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 Conflit d'intérêt

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Thomas Dole
MessageSujet: Conflit d'intérêt   Lun 26 Mai 2014 - 21:56

Le capitaine était dans son appartement de merde, sur Lutèce, en train d'écouter la radio, comme tout les dimanches soirs, alors qu'il était en permission. Comme d'habitude, c'était la même putain de voix nasillarde qui lisait les bulletins spéciaux...

''Flaaaaaash information... L'archi-duc maire de Nécrotopia, Henriiiiiiiiii de Montenbooourg déclare avoir négociiiiiiiiiié un pacte d'uniiiiiiiion et d'amélioration des partenariiiiiiiiats économiques et politiques dans la régiiiiiiiiiiiion de Paris-centre. Le nouveau maiiiiire, dont le pouvoir est reconnu par le Président Jean-Eude Hénin, a déclarééééééé que les rumeurs selon lesquelles une tentative de grève aurait été soldé par la moooooooort de 8 goules ouvrières étaiiiiiiiiiiient infondéeeeeeeeeees...''

Dole regardait par sa fenêtre les lumières de la ville. Qu'est-ce qu'il se sentait mal... Il regardait les veines de son bras. Plusieurs petits trous étaient formés par les prises répétitives de psycho. Il était blanc, vide, insomniaque... Il n'avait pas dormi depuis 2 jours alors qu'il essayait de dormir... Chaque fois qu'il fermait les yeux, il la revoyait, ELLE...

"Tu pourras me retrouver en demandant Akhaten à l’échoppe du shamane de Ménilmutant. Nous avons encre tant de chose à nous apporter..."

Il en faisait des cauchemars de cette fille, de Mantes-la-Jolie, de la Nérée qui était violée avec une tournante silencieuse avant d'être poignardée par tout les putains de soldats sous son commandement... Et pourtant... C'était comme si une partie de lui était encore excité par cette réunion. Par le stress, le sang, la sueur... Et la voix terrifiante et douce d'elle... ''Akhaten''... Tout ce qu'il voulait, c'était une excuse pour aller à Ménilmutant. Il y était déjà allé, à Ménilmutant, il y a installé une dépendance, mais...

''Les persoooooooooones ayant attaqué le coooooonvoi transportant des esclaves seraaient, selon Michel Mainard, des membres du groupe des diiiiiiiissiiiiiiidents, qui essayeraient de redevenir actifs dans la région. L'Homme Macabre, surnom du leader de facto des négriers, a déjà vuuuuuuu sa requête d'envoyer plus de soldats de la FNF dans la région acceptééééééée...''

Une voix plus sympathique prit l'onde, un robot DJ... La FNF ne faisait que voler les ondes quelques minutes et passer des musiques militaires, après, tout débouchait sur Paname-atomique.

''Et maintenant les amis, notre bon vieux Charlie nous passe son morceau de l'été, DOUCE FRAAAAAANCE !''

Le robot prit alors une voix presque immonde, meurtrière.

''MORT AUX COMMUNISTES ! LA FRANCE AUX FRANÇAIS !
-Il revient a ma mémoire, des souvenirs familiers ! Je revois ma blouse noire, lorsque j'étais écolier ! Sur le chemin de mon école, je chantais a pleine voix, des romances sans paroles, vielles chansons d'autrefois...
Doooooooooooouce Fraaaaaaance... Cher pays de mon enfaaaaaaaaance... Bercéééééée de tendre insouciance... Je t'ai gardéééééééée dans mon cœur ! Mon village ! Au clocher aux maisons saaaaaaaages... Où les enfants de mon âaaaaaage... On partagé mon bonheur ! Oui je t'aiiiiiiiime... Et je te donne ce poèèèèèème... Oui je t'aime... Dans la joie ou la douleur...
Dooooooooooooooouce Fraaaaaaaaaaaaaance... Cher pays de mon enfaaaaaaaaance... Bercéééééééée de tendre insouciaaaaaance... Je t'ai gardééééée dans mon cœur !''


Dole frappa le bouton pour arrêter sa radio. Ah putain, toujours les mêmes paroles de merde qui donnaient envie de vomir...

La ''France'' le rendait malade, le capitaine. Pendant des années il a vécu dans un horrible mensonge, dans l'ombre d'un père qui battait sa femme et d'une dictature militaire. On l'avait appris a être un ''privilégié'', a saluer et commander.

Mais il n'y avait qu'à regarder dehors pour voir la putain de France !

''Il revient a ma mémoiiiiiiire, des souvenirs familiers ! Je revois ma machette ensanglantée, lorsque j'étais négrier ! Sur le chemin de Nécrotopia, je chantais a pleine voix, de la goulophobie sans paroles, vielles insultes d'autrefois...
Doooooouce Fraaaaaance... Cher pays de mon enfaaaaaance... Bercéééééé de tendres larmes... Je t'ai gardé dans mon fiiiiiiiion ! Mon village ! A fini lynché par les Wendigos ! Où les enfants de mon âge... étaient décapités sur les piquets !
Oui je t'aaaaaaaaaime ! Et je te viole en te léchant ! Oui je t'aime quand tu m'offre des victimes !''


Maintenant Dole hurlait de rire. Un rire nerveux, long, très long... Il pleurait tout en riant, des larmes qui venaient avec son même craquage nerveux. Après un moment, il se leva, et donna un énorme coup dans sa chaise. Alors que son cœur battait plus vite, il se réveilla.

Enfin, il se réveilla... Figurativement. En fait, là, debout, sa chaise tombée, lui avec sa chemise ouverte et son futal en haillons, il se rendit compte a quel point il était tombé...

Il prit une grande inspiration, ses yeux restant grand ouverts... Il voyait son cendrier débordant. Toutes ses bouteilles d'alcools alignées. Ses vêtements sales dans une corbeille au bout. Son lave-vaisselle, un privilège de merde dans ce monde, plein a ras-bord, son revolver Napoléon chargé en bout de table... Pendant une minute, il contempla ça, avant de faire deux pas en avant, et d'attraper le Napoléon. Il ouvrit le barillet, et contempla les 7 balles de 12 milimètres... Il senti la crosse, dure, froide... Il senti la détente. Épaisse, compliquée a presser. Combien de fois avait-il utilisé son Napoléon ? C'était une arme dure a utiliser, du moins, très dure a presser et tenir droit. Tout le canon volait, et la main restait tremblante après l'avoir utilisée. Pendant des années, il avait presque peur de son arme. Il la pointait tout le temps, une fois il l'avait même pointée sur un groupe de soldats qui étaient presque en train de se mutiner, et qui étaient prêt a le larder de coups de baïonnettes... Mais plus maintenant. Pas avec le psycho dans ses veines.

Il ouvrit le tiroir et en sorti un stylo de psycho. 230 francs le stylo... Du '75 pur d'H&V. De la drogue de riches. De la drogue de sales hypocrites. De la drogue qu'il achetait a un dealer louche qui filait des pots de vins a tout le monde, parfois des informations. La FNF parlait souvent de ''H&V'', une sorte d'union entre un chimiste goule et un psychopathe proxénète. En tant qu'officier, Dole avait une sorte ''d'expérience'' a transmettre, aussi, des jeunes coqs de l'île, qui venaient en pavanant, étaient chargés de les appréhender comme cas d'école, et Dole était un des instructeurs intellectuels. Un métier de prof de merde qu'il détestait, mais, selon son frère, c'était l'une des étapes pour retrouver son grade.

D'ailleurs, il avait reçut une lettre le samedi, qui l'invitait à une remise de médailles et de grades, et que là-bas, il retrouverait enfin ses insignes flambants neufs de commandant, sa solde et tout les privilèges de merdes...

Pourtant, il ne devait sa promotion ni a ses capacités, ni a ses relations. Il devait sa promotion a François Losse. Lieutenant-Colonel François Losse. Un homme quelque peu... Singulier.

Dole regarda son horloge. 20 heures 34. La remise des grades était a 21 heures et demi. Il n'avait pas envie d'y aller. Il avait envie de passer la nuit a boire tout en regardant les lumières de Lutèce la nuit, tout en regardant des gens et s'imaginer leur vie. C'était les deux flics qui bougeaient leur matraques, un nain moustachu et une grosse pine, et il osait rigoler en pensant que le grand voulait enculer le petit. Une autre fois c'était la connasse de voisine qui promenait ses trois chiards. Son mari était un sergent dans la FNF, qui avait été explosé par une mine. Elle était mignonne la voisine, mais putain, conne comme un manche a balais... Des fois elle revenait en pleurant, couverte de bleus, et il l'entendait derrière, ouvrit sa porte. Et une autre fois, ça avait été...

Dole se levait immédiatement. Il alla dans sa salle de bain, et alluma la lumière pour se regarder. Il n'était pas sorti de la journée, il avait les cheveux en l'air, puait de la gueule et avait la face livide. Il ouvrit son robinet, se pencha, et se foutu de la flotte partout sur lui, pour le réveiller un coup. Il enleva sa chemise, son futal, alla dans la douche, resta sous l'eau a peine tiède pendant 40 secondes, avant de sortir, de rapidement se réchauffer, et d'aller s'habiller. Il alla vers sa commode, et vit que, heureusement, les seuls vêtements propres qu'il avait étaient ses habits de cérémonie. Dans les Terres Désolées, la plupart des gens s'en contrebalancent de la propreté. Pour les soldats de la FNF, elle est juste nécessaire pour pas avoir des maladies. Pour les officiers, surtout supérieurs, elle est obligatoire pour pas avoir sa réputation flinguée. Les nouvelles élites...

Chemise en soie repassée. Pantalon en lin repassé. Veste militaire bleue avec des boutons de col dorés et toutes ses décorations. Trenchcoat en cuir de brahmine bleu-marine. Casquette militaire avec l'écusson de l'infanterie (Deux fusils croisés et une grenade) en argent. Chaussures en cuir brun complet. Si il marchait avec ça n'importe où dans Paris, on le poignarderait, on le déshabillerais, et on revendrait tout au marché noir. Là, il était forcé de devoir porter tout ce bordel. C'était une obligation militaire !

Dole ouvrit la porte de son appartement, et sorti dans le couloir. Le palier était au moins propre. Il était dans un quartier pas mal. Il descendit dans la cage d'escalier, passa devant le premier étage puis le rez de chaussée avant de sortir. Il entrait dans la belle ville, on où entendait en bruit de la musique. Les lumières étaient bien allumées, des mecs se baladaient tranquillement, vaquant a leurs occupations, ignorant les caméras postées a chaque coin de rue.

Le capitaine continua son chemin dans la cité, les mains dans les poches, tremblant un peu a cause de l'air frais. Il y avait une petite brise, rien de très spécial. Il penchait un peu la tête, pouvant paraître de loin comme un véritable officier, l'allure de son blouson volant et sa casquette dissociable des autres. C'était plus d'attention que Dole pouvait normalement supporter. Il devait aller dans une salle de réception pas loin.

En marchant tranquillement en pleine chaussée (A quoi bon marcher sur les trottoirs quand il n'y avait plus de bagnoles ?) alors qu'il passait devant le café Patriote. Bordel, il commençait a se sentir faible et fatigué. Sûrement les symptômes de manque, il fallait boire pour être en bonne santé. Ou alors le capitaine essayait de se convaincre lui-même. Il faut vraiment être tombé bas pour négocier avec soi-même...

Il entra dans le café. C'était un repère de nationalistes, mais la bouffe était sympa et l'alcool coulait a flots. Quand il entra, il vit plusieurs personnes de tout types de vêtements attablées. Il s'approcha du comptoir, posa ses bras dessus, et leva son doigt. Charles Maréchal, le patron, débordé par le client, devait faire de la gestion entre ses serveurs, barmans et cuisiniers, aussi, il gueulait sur tout le monde puis adoptait un ton mielleux devant ses consommateurs.

''SALE PUTE ! PAS CAPABLE DE FAIRE QUELQUE CHOSE DE PROPRE ?!''

Il arriva devant le capitaine.

''Bonjour capitaine ! Alors, qu'est-ce que je vous sert ?''

Dole s'arrêta et observa derrière le comptoir. Bordel, il y avait plein de putains d'alcools... C'était le paradis pour les alcooliques comme lui.

''Je... Je voudrais... Un scotch, s'il vous plaît...''

Charles Maréchal attrapa un verre, ouvrit la bouteille, lui servi et posa devant le capitaine le verre et la bouteille.

''Une recette d'immigrés anglais. Qu'ils disent qu'ils sont passés par un tunnel sous la manche, AH ! Ah ah...''

Il parti vers des clients, et Dole restait devant son verre. Après un moment, il décida de s'asseoir sur le fauteuil, et porta le verre vers ses lèvres, lentement... Il commença a basculer un peu sa tête en arrière, laissant le fort liquide passer par sa langue avant de tomber dans son œsophage. Il reposa lentement le verre sur la table, posa les coudes dessus, avant de poser ses doigts sur ses tempes. Le bruit...

Dole n'avait jamais aimé les foules, mais depuis qu'il prenait du psycho, il avait des troubles de l'attention et mal aux oreilles. Tout les bruits de couteaux qui grattaient les assiettes, tout les rires gras, les débuts de blagues, les baisers de merdes, les cris du patron... Tout lui montait à la tête et rien ne le calmait a part l'alcool. Ce qui était génial vu qu'après l'alcool le rendait fatigué, amorphe, et qu'il devait prendre du psycho pour se relancer.

Il reprit le verre, quand il senti une énorme tape dans le dos. Il sursauta, et se tourna, pour voir un uniforme d'officier.

''Alors, CAPITAINE, comment qu'on va ?''

Il leva ses yeux pour voir le visage devant lui. Pestagaupe... Le lieutenant Pestagaupe. La vue de ce visage de merde lui donna envie d'attraper sa bouteille et de la briser sur le crâne de ce sale connard arrogant. Sauf que la mère de Pestagaupe faisait partie du CONSEIL REPUBLICAIN. Une rage immense arrivant a travers les veines du capitaine, sans même avoir besoin d'un jet de drogue. Oui, il allait attraper la bouteille, l'éclater sur la tronche de ce connard, le plaquer, dégainer son arme, lui enfoncer le pistolet au fond de la bouche et lui tirer une balle a travers l'épine dorsale de cette SALE MERDE !

''Vous êtes silencieux capitaine, vous ne me reconnaissez pas ? Eh eh...''

Le capitaine se tourna, attrapa son verre, et le finit d'une traite.

''Pestagaupe...
-Mon grade, s'il vous plaît.''

Le capitaine se retourna, et regarda les barrettes de l'officier.

''Commandant Pestagaupe...
-Et oui !''


Il était souriant, le sale coq. Il attrapa le col de sa chemise et le refit, avant de prendre une voix aiguë et pompeuse.

''Il est vrai qu'il y a eu un peu de ménage dans la République ! J'espère que vous n'êtes pas fâché après moi, hein, ça n'avait rien de personnel ! C'est juste que-
-Commandant... Allez vous passez la soirée ici ?''


Pestagaupe demeura fixe, la bouche ouverte. Il lâcha son col, et observa le dos de l'officier déchu. Il avait osé l'empêcher de parler... Il avait osé le bloquer dans son élan, LUI !

''Je... Et bien...
-J'ai des choses a faire, commandant. Des choses bien plus importantes que les vôtres. Voyez-vous, j'ai des responsabilités.
-J'ai des responsabilités moi aussi !
-Ah oui ?''


Le capitaine tourna son corps vers l'ancien lieutenant, un sourire en coin.

''Dites moi, lieutenant, avez vous déjà manœuvré sous le feu ?
-Non.
-Avez-vous déjà porté un drapeau tout en franchissant un pont alors que des psychotiques vous tirent dessus ?
-Non...
-Avez-vous déjà tué quelqu'un ?
-....Non...
-Alors dans ce cas mon point est établi, bonne nuit commandant Pestagaupe.''


Dole se retourna, prit la bouteille de scotch, et se resservi un verre. Maréchal avait vu, et cela lui coûterait automatiquement plus. Le capitaine recommença a boire, quand derrière lui, Pestagaupe recommença a ouvrir son claque-merde.

''Vous êtes mauvais perdant, Dole. C'est comme ça, vous avez pas le choix. Vous avez merdé, avouez le. Enfin je veux dire, vous arrêtez pas de boire, vous prenez de mauvaises décisions... Hector Madof est mort, vous savez ? C'est une nouvelle FNF qui s'érige devant vous.''

Dole sourit en coin, haussa la voix et se leva.

''COMMENT OSEZ VOUS ?''

Tout le monde dans le restaurant avait arrêté de manger, et se retourna pour voir le nabot face au jeune coq.

''OSER PARLER D'HECTOR MADOF COMME CA ! VOUS VOYEZ MON INSIGNE, LA ! IL M'A ETE REMIS PAR HECTOR MADOF ! ET LA, CELUI-LA, J'AI ETE A NANTERRE, VOUS SAVEZ ! ET VOUS OSEZ VENIR ICI, ET ME DIRE QU'HECTOR MADOF EST MORT ET QUE DONC JE SUIS UN OFFICER DEPASSE ! EST-CE QUE VOUS SAVEZ COMBIEN DE REGLEMENTS ON ETE ECRIS PAR CET HOMME GIGANTESQUE ?''

Dole souleva son doigt vers le portrait auréolé de l'ancien Général.

''VOUS ETES UNE DISGRACE ENVERS LA FRANCE, MONSIEUR ! SACHEZ QUE J'AI PERDU TOUT RESPECT POUR VOUS ! NOUS NOUS REVERRONS SUREMENT, MONSIEUR PEEEEEEEEEESTAAAAAGAAAAAAAAAAAAUPE, ET D'ICI LA, J'ESPERE QUE VOUS AUREZ CHANGE !''

Il se retourna, prit son alcool, le finit, jeta un billet sur le comptoir avant de partir en marche rapide, laissant Pestagaupe au milieu de la foule de nationalistes silencieux, y compris le gros Maréchal...
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Thomas Dole
MessageSujet: Re: Conflit d'intérêt   Mar 27 Mai 2014 - 21:09

Dole entra dans le vieux bâtiment, marchant sur un tapis rouge rempli de cendres. Il s'approcha du comptoir, où se tenait une vielle peau avec un registre.

''Bonjour monsieur, c'est pour...
-Dole.''

Il sorti la lettre qu'il avait reçu et la posa sur le comptoir. La vielle l'attrapa, l'observa, puis consulta un gros registre qu'elle avait.

''Très bien monsieur Dole, vous pouvez entrer. Bonne soirée.''

Dole marcha vers la double-porte, où se tenaient deux soldats de la FNF, qui lui ouvraient l'entrée dès qu'il passait devant eux. Dole observa alors la salle, et tenta de savoir a peu près ce qu'il se passait.

Ce devait être une vielle salle des fêtes, ou un truc de merde comme ça. C'était une fête de militaires de merde. Et les fêtes de militaires, c'était toujours la même chose. Des gens bien habillés, droit, qui parfois venaient avec leurs chiards et leurs femmes, un discours du chef, on bouffe un peu, et tout le monde se casse a heure précise.

L'atmosphère était sacrément étouffante... Il faisait presque noir, si ce n'était pour quelques chandelles et quelques lumières au plafond. Il y avait la radio, sûrement pas d'orchestres. Il y avait un petit buffet, une salle a manger derrière. Vraiment de la merde.

Dole compta a peu près les mecs dans la pièce. Une vingtaine d'officiers, une seule femme, qui apparemment discutait avec des mecs. Personne ne dansais, tout le monde attendait dans des coins a se parler entre eux, un verre à la main. La musique qui passait presque en boucle était immonde. L'ouverture du ''Barbier de Séville'', par Gioachino Rossini, un truc de classique sauvé par la FNF lors de sa retraite vers l'île. Incroyable de se dire qu'on avait sauvé tant de petits éléments d'avant-guerre, et aussi peu d'humains... On avait sauvé juste assez de types pour faire une lignée avec (Presque) aucune consanguinité. Souvent, ces hommes sauvés étaient typés : Blancs, cheveux noirs, français a 100%. Dole ne se rappelait n'avoir vu que un seul mec avec du sang slave sur l'île. Néanmoins, la majorité des soldats venaient des Terres Désolées, avec de tout dans la lignée.

Dole avait déjà bien bu, mais il ne put se résoudre a aller prendre un verre de pinard dans sa main. Du vieux vin bien conservé de base et pas cher. Il se déplaça alors vers une vitre, et y attendit quelques minutes, écoutant les conversations de 3 soldats dont la femme.

''Quand même bien ce que Coubertin a fait avec l'avant-poste près de la frontière amazone.
-J'ai entendu dire qu'il y avait un avant-poste qui été tombé...
-Au nord de Paris, le LV-426. On a déjà envoyé un petit groupe de l'explo, 3 mecs. Ils sont jamais revenus. L'état-major planche sur des bêtes sauvages. On a déjà des sales chasseurs qui veulent du pognon qui sont partis s'aventurer.
-C'est pas le seule genre de choses bizarres qui arrivent ces derniers temps, hein. Métropolitopia qui se ferme, les goules qui se rebellent, les dissidents qui attaquent des convois de négriers, les wendigos qui se frottent a nos patrouilles...
-Il y a des rumeurs dans la Sûreté que les Malebranches auraient envoyé quelques-uns de leurs psychotiques hors de Paris, dans une ville très éloignée, et qu'ils auraient eu des complicités dans la FNF.''


Dole était blanc, livide, une sorte de courant électrique lui parcouru le corps. Il fit deux pas en avant, et s'approcha d'eux.

''Les malebranches vous dites ?''

Les 3 officiers s'arrêtèrent de parler, et regardèrent silencieusement le capitaine.

''C'était quoi le nom de la ville que vous avez entendu parler ? Mantes-la-Jolie, Poissy ?
-Avant-poste de Poissy, oui...
-Vous... Vous êtes au courant ?''


Pendant peut-être dix secondes, Dole resta silencieux, les yeux dans le vide, avant d'enfin répondre.

''Ouais... J'ai... Des amis à la Surêté, et heu... C'est le genre de choses qui m'inquiètent.''

Un silence lourd resta, quand un des officiers, un grand blond de merde, recommença a parler.

''Enfin bref, je me présente. Lieutenant Simon. Enfin... Lieutenant pour l'instant, hein !
-Je suis la capitaine Heudebert.
-Et moi le sous-capitaine Deauville.
-Capitaine Thomas Dole.''

Dole serra tour a tour les mains des 4 personnes, avant de boire un peu de son vin.

''Alors, comme ça, on va tous être promu ?
-On dirait... Je sais même pas pourquoi, moi.
-Moi je sais pourquoi. Lieutenant-Colonel François Losse.
-Le nom me dit quelque chose.
-Ouais, il était pas en retraite ou quelque chose ?
-Pire. Retraite FORCÉE. C'était ça ou la prison, et dans le temps, Hector Madof l'a sauvé...
-Vous pourriez m'en dire plus sur lui ? Je ne le connais que de nom...
-Très bien, très bien... Vous connaissez tous les amazones, hein ? Et bien, Losse est le mec qui a tué l'ancienne cheffe, Antiope. Il a prit 15 mecs avec lui, il est allé chez les amazones, il a payé des hommes, des gamins mâles, quoi, pour se balader tranquillement avec du matériel dans une zone... Sauf que Losse avait caché des bombes dans leur matériel. Les gamins vont dans le territoire des amazones. Elles arrivent. Elles les violent, et, quand elles ont fini, les tuent. Losse et ses hommes regardent sans rien faire. Puis, quand elles commencent a se regrouper et a fouiller, il les fait détonner. Ensuite, il fonce en bas, trouve Antiope dans un ravin, fonce dedans, et la tabasse a mort. A main nues, bordel de merde !
-J'ai déjà entendu cette histoire. Les rapports officiels ne racontent pas ça comme ça.
-Tu crois que Losse raconterais qu'il aurait sacrifié des jeunots ?
-C'est une légende urbaine, Daniel.
-Croyez ce que vous voulez, alors ! Putain ! Moi je l'ai déjà vu le Losse, en action, je veux dire... Ses yeux, putain ses yeux... Il me terrifie... Je l'ai déjà vu énucléer des prisonniers pour les faire parler ! Avec une cuillère ! Ho ho... Il était génial...
-Ouais, parfait... Et donc bref, qu'est-ce que NOUS avons a voir avec Losse ?
-Ben, allez-y, pourquoi vous avez été rétrogradés, hein ?
-J'ai couché avec la fille d'un général.
-En vrai, abruti. Enfin, je veux dire... MONSIEUR, l'abruti.
-Torture.
-Et vous ?
-Meurtre de civils. Vous, vous avez plongé pour quoi ?
-Rien de bien spécial. Vol, fraude, détournement de fonds... Et vous, capitaine, c'est pour quoi est-ce que vous avez plongé ?
-Je... Et bien... Ahem... Alcoolisme. Alcoolisme et insubordination.
-Ah ouais. Ok. Ok capitaine.''


Dole observa la pièce. Il se rendait compte de ce qui n'allait pas vraiment. Tous avaient des cicatrices, tous étaient ou braillards ou anormalement renfermés. Ils étaient tous RÉTROGRADÉS. Ce n'était pas une remise de promotion. C'était vraiment des mecs qui avaient été cassés et qu'on retrouvé.

Mais pourquoi Losse ? Tout les officiers connaissaient Losse de nom. C'était un chieur de service, toléré pendant des années, puis, dès que Madof est mort, est allé s'occuper de son jardin en bordure de Lutèce. Pourquoi le ramener, du jour au lendemain, et surtout ramener EUX, les chiens galeux de la FNF ?

Il allait avoir sa réponse. Sur l'estrade de la salle, la porte venait de s'ouvrir, on entendait des bruits de bottes, du bois crisper sous le poids de nouveaux arrivants. Il y avait deux personnes sur l'estrade. Le premier, les mains dans le dos, le visage neutre et aux origines asiatiques. Le colonel Chan. Et le deuxième, grand, musclé, lunettes de soleil sur les yeux, chapeau de cavalerie sur la tête, en T-shirt presque moulant, un couteau avec du sang séché bien en vue sur son pantalon, qui gardait ses poings sur les hanches.

''AH ! MESSIEURS DAMES ! MAIS BONSOIR, BONSOIR A VOUS TOUS ! LE DÎNER EST PRÊT, SI VOUS VOULEZ BIEN ME SUIVRE !''

Le lieutenant-colonel François Losse.
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Thomas Dole
MessageSujet: Re: Conflit d'intérêt   Sam 31 Mai 2014 - 23:35

La remise des grades était... Express. On l'avait a peine vue passée. Les officiers se mirent au garde a vous et en rang sur l'estrade. Losse passa et foutu les galons avant que Chan fasse un salut militaire, et en précisément 6 minutes et 24 secondes, tout le monde avait prit en rang. C'était presque choquant a quel point Losse en avait rien a foutre... Tout le monde passa dans l'autre pièce, s'attabla, et s'était fini.

6 minutes... 6 putains de minutes. Dole, tellement martial sentait sur ses épaules les grades qu'il venait de retrouver. 6 minutes, aucune cérémonie, et pourtant, il redevenait commandant. Il était devant une assiette où on avait foutu du bienfaisant et des champignons. On entendait plus rien que les couteaux rapper les assiettes et tout le monde manger. Ce sale silence presque religieux trônait... Losse était en bout de table, a côté de Chan, les jambes un peu écartées, a prendre de grandes inspirations qui faisaient du bruit avec ses narines pleines de morve.

''Ouais, ouais. Alors, on dirait qu'un ange passe. Vous avez pas l'air de tous me connaître ici, je me trompe ? Mmm ?''

Losse souriait un peu. Les officiers ralentirent pour manger, alors que Losse souriait un peu.

''Nah, vous savez pas qui je suis... Je suis le Lieutenant-Colonel François Losse. Sorti du placard par monsieur Gabriel Hénin. Et oui, vous savez a quel point la FNF est dans la merde ces temps-ci. Il semblerait que depuis la mort de Madof, il nous arrive que des merdes. Enfin, je veux dire... L'Arc de Triomphe nous arnaque dans notre dos. Les amazones attaquent nos convois. Nécrotopia se met a feu et a sang. Des avant-postes disparaissent. On envoie des hommes a des kilomètres de Paris pour se faire tuer. Franchement, c'est a se demander comment t'as fait pour survivre aussi longtemps sans moi, Jacques !''

Losse rigolait gras et donnait des coups de coudes au Colonel Chan, qui resta neutre et froid. Losse utilisa sa fourchette pour se foutre des légumes dans la bouche, avant de parler la bouche pleine.

''Enfin bref, messieurs. Au moment où je vous parler, Métropolitopia est en quarantaine. On ne sait pas ce qui va en sortir, mais ce ne sera pas beau. Et je pense que vous, mes amis, serons les hommes les plus a même de défendre notre glorieuse nation. Notamment car, si je vous ai choisis, c'est car vous n'êtes pas le genre d'hommes qui se limitent avec une morale ou des codes inutiles... ça, et bien sûr le fait qu'un tas de nos officiers se soient fait troués la cervelle, ah ah !''

Losse rigola un peu, et tout le monde termina le repas tranquillement. Au bout de 15 minutes, on avait fini, on remballa, et on commença a partir. Une cérémonie militaire de base. Strictement rien de spécial.

Pourtant, Losse resta a table, même l'assiette vide. Chan était parti avec sa serviette, sans dire un mot. Pareil pour plusieurs hommes, qui saluèrent juste l'officier. Mais Losse resta attablé. Dole, pendant un moment, fit comme lui, avec quelques autres officiers, se demandant bien a quoi il jouait. Il n'y avait plus que 6 hommes en tout dans la pièce, quand le lieutenant-colonel rigola un peu, se gratta les bourses avant d'ouvrir la voix.

''Dites moi... Messieurs... Vu que vous êtes là, j'ai une question... Jusque où est-ce que vous iriez pour défendre la France ? Mmm ?''

Les officiers encore présents restèrent fixes. Losse souriait un peu, et continua a parler avant même qu'ils ne puissent tenter de répondre.

''Enfin, je veux dire... Mettons que... Allez... Faisons, une hypothèse. Admettons, que, demain, 500... Non, allez, on va faire gros. Mettons que demain 3000 personnes se dirigent devant Lutèce. Trois milles. Ouais. Et que ces trois milles personnes demandent, simplement, qu'on les autorises a rentrer dans notre ville. A y vivre. A s'y loger, a y travailler. Bien sûr, on peut pas, on a pas la place. Alors on refuse. MAIS, ils ne partent pas. Ils restent. Ils s'installent, ils construisent, ils mettent des fils barbelés, des huttes et des tentes, ils prennent l'eau de la seine, et ils ATTENDENT. Ils attendent juste à la vue de nos murs. Là. Tranquillement. Et le problème, c'est que, mettons, ces trois milles personnes ont des armes, vous voyez. Ces trois milles personnes ont de la dynamite, de la drogue, des... Des unités de la dissidence parmi elles. Vous voyez le genre ? Bien. Bien, et bien, voyez-vous, comment vous feriez ? Enfin je veux dire, là, maintenant, tout de suite, vous êtes en charge de la situation, vous faites quoi ? La méthode Madof, c'est de leur donner de la bouffe, de l'aide, d'augmenter nos murs. La méthode Hénin, c'est de faire ça de façon pute, d'envoyer des agents de façon subversive, de façon... Détournée. Et dites moi, est-ce que vous pensez que cette méthode a fonctionné par le passé ? Hmm ? Vous avez tous déjà été dans les Terres Désolées. Vous avez vu a qui nous avons affaire. Enfin... Je... Vous avez tous grandit sur l'île, les gamins. J'ai 54 balais. J'ai fait partie des hommes qui ont marché sur Paris alors que nous découvrions juste ces ruines. Et je faisais partie de ces hommes, pleins d'espoirs, qui rêvaient déjà de créer une nation gigantesque sur ces ruines fumantes. Le seul problème... Le seul petit problème, mes amis, c'est que les parisiens, ne sont pas des êtres humains. Ce ne sont pas des hommes... éduqués. Enfin, pardonnez moi si parmi vous il y a des gens qui viennes de Paris, mais maintenant vous avez une éducation. Est-ce que c'est le cas de tout le monde là-bas ? Non. Non, pas du tout. Les parisiens, ce sont des... Des chiens. Des chiens, oui, voilà. Vous avez déjà vu un radcaniche ? Le sale radcaniche. C'est faible. Ça pue. Ça montre les crocs comme si tout lui appartenais. Ça attaque en groupe, parce que sinon ça peut rien faire. Et est-ce que vous savez comment on éduque un radcaniche ? Avec de l'amour et des nonosses ? En se cachant ? Non. Un radcaniche, on le tabasse et on lui coupe les couilles. C'est pour ça que je vous ai choisis, messieurs. Pas parce que vous êtes spécialement compétents. Mais parce que je sais que vous avez tous vu assez du monde pour comprendre qu'il faut faire ce qui est nécessaire. Parce que je sais, qu'un jour, le moment venu, et lorsque la FNF en aura besoin, vous ne serez pas le genre de connards avec des idéaux. Vous serez ceux qui tortureront, violeront, tueront... Et tout ça pour des ingrats. Mais je vous promet, messieurs. Vous serez bien récompensés.''

Le lieutenant-colonel avait dû prendre un peu trop de vin. Il se leva, attrapa ses affaires, fit un signe a tout le monde, avant de quitter la pièce. Dole se sentait déjà mal, le psycho lui manquait un peu. Mais il avait pas quitté son rituel d’alcoolique pour rien. Il allait fêter cette promotion de merde.
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Conflit d'intérêt

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