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 Le futur c'est du passé

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Arnold Habdaik "H"
MessageSujet: Le futur c'est du passé   Lun 10 Mar 2014 - 16:17


N'oublions pas d'où nous venons.





[Planque de Vincent et Arnold]


- ... "La spectroscopie de résonance paramagnétique électronique".
Hum, c'est une blague j'espère ?

Arnold avait aménagé dans le sous sol une petite étagère, trois planches de bois et six parpaings gardant plusieurs dizaines d'ouvrages scientifiques. Mathilda, la désormais officielle aide-laborantine de la goule, effleurait de son index les tranches des livres, s’arrêtant sur le titre de chacun. Arnold la stoppa en posant sèchement sa mains au dessus des livres, sans un regard pour eux, il en sortit un avec gestes délicats cette fois ci.
- Traité de chimie organique. Le plus important de tous. Le seul choix de lecture possible pour quelqu'un voulant véritablement travailler dans ce domaine.
Mathilda n'allait pas tarder à s'en aller, aussi, et bien que cela lui en couta énormément de le dire, il lanca :
- Prends le.
C'était drôle de s’apercevoir que son ton avait frisé une certaine animosité. Bien qu'il ne soit pas le genre de type à faire des cadeaux, cet ouvrage ne présentait absolument pas une perte puisqu'Arnold avait fait l'acquisition d'une édition bien plus récente ( aussi complète qu'indigeste )... Mais ce livre, en plus d'avoir un Savoir, en plus d'avoir une Histoire, avait aussi une grande valeur sentimentale pour le chimiste. Et dieu sait qu'Arnold n'était pas le genre d'enfoiré à prêter un quelconque attachement ( autre que pour des raisons financière ) à des objets.
- Faudra qu'je lise toutes ces foutues encyclopédie pour avoir autant de connaissance que toi ?
- Plus que des livres, c'est d'un professeur à même de dissiper les mystères de la chimie et de t'en expliquer clairement les fonctionnements dont tu as besoin.
Je suis certains de ne pas être le meilleur précepteur sur ce sujet, mais je tacherais de faire au mieux.

Elle resta un moment silencieuse, observant Arnold, et comprenant rapidement qu'il n'avait rien à ajouter, elle lança, sans mesurer aucunement la porter de ses paroles :
- Qui a endossé le rôle de prof' pour toi ?
Son léger sourire s'était effacé en voyant le chimiste se morfondre soudainement dans une mélancolie qui ne lui ressemblait aucunement. Mathilda ne s'était toujours pas familiarisée avec toutes les facettes de la personnalités de son chef aussi ne préféra-t-elle ne pas risquer d’aggraver la chose en balançant une autre mauvaise question. Une chose était sure : elle s'était déjà trop attardée, aussi s'écllipsa-t-elle avec un simple "merci" pour l'ouvrage qu'il lui avait cédé.


Le voilà seul. Arnold apprécia un moment cette douce absence de regard qu'était la solitude, ajoutez à cela le silence et la sérénité alors il ne vous resteras plus que l'essentiel.
La goule "ferma boutique" pour de bon, tout les instruments et toute la verrerie étaient déjà sous clé, il ne restait plus qu'à éteindre le générateur et fermer à double tour la porte de la cage d'escalier, unique accès au labo.
Il remonta avec tranquillité tout les étages jusqu'à sa piaule ; c'était une de ces agréable soirée annonçant une nuit douce et riche en méditation.

Face à son bureau, il sortit un de ses carnets de notes et une dose d'Héraclès.


* * *






Il vous faut visualiser plus le concept que vous focaliser sur ces mots : voilà, c'est comme ci vous étiez dans une salle, la salle en elle même on s'en fout ça n'a as d'importance, ce qui compte c'est cette porte devant vous. Il n'y a QUE cette porte. Fermée, tout vos sens sont pourtant concentrés dessus, cette délicieuse chaleur, cette lumière douce et dorée... Et vous êtes convaincu d'une chose -Tout ceux qui ont prit de l'Héraclès vous donnerons le même tableau que je suis en train de vous peindre, d'ailleurs- c'est que derrière cette porte se trouve LA réponse. L'exact réponse à cette question essentielle pour vous : Quel est le sens de la vie ? Pourquoi suis-je ici ? Comment m'enrichir rapidement ? Comment soigner ma fille de cette maladie incurable ? Bref ça dépend des personnes, de leur besoin en savoir. Permettez moi d'insister : imaginez vous bien LA question à laquelle vous voudriez avoir une réponse. Bien. Où seriez vous prêt à aller pour avoir cette réponse ?
Mais pour franchir cette porte, par delà laquelle vous trouverez la réponse à votre question, il vous faut tuer une personne. Et je pense que l'on sera tous d'accord pour dire que c'est un bien maigre prix à payer pour étancher notre soif de savoir.
Le truc marrant c'est que personne ne peut dire qu'il n'y a rien derrière cette "porte" puisque personne n'a pu encore réussir à la franchir.

Le secret ? Vous ne pouvez pas franchir cette porte, car vous devez tuer quelqu'un pour la franchir. Et ce quelqu'un c'est vous.


Carnet d'un chimiste.


Le chimiste savait bien que cette dope n'allait pas l'apaiser ( du moins passé les deux premiers paliers ) mais au contraire, en arrivant dans la phase d'hallucinations, renforcer son état d'esprit actuel qui se résumait en un seul mot : nostalgie. Une seule phrase de sa collègue l'avait ramené à une époque qui lui sembla bien lointaine...
Une date charnière oubliés de tous semblait il. Une date qui faisait lieux de transition entre le Chaos et la Renaissance dans les ruines de Paris. La population humaine "explosa" soudainement grâce à l'ouverture de plusieurs abris, commençant la fondation de ce qui allait être la plus grande localité de tout paris, à l'abri du climat encore rigoureux dans les entrailles du métro...
Une époque prenant place bien avant l'arrivée de la FNF, où les quelques humains émergents des rares abris qui commençaient alors à s'ouvrir, colonisaient cette "nouvelle" terre comme les colons européens à la découverte de l’Amérique.
Une époque qui vit doucement la fin de l'anarchie généralisée qui régnait alors partout en maitre sur ces terres anéanties, où seul quelques enclaves de "civilisation" avait su résister. "Enclaves" toujours plus nombreuses d'ailleurs, alors que la peur, la confusion et la sauvagerie des survivants s’apaisaient aux fils des ans...
Mais un temps où les connaissances sur le monde post-apocalyptique étaient encore bien faible, goules, radiations, FEV, beaucoup de choses restaient encore à comprendre.

Ce fut donc en ces heures de progressive renaissance d'une société qu'arriva une goule, gardant les stigmates de ses quatre décennies de survie dans les Terres désolés, et de ses quinze années d'une insupportable condition d'esclave...

* * *






Voyage vers une nouvelle vie ou bien simple voyage vers la mort ?
Il n'y avait eut de toute façon aucune alternative : Orléans n'était plus qu'un lambeau de pierre calcinées, ponctués de quelques fosses communes. Il y avait eut des survivants. Peut être y en avait il toujours, mais l'arrivée successives d'une troupe de "sauvages", déjà difficilement repoussée, puis d'un groupe de... "mutant" ? Quoi qu'ils soient, c'était eux désormais, les maitres de ce tas de décombres.
Ce fut une entreprise périlleuse, bien évidement, Arnold avait bien entendu tout ces caravaniers qui lui faisait part de leur récit de ce "nouveau" Paris. Un Paris outragé,  un Paris brisé, un Paris martyrisé mais un Paris... épargné. Relativement épargné par la chute des bombes, disons qu'aucune ne tomba sur la ville ou ses environs... contrairement à Orléans par exemple. La plus grande ville de France préservée du souffle ardent de ces bombes "lumières" et de leur retombées radioactive directes ? Cela semblait être un rêve fou, mais une fois forcé de partir, Arnold n'avait plus que cela pour lui donner la force de continuer.
Avec son sac remplit de provisions et sa besace de matériel médical, il entreprit le périlleux périple. Par delà sable et désolation, désert et ruines, se dressait Paris.
Paris l'éternel, ville pleine de promesse.
Plusieurs jours dans les terres désolés, tourmenté chaque seconde de la journée par les rayons ardent d'un soleil impitoyable, et chaque seconde de la nuit par la peur, des bêtes, des sauvages, des mutants ou simplement la peur du lendemain...
Même le peuple élu n'en avait pas autant chié pendant l'Exode. Eux ils avaient eut la manne ; lui ? Des buissons épineux et quelques chardons.  Son Canaan allait pourtant se révéler bien plus impitoyable, et le rêve, bientôt, fut évincé par une réalité glacée...



* * *


La vue d'une ville en ruine avait rarement du en réjouir autant que lui. C'était un autre monde à découvrir, immense et étrange. Où aller désormais ?
Les jours suivant, errant entre le 14eme et le 6eme arrondissement, croisant monstre difforme et quelques formes humanoïdes sans jamais oser jusque là trop s'en approcher.
Il observa un duo de goules sauvages trainer les pieds dans ce qui avait du être une galerie marchande. Vit un troupeau d'affreuse bestiole, ersatz de ce qu'avait du être des porcs. Enfin, il vit aussi, finalement, plusieurs formes de vies "intelligentes", dont une goule, seule, détroussée et abattue par trois gosses -humains-.
A chaque mouvement qu'Arnold du faire, il en vint à craindre de se faire repérer et à en perdre la vie...
Ce fut manque de nourriture qui eut alors raison de son état de spectateur.
Une communauté devait forcément se trouver quelques part, avec qui sinon les caravaniers d'Orléans venaient ils faire affaire ici ? Arnold avait quelques bonnes connaissances en médecines, vaguement en chimie ( bien qu'il possédait alors la véritable recette du psycho, obtenue par son ancien "maitre", soldat canadien venu se battre en France pendant la guerre, alors déjà accroc à cette drogue ), recette qu'il avait bien du mal à suivre... pour l'instant.
Ces compétences devaient bien être recherchés non ? Même si, après ça vie passé à trimer dans les Terres Désolés, avait il déduit que le métier le plus important devait bien être celui de... cordonnier. Sans blague, réfléchissez y. Voilà qu'il se remettait à parler tout seul avec lui même...
Une autre constatation qu'il avait pu faire dans ses pérégrination parisienne était la suivante ( et qui allait venir se confirmer par la suite ) : il y a plus de goules que d'humains, chez les humains un tiers sont fou, un tiers est revenu à l'état sauvage, et le dernier tiers peut on les considérer comme "normaux" ? Certainement ces derniers les plus dangereux d'ailleurs, non ? Il était très intéressant à noter l'incroyable recrudescence de cas du Syndrome de Cotard* chez les humains.
De mutants verdâtres aucune trace par contre, et pour l'instant ce n'était pas pour lui déplaire. Ces machins là sont ils seulement doué d'intelligence ? Arnold ne voulait pas déjà s'enfermer dans un apriori stupide, ces "mutants" avaient des qualités indéniable, leur force principalement, un atout qui pourrait être très utile pour une communauté.

La goule finit de prendre note dans son carnet. Cela devait semblait stupide pensait il souvent, mais écrire ce qu'il pensait, ce qu'il voyait, lui permettait de ne pas perdre la boule au milieux de toute cette folie. Aussi savait il lire et écrire, alors autant en profiter. Il rangea donc son carnet, le soleil était bien haut dans le ciel, et comme il l'avait appris dans les Terres Désolés : mieux vaut voyager en plein jour, le soleil brulant nous est désagréable moins à nous qu'aux bestioles qui voudraient nous bouffer. Nous bouffer ou nous chopper vivant pour nous pondre dans le corps. Comme il avait pu le constater au damne de ses nuits désormais emplis d'encore plus de cauchemars.


A l'ile saint Louis, ce fut enfin la nouvelle tant attendue. Il vit qu'un groupe de goule et d'humains habitaient ici... bien armé mais heureusement paisible et sains d'esprit. Parler avec d'autres personnes fut... étrange. Le son de sa voix, les mots qu'ils choisissaient, rien ne semblait se passer comme il l'avait imaginé. Arnold apprit l'existence d'une grande localité au Louvre. Il y en aurait eu une aussi à Montparnasse bien que le groupe de l'ile Saint Louis n'en aient plus eut de nouvelle depuis longtemps ; et bien d'autres encore. La goule ne vit pas son abattement disparaitre pour de bon, pas après ce qu'il avait vu, mais grandement s’apaiser.
Ainsi, ce fut alors à grand pas direction le Louvre, là où il deviendra médecin, aidant son prochain, goule comme humain, oubliant la peur de dormir dans un abris de fortune, oubliant peu à peu l'état de ce monde et peut être aider à bâtir la suite de l'Histoire !










* * *



Dans un minuscule cagibi, aucune fenêtre, puant la moisissure et l'humidité... Sa foi en l'humanité, en un avenir radieux et toute ces conneries venait de se prendre plusieurs coups de barre à mine dans les valseuses alors qu'elle était déjà pas dans sa plus grande forme.

... Com... Comment ? Pourquoi ?

C'est que pour répondre à cela, il fallait revenir sur les quelques jours qui venaient de passer.
Arnold venait d'entrer dans le Louvre, "ville" où régnait la disharmonie la plus totale entre humains et goule. Le ratio devait être d'un habitant humain pour cinq goules, et l'écart se creusait de plus en plus lui avait on dis, avec l'ouverture des abris, beaucoup d'humains partaient dans le métro'.
Depuis le début, le Louvre fut la plus grande communauté de survivant, parfois totalement désordonnée, parfois sous l'égide d'un ou plusieurs chefs "compétent" bien plus sure et organisée. Actuellement, les tensions entre humains et goules étaient plus forte que jamais. Depuis quelques semaines, un groupe armé d'humains avait pris possession d'une galerie, chassant leurs occupants "zombi". Personnes n'en étaient encore venu à tuer personne ( du moins devant témoin ), seul la terreur régnait.

Arnold n'avait eut qu'à pécher en arpentant le mauvais couloir, alors qu'il revenait de la seule ( et déplorable ) clinique de la ville où il avait trouvé du travail. Une poignée de gros bras lui tombèrent dessus, sa besace avec tout son inestimable matériel "Est à NOUS maintenant, et baisses les yeux quant j'te cause' zombi !" mais, pire encore, son sac, contenant véritablement toute sa vie, tomba dans les mains de ces rats. Il n'y avait pourtant rien de valeur là dedans pour ces pillards... "Hé, mignonne mon con, l'autre aussi d’ailleurs HAHA, c'est tes gosses l’ancêtre ?" Voilà que cette exemple parfait de tout ce qu'il y avait de plus merdique dans l'humanité  brandissait la seule photo qu'il restait à Arnold de son ancienne vie... C'était lui, et sa sœur. Pourquoi leur avait il dis cela d'ailleurs ? Il continua en essayant de les raisonner, disant qu'il n'était pas d'ici en vain, bien évidement. La peur commençait à le gagner, allaient ils seulement le détrousser ou le tuer ?  Il se voyait, pitoyablement, leur demandant seulement de prendre ce qu'ils voulez mais de l'épargner. A ca, putain ils en rigolaient.
Un passant décida d'agir. Une goule les sermonna, ils ne purent qu'en rire, se pensant intouchable ( le pire ? C'est qu'ils l'étaient ), elle ne lui était pas inconnue puisqu'elle bossait aussi à la clinique. Son prénom ? Il ne lui revenait pas. "Tu nous fais quoi sérieux ? T'sais très bien c'qu'on peut t'faire s'tu nous les brises", elle répondit et lui se marra encore plus fort "Non, toi je sais qu't'encaisserais, mais penses plutôt à ta famille... Facile hein  ? Y t'reste plus qu'une personne dedans, penses à lui." "Aller les mecs, mettez moi donc ces bestiaux en cage".
Coup de crosse.
Réveil dans le cagibi.




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Bérenger Mauban
MessageSujet: Re: Le futur c'est du passé   Mar 11 Mar 2014 - 22:12

Du noir, voilà ce que portait Ophelia en cette journée, comme d’habitude elle était l’une des premières a arrivée et l’une des dernières à sortir : l’absence de sommeil était un facteur important quand on devenait garde. Pourtant, elle commençait à atteindre son quota maximum d’informations et faire un petit somme allait bien s’imposer. Malgré tout elle tenait bon, Arlette et elle se connaissait, quand il y avait un problème elles s’entraidaient. Il était de bon ton qu’elle assume la garde de la clinique le temps que la goule aille faire des courses. De toute façon calibrer des instruments n’était pas son passe-temps fétiche et la rob-femme se préférait un fusil à pompe entre les paluches que des échantillons entre les mains. d’autant plus que par ses temps-ci et les tensions qu’il y avait entre humains et goules, être une machine avait du bon. Klauss avait promis de passer à la clinique un jour. Mais pour l’instant il y avait un climat d’insécurité qui se mettait en place, des milices s’étaient déjà formées chez les humains. L’androïde guettait, assise sur le rebord d’une fenêtre ouverte que personne n’essayait de s’introduire par effraction dans l’établissement.

-Toi, ramène ton cul.

Trois humains, non armé à l’exception du chef qui portait un mata-hari à son holster de taille trop grand pour lui. C’était un petit maigrichon, le genre à aboyer mais à se cacher derrière ses labradors quand il s’agissait de faire le salle boulot. Un élan de colère envahit Ophelia en voyant le trio dévisager la rob-femme d’un air méfiant. Elle n’appartenait à aucun clan, c’était la renégate folle furieuse qui était largement capable d’éventrer les rangs de celui qui viendrait la titiller de trop près. Or elle était avec les goules, s’ils voulaient tirer quelque chose d’elle ils devaient ruser, la force n’avait pas marché. L’humain qui était venu la « brutaliser » était devenu la proie et son bras gauche avait été disloqué au niveau du coude qui sur le coup s’était métamorphosé en puzzle. Celui-ci était présent d’ailleurs, en cet instant on pouvait douter du prédateur et de la proie, pourtant ils étaient là donc ils étaient sûrs de leur coup pour venir sans armes. Ce n’était pas un révolver qui allait arrêter la garde, sans doutes une dissuasion face aux goules.

Ainsi donc l’infériorité élisait domicile chez l’androïde, ainsi donc elle jouerait au jeu des trois brigands en face d’elle.

Pourtant cela ne lui enlevait pas ses manières de vivre, aussi elle ponctua les hommes d’un geste explicite, majeur levé. On lui rendit sa politesse dans un silence vénérable en cet instant de tension.
Puis décidant qu’ils avaient assez joué, Ophelia braqua son arme en direction de ses invités, épaulant l’engin de mort dans la quiétude des ruines. Personne ne bronchait à l’exception de l’ancienne victime de la rob-femme qui s’inquiétait de la limite à ne pas franchir. Il fallait avouer que lorsqu’une femme rachitique vous détruisait le bras comme on mange une pomme il y avait de quoi avoir peur.

-Arlette veut vous voir, avec nous.

Enfin elle se décida à bouger, quittant son petit perchoir pour le pavé, marchant avec nonchalance vers les trois hommes. Le meneur choisit d’ignorer la petite pique cinglante que lui envoya l’androïde et lui tourna le dos avant d’entamer la marche. Il entendit son invitée mettre son fusil à pompe en bandoulière.



***



La porte s’ouvrit sur une pseudo planque de miliciens qui tenait plus du squat de junkies que d’un centre d’opération. Non, elle n’était pas dans le cerveau de la machine mais bien dans ce qui semblait être une salle de réunion. Loin d’être peuplé de portes flingues, il n’y avait qu’un homme de main, un second qui n’était pas de la milice et une porte. Cette porte dont on devinait aisément l’utilité : retenir des gens dans un petit espace, quand il y en avait plusieurs on pouvait être certains qu’au bout de quelques heures ils s’entretueraient. Le milicien toisait tour à tour Ophelia et l’autre, se demandant qui il devait craindre le plus.

La rob-femme détailla rapidement l’allure de l’autre homme : une armure en cuir, des grenades vieilles de plusieurs siècles si elles étaient authentiques, l’arme faisait penser à une mitraillette de faible calibre. Le genre qui troue un humain mais qui ricoche sur un pare balle.

-T’es délicieuse princesse.

Pourquoi sentait-elle les ennuis arrivés ?

-Vous êtes ?  Demanda Ophelia avec un calme Olympien ?
-Un missionnaire.  Très intéressant. De l’ordre de l’Ordalie. On me surnomme la Hire. Je suis un peux nerveux sur les bords m’voyez ?

Jeanne d’Arc, celui qui a essayé de la sauver. Celui qui échouerait dans cette noble entreprise de sauver une cheftaine qui a fait basculer l’avenir du pays. Seraient-ils entrain de parler anglais si la mascotte de guerre n’avait jamais existé ? L’homme regarda son entrejambe avant de donner une tape énergique dessus. Il murmura des choses étranges tout en continuant de fixer son membre caché par son treillis.

Le milicien se racla la gorge pour faire taire les marmonnements du missionnaire avant d’ouvrir la porte du cagibi et de faire signe à Arlette de sortir. Elle était dans un état correct, la chirurgienne supportait mal la détention. On pouvait se sentir rassuré en voyant les deux survivantes s’étreindre.

-Ils m’ont menacé de ne plus me passer les chimio pour Marcus.

Ainsi donc il faisait chanter Arlette en utilisant son cousin leucémique pour parvenir à leurs fins, odieux.

-Ils veulent qu’on aille au Palais du Luxembourg...
-Récupéré le manuscrit de Voynich. Coupa le missionnaire.

Prendre un bout de papier qui était illisible en l’état et qui était aux yeux de la rob-femme un patchwork de langues et pourtant une relique d’avant-guerre. Trouver le livre et le garder peut-être, après tout si une oeuvre comme celle-ci tombait entre les mains de sectaire cela pourrait être désastreux. Pourtant une oeuvre pareille trouverait volontiers sa place au Louvre avec les goules, les miliciens risquaient de s’en servir à mauvais escient. Une chose était sûre, les peaux lisses ne feraient que du mal avec cette chose entre les mains. D’autant plus que ce missionnaire n’était pas là pour rien.

-Je viens avec elle ! S’écria Ophelia.

S’embarquait-elle dans cette aventure par amitié pour Arlette qui mourrait de peur de s’aventurer dans ses lieux ou par amour de l’aventure et des reliques ? Nul ne saurait le dire pas même elle. L’homme n’émit aucune objection et ordonna à la dernière goule de sortir du cagibi. Les trois sortirent à l’air libre mais on emmena la rob-femme à l’écart, avec le chef de tout à l’heure. Celui-ci toisa l’androïde avec dédain et méfiance.

-Je te connais petite pute. T’as détruit à main nue le bras d’un de nos gars, comme te punir est impossible on va être simple : tu tentes de tricher et c’est les deux goules qui clamsent et Marcus en prime.
-Vous jouez avec le feu, vous le savez j’espère. Menacez quelqu’un qui peut vous décalquer... Répondit la robot. Pourquoi vous n’y allez pas vous-même ? Vous avez peur du noir ?

Le meneur ria à la remarque d’Ophelia. Grand Dieu il n’aimait pas cette renégate qui ne jurait allégeance à aucun camp et qui faisait sa vie avec des goules. Il détestait les gens de son espèce qui changeaient d’opinion comme une girouette tourne. Pourtant il garda le silence en s’allumant une cigarette, faisant durer le silence.
Puis celui-ci se décida à répondre.

-Ca grouille de zombies qui ont essayé de bouffer mes hommes, quand on en a ouvert une on n’a rien trouvé de différent hormis que ceux qui l’ont tripoté ont gerbé leurs tripes dans l’heure qui suivait. On peut traduire le papelard mais faut d’abord qu’on le choppe.

Traduire ce que même d'éminents chercheurs n'avait pas réussi à décrypter? Et pourquoi pas rebâtir la tour Eiffel qui était en piteux états tant qu'ils y étaient?

-Et on d’ailleurs on veut ce livre nous. La Hire picolait car il cherchait le sens de la vie, moi je suis sûre que dans ce bouquin y a la réponse. C’est Geoffroy qui nous l’a dit. Rajouta le missionnaire avec verve alors qu'il venait de s'inviter dans le dialogue.
-C’est qui lui ? Demanda le chef.
-C’est notre meneur, avec lui on trouvera la réponse à toutes les questions que les zombies pensent connaître. On a le vrai savoir. Continua le zélateur avec foi, détaillant la rob-femme il crût bon d’ajouter. Tu sais, je suis sûr qu’on trouvera la réponse à tes yeux blancs ma belle.
-Minute, elle est pas humaine.
-Boh, j’ai bien envie de découvrir des choses sur toi. On se planque à St Lazare ma biche, on n’est pas beaucoup mais on a du bon matos, surtout pour les anges de l’apocalypse comme toi. Conclut le missionnaire à un sourire.

Malgré la pique cinglante qui suivit il ne démordait pas et restait persuadé que l’androïde terminerait dans son lit. Du point de vue d’Ophelia il terminerait dans une fosse commune, malgré le tempérament glacial et agaçant de la robot, on lui offrit un sac contenant un peu de nourriture et des lampes de poche. Il y avait aussi de l’eau pour une journée où deux, à voir en fonction des besoins de ses deux associés.
Départ dans quinze minutes.


***



Une petite communauté a St Lazare remplit d’activistes pro-humain armés jusqu’aux dents avec des armes à cartouches. Voilà ce qu’avait découvert la robot en une quart d’heure d’investigations riches de paroles suggestives. Bien que les informations étaient minces cela été mieux que rien, il semblait aussi que le manuscrit représente quelque chose aux yeux des humains. Bien que cela s’imposait comme une évidence, que se cachait-il derrière cette subite envie de lecture ? A mesure qu’ils s’éloignaient de la ville pour se diriger vers le palais du Luxembourg, les doutes grandissaient concernant les intensions de la milice. Qu’auraient à gagner des troufions anti-goules à avoir un livre intraduisible ? Cela devait avoir un rapport avec ses illuminés, mais quoi ? Sa réflexion fût interrompue par leur arrivée devant la zone, à ce qui paraîtrait il y aurait des goules sauvages à l’intérieur. En plus du manque de visibilité ils allaient devoir gérer des cadavres sur pattes.

-Vous, demanda la rob-femme en faisant un effort pour se remémorer le nom du nouveau. Arnold, vous savez vous battre où je vais devoir ouvrir le passage ?

Quoi que, elle devrait plutôt demander qui était mauvais pour ramper étant donné que les cartouches n’étaient pas infinis. Huit tirs puis ils devraient y aller à l’ancienne.
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Arnold Habdaik "H"
MessageSujet: Re: Le futur c'est du passé   Mer 12 Mar 2014 - 0:27

Et on n'avait même pas la place de s'allonger, dans cette geôle. Alors ils se tenait là, assis dos au mur, les pieds contre la porte. Porte qu'il avait cessé de tambouriner comme un damné ( ou comme un claustrophobe pour donnez bien l'idée ) quant un des gars de leur foutue milice -ou quoi qu'ils soient- l'ouvra en grand et le roua de coup de bottes... en riant. Pas un rire hystérique, mais... un vrai rire, un rire joyeux.
Complétement déphasé...
ils... ils le sont tous bon dieu !

Alors il était resté là avec pour seule, et bien triste, compagnie un balais et un sceau.
Pas très bavarde comme compagnie.

- Alors c'est ça ? Quelques centaines de créatures aux yeux livides et à la peaux à vif, nous, des... goules. Nous et plusieurs dizaines d'humains, tous plus timbrés les uns qu'les autres. C'est ça le dernier bastion de la civilisation ?

Hé, "civilisation", "civilisation", ce n'est que le stade "barbare" de l’être humain en un peu plus évolué vieux, rien d'anormal.
- Mais, bordel, si c'est nous les derniers survivants ont est baisés, putain on est...
Hé, l'autre, t’arrive à peine et tu conclu déjà que ce que tu as vu est tout ce qui existe.
- ... on est baisé ouais.
Tu m'écoutes pas là.
- Merde putain, alors on fait comme d'hab' ? On continu à vivre, à s'agiter dans notre coin de terre en espérant que quelque part ailleurs y en a qui sont meilleurs que nous et font vraiment avancer les choses ?
C'est le plan, tas d'os. Ça a toujours était comme ça non ?
- Ça crains, ça crains vraiment là.

Et un "TA GUEULE !" s'échappa de derrière la porte.
- Bordel, ce type est encore plus baisé du casque que moi.
T'entends ? T'ES ENCORE PLUS GIVRÉ QUE MOI. Vérole de pute, ouais, vérole de pute j'dis.



* * *


Il n'arrivait qu'à percevoir à travers le métal de la porte quelques maigres parties de la discution, c'était frustrant, d’autant plus que cela avait un rapport avec lui, apparemment.
Oreille collée à la porte, il ne pu que s'écrouler de l'autre coté quant celle ci s'ouvrit une nouvelle fois. Tombant la tête sur le genoux du même milicien que tout à l'heure, ce dernier réagit immédiatement à cette violation de son espace vital par un désormais "classique" coup de pied.
- Dégagez le de là !
Deux gros bras le trainèrent alors à l'extérieur.

"Pof". Les gros bras venaient de le lâcher sur le béton comme le ferait un videur d'un poivrot.
La lumière était vive, le sol tiède et le vent charriait poussière et détritus : Arnold se trouvait à l'extérieur.
- Habdaik ? Merde, alors c'est vous...
Cette voix... c'était sa collègue de la clinique, celle qui s'était interposée aux mecs d'hier ? Il tenta alors, se relevant et toussant :
- Hen... Henriette ?
- Arlette.
Il fit tomber la poussière et le sable de sa veste blanche de médecin, aidé par sa collègue. Déconcerté, limite gêné il balbutia :
- Ils... ils m'ont tout pris bon sang ! Je n'ai plus rien ! Mes affaires, mes économies... mes souvenirs. Tout était dans mon sac.
Tout.

Sa collègue, compatissante, l'informa alors simplement :
- Vos économie, considérez les comme perdue. Désolé. Pour récupérer le reste, il va falloir que vous fassiez ce qu'ils vous demande.
Inquiet, il lui demanda ce qu'ils voulaient de lui.
- On est dans le même bateau l'ami. Ils nous tiennent...
C'est pas le genre à demander quoi que ce soit à des goules. Mais là...

- Quoi ?
- Ils veulent quelque chose. Un manuscrit. Mais ils ne peuvent y aller, l'endroit est irradié pensent ils... alors il n'y a que des "engeances" comme nous pour supporter pareil péril. Et ils nous tiennent tout les deux.
Vous n’êtes pas d'ici. Pas de famille pas... d'amis. Et ils ont tout ce que vous possédez.

- Et... pour vous ?
...
Mon... cousin. Ils tiennent la vie du seul proche qu'il me reste.

Il regarda la... zombie ? et ne pu que ressentir sa tristesse, venant s'ajouter à son propre abattement qui menaçait déjà de l'étouffer. Arnold détourna alors lâchement le regard, le portant plutôt sur le Louvre...
Magnifique. La vision d'un tel édifice, d'un tel chef d’œuvre d'architecture, remuait quelque chose en lui. Mis à par la tour Montparnasse, la goule n'avait vu d'aussi colossale construction.
Oui, c'est le lieu parfait pour un nouveau départ...
- Par chance, on risque de se sortir de se voyage. J'ai une amie qui va nous rejoindre, débrouillarde. Ouais. Parfaite pour notre expédition.
Elle lui tapa dans le dos.
La voilà.

Que dire ? Le choc fut comparable à celui de se recevoir un tisonnier porté au rouge dans le fondement. Arnold en fut douloureusement sur le cul.
- B-b-bordel c'est quoi ça ?! Balbutia-t-il.
La goule sentait la raison l'abandonner à grand pas direction les issues de secours : il venait de heurter un iceberg de démence.
- V-v-vous... z'etes une MACHINE ?!
Arlette le releva, rassurante.
- Oh ça, vous vous y ferez à la longue.
Prenez ce sac de provision, il est temps d'y aller, faut pas qu'ils nous voient à trainailler.

Tout - Est - Parfaitement - Normal. Je dis bien et j'insiste : Parfaitement normal.


* * *

- Me battre ?!
Il faillit trébucher sur un décombres.
- Hum. J'arriverais même pas à me débarrasser d'une mouche armé d'un canon tesla.
Ce truc pigeait il l'humour -même mauvais- ?
J'veux dire... Non. Non, non.
Il continua sa route, mains dans les poches, au milieu de la route. Et toujours avec la même difficulté pour éviter les nids de poules.
Wow. Wow, wow, wow. C'est... c'est carrément dingue là. Et tellement fascinant. Jamais, non vraiment : jamais, sa curiosité n'avait été piquée autant à vif.
- Vous êtes... quoi ? J'veux dire...
Vous êtes qu'une machine qui va me répondre que des phrases déjà pré-enregistrée ou bien vous êtes douée d'une conscience ?
Mais avant que vous me répondiez : qu'est ce qui va me prouver que ce que vous me dite n'est pas une de ces phrases déjà enregistrée ?
Vous même vous qualifiez vous d’être conscient ? Ou même... d’être vivant ?


Spoiler:
 


Dernière édition par Arnold Habdaik "H" le Dim 16 Mar 2014 - 11:52, édité 1 fois
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Bérenger Mauban
MessageSujet: Re: Le futur c'est du passé   Mer 12 Mar 2014 - 13:28

Ophelia eu un petit sourire au trait d'humour de la goule.

- Vous êtes... quoi ? J'veux dire...
Vous êtes qu'une machine qui va me répondre que des phrases déjà pré-enregistrée ou bien vous êtes douée d'une conscience ?
Mais avant que vous me répondiez : qu'est ce qui va me prouver que ce que vous me dite n'est pas une de ces phrases déjà enregistrée ?
Vous même vous qualifiez vous d’être conscient ? Ou même... d’être vivant ?


Question très fréquente, pourtant trouvez la réponse parfaite à cette interrogation habituelle était l’un des buts de la rob-femme. Comment se qualifier ? Comment répondre avec brio quand l’on devait fournir une preuve que l’on ne sortirait pas une phrase préenregistrée lorsque la seule preuve que l’on possédait était son sens de la rhétorique ? Question à la fois intelligente et dure. A croire que même les goules s’étonnaient de la présence de machines même après un apocalypse nucléaire. D’ailleurs les bombes avaient été elles atomiques où thermonucléaires ? Bien que la nuance était faible elle existait.

-Je suis une rob-femme crée pour le commandement tactique d’unité d’armure assistée. Si vous voulez tout savoir j’étais la numéro quatre. Aujourd’hui je suis garde, médecin et calibreuse d’instruments à la clinique et j’ai faits pas mal de chemins depuis le temps. Je suis on ne peut plus consciente mais je ne suis qu’un tas de ferraille avec un cerveau positronique, si mon « camouflage » est innervé, on ne peut pas en dire autant de tout ce qui est indispensable à ma survie. Sans compter que ce que je bois n’a aucun goût.

Bien que cela puisse être un avantage, il était regrettable que la nourriture soit proscrite, ne serait-ce que par amour du vin. Pourtant l’androïde laissa de côté ses regrets et se concentra sur le présent qui était bien sombre. Aussi elle continua de marcher en tête du groupe jusqu’à arriver en face du lieu dit, on pouvait apercevoir des cadavres de goules et des impacts de balles. Le passage de l’équipe de reconnaissance humaine sans aucun doute, Ophelia continua son chemin tout en détaillant le bâtiment : les fenêtres vandalisées, la porte principale défoncée.

Puis un cri de goule sauvage.

Cette exclamation auditive fit tressaillir Arlette, la robot recula prudemment et saisit son fusil à pompe. Puis saisissant son courage à deux mains, elle avança accroupi et se colla contre un mur, empoignant son arme elle mit un grand coup de crosse dans une vitre en état.
Symphonie de râles infects.
Rictus de la rob-femme.
Tandis que les deux goules se cachaient, Ophelia s’abrita derrière un arbre après un sprint de tous les diables.
Finalement l’adrénaline existait chez les machines.
Reprenant ses esprits, l’androïde jeta un coup d’oeil hors de sa cachette : trois goules sauvages avaient émergé du bâtiment. Il devait y en avoir beaucoup plus, sans doutes que l’équipe de reconnaissance humaine les avait attirés. Au final huit cartouches seraient bien insuffisantes, en gaspillé trois pour ses immondices et au final en attiré bien d’autres n’était pas le mieux à faire. Arlette et elle échangèrent un regard et une petite conversation muette à base de regard et de signe éloquents se créèrent.

Venez !
Elles vont nous voir.
On s’en fout, on contourne.
Y a des grilles.
Faites pas chier, y a trop de goules pour passer devant.
Soit on s’empale soit on se fait bouffer donc.
Venez...


Arlette abdiqua, de toute façon entrer par-devant sous les yeux de trois goules était impossible. Le petit groupe évolua tête baissée, jusqu’à ce que les murs de béton cèdent la place à des grillages. Un coup de crosse eut raison du cadenas rongé par le temps et toujours en tête la rob-femme mit une très légère pression sur la lourde porte en bois : ouverte. Son amie posa le sac par terre et en tira les lampes de poche qu’elle distribua à chacun d’eux. L’androïde pénétra la première dans l’obscurité qui disparaissait à mesure que les rayons du soleil progressaient dans la pièce. Toutefois, avant même qu’Ophelia put dire quelque chose, une sensation de bien-être l’envahit, les radiations bien qu’elle ne lui faisait aucun effet sur le long terme agissait sur son cerveau en bien comme en mal.

-Allez, venez et trouvons ce livre avant que je devienne accro aux radiations. On commence par quoi? Arnold, Arlette, un conseil?

HRP:
 


Dernière édition par Ophelia Grive le Dim 16 Mar 2014 - 16:47, édité 1 fois
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Arnold Habdaik "H"
MessageSujet: Re: Le futur c'est du passé   Dim 16 Mar 2014 - 16:24

- Je suis une rob-femme crée pour le commandement tactique d’unité d’armure assistée. Si vous voulez tout savoir j’étais la numéro quatre.
Bordel de cul... puis il pensa avec effroi : elle était la... numéro quatre ! Il pouffa. C'était nerveux. Ce machin d'acier parlait vraiment comme un être humain le ferait, c'était... extrêmement dérangeant.
- Vous avez... hum, "vécue" combien d'années avant le Jour du Feu ?
D'ailleurs, vous savez qui a lâché les bombes sur nous ?
Et est ce qu'il y a des survivants ailleurs ?

Cette machine était tellement fascinante.
Pour ce qu'elle était, évidement, mais encore plus pour ce qu'elle savait.
Arnold ne connaissait de la robotique que quelques inventions comme le Mister Handy et sa variante française ( vu dans les pages de magazines ) ainsi les virgiles du Louvres, qu'il avait pu approcher en vrai. Bref, le genre de machin au niveau zéro de la conscience. Mais cette machine qui se tenait à coté de lui, voilà une entité toute différente. Modèle militaire, voilà pourquoi. Cette chose avait été créée pour penser, s'adapter et raisonner vite et bien s'imaginait Arnold.
Arnold qui se prit une nouvelle fois le pied dans une crevasse, prit dans ses réflexions. S'écroulant au sol dans un raffut d'injures, de boites de conserves s'entrechoquant dans son sac à dos, et des rires d'Arlette qui l'aida tout de même à se relever.

- J'me fais déjà trop vieux pour ces conneries.
- Bienvenu au club !
Rire au milieu de ce qui n'était plus que le pale cadavre du jardin du Luxembourg aurait était extrêmement déplacé, mais les deux goules, comme perdu dans ce désert de cendre et d'arbres carbonisés, se permirent tout de même un sourire.
La zone alentours était tout ce qu'il y avait de plus déprimant, parfaite illustration de ce qu'était devenu le monde : sombre, effrayant, éteint. De gris et de noir tout était recouvert, le palais du Luxembourg en lui même, visible à travers plusieurs rangées d'arbres morts, semblait encore en état, ses pierres blanchâtres étaient parcourue par quelques fissures bénignes. Le batiment avait tout du manoir hantée terré au plus profond de la plus sombre des foret.
- Alors c'est dans ce batiment que se trouve l’hémicycle...
- Le ?
- Le Sénat.
- Ah.
Arnold n'arrivait pas à détacher son regard du grand batiment, il y avait quelque chose d'effrayant qui s'en dégageait.
- Allons au musée du Luxembourg.
Pendant l'occupation, quelques œuvres ont été transféré du Louvres jusqu'ici, à cause des pillages. A c'qui parait. Cet endroit est beaucoup plus sur.

- J'avais lu une brochure, ouais, j'crois que c'est le premier musée à avoir été équipé de virgile.
Ouais, et d'un système de sécurité tout automatisé.

- C'est à dire ?
- J'en sais rien, le papier n'en disait pas plus.
Arnold pressa le pas en direction de la petite bâtisse, à l'extérieur il se sentait de plus en plus oppressé.
Ils suivirent un des anciens chemin pavé parcourant le jardin désert. Croisant quelques bancs renversés, tables éclatées, kiosques abandonnés et grillages écorchés. Le batiment fut bientôt en vu, entouré d'une barrière encore solide. Le musée pouvait sembler bien modeste en apparence, mais après de multiple travaux, il s’étalait sur plusieurs niveaux dans le sol.
La machine repéra la première les cadavres des goules sauvages à l'entrée. Arnold examina l'un des corps ; la jambe gauche à moitié explosée, le zombi avait continué à avancer sur plusieurs mètres apparemment, il trouva aussi plusieurs impact de balles dans le dos du monstre, mais ce fut sans aucun doute le coup qui lui avait fendu le crane qui l'avait arrêté pour de bon.
La magnifique et imposante porte d'entrée du musée avait été forcée, désormais grande ouverte, la machine décida d'aller y voir de plus prés.
Tout le monde se figea au cri inhumain poussé par une goule sauvage à l'intérieur du batiment. La machine activa son programme "courage" pour s'approcher encore plus prés, se mettant à couvert derrière le mur qui entourait le musée.
Eux deux se cachèrent alors derrière une des tables renversées, Arlette gardant un oeil sur la machine, Arnold sur l'entrée du musée d'où sortait trois silhouettes décharnées.
Ces machins étaient aussi pathétique qu'effrayant, ils n'avaient plus d'humain qu'un semblant d'apparence. Des bêtes. Ils scrutèrent un temps avec leurs yeux livides les environs, sans aucunes coordinations ni logique, puis, lentement, elle se dispersèrent dans les alentours.
Arlette lui tapa l'épaule, il était temps de se sortir de là. Le duo avança accroupi jusqu'à la machine, puis suivirent cette dernière qui longeait le mur jusqu'à trouver un point d'entrée.
- Bordel, ça pue la mission Foutue Pourrie d'Avance.
"Madame Ferraille" explosa d'un coup parfaitement calculé le cadenas gardant fermé une lourde porte en bois.
- Le jour où il se passera une seule semaine sans accroc pour moi...
J'crois bien que j'me mettrais alors à chier des rubans multicolores et des paillettes.

Arnold pénétra en dernier dans le musée, sa torche dans une main, une caillasse tenue fermement dans l'autre.
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Bérenger Mauban
MessageSujet: Re: Le futur c'est du passé   Mer 19 Mar 2014 - 19:58

- Vous avez... hum, "vécue" combien d'années avant le Jour du Feu ?
D'ailleurs, vous savez qui a lâché les bombes sur nous ?
Et est ce qu'il y a des survivants ailleurs ?


Le grand mystère de la vie, celui que tout le monde se posait. Paris avait-elle survécu aux bombes où alors tout était fini? Étaient-ils seuls au monde, les nouveaux Adams et Eves, Paris devrait reconstruire le monde à elle seule, avec les radiations et tout ce que cela impliquait. Pourtant, Ophelia persistait à croire qu'il y avait d'autres gens ailleurs, des gens comme elle, où comme Arnold. Même si l'hypothèse la plus probable était que ce soit des hommes, des peaux-lisses qui soient en majorité ailleurs comme c'était le cas ici.

-Une dizaine d’années où je me suis échinée à lutter contre les rouges, a ce qu’il paraîtrait ce sont les Chinois qui les ont lancé. Après il y a dû avoir des survivants ailleurs, mais je n’ai pas le courage d’aller à Vladivostok où a Pékin pour voir ce qui se trame du côté du Pacifique. D’autant plus que l’Angleterre et l’Allemagne n’ont pas dû être épargne par les bombes. En résumé on peut se considérer comme seule zone civilisée du pays je dirais.

Les mots lui manquaient pour décrire le vide que cela occasionnait, elle avait longtemps cherché ses semblables, ses anciens coéquipiers eux aussi mécaniques. Revoir des amis, des rivaux pour certains, tout cela lui manquait, la nostalgie n’était pas un sentiment qui pouvait se partager avec n’importe qui. Les Alpes, l'Allemagne, tout ses endroits visités et parcourus au nom de la guerre et de la patrie avec des amis. La guerre changeait tout : les hommes, le paysage, tout.

_________________________________________________________________

Le trio venait d’entrer dans le bâtiment, les trois faisceaux lumineux arrachaient à l’obscurité de l’endroit le mobilier délabré. Le groupe s’enfonça dans ce qui ressemblait à une entrée de service, les murs gris, salis par le temps et les goules sauvages donnaient un aspect sinistre au lieu. Cet endroit n’était qu’une succession de couloir où se faire prendre en tenaille serait un jeu d’enfant.
Ophelia avait été toute désigné pour ouvrir la marche avec son arme à feu, toutefois celle-ci braqua sa torche sur Arnold au moment de tomber sur une intersection. La goule plissa les yeux face à la lumière qui l’inondait, eux qui s’habituaient à baigner dans les ténèbres...

-Arnold, essayer de trouver une balise, quelque chose qui nous permettra de nous y retrouver dans cet endroit et de ne pas se perdre si on fait le chemin inverse avec une centaine de goules derrière nous.

Quoi qu’il était tout à fait possible que les goules sauvages n’attaquent pas les autres goules comme il était tout à fait probable qu’elle soit la seule à craindre quelque chose qui relevait de la promenade de santé pour ses partenaires d’infortunes. La vie n’avait pas gâté la rob-femme même si sa bonne étoile ne l’avait jamais vraiment abandonnée. Tandis qu’Arlette éclairait les alentours, l’androïde s’orientait à l’aide d’un plan peint sur le mur, des gribouillis fait avec un vieux bout de charbon offraient à l’exploratrice en devenir quelques indications sur la marche à suivre.

-Apparemment il y aurait une immense « panic room » qui aurait pu servir de bunker inviolable sous nos pieds.
-Mission foutue donc, le manuscrit doit être la dedans et soit c’est toujours fermé, soit c’est ouvert et le manuscrit est dans la nature.
-Patience est mère de toutes les vertus. Nous aurons ce que nous sommes venus cherché.
Si on ne trouve pas le manuscrit dans le musée, eh bien nous chercherons ce coffre fort.


Arlette abdiqua devant ses arguments, le temps n’était pas une chose qui manquait aux goules et aux machines. Aussi, il fût convenu de commencer par l’administration du musée et la réserve, là où les oeuvres d’art attendaient leurs tours pour paraître aux yeux du public. Même si étrangement, les touristes se faisaient moins nombreux depuis la chute des bombes, il est vrai que la ville des lumières avait rayonné pendant un temps, avant de sombrer définitivement dans le chaos. Chaque civilisation avait son âge d’or, le trio avait la joie de contempler les dernières reliques de la France.

-Arnold, je n’ai pas eu le plaisir de savoir d’où vous venez, vos projets d’avenir. Une fois qu’on aura terminé notre travail auprès de ses fachos totalement lobotomisés, il faudrait peut-être songer à la suite non ?

Bien que fonder une famille ne doit pas être la priorité de la goule, il était bon de savoir ce que les autres avaient tête. De plus cela éviter de dire la mauvaise phrase à la mauvaise personne.
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Arnold Habdaik "H"
MessageSujet: Re: Le futur c'est du passé   Dim 23 Mar 2014 - 20:06

Arnold continua l'exploration, son cailloux comme seul et bien pathétique moyen de défense, et son imagination qui le torturait en plaçant des chimères derrières chaque porte et chaque coins d'ombres. L'endroit était bien sinistre, normal se dit il, un musée s’apparentait plus à un cimetière qu'autre chose, tombeau des reliques d'anciens temps et des œuvres d'arts.
L'endroit avait dut être magnifique pensa-t-il amèrement. Dans un large couloir d'exposition, magnifié par des colonnes d'un style "antique", en marbre verdâtre. Partout des vitrines, sur les murs, au milieu de la pièce sur des piédestal en bois... Il se pencha sur l'un d'eux, observant ainsi un magnifique et certainement très artistique tas de poussière.

En effet, mise à part quelques statues brisées, toute traces de tableaux ou de quelconque objets devant habituellement se trouver dans un musée étaient absentes.

- L'endroit a du être pillé...
Mais qui irait s'encombrer avec ce genre d'antiquités ? Arnold balaya du faisceau de sa lampe les meubles de bois nobles poussiéreux et les étagères vitrées. Un musée dépossédé de toutes ses œuvres, paraissant alors tristement dénudé, suscitait un incroyable sentiment de malaise chez la goule.
- T'es bien mignon, mais qu'est ce que t'es con.
Tout me semble intact. Regarde, quasiment aucune vitres brisées. Quel genre de pillards s'emmerderait à garder l'endroit tel quel, hum ?

C'est juste, c'est juste... pensa-t-il de prime abord. Il scruta les alentours, les couloirs vides où se répercutait en échos le bruit de ses pas, les caméras éteintes à chaque coin et habillement dissimulées, les quelques alcôves dans les murs où venait se recharger les virgiles dans le temps...
- La sécurité. Peut être qu'en cassant les vitres cela aurait déclenché un quelconque système. Pillard peut être, mais idiot je ne pense pas.
Arlette hocha la tête en silence. Il n'y avait qu'un moyen d'en avoir le cœur net, mais ni l'un ni l'autre ne se sentait l'envie de déclencher le courroux de quelques sécuribots peut être encore en activités en brisant l'une des vitrines.
-Apparemment il y aurait une immense « panic room » qui aurait pu servir de bunker inviolable sous nos pieds.
-Mission foutue donc, le manuscrit doit être la dedans et soit c’est toujours fermé, soit c’est ouvert et le manuscrit est dans la nature.
Lacha Arlette la gorge serrée. C'était la vie de son cousin qui était en jeux ici.
-Patience est mère de toutes les vertus. Nous aurons ce que nous sommes venus cherché.
Si on ne trouve pas le manuscrit dans le musée, eh bien nous chercherons ce coffre fort.

Merde, ça puait le plan à s'enfoncer encore plus profondément dans le musée abandonné. C'est jamais bon ça, un coup à réveiller des saloperies dans leur caverne... Là bas, à Orléans, il avait apprit à se méfier -à redouter ouais...- les sous sols des bâtiments où, souvent, des colonies ou quoi que cela puisse être, d'insectes mutants. Cela ressemblait aux Mouchams de la capitale, mais sans les ailes, en plus petit et bien, bien plus nombreux.
Explorer les sous sols, c'est toujours un plan qui pue. Arnold continua à descendre les grands escaliers, la mine maussade. Et il faillit bien, en sursautant, dégringoler toutes les marches : la machine avait parlée.
- Arnold, je n’ai pas eu le plaisir de savoir d’où vous venez, vos projets d’avenir. Une fois qu’on aura terminé notre travail auprès de ses fachos totalement lobotomisés, il faudrait peut-être songer à la suite non ?
- Économiser.
Acheter un bateau.
Partir me dorer la pilule dans une ile en méditerranée.
Bon plan non ? J'ai pensé à la corse j'vous avouerez. Mais peut être que les Baléares serait un projet plus réaliste ?

Bordel. Ce machin voulait connaitre... ses plans pour l'avenir ? Sérieusement ? ... Cette chose n'est pas sensée être genre optimisée pour garder rien que des informations essentielles ?
C'était quoi le plan là ? La goule commença à s'inquiéter. Bon, autant y aller franchement.
- J'suis parti d'Orléans pour survivre... ces ruines sont devenues un vrai charnier.
Mais, hé, survivre ce n'est pas vivre. C'est mourir, inévitablement. Pour vivre il faut construire, s'installer... pérenniser en quelque sorte.
Alors je suis venu ici, travailler dans une communauté, une vraie, et la seule que j'ai vu de la sorte... Aussi nombreuse j'veux dire. On est combien dans le Louvre ? Qu'on toucherait le millier, ça ne m'étonnerait pas.
J'veux faire ma place, voilà tout. Pas être connu, riche, aimé ou quoi... Juste pouvoir vivre.

Ils arrivèrent au pied de l'escalier, devant trônait une réplique de la statue de La Victoire, la déesse sur un char tiré par quatre chevaux. A droite et à gauche se trouvait deux grande salle d’exposition, toute aussi désespérément vide que celles d'en haut. Et devant eux, le musée en lui même si l'on pouvait dire : un enchevêtrement de petites salles ( dont un auditorium, une salle d'audiovisuel ( un cinéma en réduit ), un minuscule coin de restauration rapide, et, évidement des toilettes ) tout cela greffé à la pièce central donc, pièce où se trouvait en son milieu la réplique de La Victoire.
- Arlette et Arnold à la recherche de l'arche perdu. Lanca-t-il désabusé.
Au moins cela avait il permit à sa collègue un large sourire.
- ... et le Temple Maudit, j'aurais dis plutôt.
Il tourna le faisceau de sa torche en direction de la machine.
- Et j'ai faillit oublier notre fidèle acolyte qui nous suis dans toutes nos aventures, je nomme : Miss "numéro quatre".
Le trio commença l'exploration des deux salles d'expositions à droite et à gauche de l'escalier.
Vides.
Vides et aucunes portes de services ou quoi que ce soit d'intéressant.

* * *

Arnold s'était posé sur un banc mité, alors que sa collègue était partie aux chiottes ( dont le décors se révélait digne d'un palace, vraiment ) et que le robot, infatigable, continuait l'exploration de la salle principale.

Il avait la main rêche à force de tenir sa pierre, et l'esprit découragé par leur exploration désespérément infructueuse. Se séparer était indubitablement la chose à ne pas faire bien que leur quête en serait finie beaucoup plus vite.
Autant prendre quelques risques que continuer à pourrir plus longtemps ici. Se dit il en se levant du banc.

Arnold poussa la porte donnant sur l'auditorium, s'imaginant trouver au moins là une porte de service.
Il se retrouva donc tout en bas de l’hémicycle, plongée dans une inquiétante noirceur. Il s'y trouvait encore deux grands panneaux annonçant une conférence sur une obscur civilisation méso-américaine, un micro et un pointeur laser. Arnold s'approcha de la table central, glissant le pointeur dans sa poche, se disant qu'il pourrait toujours en tirer quelques anneaux.
- Ah merde, ne t'éloignes pas trop. T'as failli m'inquiéter.
Il alla d'un souffle dédaigneux, continuant son petit "pillage" de la table, en ouvrant chacun de ces tiroirs, laissant Arlette balayer la salle avec sa torche.
- Hum. Une cannette de château la pompe. J'me dis qu'avec ça, j'repartirais au moins...
- ... Arnold.
Sa collègue s'était figée en découvrant, au milieu des rangés de sièges, une goule sauvage les regardant fixement.
Sa pierre lui tomba des mains en même temps que son courage et celui d'Arelette, fonçant alors à toutes jambes hors de l'auditorium, gardant clairement en tête l'image de la silhouette décharnée illuminée par la torche.
Ses yeux vitreux.
Sa mâchoire claquante dans le vide.

Les deux goules déboulèrent dans la pièce centrale, enjambant un banc, puis deux, pour se retrouver dos à la statue de La Victoire. Il hésita longuement entre s'écraser lâchement au sol et ramper comme une larve jusqu'à la sortie ou livrer un vaillant combat.
Arnold décida alors d'empoigner un de ces poteaux dorées qui entouraient la statue, lui glissant une fois entre ses mains tremblantes.
Alors sortie, tranquillement, la goule sauvage, reniflant les alentours.
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Bérenger Mauban
MessageSujet: Re: Le futur c'est du passé   Jeu 27 Mar 2014 - 18:59

Le faisceau de lumière arrachait à l’obscurité le vide : il n’y avait plus grandes choses en ces lieux si ce n’était quelques squelettes blanchis par le temps et rongés par la vermine. L’une de ses reliques humaines tenait encore en mains un pistolet : un vieux Shanxi qui ne devait plus être en état. Prenant l’arme en murmurant une prière, la rob femme continua sa fouille, l’humeur lugubre. Le regard ternit par la funèbre découverte qui venait d’assombrir son humeur qui n’était pas au beau fixe.
C’était sans compter sur Arnold et Arlette qui arrivèrent en courant comme si le diable en personne était derrière eux. Pourtant, la source de leur frayeur ne semblait pas les avoir suivis, aussi Ophelia braqua sa lampe-torche en direction de la goule : celle-ci haletait tandis qu’elle prenait fébrilement en main l’un des poteaux cernant la statue. On pouvait entendre d’ici là respiration saccadée de son amie se stabiliser et retrouver un rythme normal. Loin de se dégonfler, l’androïde reprit son fusil à pompe et braqua la lampe à l’endroit qu’Arnold fixait des yeux et avança. La porte de l’auditorium se profilait doucement, chaque pas rapprochant la survivante de la confrontation avec la terreur de H et Arlette. Intérieurement, la robot priait pour qu’il ne s’agisse que d’un rat ayant provoqué une énorme frayeur à ses deux partenaires et pas une abomination difforme qui aurait été vomi par les limbes de l’enfer.
Malgré tout, dans ce monde où les choses les plus irrationnelles avaient prit vie et étaient on ne peut plus réelles, il fallait se rendre à l’évidence :
Tout était possible et imaginable.

-Seigneur Dieu. Murmura-t-elle. Glacée d’effroi.

Une goule sauvage, le regard vide, les narines aspirant l’air.
Elle était en présence du niveau moins un de l’humanité et la seule chose qu’elle trouvait à faire était de laisser tomber sa lampe-torche. L’objet roula et termina sa course sous un bureau. Sans demander son reste et oubliant les convenances, Ophelia bondit au sol tâtonnant d’une main dans le noir total pour retrouver son unique source de lumière. Bien que ses yeux laissaient filtrer une très légère aura bleue quand elle poussait son corps dans ses derniers retranchements, ceux-ci n’agissaient pas comme des phares. Aussi inutile de passer de l’économie d’énergie à la rage pure et simple quand un simple tir pouvait régler le problème. Pourtant et malgré les efforts de la psyché de la rob femme pour ne pas faire une immense crise de nerfs, l’envie d’en découdre avec cette hère sans âme prenait petit à petit le dessus.
Puis la lumière au bout du tunnel.
L’androïde venait de trouver sa lampe qu’elle prit avant de se relever et d’épauler son arme, le canon posé sur le poignet de la rob femme. Le faisceau lumineux braqué sur la goule qui toisait la survivante avec réflexion, à cet instant l’univers s’était réduit à deux questions :

Je tire ou pas ?
C’quoi ça ?


Mais la seconde interrogation s’éteignit comme un feu de paille quand des préoccupations bien plus importantes comme la faim. La goule avait l’estomac dans les talons et le morceau de viande qui était devant lui bougeait partout, murmurait des paroles inintelligibles et en plus il y avait d’autres goules. Aussi, l’atome de logique qui animait la créature reporta son attention sur quelques choses de bien plus intéressant, une souris qui passait par là.
Ophelia baissa son arme en soupirant avant de siffler ses deux compagnons.

-La voie est dégagée. Puis se souvenant des paroles d’Arnold, elle ajouta : Je ne suis pas que « Miss numéro quatre » si vous voulez savoir mon nom, je m’appelle Ophelia. Lança t-elle sans se retourner.

Descendant l’hémicycle pour venir au centre du puits de lumière que formait l'endroit. Un livre aux reliures de cuirs trônait au centre, comme posé sur un piédestal.
C'était trop beau pour être vrai, ce devait être un mirage.
Le manuscrit était sous ses yeux, il n'y aurait qu'à le prendre et à partir de ce lieux maudit.
Plus qu'un pas.
Elle avait la main dessus, époussetant le livre qui pourtant restait bien mystérieux, elle prit la couverture du bout des doigts et la tourna. Dévoilant la première page.
Une bible...

En soit c'était un exploit de trouver un ouvrage religieux : les gros livres étaient appréciés soit pour leurs reliures en cuirs qui permettait d'arracher à ses oeuvre leurs habits pour les transformer en immondes patchwork qu'on qualifie de "vêtement des terres désolés". Soit il brûlait car il y avait beaucoup de papier, dans les deux cas c'était du gaspillage.
Ça ferait un livre de plus qui rejoindrait la bibliothèque personnelle de la rob femme qui était abnostic.

-Garder la foi, car notre périple est loin d'être terminé.
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Arnold Habdaik "H"
MessageSujet: Re: Le futur c'est du passé   Sam 29 Mar 2014 - 21:22

La goule sauvage, spectre bien réel hantant ce foutu musée, sembla porter son attention sur chacun d'eux, tour à tour, sans -semblait il- amener la moindre réflexion dans ce qui lui restait de matière grise, bref les regardant sans les voir.
Toutes les lampes torches étaient braqués sur lui, pitoyable pantin illuminé se découpant d'une scène plongée dans l'obscurité totale. Il sembla voir quelque chose lui passer sous les pieds, quelque chose digne de la considération de la goule sauvage : une sourie.
Le monstre prit le minuscule rongeur en chasse, tendant faiblement ses mains vers le sol, se prenant les pieds dans les escaliers, heurtant les bancs et les présentoirs vides. C'était aussi ridicule qu'effrayant. Ce truc avait il encore la moindre chose le rapprochant de l’être humain qu'il avait été ? Des souvenirs de son ancienne vie dans son cerveau ? Un résidu de conscience ?
- La voie est dégagée.
Dégagée ? Dégagée qu'elle vient d'dire ?! Ne venait il pas de se faire surprendre à l'instant par une goule "embusquée" dans l'auditorium ? Croiser un seul de ses monstres signifiait pour Arnold la présence d'autres zombis dans les parage, indubitablement.

Il finit par reposer son "arme" au sol, à la suite d'Arlette qui venait de quitter les alentours de la statue centrale de La Victoire, balayant l'obscurité de la salle principale avec sa torche, lentement, attentive à chaque ombre projetée par le faisceau de sa lampe, voir si elle n'y discernais pas une silhouette monstrueuse...


* * *


Arnold se retourna une dernière fois, sa lampe tenu au-dessus de sa tête par sa main moite et tremblante, avant de revenir à la petite "découverte" de la machine.
- Une bible de Gutemberg ?
Non ?
Alors ne vous encombrez pas de cette merde.
Cette connerie de livre saint ça c'trouve n'importe où, même après l'apocalypse. P'tet parce que Dieu les a protégés.
Ou p'tet parce que c'est le livre le plus vendu au monde ? Peuh, même dans le paquetage standard des soldats français, ça y était. Fournitures obligatoire, au même titre que leur rations et leurs putain d'ouvre-boite.

- En vrai ? S'étonna Arlette.
- Hum, si le livre le plus publié avait été un traité de médecine, ça nous aurait été d'une bien meilleur utilité j'dis.
Ouais, le Grand Barbu est un sacré déconneur. Pensa amèrement Arnold en grattant sa peau sèche nerveusement.


L'exploration continua encore quelques minutes, l'inquiétude d'Arnold allant croissante de même que sa paranoïa.
Des bruits de pas derrière eux.
Un souffle étouffé derrière une porte.
Un grattement derrière un mur.
Chimères. Chimères d'un esprit apeuré. Mais, depuis peu, une sensation se fit de plus en plus sentir. Rapidement confirmée par Arlette.
A moins qu'ils ne soient prit d'hallucination collectives, les deux goules sentaient de légères radiations en s'approchant du fond de la salle. Leur perception les mena jusqu'à une porte, à la poignée défoncée.
Ils trouvèrent derrière celle ci étonnement et inquiétude.
Le trio avait enfin découvert une salle de sécurité...
... toutes lumières allumées.




- Ça crains.
Mais ça crains vraiment là.

- Il peut y avoir un millier d'explications possibles, restons calmes.
Ouais, c'est ça : tachons de nous rassurer comme on peut ! Pensa-t-il avec aigreur.
Arnold parcourra rapidement les titres des dossiers qui s’empilaient sur les étagères métalliques.
Uniquement des dossiers administratifs assommants... Il se pencha ensuite sur le terminal, l'écran allumé et figé sur des lignes et des lignes de codes, et rien à faire pour le débloquer, même en martelant les touches du claviers avec son poing.
- Continuons à suivre les... radiations.
Mais en voilà une directive sensée ! Quant la situation semble bien pourri, mais dans le genre bien bien pourri : allez vers les radiations ! Contrarié, il emboita tout de même le pas du groupe, descendant un étroit escalier de service donnant dans le sous sol du musée.




Ouvrant une dernière porte, le trio se trouva au milieu d'un large couloir, lui aussi toutes lumières allumées.
A cran, Arnold apprécia tout de même ce dernier point, bien que source d'encore plus de terrifiantes angoisses, la lumière diminuait la crainte de se faire surprendre à chaque seconde par une merde vomi par les ombres qui avait envahies le musée.
Et ici, luxe suprême par rapport à l'éternité passé dans le noir total sans savoir où chercher, la sensation de chaleur provoqué par les radiations leur indiquait clairement quel chemin suivre.
- Mieux vaut tout de même vérifier chacune de ses portes.
- Excellente remarque Watson. Fit il, acide.
- Numéro quatre, après vous.
Arnold désigna la porte en face d'eux.
Même un aveugle aurait remarqué que celle ci avait été forcée, la poignée de porte avait été remplacé par un trou gros comme le poing, carbonisé par endroit.
- Fusil laser ?
- J'aurais dis pareil.

Ouvrant en grand d'un seul coup de pied, la machine découvrit en premier le petit local. Une sorte d’entrepôt, des étagères métalliques et poussiéreuses collées à tout les murs. Il y avait encore trois imposants tableaux...
Les Sabines, la Scène des massacres de Scio et L'Enseigne de Gersaint. Mais ça, on en avait royalement rien à carrer.
Il lui sembla immédiatement clair que cette pièce avait été pillée.
La fouilles des autres pièces de stockages le long du couloir le confirma ; seul restait les pièces trop imposantes pour être transportées.
Ils continuèrent prudemment à avancer dans le couloir, s’arrêtant à chaque portes. Un moment, Arnold cru entendre l'écho d'une discutions derrière eux... Apparemment il n'avait pas fallu longtemps pour que son cerveau angoissé se remette à délirer.

Les radiations se firent plus intense -sans constituer une dose si considérable que ça- tandis que le couloir se finissait sur une salle plutôt grande et haute de plafond, donnant sur une imposante porte d'acier, digne d'un coffre fort de banque...
Et cette dernière était entrouverte.
Numéro quatre brandit son arme. Numéro quatre... Il semblait définitivement trop étrange à Arnold à appeler cette machine par un prénom "humain", c'était comme s'il nommait un grille-pain... Oui, la comparaison était vraiment de mauvaise foi, mais pour lui, cela s'imposait naturellement. Oui, cette machine était intelligente, avait de la répartie... et c'était exactement cela le plus dérangeant. Et c'était le mot exact : dérangeant. Cette machine était humaine. Pour la blague, Arnold découvrirait à l'intérieur de numéro quatre un nain pilotant la machine avec des bouts de ficelles que cela serait plus rassurant.
Sacrément intelligent le nain d’ailleurs.
Trop humaine pour être machine en somme.

Ils ne s’attardèrent pas sur la salle en elle même : bureaux, téléphones, terminaux, étagères... Seul la colossal porte d'acier les appelait.
Ophélia entra évidement en tête, Arlette se pressant à sa suite. Le constat fut immédiat en entendant les pleurs d'Arlette : son cousin Marcus venait de mourir, la salle sécurisée du musée ne contenait rien.


Arnold eut un temps d’arrêt, une sueur froide dans le dos et les ses quelques poils soudain hérissés pour une toute autre raison.

Sans se retourner, il leva lentement les bras en l'air.
- Donnez... heu, donnez nous le Manuscrit. Hésita une voix humaine, étouffée par un masque, derrière lui.
Puis une voix de goules, éraillée :
- On ne vous veut aucun mal, on veut juste le Manuscrit, quoi qu'il en coute. Vous ne savez pas ce que ce livre va causer au Louvre si vous le leur donnez.
Les pas et les voix s'étaient rapprochées, Arnold presque paralysé réussi tout de même à se tourner légèrement.
Ils étaient trois. Deux goules et un humain. L'une des goule épaulait une petite carabine alors que l'autre n'était armée que d'un couteau de cuisine et d'une grosse lampe de chantier dans l'autre main. L'humain avait gardé son pistolet dans son holster, mais gardait une main dessus, tendant l'autre dans sa direction, en signe d’apaisement.
- Il... enfin, nous, nous ne l'avons pas. Y a plus rien ici.
C'était foutu, ils ne le croyaient évidement pas.
C'était foutu pour lui en tout cas.
Pas pour elles.
La porte blindée pouvait évidement s'ouvrir simplement de l'intérieur. Enfermée dedans, elles seront protégées et n'auront plus qu'à attendre, à moins à ce que les trois "braqueurs" soient réellement décidés à faire du camping dans les radiations.

Réflexion faite, se jeter sur la commande de fermeture était bien une idée de merde.
Mais là, il n'avait pas eut le temps de réfléchir.
Vraiment pas.

Arnold fit seulement deux pas qu'un tir de carabine le stoppa net.
Touché quelque part dans l'épaule droite, il s’étala misérablement à terre.
- Ah bordel ! On ne devait blesser personne !
- Mais... il avait bougé !

Il rampa un peu, gigotant, se retournant, une main appuyée sur sa plaie.
- Heu... Hé, vous autres ! Donnez nous ce bon sang d'bordel de Manuscrit !
- Aller quoi, c'est nous les gentils putain de merde !

- Heu... les mecs. Fit le troisième.
Le ton de "début de panique" qu'il venait d'employer les fit se tourner immédiatement dans la direction qu'il désignait.

Un ordinateur.
" Sortez d'ici immédiatement.
Les mots s'inscrivaient sur l'écran rapidement et sans fautes.
Ils arrivent.
Partez vite avant d’être coincés dans la chambre forte pour toujours.
Le manuscrit n'est plus ici.
Sortez vite.


Arnold, face au couloir d'où ils étaient venu, eut le temps d'apercevoir tout au bout une silhouette.


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Bérenger Mauban
MessageSujet: Re: Le futur c'est du passé   Lun 31 Mar 2014 - 19:47

L’androïde fit un pas, cherchant à calmer le jeu avec les trois hommes qui tentaient de les braquer pour quelque chose qu’il n’avait pas. Pourtant, la rob femme eut à peine le temps de faire un pas sûr le côté pour aider Arnold que la goule à la carabine mit en joue la médecin.

-Bouge pas toi !

Yeux tristes d’Ophelia.

-S’il vous plaît, laissez-moi soigner mon camarade.

La goule qui les tenait en joue baissa son arme tandis que la robot s’occupait de son camarade : la balle n’avait pas atteint l’os, il s’en remettrait.
Quelque chose capta l’attention de la machine, un bruit de course, non. Plutôt un animal au galop.
Pourtant les chances de trouver un cheval dans un musée étaient quasi-nulles.
Une douleur à l’épaule.

Arrêt défensif de la machine.
Intégrité du camouflage compromise à 5%.
7%
Désactivation du camouflage interactif, remise en marche des fonctions neurologiques, visuelles et motrices de l’enveloppe de commandement N°4.


Retour à la réalité.
Clignant des yeux, la rob femme tourna la tête, cherchant à identifier la cause de sa perte de conscience. Ce fût un homme, où tout du moins quelque chose qui y ressemblait qui était la cause de cet évanouissement subite. Ce dernier était entrain de lui grignoter la gorge à en juger par le morceau de chair dont s’écoulait un sang violet. Les instincts de militaire reprirent le dessus, Ophelia envoya un direct du gauche à la créature qui fût projetée par terre. Les deux adversaires se relevèrent, ce fût l’androïde qui attaqua en premier d’un crochet que l’abomination esquiva avant de saisir la médecin par le col. Rentrant dans le jeu de son Némésis, elle prit la tête de son ennemi et lui envoya son genou entre les dents ce qui eut pour effet de lui faire lâcher prise. Après avoir terminé sa victime, la robot chercha son arme du regard et la saisit une fois repérer.
Jetant un coup d’oeil du côté d’Arlette, elle vit la goule dans un coin de la pièce, une chaise en guise d’arme. Arnold, lui ne pouvait pas se vanter de s’en sortir aussi bien, avec une épaule mal en point, celui-ci se faisait traîner dans le couloir par une des créatures. Malgré tout il résistait tant bien que mal en se cramponnant à tout ce qu’il y avait sur son chemin.
Epaulant son fusil, fermant un oeil, Ophelia mit en joue le mutant et tira, la chevrotine liée fit son office et la grappe de plombs transforma la tête de l’abomination en hachis.
Malgré la remise en marche plus que rapide et chaotique, tous les réflexes étaient là, à mesure que la tension diminuait les sens revenaient. Le léger picotement de tout à l’heure s’était métamorphosé en une douleur atroce tandis qu’un liquide suintait et se répandait sur sa clavicule.
Pas le temps de passer un examen médical, elle fit signe à la goule de la rejoindre et fit quelques pas dans sa direction en couvrant l’espace derrière lui.

-Putain, ils nous ont encerclé ! S’écria une voix d’humain.

Se retournant, l’androïde pointa son arme en se retournant prestement : les trois types de tout à l’heure. Les "encerclés" était plutôt en position de force : une goule désarmée de chaque côtés avec une combattante sur leur devant. La goule les pointait avec une carabine, l’humain au masque avait du sang plein ses vêtements et le pistolet vidé de ses balles qu’il gardait pourtant en main, espérant intimidé quelqu’un avec, et le dernier zombie avec son couteau de cuisine.

Un fusil à pompe de calibre 12 face à une carabine de petit calibre.
Le constat était sans appel, elle gagnerait facilement, mais gaspillé des cartouches ne servirait à rien. Sept cartouches ne seraient pas de trop face aux abominations du musée.

-Le putain de manuscrit ! S’énerva l’humain.
-On l’a pas.
-Mon cul ! Z’avez un sac à dos ! Nicolas, prend le leur et fouille le.
-Putain, dite pas mon nom, maintenant ils risquent de me retrouver. S’inquiéta la peau lisse.
-On peut les tuer. Répondit la goule qui pointait Ophelia.

Pourtant, le doute se lisait dans sa voix, la plaie suintante qui mettait à mal la volonté de la machine était une preuve du manque d’assurance de l’irradié : il stressait et haletait.
Il est vrai qu’on ne voyait pas tous les jours une femme vous braquer avec une arme militaire alors que celle-ci avait la moitié du cou de déchiqueté.

-Elle pisse le sang par litres et elle est toujours debout ! Objecta Nicolas.

Silence.
Un cri de frayeur de l’humain fit tressaillir toute la salle.
La peau lisse aux cheveux blancs est une machine, le manuscrit n’est plus là.
Courez, ils arrivent !

La dernière ligne donna des sueurs froides à l’androïde, ou en tout cas autant que ce que les sensations qu’elle avait dans son cerveau positronique pouvait lui en offrir.

-Nique Nécrop’, je préfère survivre plutôt que de me faire bouffer par les saloperies qui nous ont attaqué.
-OU EST LE MANUSCRIT ? Hurla la goule à la carabine.
-Pas ici, ni entre les mains des fachos, c’est l’essentiel non ?

Tous acquiescèrent.
Tous acquiescèrent aussi quand il fût question d’envoyer quelqu’un devant pour déjouer les pièges.
Ce fût Ophelia qui fût choisi.
Ainsi elle partit devant, enjambant le cadavre de mutant en détaillant brièvement son physique : un teint excessivement pâle, une musculature surdéveloppée et un dos voûté. Un bossu albinos sous stéroïde serait une bonne description de ce à quoi ils avaient affaire. Parcourant les couloirs à bonne vitesse, ils tombèrent sur une intersection.

-Quel chemin ? Demanda la robot.

Pour toute réponse elle entendit un cri éloquent au loin, suivit d’une véritable symphonie de hurlement venant de tout le côté.
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Arnold Habdaik "H"
MessageSujet: Re: Le futur c'est du passé   Jeu 3 Avr 2014 - 17:12

Tout c'était passé si vite...
Trop brutal pour qu'il réagisse, trop dingue pour qu'il pense.
Pourquoi tout s'était mis à déconner en même temps ?
Arnold, trainé par le pied le long du couloir, aveuglé par la douleur, ne marcha que par stupides automatises, actionnant désespérément sa main gauche pour se raccrocher à la moindre planche de bois providentielle, avant que le monstre surgit des abysses ne l'entraine dans les profondeur in-sondée du musée.
Comment la situation avait elle pue encore plus couiller qu'elle ne l'était déjà ? Alors que le mutant bossu kamikaze s'était jeté sur le groupe, un de ses sympathique collègue avait apparemment profité de l'instant de chaos pour attraper un "morceau" de viande.
Boiteux, encombré par sa prise qu'il ne trainait pourtant que d'une main, le monstre avait pratiquement parcouru dix mètres, la respiration lourde et saccadée, il réagissait aux mouvements d'Arnold pour se libérer par de grands coups sec avec son bras qui tenait le pied de sa proie.

Paniqué, blessé et horrifié à l'idée de ce qu'il pouvait l'attendre, la goule n'avait pu que sortir quelque chose de con sur le moment, hurlé plutôt un "Lâches moi saloperie !" Provoquant étonnement une réaction du monstre qui se figea un court, très court instant, tournant légèrement sa tête vers lui. Un rictus sadique, figé par un abcès sous son oeil droit, le poussant vers l'extérieur à en croire qu'il allait presque sortir de son orbite, et son sourire agrafé des deux cotés par pareils abcès. Trop pâle et difforme pour être un mutant, pas assez humain pour être qualifié de goule. Une engeance, une anomalie vouée à disparaitre de la surface de se nouveau monde.
Ophélia ne fit qu’accélérer le cours des choses. La "tête" difforme du monstre explosa soudainement, se dispersant en une myriade de petits bouts sur plusieurs mètres le long du couloir. Le corps tituba un court instant, avant de s’aplatir mollement au sol.

Arnold, aspergé de sang, peina à se relever, sa cheville serrée par les griffes du monstre devenait aussi douloureuse que son épaule touchée par balle.
- Hé les trois mousquetaires, vous avez fais assez de conneries maintenant, ça va ou vous en avez d'autres en réserves bordel de merde ?
Le groupe se mit rapidement en route. Le duo de monstre qui les avait attaqué ne semblait à l'évidence n’être que l'avant garde de la horde des horreurs, à n'en pas douter selon les hurlements inhumains qui se répercutaient dans les boyaux du musée.
- Quel chemin ?
Une intersection. Le groupe s’arrêta, exténué.
- Hum, franchement, entre la sortie et la boutique de souvenirs, je n'saurais pas trop me décider.
Franchement.

- Par la salle principale, de là on reprend l'escalier et direct la sortie, un sprint de trois minutes et tout le monde s'en sort.
- Un plan de merde où toutes les saloperies vivantes de ce putain de musée vont pouvoir nous sauter dessus de tout les cotés, évidement qu'je suis partant.
- Le type sur l'ordi, il a écrit que ces monstres ne supportent pas la lumière, il a écrit qu'il avait rallumer tout les éclairage pour toutes les pièces.
- Ah, bah si le "mec de l'ordi" l'a dit...
- On est dans une sacrée merde, raccroches toi au peu d'espoir qu'il nous reste.


La cheville affreusement brulante, l'épaule lancinante, la tête secouée de tout coté par ces nombreux signaux de douleur, Arnold avait la vision trouble. Le pas lourd, il réussit à suivre le groupe, boitant péniblement derrière eux. La monté de l'escalier de service fut l'épreuve la plus difficile pour la goule blessée, heureusement épaulé par Arlette qui l'aida à surmonter l'obstacle.
- Hé, numéro quatre, z'etes sur que ça va aller ? Avec tout ce... sang que vous avez perdue ?
Ils débouchèrent dans une grande salle, dépouiller de tout meuble. N'y avait là qu'une énorme porte d'ascenseur -certainement pour descendre les œuvres d'arts dans le sous sol- et une porte donnant sur la salle principale du musée.
- Il... il y a de la lumière d'l'autre coté !
Hé ben, à croire que cet ordinateur avait été bel et bien possédé par un esprit "bienveillant". Ha ! Arlette lâcha la goule blessé, s'approchant de la porte. Arnold s'écrasa contre un mur, reprenant son souffle tout en fixant l'insurmontable escalier qu'ils venaient de franchir, angoissé de la possible arrivée d'une nouvelle flopée de monstres.
Arlette s'était baissée, regardant par le trou de la serrure.
- Mec... heu, t'as pas une clope ?
Fit la goule à la carabine.
Arnold fit mine de fouiller dans sa poche, sortant au finale de celle ci un gros doigt d'honneur, esquissant un petit sourire débile.
- J'suis désolé... j'voulais pas... c'est que...
- Ouais...
Lacha-t-il, encore essouflé.
- Ouais, j'peux comprendre.
Moi c'est Arnold, au fait. Et toi, j'dois t'appeler "l'enculer à la gâchette facile" je présume ?

Arlette se releva, lançant que la voie était dégagée.
- Encore désolé, hein.
Moi, c'est Hugues, mais j'ten voudrait pas d'm'appeler autrement.

Il l'aida Arnold à se relever, et parti au trot à la suite du groupe.

La goule fut immédiatement frappée par la grandeur du lieu. Accentuée par l’absence de tableaux, statues et autres œuvres remplissant autrefois le lieu.
Ici, les hurlements des hommes bêtes à leur poursuite semblait comme amplifié, répercutés en échos depuis les entrailles ou quoi qu'il en soit.
Ils ne perdirent pas une seconde et se dirigèrent immédiatement vers l'escalier principal, en face de La Victoire.

... et marquèrent un temps d’arrêt, leur cœur arrêtés alors que l'éclairage vacilla.
Hé, certainement que rallumer toutes les lumières d'un musée, éteint depuis plus d'un demi siècle, ce n'était pas bon pour les ampoules. Ou pour la batterie à fission. D'ailleurs peut être elle qui a provoquée ces radiations là dessous, une fuite ou une connerie du gen...
Il s’arrêta dans ses mouvements et dans ses pensées. Brutalement, toutes les lumières avaient sautées.

Les cris furent plus effrayant et plus fort que jamais.
Plus proche aussi.

- ON EST DANS LA MERDE ! ON EST DANS LA M
Arnold n'avait toujours pas pu rebrancher son cerveau, qu'il fut immédiatement percuté par un de monstres, projeté violemment contre un banc, passant dessus pour s’écraser de l'autre coté.
- Bordel, regroupons nous !
- Courez !
Il n'entendit aucun tir de carabine, mais les coups de chevrotine lancée par la machine eux, étaient assourdissants. Bordel Dieu, pourquoi tu nous a pas foutu une vision nocturne pour nous autres aussi ! La machine de guerre devait être parfaitement dans son élément, ce qui n'était absolument pas le cas de eux autres les vivants.
Une main lui saisie brutalement l'épaule. Son épaule blessée. Alors il hurla de douleur, essayant pitoyablement de se débattre, donnant plusieurs coups de pieds dans le noir total.

La lutte sembla interminable, mais bientôt, s'actionnant petit à petit dans un bruit bien distinct, l'éclairage de secours sembla se mettre en marche.

La pièce soudainement baignée de cette faible lueur salvatrice, Arnold vit alors clairement son "agresseur".
Son sang se glaça, véritablement, alors que son cœur s’arrêta et son estomac se contracta...


Vomir et par là s’exorciser de ces visions d'horreurs était un véritable luxe qu'il ne pouvait évidement pas se permettre.
Il marcha à l'instinct, et donna à ce monstre la seul chose qu'un être sains d'esprit donnerait : un énorme coup de pied.
Il toucha au milieu du buste squelettique, projetant l'étrange zombi grisâtre au bras horriblement atrophié, contre une vitrine qui se brisa alors en milles éclats.

Arnold rampa alors, misérablement, jusqu'à la statue au centre de la pièce, buttant alors sur deux cadavres difformes de monstres, et à leur pieds : numéro quatre.
Numéro quatre, ses programmes de combats, son absence de sentiments de peurs et son calibre douze. La machine le remit sur pied.
- Aller ! On s'tire d'ici fissa !
- A... Attendez. Il en manque. Bava péniblement Arnold.
- On s'barre putain ! Insista la même goule -celle avec le couteau-.
Il observa rapidement le groupe, deux manquaient à l'appel : Arlette et l'humain.
Arnold n'y réfléchis pas plus que ça, et prit immédiatement sa décision. Pas qu'il soit particulièrement courageux ou quoi que ce soit, mais cela s'était imposé de lui même dans son esprit.
- On laisse personne derrière.
Plusieurs silhouettes se découpèrent dans un coin d'ombre derrière eux, Arnold s’avança vers les escalier, hurlant avec ses dernières forces le nom de sa collègue.
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Bérenger Mauban
MessageSujet: Re: Le futur c'est du passé   Dim 6 Avr 2014 - 9:57

Plongé dans le noir, avec pour seule compagnie sa vision diurne, la robot attendait un assaut qui ne venait pas. Les capteurs de lumières fonctionnaient au maximum et malgré tout, la luminosité était trop faible pour qu’elle puisse clairement distinguer quelque chose. Tout se mouvait sous des formes floues, aussi elle avait vite abandonné l’idée de venir en aide à Arnold étant donné qu’il y avait une chance sur deux qu’elle l’abatte comme un chien par erreur.

Un mouvement.

Trop rapide pour être humain, faisant fi des règles d’engagement qu’elle avait l’habitude de s’imposer dans ce genre de situation, elle tira sans même prendre le temps de visée Le mutant s’écroula, le ventre haché au plomb, un second tenta sa chance en fonçant tête baissé , épaule en avant vers l’androïde qui tira trois coups à l’aveugle. La chance s’imposa comme une évidence quand la lumière revint, deux morts dans le noir total.

Sans compter Arnold qui venait de se découvrir une sensation proche de la joie après avoir survécu à un corps à corps faiblard avec une abomination. Tirant par le collet la goule qui fût forcée de se remettre debout ce qui restait du groupe ne se perdit pas dans un débat et alla droit au but : sortir d’ici.

Arnold ne voulait pas, il voulait retrouver Arlette.

Intérieurement ce fût un soulagement pour la machine, Ophelia était venue avec eux expressément pour elle. Sauver la goule s’imposait comme une obligation aux yeux de la machine que ce soit sur un plan amical où strictement éthique. Ne jamais laissé quelqu’un derrière était une obligation dans son escouade, les armures assistées et leurs pilotes se révélaient trop précieux pour êtres perdu. Pourtant, personne ne les suivit et ils retournèrent sur leurs pas.

La suite devint trouble à mesure qu’ils avançaient, la robot en tête ouvrant le chemin, faisant un carnage au contact comme à distance, utilisant tout ce qui était possible pour progresser. Le sauvetage presque inattendu d’Arlette et de l’humain qui s’enfuirent à toutes jambes suivi de près par Arnold et l’androïde.

Puis la libération, la lumière du soleil, presque aveuglante, ils avaient survécu.

S’accordant un instant de repos, la médecin remit en bandoulière son fusil à pompe et tâtonna sa clavicule : du sang violet s’écoulait sa plaie béante qui lui faisait souffrir le martyr malgré les apparences. Pire encore, sa tête avait du mal à se réhabituer à la diminution d’énergie et son cerveau positronique réclamait sa dose de courant. Le crâne d’Ophelia pulsait comme si celui-ci voulait s’affranchir du traitement que lui faisait subir sa propriétaire.

Jamais passé de la suralimentation à l’économie d’énergie n’avait été si éprouvant.

-Ca va ? Lui demanda le mutant bossu de tout à l’heure.
Elle secoua la tête.
Il s’agissait d’Arlette...
-Non, j’ai des halus et j’ai envie de me vider un tube d’aspirine.
Façon de parler pour l’aspirine.
-Allez, en route et éloignons-nous de ce foutu musée. Lança l’humain.

Se retournant une dernière fois, la machine toisa le bâtiment en ruine et ferma la marche. Fatiguée de toutes ces péripéties qui avait presque réussi à la tuer, encore. Pourtant, Ophelia avait la tête occupée : qu'allaient-ils devenir quand ils seraient à Nécrop', ils revenaient bredouille, sans rien, sans même l'indice d'une piste. Les fachos allaient les tuer à coup sûr, l'improvisation était de mise s'ils voulaient survivre à leurs persécuteurs. D'autant plus que la tension n'allait pas tarder à exploser à ce rythme-là.

*  *  *

Quel merdier, comment avaient-ils réussi ce coup-là? C'était précisément la question qu'il se posait, si elle pouvait survivre à un Armageddon mutant, les autres avaient eu beaucoup de chance. En tout cas, le problème était tout autre maintenant : les fachos et le missionnaire de la secte de timbré. Une intervention directe était exclue, il n'était pas assez fort, ni même assez talentueux pour tenir correctement une arme. Engin de mort qu'il avait en horreur, pourtant, la question n'était pas là :
Peut-on tous les sauver?
Aucune chance qu'il n'y ait aucun dommages collatéraux.
Qui doit mourir au nom de la ville?
Ophelia, Arnold, Arlette. Rien à faire, la première était imbattable sur bien des points et trop utiles sur l'échiquier des puissances en plus d'être en première ligne diplomatique.
Le second et la troisième prendraient de l'ampleur si ils avaient les compétences.
Quel merdier insoluble qui menaçait de lui péter à la gueule même du côté de ses amis. Comment justifier que c'était LUI qui avait le manuscrit, qu'il se terrait en ville pour éviter les vagues et que c'était son pragmatisme qui avait empêché la fine équipe de trouver le bouquin.
Maintenant ils revenaient bredouilles et risquaient de faire exploser la situation ici.

Quelle connerie qu'il avait fait.
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Arnold Habdaik "H"
MessageSujet: Re: Le futur c'est du passé   Dim 6 Avr 2014 - 20:55

Mais qu'est c'tu fous ? Dégages de là putain. Hurlait son instinct, affolé. Mais Arnold, assourdit par son épaule douloureuse, n'entendit rien. Alors il continua à tituber à la suite de numéro quatre, cette dernière dégageant à coups de crosse les quelques monstruosités qui tentaient des approches, et à coups de chevrotine quant ces saloperies se faisaient trop agressives.
En vérité, le musée s'était rapidement vidé une fois l'éclairage de secours allumé, mais une poignée de ces monstres rodaient dans le coin : un mouvement entre deux vitrines, une ombre derrière eux, un mouvement dans un coin sombre à peine effleuré par les projecteurs de secours.
La machine détecta le cri de l'humain et se dirigea à grands pas vers sa source. Ils découvrirent alors celui ci et Arlette dans une salle d'exposition, abrités derrière un banc renversé, armé d'un large éclat de verre brisé pour elle, et de la crosse de son pistolet ( vide ) pour lui. Une espèce de mutant au visage hideusement difforme et aux ( trois ! ) bras atrophiés. Le genre de bestiole qui n'aurait eut normalement de place que dans l'esprit tordu d'un écrivain fou. Les connexion neuronales du machin devait apparemment encore fonctionner car il comprit vite qu'avec ces nouveaux arrivant, il n'avait aucune chance d’attraper quoi que ce soit, alors il fit immédiatement demi tour, boitant jusqu'à une issue dérobée.

Il était plus que tant de mettre un terme à cette horrifique expédition. Arlette et l'humain sortirent rapidement de leur cachette, et le groupe repartit immédiatement en direction du grand escalier.
Merde, j'l'avais oublié celui là !
Sa douleur à la cheville s’amplifia à chaque marche, mais par le miracle de l'instinct de survie, l'adrénaline et son endurance de goule, il réussi l'ascension.



Ah... cette puanteur de boue, cette atmosphère lourde, cet air vicié, ils y étaient arrivés, les revoilà dans les ruines Parisienne !




* * *


Les rapides soins apportés par la machine ne firent rien à son esprit toujours plus fiévreux, et n'atténua malheureusement pas ses affreuses brûlures qu'Arnold ressentait de son épaule jusqu'à son coude à présent.
Heureusement que le Louvre ne se trouvait pas loin pour eux. Ils avaient traversés précipitamment le jardin du Luxembourg une fois sortie du musée, emportés par leur frayeur, passant au milieu des larges avenues sans se soucier d'autres choses que de mettre le plus de distance entre eux et l'endroit maudit.

Ses paupières devinrent subitement lourdes, alors que sa gorge, à présent totalement desséchée, devenait à son tour une source de douleur. Son esprit, bien trop embrumé, ne pensait absolument pas à ce qui devait l'attendre là bas, au Louvre.


Il ne savait pas depuis combien de temps il marchait, parfois même il oubliait d'où il venait, avec qui il était. En se tournant, la route sembla se prolonger jusqu'à l'horizon, et, en regardant à nouveau devant lui il vit pareil "distorsion" de l'espace : une route qui n'en finissait plus. Alors il baissa sa tête, plus ou moins concentré sur ses pieds, essayant de ne pas tomber dans une crevasse.

Arnold sentit subitement ses compagnons le distancer, ils s'étaient mis à courir. Impossible d'en faire de même pour lui, évidement, il ne fit que tomber lentement sur ses genoux, relevant la tête pour finalement découvrir une vision étrange du Louvre.
Les bâtiments étaient toujours les mêmes, mais il y avait un panache de fumé s'échappant par l'une des fenêtres. Arnold ne put se concentrer sur l'information, ne s'apercevant même pas de l'agitation alentours, se contentant simplement de sombrer une bonne fois pour toute dans l'inconscience.











* * *


Arnold s'était réveillé dans un "lit d’hôpital". Un matelas plus qu'usé posé sur plusieurs cartons en fait. Et deux jours plus tard, il s'y trouvait encore, le temps qu'un "doc" passe par là et se décide à pratiquer son art sur cette pathétique carcasse. C'était ça la clinique de Nécrotopia.

Et ces derniers temps, elle s'était retrouvée bondé. La situation, son voisin de chambre, une goule toujours de bonne humeur, lui expliqua. Tout c'était passé le plus simplement du monde. "Les mecs de la secte, là complètement tarés, mais genre tarés de chez tarés, j'chais pas c'tu vois mais ils traînaient de plus en plus dans le coin ces derniers temps"
- L'Ordre de l'Ordalie. Ouais j'connais
- Bah, ils ont butés le chef d'la "milice" pro-huamin, tsé les gonz' qui nous pétaient les couilles à nous autres dans toute l'aile Est.
La nouvelle c'est rapidement propagée, des goules ont vu alors là l'occasion qu'elles attendaient. Ça c'est pas mal fritté dans le quartier humain, et donc v'là, on se retrouve ici avec plusieurs blessés.

- Des morts ?
- Pas qu'je sache.
Enfin si, y a l'aut' là, leur grand chef. Mais lui j'le compte pas s'tu vois c'que j'veux dire.
Conclut il en soufflant lentement la fumée de sa cigarette.

Ainsi, tout c'était fini le plus simplement du monde semblait il. Evidemment, cela avait amené un élan xénophobe par la population goule envers les humains. Il semblait évident que dans les semaines qui allaient suivre, beaucoup quitterons le quartier. Certainement pour aller dans le métro... De toute façon de plus en plus minoritaire, la plus part des humains c'étaient préparées à partir.
- Bordel... Ça va scinder définitivement la population goule et humaine alors.
Le gars à coté tira une nouvelle taff, les râles d'un blessé dans l'autre pièce ne l’empêchant pas de savourer pleinement sa cigarette.
- Ah, quant est ce qu'ils comprendront qu'on est tous dans le même bateau ? C'est main dans la main qu'on construira quelque chose, pas flingue contre flingue.
Arnold grimaça en se tenant l'épaule, mais articula tout de même un "bien d'accord".
- Hé, t'as l'air d'en chier camarade. C'est vrai qu'ils ne fournissent pas gratuitement les anti douleurs ici...
Tiens, tires une taff ca t'calmera.
C'pas du tabac camarade.

- Hum... merci mais j'prend pas de ça moi.
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Bérenger Mauban
MessageSujet: Re: Le futur c'est du passé   Jeu 10 Avr 2014 - 18:39

-Alors tu pars ?
-Oui. Ici tout est terminé.
-Tu l’as fait pour Paris, ou pour nous ?
-Les deux.
-La prochaine fois que tu viens, ramènes-toi en casque bleu, gardien de la paix.
-Très drôle...
-Je ne veux pas que tu partes, je préférerais que tu restes.
-Hélas, hélas les humains ne sont plus les bienvenus et je ne suis pas ici depuis le début. Désolé, mais nous aurons d’autre occasions de nous voir.


Troisième jour à la clinique de Nécrotopia, combien de temps qu’elle ne s’était pas offerte le luxe d’une sieste ? Au moins elle avait eu le temps de se changer : la tenue noire avait cédé place à un vieux treillis de l’armée et une chemise. Tous les problèmes étaient réglés, maintenant, autant vérifié comment allait Arnold, le reste de l’équipe étant relativement intact.
Laissant son fusil sur le bureau, elle se permit le luxe d’y aller sans armes, pour une fois on pouvait qu’on pouvait se balader en ville sans risquer une agression.

Un endroit miteux, voilà comment on pouvait décrire la clinique qui commençait à sérieusement partir en lambeaux à mesure que les jours passaient. Dans la « salle » où les patients étaient entassés se trouvait Arnold, installé dans son lit et juste à en juger par sa mine qui se rapprochait plus de l’état de légume humain que d’être pensant une seule et unique conclusion s’imposait : il s’ennuyait à mourir.
C’était l’un de ses droits les plus légitimes quand on savait qu’il n’y avait quasiment aucune source de distraction dans le bâtiment.

Prenant une chaise, Ophelia s’installa à côté de la goule qui était dans son lit, une fois les politesses échangés, la rob-femme fût la première à entrer dans le vif du sujet :

-Bon, je suppose, que je vous dois des explications.

Et comment qu’elle lui devait des explications. A défaut de pouvoir montrer patte blanche dans les derniers événements et de lui raconter toute la vérité sur le rôle qu’elle avait eu. Celui-ci ne s’était pas limité à la garde de la clinique.

-Même si je n’ai pas chassé à moi toute seule les humains, je dois avouer que j’ai participé sur plusieurs points à... une expulsion dans les règles. Mais soit, ce n’est pas vraiment pour ça que je suis ici : il est possible et même carrément certains qu’on ait besoin de vous à la clinique. J’ai des connaissances médicales et scientifiques potables, même si je dois avouer que c’est trop faible en comparaison à ce que je voudrais. C’est pour ça que je voulais savoir si un mode de vie moins, nomade, vous tenterez. Disons qu’Arlette a des problèmes avec son cousin et le bilan est évident, donc elle ne pourra pas être présente pendant un petit peu de temps. Comme vous le voyez, les toubibs ici sont débordés et une paire de bras en plus ne serait pas de refus. Après, le choix vous appartient et uniquement à vous.

Toutefois, s’inviter ainsi à quelqu’un qui n’avait pas forcément envie de parler boulot sur son lit d’hôpital état plutôt impoli. Aussi elle sortit une paquet de cartes.

-Une partie ?


Désolé:
 
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Arnold Habdaik "H"
MessageSujet: Re: Le futur c'est du passé   Dim 20 Avr 2014 - 17:38

Interminable...

Depuis que son voisin de chambre ( la goule rigolarde, fumeuse de joint et toujours prompt aux bavardages ) était sortit de la clinique une fois "guéris" -en bref une histoire impliquant des sortes de champignons poussant sous l'ongle de l'annulaire gauche, menacent de se développer, solutionné simplement par l'amputation du doigts "contaminé"- le quotidien d'Arnold s'était sacrément terni.
La clinique entière s'était d'ailleurs rapidement vidée, le flot de blessés légers durant les émeutes ayant été rapidement soigné par les docteurs de la clinique ( bien que soigné et docteur devrait figurer entre parenthèses... ).

Mal nourri, menaçant de virer totalement au blanc cadavérique et le sourire pour jamais décroché de son visage semblait il, Arnold avait bien du mal à encaisser les heures passés et qui continuaient de s'accumuler dans ce mouroir.
L'ennui ? C'était le pire ennemi du bonheur, il en était à présent certain.


Arlette avait été la seule autre personne à lui parler régulièrement.
Son cousin Marcus était mort, et elle était abattue. Une pauvre chose à présent anéantie par une tristesse perpétuelle.
Arnold n'avait certainement pas besoin de ça en ce moment, la voire aux bords des larmes à chaque fois qu'elle évoquait la perte du dernier membre de sa famille... totalement déprimant.
Mais au fond, il ne connaissait qu'elle dans toute cette foutue ville et ne pouvait se permettre de la perdre en restant entièrement fermé à son besoin de réconfort. Le pire ? C'était certainement de s'apercevoir qu'Arlette aussi n'avait que lui à présent. La doc' avait quelques contacts, c'était sur... mais des amis ?

Ouais, tout était dépriment.
- Mais au fond, où qu'il soit à présent, Marcus est dans un monde meilleur. Ça n'a pas été un homme vertueux dans sa vie...
Mais j'me dis que l'Enfer ne peut pas être pire que là où on est.
Qu'il n'y ait rien après la mort ? Même ça c'est préférable que d'continuer à souffrir ici bas...

Mais que quelqu'un me passe des putains d'anti-dépresseur, au secours !
Il se savait être que d'un piètre soutien dans le deuil d'Arlette, mais il essaya de toujours rester à l'écoute et d'apporter ce qu'il pouvait comme réconfort. Au fond lui aussi connaissait parfaitement ce que c'était que de perdre le seul proche qu'il nous restait...


* * *


Et voilà qu'un matin se pointa en face de lui une machine en treillis militaire. Ouais, même dans sa tête cela sonnait vraiment bizarre.
- Au rapport Miss numéro quatre !
Il exécuta un semblant de salut militaire, s’apercevant rapidement que son humour déjà boiteux était absolument rouillé désormais.
- Ça fait toujours plaisir de la visite, surtout quant c'est de la part d'un super-ordinateur !
Il essaya d'esquisser un sourire sympathique.
Ah merde ! Décidément il ne se trouvait toujours pas à son aise devant cette machine.
Et celle ci embraya d'ailleurs rapidement dans le vif.
- Bon, je suppose, que je vous dois des explications...
Même si je n’ai pas chassé à moi toute seule les humains, je dois avouer que j’ai participé sur plusieurs points à... une expulsion dans les règles.

Wow, wow, temps mort bordel de merde !
- Comment ça une expulsion dans les règles ? Quelle expulsion ? J'croyais que la plupart des peaux lisses avaient levés le camps d'eux même et qu'il n'y avait pas eut de violence.
Les derniers "irréductibles" humains avaient ils été jetés dehors comme des mal propres par quelques excités "anti-humain" ? Plus invraisemblable :  Ophélia, participer à cela ?

- ... il est possible et même carrément certains qu’on ait besoin de vous à la clinique. J’ai des connaissances médicales et scientifiques potables, même si je dois avouer que c’est trop faible en comparaison à ce que je voudrais. C’est pour ça que je voulais savoir si un mode de vie moins, nomade, vous tenterez.
Arnold se passa une main dans les cheveux et remit son bandeau en place. Pourquoi elle se soucie autant de la communauté goule ? Pour qui tu travailles bon sang ?
- Une partie ?
Étonné, il se releva un peu plus de son lit.
Cette machine avait beau être plus intelligente que la somme des têtes d'ampoules qui l'ont conçue, au point de pouvoir réciter le dictionnaire ou comprendre la physique quantique certainement... Mais les relations humaines ça restait à revoir.
Balancer ce qu'elle venait de dire, et ensuite tirer un jeux de cartes comme si de rien était ? Sérieusement...
"Heureusement" quelque part, car cela rassurait un peu Arnold de voir qu'il avait bel et bien une machine devant lui, jusque là et mis à part son calme absolue lors des affrontements, Ophélia aurait très bien pues être une "simple" humaine.
Pour lui même la raison de son malaise était dure à expliquer... mais voir une machine se comporter exactement comme un être humain c'était incroyablement dérangeant.
- Je suis con mais pas au point de vouloir me mesurer à quoi que ce soit avec vous. Vous êtes un super calculateur nan ? J'ai aucune chance.
Il essaya de la regarder droit dans les yeux, mais ne put soutenir longtemps le poids de ce regard de métal.
- Besoin d'moi ici ? Rester au Louvre définitivement ?

Ben c'est ce qui était prévu pour moi : me fixer ici. Bosser à la clinique certainement, bien qu'j'ai pas encore envisagé toutes les possibilités qu'offrait cette communauté.
Mais la clinique... ouais ça nous offre un gite -un pauvre placard à coté d'ici-, c'est sur, mais c'est quasiment que du bénévolat. J’espère bien que dans les semaines qui vont suivre que la ville va s'organiser et que quelqu'un là haut va penser à nous rémunérer.
Les médecins c'est super important... c'pas malin d'ailleurs d'avoir jarté tous les humains, les docteurs devaient être en haut des listes pour avoir leur place dans un abri si vous voyez c'que j'veux dire. Les goules ont est quoi dans l'fond ? Les quelques paysans et ouvrier pas assez chanceux pour être dans un abri...
Bref j'ferme la parenthèse.
J'suis pas un doc' moi, j'y connais pas grand chose finalement là d'dans... mais j'ai mon utilité j'imagine. J'arrive à produire un simili-stimpack vous savez ? Les conneries de chimistes dans ce genre là, j'peux gérer.
Travailler en bénévole ça il n'en est pas question. Puis en vrai j'me demande même si j'ai envie d'aider des personnes qui n'en ont strictement rien à foutre de moi en retours.  
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Bérenger Mauban
MessageSujet: Re: Le futur c'est du passé   Jeu 24 Avr 2014 - 19:06

Grive ne sut pas sur l’instant si elle s’attendait à une telle réponse ou si cette dernière était effroyablement prévisible. L’hypothèse la plus claire était que l’androïde avait refusé purement et simplement la plus évidente des possibilités.
Pourquoi ?
Par excès de naïveté envers un monde cruel et parfois carrément irréaliste, aussi bien dans les agissements des gens qui le peuplait que par une trop grande foi en l’humanité. Après, la goule soulevait un point intéressant : pourquoi soigner des gens quand l’on ne recevait rien en retour, même pas un peu de gratitude ?
Le pouvoir : celui de pouvoir condamner quelqu’un en lui faisant miroiter une guérison, celui d’avoir les informations. La connaissance était l’une des plus grandes armes de l’humanité et ce depuis la nuit des temps. Ce n’était pas prêt de changer, qu’on le veuille ou non. Pour avoir déjà connu ce sentiment de domination totale, en bien et en mal, Ophelia ne troquerait pour rien au monde son savoir.

-Si j’en crois vos dires, vous êtes chimiste : vous avez la connaissance. Tuez quelqu’un est une chose, refroidir un type qui peut vous sauver la mise en est une autre. Si vous pouvez apporter quelque chose à quelqu’un, cette personne aura quelque chose à faire de vous.
Après, je comprends évidemment que devenir un pharmacien posé dans une clinique comme celle-ci n’est pas le meilleur des sorts. Mais à défaut d’être le plus enviable, ce n’est pas le pire. Ceci dit, je comprendrais parfaitement si vous décidez de partir, faute de payement et de gratitude.


C’était faux, c’était totalement faux ! Même si en tant qu’ancienne militaire aller au feu sans recevoir de remerciement avait été son pain quotidien, voir un chimiste refuser de servir le bien publique par orgueil et appât du gain la dégoûtait. Pourtant elle n’en montrait rien, si ce n’était un sourcil de levé en guise d’expression de colère. Mais déclencher un conflit verbal sur l’utilité des soins publiques n’était pas la meilleure des idées dans une clinique.

-La chimie, les atomes, c’est passionnant. Si c’est l’argent qui vous chagrine tant, vous pouvez toujours devenir, fabriquant de drogue ? Dit-elle avec une touche d’ironie. Au pire vous pourrez toujours revenir ici si le chômage n’a toujours pas disparu, ou si l’on vous force encore à aller dans un endroit glauque et que vous avez besoin d’aide.

Les atomes, le tableau des éléments, à son grand regret ses connaissances dans ce domaine se limitaient à la composition de la thermite et de quelques blindages d’engins terrestres et aériens. Rien de bien utiles dans la vie courante en somme : croisé un t-190 dans la rue n’était pas monnaie courante.

-Vous vous souvenez, en chemin sur le musée vous m'aviez demandé "si j'avais une conscience".

Grand instant ou elle n'avait rien sortie d'intelligent où d'utile.

-Je dirais que la conscience est le fait de savoir que l'on sait, que l'on connaît notre environnement mais que contrairement aux animaux nous avons parfaitement connaissance de nos actes. Nous sommes spectateurs du monde, et nous choisissons d'en être acteur ou non, tous les animaux n'ont aucunement conscience de ça. Avant nous la boucle de la nature se bouclait d'elle-même. Nous, nous choisissons quand on bouclera la nôtre. C'est cela qui fait de nous des êtres conscients, et par extension des êtres supérieurs aux animaux : nous pouvons modifier le monde. Nous avons eu l'énergie atomique en un temps record de l'évolution et je suis l'une des reliques du passé et de ce qui aurait pu être un âge entièrement robotique.

Ophelia regarda le paquet de cartes : le début de la blague commençait à prendre forme.

-En effet, je suis un supercalculateur sur pattes et c'était la première question d'une batterie de tests pour savoir si les goules sont égales aux machines ou si vous représentez une menace pour la seule et unique race qui peut se perpétuer sans l'union d'un individu mâle et femelle. C'est cela la conscience : déterminer quand un être est pur ou non, inférieur ou non. Même si les goules sont un cas à part : des humains qui ont muté à cause des radiations, qui se sont adapté. Comme l'a dit Darwin "Les espèces qui survivent sont celles qui s'adaptent le mieux au changement". C'est pour cela que nous sommes supérieurs : nous avons survécu à l'apocalypse en nous adaptant au changement.
Vous faite parti de la race parfaite et je suis l'apogée de la science.


Trop dur de ne pas rire, tant pis pour l'absence d'hormone mais se retenir de rire en voyant la mine de la goule après son monologue d'extrémiste qui frôlait quasiment la xénophobie et le racisme devenait impossible. La robot se retint de rire à grande peine et se mit une main devant la bouche en toisant avec un air amusé la goule qui visiblement s'attendait à tout sauf à une mauvaise blague.

-Désolé pour mon humour merdique. Mais la tentation était trop forte en voyant votre air blasé. Sincèrement, nous sommes des survivants des bombes atomiques et ce serait navrant que l'on ne saisisse pas cette chance de nouveau départ. Pour avoir connu la guerre contre les chinois je peux affirmer que le monde d'avant-guerre était bien pire sûr bien des points. Au moins ici on nous accorde le droit de mourir et pas d'agoniser en étant relié à une vingtaine de câbles et autant de machines. Dit-elle avec une touche d'ironie et de sarcasme.
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Arnold Habdaik "H"
MessageSujet: Re: Le futur c'est du passé   Dim 27 Avr 2014 - 11:07

- [...] Si vous pouvez apporter quelque chose à quelqu’un, cette personne aura quelque chose à faire de vous.
- De la reconnaissance pour mon travail ? J'en ait rien à s'couer et puis combien de temps ça dure la reconnaissance hum ? Je me fout de ce genre de choses, tout ce que je veux c'est cesser de survivre et commencer à vivre. Les deux semaines que j'ai passés à la clinique, je n'ai été payé qu'avec une ou deux boites de conserves la journée, voir de la viande fraîche ou des putains de fruits mutants si je tombe sur un éleveur ou un agriculteur pas trop pingre.
Ah, mais au fond, une machine pouvait elle faire preuve d'empathie ? Se mettre à sa place, imaginer ce qu'il endurait. Une machine peut elle se mettre à la place d'un "organique" ?
- Vous ne savez pas ce qu'est la faim, hein ? D'avoir la dalle à ne plus pouvoir réfléchir à autre chose qu'à trouver de la bouffe par tout les moyens...
Rien qu'à penser à toute ces fois où il s'était retrouvé sans avoir rien à grailler pendant une journée entière, sa tête se remettait à tourner. Qu'est ce qu'Ophélia pouvait savoir de cela ? Arnold s'était permis d'insister un peu la dessus à cause de cette légère forme de dégoût ou de mépris qu'il avait perçu dans les mots choisies par la machine.
- C'est bien sympas de se placer en modèle d'altruisme, vraiment, mais comprenez moi bien : vous pouvez vous permettre cela, mais pas nous autres pauvres "mortels".
Tout les bons sentiments du monde et l'aide bénévole fournie dans une clinique aux loqueteux de tout horizons ne nourrissent pas son homme.
La triste vérité ? Dans ce monde le philanthrope finit inévitablement par crever la gueule ouverte, sans le sous. Le connard égoïste ? Lui il s'en tirera pas trop mal.

Ça, c'était un fait établis.

Elle lança ensuite sur une forme d'humour la possibilité de ce lancer dans la création et la vente de drogues. Il ne releva même pas. Pour ce genre d'entreprise il fallait les installations, les matières premières et la connaissance. Pour le dernier point Arnold pouvait assurer de tête une recette plutôt fidèle au psycho d'avant guerre, mais pour les deux premiers points c'était carrément problématique.

- Vous vous souvenez, en chemin sur le musée vous m'aviez demandé "si j'avais une conscience".
[...]

Arnold ne tint pas longtemps faces aux réflexions sur la conscience de numéro quatre, ses idées heurtant celle totalement contraire d'Ophélia. Nous sommes supérieurs aux animaux car nous pouvons altérer durablement notre environnements ? Sérieusement ? Elle lança ensuite l'exemple de la bombe atomique comme preuve d'un quelconque "aboutissement" de l'intelligence humaine...

Miss numéro quatre semblait bien lancée dans son monologue, alors il n'intervint pas, gardant ses pensées pour lui.
En ce qui concernait l'absence de conscience chez l'animal, Arnold était en parfait désaccord, pour lui la plupart des mammifères étaient doués d'une conscience, celle ci ne s'exprimant qu'à un "degré" différent de celle des humains. Et quant à la prétendue "supériorité" de l’être humain, l'aboutissement parfait de l'évolution. Ah ! J'm'en tape le cul par terre. Voilà une analogie qu'il aimait bien faire sur ce sujet : l'humanité était exactement comme des micro-organismes qu'on observerait en laboratoire. Là, dans leur milieu nutritif, se développent, grandissent toujours plus... jusqu'à bouffer totalement leur milieu, se tuant eux même enfaîte par leur incapacité à gérer leur relation avec leur milieu. Ouais, comme des pauvres connards de bactéries dans une boite de pétri, voilà ce qu'était l'humanité. Pareillement, une bactérie, à son niveau tellement ridicule de conscience, essayant de trouver un sens à sa vie à ses actes se risquant au concept de puissance divine ( qui en fait n'était qu'un pauvre connard en blouse blanche dans son labo, lui même tiraillé par ses mêmes questionnement ! ) avait une grande ressemblance à un individu humain. Cet individu voyant clairement son incapacité à changer le comportement de la masse, condamné à périr avec eux une fois... le milieu consommé ?

La question qui tracassait énormément Arnold étant : ce destin était il immuable ?

Ophélia ne s’arrêta pas là, oh non. Elle s’enfonça dans un délire eugénique d'androïde? "C'est cela la conscience : déterminer quand un être est pur ou non, inférieur ou non" Merde ! Mais qu'est ce que c'est que ces conneries ? Vous faite parti de la race parfaite et je suis l'apogée de la science.
Ah, une machine vous disant sur un ton parfaitement posé et dénué de tout simulacres d'émotions qu'elle est en tout point supérieur, le summum de la technologie et plus encore : de l'évolution des espèces ! Le genre de parole à vous foutre les sueurs froides du scientifiques s’apercevant que trop tard qu'il venait de créer un monstre robotique échappant à tout contrôles !
Le visage blafard de la goule s'affaissa pour laisser place à une totale incompréhension, un mal aise croisant et out un tas d'agitation émotionnel.

Ophélia... ria. Ouais, elle se fendait la poire.
- Désolé pour mon humour merdique. Mais la tentation était trop forte en voyant votre air blasé.
Quelle poise, il fallait que le seul androïde qu'Arnold ait rencontré possède un programme d'humour plus que douteux.
- Faudra qu'on m'explique l'utilité qu'à une machine de venir railler un pauvre homme dans son lit d’hôpital.
J'suis trop vieux pour ses conneries.
Passez moi la canette de vin dans mon sac.

Ophélia calcula la trajectoire parfaite pour envoyer la canette dans la main d'Arnold en un minimum de temps. Enfin peut être, sait on jamais.
Il décapsula, glissant l'anneau dans sa poche, et se délecta de ce délicieux breuvage.
- C'est marrant de voir qu'on trouve plus facilement du château La Pompe que de l'eau pure par ici.
Pour ajouter à son malheur Arnold n'appréciait pas tellement le vin. Franchement : c'est âpres, amer et après toutes ces décennies dans ces foutues boites ça a pris le gout du métal. C'est dégueulasse bon dieu !
- Sincèrement, nous sommes des survivants des bombes atomiques et ce serait navrant que l'on ne saisisse pas cette chance de nouveau départ. Pour avoir connu la guerre contre les chinois je peux affirmer que le monde d'avant-guerre était bien pire sûr bien des points.
- On vous a programmée dans le genre optimiste vous ?
Vous verrez, avec le temps ça vous passera. Et puis le pessimisme une fois qu'on s'y habitue, ça devient presque plaisant.

Arnold s'était découvert cette forme de cynisme latent dans la plupart de ses conversations. Étrange pour un homme qui avait vécu des années dans la solitude, attendant impatiemment de trouver une autre personne seulement pour le plaisir de converser ! Les ruines de la capitale, en seulement deux semaines avaient eut raison de lui.
- Ok, ok, j'vois bien que mon ton ne vous plait guère mais ! Et il leva sa canette presque vide pour "marquer le coup", le vin commençant déjà à lui taper sur la tête. Dans le fond comme dans la forme voilà la question qui a mis le plus à mal mes espérances sur un futur meilleurs, radieux et bien... naïf : Pourquoi le VEC ? Pourquoi la bombe atomique ? Pour la Guerre ? Tout ce qui est advenue... devait il advenir ?
L'Histoire... oui l'Histoire n'a t-elle ne serait ce qu'un sens ? Ou bien tout n'est que chaos, bruit et fureur qui ne signifie rien ?

Et en plus finir sur une référence à MacBeth.

Ça mon bonhomme c'est ce qui s'appel la Classe.
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Bérenger Mauban
MessageSujet: Re: Le futur c'est du passé   Ven 2 Mai 2014 - 9:38

-L'Histoire... oui l'Histoire n'a t-elle ne serait ce qu'un sens ? Ou bien tout n'est que chaos, bruit et fureur qui ne signifie rien ?

Belle réflexion, sans doutes tiré d’une oeuvre déjà existante, mais cité quelqu’un n’enlevait en rien le prestige de la remarque. La goule avait levé sa canette, et à en juger par la façon dont il tenait le récipient, l’objet en question devait être vide. Ou pas, le vin l’avait peut-être assez alcoolisé pour qu’il se mette à faire des gaffes à tout va. Les goules étaient-elles plus sensibles que les humains à l’alcool ou alors Arnold était juste quelqu’un qui buvait pour la première fois de la bibine ? Quoi qu’il en soit, à une citation déformée, on répondait une citation déformée, histoire d’éviter de bousculer la psyché de la goule qui devait avoir été secouée par le monologue précédent.

-J’ai envie de dire « dieu ne joue pas aux dés » pour reprendre Einstein. Si vous êtes athée comme je le suis, je vous répondrais bien nous avons eu ce que nous avons mérité. Peut-on passer pour des saints quand l’humanité entière pèche contre elle-même ? Je ne pense pas, l’histoire en elle-même n’est qu’un concept philosophique qui passe aux oubliettes. Nous connaissons les erreurs du passé, et nous prenons un plaisir masochiste à les répéter. Si ce n’était pas le cas, je n’aurais pas cette conversation avec vous : on m’a crée pour tuer les salops d’en face, pas pour mourir au nom de la France où jouer les historiennes philosophes.
Mais je ne réponds pas à votre question : l’histoire n’a de sens parce qu’on a voulu lui en donner un, libre à vous de donner votre définition.
Pourquoi le VEC et tout le reste ? Même si je sais que je réponds à côté, c’est qui est advenu devait advenir d’une certaine façon : l’homme aime voir les résultats de ce qu’il a fait. Une guerre peut durer quatre ans et faire des millions de morts. C’est sans doutes pour ça que contrairement à vous je préfère ma petite vie à la clinique : tant qu’il y aura du soleil et des piles à fission je vivrais. J’ai tout mon temps pour voir la vie changer.


Le temps, cet instrument de lenteur, cette chose immuable et fixe, elle avait tout simplement eu la chance de naître sans être affectée par le cours du temps : elle observait tranquillement le flux temporel qui l’entraînait, ne craignant ni les maladies, ni même les vices humains. C’était une bénédiction et pourtant ce don du ciel finissait par devenir une malédiction : on voyait ses amis mourir, on s’en faisait d’autres alors que l’on sait pertinemment qu’ils mourront à leurs tours. Malgré tout, l’une des rares choses qui lui permettait de tenir bon face à la tempête de malheurs qu’était l’apocalypse était la soif de connaissances. Même si son parcours n’était pas celui de Justine et se rapprochait plus de celui de sa soeur Juliette, la survivante avait parfois l’impression que le monde avait été écrit par le marquis de Sad en personne.

Il est vrai que jouer les crapules rapportait bien plus que d’être un saint, pourtant c’était à cela que se mesurait le courage : être différent de la masse et ne pas être juste un mouton. Même si au final le résultat était inverse à l’idée de départ : on se faisait tondre bien plus souvent que si l’on s’était fondu dans la masse.

-Le temps, c’est aussi une malédiction : on voit ceux qu’on apprécie mourir, on finit par perdre le contact avec les gens qu’on aime. Je me suis souvent demandé ce qui était arrivée au reste de, ma série, qu’est devenue la clique de stratège dont je faisais partie, m’ont-ils oublié ? Sont-ils morts ?  Ou alors sont-ils partis très loin d’ici ?

Avaient-ils fuis la France pour ailleurs, pour un coin reculé du monde où autre ? Ou bien le groupe de stratège c’était dispersé dans la nature, sans laisser aucune trace d’eux et la survivant n’était alors plus que la dernière relique d’une série de stratèges mécanisés.
La numéro quatre, l’un prestiges technologiques de dotech comme tout ses congénères rob-hommes.
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Arnold Habdaik "H"
MessageSujet: Re: Le futur c'est du passé   Dim 4 Mai 2014 - 14:41

[...] J’ai tout mon temps pour voir la vie changer.
La goule gratta la peau sèche de ses avant bras décharnés, mais ce qui l'irritait le plus en vérité c'était bien son incapacité à comprendre la machine, ce qu'elle essayait de lui dire... Pour Arnold, une machine aussi évoluée que celle qui se tenait là, devant lui ( cela il commençait tout de même, peu à peu, à l'accepter comme un fait "normal" ) était premièrement bien plus intelligente que lui et deuxièmement, de ce fait, devait choisir exactement et parfaitement chaque mot qu'elle employait pour décrire au mieux ( bien mieux qu'aucun être humain ) ce qu'elle voulait dire, transmettre...etc. Mais là, définitivement ce n'était pas le cas.
- Ainsi... vous vous décrivez comme une machine athée qui pense que l'histoire humaine est dénuée de sens. Hum.
Si j'étais quelqu'un d'intelligent, je pense qu'il y aurait beaucoup à dire là dessus.
Mais je suis las, fatigué et j'en ai plus que ras le bol d’être enfermé dans ce mouroir.
Marchons un peu.

Il se dégagea lentement du lit d’hôpital, ne tenant sur le sol froid de la clinique que par un équilibre précaire mais bientôt assuré grâce à la béquille qu'alla lui chercher Ophélia.
- Merci... Ophélia. D'ailleurs, c'est vous même qui avez décidée de vous appeler ainsi ou tout simplement vos concepteurs ?
La canne frappait bruyamment le sol au contraire de ses pas traînant sans bruit sur les dalles du Louvres. Les goules qu'ils croisèrent, bien qu'ayant perdues leur apparence humaine, n'avaient aucunement oublié politesse et savoir vivre, s'écartant pour laisser passer "l'infirme" qu'il était. La mine blafarde et les haillon que portaient Arnold accentuaient encore plus la pitié qu'il inspirait.
- Une question qui me tracasse à votre sujet : je me demande vraiment comment un modèle de cyborg militaire a pu développer... plutôt devenir, comment dire ? Devenir ce que vous êtes. De machine programmée pour tuer, j'imagine, à une androïde "philanthrope", d'un soldat éliminant des cibles à doc' dans une ville de goules !
Je veux dire... il ne me semble clairement pas utile à vos programmeurs d'implanter une véritable intelligence artificiel, capable de remords entre autre, dans une arme qui avait pour but de tuer d'autres hommes.


Arnold prit la direction de l'extérieur à la première occasion, trop de temps s'était écoulé lui semblait il, trop de temps à ne plus sentir les rayons du soleil tempérer sa peau rêche, le souffle poussiéreux des ruines parisiennes emplir ses poumons.
Le ciel était torturé, mais sans annoncer le moindre orage aussi des dizaines et des dizaines de goules se trouvaient à l'extérieur du Louvre, profitant des dernières brèves lueurs du soleil et de la tiédeur qui se dégageait du bitume sous leur pieds.
Il longea le bâtiment, boiteux qu'il était préférant prudemment ne pas trop s'éloigner d'un sol ferme et régulier pour la terre et l'asphalte brisé. Toujours en présence d'Ophélia, s'apercevant petit à petit que c'était la seule compagnie en deux semaines passées ici qu'il appréciait. Non pas apprécier au sens strict du terme, intéressante serait plus juste. Je parle avec un androïde. Cette pensée résumait tout, en effet.
Ils passèrent à coté d'un groupe de goule, assises autour d'un bloc de béton servant de table où était disposé cartes, stylo, mug à café et paquets de feuilles jaunies.
" ... attaquer ces enfoirés dans l'métro, avant que eux ne le fassent... "
" Calmes toi putain, t'es fou ou quoi, c'est l'enculade mutuelle assurée ton affaire, et puis...  "

Arnold ne prêta pas longtemps oreille aux divagations de cet abruti. S’arrentant tout de même en face de l’ossature des pyramides du Louvre une nouvelle pensée le frappa :
- Pourquoi d'ailleurs nous aider nous, les goules. Pourquoi ne rejoignez vous et n'aidez vous pas plutôt les humains dans le
métro ?
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Bérenger Mauban
MessageSujet: Re: Le futur c'est du passé   Mar 6 Mai 2014 - 13:10

- Pourquoi d'ailleurs nous aider nous, les goules. Pourquoi ne rejoignez vous et n'aidez vous pas plutôt les humains dans le métro ?

Grande question : l’androïde s’était souvent demandé pourquoi elle restait à Nécrotopia, sans doutes car les humains ne voudraient pas d’elle où essayeraient de l’ouvrir de haut en bas pour comprendre comment elle fonctionne.
Une armée de robots faits avec de la récup’, l’idée prêterait à sourire si elle n’était pas techniquement faisable. Mais l’idée d’avoir un jour une légion de tas de ferraille aussi évolués qu’elle ne serait pas pour aujourd’hui. De toute façon l’humanité n’était pas prête de se remettre de cet apocalypse nucléaire et une idée aussi folle n’était pas pour tout de suite.
La discrimination, voilà la raison de sa présence ici : les humains restaient toujours aussi fermés, même ressemblé à un humain ne suffisait pas pour être accepté. Les machines avaient encore de longues années d’errance avant de trouver un endroit qui leur conviendrait. L’humanité, contrairement aux goules n’avait pas encore l’air de réussir à encaisser le choc de voir des machines conscientes.
Mais en voyant Arnold, la survivante se disait qu’il y avait encore du travail avant d’obtenir quelque chose de vraiment viable.

-La réponse est dans votre question précédente : pourquoi accepter une machine qui a été faite pour tuer ? J’aurais beau dire que je suis amicale je risque surtout de me prendre des volets de pierres.
Avant la guerre on ne vivait que pour le front et notre existence était inconnue du public, ça n’a pas changé depuis aujourd’hui. J’ai choisi de rester ici car les goules ont encaissé le fait d’être ce qu’elles sont, même si ça n’empêche pas certaines d’être toujours fermé d’esprit au moins je sais que les gens sont un peu plus tolérants.
De toute façon, c'est avec les années que je suis devenue plus "humaine". Après, faut se rappeler qu'une machine fait des tâches car on les lui a apprise, quand un robot comme moi franchit la limite en sachant apprendre par lui-même et en étant donc par extension auto évolutif. Faut pas s'étonner qu'au contact des humains ils finissent par déteindre sur des androïdes tels que moi.


De toute façon, le jour où ma peau artificielle sera détruite je n’aurais plus vraiment le choix, je devrais retourner ici. J’ai été l’une des premières à m’installer ici, alors j’ai pas vraiment le coeur à quitter l’endroit.
Evidemment il y avait un mais. Ce n’était pas exclusivement par nostalgie qu’elle restait ici, mais aussi par un certain désir de « revanche ». Elle s’était faite abandonner, le gouvernement avait plié bagage sans se soucier des machines qu’ils laissaient en plan. Même si ça pouvait paraître suspect de rester ici exclusivement par nostalgie, Ophelia préférait sans tenir à cela pour l’instant. Inutile de déballer son ressenti sur le gouvernement a une goule qui ne savait sans doutes pas tout ce qu’elle savait sur l’armée.
De toute façon, elle avait tiré une croix sur l’armée, la guerre c’était fini pour elle, de toute manière il n’y avait plus de gouvernement ici. Hormis le métro et Nécrotopia le reste de la civilisation s’était scindé en tributs où gang de psychotiques qui ravageaient tout ce qu’ils voyaient.
Comme si la capitale avait besoin de ça, d’ailleurs comment Arnold avait-il réagi en découvrant Paris dans un tel état ? Grive, elle, connaissait déjà les lieux et le choc n’en avait été que plus dur, mais le plus incroyable c’était de voir la tour Eiffel encore debout. Un monument à la gloire de l’industrie française qui tenait le choc d’une bombe atomique, il y avait de quoi forcer le respect.

-Et vous alors ? Vous me posez des questions depuis tout à l’heure. Quelle impression avez-vous eue en voyant la capitale dans un tel état, avec une tour en fer qui tient le choc malgré les années. Contrairement à moi n’avez pas dû avoir le luxe de voir un champignon atomique dépassé en hauteur la tour Eiffel. Pour avoir vu Paris avant l’occupation chinoise, pendant et après les bombes, je dois avoué que la ville n’avait pas vraiment besoin de tout cela. Mais comme vous le voyez, le retour à la « civilisation » commence à se faire, même si les vices de l'humanité sont plus présents que jamais.  
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Arnold Habdaik "H"
MessageSujet: Re: Le futur c'est du passé   Mer 7 Mai 2014 - 18:52

- La réponse est dans votre question précédente : pourquoi accepter une machine qui a été faite pour tuer ? J’aurais beau dire que je suis amicale je risque surtout de me prendre des volets de pierres [...]
Appuyé pesamment sur sa canne comme le vieillard qu'il était d'une certaine manière, Arnold écouta avec attention les paroles de la machine humanoïde, son regard se promenant dans les alentours.
Il y avait aux pieds de l’ossature d'une des pyramides du Louvre tout un groupe de goules, assises comme debout, plaisantant, discutant et riant autour d'un feu allumé dans un bidon, où cuisait sur une grille placée au dessus ces espèces de gros rats mutants appelés "raliénés".
Son regard le mena ensuite vers le petit groupe de "comploteurs" qu'ils avaient croisés il y a peu, toujours penchés sur les cartes du métropolitain, l'endroit même où s’agglutinait ce qu'ils percevaient comme une véritable menace.
Puis il vit une goule portant un bleu de travail facilement centenaire vu son stade d'usure -encore plus décomposé que la goule elle même !- bricolant un vieux poste de radio avec une paire de pinces et une pile à fission.

Arnold se tourna enfin vers Ophélia.
- Vous cherchez des différences là où il n'y en a pas.
Goules, humains... l'opposition n'a pas lieu d’être.

Il inspecta les alentours direct et choisi de se poser sur le bloc de béton le plus proche avant de continuer, une fois assis :
- Ont est pareils. Voyez : la différence entre un humain con et un humain intelligent est exactement la même qu'entre une goule conne et une goule intelligente.
Pourquoi les humains du métro seraient ils plus prompt à vous démonter les circuits plutôt que la population du Louvre, franchement ?

Arnold souffla un long moment, sa blessure à l'épaule lançant encore quelques cris de douleurs dans son agonie.

Numéro quatre sortie de ses... réflexions ? et le questionna :
- Et vous alors ? Vous me posez des questions depuis tout à l’heure. Quelle impression avez-vous eue en voyant la capitale dans un tel état, avec une tour en fer qui tient le choc malgré les années. Contrairement à moi n’avez pas dû avoir le luxe de voir un champignon atomique dépassé en hauteur la tour Eiffel.
Nan, contrairement à vous j'n'ai pas eut ce "luxe", pensa-t-il acide, juste le plaisir de ressentir les sentiments humains les plus horribles et les plus forts de peurs et d'une terreur absolue, pauvre gosse blotti dans le sous sol de sa baraque avec sa sœur alors que l'Apocalypse s'abattait sur nous et que notre monde d'enfant s'effondrait et était marqué à jamais en même temps que ma maison était littéralement soufflé et le pays tout aussi marqué à jamais par cette tempête de feu.
Ophélia, que sais tu... de la Peur ?
[...] Mais comme vous le voyez, le retour à la « civilisation » commence à se faire, même si les vices de l'humanité sont plus présents que jamais.
- Bha, en quoi connaitre mes impressions lorsque j'ai découvert les ruines de la capitale constitue une information que vous jugez importante ?
Il conclu simplement et le plus platement du monde par un "dans le fond on s'en fout"
- C'est bien sympas de faire attention au pauvre miséreux que je suis, mais vraiment faudra que vous m'expliquiez pourquoi.
Je me doute bien que c'est pour m'inciter à bosser à la clinique mais... non sérieusement, mes connaissances sont bien trop faibles, à moins de pouvoir m'organiser une retraite dans une bibliothèque et déchiffrer des bouquins de sciences pendant des décennies ou, mieux, ressusciter un pauvre connard de prof d'avant guerre qu'aurait la patience de m'enseigner deux trois ficelles, j'pense franchement pas que je serais d'une quelconque utilit...

Une petite bande de goules à l'air hargneuse s'était avancée.

- Hé, z'etes priez de dégager d'cette ville. Que les deux cons qui ont aidés la milice des peaux lisses restent au Louvre après qu'on ait dégagé cette vermine, ça j'veux pas.
Assis sur son rocher Arnold ne pu réprimer un ton acerbe :
- Ouais et moi j'voudrais une pomme fraîche mais hé, on a pas toujours ce que l'on veut.
Le meneur le méprisa d'un simple regard. Derrière lui Lorel et Hardy, complètements perdus dans leur rôles de "blousons noirs", à noter tout de même qu'un de ces deux larbins avait un pistolet à barillet dans son holster.
- C'est un sketch ou t'es juste phénoménalement con ?
Arnold s'était lever. Pas pour "en imposer" ça non, du haut de son mètre soixante quinze et armé de sa canne la probabilité de terroriser qui que ce soit était bien faible. Mais ne venait il pas, bordel, de survivre au musée des horreurs et ses putains de monstres mutants tout droit sortit de l'esprit malade d'un écrivain taré ; tout ça c'était pas pour se faire botter le cul par cette misérable vermine se prenant pour un caïd.
- Tu veux jouer au con ?! Tu m'connais pas putain !
Il "dégaina" son cran d’arrêt, sans réelles intentions de s'en servir dans son regard qui se voulait pourtant intimident.
- On veux pas des salopes qu'on vendues leur culs à ces tarés d'la milice ici !!
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Bérenger Mauban
MessageSujet: Re: Le futur c'est du passé   Dim 11 Mai 2014 - 19:42

Pourquoi Grive se montrait-elle amicale et serviable à l’égard de la goule ? Par simple altruisme.

-Tout comme ma « conscience » peut vous sembler dur à croire, j’ai du mal à encaisser le fait que vous ne pouvez plus voir des choses simples comme la politesse où aider autrui comme des actes désintéressés. J’essaie juste d’être cordiale, serviable et sympathique.

Première fois qu’elle devait expliquer sa gentillesse, le monde avait changé, mais à ce point... L’instant émotion et dialogue se termina sur ces dernières paroles : elle voyait déjà les problèmes se profiler avant même que les premiers symptômes se fassent sentir. Des goules, pas vraiment amicale à en juger par la mine du chef. Mais mieux valait qu’ils déclarent leurs intentions avant de songer à une réaction adaptée.

- Hé, z'etes priez de dégager d'cette ville. Que les deux cons qui ont aidés la milice des peaux lisses restent au Louvre après qu'on ait dégagé cette vermine, ça j'veux pas.

Le ton était donné. Si les trois types étaient aussi efficaces que les guignols du musée il y avait peu de chances qu’ils soient dangereux. Pourtant rien n’était sûr, surtout quand le chef avait un cran d’arrêt et qu’un de ces larbins possédait un revolver.
En plus d’avoir la supériorité numérique avec eux.
Malgré tout, si le meneur ne s’était pas encore décidé à planter quelqu’un c’était une preuve de son hésitation.
L’altercation continua avec une pique d’Arnold.
Puis une succession de menace du caïd qui pensait vraiment avoir la situation entre les mains.

-Magnifique exemple de courage, de force et d’honneur. Jeanne d’Arc et Jean-Moulin seraient fiers. S’attaquer à un estropié et une femme...

Si ça avait été une vipère elle aurait craché une bonne giclée de venin au visage du caïd. Malheureusement c’était une machine, elle ne pouvait qu’envoyer des paroles et aussi empoisonnée soient-elles ça ne remplacerait pas du cyanure.
Le meneur reporta son attention sur l’androïde qui était à deux doigts de la pleine puissance. Même si les yeux n’avaient pas viré au bleu électrique ils avaient quitté leur teinte argentée. Mettre en colère une machine, aussi amicale soit-elle n’était pas une excellente idée, pourtant l’idée de provoquer un carnage sanguinaire dans la fureur la plus totale ne lui était pas encore venue à l’esprit.
Même si ça ne s’aurait tardé à en jugé par la situation.

-T’étais où pendant que la milice nous mettait un couteau sous la gorge ? Je vais te le dire, chez toi à prier pour ta vie, nous au moins on a fait bouger les choses, en bien ou en mal qu’importe. Toi t’attend comme un charognard et t’essai de faire ta loi quand y a plus de danger.
Tu comptes te présenter où c’est ton cure-dent que tu vas essayer de nous présenter ?


Le caïd s’approcha de l’androïde, l’air méchant.
Ophelia fût la première à réagir et envoya une claque à la goule qui tomba par terre en se tenant l’oreille.

-Chienne, je te retrouverais...

Relevé par ses deux acolytes, ils s’en allèrent la tête basse. Le chef se tenant ce qui était jadis son lobe droit en maugréant des insultes à l'égard de l'androïde qui regardait le trio s'éloigner.
Les statues de grands hommes qui peuplaient le Louvre auraient honte de voir des individus comme cela dans un musée de cette envergure.

-La connaissance, voilà ce qui manque au monde, aussi bien l’actualité qu’on peut lire dans un journal que le savoir de livres. On oublie comment les choses se font, qui a découvert quoi, comment le monde s’est créé. Maintenant des gens s’adonnent au cannibalisme alors qu’ils vont sûrement en crever, bientôt quoi ? S’indigna presque Grive. On est agressé par des abrutis tout ça parce qu’on a coopéré de force avec la milice, la faute au manque d’information je dirais. Mais c’est une preuve comme une autre que le monde part en vrille.
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Arnold Habdaik "H"
MessageSujet: Re: Le futur c'est du passé   Sam 17 Mai 2014 - 17:56

Ophélia passa devant lui, se plantant bien en face de la goule qui n'avait plus que son misérable couteau pour faire barrage. Arnold imagina peut être plus qu'il ne vit réellement l'expression du caïd de bas étages se changer un bref instant en un masque de frayeur. Mais il ne céda pas un pouce de terrain, à vrai dire il en imposait plus physiquement que la machine à l'apparence d'une humaine fluette, ce gars là avait plus d'une tête de haut mais clairement un cerveau en moins d'écart par rapport à Ophélia.
- Magnifique exemple de courage, de force et d’honneur. Jeanne d’Arc et Jean-Moulin seraient fiers. S’attaquer à un estropié et une femme...
Arnold se crispa à ces derniers mots, les sourcils froncés réfléchissant un instant sur ce que cela révélait sur la "personnalité" de numéro quatre.
Elle se pencha comme légèrement, même d'ici il sentait les circuits de la machine chauffer. Il sortit de son module vocal ( ou quoi qu'il en soit ) paroles incisives sur ton glacial. A une longueur de bras d'Ophélia le petit caïd ne pouvait que constater qu'il avait bel et bien en face de lui une machine, pensant pour la première fois à ce que cela impliquait, au ridicule niveau de dangerosité que constituait son canif bon qu'à esquinter la carrosserie métallique de son adversaire. Mais se rendait il compte aussi de la simplicité que c'était pour l’androïde de le tuer ? En l'attrapant plus rapidement que ne pouvait enregistrer son regard la gorge de la pauvre goule et d'une vulgaire pression hydraulique lui briser le cou...
Et bien non.
Elle se permit tout de même un acte de violence symbolique .
La taloche qu'il se prit fut encore plus humiliante qu’inattendu.

-Chienne, je te retrouverais...
Recadré qu'il avait été, il ne lui restait plus qu'à récupérer les bout de sa dignité éparpillés au sol puis repartir la queue basse. Les deux zigs remirent sur pied leur chef, aller savoir ce qu'il se passait dans leur tête à ces deux là, certainement pas grand chose au vu de leur regard moitié hébété moitié vide de toute trace d'intelligence.

Le trio quitta bientôt leur vue sans plus de grabuge.

Et le silence qui s'en suivi fut... profond. Pour cause, les quelques badauds alentours avaient lâchés leurs discutions pour se concentrer sur le spectacle. Ophélia resta stoïque un long moment, suivant du regard le caïd. Ou peut être laissait elle la "tension" rechuter à sa façon.
Arnold lui...
Arnold retourna à son cailloux.

Posant ses vieux os avec lenteur sur le bloc de bitume, les deux mains appuyées sur sa canne il se surprit à... savourer l'instant. L'altercation passé, les discutions reprirent mais cette fois ci à voix plus basse ; le sol dégageant encore cette plaisante tiédeur emmagasiné en journée dans ses entrailles craquelés, le vent charriait détritus et poussières mais aussi une fraîcheur plus que bienvenue.
Son esprit ne pu divaguer longtemps, se concentrant encore sur ce charognard comme l'avait si bien nommé Ophélia. Qu'était il dans le fond ? Un type comme tout le monde, un type qui essaie de trouver sa place dans ce nouveau monde. Mais en utilisant la force, l'intimidation... C'était le genre de survivant le plus répandu, de l'expérience personnelle d'Arnold, plus ou moins agressif.
Rien n'est donné dans ce monde. Pensa-t-il. Rien n'est donné, tout est donc à prendre. Cela impliquait donc une forme de brutalité : prendre, pour survivre au détriment de l'autre. Y avait il d'autres moyens ? Oui. Prendre... Ou apprendre.
Arnold revint au petit caïd de pacotille qui avait fait son entrée plus enragée qu'un bâtard à la fête des pères. Espérait il vraiment s'imposer comme une  quelconque figure importante de la communauté ? Il n'a vraiment rien compris. La force seule n'est qu'un moyen, l'intelligence elle est la véritable clé du pouvoir. Oui, Non ? De son vécue à Orléans Arnold n'avait pu que constater que les "gros bras" menait une vie en apparence bien plus tranquille que la majorité des survivants, écrasant les autres, prenant par la violence quelle qu'elle soit sans jamais être inquiété par une quelconque forme de ce que l'on nomme "Justice"...
Mais Orléans était largement différente de Paris dans la structure de ses communautés. Aussi Arnold était amené à revoir sa conception de beaucoup de choses.


Se grattant distraitement son menton rêche de goule, pensif, quant Ophélia le surprit en réamorçant la discutions :
- La connaissance, voilà ce qui manque au monde, aussi bien l’actualité qu’on peut lire dans un journal que le savoir de livres. On oublie comment les choses se font, qui a découvert quoi, comment le monde s’est créé. Maintenant des gens s’adonnent au cannibalisme alors qu’ils vont sûrement en crever, bientôt quoi ?
On est agressé par des abrutis tout ça parce qu’on a coopéré de force avec la milice, la faute au manque d’information je dirais. Mais c’est une preuve comme une autre que le monde part en vrille.

Le monde est parti en vrille le jour où un pauvre connard en uniforme a décidé d'appuyer sur le bouton rouge. De ce que j'en vois devant moi, là le monde se reconstruit. Son esprit releva aussi les dernières paroles d'Ophélia et son pessimisme latent, elle qui pourtant s'était indignée de ce ton chez les paroles de la goule un peu plus tôt à la clinique. Arnold rangea cela dans une des nouvelles contradictions de numéro quatre, ne s'attardant pas à croire pouvoir comprendre une machine à l'intellect normalement éminemment supérieur au sien.
- Apprendre, partager... dites vous bien que tant qu'il y a de l'échange, il y a de l'espoir.
Il est certain pour moi que beaucoup, non ; qu'énormément de savoir a été détruit ou simplement perdu. La tache la plus rude qui s'annonce pour nous autre, je pense, et de ré-apprendre.

Il lui fit face, plongeant son regard décoloré dans celui froid et métallique de la machine. Et peut être y vit il à cet instant derrière ce gris d'acier autre chose qu'un empilement de câbles enfermé dans une coquille à l'apparence humaine.
- Et ce qu'il nous sera primordiale et certainement difficile de ré-apprendre sera de prendre conscience à nouveau de l'apport d'autrui. Vous n’êtes pas d'accord ?

Souvent, avant d'entrer à Paris, Arnold avait gardé une vision particulièrement sinistre sur l'avenir en ce monde cruelle et impitoyable.
Mais ces jours sombres semblait faire parti du passer.
Il lui fallait se décider à ne plus subir son avenir, mais à le bâtir.
- Je vais rester à la clinique. Au moins quelques temps.
Même si je ne suis pas payé. Même si je devrais travailler le ventre vide.
C'est ce que vous vouliez ?
Dites moi comment améliorer ma fabrication de stimpack, aidez moi à perfectionner ma maîtrise en ce domaine. Enseignez moi vos connaissances en médecine, en anatomie... En l'état je ne constitue qu'une bien piètre aide pour les patients. Balancez vos connaissance en biochimie, biologie moléculaire, génétique et neurologie, ça m'intéresse vraiment d'autant que cela sera plus qu'utile à cette clinique.

Vous êtes une machine d'avant guerre, certainement ce qu'il s'est fait de mieux.
Et par une putain de chance on vous a faite dans le genre philanthrope.
Et bien enseignez moi.

J'ai soif d'apprendre.
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