleurs, là, quant il se réveillera, l'aboyeur lui même le tuera. C'est comme ça.

- Et vous autres vous le ravitaillez de temps en temps ?
- C'est ça.

Elle se retourna brièvement vers Léthias, l'aveuglent involontairement de sa torche.
- D'ailleurs le chariot sur lequel on nous a transportés jusqu'au poste de vigie, c'était celui du ravitaillement. Et nous, on faisait le ravitaillement.
Clotilde continua sa route, shootant sur un crane traînant dans le couloir.
- D'ailleurs ces type là ne bouffe que de la viande. Et crue. Ils pensent que ça les rends plus fort je crois.
Ça vous donne envie de rire hein, a vous autres les gens civilisés ?



Le trio se trouva rapidement en face de la porte massive de l'abri 106.
- Étrange toutes ces peintures sur le mur...
On dirait que ça a été dessiné par des enfants.

- C'est parce que ça l'est.
Vous savez, c'est un endroit vraiment spécial ici. C'est de là dedans que sont sortis les premiers hurleurs.

- Ah ? Vraiment ? C'est ... intéressant.
- Vous savez, eux autres pensent que tout les hommes sont sortis de ces abris. Il y avait un abris pour les hurleurs, un abri pour les goules, un abri pour les Wendigos, un autre pour la "tribu" des récupérateurs... Ils pensent que le monde à toujours était comme ça, et que le destin est qu'une de ces tribus s’élèvera parmi toute les autres.
- Et toi, en quoi tu crois ?
- Hé bien... Je ne sais qu'une chose, c'est que je ne sais rien. Alors comment une idiote comme moi pourrait avoir la prétention de connaitre quoi que ce soit dans le destin et le grand dessin du monde ?

Éloïse hocha la tête en silence. Elle n'avait retenu qu'une chose : alors les hurleurs seraient les descendants des habitants de cet abri ? En voilà une nouvelle tiens. Mais bon, leur objectif restait le même : trouver une généalogie des habitants de l'abri 106.
La gardienne sortie son attirail électronique, prête à s'attaquer à ce maudit panneau de commande quant la psychotique l’arrêta.
- Tu connais le code ?
Elle resta silencieuse un moment, fixant le panneau, et surtout faisant marcher sa mémoire.
- Il est de coutume d'envoyer les jeunes hurleurs dans l'abri.
Le Protecteur nous amène ici, compose le code, ouvre la porte, puis on nous bande les yeux et on nous amènes l'on ne sait où dans cet endroit carrément flippant. Dans le noir et avec rien, on doit trouver la sortie.
Ils m'ont fait passer le test deux fois. Mais j'ai jamais été amené bien loin de toute façon. Enfin, il parait que certains n'en sont jamais ressorti.
Bref, mais c'est que chaque touche produit un son légèrement différent. C'est un code à dix lettres en tout cas. La deuxième fois je me suis vraiment efforcé à retenir ce que j'appel "la chanson". J'me disais que ça allait bien me servir un jour.

La psychotique se rapprocha donc du clavier sur le panneau de commande, d'abord appuyant sur chacune des touches, écoutant leur son...
Éloïse se tourna vers Léthias, totalement perplexe son visage disait : voyons, arrêtons là, c'est stupide. Mais son collègue... laissa faire.
- Bon aller sa suffit, laissez moi cracker ce machin là, ça prendra dix minutes.
- Non, attendez, j'y suis presque. Je suis quasiment sure des première lettres ! Mais je me souviens pas du son des dernières...



A-L-A-N[espace]T-U-_-_-_-_


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Léthias Osniaril
MessageSujet: Re: Lois de Mendel / Partie III   Ven 1 Aoû 2014 - 16:16

La porte s’ouvrit, dévoilant un Hurleur en train inconscient, et un autre dormant profondément, pas le moins gêner par les bruits. Léthias poussa un soupir de soulagement. Finalement, quitter cet endroit allait être plus facile que prévu. Enfin, c’est ce qu’il pensait jusqu’à ce que la porte devant lui vole en éclat. Clotilde vola en arrière, et se retrouva presque aussitôt avec un fusil pointé sur la tête. Il sourit en voyant qui le tenait : Eloïse Brunet en personne. Manquait plus qu’elle. Elle avait changé, la jeune Gardienne qui s’était pris une balle lors du JEK, et qui était restée tremblotante une bonne partie de la mission. Une fois que la situation fut calmée, elle s’approcha de Léthias pour lui chuchoter à l’oreille.

«-Tu m’expliques ?
-Elle, c’est Clotilde. C’est elle qui nous a fait sortir d’ici.
-Techniquement elle a encore rien fait. »

Et visiblement, elle avait pris de l’assurance. Quelques semaines auparavant, jamais elle ne se serait permis de sortir ça à un Gardien plus âgé qu’elle. Mais c’était lors de missions comme celle-là qu’on apprenait, et qu’on gagnait en expérience.

« -Bref. Elle pourra aussi nous être utile à l’intérieur de l’abri. Voir aussi pour y rentrer.
-Depuis quand on fait confiance aux Hurleurs ?
-C’en est pas vraiment une, c’était une esclave à la base.
-Très bien. Je suppose qu’on n’a pas trop le choix de toute façon.
-A moins que tu ne veuilles lui mettre une balle, non.
-Très bien. Tu te sens de marcher ?
-Ça devrait le faire, du moins dans un premier temps.
-Dans ce cas, ne trainons pas. Je vais prendre une partie du matos d’Alain, et on quitte cet endroit vite fait bien fait.
-Dis-moi, fit Léthias en rigolant, tu ne serais pas en train de prendre le… Commandement de la mission ?
-Hein ? Euh, non, t’en fais pas, c’est juste que…
-Laisse, je plaisantais. Depuis quand il t’appelle chef l’autre ?
-Depuis le départ.
-Bref, tu le pourrais largement, on va sacrément avoir besoin de toi à l’intérieur.
-A moins que y’ait une autre IA là-dedans.
-Pas trop envie de m’y frotter une nouvelle fois pour tout te dire…
-Bon, vous deux, finit de discuter ? »

Les deux Gardiens se tournèrent vers Alain, qui commençait visiblement à être impatient, tout comme l’Initié.

« -On arrive. Au fait, Clotilde, voici Adonise… Une autre récupérateur, on va dire ça. Adonise, Clotilde. »

Léthias se garda bien d’appeler Eloïse par son prénom, et préféra utiliser le nom de code qu’elle utilisait en mission. Non pas qu’il n’avait pas confiance en Clotilde, mais juste qu’il était méfiant, et préférant être prudent. Pour certains, la différence entre les deux options pouvait être minime, mais pour Léthias, elle était bien réelle. Le groupe fit rapidement le tour de la pièce, répartissant le matériel, armes et munitions entre ceux qui continuaient, et ceux qui rentraient. Léthias récupéra une grenade dans l’armoire servant d’armurerie aux Hurleurs. Une fois que tous eurent pris ce dont ils avaient besoin, il dégoupilla la grenade, et bloqua la cuillère contre la porte, avant de fermer cette dernière. Quand les Hurleurs ouvriraient la porte pour voir ce qui avait disparu, ils auraient une sacrée surprise. Un piège à la Volodia, en quelque sorte. Et les Hurleurs ne pourraient s’en prendre qu’à eux même d’être tombés dans le panneau. Une fois que Léthias eut récupéré ses HG, qu’il rangea à sa ceinture, et le fusil laser tri-faisceau, le groupe se sépara. Léthias partit avec Eloïse et Clotilde en direction de l’abri, tandis que Alain et Hughes quittaient le territoire des Hurleurs, pour le contourner jusqu’au quartier Montparnasse. Clotilde marchait devant, ouvrant la voie, tandis que derrière, les deux Gardiens avançaient prudemment en discutant.

« -Ça fait plaisir de voir d’autres Gardiens.
-Merci. C’est quoi cette histoire de récupérateurs ?
-Je lui ais dis qu’on était des récupérateurs, bien qu’un peu spéciaux, bossant pour le Marché de la Gare.
-Ça marche encore ton excuse ?
-Elle est encore sceptique, mais c’est mieux que rien. C’est quoi ton arme au fait ? »

Le fusil automatique que tenait Eloïse semblait tout droit sorti de la tête d’HG, mais Léthias n’avait pas encore vu ce prototype. Une arme à balle, ce qui changeait des traditionnelles armes à énergies de l’Ordre.

« -Comme les Bergers ne veulent pas qu’on sorte les Flammeurs, HG a voulu bricoler de l’armement un peu plus puissant pour ceux en mission. Quand vous avez disparus des écrans…
-Déjà tu t’es inquiétée.
-Ouai… Je suppose que c’est moi. Bref, HG a cru bon de sortir ses deux prototypes pour les tester. Viseur point rouge, chargeur trente balles, silencieux adaptable. Plutôt sympa.
-En effet. Mais je dois dire que celui-là n’est pas mal non plus. Je crois bien que je vais le garder. »

Aperçu fusil laser:
 

Ce faisant, Léthias tapota sur le fusil laser qu’il avait récupérer. Il suffisait de remplacer son actuelle couleur marron par une livrée grise, de poncer quelque peu la surface pour la rendre parfaitement lisse, de le nettoyer quelque peu pour effacer l’ouvrage du temps, et il avait entre les mains un autre prototype sorti de l’imagination d’HG. Une livrée noire pourrait aussi être sympa, pensa-t-il, encore plus discret, surtout dans l’obscurité.

« -Ressemble plus à du matos d’avant-guerre qu’à autre chose.
-Mouai. Je suis prêt à parier que ça vient de l’abri. »

Ils arrivèrent bientôt devant l’immeuble où Léthias et Alain s’étaient fait piéger quelques heures plutôt. Léthias contempla les lourdes portes d’acier qui menaient à la partie inférieur. La situation lui rappelait étrangement quelque chose, et nul doute que cela se voyait sur son visage. Eloïse du s’en apercevoir, car elle ne manqua pas de le lui rappeler.

« -Manquerait plus que Joris et Volodia, et on s’y croirait presque.
-Je m’en voudrais de devoir te tirer dans l’épaule pour te mettre en situation. »

Pour toute réponse, la jeune Gardienne lui donna un petit coup de poing dans son épaule encore un peu endolorie. Décidément, elle avait bien changé, mais c’était dans le bon sens du terme. L’Ordre ne pouvait que profiter des nouveaux Gardiens comme elle, qui devenaient plus matures et expérimentés. Mais oui, il manquait bien deux personnes. Repose en paix, Volodia. Cette mission avait été une des plus dures, mais aussi une des plus intenses qu’il avait effectuées. Tant d’actions, tant de découvertes durant ces dizaines d’heures passées en bas. Cette fois-ci, Léthias regarda avec insistance son bracelet radar, au fur et à mesure qu’ils s’enfonçaient dans l’obscurité. Les deux Gardiens et Clotilde allumèrent leur lampe-torche, éclairant la vaste porte blindée de l’abri 106. Puis vinrent les premières explications. Les premiers Hurleurs des survivants du 106 ? Manquait plus que ça. Expliquer la transformation de survivants pommés sortants de leur abri et l’un des gangs de psychotiques les plus crains des Terres Désolées n’allait pas être une mince affaire. Mais ils n’étaient pas là pour discuter de ça. Pour le moment, il devait entrer dans l’abri, et éviter de se faire prendre à revers par d’éventuels Hurleurs. Clotilde inséra les premiers caractères du code, avant que Léthias ne fasse signe à Eloïse de prendre la relève. La prodige des circuits informatiques brancha rapidement un terminal à la borne d’accès, après avoir quelque peu désossé le boitier.

Alan Turing.

Moins de quatre minutes plus tard, les dix cases passèrent au vert, déverrouillant la porte. La porte roula sur le côté, lentement, sa masse immense l’empêchant de bouger comme un simple caillou. C’était la première fois que Léthias assistait à ce spectacle, et il n’était pas déçu. Tous trois passèrent la porte, épaisse de près de deux mètres.

« -Comment vous faisiez pour sortir de là ?
-On peut ouvrir la porte de l’intérieur. Là, le gros panneau sur le côté.
-Il marche ?
-Bah oui, sinon je ne serais jamais ressorti de là.
-Très bien. Qui connait le code d’accès à part le Protecteur ?
-L’Aboyeur je pense. Mais ça doit être tout.
-Ok, donc aucune raison qu’ils pensent que nous avons réussi à rentrer l’intérieur. Fermons la porte, on sera quand même plus en sécurité. »

La porte se mit une nouvelle fois à rouler, cette fois-ci dans le sens opposé. Un claquement métallique indiqua la fin de sa course. Maintenant, ils étaient tous trois à l’intérieur. Trouver ce qu’ils cherchaient dans l’obscurité, dans ce dédale et sans plan risquait de prendre du temps. Les trois faisceaux des lampes torches éclairaient l’espace environnant de manière sporadique. Le tunnel était en pente légère, s’enfonçant encore un peu plus dans le sol. Ils finirent par tomber sur un premier ensemble de pièces, qui devaient servir en quelque sorte d’entrée de l’abri.

« -Bon, et maintenant, on fait quoi ?
-Il faut qu’on trouve un accès aux étages inférieurs, et un plan.
-On ne pourrait pas remettre le courant ?
-L’abri était conçu pour 300 personnes, ce truc doit être assez grand. Ça risque de ne pas être facile. Bon, j’ai prévu du stock pour les lampes torches, on risque d’en savoir besoin. Au fait, tu sais d’où il sort ce flingue ?
-On dit que le Protecteur l’a trouvé dans l’abri. Mais jusque-là, c’est la seule arme qui en soit sortie. »

Léthias jeta un œil à son bracelet radar. Aucun signal, pour le moment. Enfin, il fallait dire qu’avec l’épaisseur de roche qui espérait les différents étages, il devait être difficile pour les capteurs de détecter un quelconque signe de vie. Ils continuèrent leur chemin à l’intérieur du complexe souterrain, jusqu’à arriver devant ce qui semblait être un escalier.

« -Bon, je crois qu’on a trouvé la suite.
-Adonise, y’a un terminal là, tu crois que tu peux faire quelque chose ?
-Je vais essayer. Tu peux m’éclairer ? »

Léthias s’exécuta, tandis qu’elle déballait son matériel pour le brancher à la console. Le système de sécurité de l’abri fut rapidement passé, et elle eut enfin accès au réseau. Restait à chercher parmi tous les fichiers, les lignes de codes et autres, des infos qui pourraient enfin être utiles. Pour l’instant, le cube Quintinus gardait tous ses secrets, bien à l’abri sous son infranchissable coque. Alors qu’Eloïse pianotait sur le terminal, sous le regard plus qu’intrigué de Clotilde, un point apparut soudainement sur le bracelet radar de Léthias. Instantanément, il se baissa pour le montrer à l’autre Gardienne, avant de faire signe à Clotilde de prendre sa place à l’éclairage. Il posa son sac, épaula le fusil laser qu’il avait récupéré, et se dirigea vers la source, mais tomba sur un mur. Visiblement, la forme de vie était en dessous.

« -Clotilde, chuchota-t-il, tu sais si vous avez envoyés du monde à l’intérieur ?
-Je ne sais pas… Peut-être, oui ! »

Léthias coupa sa lampe torche, et fit quelque pas dans l’escalier. Lentement, pour éviter de tomber dans le noir, et de finir à plat ventre en contrebas. Il passa enfin la dernière marche, alors que la lumière résiduelle des lampes torches encore allumées en haut n’était presque plus visible. Le signal, lui, se rapprochait, droit devant lui. Il alluma soudainement sa torche, éblouissant un Hurleur ayant depuis trop longtemps oublié la sensation de lumière. Ce dernier poussa un cri déchirant en tombant au sol, qui fit sursauter les deux filles restées en haut.

« -Ne bouge pas !
-Qui êtes-vous ? Vous êtes venus me chercher ?
-Et toi, tu es qui ?
-Moi je suis Guillaume, ça fait près d’une semaine que je suis là-dedans… J’en peux plus, aidez-moi… Mes yeux ! »

En une semaine, le jeune homme avait maigri, et rampait difficilement au sol. Il était visiblement dans un état d’épuisement le plus total. Léthias s’approcha, et malgré ses courbatures encore présentes, n’eut pas trop de mal à soulever un type qui avait déjà perdu quelques kilos…

« -Ombre ?
-Ça va, je remonte. »

La montée fut un peu plus dur, mais il réussit à poser l’homme par terre. Eloïse resta près de sa console, une lampe coincée entre l’épaule et la tête, tandis que Clotilde s’approchait de lui.

« -Tu le connais ?
-Je l’ai déjà vu, oui…
-Bon, prends cette gourde, donne lui à boire, lentement. Sinon, il va s’étouffer.
-Merci, je sais faire, j’ai fait ça pas plus tard que ce matin. C’est pas parce que vous êtes libres que vous savez tout ce que les autres ne savent pas.
-Désolé. »

Décidément, fallait pas la chercher, cette fille. Léthias retourna voir Eloïse, qui était toujours sur son terminal. Petit à petit, elle regroupait virtuellement les infos, recoupant les données, pour avoir une idée de ce qui les attendait en contrebas.

« -T’en as encore pour longtemps ?
-Non, ça devrait aller. Je sais, faut qu’on bouge.
-Ça serait bien. Pas envie de trainer là-dedans.Limite, elle avait raison l’autre, si tu peux essayer de trouver un moyen de remettre le courant.
-Ok, je fais ça et ça sera bon.
-Clotilde, on va bouger.
-Et pour lui ?
-Je m’en occupe. »

Léthias explora rapidement les pièces environnantes, jusqu’à en trouver une qui convienne. Avec à nouveau un peu d’eau dans le corps, le gars pourrait attendre quelques heures de plus. Léthias l’aida à se relever, et l’emmena jusqu’à une petite pièce, sans que ce dernier ne comprenne vraiment ce qui lui arrivait. Il le déposa dans la pièce, avant de condamner la petite porte de l’extérieur.

« -Tu l’as enfermé ?
-Ouai, on n’est jamais trop prudent. Et puis bon, il dormait à moitié, on le fera sortir en même temps que nous. Prête ? »

Eloïse hocha la tête et débrancha son matériel, pour le ranger dans son sac. Léthias remit le sien sur son dos : il était temps de continue le chemin.

« -Dans ce cas, descendons. »

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MessageSujet: Re: Lois de Mendel / Partie III   Dim 24 Aoû 2014 - 15:28

-Et pour lui ?
-Je m’en occupe. »

Léthias traîna derrière lui ce psychotique bien trop malingre et dérouté pour comprendre ce qu'il était en train de se passer.
Une semaine. Une seule.
Il n'en avait pas fallu plus pour qu'un homme se transforme en cette poupée de chiffon, ersatz d’être humain désormais plus proche de ces insectes translucides vivant au fond de profondes cavernes.
Epuisé de malnutrition et de solitude le pauvre hurleur en était réduit à des murmures apparemment insensés.
"Sentinelles de métals, sentinelles.
ils vous attraperons.
ils vous attraperons."

Léthias laissa ce résidu squelettique dans un coin, barricadant solidement la porte par excès de précaution, avant de revenir rapidement à Clotilde et Eloise gardant à l'esprit l'objectif de sa mission.
- J'ai localisé le bureau du superviseur, ce n'est pas bien loin.
Impossible d'allumer les lumières de l'abris, désolé...
Finit-elle, plus inquiète par cela que ses compagnons.
Clotilde claqua le barillet de son triple canon et arma son flingue. "Ne traînons pas". Nous ne sommes pas seul aurait elle pu ajouter. Mais à quoi bon ? Pour se faire passer pour une folle ? Il était vrai que lors de ses deux derniers "tests" passés dans cet endroit et même à cet instant, elle ressentait en plus d'une certaine frayeur, une "présence" bien angoissante. D'ailleurs, la plupart des hurleurs ayant passés l'épreuve l'avait eux même pressenti.
Mais personne n'avait jamais rien "vu". Alors à quoi bon s'affoler ?

Cette fois ci ils étaient trois, avaient des torches et étaient bien armés. Que pouvait il leur arriver ?



* * *


Un endroit mort en apparence...
Mais pour quelqu'un arpentant cet effrayant labyrinthe il n'en était rien.

Cette moiteur environnante, ces murs de métal comme tièdes au touché, ce silence certes profond mais qui semblait prêt à se déchirer à tout instant. Un endroit tout simplement trop grand pour être totalement vide ?
L'immense abri ne semblait en fait ne pas être simplement mort, mais comme plongé en stase, figé dans le temps. L'ancien temps, celui du Monde d'avant la Fin.


Le bruit de leurs pas raisonné à travers les coursives, le faisceau de leur lampes glissait sur le sol mat du large couloir avant de disparaître plus loin englouti par les ombres.

Angoissant ce sentiment, irrépressible, quant on venait à marcher dans un long couloir sombre. On ne sait où en est la fin et on en oublis son point de départ, perte de reperds. On ne sait ce qu'il pouvait nous attendre devant, ou ce qu'il pourrait nous suivre derrière, on angoisse.
- On est toujours à temps de faire marche arrière tu sais ? D’arrêter là.
L'Ordre ne blamait nullement ceux qui décidaient d'arreter une mission quant le risque semblait trop important. La vie était précieuse et celle d'un gardien d'autant plus. Pourtant peux étaient les gardiens à le faire, tous poussés par cette incroyable énergie que fournit la simple curiosité.
Curiosité... Combien d'entre eux étaient mort à cause de cela ? Leur soif de savoir, sous estimant le danger.
- Je dois t'avouer...
que tout cela m'effraie.

Cet abri inconnu, les hurleurs derrière la porte anti-atomique. La mission en elle même. Le Cube oui, lui était terrifiant, surtout en connaissant son créateur.
- Le docteur Quintinus... c'était un vrai barge.
Lire son journal c'est comme rentrer dans son esprit. Et ce que j'y ait vu me fout la trouille. Échelon 6 hein ? Qu'est ce que ca peut bien vouloir dire, je croyais que ça s’arrêtait à
Oh, nous y voilà.
La lumière de leurs lampes venait de butter sur une porte. "106" et "Superviseur" était écrit au pochoir en lettre jaune.

- Vous avez entendu ?! S'exclama Clotilde.
Derrière nous... Elle leva son arme, braquée sur l'obscurité qui les précédait.
Elise resta crispée un long moment alors que Léthias s'activait à ouvrir la porte de peur d’Être coincé dans ce cul de sac en cas de problèmes.
- Je... n'ai rien entendue. Peina à articuler la gardienne.
La porte du bureau du superviseur coulissa soudain, sans un bruit, et le trio s'engouffra à l'intérieur.
Clotilde rentra la dernière, à reculons, flingue levée et prêt à tirer.
Léthias referma immédiatement la porte.
- C'était lointain...
- Des bruits de pas ? Pressa la gardienne.
- Non autre chose... je ne saurais dire.
- Hé ben... je n'ai rien entendue.

Une douce lumière rougeâtre éclaira peu à peu le bureau du superviseur.
"Eclairage de secours" précisa le gardien qui venait d’actionner un interrupteur placé sous la commande d'ouverture et de verrouillage de la porte.



Un terminal hors de service sur une table en métal vide de tout autre chose, le bureau en lui même et derrière le terminal du superviseur, deux gros caissons métalliques pleins de diodes clignotantes et un hublot, donnant certainement sur la grande salle commune en contre bas mais d'ici l'on n'en voyait rien.

Le gardien prit les devant en allant voir du coté du bureau lui même alors que sa collègue encore trop perturbée resta sur place. Le terminal du superviseur était parfaitement fonctionnel, il l'alluma d'une simple pression sur une touche du clavier. L'écran s'éclaira immédiatement comme s'il n'avait été tout ce temps qu'en veille.
- Prenez ce que vous êtes venus chercher. Ne nous attardons pas plus que nécessaire. Lacha la psychotique toujours postée à coté de l'entrée, sur ses gardes.



_ _ _ _ _ _

- Un mot de passe... Prononça la gardienne, ce qui était l'évidence même.
- C'est un TS de Vault Tech... je n'ai pas le matériel adéquat pour cracker le code d’accès.






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Léthias Osniaril
MessageSujet: Re: Lois de Mendel / Partie III   Lun 25 Aoû 2014 - 21:54

Abri 16, plusieurs mètres sous terre.

La descente. Lente, et pesante. Pas seulement à cause des centaines de tonnes de roches qu’il avait au-dessus de lui, mais aussi à cause de cet atmosphère confiné et obscur. La dernière fois qu’il était descendu sous terre, il avait, enfin Eloïse avait rapidement pu remettre le courant, et cela changeait tout ; sans compter qu’ils avaient un plan. Et cela changeait tout, et en particulier sa perception du monde. L’Ombre n’était pas dérangé à l’idée de se balader dans les ruines de Métropolitopia, presque dans l’obscurité la plus totale et entouré de ces contaminés. Pourquoi ? Parce qu’il connaissait les lieux par cœur : chaque tunnel, chaque recoin, il savait où il allait. Là, la situation était différente : le chemin avait beau être éclairé par trois puissantes torches, il ne savait pas où il allait. Il s’enfonçait dans les ténèbres, et seul ce qu’il éclairait était visible. Sans torche, il ne verrait même pas un mur à deux centimètres de son nez. Léthias raffermit sa prise sur le fusil tri-faisceau récupéré sur le Hurleur quelques temps auparavant. Bien qu’il faisait de son mieux pour rester calme, il n’était pas spécialement tranquille. A cause de quoi ? Plein de choses. En autres, le fait que des Hurleurs pouvaient leur tomber dessus depuis l’entrée de l’abri. La sensation était bien différente de celle qu’il avait connu en descendant dans les profondeurs du laboratoire Vault-Tech du Bois de Boulogne. L’abri était indubitablement plus grand, et se retrouver n’allait pas être facile. L’air était vicié, après des années sans jamais avoir été recyclé. L’espace était assez grand pour contenir de l’oxygène pour un sacré bout de temps, mais Léthias se serait presque senti plus à l’aise avec un masque à gaz sur le nez. Il en avait bien un dans son sac, mais un seul. Pas la peine de le mettre si c’était pour laisser crever la Gardienne et l’autre femme avec lui. Léthias avançait lentement, juste devant Eloïse et Clotilde. A chaque pas, c’était le même geste. Avancer un pied, poser doucement le talon, puis le reste. Les vêtements de toile du Gardien ne faisaient qu’un bruit imperceptible en se froissant. Il était équipé pour profiter de la pénombre, de l’ombre, pour s’en servir à son avantage, mais là… C’était l’ombre qui se servait de lui. Inexorablement, il était happé dans les profondeurs, sans réelle possibilité de savoir où ils étaient. Léthias respira profondément, et fit le vide dans son esprit. Rester calme. Maitriser ses émotions. Plus facile à dire qu’à faire, dans ce tombeau sans fin. Il sentit son rythme cardiaque s’accélérer, et réussit tant bien que mal à le faire revenir à la normale. L’enfermement en ces lieux était pesant. Comme-ci quelque chose, une force surnaturelle s’infiltrait dans votre esprit et y incrustait une idée. L’idée que vous n’étiez pas seul. Et l’idée germait, grandissait, et vous finissiez par y croire. L’enfermement était source de folie. Léthias crut soudain sentir un courant d’air froid, et il vérifia aussitôt son bracelet radar, qui était vierge de tous signaux. Calme-toi mon vieux, calme-toi. Il n’y a personne ici. Il continua d’ouvrir le chemin, gardant sa torche et les trois canons de son fusil bien alignés. Précaution presque inutile. Dans un espace confiné, les deux autres torches éclairaient déjà une bonne partie du couloir. Il n’aurait même pas besoin de viser, il lui suffisait de d’appuyer frénétiquement sur la gâchette. En une fraction de seconde, il aurait balayé tout l’espace devant lui. Eloïse perdit quelque peu son sang-froid. Et sans vouloir se moquer, cela fit sourire Léthias. Cela lui rappelait la Gardienne qu’il avait connu lors de leur dernière mission, avec Joris et Volodia.

« -On se calme, Adonise. Ça va bien se passer. Maintenant qu’on est là, ça serait trop bête de reculer. »

Que cela allait bien se passer, il n’en était lui-même pas trop sûr, mais s’il craquait à son tour, alors ils craqueraient tous les trois, et la mission finirait dans un désastre. Enfin, le bureau du superviseur. Le Gardien appuya son sac contre la porte, accrocha le fusil à sa ceinture, et sortit quelques outils de sa poche. Il s’agenouilla face à l’antique serrure tubulaire, et calla sa lampe entre l’os de sa mâchoire et son épaule. Derrière lui, Eloïse et Adonise n’étaient pas très rassurées. Avait-il entendu quelque chose ? Non. Peut-être parce qu’il était trop concentré sur son ouvrage. Au fil des pressions sur les chasse-goupilles, il finit par déverrouiller la porte. Au fil des pressions sur les chasse-goupilles, il finit par déverrouiller la porte. Un léger déclic vint lui confirmer qu’elle était ouverte, et tous trois se précipitèrent à l’intérieur. La lumière rougeâtre de l’éclairage de secours emplit la pièce après que Léthias ait actionné la commande.

« -Au moins, on sait qu’il reste de la puissance dans les générateurs. »

La lumière était rassurante. Le petit groupe pouvait voir l’intégralité de la petite pièce, Et Léthias fonça droit sur la seule chose intéressante dans ces lieux : la console du superviseur. Il appuya sur un bouton, et l’écran afficha un message. Léthias jeta un œil à Eloïse, pour lui demander de venir, mais cette dernière sembla perdue dans ses pensées, comme obnubilée par quelque chose. Léthias fit claquer deux doigts, ce qui eut pour effet de faire sortir la Gardienne de ses rêveries. Cette dernière secoua la tête, avant de se pencher sur le terminal. On se calme Eloïse, et on reste concentré… Léthias s’appuya sur un mur. Les nouvelles n’étaient pas très bonnes. Si les deux Gardiens voulaient trouver ce qu’ils cherchaient, ils devaient forcément passer par-là, et trouver ce foutu code.

« -Et maintenant, on fait quoi ?
-On reste calme. »

Le Gardien se pencha pour attraper la gourde d’eau accrochée sur le côté de son sac, et en but quelques gorgées. Eloïse fit de même, seule restait Clotilde qui n’avait pas d’équipement sur elle, en dehors de son fusil et de ses armes.

« -Tu en veux ? »

La jeune femme acquiesça, et Léthias lui tendit à boire. Pendant qu’elle se rassasiât le Gardien attrapa une ration de survie de l’ordre, et mordit dedans. Les quelques gorgées de soupes de Clotilde l’avait quelque peu laissé sur sa faim, et un peu de solide dans l’estomac allait lui faire du bien.

« -Sers-toi, si tu veux. Il y en aura assez. »

Léthias se posa sur une des chaises de la pièce, et se mit à réfléchir, fixant l’unique mot affiché sur l’écran. Clotilde s’approcha à son tour, et resta là, à fixer l’écran et les cinq caractères verts.

« -C’est quoi ça ?
-Phobos.
-Phobos ?
-La peur. Phobos et Déimos, la peur et la terreur.
-C’est quoi comme langue ? Ce n’est même pas notre alphabet ! Et d’où tu sors ça ?
-J’ai lu ça quelque part. T’as raison tu sais. Les livres, c’est formidable. »

La jeune psychotique resta là, comme hypnotisée par les caractères immobiles à l‘écran. Léthias réfléchissait. Phobos, c’était vague, comme indice. Enfin, les chargés de sécurité n’allaient pas non plus laisser directement le mot de passe à l’écran. Ou alors ce n’était même pas la peine d’en mettre un. Clotilde finit par lever les yeux de l’écran, et alla s’asseoir, dans un coin. Presque apeurée. Eloïse n’était pas forcément bien non plus, mais comme Léthias, elle était focalisée sur le mot de passe, lui faisait oublier le reste. Le Gardien jeta un œil à la psychotique. Et merde…

« -Adonise, chuchota-t-il, tu peux aller jeter un œil à la blessure de Clotilde ?
-Laquelle ? Sous son bandeau, là ?
-Oui, s’il te plait.
-Et pourquoi ? Trouvons ce mot de passe d’abord.
-Adonise !
-Ok, ok, je m’en occupe. »

Léthias replongea dans sa réflexion pendant que les deux femmes discutaient.

« -Je peux jeter un œil à ta blessure ?
-Pourquoi vous feriez ça ?
-Pour voir ce qu’on peut y faire. Et accessoirement parce qu’il me l’a demandé. »

Ce faisant, elle désigna Léthias. Le Gardien sentit les deux paires d’yeux braqués sur lui, mais ne préféra pas lever la tête. Clotilde soupira, et hocha la tête. Eloïse souleva doucement le bandage, et observa la plaie.

« -Eh beh… Celui qui a fait ça savait où il tirait. Il s’en est fallu de peu. Qui t’a fait ça ?
-A ton avis ?
-Comment veut-tu que je le sache ? Oh, attends, c’est ?...
-C’est ton petit copain ici présent ouai…
-Il se débrouille pas mal avec ses pistolets, c’est sûr, répondit Eloïse en souriant. Mais on est juste collègues de travail.
-Juste ? On ne dirait pas, vu comment vous vous parlez.
-On est parti en mission avec deux autres, une fois. Et ce qu’on y a vécu, et surtout lui, ce n’était pas beau à voir. L’un des deux autres est mort. Le dernier n’est plus le même. Notre famille, ce sont ceux avec qui sont travaillons. Et il prend soin de sa famille, il a en a déjà vu trop mourir. »

Plus le même, pas forcément la meilleure façon de Joris, mais bon, il était comme ça. Renfermé, presque comme Léthias des années auparavant. L’Ombre, en parlant d’elle, restait bloquée sur le code. Phobos et Déimos. Six lettres, c’était presque trop évident. De toute façon, il n’avait pas grand-chose à perdre. De son côté, Eloïse reposait le bandage sur la blessure de Clotilde, et appuyait sur le bout d’adhésif pour le maintenir en position.

« -Bon. Écoute, t’as eu de la chance, le tir laser a frôlé l’extérieur de l’œil. Le côté de la paupière en a pris un coup, mais le reste… Ça semble pas trop touché. En soignant bien ça, tu pourras peut-être garder ton œil. Mais faudra faire voir ça par quelqu’un de plus expérimenté. Et ne pas utiliser des plantes à la con pour soigner ça. »

La Gardienne se leva, et revint près de Léthias, pendant que Clotilde restait là, à les regarder.  Les deux Gardiens discutèrent rapidement, avant qu’Eloïse ne repousse une mèche de cheveux de son front et se ne penche sur le clavier.

« -Alors ?
-On n’a pas trop le choix. Essaie Phobos et si ça ne marche pas, Déimos.
-Et si aucun des deux ne déverrouille l’accès ?
-Alors il nous faudra trouver un autre indice. »

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MessageSujet: Re: Lois de Mendel / Partie III   Mer 10 Sep 2014 - 19:57

Φόϐος ... du grec ancien, Éloïse reconnaissait là bien le style du Docteur Quintinus, celui ci avait codé un paragraphe de son journal dans cette langue. Apprendre une langue pour coder quelques misérables lignes...
« -C’est quoi ça ?
-Phobos.
-Phobos ?
-La peur. Phobos et Déimos, la peur et la terreur.
-C’est quoi comme langue ? Ce n’est même pas notre alphabet ! Et d’où tu sors ça ?
-J’ai lu ça quelque part. T’as raison tu sais. Les livres, c’est formidable. »
Pas tous se dit Clotilde encore en train de penser au journal codé. C'était impressionnant que Léthias connaissent la signification de ce mot, deux milles ans et une apocalypse plus tard on aurait pourtant pu croire légitimement que cette langue morte l'était bel et bien de morte. Son collègue l'interpella, lui demandant d'aller jeter un œil sur la blessure de la jeune femme qui les accompagnait. Toujours réticente à cause de la peur que lui inspirait les psychotiques, quelques soit leur gang, Éloïse obéit.

« -Eh beh… Celui qui a fait ça savait où il tirait. Il s’en est fallu de peu. Qui t’a fait ça ?
-A ton avis ?
-Comment veut-tu que je le sache ? Oh, attends, c’est ?...
-C’est ton petit copain ici présent ouai…
-Il se débrouille pas mal avec ses pistolets, c’est sûr ...
Mais on est juste collègues de travail.

-Juste ? On ne dirait pas, vu comment vous vous parlez.
Serait ce de la jalousie que la gardienne cru percevoir chez cette jeune femme ? Elle ne pu alors empêcher son sourire de s'agrandir un peu plus. Le beau gosse du Temple a encore fait chaviré un cœur.

-On est parti en mission avec deux autres, une fois. Et ce qu’on y a vécu, et surtout lui, ce n’était pas beau à voir. L’un des deux autres est mort. Le dernier n’est plus le même. Notre famille, ce sont ceux avec qui nous travaillons. Et il prend soin de sa famille, il a en a déjà vu trop mourir. »
Moi aussi... Et son sourire si tôt apparu s'évanoui, laissant place à une mine profondément triste. Volodia, Volodia. Perdre un gardien était difficile, perdre une amie tragique, et perdre l'amour insurmontable... mais alors perdre ses trois là en même temps, et de façon si brusque...
Penses à la mission, la mission d'abord. La gardienne se ressaisie -seulement de façade- et dit froidement :
« -Bon. Écoute, t’as eu de la chance, le tir laser a frôlé l’extérieur de l’œil. Le côté de la paupière en a pris un coup, mais le reste… Ça semble pas trop touché. En soignant bien ça, tu pourras peut-être garder ton œil. Mais faudra faire voir ça par quelqu’un de plus expérimenté. Et ne pas utiliser des plantes à la con pour soigner ça. »
La psychotique s'en sortirai, une vilaine cicatrice à l'arcade pour seul témoin de cet accrochage qui faillit lui coûter la vie.
La gardienne rangea sa trousse médicale dans son sac et se dirigea vers l'imposant terminal du superviseur.
« -Alors ?
-On n’a pas trop le choix. Essaie Phobos et si ça ne marche pas, Déimos.
-Et si aucun des deux ne déverrouille l’accès ?
-Alors il nous faudra trouver un autre indice. »


P-H-O-B-O-S

- Mauvaise pioche.
Peut être le mot de passe était il lui aussi en grec ? Impossible, le clavier ne contient que les lettres latines de notre alphabet.


D-E-I-M-O-S

L'écran resta noir un moment, seulement le temps de leur faire couler quelques sueur froide quant à un hypothétique et bien fâcheux plantage de la machine.
Puis l'écran oscilla de lignes vertes foncés sur le fond noir habituel des terminaux, laissant apparaître le logo Vault-Tech France et le menu classique d'un ordinateur d'avant guerre. Éloïse éplucha les dossiers...
- Instruction au superviseur. Plan de l'abri. Niveau d'énergie. Réserve d'eau potable. Taux de radiation dans l'abri. Liste des habitants. Inventaire des fournitures...
Des tableaux, des graphiques, des chiffres et encore des chiffres. Cet ordinateur contenait un paquet de donnés.
La gardienne était fébrile, c'était bien la première fois qu'elle approchait d'un terminal TS de Vault-Tech. Le modèle le plus puissant, le plus sur et le plus chers de Vault Tech. Inestimable. Elle enragea de n'avoir pensée à prendre quelques holodisques vierges pour copier toutes ces données.
- Je commence par la liste des premiers habitants.
300 noms s’affichèrent à l'écran.
Trois cents élus sur les millions et millions de français, eux était dignes d’être préservé et les autres... non ? La gardienne s'était souvent questionnée sur les critères de sélections mais sans être naïve, l'argent avait du régler tout ces problèmes une fois encore.
- Jamais j'aurai pu vivre dans c'te boite. Pas de soleil... Pas de lune... Pas d'horizon au loin... Dit pensivement la psychotique.

La gardienne faisait défiler lentement la liste des premiers arrivant, cliquant sur chacun des noms, puis tout les deux noms, puis un sur cinq.
- Un problème ? S'étonna certainement le gardien de ne voir sa collègue rechercher directement Léa Quintinus.
- Il n'y a pas de Léa Quintinus dans la liste... Finit elle par murmurer, comme ci quelque chose d'autre la préoccupait.
Et effectivement...
- C'est étrange...
Les habitants... c'était toute des femmes.

La gardienne se tint appuyée sur la console, une main dans les cheveux, la mine perplexe.
- Et toutes enceintes.

Elle se tapota le front du bout du doigt. Un problème à la fois.
- Essayes son nom de jeune fille.
Cela la sortie de son incertitude. Elle tapa : Léa Van Wroughton.
- Bizarre ce nom.
- C'est belge.
- C'est quoi ?
La recherche l'amena bien sur une habitante portant ce nom à la correspondance parfaite. Mais pourquoi portait elle son prénom de jeune fille ?
- Bien vu collègue.
Très bien vu même.
Lanca-t-elle à Léthias.
Yeux vert, cheveux noirs, bonnes taille, bon age. Il y avait même une photo en noir et blanc mais en très haute résolution... elle était belle. Non, elle était magnifique. C'était rare les yeux vert d'ailleurs dans les Terres Désolé avait noté la gardienne. Au moins, si son descendant avait hérité de ces magnifiques yeux, il sera facilement identifiable pensa-t-elle avec amusement.
- Mais... Pourquoi toutes enceintes ??
Éloïse s'en serait arrachée les cheveux. Dans les autres abris identifiés par l'Ordre, aucune affaire de ce genre.
Hé bien, pauvre sotte, tu as là les enregistrements vidéos, les notes des superviseurs et les listes de chaque moindre événements qui a pus avoir lieu ici, tu as plus que toutes les pièces en mains.

Alors elle chercha, chercha, encore et encore.
Et quant la vérité éclata au grand jour elle s'écarta brusquement de l'ordinateur.

- ... Elles ont étaient tuées.
Toutes.

Cela manquait totalement de sens.
- Des machines... des machines les ont faites accouchées... et tuées.
Indignée, choquée et totalement hébétée la gardienne peinait à parler.
- Les machines ont nourrit et protégés les bébés.

Ces... ces gosses ont grandit sans aucun parents.
Sans aucune éducation.

Et ils s'en sont sortit.

Primitifs, mais ils s'en sont sortis.

Incroyable.

Les abris étaient sensés protéger les gens... non ?
La psychotique haussa les épaules.
- Peut être que les gens se sont aperçu que c'était la seule façon. P'tet que quant on mettait tout le monde et n'importe qui dans ce genre d'endroit ça finissait par leur taper sur le système et péter un câble.
Ouais, peut être qu'ils s’entre-tuaient irrémédiablement tous et que... ça, c'était la solution.
Finit-elle en pointant le terminal de l'écran.
Eloise garda une mine horrifiée :
- Mais... c'est absolument immoral. Abject.
A cela la psychotique haussa les épaules avec flegme.
- Chérie la science ne s’embrasse pas de la morale. Et si ça c'est le prix pour préserver l'humanité bha au final c'est bien peu de chose.
La gardienne resta alors perplexe un long moment, le regard lointain... lorsqu'une pensée s'imposa soudain, lui faisait encore plus froncer ses sourcils si cela était possible.
- Mais... le Docteur travaillait pour Vault Tech. Il savait ce qu'il se passait ici.
Et... il aurait quant même envoyé sa femme ?!

Question pertinen...

Un effroyable crissement se fit entendre soudain. Métal contre métal. La lumière tressailli, l'ordinateur s’éteignit un court instant.
- Bordel de...
La psychotique s'en alla à nouveau devant la porte du bureau, arme en joue. Le bruit était semblable à l'ouverture de la porte de l'abri de par son crissement, mais il ne s'agissait indubitablement pas de cela. Comme si une vielle porte de hangar c'était ouverte soudain quelques part dans l'abri.
- Les données, vite.
Apeurée mais professionnelle, la gardienne hocha la tête et chercha dans la bande de données de l'abri une généalogie.
- Léa a accouchée en 2077 d'un fils, et a était "éliminée" par les machines.
En 2097 son fils est âgé de vingt ans et sa "femme" si je puis dire donne naissance à deux jumeaux -une fille et un garçon- avant d’être tuée...

- Vite, vite.
- La petite fille de Léa meurt quelques années plus tard. Le petit fils...
Le petit fils en 2115, à l'age donc de 18 ans et avec une fille âgée de 16 ans donne naissance à un garçon. La mère est tuée.

...

2130 : ouverture de l'abri.


Il n'y a que l'arrière petit fils de Léa comme seule descendance.
15 ans, yeux verts cheveux noirs, bonne santé physique et excellente aptitudes cognitives.
C'est... c'est tout ce que l'on a.


Coltilde, toujours devant la porte lanca :
- Alors c'est ça ce qu'on est venu chercher ?
Arh. Aller, bougeons d'ici, je sens qu'on va avoir des emmerdes si l'on s'attarde.

Elle frappa plus qu'elle n'appuya sur le bouton de verrouillage de la porte qui coulissa immédiatement. La psychotique balaya le couloir de sa lampe, trois canon pointés sur l'angoissante obscurité.
- Comment on va faire pour le retrouver seulement avec ça Léthias ? Angoissa sa collègue. Un gamin, sans nom, qui sort dans les ruines pour la première fois de sa vie... On a aucune pistes !
- Réglons ces problèmes une fois sortie de cette boite voulez vous ? Siffla Clotilde qui commençait à s'impatienter.
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Léthias Osniaril
MessageSujet: Re: Lois de Mendel / Partie III   Dim 21 Sep 2014 - 17:50

Bureau du superviseur, abri 16.

Deimos.


La console se déverrouilla, au grand soulagement des deux Gardiens. Léthias posa son fraichement acquis fusil tri-faisceau à côté de la console, et se pencha sur cette dernière. Aussitôt, Eloïse se mit à pianoter frénétiquement sur les commandes, épluchant un à un les noms des différents dossiers, dans l’espoir de trouver quelque chose d’utile. Derrière, les yeux rivés sur l’écran, Léthias observait dans le même but les caractères défilant à l’écran. Ils finirent par tomber sur une liste de trois-cent noms, les premiers occupants de l’abri, mais sur cette liste ne figurait pas le nom de Léa Quintinus, la femme du docteur qui intriguait tant l’Ordre. Léthias passa en revue les informations dont disposait le Temple sur le sujet, et proposa d’essayer son nom avant qu’elle ne se marie. Les deux Gardiens tombèrent enfin sur celle qu’elle recherchait, la seule femme de ce monde capable de pouvoir aider l’Ordre dans sa quête, même si elle était morte depuis longtemps. Puis ils finirent par découvrir la vérité, l’horrible vérité sur la nature et le but de cet abri. L’Ordre en avait découvert plusieurs, mais jamais il n’avait dû faire face à une telle situation ; même le mot d’abomination ne suffisait pas à expliquer pourquoi les créateurs de cet abri en avaient décidé ainsi. Et ne suffisait pas non plus à savoir, comme l’avait à juste titre demandé Eloïse, pourquoi Quintinus avait-il envoyé sa femme ici.

Quand le bruit résonna dans les couloirs, Léthias leva brusquement la tête, et mis la main sur un de ses HG-23 à la ceinture. Clotilde se jeta sur la porte d’entrée sur bureau, et alla jeter un œil à l’extérieur. A l’intérieur, Eloïse analysait méthodiquement toutes les données sur la descendance de Quitinus. A chaque fois, la même et horrible histoire se répétait. Un bébé venait au monde, et sa mère était tuée, et cela sur des générations. Léthias regarda son bracelet radar. Seuls deux signaux, celui des deux femmes à côté de lui, étaient visibles. Enfin, ils trouvèrent celui qu’ils cherchaient. Les indices étaient minces, une mince description physique et un profil psychologique. Mais de toute façon, c’était des dizaines de fois que ce que l’Ordre avait jusqu’à présent.

« -Comment on va faire pour le retrouver seulement avec ça Léthias ? Un gamin, sans nom, qui sort dans les ruines pour la première fois de sa vie... On n’a aucune piste !
-Réglons ces problèmes une fois sortie de cette boite voulez-vous ?
-Ça va Clotilde, on arrive ! Léthias baissa la voix. Écoute, d’après ce que disais Clotilde, les Hurleurs pourraient être des descendants de cet abri. Il est peut-être encore dans leur territoire.
-Et après ? On ne peut pas aller chercher un gamin aux cheveux noir et aux yeux verts chez eux comme ça… On ne va pas non plus leur demander de tous se mettre en rang pour un prélèvement ADN… Merde, on ne sait même pas combien ils sont.
-On verra. Rien d’autre d’utile là-dedans ?
-Non.
-Bon. Re-verrouille moi ce truc, on est jamais trop prudent. On aura toujours le mot de passe.

Après quelques manipulations, Eloïse hocha la tête. L’affaire était réglée. Léthias reprit son fusil tri-faisceau, et désengagea le chargeur pour en vérifier son état. Une fois assuré qu’il lui restait quelques tirs, il le réinséra dans l’arme dans un petit claquement, et remit son sac sur le dos. Eloïse rangea son matériel, prit elle aussi son sac, et les deux Gardiens sortirent de la pièce, la refermant derrière-eux. Deux nouvelles lampes torches vinrent fendre l’obscurité.

« -Et maintenant, on va où ?
-A priori, on n’a plus grand-chose à faire ici.
-Tu ne veux même pas explorer un peu ?
-Vu ce qu’on a découvert sur cet endroit, pas trop envie. On remonte là-haut et on se casse, à moins que tu ais une raison de descendre. »

Spoiler:
 

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